Giant

Note: 3.2/5
(3.2/5 pour 5 avis)

Giant, un homme qui construit des gratte-ciel comme sa vie...


1930 - 1938 : De la Grande Dépression aux prémisces de la Seconde Guerre Mondiale New York

New York, 1932. Malgré la grande dépression qui frappe durement l'Amérique, les buildings s'élèvent toujours plus haut dans le ciel de Manhattan et les chantiers prolifèrent. C'est là que travaille Giant, un homme taciturne à la carrure imposante. Ses collègues le chargent d'avertir la famille d'un compatriote irlandais du décès accidentel de celui-ci. Mais, dissimulant la triste vérité, le mystérieux colosse envoie une belle somme d'argent à Mary Ann, la jeune veuve, ainsi qu'une lettre dactylographiée qui pourrait être de son mari... Elle lui répond et commence alors une correspondance régulière, sans que Giant dissipe le mensonge. (extrait de la présentation de l'éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 02 Juin 2017
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Giant
Les notes (5)
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09/09/2017 | Noirdésir
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L'avatar du posteur Mac Arthur

A titre personnel, et contrairement à la majorité des lecteurs précédents, j’ai beaucoup aimé ce diptyque. Tout d’abord, je trouve que les couvertures en jettent ! Ce jeu d’ombres et de lumières, cette complémentarité entre la plongée du premier tome et la contre-plongée du second, c’est vraiment un appel du pied au candidat lecteur. De plus, après lecture, la symbolique de ces deux couvertures s’éclaire au regard du parcours des personnages (l’un regardant vers le bas/son passé, l’autre tournée vers le haut/son avenir). Ces couvertures figurent clairement parmi les plus intelligentes et les plus belles que j’ai vues. A la lecture, j’ai trouvé que le dessin n’était pas aussi fort que ce que les couvertures promettaient… mais il est loin d’être mauvais ! Les personnages sont bien typés, les faciès masculins assez caricaturaux permettent de faire passer un large panel d’émotion. Quant aux décors, ils sont très bien rendus, nous plongeant dans un New-York ouvrier, sale et triste comme un coron un jour de coup de grisou. La construction des gratte-ciels donne lieu à quelques cases dans lesquelles on sent le travail d’équilibriste des acteurs. La colorisation volontairement terne ne fait qu’accentuer cette sensation de tristesse et de désolation tout en dotant l’esthétique globale d’un cachet un peu passé. Car oui, l’histoire n’est pas des plus joyeuses, construite autour de l’étrange relation épistolaire qu’un ouvrier va lier avec la veuve d’un de ses anciens collègues. L’humour est rare et passe clairement au second plan face au romantisme brut de ce Giant maladroit, bourru, silencieux et en quête sinon de rédemption du moins d’un sens à sa vie. J’ai beaucoup aimé ce personnage. Grand, large, taciturne voire impossible d’accès… et sensible derrière sa carapace. Euhhhh, comment dire ? Il me rappelle vaguement quelqu’un… Cette identification au personnage aura très certainement joué dans mon appréciation de l’album. Mais plus encore, la qualité d’écriture m’a vraiment séduit. Ce diptyque a été très agréable à lire. Pas seulement à regarder. Enfin, derrière l’histoire se loge une réflexion plus globale, plus intemporelle. La grandeur de l’Amérique, sa splendeur, sa richesse, dues au travail d’immigrés rejetés, dénigrés, exploités… Je me dis que, dans ce bas monde, rien ne change finalement… L'ouvrier soudanais d'aujourd'hui a remplacé le travailleur irlandais d'hier, mais qu'est-ce qui les différencie vraiment ? Seul petit reproche : le deuxième tome aurait pu être raboté de quelques pages un peu inutiles (dans le dernier tiers). Sinon, on était proche de la perfection à mes yeux.

23/03/2018 (modifier)
Par canarde
Note: 3/5

Belle histoire. Contrairement à mes collègues, je n'ai pas apprécié le dessin et surtout la couleur qui m'ont paru un peu démodés et trop neutres. Je pense qu'on peut faire largement mieux, à la fois dans le contraste et dans l'expression des visages. Le lavis sale utilisé aurait pu marcher, mais avec un trait plus agile, ici le trait est un peu brouillon et anguleux : de mon point de vue, il lui manque de la sensualité et de la décision. En revanche la narration et les dialogues m'ont paru très justes et habiles. Le pitch de ce nouvel arrivant sur un chantier de gratte-ciel qui doit faire son trou dans un milieu où les dangers sont quotidiens et la fatigue reine, est bien servi. Le personnage du grand taiseux qui le prend sous son aile de manière totalement inexpliquée, donne le titre à la série, suscite admiration et curiosité, et sera le pivot de l'histoire. Le caractère un peu misérabiliste et dramatique, façon Dickens, s'efface devant l'humanité des dialogues et le déroulement de l'intrigue qui nous tient en haleine. Les conditions de vie précaires, la présence de la pègre italienne, les situations vertigineuses des chantiers de construction métalliques, surtout aux vues des conditions de sécurité demandées en France aujourd'hui, donnent un aperçu documenté pour regarder avec recul notre monde d'aujourd'hui. Mais n'attendez-pas d'humour, c'est très premier degré...

11/03/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Il y avait certainement de quoi faire avec cette idée de bâtisseur de building new-yorkais. Cependant, l'exploitation n'a pas franchement été à la hauteur de nos attentes. Je crois que ce qui pêche dans la lecture et qui la ralentis considérablement malgré quelques cases assez contemplatives, ce sont les dialogues d'époque assez fournis et trop bavard en détails inutiles. Il faut le faire avec un héros pourtant taiseux. Je crois que l'accent a été mis sur l'atmosphère au détriment d'un scénario tout simple. Un ensemble plus aéré et équilibré aurait été sans doute plus satisfaisant. Pour autant, il y a pas mal d'éléments qui sont signes d'une bonne qualité comme le dessin par exemple avec ses couleurs assez sobres mais qui respirent l'architecture locale. On devine déjà la tragédie annoncée dans le second et dernier tome.

29/12/2017 (modifier)
Par herve
Note: 2/5
L'avatar du posteur herve

Il faut reconnaitre que le dessin de Mikaël sur cet album est superbe. Il décrit parfaitement l'atmosphère de la Grande Dépression des années 30. Le dessin est sombre et reflète assez bien le quotidien des bâtisseurs de buildings à New York (la photo en introduction de l'album est assez édifiante!) Cependant, je n'ai pas été embarqué par ce récit, qui à mon avis, traine parfois en longueur. Ces échanges épistolaires sur fonds de crise en Irlande et aux Etats Unis, ne m'ont guère touché, même si l'idée de départ est séduisante. Je lirai sans nul doute le second volume de ce diptyque, au vu de la dernière page qui annonce un rebondissement presqu'attendu, tout de même.

04/11/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

La première chose qui frappe lorsque l’on ouvre cet album, c’est la qualité du dessin. Je l’ai trouvé très beau – et le cahier graphique qui clôt l’album, regroupant des crayonnés, des essais pour les principaux personnages – confirme le chouette coup de crayon de Mikaël. De plus, j’ai vraiment bien aimé la colorisation, très sombre, parfois brumeuse (beaucoup de scènes se déroulent au sommet des échafaudages de construction de gratte-ciel), avec des tons de rouille plutôt réussis. L’histoire se déroule en 1932, à New-York, en plein dans grande crise qui frappe le pays (et le reste du monde) depuis 1929, l’année où Hoover va laisser la place à Roosevelt. Nous suivons des ouvriers irlandais, qui construisent un gratte-ciel, le Rockefeller center. Parmi ces ouvriers, « Giant » est un taiseux, un gros costaud que ses camarades peinent à connaître. Un homme que les circonstances vont transformer en coucou (on découvre cela petit à petit, et un beau parallèle est fait avec le film de Chaplin « Les lumières de la ville »). On découvre en parallèle, vers la fin de l’album, quelques pans du passé de Giant, en Irlande, au moment de la guerre d’indépendance contre les Anglais. Et l’on découvre aussi en dernière page les complications qui vont arriver pour Giant, qui va être confronté à la famille qu’il s’est inventé. Très bel album je trouve, simple, avec une narration assez fine, peu de dialogues, une belle reconstitution du cadre social de la crise et de la grosse pomme en pleine expansion, avec les Italiens et les Irlandais qui essayent de se faire une place au soleil. Un second tome doit conclure ce qui est annoncé comme un diptyque, et je l’attends avec impatience. Mais, en l’état, c’est déjà un album que je vous recommande.

09/09/2017 (modifier)