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Par LuluZifer
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Albin et Zélie
Albin et Zélie

[ LECTURE MERVEILLEUSEMENT DINGUE ] Albin et Zélie de Yannick Marchat – La Boîte à bulles 2012 Albin est un homme effacé, solitaire approchant de la trentaine. Il n’a pas une vie folle folle et son confident n’est autre que Jacques-Yves, son poisson rouge. Mais c’est sans compter qu’un jour il croise la route de Zélie, une nana un peu brute de décoffrage et assez canon disons-le. Avec Zélie, et via l’égide de son infernal poisson rouge, Albin va convier cette jeune femme à vivre une aventure démente et pas des moindre car ils vont faire un voyage qui va les souder à jamais. Je n’en dirais pas plus parce que je n’en ai pas envie ! Ce roman graphique doit être découvert de manière ébouriffante. Car c’est une fresque poétique, romanesque et d’une profondeur unique. Mais également marrante, attachante et enchanteresse. C’est le premier roman graphique de Yannick Marchat, dont j’ai découvert il y a peu l’univers, et qui doit être lu absolument. Le ton graphique est de plus fabuleux, bien que l’on devine que l’auteur se cherche encore. Mais il a déjà un style bien à lui et fait véhiculer des sensations intergalactiques et métaphoriques intenses quand il s’emploie à dessiner un monde complètement décalé où ses deux personnages sont totalement plongés dans leur quête romantique. Une quête à l’allure de lâcher prise et immersive. Yannick Marchat joue avec le lecteur (et se met même en scène dans son roman graphique), il nous perd, nous retrouve, nous fait nous évader, et tels les personnages de l’histoire on voyage dans un continuum espace-temps des plus dingue. L’auteur place quand même des petits indices par-ci par-là pour nous aider à capturer son intrigue relationnelle. Albin et Zélie s’est également, comme dit plus haut, une fresque amoureuse qui est toute de noire et blanc vêtue, où parfois le noir est mis en avant et inversement pour le blanc également. Il y a notamment une planche qui m’a scotchée, durant plusieurs minutes, et celle-ci représente la Lune ! Une énorme Lune noire qui brille et monumentale. C’est la page 81 ! SUBLIME avec un petit dialogue qui va bien. Monstrueux ! D’ailleurs, parlons-en des dialogues. Ils sont géniaux, vivants, inventifs, doux. Ceux de Zélie sont tellement drôles parfois et reflètent tellement bien le caractère ‘entier’ de ce personnage. Et ceux d’Albin, à contrario, sont souples, sages et merveilleux. Comme lui ! Un personnage imposant de par son allure avec une cœur débordant. Un homme nounours prêt à vous envelopper de son aura fabuleuse. Mais il ne faut pas oublier le poisson rouge, ce cher Jacques-Yves. Un être mystérieux et doué de raison. Il y a également la sœur de Zélie, Elise qui attends un heureux évènement. Bien que l’on ne la voit pas beaucoup au travers de l’histoire elle a de l’importance. Vous l’aurez compris ma lecture fut d’une grande éloquence. C’est inspirant ce genre de lecture. Et ça fait rudement du bien. Ce petit bijou est au prix de 15 euros, version souple et format un peu plus grand qu’un format poche et il se trimballe partout. Il ne vous reste que plus qu’à vous le procurez et vous ne serez pas déçue. Si si ! je vous le jure.

30/09/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Anneau des 7 Mondes
L'Anneau des 7 Mondes

J’étais à la recherche d’une histoire de science-fiction prenante et terminée en 3 ou 4 tomes, et je ressors ravi de ma lecture de L’anneau des 7 mondes. Ce qui marque en premier, c’est bien entendu le graphisme superbe, à mi-chemin entre BD occidentale et manga... Ce style couplé à une ambience steampunk, avec ces navires volants et ces villes flottantes, rappellent vraiment certaines histoires de Miyazaki. J’imagine que cela ne sera pas du goût de tout le monde, mais moi j’ai trouvé ça magnifique, et surtout très lisible. L’histoire est aussi excellente. Elle est passionnante, et le côté un peu ado (à commencer par son héroïne) ne m’a finalement pas du tout dérangé. J’ai eu un peu de mal à suivre tous les méandres du scénario, notamment les intentions pas toujours très claires des nombreuses factions, races et autres castes s’affrontant tout au long du récit... le dernier tome remet cependant tout en place de façon habile et satisfaisante, même si il semble un peu dense (je me demande si les auteurs ont été obligés de réduire le nombre de tomes). Difficile d’en dire plus sans trop spoiler, mais disons que j’ai beaucoup adhéré au message sur les gâchis de la guerre, que j’ai trouvé très subtil et surtout plus que jamais d’actualité. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.

29/09/2019 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Roi des Scarabées
Le Roi des Scarabées

Je recommande vivement de découvrir ce chef d’œuvre injustement oublié, qui avait rencontré assez peu d’écho à sa sortie. « Le Roi des scarabées » est une adaptation librement inspirée du roman « Niels Lyhne », publié en 1880 par l’écrivain et poète danois Jens Peter Jacobsen. Sans avoir lu le livre, difficile de dire si la qualité narrative de l’ouvrage est due à ce dernier ou à Anne-Caroline Pandolfo elle-même. Quoi qu’il en soit, il y a un vrai talent de conteur derrière tout cela, et c’est avec une immense fascination que l’on suit le parcours de cet anti-héros qu’est Aksel, aussi performant en poète lunaire qu’en loser mélancolique. Et il le prouve admirablement : on peut parfaitement être un perdant magnifique et faire montre de panache en délaissant l’ignoble réalité âpre et butée pour la folie douce, envisagée ici comme un refuge merveilleux peuplé de scarabées aux reflets lumineux, « sauvages et raffinés à la fois ». Aksel, poète blessé et agrippé au monde de l’enfance... L’horloge tournera trop vite pour ce doux tocard contemplatif qui décevra les espoirs trop lourds à porter de sa mère qui voulait voir en lui un futur poète de génie adulé par le monde entier et une planche de salut pour s’extirper de la boue de sa campagne où elle mourrait à petit feu, déçue par un mariage pourtant prometteur… Mais comme par une sorte de malédiction familiale, Aksel va être à l’adolescence totalement subjugué puis aspiré par cet « astre noir » qu’est Fredrik, fils charismatique d’une cousine de son père et talentueux dessinateur promis à une carrière artistique. Aksel scellera très tôt avec Fredrik un pacte d’amitié comme on scelle un pacte avec le diable. Il partagera quelques temps la vie de son complice à Copenhague, mais celui-ci, également désireux de l’encourager dans son art, sera vite consumé par son inclination aux plaisirs terrestres. Son attirance pour l’ivresse et les jolies femmes aura finalement raison de son talent, et cet écorché vif exubérant, « lamentable jouisseur » comme il se définira lui-même, connaîtra une fin tragique, entraînant Aksel vers des gouffres existentiels dont il ne se sortira pas. Pour mettre en valeur cette histoire prenante traversée par de très beaux personnages, Terkel Risbjerg nous livre un dessin pur, en noir et blanc, comme s’il avait trempé son pinceau dans les tréfonds de son âme, conférant à l’œuvre une qualité poétique remarquable, ce qui est la moindre des choses ici. Alimenté par les sensations, le trait semble inachevé, d’une tournure minimaliste exprimant l’essentiel des choses et des sentiments, avec une splendide évocation des rêves enfantins. C’est très fort, très puissant. Fidèle à la grande tradition romanesque, ce chef d’œuvre, qui nous immerge dans l’hiver danois du XIXe siècle, suscite une réflexion profonde sur l’identité et la folie en poussant le parcours de chaque personnage vers des extrémités spectaculaires qui laissent le lecteur sidéré. Sous une obscurité apparente liée à un contexte climatique glacial et à la description de destins funestes, une certaine luminosité émerge, de l’ordre peut-être de celle qui se reflète sur les ailes des scarabées.

28/09/2019 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Strapontin
Strapontin

Il est des hommes qui, tout modestes qu'ils furent, marquèrent d'une empreinte indélébile le siècle dans lequel un destin malicieux s'amusa à les faire naître. Il est fréquent que les plus grands génies d'un siècle, se révèlent souvent les hommes qui s'en trouvent en réalité le plus à l'opposé des tendances principales. Indéniablement, Goscinny est de ceux-là : comment qualifier autrement un homme qui, dans un siècle qui perfectionna les meurtres de masse avec une redoutable inventivité, s'ingénia à redonner ses lettres de noblesse au rire ? Mais pas ce rire moqueur et graveleux dont nos semblables sont aujourd'hui coutumiers, bien plutôt ce rire joyeux, innocent et universel, qui fait fondre le cœur et berce tous les esprits de 7 à 77 ans... De 7 à 77 ans, c'est bien la tranche d'âge à laquelle s'adresse le quotidien Tintin, dont le rédacteur en chef, André Fernez - qui en avait, du nez - s'adressa à René Goscinny, qui bénéficiait d'une réputation de plus en plus flatteuse faisant l'objet de toutes les conversations des rédactions de France et de Belgique, et qui ne vivait pas sa période la plus faste, financièrement parlant... Goscinny y fera des merveilles, en compagnie des dessinateurs les plus prestigieux, connus (Franquin, Uderzo, Tibet, Macherot, etc...) ou moins connus (Attanasio, El-Azara, Rol, Berck, et bien d'autres). C'est chez Raymond Leblanc, éditeur du journal Tintin que la rencontre eut lieu. Un jeune René Goscinny n'ayant pas encore conçu ses meilleures oeuvres et un certain Arthur Berckmans, jeune dessinateur qui n'a encore rien fait d'autres que quelques strips publicitaires ici et là, et l'illustration de vies de missionnaires pour un magazine jésuite quelques années auparavant... Goscinny, pas exigeant pour deux sous, n'en a cure, et voue une totale confiance à celui qui se fera connaître plus tard sous le pseudonyme Berck. Le courant passe vite entre les deux hommes, et c'est dans un café tout proche du bureau de Raymond Leblanc que naît un nouveau personnage de bande dessinée. Tout d'abord, il faut choisir un univers : Berck a déjà un vague projet autour d'un chauffeur de taxi. Goscinny est tout de suite emballé par cet univers qu'il pourra développer en variant les thématiques et les décors comme il le souhaite. C'est lui qui trouve le nom, tiré du sobriquet employé par les parisiens pour désigner les chauffeurs de taxis. Ensuite, créer des personnages : Strapontin, c'est bon. Il faut l'entourer de personnages, qui deviendront récurrents si la série a du succès. Quoi de mieux, pour incarner la douce folie que Goscinny aime à mettre dans son oeuvre, qu'un savant distrait, son fils et son chien ? Tout y est : un humour décapant lié à la distraction du savant (qui, ayant acheté un chien et baptisé un fils le même jour, a interverti les deux noms sur le registre du maire), un jeune garçon dégourdi auquel le public enfantin pourra s'identifier, un chien intelligent qui saura mettre en valeur les personnages humains, par l'hilarant recul sur la race humaine qu'il adopte en coin de case par ses réflexions et ses actions. Il faut enfin penser aux scénarios. C'est là que Goscinny montre son génie : puisque le personnage principal est un chauffeur de taxi, il faut le faire voyager. Mais le faire voyager en France, c'est un peu court, et Goscinny n'est pas encore prêt pour la géniale dépiction de son pays qui égrènera les pages d'Astérix. Faisons-le donc voyager à l'étranger : l'auteur n'est jamais meilleur que lorsqu'il s'amuse - et nous avec - à épingler tous les clichés possibles et imaginables sur les nationalités, sans aucune méchanceté, avec la bienveillance qui le caractérisera toujours. Cela donne des gags irrésistibles, du maharadja de Patatah, souverain d'un pays peu développé mais ne sachant plus que faire de son or, aux fiers gauchos d'Amérique du Sud, en passant par des esquimaux qui ont peur du froid, des tribus africaines de sauvages qui maîtrisent parfaitement l'art de la négociation et du commerce... Le génie de Goscinny donne lieu à quelques albums où son immense talent commence à apparaître, certes assez timidement encore, puis s'affirme au fil des pages. C'est justement là tout l'intérêt de Strapontin : de Strapontin chauffeur de maître à Révolte au bois dormant, on voit littéralement naître et grandir sous nos yeux le génie de leur auteur. Petit-à-petit, les gags gagnent en efficacité, les scénarios deviennent de plus en plus recherchés et intéressants, et le trait de Berck s'affirme. Si les premiers tomes peuvent être considérés comme plutôt anecdotiques, les derniers illustrent à merveille combien l'art narratif de Goscinny atteint sa période de maturité. Ainsi, Strapontin chez les gauchos dévoile un jeu de faux-semblants inhabituel dans cette saga, s'amusant à nous faire suivre une fausse piste, due à un personnage un peu plus travaillé que les autres, qui s'avérera une brute, mais une brute au fond gentil. Les apparences... De même, le dernier tome écrit par Goscinny (Révolte au bois dormant), certainement le meilleur de la saga, nous donne à voir un spectacle parmi ceux que l'auteur maîtrise le mieux : la résistance d'une bande de gentils marginaux un peu timbrés à la puissance capitaliste. Pour illustrer ces camps, Goscinny ne fait pas dans la dentelle : les résistants au progrès seront une population médiévale égarée au XXe siècle, tandis que leur ennemi est un grand industriel qui veut raser leur château pour y établir une usine. Dès lors, Goscinny s'amuse à nous montrer cette guerre médiévale entre des fous raisonnables et des capitalistes fous avec un art consommé. Chaque gag a une portée toute particulière, comme si l'auteur sentait qu'il était en train d'écrire sa dernière histoire de la saga, et le récit porte en lui un regard discret mais bien présent sur notre société : sa marche aveugle vers un progrès technologique supposé, sa médiatisation à outrance, l'hypocrisie de sa population, soumise à la manipulation de l'opinion, son rejet de tout ce qui est fondamentalement différent... Certes non, Révolte au bois dormant n'est pas une satire sociale et politique, elle est un pur divertissement. Mais un divertissement où Goscinny, qui est alors en pleine rédaction de son chef-d'oeuvre qu'est la Potachologie, nous révèle toutes ses capacités de naturaliste social, épinglant - toujours avec sa légendaire bienveillance - les petits travers de notre société contemporaine. Mais que le lecteur se rassure, tout cela finira bien sûr par un happy end aussi artificiel qu'hilarant... Et finalement, peut-être que René Goscinny nous offre à travers ce dernier tome un testament inconscient : ne fait-il pas lui-même partie de ces parias qui n'arrivent pas à s'intégrer à la société ? Bien sûr, l'auteur est alors au faite de sa gloire. S'il abandonnera Strapontin, qui fonctionnait toutefois très bien auprès de son public, c'est justement parce que ses grands succès Astérix, Iznogoud, Lucky Luke l'occuperont à plein temps. Mais pourtant, il y a quelque chose chez cet homme qui fait que, jamais, il ne pourra se sentir membre à part entière de la société dans laquelle il vit. Ce malaise, il ne l'exprimera jamais publiquement autrement qu'au travers de son humour décapant. Et pourtant, ce constat est bien cruel : l'ami René est un homme fondamentalement bon et gentil, égaré dans un monde de plus en plus mauvais et méchant. Et dans ce monde sans foi ni loi qui s'affirme, il n'y a plus de place pour les bons. Ne serait-ce pas là la véritable raison de cette révérence prématurée que le plus grand auteur de bande dessinée tirera 12 ans plus tard, à seulement 51 ans ?

15/02/2019 (MAJ le 24/09/2019) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les Indes fourbes

Alain Ayroles (De Cape et de Crocs) au scénario et Juanjo Guarnido (Blacksad) au dessin, ça ressemble à une association de rêve ! Je pouvais difficilement passer à côté. Physiquement, Les Indes Fourbes est un beau gros bouquin. Il ne paie pas de mine mais il fait tout de même 160 pages et quand on voit la qualité du dessin de chaque planche, c'est vraiment un très bel ouvrage ! Car le dessin de Guarnido y est superbe. En début de lecture, je me faisais la réflexion qu'il était ici un peu moins époustouflant que sur Blacksad mais plus les pages passaient plus j'étais soufflé par la constance de l'excellence du dessin et de la peinture, et plus j'étais épaté qu'il ait pu ainsi nous offrir autant de planches toutes aussi belles et travaillées. Pour l'histoire également, sur le premier tiers de l'album, j'étais un petit peu déçu car je m'attendais à un scénario et des dialogues du niveau de De Cape et de Crocs et je me retrouvais face à une sorte de fable d'aventure picaresque à la manière des romans du 16e et 17e siècle où les péripéties s’enchaînent comme autant de saynètes épisodiques qu'on finit un peu par oublier et mélanger tant elles s’enchaînent les unes après les autres. Mais c'est arrivé en fin du premier chapitre que j'ai constaté que c'était voulu. Et même si je m'attendais fortement au retournement de situation du second chapitre, j'ai véritablement adoré la manière dont il fut mis en scène. Et à partir de là, je me suis mis à profondément apprécier ma lecture et le déroulé de son intrigue. La fin, ceci dit, m'a paru un petit peu tirée par les cheveux, l'aventure amusante finissant par tourner un peu plus à la véritable farce, mais ça reste dans la même idée et ça reste toujours plutôt drôle. J'en retiens un vraiment bel album, que je prendrais plaisir à rouvrir, à admirer et très probablement à relire !

19/09/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lesson of the Evil
Lesson of the Evil

Cela fait un petit moment qu'un thriller ne m'avait autant enthousiasmé. C'est simple j'ai lu l'intégrale de la série ce matin tellement je voulais savoir ce qui allait arriver ensuite ! C'est le genre de série qui devient excellente de tome en tome. Le début est sympathique et j'étais intrigué par le scénario et puis au fil des chapitres j'ai commencé à le trouver passionnant et puis on arrive aux derniers tomes qui racontent une très longue soirée d'horreur et là j'étais captivé jusqu'à la fin. Cela raconte donc l'histoire d'un prof d'anglais qui au début me semblait avoir juste des méthodes expéditives pour régler les problèmes scolaires et puis je me suis rapidement aperçu qu'en fait c'est un gros sociopathe qui adore manipuler les gens et n'a aucun problème à tuer pour se débarrasser définitivement d'une personne qui le gêne. C'est un excellent thriller et j'ai ressenti beaucoup de tension durant ma lecture. J'ai adoré lorsque lui et ses proies utilisent leurs cerveaux pour essayer de gagner. Le seul reproche est que je trouve que le scénariste s'est débarrassé un peu trop vite d'un personnage que j'aurais aimé voir plus. Une série que je recommande aux fans de mangas policiers un peu tordus.

17/09/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nungesser
Nungesser

C'est avec sa récente série Bolchoi arena que j'ai découvert le travail de Aseyn. Trait épuré, minimaliste mais très expressif et une mise en couleur pastel très originale qui moi m'avait beaucoup plu. Ici on retrouve cette finesse du trait, mais fi des couleur pastel ; on est dans un noir et blanc pur qui donne au dessinateur toute latitude pour jouer avec son encrage et proposer des cases parfois très expressionnistes quand il s'agit de paysages, quand pour d'autres on a tout juste l'impression qu'Aseyn nous propose un simple crayonné. C'est Fred Bernard qui signe le scénario de cet aviateur de légende, que je ne connaissais pas pour ce qui me concerne. Charles Nungesser va bâtir sa vie autour de sa passion pour l'aviation et se révéler un véritable héros pendant la Première Guerre Mondiale. Pour les allemands, il est le pilote à abattre. Ce qui ne va pas manquer de lui arriver plusieurs fois déjà, mais sa bonne étoile semble à la hauteur de son ambition, et malgré les multiples opérations et séquelles qui le suivront, Charles Nungesser s'en sortira toujours, jusqu'à son dernier challenge. L'album est plutôt réussi, car malgré quelques longueurs, on a tôt fait d'être captivé par ce personnages dont le ressenti à son égard oscille entre admiration et l'énervement. Son aptitude à se relever de tous ses échecs pour repartir de plus belle en ferait un champion pour notre Macron national ! Dernière petite remarque, la police choisie, très calligraphiée, façon courrier manuscrit, n'aide pas toujours à la lisibilité du texte et j'ai même du parfois m'y reprendre à plusieurs fois pour décrypter certaines bulles... Dommage, car cela plombe un peu par moment la fluidité de la narration. Mais hormis ces dernières remarques, j'ai passé un bon moment de lecture et découvert un personnage hors norme dont j'ignorais tout. (3.5/5)

17/09/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nippon Folklore - Mythes et légendes du Soleil-levant
Nippon Folklore - Mythes et légendes du Soleil-levant

Moi qui ai toujours eu un penchant pour la culture japonaise d'une part, et grand amateur d'illustrations en tout genre par ailleurs, cet album tout fraichement sorti cet été aux éditions Ici Même ne pouvait que me faire de l'oeil ! C'est donc avec gourmandise que j'ai plongé dans cette adaptation en bande dessinée de sept mythes et légendes par l'auteure italienne Elisa Melini dont je découvre tout le talent par la même occasion. Déjà, l'objet en lui même est plus qu'agréable à l'oeil et au touché : album cartonné épais de ses 128 pages, dos toilé noir et magnifique couverture très design alliant modernité et tradition, tout à l'image du Japon. S'en suivent 7 récits traditionnels japonais qui ne sont pas sans rappeler les fables de nos chers La Fontaine ou Ésope en occident. Et c'est là que la magie du graphisme d'Elisa Melini opère. Tout en donnant à son style la simplicité du trait et chromatique des vieilles estampes japonaises, elle y impose une patte toute personnelle qui donne à l'ensemble une force brute impressionnante. Certaines planches sont tout bonnement magnifiques, on aurait même envie de les encadrer ! Alors si une plongée dans les mythes du japon médiéval vous tente et que vous appréciez tout comme moi l'esthétique du pays du Soleil-levant, ne boudez pas votre plaisir et laissez vous happer par ce magnifique album.

15/09/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hillbilly
Hillbilly

N'ayant jamais eu l'occasion de lire la série phare d'Eric Powell, c'est tout d'abord avec Chimichanga puis Big Man Plans que j'ai découvert son travail. Si Chimichanga ne m'avait pas du tout emballé, Big Man Plans m'avait bien fait triper. Avec "Hillbilly", on replonge dans les racines du fantastique avec un personnage central des plus troublant et impressionnant. Entre cow-boy et trappeur, les orbites noires et vides, muni d'un hachoir hors norme et d'un pseudo haut de forme, notre Rondel (oui, on aurait du mal à faire plus ridicule comme nom mais quand on voit le lascar, doivent pas être nombreux ceux qui se sont foutu de lui ^^ ) en impose d'emblée ! Mais il vaut mieux, car c'est un pourfendeur de créatures maléfiques et plus spécifiquement de sorcières (qui sont à l'origine de son état). Découpé en chapitres formant une trame plus globale, les allez-retour entre flashback et quotidien de notre Rondel construisent petit à petit un univers d'une grande richesse. Lieux étranges, créatures malfaisantes, Rondel et sa fidèle Esther nous servent de passeurs dans cet univers de Dark Fantasy. Le trait d'Eric Powell reste toujours aussi impressionnant. Expressif, fluide et au service d'une imagination débridée, j'ai vite été conquis par ce nouveau monde qu'il nous propose. J'ai juste hâte de voir ce hachoir reprendre du service avec le 2e tome annoncé. De la très très bonne Dark Fantasy ! *** Tome 2 *** Tout autant efficace que le premier tome, cette suite nous replonge le temps d'un coup de hachoir dans cet univers si riche et singulier concocté par Eric Powell. Notre Rondell poursuit sa route et ses rencontres toujours aussi étranges, prompt à pourfendre les créatures maléfiques qui se mettent en travers de son chemin, surtout s'il s'agit de sorcières. On reste sur un découpage de l'album en courts chapitres façon nouvelles ou petits contes qui font le sel de cette série. Au fil de ces histoires, l'univers s’enrichit et prend de la consistance que ce soit à travers les rencontres de Rondell ou des révélations sur son passé. Le dessin est toujours aussi magnifique, jouant sur les styles au fil des chapitres, Eric Powell lâchant même le dessin au profit de Simone Di Meo dans le chapitre 4 ; ce changement de graphisme est surprenant au début (c'est qu'on l'aime le trait de Powell !!!), on est vite raccroché par l'histoire que Powell a concocté. Seul bémol à mon goût, le chapitre 3. Powell nous gratifie d'une expérience hallucinogène avec un dessin en 3D pendant 13 planches... sans que les lunettes soient fournies. Et si comme moi vous n'avez pas gardé une vieille paire de lunettes rouge/bleu datant de la préhistoire de la 3D, vous l'avez dans le baba. Ok, ça reste lisible, mais très frustrant... Cela n'en reste pas moins un très bon album, reste à trouver une fameuse paire de lunette pour relire ce chapitre et parfaire ma lecture. Vivement la suite ! *** Tome 3 *** Après un départ sur les chapeaux de rondelles, un second tome un peu moins marquant, Eric Powell nous ressort le grand jeu avec un troisième tome des plus réussi. On lâche les historiettes découpées en chapitres alternant les aventures de Rondell et de sa comparse Esther et des légendes anciennes pour suivre un récit plus linéaire qui recoupera ces deux volets narratifs. La légende prend corps et ça va chier ! Car les sorcières, ennemies jurées de Rondel, responsables de son infirmité, se sont alliées pour semer mort et désolation. Notre Hillbilly va peiner à convaincre les populations locales de se joindre à leur maigre troupe et affronter le mal qui s'annonce... C'est épique, toujours aussi magnifique au niveau dessin (voire encore plus beau !) et on se laisse bercer par cette dark fantasy des plus efficace. A lire de toute urgence !

07/03/2018 (MAJ le 13/09/2019) (modifier)
Couverture de la série La Maison
La Maison

La maison est un récit sensible dans lequel deux frères et une sœur vont se remémorer des souvenirs de jeunesse en retapant la maison de leur père décédé (dans l’espoir de pouvoir la vendre rapidement). Entre la charge de travail que représente l’entretien de cette maison, les souvenirs heureux et malheureux, le sentiment de culpabilité de l’un ou l’autre, les tensions entre frères et sœur, Paco Roca nous livre un portrait familial touchant et juste. Ce récit qui se présente dans un format à l’italienne, nous propose un découpage soigné, parfois audacieux mais extrêmement bien réalisé. Rien de spectaculaire mais à première vue on se demande un peu dans quel sens il faut lire ces cases alors que dans la pratique c’est juste évident et parfait. La narration est fluide et sonne de manière naturelle. Les personnages grandissent et leurs caractères s’affinent au fil du récit. Vraiment, j’ai trouvé cela touchant. C’est un bel hommage à l’esprit familial… pas démonstratif, pas versé dans le pathos mais juste et humain.

11/09/2019 (modifier)