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Couverture de la série Kaboul Disco
Kaboul Disco

J'aime vraiment ces lectures qui nous font voyager, rêver, rigoler et découvrir. Du pur divertissement intelligent. C'est dans la même veine que les récits de Guy Delisle avec cette même auto-dérision nécessaire.

16/03/2019 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Popeye - Un homme à la mer
Popeye - Un homme à la mer

Ne vous laissez pas rebuter par une couverture un peu brouillon qui ne fait pas envie. Dedans, c'est bien chouette ! Une histoire pleine de sensibilité avec des dialogues savoureux et des personnages attachants. Ce brave marin a un faux air de Gabin, dans son jeune temps. Fils d'alcoolique, nourri de boîtes d'épinards, faute de mieux, il a tendance à la castagne. L'Olive essuie les verres au fond du café et n'est pas très commode. Question dessin, c'est au poil aussi : sous l'apparence d'un croquis assez fouillis, Lelis parvient à une grande précision dans l'expression. Les visages, les corps en général, sont ombrés par un logiciel mais par un gars qui maîtrise bien l'aquarelle, cela donne un aspect léger, transparent, très réussi. Le trait contourné, tremblant, est repêché, contenu, par ces ombres bien dosées. C'est assez mystérieux mais l'image sur un fond sali, imitant le papier non blanchi, m'a presque bouleversée. Bravo donc, j'ai ce Lelis à l'œil (c'est le cas de le dire...)

16/03/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Texas Jack
Texas Jack

C'est un western tout à fait grandiose et certainement la meilleure oeuvre de Pierre Dubois depuis Les Lutins à mon sens. Je suis scotché par autant de maturité et de virtuosité dans la mise en scène. L'introduction est grandiose tout comme le final. Il est vrai que c'est une bd qui va prendre son temps pour mener les hommes dans la bataille non sans mal. Cependant, ce cheminement est très intéressant pour faire monter la pression. J'ai adoré le fait que tout les protagonistes sont véritablement creusés et qu'il y a une psychologie qui n'est pas de facade. C'est vraiment bien réalisé avec une prise de risque en mêlant à cette histoire le shérif Sykes. Le méchant Gunsmoke est parfait dans son rôle avec une profonde densité. Quelques maladresses cependant comme tout ces personnages qui commencent leur phrase par "On dirait" ce qui est trop répétitif. L'auteur a sans doute trop entendu la chanson d'Amir sur les ondes. Au final, une oeuvre efficace et brillante. C'est certainement l'une de mes plus belles lectures de western depuis bien longtemps.

16/03/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Amour minuscule
Amour minuscule

Une BD magnifique, c'est certain. Et que je ne peux que conseiller à tous et à toutes. J'ai mis du temps à lire cette BD qui est vraiment bavarde, mais qui tiens le lecteur jusqu'au bout. Par sa beauté, par son ton, par son histoire. Il s'agit là d'une longue et lente histoire d'une maternité, mélangé à des thèmes aussi divers que la guerre, la religion, l'immigration, l'amour et la calligraphie. Le tout servi par un dessin qui sait subtilement mélanger la poésie et la contemplation avec les affres de la guerre et les horreurs qu'elle fait subir à ceux qui en souffrent. Cette BD est un subtil mélange des genres qui reste pourtant résolument optimiste malgré le contexte et les sujets qu'elle aborde, et c'est d'autant plus plaisant à lire pour nous aujourd'hui. Elle est un rappel de ce qui se passe dans le monde, mais aussi que la fatalité n'est pas un fait. S'en sortir est possible, et il y a toujours une lueur d'espoir. J'ai retiré beaucoup de choses de cette lecture, et même si je suis très imperméable à des propos religieux, je dois reconnaitre que c'est globalement très bien proposé dans la BD. J'ai été touché par la sensibilité qui se dégage de cette histoire d'amour sublime, et de tout ce qui gravitait autour : la mère qui a connu une histoire remuante et veut vivre libre et émancipée, le prêtre qui a fait de sa communauté un lieu de recueillement pour le monde, et même les quelques figures éphémères qui traversent la BD mais apportent une touche d'humanité, une petite trace de ce que l'homme peut avoir de meilleur. Je ne sais trop quoi dire de plus, au risque de gâcher ou trop réfléchir sur une BD qui déclenche déjà assez de réflexion à elle seule. Si je vous la recommande ? Évidemment. Ce serait dommage de passer à côté d'une telle histoire. Comme un bon vin, elle s'apprécie et se savoure lentement, et je vous recommande de prendre le temps qu'il faudra pour elle.

15/03/2019 (modifier)
Par montane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nymphéas noirs
Nymphéas noirs

Cet album est absolument remarquable il faut bien le reconnaitre. Tout y est: le fond et la forme avec un final à "couper le souffle" digne des plus grands polars. Il faut le dire d'emblée, cet album est l'adaptation d'un polar à succès. Ce qui explique la qualité du scénario. Encore fallait-il réussir l'adaptation en bandes dessinées, ce qui a été fait d'une main de maître. L'intrigue n'est pas forcément le point central de cette histoire. L'essentiel est la forme et la manière dont les auteurs parviennent à "manipuler" les lecteurs et à leur préparer un final en apothéose. L'intrigue se déroule au siècle dernier dans le village bien connu de Giverny, et bien entendu, la peinture est la toile de fond de cette histoire et un des mobiles potentiels des crimes commis sur la Commune. Et puis il a le destin de femmes de tout âge, du moins le croit-on, dont les destins s'entremêlent, et l'arrivée d'un commissaire de police dont l'objectivité est vite remise en cause du fait de l'attrait qu'il éprouve pour l'une d'elles. Inutile d'en dire plus à propos de cet album qui doit être lu avant d'être raconté On ne peut pas non plus passer sur la qualité du dessin de Cassegrain, un dessinateur dont le style oscille entre celui de Prado ou de Gibrat, et dont la mise en couleur n'a rien à envier à ces glorieux ainés. Cet album fait partie de ceux que l'on doit avoir dans sa bibliothèque je crois

14/03/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Prince et la Couturière
Le Prince et la Couturière

Alors là mesdames et messieurs, je dis oui ! Oui tout de suite et sans concession à cette BD merveilleuse qui a su ENFIN établir quelque chose de beau et de poétique sur la question du travestissement ou du transgenre. Et nom d'un chien ça fait du bien de lire ça ! Je ne serais absolument pas objectif sur cette BD parce que j'ai été ému jusqu'aux larmes lors de ma lecture ET de la fin, donc autant dire que niveau ressenti j'ai été dedans à pieds joints. Alors tout est fait pour : le style de narration qui emprunte le chemin du conte pour pouvoir faire de temps en temps des petites incartades particulièrement bien senties (comme cette énorme réflexion que fait le roi sur le changement du monde et la nécessité d'accepter ce qui paraissait encore impensable hier). Le trait en rondeur, en douceur même, avec ses couleurs chatoyantes et douces en même temps ... Et bien sûr, tout le message qui en est dégagé ! Je dirais bien qu'il y a une belle histoire d'amour en plus, mais en vrai le propos n'est pas tant sur la romance que sur le regard, et à cet égard je suis subjugué par la justesse du propos. En fait, je crois bien que c'est la première fois que je lis une BD aussi joliment faite et aussi assumé dans son propos : le travestissement est accepté par le protagoniste, qui ne se remet pas en question en tant que "déviant" de la norme, et toute l'histoire tourne autour du regard des autres là-dessus. Et c'est foutrement bien joué : pas de questionnement sur ce qu'il est ou ce qu'il ressent. Il le sait, il l'assume et la seule personne qui partage son secret en fait de même. Voila le genre de message positif qu'on devrait lire bien plus souvent. Surtout quand c'est aussi bien mis en scène ... Et je ne peux même pas parler de tout ! Emile, le majordome, qui sait tout et se contente de dire "ça ne me concerne pas", comme beaucoup devraient le faire dans la vie; les discours de certaines personnes (notamment sur la fin) qui sont d'une sacrée pertinence ... Oui, je suis vraiment ébloui par la beauté de ce conte et la justesse de son ton. Ni moralisateur, ni dénonciateur, il se contente de faire une histoire belle et tendre sur un fait qui est vu comme normal. Et en lisant ce genre d'histoire, je me dis que j'ai vraiment hâte que ce soit la norme sociétale également. Je ne veux même pas épiloguer sur le dessin, qui rehausse l'ensemble par un trait totalement adapté au conte, une colorisation magique et des magnifiques costumes. C'est simple et beau, efficace, ... Je ne sais quoi en dire. Oui, encore une fois je m'emporte, je lâche des grands mots, je suis sous le charme. Mais quand une BD est aussi simple et belle, aussi merveilleuse de ton et aussi touchante, avec une portée quasi-universelle, je crois bien que je n'ai même pas besoin de justifier ma note. C'est beau, diablement beau, et j'en ai encore une humidité au coin de l’œil après cette critique. Quand la BD est capable de nous toucher autant, il est parfois nécessaire de se taire et de simplement apprécier. Ce que je retourne faire en espérant que vous irez vite en faire de même.

13/03/2019 (modifier)
Par Walran
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Katanga
Katanga

Extrêmement marqué par ma lecture de Il était une fois en France, c’est avec une impatience non feinte que je me suis jeté sur Katanga, nouveau fait d’armes de l’incroyable tandem Nury/Vallée. Il me faut concéder que je ne me serais probablement pas intéressé à cette série si ces deux noms n’y avaient pas été accolés. Cependant, je ne regrette pas un instant la confiance que j’ai accordée aux auteurs. Comme les posteurs qui m’ont précédé l’ont justement rappelé, Katanga raconte une histoire de chasse aux diamants dans un contexte de sécession, juste après la déclaration d’indépendance du Congo. Sous des latitudes pour le moins troublées se rencontrent, s’associent ou se trahissent des personnages plus antipathiques les uns que les autres, aux motivations plus ou moins "moralement justifiables". Politiciens cruels et avides de pouvoir, mercenaires désœuvrés en quête de sensations fortes, autochtones exprimant leur révolte par une grande violence… Bref, le lecteur fait connaissance avec toute une galerie de personnages finement croqués par le trait souple, dynamique, vivant et remarquablement expressif de Sylvain Vallée, parfaitement à l’aise dans l’exercice. Si l’on n'éprouve qu’une sympathie très limitée pour la grande majorité des protagonistes, Katanga impressionne et captive grâce à une mise en scène absolument remarquable et un sens du rythme confondant. Une fois happé, il est impossible de lâcher les albums tant les rouages de la narration sont maîtrisés. Autre ingrédient particulièrement important à mes yeux, tout sonne de façon parfaitement crédible, tant dans les attitudes des héros que dans leur manière de s’exprimer. Cela facilite grandement l’immersion et donne une vraie force au récit. Si cela n’avait pas été le cas, il est d’ailleurs clair que cette débauche de massacre et de violence aurait eu raison de mon plaisir de lecture et m’aurait ôté l’envie d’aller jusqu’au bout – ou d’enrichir ma bibliothèque avec ces albums, véritables manifestes de cynisme, de corruption et de cupidité. Étrangement, aussi dépourvus de moralité soient-ils, il arrive que l’on éprouve un soupçon d’empathie pour ces personnages qui cherchent à survivre dans cet univers âpre et dur. A ce titre, j’ai ressenti de la peine pour Félix, Charlie et Alicia. La fin de l’histoire, abjecte et sordide comme il convient, donne un sentiment d’inéluctabilité, de « tout ça pour ça » qui laisse un goût amer en bouche après la lecture et frappe d'autant plus juste. Je suis sûr que c’est ce que le duo d’auteur – accompagné par l’excellent Jean Bastide aux couleurs – souhaitait accomplir, et cela fonctionne. Impossible de sortir indemne de cette trilogie. Jouissive dans sa débauche, mise en scène de façon véritablement cinématographique, riche dans sa psychologie, très sanglante mais passionnante de bout en bout, Katanga est une vraie réussite. Même si son registre est un peu trop violent pour moi, j’encourage chaleureusement sa découverte et son acquisition, ayant rarement eu la chance de tomber sur des séries d’action d’une telle qualité. Bravo aux auteurs !

07/03/2019 (modifier)
Couverture de la série L'Incal
L'Incal

Série marquante que celle-là, série très clivante – que ce soit pour le fond ou pour la forme –, au point que j’ai plus de mal à comprendre les 3 étoiles que les 1 ou les 5 étoiles. Malgré quelques bémols épars, je n’étais, pour ce qui me concerne, pas loin de lui accorder l’entrée dans la catégorie culte. Cela part sur de la Science-Fiction relativement classique (avec quelques touches d’humour), autour d’un personnage bien falot, plutôt minable même, John Difool. Un pauvre type qui donnait d’ailleurs son nom à la série, au départ. Puis, disons surtout à partir du troisième tome, cela part dans un gros délire de Jodorowsky (comme souvent chez lui !), dans un space opera foutraque, dans lequel Difool perd complètement son rôle central originel : les rééditions et intégrales en ont d'ailleurs pris acte, puisque désormais la série se nomme « L’Incal ». Délire de Jodo donc (mais quelle imagination quand même!!!), avec pas mal d’envolées mystico-philosophiques – même si c’est quand même un peu plus « retenu » que ce qu’il fera ensuite ailleurs. Et je ne peux m’empêcher de penser que Jodo improvisait largement la trame, étant donnés la fuite en avant, le délire plus ou moins lyrique, la surenchère de termes, d’actions, qui ne sont pas tous aisément « compréhensibles », loin s’en faut. Même si Jodo retombe sur ses pattes en fin de sixième album, bouclant ainsi sa boucle improbable. Dans ce gros délire, autour d’un Difool assez transparent – mais que Jodo prend plaisir à multiplier (voire à humilier !) dans le dernier album –, gravite un groupe plutôt hétéroclite (dont Deepo, un oiseau de béton, Kill, personnage à tête de loup, etc.). Pour faire de cette série une sorte d’immanquable, il fallait être deux. Et là – comme toujours aux côtés de Jodo ! –, on a un grand dessinateur, un génie à double face, Moebius. Certes, on est très loin ici du trait foisonnant, très précis et réaliste de Giraud (que j’avoue globalement préférer), mais on a là un bon aperçu du travail SF de Moebius, avec un trait bien plus épuré – presque de plus en plus au fur et à mesure de l’avancée de la série. En tout cas j’aime aussi beaucoup ce dessin, très caractéristique, et qui a influencé beaucoup de monde, en BD ou au cinéma. Quant à la colorisation, très datée (mais aussi « signant » Moebius), parfois kitsch ou psychédélique, je l’aime bien aussi. En tout cas, préférez les albums d’origine ou la dernière intégrale (fidèle aux originaux dans ce domaine) aux premières rééditions, qui avaient un peu « trahi » cette colorisation. Jodo et Moebius inspirés, qui se lâchent, on aime ou pas – affaire de goût –, on comprend ou pas (esprit cartésien s’abstenir), mais si l’on est sensible et ouvert à ce genre d’œuvre – certes marquée par son époque et la rencontre de deux grands créateurs –, force est de reconnaître qu’on tient là un petit (un grand ?) chef d’œuvre. C’est planant, et la fin nous permet un atterrissage – pas forcément en douceur d’ailleurs. Note réelle 4,5/5.

06/03/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Apocalypse sur Carson City
Apocalypse sur Carson City

"Je suis venu en paix, ben tu vas nous la foutre la paix !" C'est déjà par le rappel de la seule tirade intéressante du film Z Dark Angel avec Dolph Lundgren que Griffon a interpellé mes sens... Et voilà la réussite formelle de ce feuilleton : extraire tout le coté ringard de ces récits d'outre tombe pour n'en garder que le meilleur !!! N'y allons pas par 4 chemins : Carson City est un pur chef d'oeuvre de culture geek, pulp et pop ! Je m'en explique rapidement tant l'empressement de faire apprécier ce qui est devenu à mes yeux aussi indispensable qu'un Mutafukaz voire plus est grand ! Griffon est le dessinateur talentueux et déjà unique d'un Billy Wild de grande envergure par des dessins en noir et blanc de toutes beautés. Son style est parfaitement inimitable et unique à ma connaissance. Il s'agit de dessins uniquement noir & blanc présentant des personnages difformes extrêmement détaillés et finement ciselés dans des décors qui ne sont pas en reste... Là où "Bill Wild" n'était qu'un essai réussi sur fond de western spaghetti/ambiance fantastique, j'avais déjà noté que le bonhomme ne pouvait que progresser affranchi d'un scénario somme toute classique et Carson City vient remettre de l'ordre dans tout cela car Griffon ose enfin passer la seconde et exposer son amour tarantinesque des codes narratifs (histoire décomposée en plusieurs chapitres et autant de protagonistes, allers & retours dans le temps ménageant suspens et tension, unité de lieu etc...) pour nous offrir un maestria de purs bonheurs adolescents coupables comme je les aime et dont chaque dialogue est amené à devenir culte. Sur base d'un postulat vaguement Z avec invasions zombies et expérimentations de scientifique fou, Griffon rend hommage à toutes les oeuvres ayant excité son imaginaire en y ayant parfaitement compris ce qui rendait à la fois populaire et captivants les oeuvres de Tarantino citant à la fois Pulp Fiction et Une nuit en enfer. Les deux tomes déjà écrits et publiés en un temps record dénotent davantage d'un travail de perfectionniste soucieux d'offrir le meilleur et rien que le meilleur à ses lecteurs que d'un travail baclé sans queue ni tête car la force justement de l'auteur est de nous prouver qu'il sait parfaitement vers où il se dirige sans balbutiements inutiles. Ici on rentre dans le lard et chaque chapitre peut presque se lire de façon individuelle, le tout s'imbriquant parfaitement dans la trame principale. Alors il s'agit d'une ènième série de zombies, de portraits de petites frappes sans grande envergure et sans héros principal ? Certes mais à aucun moment on a envie de décrocher de la lecture se délectant à la fois de tirades vraiment poilantes ou de s'extasier sur un découpage quasi parfait et de planches qui savent attiser l'oeil. Dieu reconnaîtra les siens paraît-il ? Après avoir lu l'intégralité des 7 tomes, les amateurs de bisseries eighties vont totalement se reconnaître dans cette série qui utilise les artifices cinématographiques (présentation désopilante des protagonistes/acteurs sous forme d'arrêt sur l'image et à l'avenir incertain et ironique) et qui restera dans les annales de la bande dessinée européenne underground, à n'en pas douter... L'ajout de quelques personnages savoureusement kitch et populaires et pas mal de sous intrigues continuent d'enrichir constamment les quelques 600 pages. En se réappropriant des lieux et situations déjà vues et revues mille fois ailleurs mais sous un oeil avisé, Griffon renouvelle le genre par une maîtrise hors norme des scènes d'action mais surtout de dialogues amenés à devenir cultes. Hilarant et rythmé tout en ne ressemblant à aucune autre oeuvre, Carson City devrait faire date tout en exposant la générosité d'un auteur qui n'aura cessé d'évoluer. Recommandé et recommandable ? Non indispensable !!! ;-)

29/12/2010 (MAJ le 03/03/2019) (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ralph Azham
Ralph Azham

Un nouveau Trondheim ne se refuse pas… Euh mais comme tous mes avis sur ses œuvres commencent toujours par ce même et unique dicton, il va sans dire qu’il faudrait un peu étayer ce genre d’arguments. En plus Trondheim n’aide pas à la transparence puisqu’un coup d’œil sur la seule couverture suffit à nous en rappeler le bon souvenir des Donjon ! Passé cette fausse impression, on entre comme toujours chez Trondheim vers un univers dont lui seul possède la saveur avec ses codes de l’absurde et de l’ordinaire dans un univers d’Heroic Fantasy dont pas mal d’éléments sont absents. Ralph est un paria au sein de sa communauté et dont le seul tort est de ne pas être l’élu tant désiré du village qui les aidera à repousser une horde d’étrangers belliqueux. Non en lieu et place d’un super pouvoir qui pourrait rebouter les vilains, Ralph a le seul don de connaître si la personne en face de lui va avoir des enfants ou non. Une piètre qualité pour un supposé sauveur que les notables ne vont guère lui pardonner… pour notre plus grand plaisir ! Trondheim se lâche et nous sort un florilège de corniauds bien pensants… et si le premier opus a un peu de mal à décoller il pose parfaitement la base de tout ce joli monde par le truchement de flashbacks bien mis en scène aux moments clés qui nous en révèlent un peu plus… La couleur est un peu plus travaillée qu'à son habitude avec de très jolis rendus pastels par Brigitte Findakly et sans sortir des registres du label Trondheim, cela apporte un peu de diversité et de nouveauté… Par un mélange d'improvisation mais tout en conservant une grande maîtrise des évènements, Trondheim surprend et mène son récit sur l'ascension d'un loser tout en en développant un "lore" aussi conséquent que cohérent sur l'origine des Bleuis (ces personnages dotés d'un don après la conjonction des deux lunes de cet univers) ou des artefacts magiques. Ce mélange inhabituel de poésie et de fantasie condense l'humour absurde et l'évolution particulière d'un exclu cynique dans le style unique d'un auteur prolifique. Ralph Azham ne fait que monter en puissance au fil de ses cycles et synthétise peut être enfin ce qu'on apprécie le plus chez Trondheim, seul maître à bord de cet univers qui lui ressemble et nous plait tant. La recette de la maturité sans aucun doute.

24/03/2011 (MAJ le 03/03/2019) (modifier)