Les Lutins

Note: 3.43/5
(3.43/5 pour 7 avis)

Ils sont juste au coin du bois, juste à la lisière de votre vision, mais si vous pensez très fort à quelqu'un que vous aimez, vous avez des chances de les voir...


Terres de Légendes

Bonnie Tom est un bandit de grand chemin au grand coeur : à l'instar de Robin des Bois, il détrousse les riches pour donner aux pauvres. Mais un jour, il est dénoncé par un ancien complice, et se retrouve à la prison de Dartmoor. Son seul salut ? Plaire à Black peter, le caïd de la prison. Mais Jay, sa fiancée, veut également le sortir de là. Elle est prête à tout, vraiment à tout, pour trouver une solution. Elle s'alliera aux lutins, mais l'issue de l'aventure ne sera pas celle qu'elle croit... Autres temps, autres lieux. Vaness Van Welde est venu au Nouveau Monde pour accomplir son rêve : bâtir un moulin dans ce jardin d'Eden partagé entre les hommes et les esprits. Il lui faudra pour cela la bienveillance des divinités qui habitent la forêt, mais aussi des hommes rouges...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Juillet 1993
Statut histoire Série terminée (2 cycles de 2 tomes) 4 tomes parus
Couverture de la série Les Lutins
Les notes (7)
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09/08/2005 | Spooky
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L'avatar du posteur Agecanonix

Je précise que j'ai lu l'intégrale du premier cycle de 2 tomes rebaptisé "Bonnie Tom". Le dessin de Duval, faut s'y faire, j'avais eu quelques petites réticences sur Chevalier Malheur et Red caps, mais si on l'accepte, ce n'est pas disgracieux, il n'y a que les têtes d'hommes qui ne sont pas terribles. Ce récit est plein de rêves mêlés de légendes et de magie dans un contexte de brigand bien-aimé des landes écossaises ; l'histoire de Bonnie Tom rappelle celle de Robin des Bois et d'autres bandits d'honneur vus dans des romans populaires. Ce qui est intéressant, c'est le long passage dans la sinistre prison de Dartmoor, régie par les codes de la truanderie, l'ambiance est sombre et reflète bien cet univers impitoyable et crade. Un univers qui détruira l'esprit de Bonnie Tom et changera sa personnalité puisqu'il échouera après son évasion au milieu d'une bande de naufrageurs, et connaitra un destin dramatique en croyant retrouver sa bien-aimée. Une fin que j'ai trouvée déprimante et pessimiste. La partie magique vaut par l'intrusion des Pixies, ces lutins des landes et des forêts, mais qui n'ont qu'un rôle relativement secondaire. Les auteurs y exaltent le côté sauvage et rude de ces contrées britanniques. Comme je l'ai dit, le dessin de Duval est particulier, peu joli sur les têtes de personnages, mais très réussi sur les décors, les cases sont d'ailleurs bien remplies et bourrées de détails. Un truc positif qui m'a plu aussi : le texte en off et les dialogues sont d'une grande richesse.

07/10/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Après la lecture des quatre albums, je me demande encore pourquoi ceux-ci n’ont pas été publiés dans deux séries distinctes… En effet, à part la présence dans chaque cycle de deux albums de lutins (qui donnent donc leur titre à la série, mais sont différents les uns des autres), il n’y a absolument rien de commun entre les deux. Le premier cycle de deux albums se déroule en Angleterre et tourne autour du thème de la trahison (de l’amour, de la parole donnée, de la fidélité au chef, de l’honneur, etc.). C’est assez noir, et se laisse lire, même si j’ai trouvé que la fin s’emballe un peu et m’a paru quelque peu bâclée (le dessin était aussi un peu plus brouillon je trouve…). A noter que les passages dans les fosses de la forteresse prison de Dartmoor ont quand même pas mal de points communs avec le premier tome de Balade au bout du monde ! Le deuxième cycle se déroule dans le Nouveau Monde que commencent à « coloniser » les Européens, et se révèle au final presque aussi noir. Il a pourtant pour cadre ce qui devait être le paradis. Mais comme il est souvent pavé de mauvaises intentions, la civilisation – c’est-à-dire l’intolérance religieuse, le racisme et le sexisme aux environs de Salem vont transformer le rêve du héros – construire un moulin et vivre pleinement en liberté – en un enfer sanglant. Dans ce deuxième cycle, le trait, et aussi parfois l’ambiance se rapprochent de l’univers du Derib de Buddy Longway. Cet hymne à la nature et cette dénonciation des méfaits des extrémistes protestants (ici hollandais) – qui vont durablement marquer ce qui deviendra les Etats-Unis, est assez efficace et se laisse très bien lire. J’ai préféré ce second cycle au premier.

15/06/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Je n'aurais sans doute jamais lu cette série si l'avis de roedlingen n'avait pas attiré mon attention. C'est chose faite maintenant et je ne le regrette pas. Les histoires, sans être très originales, sont intéressantes et le point fort des scenarii est que les personnages évoluent et ne font pas que bêtement suivre le cours des évènements. Malheureusement, hormis la fin du dernier tome, je ne trouve rien de vraiment exceptionnel. Pour moi, ce sont des contes parmi tant d'autres qui sont certes palpitants, mais qui ne se différencient pas beaucoup des autres histoires du même genre. Je pense que j'aurais apprécié si les idées étaient plus explorées car le rythme est plutôt rapide, particulièrement dans le premier cycle.

03/09/2010 (modifier)

Cette série se compose en réalité de deux diptyques complètement indépendants. Le premier se situe dans un moyen âge tardif dans les campagnes continentales et le second sur le nouveau monde au début de la colonisation. Le premier récit : Bonnie Tom () nous raconte l’histoire d’un malfrat de grand chemin redistribuant aux pauvres le fruit de ses larcins. En réalité, nous est narré tout ce qui va suivre son embastillement. Notre voleur est pris dans un guet apens dont on apprendra plus tard les tenants et aboutissants. Pris dans un fort ayant lui-même son propre mode de vie (très dur où tout sentiment humain disparaît au profit de la survie), notre héros va évoluer dans son être. Parallèlement sa douce va tenter de faire l’impossible pour le faire sortir. De rencontres en concessions, les deux personnes qui se retrouvent n’ont plus grand-chose à voir, l’un est devenu une bête sauvage, l’autre a tellement idéalisé un amour qu’elle restera jusqu’à l’abandon d’elle-même malgré les outrages. Notre être sauvé prendra alors place dans la compagnie des simples brigands fossoyeurs de bateaux ayant perdu son âme. Cependant un dernier souvenir lui fera retrouver dans la féerie son âme et sa douce disparue. Le second récit : Puckwoodgenies () nous raconte l’histoire d’un homme libre ayant un rêve : celui de construire un moulin sur les rives de l’autre monde. Hélas son arrivée sur ce monde ayant contrarié le guide spirituel protestant, cela le poursuivra jusqu’au chaos. Non sans avoir vécu de bons moments auprès de peuplades locales. Cette apogée finale dans la destruction venant contrebalancer la vie présente tout le long du récit dans la grande théorie des cycles. Dans les deux cas, les lutins n’interviennent pas en tant que personnages (ou si peu pour le premier opus), il s’agit plutôt de voir le développement d’un individu dans un objectif et de comprendre les transformations induites. Dans les deux cas se joue avec le rapport vie / mort une triste farce où l’équilibre du bonheur devra systématiquement se traduire par un malheur futur (et inversement). Cet équilibre scénaristique fragile se tient avec talent tout le long des deux récits, néanmoins le premier se fait uniquement aventure et traîne parfois en longueur, là où le second me parait plus mûr et trouve dans des récits secondaire un souffle donnant à l’ensemble une cohérence riche. Côté dessin, signalons un trait daté années 90 pour les visages et les expressions, quelques petites maladresses sans conséquence dans les plans, des décors animés avec une colorisation peut-être trop contrastée à mon goût mais au final quelque chose de cohérent faisant corps avec le scénario. Un peu plus de précision et un chouillat moins de déformation de visage auraient été le must. Au global je conseille l’achat car on a plaisir à relire l’album.

17/08/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Cette série est composée de deux histoires, chacune s’étalant sur deux tomes à la manière d’une série telle que « La mémoire des arbres » de Servais, mais c’est le seul point commun entre les deux. Chaque récit illustre une légende, qui peut donc être lue indépendamment de l’autre sans que cela ne pose le moindre problème. Les légendes proposées sont assez sombres, déprimantes même, mais très belles. Les thèmes abordés sont assez classiques : l’amour trahi pour Bonnie Tom et l’intolérance pour Puckwoodgenies. Je me demande cependant pour quelle raison cette série s’appelle « Les lutins », ceux-ci ne sont en effet que des personnages secondaires et ne constituent en aucun cas le sujet des récits. Les scénarios sont bien construits, avec une remarquable mise en place des personnages et une agréable progression dans le drame. Le dessin de Stéphane Duval m’a vraiment bien plu. Des décors de grande qualité, notamment les bâtiments au début de Bonnie Tom, un beau travail sur les ombres et des visages agréables à regarder en sont les principaux atouts. Si j’avoue un faible pour Puckwoodgenies et son métissage des légendes européennes et amérindiennes, les deux récits sont de belle qualité et devraient ravir les amateurs du genre. Je donnerais un bon 3/5 pour Bonnie Tom et un 4/5 pour Puckwoodgenies … mais un 2/5 pour des couvertures qui n’incitaient vraiment pas à découvrir cette chouette petite série.

09/03/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Une série plutôt ancienne et totalement méconnue. C’est un peu dommage car les thèmes développés sont très intéressants. Les scènes sont résolument adultes. Il n’en demeure pas moins que c’est une drôle d’idée que d’appeler cette série « les Lutins » alors qu’on ne les aperçoit pratiquement pas. Cette coexistence entre les deux mondes n’est pas le point fort de cette série. J’ai aimé à cause de la dureté de son propos où comment un héros de transforme en être ignoble et se perd. Il n’y a point de manichéisme ! A noter que cette série a depuis été débaptisée par son éditeur Delcourt. Elle se nomme désormais « Bonnie Tom » et ne relate en fait que le premier dyptique. Là encore, on peut légitimement se poser des questions sur la cause d’une telle amputation de l’œuvre de l’auteur. Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4/5

14/02/2007 (MAJ le 06/03/2008) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
L'avatar du posteur Spooky

Les Lutins est clairement une série coupée en deux cycles très distincts, reliés de manière ténue par une légende commune aux deux mondes, celle des lutins. Curieusement, le premier cycle est plutôt noir, pessimiste, malsain par moments, alors que le second est primesautier, printanier, plus coloré. Cette particularité rend la série assez curieuse, et le lecteur lambda risque d'être déroute, l'espace de quelques minutes, en ouvrant le tome 3. Cette confusion est renforcée par le fait que le héros du second cycle ressemble physiquement beaucoup à celui du premier. Ceci dit, les deux histoires sont assez prenantes, contenant des passages lyriques plutôt gouleyants de la part de Pierre Dubois, elficologue patenté. Le titre est un peu mensonger, puisque les lutins n'apparaissent finalement pas beaucoup dans les albums. Les 4 albums dégagent une impression de naturalisme assez fort, plutôt positif. Que pourrait-on demander de plus à des auteurs s'appelant Dubois et Duval, d'ailleurs ?

09/08/2005 (modifier)