Clairement, je ne m’attendais pas à autant aimer cet album. Et un grand merci à Gruizzli pour avoir attiré l’attention de Little Miss Giggles dessus, me permettant par ricochet de le découvrir à mon tour.
Tout d’abord, la technique du récit à quatre mains est magistralement maîtrisée. Le pari de changer d’auteure à chaque page était pourtant très audacieux mais le rythme narratif n’est jamais perturbé par cette technique. Au contraire, serais-je tenté de dire, il est constamment relancé. A un point tel qu’il m’a été impossible d’interrompre ma lecture avant la dernière page.
Ensuite vient le sujet. Cette histoire d’amour qui se dessine lentement, progressivement, sans même que les deux personnages ne s’en rendent compte, nous est racontée avec sensibilité. C’est un récit moderne, jeune et pourtant subtil et mature. Ce contraste entre le modernisme de la forme et la maturité du propos m’a réellement foutu une bonne claque dans la tronche (et dieu que ça fait du bien !)
Alors oui, bon, il y a peut-être quelques (rares) raccourcis faciles qui pourraient un peu tempérer mon enthousiasme, un côté « feel good story » parfois un peu trop sucré pour un palais saturé comme le mien… mais je serais hypocrite si je n’avouais pas avoir été profondément touché par cette histoire.
C’est une très grosse surprise pour moi, et j’en suis ravi. Lecture hautement recommandée à tout amateur de comédie romantique ! Les autres sont également invité à y jeter un œil attentif, ne fusse que pour la maîtrise technique de cette narration à quatre mains et deux cerveaux.
Exceptionnel et grandiose !
C'est pour moi LE roman graphique de ce début d'année qui nous propose un récit apocalyptique sans zombies à la démarche saccadée et pathétique, et qui dans sa cruelle possibilité nous donne à réfléchir sur certains aspects de notre monde.
Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi fort. Imaginez un gros roman graphique de 380 pages qui dès sa lecture entamée ne vous lâche plus. Nul doute qu'en tant qu'amateur de BD, vous soyez également un adepte du cinéma, et donc vous connaissez forcément Alejandro Gonzàles Inarritu et plus particulièrement deux de ses films : "21 grammes" et "Babel". C'est à ces films "chorale" que fait indubitablement penser cette histoire. Grâce à un découpage nerveux et intelligemment pensé, nous passons d'un personnage à l'autre. J'aime particulièrement Yoyo et ses devinettes.
Dans un futur pas trop éloigné, "le Chuchoteur" est recherché par toutes les polices du pays car il pirate les ondes du plus grand réseau d'information qui soit, TV Net. Il diffuse des messages à une population qu'il juge docile et trop aliénée par le pouvoir. Qui est cet homme qui heurte les consciences de uns et fait trembler le pouvoir ? Est-ce un des membres de ce groupe de rock qui malgré la situation cherche à enregistrer un album ? Est-ce ce vieil écrivain en mal d'inspiration ? L'assassin aux ordres d'une puissante multinationale ? Quand en plus une terrible épidémie véhicule un virus dit de "la dépression" qui se propage sur toute la planète (quelques instants avant leur mort les personnes infectées pleurent des larmes de sang ), plutôt que de soigner la population les autorités préfèrent se concentrer sur la capture du "Chuchoteur".
Au scénario, dessin et colorisation, Colo, un auteur que je connaissais pas. Ce gars est un furieux que ce soit au niveau de la construction, du découpage et de la lente mais inéluctable montée en tension. Il n'y a rien à redire. Le dessin est dans un style semi-réaliste avec surtout un découpage qui insère des pages notamment celles où "le Chuchoteur" s'exprime, sans parler des récits que l'écrivain vieilli ne racontera jamais. Je ne sais qu'ajouter de plus pour vous donner envie de lire ce gros pavé qui renouvelle le genre du récit apocalyptique et de fort belle manière qui plus est.
Merci aux Éditions du Long Bec d'avoir eu l'audace de sortir ce gros pavé, merci à Fabrice scénariste à ses heures, ici chargé de l'adaptation des dialogues.
Pour mon 5000 ème avis sur ce merveilleux site, j'avais envie de prendre un comics vu que pour mes autres millièmes avis j'avais déjà choisi une série franco-belge, une québécoise et deux mangas. J'ai finalement arrêté mon choix sur un récit mettant en vedette mon super-héros préféré depuis que je suis tout petit à savoir Batman.
Ce one-shot met en avant la relation du chevalier noir et son vieil ennemi le Joker et ça tombe bien le Joker est un de mes méchants préférés de Batman. L'auteur utilise bien la relation entre les deux personnages et le Joker est à son meilleur : manipulateur et sachant comment briser les gens. J'ai trouvé le récit prenant du début jusqu'à la fin.
Le dessin de Sam Kieth est assez spécial et je comprends que certains n'aiment pas. Personnellement, je trouvais que cela avait de la classe et un certain charme, mais au niveau découpage c'est vrai que ce n'est pas toujours facile à suivre. J'ai du relire certaines scènes parce que les transitions et les éclipses ne sont pas toujours évidentes. Malgré ce défaut cela reste un des meilleurs Batman à mes yeux quoique je pense que pour apprécier il faut déjà connaitre son univers. Ce n'est pas un truc pour les lecteurs qui veulent découvrir le personnage qu'ils ont vu uniquement à la télé ou au cinéma.
Oui, 5 sur 5...
Très très belle surprise.
C'est un mélange intéressant entre quelques ingrédients de la série Seuls (cf. le thème de la jeunesse isolée) et d'autres séries dans un univers post-apocalyptique. L'équilibre fonctionne très bien, même si je note une très légère descente de rythme dans le 4ème volet paru en ce 1er trimestre 2019.
Le dessin a été réalisé sur ordinateur : je ne fais cette précision que pour ajouter combien l'auteur a réussi à sublimer la technique pour la faire oublier et donner à cette saga une ambiance très prenante, jolie mais angoissante.
Côté négatif, on ne peut que regretter un rythme de parution digne du Sénat.
Déjà, on peut noter que c'est une série qui aura su respecter sa promesse de tenir en 10 volumes plutôt que de prolonger à l'infini une recette qui tient la route.
Certes, elle repose sur des éléments archi-connus de toute épopée fantasy, mais les auteurs ont su innover et créer avec réussite quelques innovations sur chaque race.
L'univers est bien foutu, chaque volume raconte une histoire sympa, laquelle se raccroche harmonieusement au cycle complet.
Très belle fin, que l'on lit avec un peu de tristesse.
Je ne mets pas 5 étoiles, car ce n'est pas non plus complètement innovant, mais ça reste du très très solide à côté de nombreuses autres sagas.
Wow ! C'te claque !
Pourtant il m'en aura fallu du temps pour venir à bout de ce pavé (et là quand je dis pavé, c'est pas un blague ! 562 pages !). Quel travail de dingue ! Typex que je découvre avec cet album nous sort le grand jeu avec un album impressionnant retraçant ans concessions toute la vie d'Andy Warhol, depuis sa jeunesse avec sa famille jusqu'à sa mort à New York en 1987. Pourtant Warhol, on connait ! Ou plutôt on croit connaitre. Car même moi qui ai bercé dans des études artistiques et qui me suis penché assez en avant sur le pop art j'avoue avoir découvert des facettes du personnage et de son histoire que je ne connaissais absolument pas. Je savais le bonhomme perturbé, mais pas autant :D !
Et quelle vie mes amis ! Entre dessin, peinture, films d'avant-garde, producteur de musique, ses rencontres avec les grands intellectuels de cette 2e moitié du XXe siècle, les stars, les politiques, Warhol réussit le grand écart entre les mouvances underground et VIP américaines de l'époque. C'est magistralement retranscrit de la part de Typex en jouant à bon escient des codes graphiques propres à chaque période que va traverser Warhol, jusqu'à cette tranche du livre argenté, clin d'oeil ultime que l'artiste affectionnait tant.
Alors oui, ce parti pris graphique en dérangera certainement plus d'un, et c'est typiquement le genre d'album qu'on aime ou qu'on aime pas, mais ce n'est là qu'un juste hommage que rend Typex à l'artiste, qui lui aussi ne donnait pas dans le compromis.
Bam ! Et bien en voilà un magnifique album SF comme je les aime ! Je sais j'arrive un peu après la marée, mais mieux vaut tard que jamais :)
C'est donc à Angoulême que j'ai pu tailler le bout de gras avec Vincent Perriot lors d'une séance de dédicace sans pour autant avoir lu ledit album à ce moment. Et bien quel régal depuis ! Alors oui, je ne vais pas revenir sur les influences diverses et variées qui transpirent de ce pavé, mais que c'est bien digéré, intégré et remanié à sa sauce ! Et puis la colorisation de Florence Breton (oui celle qui a travaillé avec Moebius) est tout bonnement sublime et donne tout son supplément d'âme à cet univers imaginé par Vincent Perriot.
Cet album de plus de 200 pages au grand format permet à l'auteur de laisser libre cours à son imagination et de nous embarquer au fil de planches parfois sublimes dans un univers futuriste hors normes (ah ces grandes cases ou ces planches entières sur une page me donnent juste envie de plonger dedans !). Un vrai régal pour les yeux, surtout dans ses décors qu'ils soient naturels ou architecturaux !
Voilà un album que je compte bien relire bientôt, juste pour le plaisir des yeux !
Avec cette nouvelle publication des éditions Sarbacane, préparez-vous à en prendre plein les mirettes ! De très belle facture avec dos toilé et vernis sélectif (ce qui n’est pas surprenant quand on sait que l’éditeur est autant attaché au contenu qu’à la forme), doté d’une couverture splendide, cet album très personnel de l’italien Fabrizio Dori est à la croisée de l’art et de la littérature.
« Le Dieu vagabond », c’est une sorte de road trip mystique, où l’on suit la quête d’un satyre échoué dans le monde des humains, après avoir été puni par la déesse Artémis pour avoir pénétré dans son royaume en pourchassant une nymphe. Désormais alcoolique et à la rue, Eustis, ce dieu « inférieur », désormais simple clochard céleste, doit partager le triste quotidien des humains, dépourvu de la magie qui régnait jadis sur le monde avant que les dieux de l’Olympe ne soient remplacés par le nouveau dieu unique. Bientôt, il va se voir confier une mission par Hécate, la sœur d’Artémis. Cette mission pour le moins délicate consistera à sceller les retrouvailles de Séléné et de Pan, ce dernier étant mort trop tôt pour faire ses adieux à la déesse, sœur d’Artémis et d’Hécate. La récompense promise s’il réussit : se retrouver lui-même tel qu’il était et mettre ainsi fin à son long exil. C’est ainsi qu’équipé de son baluchon, il va prendre la route en compagnie d’un vieux professeur très myope.
Graphiquement, c’est une pure merveille. Fabrizio Dori nous enchante littéralement en jouant avec les styles et les couleurs, au risque de paraître trop disparate. Il y a pourtant un vrai parti pris, mais qui fonctionne parfaitement bien car en symbiose totale avec le récit, à savoir que ce que l’auteur a produit ici n’est rien de moins qu’une ode à la vie, à la beauté et à l’amour. Le lecteur pourra ainsi se délecter de ces illustrations extraordinaires qui sont, au-delà du style contemporain propre à Dori, tout autant de références à Van Gogh, Klimt et aux peintres romantiques du XIXe siècle.
Ainsi, l’auteur italien – dans le cas présent on doit pouvoir dire l’artiste – nous propose, avec ce très beau conte pour lequel il a puisé à pleines mains dans la mythologie grecque, de réenchanter le monde, notre triste monde auquel même Dori parvient à trouver une certaine poésie, quand il représente une banlieue hérissée de tours et de pylônes électriques géants… La couverture à elle seule, parfaite allégorie de notre époque, résume parfaitement le propos : assis devant sa tente Quechua, Eustis, l’ancien dieu-satyre devenu SDF, contemple l’air hagard, une boutanche de gros rouge à la main, l’immensité du ciel étoilé, souvenir résiduel de l’ancien monde, celui de la magie, de la beauté et de l’hédonisme. Ainsi, nous sentons-nous interpelés. Et si les clochards sur lesquels nous, clochards potentiels, préférons détourner le regard, étaient tout simplement des dieux déchus ? Et si pour eux le vin était juste le moyen d’oublier et d’embellir un tant soit peu la laideur qui nous environne et que nous ne voyons plus, ou que nous ne voulons plus voir ?
« Le Dieu vagabond » dégage une vraie beauté malgré quelques tout petits défauts - des regards pas toujours très expressifs par exemple ou des postures un peu balourdes, guère normées « BD » parce que sans doute, cela relève davantage de l’art pictural – Fabrizio expose dans des galeries de peinture… Mais ces « maladresses » sont d’autant plus touchantes qu’on a envie de les oublier, car qui dit œuvre poétique, dit albatros aux ailes trop grandes pour se mouvoir sur une Terre trop ferme, trop fermée. D’autant que le scénario est très bien construit, reste fluide, et que l’humour est aussi là pour empêcher à quiconque toute velléité de tomber dans le sérieux comme on tomberait dans le panneau.
Laissez vous emmener par ce petit chef d’œuvre, laissez infuser les merveilleuses images et la poésie de Fabrizio dans votre subconscient, des images inouïes qui pourraient bien vous aider à étoiler votre vie intérieure et vous accorder la légèreté – tout dépend évidemment de votre capacité à affronter le quotidien, à lutter contre sa pesanteur si puissante qui cloue nombre d’entre nous au sol sans que l’on en soit réellement conscient. « Les mythes sont faits pour être racontés, sans ça, le monde s’appauvrit et meurt. » Cette phrase d’Eustis synthétise à merveille la teneur du projet. Magique, je vous dis !
Touchant de vérité. Le papa auteur se livre page après page le long de ce parcours d'une paternité hors norme. Une belle manière sans une seule concession, de découvrir les différentes facettes de l'handicap T21. Et malgré un sujet si lourd, cela se lit d'une traite. Et oui, c'est bien dessiné, bien raconté, bourré d'émotions, avec de belles touches d'humour.
Dans notre famille, on l'a refilé à lire à tout le monde.
Merci!
Comment faire partager son enthousiasme, remettre au goût du jour, faire acheter au plus grand nombre une BD datant de 2007 ?
Il faut dire que ce "Fell" possède quelque chose d'exceptionnel. Tout d'abord Warren Ellis que l'on ne présente plus au scénario et une sorte de grand malade au dessin Ben Templesmith. Quand je dis grand malade n'y voyez pas de ma part une quelconque insulte, terme que j'aurais d'ailleurs pu utiliser pour les deux auteurs. Non, malade dans le sens où il faut un je ne sais quoi qui échappe à l'ordinaire pour concevoir et dessiner des trucs pareils.
Le glauque, le crade, ont trouvés leurs maitres.
Ellis au scénario nous concocte une personnage de flic qui n'est pas nouveau mais en évitant tout de même les écueils habituels. Pour ce que nous en savons Fell n'est pas alcoolique, ne souffre pas du PTSD, en fait il semblerait presque normal si ce n'était cette propension à vouloir rendre la justice du mieux qu'il peut, bien que travaillant dans le quartier le plus pourri de la ville (et ici le mot pourri prend tout son sens). Ellis donne quelques pistes qui aident à mieux cerner son personnage mais sans toutefois répondre à toutes les questions. Personnellement je ne trouve pas cela grave, je dirais que cela ajoute à l'ensemble.
Templesmith est au dessin et pour ceux qui ne connaissent pas je dirais, mettez de côté vos a priori, non vraiment et laissez vous prendre, envouter par un dessin qui est tout sauf bien léché avec des lignes claires. Oui c'est particulier mais pour une fois où un auteur s'affranchit de codes, cela est plutôt jouissif. Chez Templesmith il fait souvent nuit ou très sombre. Sans jeu de mot je trouve que dans cet album son dessin s'est policé, il est en tous les cas très lisible (rien à voir par exemple avec Bienvenue à Hoxford ). Pour autant ce dessinateur, que l'on aime ou pas son style, arrive à être dans le ton de ses récits d'une adéquation presque diabolique.
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La Fille dans l'écran
Clairement, je ne m’attendais pas à autant aimer cet album. Et un grand merci à Gruizzli pour avoir attiré l’attention de Little Miss Giggles dessus, me permettant par ricochet de le découvrir à mon tour. Tout d’abord, la technique du récit à quatre mains est magistralement maîtrisée. Le pari de changer d’auteure à chaque page était pourtant très audacieux mais le rythme narratif n’est jamais perturbé par cette technique. Au contraire, serais-je tenté de dire, il est constamment relancé. A un point tel qu’il m’a été impossible d’interrompre ma lecture avant la dernière page. Ensuite vient le sujet. Cette histoire d’amour qui se dessine lentement, progressivement, sans même que les deux personnages ne s’en rendent compte, nous est racontée avec sensibilité. C’est un récit moderne, jeune et pourtant subtil et mature. Ce contraste entre le modernisme de la forme et la maturité du propos m’a réellement foutu une bonne claque dans la tronche (et dieu que ça fait du bien !) Alors oui, bon, il y a peut-être quelques (rares) raccourcis faciles qui pourraient un peu tempérer mon enthousiasme, un côté « feel good story » parfois un peu trop sucré pour un palais saturé comme le mien… mais je serais hypocrite si je n’avouais pas avoir été profondément touché par cette histoire. C’est une très grosse surprise pour moi, et j’en suis ravi. Lecture hautement recommandée à tout amateur de comédie romantique ! Les autres sont également invité à y jeter un œil attentif, ne fusse que pour la maîtrise technique de cette narration à quatre mains et deux cerveaux.
Aujourd'hui est un beau jour pour mourir
Exceptionnel et grandiose ! C'est pour moi LE roman graphique de ce début d'année qui nous propose un récit apocalyptique sans zombies à la démarche saccadée et pathétique, et qui dans sa cruelle possibilité nous donne à réfléchir sur certains aspects de notre monde. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi fort. Imaginez un gros roman graphique de 380 pages qui dès sa lecture entamée ne vous lâche plus. Nul doute qu'en tant qu'amateur de BD, vous soyez également un adepte du cinéma, et donc vous connaissez forcément Alejandro Gonzàles Inarritu et plus particulièrement deux de ses films : "21 grammes" et "Babel". C'est à ces films "chorale" que fait indubitablement penser cette histoire. Grâce à un découpage nerveux et intelligemment pensé, nous passons d'un personnage à l'autre. J'aime particulièrement Yoyo et ses devinettes. Dans un futur pas trop éloigné, "le Chuchoteur" est recherché par toutes les polices du pays car il pirate les ondes du plus grand réseau d'information qui soit, TV Net. Il diffuse des messages à une population qu'il juge docile et trop aliénée par le pouvoir. Qui est cet homme qui heurte les consciences de uns et fait trembler le pouvoir ? Est-ce un des membres de ce groupe de rock qui malgré la situation cherche à enregistrer un album ? Est-ce ce vieil écrivain en mal d'inspiration ? L'assassin aux ordres d'une puissante multinationale ? Quand en plus une terrible épidémie véhicule un virus dit de "la dépression" qui se propage sur toute la planète (quelques instants avant leur mort les personnes infectées pleurent des larmes de sang ), plutôt que de soigner la population les autorités préfèrent se concentrer sur la capture du "Chuchoteur". Au scénario, dessin et colorisation, Colo, un auteur que je connaissais pas. Ce gars est un furieux que ce soit au niveau de la construction, du découpage et de la lente mais inéluctable montée en tension. Il n'y a rien à redire. Le dessin est dans un style semi-réaliste avec surtout un découpage qui insère des pages notamment celles où "le Chuchoteur" s'exprime, sans parler des récits que l'écrivain vieilli ne racontera jamais. Je ne sais qu'ajouter de plus pour vous donner envie de lire ce gros pavé qui renouvelle le genre du récit apocalyptique et de fort belle manière qui plus est. Merci aux Éditions du Long Bec d'avoir eu l'audace de sortir ce gros pavé, merci à Fabrice scénariste à ses heures, ici chargé de l'adaptation des dialogues.
Batman - Secrets
Pour mon 5000 ème avis sur ce merveilleux site, j'avais envie de prendre un comics vu que pour mes autres millièmes avis j'avais déjà choisi une série franco-belge, une québécoise et deux mangas. J'ai finalement arrêté mon choix sur un récit mettant en vedette mon super-héros préféré depuis que je suis tout petit à savoir Batman. Ce one-shot met en avant la relation du chevalier noir et son vieil ennemi le Joker et ça tombe bien le Joker est un de mes méchants préférés de Batman. L'auteur utilise bien la relation entre les deux personnages et le Joker est à son meilleur : manipulateur et sachant comment briser les gens. J'ai trouvé le récit prenant du début jusqu'à la fin. Le dessin de Sam Kieth est assez spécial et je comprends que certains n'aiment pas. Personnellement, je trouvais que cela avait de la classe et un certain charme, mais au niveau découpage c'est vrai que ce n'est pas toujours facile à suivre. J'ai du relire certaines scènes parce que les transitions et les éclipses ne sont pas toujours évidentes. Malgré ce défaut cela reste un des meilleurs Batman à mes yeux quoique je pense que pour apprécier il faut déjà connaitre son univers. Ce n'est pas un truc pour les lecteurs qui veulent découvrir le personnage qu'ils ont vu uniquement à la télé ou au cinéma.
Gung Ho
Oui, 5 sur 5... Très très belle surprise. C'est un mélange intéressant entre quelques ingrédients de la série Seuls (cf. le thème de la jeunesse isolée) et d'autres séries dans un univers post-apocalyptique. L'équilibre fonctionne très bien, même si je note une très légère descente de rythme dans le 4ème volet paru en ce 1er trimestre 2019. Le dessin a été réalisé sur ordinateur : je ne fais cette précision que pour ajouter combien l'auteur a réussi à sublimer la technique pour la faire oublier et donner à cette saga une ambiance très prenante, jolie mais angoissante. Côté négatif, on ne peut que regretter un rythme de parution digne du Sénat.
Wollodrïn
Déjà, on peut noter que c'est une série qui aura su respecter sa promesse de tenir en 10 volumes plutôt que de prolonger à l'infini une recette qui tient la route. Certes, elle repose sur des éléments archi-connus de toute épopée fantasy, mais les auteurs ont su innover et créer avec réussite quelques innovations sur chaque race. L'univers est bien foutu, chaque volume raconte une histoire sympa, laquelle se raccroche harmonieusement au cycle complet. Très belle fin, que l'on lit avec un peu de tristesse. Je ne mets pas 5 étoiles, car ce n'est pas non plus complètement innovant, mais ça reste du très très solide à côté de nombreuses autres sagas.
Andy - Un conte de faits
Wow ! C'te claque ! Pourtant il m'en aura fallu du temps pour venir à bout de ce pavé (et là quand je dis pavé, c'est pas un blague ! 562 pages !). Quel travail de dingue ! Typex que je découvre avec cet album nous sort le grand jeu avec un album impressionnant retraçant ans concessions toute la vie d'Andy Warhol, depuis sa jeunesse avec sa famille jusqu'à sa mort à New York en 1987. Pourtant Warhol, on connait ! Ou plutôt on croit connaitre. Car même moi qui ai bercé dans des études artistiques et qui me suis penché assez en avant sur le pop art j'avoue avoir découvert des facettes du personnage et de son histoire que je ne connaissais absolument pas. Je savais le bonhomme perturbé, mais pas autant :D ! Et quelle vie mes amis ! Entre dessin, peinture, films d'avant-garde, producteur de musique, ses rencontres avec les grands intellectuels de cette 2e moitié du XXe siècle, les stars, les politiques, Warhol réussit le grand écart entre les mouvances underground et VIP américaines de l'époque. C'est magistralement retranscrit de la part de Typex en jouant à bon escient des codes graphiques propres à chaque période que va traverser Warhol, jusqu'à cette tranche du livre argenté, clin d'oeil ultime que l'artiste affectionnait tant. Alors oui, ce parti pris graphique en dérangera certainement plus d'un, et c'est typiquement le genre d'album qu'on aime ou qu'on aime pas, mais ce n'est là qu'un juste hommage que rend Typex à l'artiste, qui lui aussi ne donnait pas dans le compromis.
Negalyod
Bam ! Et bien en voilà un magnifique album SF comme je les aime ! Je sais j'arrive un peu après la marée, mais mieux vaut tard que jamais :) C'est donc à Angoulême que j'ai pu tailler le bout de gras avec Vincent Perriot lors d'une séance de dédicace sans pour autant avoir lu ledit album à ce moment. Et bien quel régal depuis ! Alors oui, je ne vais pas revenir sur les influences diverses et variées qui transpirent de ce pavé, mais que c'est bien digéré, intégré et remanié à sa sauce ! Et puis la colorisation de Florence Breton (oui celle qui a travaillé avec Moebius) est tout bonnement sublime et donne tout son supplément d'âme à cet univers imaginé par Vincent Perriot. Cet album de plus de 200 pages au grand format permet à l'auteur de laisser libre cours à son imagination et de nous embarquer au fil de planches parfois sublimes dans un univers futuriste hors normes (ah ces grandes cases ou ces planches entières sur une page me donnent juste envie de plonger dedans !). Un vrai régal pour les yeux, surtout dans ses décors qu'ils soient naturels ou architecturaux ! Voilà un album que je compte bien relire bientôt, juste pour le plaisir des yeux !
Le Dieu vagabond
Avec cette nouvelle publication des éditions Sarbacane, préparez-vous à en prendre plein les mirettes ! De très belle facture avec dos toilé et vernis sélectif (ce qui n’est pas surprenant quand on sait que l’éditeur est autant attaché au contenu qu’à la forme), doté d’une couverture splendide, cet album très personnel de l’italien Fabrizio Dori est à la croisée de l’art et de la littérature. « Le Dieu vagabond », c’est une sorte de road trip mystique, où l’on suit la quête d’un satyre échoué dans le monde des humains, après avoir été puni par la déesse Artémis pour avoir pénétré dans son royaume en pourchassant une nymphe. Désormais alcoolique et à la rue, Eustis, ce dieu « inférieur », désormais simple clochard céleste, doit partager le triste quotidien des humains, dépourvu de la magie qui régnait jadis sur le monde avant que les dieux de l’Olympe ne soient remplacés par le nouveau dieu unique. Bientôt, il va se voir confier une mission par Hécate, la sœur d’Artémis. Cette mission pour le moins délicate consistera à sceller les retrouvailles de Séléné et de Pan, ce dernier étant mort trop tôt pour faire ses adieux à la déesse, sœur d’Artémis et d’Hécate. La récompense promise s’il réussit : se retrouver lui-même tel qu’il était et mettre ainsi fin à son long exil. C’est ainsi qu’équipé de son baluchon, il va prendre la route en compagnie d’un vieux professeur très myope. Graphiquement, c’est une pure merveille. Fabrizio Dori nous enchante littéralement en jouant avec les styles et les couleurs, au risque de paraître trop disparate. Il y a pourtant un vrai parti pris, mais qui fonctionne parfaitement bien car en symbiose totale avec le récit, à savoir que ce que l’auteur a produit ici n’est rien de moins qu’une ode à la vie, à la beauté et à l’amour. Le lecteur pourra ainsi se délecter de ces illustrations extraordinaires qui sont, au-delà du style contemporain propre à Dori, tout autant de références à Van Gogh, Klimt et aux peintres romantiques du XIXe siècle. Ainsi, l’auteur italien – dans le cas présent on doit pouvoir dire l’artiste – nous propose, avec ce très beau conte pour lequel il a puisé à pleines mains dans la mythologie grecque, de réenchanter le monde, notre triste monde auquel même Dori parvient à trouver une certaine poésie, quand il représente une banlieue hérissée de tours et de pylônes électriques géants… La couverture à elle seule, parfaite allégorie de notre époque, résume parfaitement le propos : assis devant sa tente Quechua, Eustis, l’ancien dieu-satyre devenu SDF, contemple l’air hagard, une boutanche de gros rouge à la main, l’immensité du ciel étoilé, souvenir résiduel de l’ancien monde, celui de la magie, de la beauté et de l’hédonisme. Ainsi, nous sentons-nous interpelés. Et si les clochards sur lesquels nous, clochards potentiels, préférons détourner le regard, étaient tout simplement des dieux déchus ? Et si pour eux le vin était juste le moyen d’oublier et d’embellir un tant soit peu la laideur qui nous environne et que nous ne voyons plus, ou que nous ne voulons plus voir ? « Le Dieu vagabond » dégage une vraie beauté malgré quelques tout petits défauts - des regards pas toujours très expressifs par exemple ou des postures un peu balourdes, guère normées « BD » parce que sans doute, cela relève davantage de l’art pictural – Fabrizio expose dans des galeries de peinture… Mais ces « maladresses » sont d’autant plus touchantes qu’on a envie de les oublier, car qui dit œuvre poétique, dit albatros aux ailes trop grandes pour se mouvoir sur une Terre trop ferme, trop fermée. D’autant que le scénario est très bien construit, reste fluide, et que l’humour est aussi là pour empêcher à quiconque toute velléité de tomber dans le sérieux comme on tomberait dans le panneau. Laissez vous emmener par ce petit chef d’œuvre, laissez infuser les merveilleuses images et la poésie de Fabrizio dans votre subconscient, des images inouïes qui pourraient bien vous aider à étoiler votre vie intérieure et vous accorder la légèreté – tout dépend évidemment de votre capacité à affronter le quotidien, à lutter contre sa pesanteur si puissante qui cloue nombre d’entre nous au sol sans que l’on en soit réellement conscient. « Les mythes sont faits pour être racontés, sans ça, le monde s’appauvrit et meurt. » Cette phrase d’Eustis synthétise à merveille la teneur du projet. Magique, je vous dis !
Ce n'est pas toi que j'attendais
Touchant de vérité. Le papa auteur se livre page après page le long de ce parcours d'une paternité hors norme. Une belle manière sans une seule concession, de découvrir les différentes facettes de l'handicap T21. Et malgré un sujet si lourd, cela se lit d'une traite. Et oui, c'est bien dessiné, bien raconté, bourré d'émotions, avec de belles touches d'humour. Dans notre famille, on l'a refilé à lire à tout le monde. Merci!
Fell
Comment faire partager son enthousiasme, remettre au goût du jour, faire acheter au plus grand nombre une BD datant de 2007 ? Il faut dire que ce "Fell" possède quelque chose d'exceptionnel. Tout d'abord Warren Ellis que l'on ne présente plus au scénario et une sorte de grand malade au dessin Ben Templesmith. Quand je dis grand malade n'y voyez pas de ma part une quelconque insulte, terme que j'aurais d'ailleurs pu utiliser pour les deux auteurs. Non, malade dans le sens où il faut un je ne sais quoi qui échappe à l'ordinaire pour concevoir et dessiner des trucs pareils. Le glauque, le crade, ont trouvés leurs maitres. Ellis au scénario nous concocte une personnage de flic qui n'est pas nouveau mais en évitant tout de même les écueils habituels. Pour ce que nous en savons Fell n'est pas alcoolique, ne souffre pas du PTSD, en fait il semblerait presque normal si ce n'était cette propension à vouloir rendre la justice du mieux qu'il peut, bien que travaillant dans le quartier le plus pourri de la ville (et ici le mot pourri prend tout son sens). Ellis donne quelques pistes qui aident à mieux cerner son personnage mais sans toutefois répondre à toutes les questions. Personnellement je ne trouve pas cela grave, je dirais que cela ajoute à l'ensemble. Templesmith est au dessin et pour ceux qui ne connaissent pas je dirais, mettez de côté vos a priori, non vraiment et laissez vous prendre, envouter par un dessin qui est tout sauf bien léché avec des lignes claires. Oui c'est particulier mais pour une fois où un auteur s'affranchit de codes, cela est plutôt jouissif. Chez Templesmith il fait souvent nuit ou très sombre. Sans jeu de mot je trouve que dans cet album son dessin s'est policé, il est en tous les cas très lisible (rien à voir par exemple avec Bienvenue à Hoxford ). Pour autant ce dessinateur, que l'on aime ou pas son style, arrive à être dans le ton de ses récits d'une adéquation presque diabolique. Que pourrais-je ajouter pour vous aider à sauter le pas ? N'oubliez pas que ce polar est classé dans les immanquables, vraiment cette position n'est pas usurpée, en occasion il ne vaut plus grand chose alors s'il vous reste quelques €, foncez.