Voilà du lourd!
VilleVermine, T1: "L'homme aux babioles".
Déjà le titre est tout un programme, alors pour ce récit réalisé par Julien Lambert il va vous falloir revoir certaines de vos certitudes pour une enquête un brin loufoque dans les rues de VilleVermine.
Cette cité c'est un poème, mais immonde, sale, les habitants y survivent grâce aux vols et à toutes sortes de trafics. Le héros c'est Jacques Peuplier un détective un peu particulier, genre balèze taiseux; son boulot, retrouver des objets du quotidien qui ont été perdus ou volés, facile pour Jacques puisqu'il possède un don bien étrange à savoir celui de communiquer avec les dits objets qui deviennent ainsi ses indics. Tout cela est bien joli mais ne nourrit pas forcément son homme aussi Jacques doit il s'atteler à une nouvelle mission, retrouver le fille de la reine des bas-fonds qui a été enlevée par de mystérieux hommes mouches pour le compte d'un savant forcément fou.
Dit comme cela vous vous dites que l'auteur aime à fumer plus que la moquette à l'occasion et peut être n'avez vous pas tort. Ce premier tome est un peu foutraque mais dans le bon sens du terme, c'est un délire assez jouissif: des hommes mouches qui volent, un savant fou, des libellules pourchassées, un chat Mauvais poil et bien sûr des objets qui communiquent avec le héros. Que du normal quoi!
A vrai dire il y longtemps que je n'avais pas lu une BD qui sache utiliser à ce point et avec un tel brio cet espèce de non sens mais qui sait toujours retomber sur ses pieds car au bout du compte c'est l'enquête qui prévaut.
Le graphisme lui aussi sort des sentiers battus et il fait son petit effet. Voilà donc un premier tome tout ce qu'il y a d'original dont j'attends la suite et fin avec impatience et dont je n'hésite pas à faire mon coup de cœur de ce début d'année.
Fascinant, envoûtant.
Nous vivons dans un monde où la rapidité, l'immédiateté règnent en maîtres. L'on zappe, l'on tchatte, bref il reste peu d'instants qui nous permettent de prendre notre temps pour regarder les choses.
Cet album de Barbara Baldi arrive à point nommé pour nous redonner le goût de la contemplation. Le dessin ou devrait-on dire les illustrations de ce récit sont à mille lieues de ce à quoi la BD classique nous a habitué. C'est particulier, sombre et cela nous oblige en tant que lecteur à sortir de notre zone de confort.
Comme dit par mes camarades précédents, la lecture est assez rapide au vu du peu de dialogues mais une fois la dernière page tournée, un besoin irrépressible oblige à revenir au début pour goûter encore une fois les planches magnifiques de cet album. Nous voici replongés dans les livres d'Emily Brontë, je pense bien sûr au roman "Les hauts de hurle-vent", titre romantique au possible qui enflammait l'imagination de l'ado que j'étais.
Que c'est beau, je pense aux toutes premières planches qui possèdent à mon sens un pouvoir quasi hypnotique et là l'esprit enfin arrêté nous pouvons nous abîmer dans la contemplation.
J'ai eu la chance à Angoulême sur le stand de l'éditeur (Ici même), de pouvoir feuilleter le prochain album de Barbara Baldi Ada, qui s'annonce au moins aussi grandiose et beau que celui-ci.
D'un abord exigeant, une BD qui ne laisse pas indifférent mais qui mérite à coup sûr le détour.
La première chose qui marque en ouvrant cet album, c’est bien entendu le graphisme. Je conçois tout à fait qu’il ne sera pas du goût de tout le monde. Je n’arrive pas à saisir tous les détails de la technique employée. Il s’agit clairement d’aquarelle, mais retravaillée à l’informatique, au point que certaines cases ressemblent presque à des photographies retouchées. Mais bon sang, que c’est beau. Les planches sont magistrales, notamment la présentation de la campagne du Nottinghamshire, mise en valeur dans les nombreux passages muets contemplatifs. On retrouve des références à des peintres et peintures connus, mais le fait que ces « emprunts » ne soient référencés nul part dans l’album est un peu limite je trouve (je vous laisse comparer la 3eme case de la page 38, et le tableau « Saison d'octobre » de Jules Bastien-Lepage par exemple. Merci Chandre pour l’information).
L’histoire fait très « fable victorienne », dans le genre « Downton Abbey ». Le destin des deux sœurs, déchirées par le testament de leur grand-mère, est touchant au possible. J’ai trouvé le ton très juste, et la fin très belle, avec ce tout dernier sourire. Je note quand même quelques petits soucis de narration par moment, des enchainements un peu brusques, ou des phylactères agencés bizarrement et que j’ai lus dans le désordre (voir page 75, première case par exemple). M’enfin, rien de bien grave au final.
J’ai passé un excellent moment de lecture. L’histoire m’a beaucoup plu, et puis surtout j’adore le style graphique. Je feuillette l’album régulièrement depuis ma lecture, pour admirer les nombreux paysages.
En-dehors de leur célébrissime saga gauloise, Goscinny et Uderzo ont fréquemment collaboré. On connaît encore assez bien Oumpah-Pah ou Jehan Pistolet, mais on connaît souvent beaucoup moins des Luc Junior ou "Benjamin et Benjamine", pourtant savoureux.
Même si Goscinny et Uderzo ne sont pas encore tout-à-fait arrivés à la maturité de leur génie, celui-ci se manifeste déjà souvent dans ces histoires franchement délicieuses. Chaque page est une petite merveille graphique et humoristique, tant on voit se développer la ligne incroyable d'Uderzo, qui atteindra la perfection dans Astérix et Tanguy et Laverdure, sans doute ses deux plus belles sagas à mes yeux.
Au niveau du scénario, c'est légèrement inégal, d'autant que les deux protagonistes principaux sont pour ainsi dire totalement transparents (mais c'est voulu, puisque cela permet au jeune lecteur de se mettre facilement à leur place, et surtout à l'auteur de mieux mettre en valeur des personnages secondaires, à la personnalité très marquée et toujours craquante) mais Goscinny s'y entend pour créer des situations rocambolesques et varier les plaisirs, évitant tout risque de redite et multipliant les aventures sans queue ni tête. Le sommet est à mon sens atteint dans "Le Grand Boudchou", où Goscinny nous fait éclater de rire à chaque page (voire à chaque case), et où le dynamisme du dessin d'Uderzo sert à point une histoire riche en rebondissements délirants.
Une vraie bonne saga humoristique, que tous les fans du merveilleux duo Albert-René gagneront non seulement à lire, mais aussi à posséder en bonne place dans leur bédéthèque.
A noter, dans l'excellente intégrale, quelques bonus, dont les hilarantes aventures de la famille Moutonnet qui deviendra la famille Cokalane, sorte de mélange entre un Boule et Bill et un Modeste et Pompon. Malheureusement, il n'y aura que 20 planches en tout... Ca reste un délice à découvrir !
Le dossier documentaire sur la création de Pilote est lui aussi captivant et assez fourni (30 pages).
Une bonne BD peut-elle atteindre à la "grandeur" par la seule force de son dessin ? Le sens commun suggère que non, bien sûr, puisque la dictature du scénario tout-puissant nous a depuis longtemps convaincus d'exiger aussi une bonne histoire. Mais voilà que cette "Partition de Flintham" arrive pour ébranler nos certitudes. Premier livre d'une visiblement brillante illustratrice italienne, Barbara Baldi, ce livre nous envoûte, nous enchante, nous promène, simplement (?) à l'aide de ses images sublimes, sombres aquarelles rendant régulièrement hommage aux chefs d'œuvre de la peinture classique.
Le livre est construit sur de très rares dialogues, et sur une histoire qui évoque immédiatement certains clichés romantiques éternels (les Soeurs Brontë, coucou !), avec son héroïne retranchée dans un refus du monde presque arrogant, mais prête à tous les labeurs et toutes les humiliations pour sauver l’héritage de sa grand-mère bien-aimée. "La Partition de Flintham", titre français un peu absurde sans doute imposé par le caractère intraduisible du titre original en Italien ("Lucenera", lumièrenoire ?), peut également nous rappeler les réflexions socio-politiques de "Downton Abbey" sur les contraintes économiques de la noblesse et sur les rapports entre maîtres et servants...
Baldi ne pousse pas toutefois pas la logique de son histoire jusqu'au bout : elle abandonne sans résolution les divers fils de son intrigue, et refuse de conclure de manière logiquement tragique le destin de Clara, la sauvant grâce à un happy end par trop improbable, en nous faisant le coup usé du Deus Ex Machina (même si les deux dernières cases, énigmatiques, laissent planer un doute salutaire)... On ne peut donc pas dire que Barbara Baldi ait vraiment misé sur son scénario, qui ne paraît jamais vraiment l'intéresser, qui relève parfois plus de la logique des rêves (des cauchemars... puisque le pire est toujours certain !) que du rationnel.
Pourtant, et c'est là toute la magie de ce livre plus singulier que formaliste, il est difficile de le reposer avant de l'avoir terminé : chaque illustration nous entraîne dans le monde douloureux de son héroïne romantique sur laquelle s'abattent tous les malheurs imaginables. La chute est cruelle, longue, étourdissante, mais la manière dont Baldi injecte une petite lumière vaillante dans la nuit noire et froide qui menace sans cesse d’engloutir Clara est si belle que la jouissance du lecteur se fait de plus en plus aiguë.
"La Partition de Flintham" est une expérience rare.
Oui, oui, oui !
Le Horlà fut une lecture un peu particulière pour moi, une première (ou de si peu) confrontation au fantastique, à l'angoisse, vie le récit de Maupassant. Celui-ci a été maintes fois adapté, mais toujours, ou presque, de manière académique. Serge Annequin a pris une trajectoire différente, à savoir inscrire son adaptation dans une sorte d'univers parallèle, où la folie du personnage principal l'amène à se retrouver dans une autre dimension...
Au-délà du raisonnement et de l'environnement fruste,e t daté, de Maupassant, il lie son histoire à la physique quantique, avec un petit passage par la théorie du chat de Schrödinger. C'est tellement évident ! Cette collision lui permet d'amener le Horlà sur d'autres rivages, troublants, angoissants, avec un album qui baigne dans une ambiance d'étrangeté permanente. Il faut dire qu'avec sa tête de lapin -métaphorique, je pense-, K. détonne dans le récit.
Le graphisme de l'auteur, très particulier, participe à cette ambiance. Un album fort réussit, qui réussit la prouesse de se baser sur le récit paranoïaque de Maupassant et l'enrichit par des éléments technologiques modernes.
Une belle réussite.
Juste deux volumes pour une vie de Geisha qui défile sous notre regard. C'est beau, sensible, juste, prenant, profondément humain, dramatique.
Deux aspects m'ont surpris ici. Tout d'abord la qualité des caractères dépeints. Ils ont une profondeur, une complexité et une singularité qui rend tout ce récit tellement plus concret, plus réaliste. Puis ce récit de l'intérieur d'une vie de geisha m'a finalement appris beaucoup de chose sur ce milieu.
Je vous recommande cette lecture divertissante et forte soutenue par un N&B très réussi.
Le premier coup de coeur de mes lectures d'Angoulême, avec cette BD pour jeune qui est vraiment bien faite ! J'ai eu l'occasion de pouvoir parler avec l'auteur, auteur que je n'ai jamais vu auparavant, et c'est bien normal : il est issu de l'animation. Charlotte et moi est sa première BD, et je peux déjà vous dire que ça me plait beaucoup !
L'histoire est simple, mais d'une redoutable efficacité : c'est la complicité naissante entre Charlotte, une fille introvertie et timide, souffrant d'un handicap (mais celui-ci n'est jamais nommé), et Gus, petit garçon qui vient de déménager avec sa mère et n'a aucune envie d'être ici. Le déroulement de l'histoire est plutôt classique, mais sait rapidement nous prendre au dépourvu en sortant des sentiers battus de plusieurs façons. Ce qui semblait un cheminement classique devient rapidement original et surprenant. Et ce jusqu'à la fin.
Ce qui m'a vraiment fait aimer cette BD, c'est le traitement très humain des personnages, le côté attachant et amusant de chacune des personnalités présentées. Ce n'est pas manichéen, et jusqu'au bout j'ai trouvé les réactions justifiées et crédibles. En terme de BD pour enfant, ça vaut le détour. Sans compter qu'on parle de plusieurs sujets plutôt grave au final : le terrorisme, l'abandon d'enfant, le handicap, le divorce ... Mais toujours fait de façon intelligente et douce. Le personnage de Gus est adorable, et très crédible dans ses réactions également.
Le dessin est très efficace, on sent un peu le côté animation dans les décors mais c'est très expressif et ça convient à merveille au récit. En plus, j'ai beaucoup aimé la colorisation.
En terme de BD jeunesse, j'ai rarement lu quelque chose de ce niveau. C'est vraiment agréable à lire, même adulte, et ça prend son temps pour faire une belle histoire, crédible et intelligente. Je vous recommande très fortement !
Voilà une bien jolie histoire qui met du baume au cœur !
Écrite à quatre mains par Lou Lubie et Manon Desvaux, La fille dans l’écran est l’histoire d’une rencontre par écrans interposés entre deux jeunes filles ; l’une vit en France, gère comme elle peut ses crises d’angoisses et tente de devenir illustratrice. La seconde est exilée au Canada, mène une vie banale et a laissé en chemin ses rêves de photographe.
Le concept de raconter en parallèle leurs vies et leurs échanges en alternant une planche dessinée par chaque auteure est original et très bien exploité. L’utilisation des technologies modernes pour communiquer sert plutôt bien la mise en scène, notamment par le biais de trouvailles graphiques et de mises en page originales. Les deux jeunes filles sont attachantes, j’ai aimé leurs caractères et la justesse de leurs réactions.
Si j’ai une préférence pour le dessin de Manon Desvaux, l’alternance des deux ne m’a pas gênée outre mesure, d’autant plus que Lou Lubie apporte de la couleur ce qui est plutôt bienvenu. Les deux dessinatrices ont un style résolument moderne ; elles se sont bien trouvées, ce que l’on peut constater dans les planches où leurs dessins se mélangent en s’accordant à la perfection.
Bien entendu cette bande dessinée est destinée davantage aux romantiques qui ont envie d’une histoire un peu fleur bleue qu’aux cyniques en recherche de noirceur. Cependant, au-delà de la jolie histoire d’amour, le récit traite aussi des choix que l’on fait dans la vie, et des rêves que l’on laisse de côté ; j’ai pour ma part apprécié cet aspect qui donne du relief à ce qui aurait pu être une banale histoire d’amour.
En conclusion, j’ai plongé avec beaucoup de plaisir dans cette bande dessinée que je n’avais plus envie de refermer, et que je relirai sans doute avec beaucoup de plaisir.
Réunir toutes les courtes histoires en BD dessinées par Will parues dans Spirou, c'est une idée absolument géniale, et ça nous promet la découverte de bon nombre de pépites inédites et délicieuses, toujours drôles et parfois même poétiques, qui nous font rentrer dans l'imaginaire malheureusement trop méconnu aujourd'hui de cet immense artiste qu'était Will. Chaque seconde passée à lire les cases de cet album est un délice... Rarement j'avais ressenti la même jubilation en tournant la page et en me disant : "Qu'est-ce qui va venir après ?"
L'album est très bien fait, suivant un ordre chronologique qui permet de voir l'évolution de Will, que ce soit dans son dessin ou son humour (même s'il n'a pas scénarisé beaucoup des histoires présentes ici). J'avoue avoir une préférence pour la première partie de l'album, où on retrouve l'innocence de la BD des années 60-70 à la Spirou, et son côté très familial. Rien que la première histoire, "Le rêve de Noël de Petit Jean" est un chef-d'oeuvre dans sa maîtrise de la narration, et tout particulièrement de la couleur, qui occupe une place particulière dans ce court récit. Mais tout l'ensemble suit, et aucune histoire n'est vraiment mauvaise.
Bref, un album très réussi, qui permet de découvrir plus en détail un grand auteur de bande dessinée. Essentiel.
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VilleVermine
Voilà du lourd! VilleVermine, T1: "L'homme aux babioles". Déjà le titre est tout un programme, alors pour ce récit réalisé par Julien Lambert il va vous falloir revoir certaines de vos certitudes pour une enquête un brin loufoque dans les rues de VilleVermine. Cette cité c'est un poème, mais immonde, sale, les habitants y survivent grâce aux vols et à toutes sortes de trafics. Le héros c'est Jacques Peuplier un détective un peu particulier, genre balèze taiseux; son boulot, retrouver des objets du quotidien qui ont été perdus ou volés, facile pour Jacques puisqu'il possède un don bien étrange à savoir celui de communiquer avec les dits objets qui deviennent ainsi ses indics. Tout cela est bien joli mais ne nourrit pas forcément son homme aussi Jacques doit il s'atteler à une nouvelle mission, retrouver le fille de la reine des bas-fonds qui a été enlevée par de mystérieux hommes mouches pour le compte d'un savant forcément fou. Dit comme cela vous vous dites que l'auteur aime à fumer plus que la moquette à l'occasion et peut être n'avez vous pas tort. Ce premier tome est un peu foutraque mais dans le bon sens du terme, c'est un délire assez jouissif: des hommes mouches qui volent, un savant fou, des libellules pourchassées, un chat Mauvais poil et bien sûr des objets qui communiquent avec le héros. Que du normal quoi! A vrai dire il y longtemps que je n'avais pas lu une BD qui sache utiliser à ce point et avec un tel brio cet espèce de non sens mais qui sait toujours retomber sur ses pieds car au bout du compte c'est l'enquête qui prévaut. Le graphisme lui aussi sort des sentiers battus et il fait son petit effet. Voilà donc un premier tome tout ce qu'il y a d'original dont j'attends la suite et fin avec impatience et dont je n'hésite pas à faire mon coup de cœur de ce début d'année.
La Partition de Flintham
Fascinant, envoûtant. Nous vivons dans un monde où la rapidité, l'immédiateté règnent en maîtres. L'on zappe, l'on tchatte, bref il reste peu d'instants qui nous permettent de prendre notre temps pour regarder les choses. Cet album de Barbara Baldi arrive à point nommé pour nous redonner le goût de la contemplation. Le dessin ou devrait-on dire les illustrations de ce récit sont à mille lieues de ce à quoi la BD classique nous a habitué. C'est particulier, sombre et cela nous oblige en tant que lecteur à sortir de notre zone de confort. Comme dit par mes camarades précédents, la lecture est assez rapide au vu du peu de dialogues mais une fois la dernière page tournée, un besoin irrépressible oblige à revenir au début pour goûter encore une fois les planches magnifiques de cet album. Nous voici replongés dans les livres d'Emily Brontë, je pense bien sûr au roman "Les hauts de hurle-vent", titre romantique au possible qui enflammait l'imagination de l'ado que j'étais. Que c'est beau, je pense aux toutes premières planches qui possèdent à mon sens un pouvoir quasi hypnotique et là l'esprit enfin arrêté nous pouvons nous abîmer dans la contemplation. J'ai eu la chance à Angoulême sur le stand de l'éditeur (Ici même), de pouvoir feuilleter le prochain album de Barbara Baldi Ada, qui s'annonce au moins aussi grandiose et beau que celui-ci. D'un abord exigeant, une BD qui ne laisse pas indifférent mais qui mérite à coup sûr le détour.
La Partition de Flintham
La première chose qui marque en ouvrant cet album, c’est bien entendu le graphisme. Je conçois tout à fait qu’il ne sera pas du goût de tout le monde. Je n’arrive pas à saisir tous les détails de la technique employée. Il s’agit clairement d’aquarelle, mais retravaillée à l’informatique, au point que certaines cases ressemblent presque à des photographies retouchées. Mais bon sang, que c’est beau. Les planches sont magistrales, notamment la présentation de la campagne du Nottinghamshire, mise en valeur dans les nombreux passages muets contemplatifs. On retrouve des références à des peintres et peintures connus, mais le fait que ces « emprunts » ne soient référencés nul part dans l’album est un peu limite je trouve (je vous laisse comparer la 3eme case de la page 38, et le tableau « Saison d'octobre » de Jules Bastien-Lepage par exemple. Merci Chandre pour l’information). L’histoire fait très « fable victorienne », dans le genre « Downton Abbey ». Le destin des deux sœurs, déchirées par le testament de leur grand-mère, est touchant au possible. J’ai trouvé le ton très juste, et la fin très belle, avec ce tout dernier sourire. Je note quand même quelques petits soucis de narration par moment, des enchainements un peu brusques, ou des phylactères agencés bizarrement et que j’ai lus dans le désordre (voir page 75, première case par exemple). M’enfin, rien de bien grave au final. J’ai passé un excellent moment de lecture. L’histoire m’a beaucoup plu, et puis surtout j’adore le style graphique. Je feuillette l’album régulièrement depuis ma lecture, pour admirer les nombreux paysages.
Benjamin et Benjamine
En-dehors de leur célébrissime saga gauloise, Goscinny et Uderzo ont fréquemment collaboré. On connaît encore assez bien Oumpah-Pah ou Jehan Pistolet, mais on connaît souvent beaucoup moins des Luc Junior ou "Benjamin et Benjamine", pourtant savoureux. Même si Goscinny et Uderzo ne sont pas encore tout-à-fait arrivés à la maturité de leur génie, celui-ci se manifeste déjà souvent dans ces histoires franchement délicieuses. Chaque page est une petite merveille graphique et humoristique, tant on voit se développer la ligne incroyable d'Uderzo, qui atteindra la perfection dans Astérix et Tanguy et Laverdure, sans doute ses deux plus belles sagas à mes yeux. Au niveau du scénario, c'est légèrement inégal, d'autant que les deux protagonistes principaux sont pour ainsi dire totalement transparents (mais c'est voulu, puisque cela permet au jeune lecteur de se mettre facilement à leur place, et surtout à l'auteur de mieux mettre en valeur des personnages secondaires, à la personnalité très marquée et toujours craquante) mais Goscinny s'y entend pour créer des situations rocambolesques et varier les plaisirs, évitant tout risque de redite et multipliant les aventures sans queue ni tête. Le sommet est à mon sens atteint dans "Le Grand Boudchou", où Goscinny nous fait éclater de rire à chaque page (voire à chaque case), et où le dynamisme du dessin d'Uderzo sert à point une histoire riche en rebondissements délirants. Une vraie bonne saga humoristique, que tous les fans du merveilleux duo Albert-René gagneront non seulement à lire, mais aussi à posséder en bonne place dans leur bédéthèque. A noter, dans l'excellente intégrale, quelques bonus, dont les hilarantes aventures de la famille Moutonnet qui deviendra la famille Cokalane, sorte de mélange entre un Boule et Bill et un Modeste et Pompon. Malheureusement, il n'y aura que 20 planches en tout... Ca reste un délice à découvrir ! Le dossier documentaire sur la création de Pilote est lui aussi captivant et assez fourni (30 pages).
La Partition de Flintham
Une bonne BD peut-elle atteindre à la "grandeur" par la seule force de son dessin ? Le sens commun suggère que non, bien sûr, puisque la dictature du scénario tout-puissant nous a depuis longtemps convaincus d'exiger aussi une bonne histoire. Mais voilà que cette "Partition de Flintham" arrive pour ébranler nos certitudes. Premier livre d'une visiblement brillante illustratrice italienne, Barbara Baldi, ce livre nous envoûte, nous enchante, nous promène, simplement (?) à l'aide de ses images sublimes, sombres aquarelles rendant régulièrement hommage aux chefs d'œuvre de la peinture classique. Le livre est construit sur de très rares dialogues, et sur une histoire qui évoque immédiatement certains clichés romantiques éternels (les Soeurs Brontë, coucou !), avec son héroïne retranchée dans un refus du monde presque arrogant, mais prête à tous les labeurs et toutes les humiliations pour sauver l’héritage de sa grand-mère bien-aimée. "La Partition de Flintham", titre français un peu absurde sans doute imposé par le caractère intraduisible du titre original en Italien ("Lucenera", lumièrenoire ?), peut également nous rappeler les réflexions socio-politiques de "Downton Abbey" sur les contraintes économiques de la noblesse et sur les rapports entre maîtres et servants... Baldi ne pousse pas toutefois pas la logique de son histoire jusqu'au bout : elle abandonne sans résolution les divers fils de son intrigue, et refuse de conclure de manière logiquement tragique le destin de Clara, la sauvant grâce à un happy end par trop improbable, en nous faisant le coup usé du Deus Ex Machina (même si les deux dernières cases, énigmatiques, laissent planer un doute salutaire)... On ne peut donc pas dire que Barbara Baldi ait vraiment misé sur son scénario, qui ne paraît jamais vraiment l'intéresser, qui relève parfois plus de la logique des rêves (des cauchemars... puisque le pire est toujours certain !) que du rationnel. Pourtant, et c'est là toute la magie de ce livre plus singulier que formaliste, il est difficile de le reposer avant de l'avoir terminé : chaque illustration nous entraîne dans le monde douloureux de son héroïne romantique sur laquelle s'abattent tous les malheurs imaginables. La chute est cruelle, longue, étourdissante, mais la manière dont Baldi injecte une petite lumière vaillante dans la nuit noire et froide qui menace sans cesse d’engloutir Clara est si belle que la jouissance du lecteur se fait de plus en plus aiguë. "La Partition de Flintham" est une expérience rare.
Horlà 2.0
Oui, oui, oui ! Le Horlà fut une lecture un peu particulière pour moi, une première (ou de si peu) confrontation au fantastique, à l'angoisse, vie le récit de Maupassant. Celui-ci a été maintes fois adapté, mais toujours, ou presque, de manière académique. Serge Annequin a pris une trajectoire différente, à savoir inscrire son adaptation dans une sorte d'univers parallèle, où la folie du personnage principal l'amène à se retrouver dans une autre dimension... Au-délà du raisonnement et de l'environnement fruste,e t daté, de Maupassant, il lie son histoire à la physique quantique, avec un petit passage par la théorie du chat de Schrödinger. C'est tellement évident ! Cette collision lui permet d'amener le Horlà sur d'autres rivages, troublants, angoissants, avec un album qui baigne dans une ambiance d'étrangeté permanente. Il faut dire qu'avec sa tête de lapin -métaphorique, je pense-, K. détonne dans le récit. Le graphisme de l'auteur, très particulier, participe à cette ambiance. Un album fort réussit, qui réussit la prouesse de se baser sur le récit paranoïaque de Maupassant et l'enrichit par des éléments technologiques modernes. Une belle réussite.
Geisha ou Le jeu du shamisen
Juste deux volumes pour une vie de Geisha qui défile sous notre regard. C'est beau, sensible, juste, prenant, profondément humain, dramatique. Deux aspects m'ont surpris ici. Tout d'abord la qualité des caractères dépeints. Ils ont une profondeur, une complexité et une singularité qui rend tout ce récit tellement plus concret, plus réaliste. Puis ce récit de l'intérieur d'une vie de geisha m'a finalement appris beaucoup de chose sur ce milieu. Je vous recommande cette lecture divertissante et forte soutenue par un N&B très réussi.
Charlotte et moi
Le premier coup de coeur de mes lectures d'Angoulême, avec cette BD pour jeune qui est vraiment bien faite ! J'ai eu l'occasion de pouvoir parler avec l'auteur, auteur que je n'ai jamais vu auparavant, et c'est bien normal : il est issu de l'animation. Charlotte et moi est sa première BD, et je peux déjà vous dire que ça me plait beaucoup ! L'histoire est simple, mais d'une redoutable efficacité : c'est la complicité naissante entre Charlotte, une fille introvertie et timide, souffrant d'un handicap (mais celui-ci n'est jamais nommé), et Gus, petit garçon qui vient de déménager avec sa mère et n'a aucune envie d'être ici. Le déroulement de l'histoire est plutôt classique, mais sait rapidement nous prendre au dépourvu en sortant des sentiers battus de plusieurs façons. Ce qui semblait un cheminement classique devient rapidement original et surprenant. Et ce jusqu'à la fin. Ce qui m'a vraiment fait aimer cette BD, c'est le traitement très humain des personnages, le côté attachant et amusant de chacune des personnalités présentées. Ce n'est pas manichéen, et jusqu'au bout j'ai trouvé les réactions justifiées et crédibles. En terme de BD pour enfant, ça vaut le détour. Sans compter qu'on parle de plusieurs sujets plutôt grave au final : le terrorisme, l'abandon d'enfant, le handicap, le divorce ... Mais toujours fait de façon intelligente et douce. Le personnage de Gus est adorable, et très crédible dans ses réactions également. Le dessin est très efficace, on sent un peu le côté animation dans les décors mais c'est très expressif et ça convient à merveille au récit. En plus, j'ai beaucoup aimé la colorisation. En terme de BD jeunesse, j'ai rarement lu quelque chose de ce niveau. C'est vraiment agréable à lire, même adulte, et ça prend son temps pour faire une belle histoire, crédible et intelligente. Je vous recommande très fortement !
La Fille dans l'écran
Voilà une bien jolie histoire qui met du baume au cœur ! Écrite à quatre mains par Lou Lubie et Manon Desvaux, La fille dans l’écran est l’histoire d’une rencontre par écrans interposés entre deux jeunes filles ; l’une vit en France, gère comme elle peut ses crises d’angoisses et tente de devenir illustratrice. La seconde est exilée au Canada, mène une vie banale et a laissé en chemin ses rêves de photographe. Le concept de raconter en parallèle leurs vies et leurs échanges en alternant une planche dessinée par chaque auteure est original et très bien exploité. L’utilisation des technologies modernes pour communiquer sert plutôt bien la mise en scène, notamment par le biais de trouvailles graphiques et de mises en page originales. Les deux jeunes filles sont attachantes, j’ai aimé leurs caractères et la justesse de leurs réactions. Si j’ai une préférence pour le dessin de Manon Desvaux, l’alternance des deux ne m’a pas gênée outre mesure, d’autant plus que Lou Lubie apporte de la couleur ce qui est plutôt bienvenu. Les deux dessinatrices ont un style résolument moderne ; elles se sont bien trouvées, ce que l’on peut constater dans les planches où leurs dessins se mélangent en s’accordant à la perfection. Bien entendu cette bande dessinée est destinée davantage aux romantiques qui ont envie d’une histoire un peu fleur bleue qu’aux cyniques en recherche de noirceur. Cependant, au-delà de la jolie histoire d’amour, le récit traite aussi des choix que l’on fait dans la vie, et des rêves que l’on laisse de côté ; j’ai pour ma part apprécié cet aspect qui donne du relief à ce qui aurait pu être une banale histoire d’amour. En conclusion, j’ai plongé avec beaucoup de plaisir dans cette bande dessinée que je n’avais plus envie de refermer, et que je relirai sans doute avec beaucoup de plaisir.
Will dans Spirou
Réunir toutes les courtes histoires en BD dessinées par Will parues dans Spirou, c'est une idée absolument géniale, et ça nous promet la découverte de bon nombre de pépites inédites et délicieuses, toujours drôles et parfois même poétiques, qui nous font rentrer dans l'imaginaire malheureusement trop méconnu aujourd'hui de cet immense artiste qu'était Will. Chaque seconde passée à lire les cases de cet album est un délice... Rarement j'avais ressenti la même jubilation en tournant la page et en me disant : "Qu'est-ce qui va venir après ?" L'album est très bien fait, suivant un ordre chronologique qui permet de voir l'évolution de Will, que ce soit dans son dessin ou son humour (même s'il n'a pas scénarisé beaucoup des histoires présentes ici). J'avoue avoir une préférence pour la première partie de l'album, où on retrouve l'innocence de la BD des années 60-70 à la Spirou, et son côté très familial. Rien que la première histoire, "Le rêve de Noël de Petit Jean" est un chef-d'oeuvre dans sa maîtrise de la narration, et tout particulièrement de la couleur, qui occupe une place particulière dans ce court récit. Mais tout l'ensemble suit, et aucune histoire n'est vraiment mauvaise. Bref, un album très réussi, qui permet de découvrir plus en détail un grand auteur de bande dessinée. Essentiel.