Je suis absolument fan de cette BD. Je me suis beaucoup attachée aux personnages, l'histoire est originale bien qu'elle soit assez répétitive dans les 6 premiers tomes. Cette BD regroupe tous les ingrédients que j'aime, bataille, magie, amitié... Et peut être amour par la suite qui sait! Elle nous emmène également dans des pays différents à chaque fois pour nous faire découvrir différentes cultures et différentes mythologies qui ressortent dans chaque tome. Je vous conseille cette série si vous aimez "Les légendaires " et les univers de ce type (Jeunesse , Fantastique...). Pour ma part, hâte de lire la suite et j'accrocherai le poster fourni avec les tomes 6,7 et 8 dans ma chambre!
Très beau récit que celui-ci, qui a réussi à me toucher alors que le pari n’était pas gagné d’avance.
Ce qui marque tout d’abord, avec ce ‘In Waves’, c’est bien sûr (et il suffit de jeter un œil sur la couverture) son aspect graphique. AJ Dungo fait montre d’un talent énorme. Ses dessins combinent élégance, pureté et esthétisme. Chaque case me semble réalisée avec le même souci de recherche, d’épure, le même soin, la même cohérence pour qu’à chaque fois je reste stupéfait par l’harmonie et la douceur qui se dégagent de ce trait, de ce style démodé et moderne à la fois… intemporel en somme.
Bon, c’est clair, côté visuel, je suis sous le charme. Mais bien souvent, avec ce type de livre qui s’admire pour chaque case, l’histoire a tendance à passer au second plan et l’émotion du récit n’atteint jamais l’émotion suscitée par le trait. Du coup, d’ordinaire avec ce genre d’objet j’admire… mais je ne suis pas ‘dedans’.
Et bien ici, l’émotion du récit est bien réelle. Ce livre est un magnifique hommage d’un auteur pour sa compagne défunte, une œuvre emplie de respect, de pudeur… et, on y revient, d’élégance. Roman graphique par son sujet autobiographique, cette œuvre m’a marqué par sa sincérité et par la capacité de l’auteur à nous faire partager son amour pour Kristen au travers d’un portrait simple et d’une grande finesse. Finesse qui se dégage aussi dans la pertinence de l’alternance entre les pages consacrées à l’histoire du surf et celles dédiées à l’aspect autobiographique. Car en racontant les vies de Duke Kahanamoku et de Tom Blake, AJ Dungo ne se contente pas de retracer une page d’histoire. Il lie cette histoire à sa propre expérience, Duke le flamboyant et Tom le solitaire… Kristen et AJ… Elle, belle intelligente et pleine de vie et lui solitaire, renfermé, maladroit.
Enfin, derrière ce drame d’une existence rongée par la maladie se love une leçon de vie, celle que nous donne Kristen qui cherchera aussi longtemps possible à ‘rester sur la vague’… et celle que nous offre AJ Dungo pour qui ce deuil est comme une vague qui parfois le submerge et parfois le laisse dans le creux. Et finalement, ce livre nous parle de résilience dans le sens le plus noble du terme, dans cette capacité qu’a l’être humain de se construire au travers de ses expériences, quand bien même celles-ci sont terriblement douloureuses.
J'ai lu ce manga pour la première fois dans les années 2000, quand j'avais 14 ans. Une jeune adolescente donc, sortant à peine de l'âge des dessins animés tels que Sakura Chasseuse de Cartes. Je ne connaissais absolument rien du paysage politique Japonais des années 90. Je n'étais donc pas exactement le public visé par Sanctuary.
Et pourtant... de mon point de vue, j'avais l'âge idéal pour découvrir cette oeuvre. Elle m'a bouleversée, moi petite ado vivant dans sa bulle de privilégiée, et m'a fait prendre conscience pour la toute première fois de l'importance de mon futur vote en tant que citoyen. Elle m'a fait comprendre que la politique, c'est pas juste des gens barbants à la télé qui parlent de choses compliquées. Elle m'a fait réaliser que la vie peut être violente et injuste, et qu'il faut se battre, et que la complaisance dans son confort est un dangereux somnifère. Je suis devenue l'adulte que je suis aujourd'hui en partie grâce à ce manga. Et je le conseille 1000x à n'importe quel adolescent sans repère.
Vous voulez booster le taux de participation aux élections? Distribuez ce manga. Je suis sérieuse.
Le charisme incroyable des deux personnages principaux et de leurs plus fidèles alliés pète l'écran (ou plutôt les pages?) et on est happé et impliqué dans leur quête impossible dès le premier tome. On est choqué de leur détermination. On pleure les sacrifices de certains. On enrage de l'injustice du système. Et tout ça forge un foutu caractère de battant et l'envie de changer le monde. En tout cas, c'est l'effet que ça a eu sur moi (les blasés ne seront pas du même avis). Les dessins très beaux et soignés soulignent encore plus l'intensité de l'histoire.
Après, l'oeuvre n'est pas sans défaut, et je dirais que le principal est l'inutilité des personnages féminins (sauf une, mais elle n'apparait que dans des flash-backs, parce qu'elle est morte avant le début de l'histoire...). Alors qu'il y avait pourtant de quoi faire. Elles ont beau être fortes et indépendantes, et occuper des positions prestigieuses, dès le moment où elles sont domptées par leur "love interest", c'est foutu, elles deviennent de braves petites femmes sans défense et sans aucun intérêt scénaristique. C'est récurrent dans les oeuvres de Buronson, et c'est très dommage, car ça veut dire que Sanctuary n'a que très peu de chance de trouver du public aujourd'hui. Car peu importe la qualité de son histoire, les gardiens de la bienséance moderne ne verront que le côté machiste et crucifieront sans état d'âme cette oeuvre pourtant tellement plus riche que ça.
J'espère vraiment qu'elle ne sombrera pas dans l'oubli. Si j'ai des enfants un jour, c'est sûr et certain que je leur ferai lire ce manga.
J'ai trouvé en bouquinerie le tome 1 de cette mini-série édité chez Alpen qui apparemment ne contient que 2 albums, alors que sur le quatrième de couverture de l'album Alpen, le tome 2 annoncé portait le titre "les Trois héritiers", et lorsque le Lombard a repris le tout, ce tome 2 s'appelle "Katale"... bah au diable ce mystère, mais c'est bien dommage que cette série se soit arrêtée au bout de 2 albums, car j'ai adoré cette aventure, et il faut absolument que je trouve ce tome 2 pour continuer à m'en régaler.
Et pourtant, c'est pétri de clichés, de situations déjà vues et de stéréotypes dans les personnages, mais je sais pas, il y a quelque chose qui dans ce récit m'a diverti, c'est arrivé dans une période où j'en ai bien besoin. Il y a aussi le dessin de Dany que j'ai toujours aimé depuis le journal Tintin, j'aime son trait ici qui hésite entre le trait réaliste vu dans Histoire sans Héros ou Bernard Prince et le dessin caricatural vu dans Olivier Rameau, un style semi-réaliste très séduisant semblable à Arlequin, où il livre quelques belles images de jungle africaine avec des chutes d'eau magnifiques, des rapides et une végétation luxuriante, de même que celles du bateau de Dereck glissant sur la rivière sont superbes et très évocatrices d'un ton exotique qui me plait, j'ai toujours adoré les histoires de jungle.
Tout ceci fait donc beaucoup de raisons pour me séduire dans cette aventure qui lorgne un peu du côté de Bernard Prince, car Dany se souviens qu'il a dessiné 2 épisodes de cette série mythique de chez Tintin après le départ de Hermann, et le bateau Equator de Dereck a d'ailleurs un petit air de famille avec le Cormoran de Prince. Les péripéties et le scénario sont classiques de ce type d'aventures, les personnages sont également formatés et typiques de ce genre de récit, mais qu'importe, je ne vois que le plaisir de lecture que ça me procure au premier degré, c'est de la Bd de pure détente, très plaisante à lire.
ADDITIF
J'ai trouvé le tome 2 titré Katale. Comme j'avais lâché un peu la BD pendant longtemps, je ne sais plus où je l'ai trouvé, soit à Angoulême, soit à Paris dans mes boutiques, soit dans un petit salon BD, je sais plus et peu importe. C'est un album moins aventureux que le tome 1 mais quand même très réussi et à peu près aussi palpitant, avec toujours des clichés qui ne me dérangent pas. C'est une histoire d'héritage et de vengeance qui en plus permet de connaître un peu les origines du héros Dereck, avec un mélange d'action et de description colonialiste, le décor est toujours exotique, en Afrique, et Dereck est confronté à 2 belles femmes et des personnages retors. Tout ceci me fait regretter que Dany n'ait pas pu continuer cette série avortée.
Je me doutais que cela existait mais je n'aurais jamais crû que la cupidité de ces dirigeants africains était à ce point et dans de telles proportions indécentes. Il est clair que beaucoup de monde savait entre les banques, les compagnies pétrolières notamment Elf ou encore les services secrets ou même les journalistes mais le commun des mortels l'ignorait encore.
L'affaire des biens mal acquis nous est totalement décortiquée par des auteurs qui se basent sur des faits précis. On peut encore être satisfait que dans notre démocratie en France, la justice soit totalement indépendante au point d'aller à l'encontre du gouvernement pour l'ouverture d'une enquête à ce sujet. Cependant, ce n'était pas partie gagnée pour les plaignants tant il y a eu des embûches et des intimidations sans compter le silence de la République.
C'est tout simplement scandaleux que ces familles de dictateurs accaparent tant de richesse alors que le peuple meurt de faim et vit dans une pauvreté absolue. Ces pays sont réellement riches mais cette richesse est détournée presque totalement par le pouvoir en place. Ce sont des appartements et des voitures luxueux dans les meilleurs quartiers parisiens ou encore l'achat d'une villa de 35 millions de dollars à Malibu Beach. L'argent ne profite même pas à l'Afrique. Par exemple, la famille Bongo possède 39 appartements ou hôtels particuliers dont 17 au nom du président Omar Bongo. Un de ces hôtels coûte 19 millions d'euros. Comment est-ce possible avec un petit salaire de président de 15000€ par mois ? C'est ce type de réflexions compilées que nous analysons au travers cette bd bien construite.
Il est clair que pétrole et démocratie n'ont jamais fait bon ménage. Bien entendu, ces pays organisent des scrutins où leur soi-disant président est réélu avec 95% des voix. Toute forme d'opposition est réprimée très sévèrement. La démocratie est brûlée au pétrole. Chaque année, des dizaines de milliards de dollars quittent illicitement le contient africain vers des paradis fiscaux. Cette manne pétrolière est la clé de la longévité de ces régimes.
On apprend que le Gabon s'est vu décerné le titre de plus grand importateur de champagne par habitant au monde avec une bouteille pour trois habitants. Il est vrai qu'après un demi-siècle d'exploitation pétrolière, ce pays ne dispose que de 800 kilomètres de routes bitumées. Sur le papier, les habitants sont les plus riches du continent avec un PIB par tête de 17000 dollars par an. On se rend compte de l'or noir peut être une véritable malédiction. C'est ce qu'on appelle le paradoxe de l'abondance.
J'ai admiré le travail réalisé par Jean Merckaert qui a fait de la lutte contre les biens mal acquis un combat afin de changer la donne. Un jour et c'est l'espoir, le peuple viendra réclamer des comptes à ces dirigeants corrompus qui se permettent de redorer leur blason en créant des prix à l'UNESCO. Sont visés les pays de la Françafrique à savoir le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Congo Brazaville, le Cameroun... Pour leur défense, ils accusent la France de racisme et de néocolonialisme. Les dirigeants politiques français ont bien entendu une grande part de responsabilité dans ce processus comme cela sera démontré par les auteurs.
J'ai trouvé cette enquête sur les avoirs détournés très instructive. Les résultats de celle-ci sont d'ailleurs assez spectaculaires. Les principaux mécanismes sont bien expliqués. C'est également servi par un dessin plutôt efficace et agréable à la lecture. C'est une excellente idée d'avoir relaté tout ces faits en bande dessinée. Bien entendu, c'est à lire pour découvrir un autre aspect de l'Afrique loin de la carte postale imaginée.
Une association de deux auteurs auxquels je suis sensible, il n’en fallait pas plus pour me convaincre d’acheter cette bande dessinée sans même prendre la peine de l’ouvrir, convaincu que j’étais de la complémentarité de leurs talents et univers respectifs.
Je dois pourtant avouer qu’à la première lecture, je suis un peu resté sur ma faim. Ce fut pour moi comme une première relation sexuelle : on en attend monts et merveilles et, trop fébrile, trop empressé, on en ressort avec le sentiment que ce n’était finalement pas la peine d’en faire une montagne. Sauf que, comme pour les relations sexuelles, au plus on y revient, au plus on se connait, au plus on connait son ou sa partenaire, au plus on maîtrise la chose… au plus on est apte à apprécier, à savourer, à remarquer les petites nuances et à la faire traîner suffisamment pour en tirer une totale plénitude.
Cette bande dessinée est un orgasme d’âge mûr…
Ce n’est pas par hasard que je parle autant de sexualité pour aborder ce livre, car le sexe en est l’élément central. Le sexe des premiers émois, celui dans lequel un cerveau adolescent voit en même temps la perfection romanesque d’un amour impossible et magnifique et le besoin physique de se vider les couilles. François Morel, par son approche poétique, tendre et naïve, parvient parfaitement à retranscrire cet état que beaucoup d’entre nous ont dû connaitre (bon, si ça se trouve, que deux humains ont dû connaître, lui et moi). C’est drôle et touchant, sincère et maladroit, c’est frais, c’est juste… ça me parle, quoi !
Pascal Rabaté apporte tout son savoir-faire à ce récit. Le petit François se dédouble, détriple, déquadruple à l’occasion. Se cherchant lui-même, il se laisse encore guider par celui qu’il rêverait d’être, se laisse distraire par celui qu’il pense que les autres aimeraient voir en lui. Ces passages où des ombres colorées de François s’imposent dans son quotidien sont à mes yeux d’une grande finesse et d’une grande justesse, jusqu’au paroxysme de l’album lorsque l’adolescent empressé finit par réaliser, sinon qui il est, du moins qui il ne veut pas être. Je parlais de nuances en début d’avis. Et bien, elles sont là, ces nuances, c’est le genre de détail au-dessus duquel j’ai tégévé dans ma première lecture, m’amusant du procédé mais sans en comprendre la profondeur. Et ce n’est qu’à la relecture que j’ai pu la savourer.
Ne vous méprenez pas : il ne s’agit pas d’une œuvre hermétique ou d’un livre « d’auteur » dans le sens péjoratif. "C’est aujourd’hui que je vous aime" est avant tout un récit touchant et amusant… mais qui m’a ému par sa finesse, par son art de parler de sujets sérieux avec désinvolture et profondeur. C’est, je trouve, une œuvre intelligente autant que drôle.
Un vrai coup de cœur pour moi. Pas un coup de foudre mais un coup de cœur progressif, imparable, inéluctable.
Cet album a vraiment su me parler car il mélange des thèmes que j'apprécie grandement avec un style graphique empreint d'influences qui me plaisent presque toutes.
Le thème principal est la mythologie grecque. Elle en mêle les éléments, dont certains plutôt rares, et les replace dans un contexte moderne avec brio et un grand respect de l'esprit des divinités de l'époque.
L'intrigue elle-même est une quête classique, celle d'un héros qui veut retrouver sa liberté en accomplissant la mission qu'une déesse lui confie et qui pour cela doit traverser bien des péripéties, faire de nombreuses rencontres et voyager de lieux en lieux. Ce héros étant une divinité déchue, la magie est présente à chaque détour et offre une ambiance parfois proche du rêve ou du symbolisme tout en gardant une vraie bonne tenue et une rigueur logique appréciable.
Si l'histoire est déjà bonne, le graphisme la sublime de très belle manière. Il est imprégné de l'influence de l'oeuvre de grands artistes tels que Van Gogh en priorité, mais aussi Klimt, Monet ou encore Hokusai parmi d'autres. Que des références que j'aime profondément. C'est beau, varié et certaines cases et planches méritent d'y laisser courir les yeux plus longuement et d'y revenir.
Je suis complètement tombé sous le charme de cet album et de son récit dense et prenant dont tous les éléments, tant de l'intrigue que du dessin, me parlent et me touchent. Très bel album !
Petit à petit je suis en train de lire toute l’œuvre de Ben Templesmith. Le moins que l'on puisse dire c'est que cet auteur ne peut laisser le lecteur indifférent. Son dessin est difficile à expliquer, c'est explosif avec un trait fin comme une lame de rasoir avec des couleurs pétantes mais pas dans le genre du comics. En fait ce trait rageur donne envie de voir comment le gars dessine, je l'imagine assez bien à sa table de travail donnant de grands coups rageurs. Templesmith ce n'est pas qu'un dessin c'est avant tout une ambiance, des ambiances bien crades, bien glauques. Il est vrai que les sujets abordés sont bien éloignés du monde des Bisounours.
J'invite le plus grand nombre à aller jeter un coup d’œil à ces histoires, de faire l'effort pour se laisser happer par ces histoires qui nous montrent des lieux décrépits en pleine déliquescence et surtout peuplés de personnages déglingués à la limite de la rupture.
Dans cette BD, il va vous falloir oublier Sin City et les bas fonds de Gotham, il y aurait des méchants dans ces villes des turpitudes et autres magouilles, laissez moi rire, Shotgun City, voila vraiment un endroit où il ne fait pas bon vivre. Violence et corruption sont omniprésentes, la drogue est partout et quelle drogue ! Alliée à des expériences génétiques hasardeuses cela donne un climat où âpreté, fureur, violence et sauvagerie sont le lot quotidien.
Il n'y avait à mon sens que le trait de Ben Templesmith pour illustrer cette histoire imaginée par Ben McCool.
Histoire prenante, des personnages très forts avec des répliques qui font mouche, je ne peu d'ailleurs pas m'empêcher de vous en livrer deux.
L'inspectrice Flynn "coup dans les couilles" Walker: " Le plus court chemin pour toucher le cœur d'un mec ? Mon poing dans sa gueule!" et le collègue du héros Seaton "vermisseau" Price: " Un jour j'ai presque fait l'amour. Ça a été les plus belles quatorze secondes de ma vie"
A lire forcément.
Moi j'étais curieux de voir ce que la rencontre de deux princes de la BD de divertissement allait donner. Sur une série-concept, sur un genre déjà arpenté par Toulhoat, à savoir l'uchronie rattachée à la seconde guerre mondiale. Des chemins déjà balisés donc.
Mais les deux compères s'en donnent à coeur joie. Le dessinateur me semble progresser à chaque album, et ici il me semble proche de la maturité, tout en gardant un trait caractéristique, fait de nervosité et de dynamisme. Son travail sur les couleurs est aussi très intéressant, nettement plus nuancé que dans Block 109. Dommage qu'il ne travaille pas sur les autres albums de la trilogie, mais il en assurera les couvertures, procurant une unité à l'ensemble.
Jean-Luc Sala, lui, continue dans cette veine légère qui a fait son succès et son identité. Certes, ce premier tome n'est pas d'une complexité hallucinante, mais il permet de poser les bases d'un univers au minimum excitant. Et puis il y a aussi la volonté de s'ancrer dans la réalité, avec le personnage d'Eisenstein, par exemple.
Le second tome me semble plus dense que le premier, curieusement, peut-être parce que Sala n'a pas besoin d'installer son univers cette fois-ci, et qu'on entre de plain-pied dans l'action. Une histoire relativement classique, mais plutôt bien menée, j'avoue avoir été un peu chagriné que l'heure du sommeil vienne scinder en deux ma lecture. Et j'avoue que la dernière planche m'a beaucoup plu, avec cette ellipse narrative de premier ordre. Le travail d'Afif Khaled est de grande qualité, seuls les visages des personnages japonais (si on peut parler de personnages...) m'ont semblé moins léché. La mise en scène, le dessin, le traitement des couleurs, les designs des mekas, tout est bon.
Le tome 3 vient donc boucler l'histoire, avec le retour de Tania dans un affrontement entre mékas en Pologne. Et l'effacement ou presque du tome 2, qui a l'air de pouvoir se lire totalement indépendamment du reste. Bref, cette fois-ci c'est l'italien Martino qui est au dessin, et je suis beaucoup moins convaincu par son dessin que par celui des deux autres. C'est très statique, trop immature à mon goût pour que le plaisir de lecture soit optimal. Et c'est dommage, car le renversement de situation final vaut son pesant de cacahuètes pour son côté politiquement incorrect.
Du pur divertissement. Du fun, qui faiblit sur le dernier tronçon de l'histoire.
Lors d'une séance de dédicace sur Isabelle la Louve de France, Calderon m'avait parlé d'un nouveau projet de Bd historique, mais sans rien dévoiler d'important, ni l'époque, ni le sujet. Autant dire que je retrouve avec un immense plaisir cet auteur dont j'admire le dessin depuis Les Voies du Seigneur, quand on tient un dessinateur de ce calibre, faut pas le lâcher ! Et ici, son dessin est toujours aussi somptueux, son talent graphique s'applique à illustrer une période importante de l'Histoire de France, qui survient en 1494, soit 40 ans après la fin de la guerre de Cent Ans.
Le Moyen Age a pris fin depuis la mort de Louis XI en 1483, son fils Charles VIII trop jeune fut placé sous la régence de sa soeur ainée, la très avisée Anne de Beaujeu, épouse de Pierre de Beaujeu appartenant à l'une des plus grandes familles princières d'Europe, les Bourbons. C'est donc la Renaissance qui s'installe doucement, même dans les constructions, on le voit sur le château d'Amboise en début d'album, le style n'est pas encore généralisé, il y a d'abord la première Renaissance française, il faut attendre les conquêtes de Naples et du Milanais pour que l'influence italienne pénètre en France. Calderon a cependant dessiné un château nu, alors que Charles VIII, né à Amboise et qui voulait sa propre résidence, avait dès 1489 fait rénover cette vieille forteresse, c'était un véritable chantier, et normalement on devrait y voir la chapelle, c'est donc un oubli peu grave.
Je redécouvre avec une grande joie une période charnière de l'Histoire qui me plait presque autant que celle de la guerre de Cent Ans. Le tome 1 est un album d'exposition, il est bien structuré même si on a l'impression qu'il n'avance pas vite, il sert à introduire tous les personnages qui sont nombreux, le va et vient entre les différents groupes est bien géré. Le tome 2 assoie l'intrigue qui prend son ampleur en s'articulant sur un fond historique très riche : les vues du roi de France sur son héritage italien, les relations entre le royaume de France et l'Italie des Borgia qui eux-mêmes sont soumis à des intrigues de palais (César Borgia est venu 2 ou 3 fois à la cour de France).
On a aussi autour de ces personnages, des politiques parfois retors comme le cousin Louis d'Orléans (futur Louis XII qui succédera à Charles), la soeur Anne de Beaujeu, "la moins folle femme de France" avait dit d'elle son père Louis XI parce qu'elle était très intelligente, Anne de Bretagne (qui sera tenue de se remarier avec Louis XII après la mort de Charles), Pierre de Beaujeu ou le cardinal Briçonnet... Tous ces personnages réels constituent des sortes de guest-stars de luxe destinés à embellir le récit et à lui donner du corps, en servant de lien avec les véritables héros fictifs que sont le Français Henri de Tersac et l'Espagnol Blasco de Villalonga qui vivent une grande aventure. Mais sans les autres sus-cités, ils n'auraient guère d'intérêt.
Et quand tout ceci est dessiné par Calderon, avec sa précision et son soin méticuleux, je ne peux que me réjouir, car il magnifie ses personnages (dans la réalité, Charles VIII était petit et plutôt mal bâti, Anne de Bretagne était menue et peu jolie, Anne de Beaujeu avait hérité du physique disgracieux de son père, et le pape Borgia était un vieillard laid), et il veille à des tas de détails sur les armes, costumes et constructions. Une superbe série qui se profile !
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Les Mythics
Je suis absolument fan de cette BD. Je me suis beaucoup attachée aux personnages, l'histoire est originale bien qu'elle soit assez répétitive dans les 6 premiers tomes. Cette BD regroupe tous les ingrédients que j'aime, bataille, magie, amitié... Et peut être amour par la suite qui sait! Elle nous emmène également dans des pays différents à chaque fois pour nous faire découvrir différentes cultures et différentes mythologies qui ressortent dans chaque tome. Je vous conseille cette série si vous aimez "Les légendaires " et les univers de ce type (Jeunesse , Fantastique...). Pour ma part, hâte de lire la suite et j'accrocherai le poster fourni avec les tomes 6,7 et 8 dans ma chambre!
In Waves
Très beau récit que celui-ci, qui a réussi à me toucher alors que le pari n’était pas gagné d’avance. Ce qui marque tout d’abord, avec ce ‘In Waves’, c’est bien sûr (et il suffit de jeter un œil sur la couverture) son aspect graphique. AJ Dungo fait montre d’un talent énorme. Ses dessins combinent élégance, pureté et esthétisme. Chaque case me semble réalisée avec le même souci de recherche, d’épure, le même soin, la même cohérence pour qu’à chaque fois je reste stupéfait par l’harmonie et la douceur qui se dégagent de ce trait, de ce style démodé et moderne à la fois… intemporel en somme. Bon, c’est clair, côté visuel, je suis sous le charme. Mais bien souvent, avec ce type de livre qui s’admire pour chaque case, l’histoire a tendance à passer au second plan et l’émotion du récit n’atteint jamais l’émotion suscitée par le trait. Du coup, d’ordinaire avec ce genre d’objet j’admire… mais je ne suis pas ‘dedans’. Et bien ici, l’émotion du récit est bien réelle. Ce livre est un magnifique hommage d’un auteur pour sa compagne défunte, une œuvre emplie de respect, de pudeur… et, on y revient, d’élégance. Roman graphique par son sujet autobiographique, cette œuvre m’a marqué par sa sincérité et par la capacité de l’auteur à nous faire partager son amour pour Kristen au travers d’un portrait simple et d’une grande finesse. Finesse qui se dégage aussi dans la pertinence de l’alternance entre les pages consacrées à l’histoire du surf et celles dédiées à l’aspect autobiographique. Car en racontant les vies de Duke Kahanamoku et de Tom Blake, AJ Dungo ne se contente pas de retracer une page d’histoire. Il lie cette histoire à sa propre expérience, Duke le flamboyant et Tom le solitaire… Kristen et AJ… Elle, belle intelligente et pleine de vie et lui solitaire, renfermé, maladroit. Enfin, derrière ce drame d’une existence rongée par la maladie se love une leçon de vie, celle que nous donne Kristen qui cherchera aussi longtemps possible à ‘rester sur la vague’… et celle que nous offre AJ Dungo pour qui ce deuil est comme une vague qui parfois le submerge et parfois le laisse dans le creux. Et finalement, ce livre nous parle de résilience dans le sens le plus noble du terme, dans cette capacité qu’a l’être humain de se construire au travers de ses expériences, quand bien même celles-ci sont terriblement douloureuses.
Sanctuary
J'ai lu ce manga pour la première fois dans les années 2000, quand j'avais 14 ans. Une jeune adolescente donc, sortant à peine de l'âge des dessins animés tels que Sakura Chasseuse de Cartes. Je ne connaissais absolument rien du paysage politique Japonais des années 90. Je n'étais donc pas exactement le public visé par Sanctuary. Et pourtant... de mon point de vue, j'avais l'âge idéal pour découvrir cette oeuvre. Elle m'a bouleversée, moi petite ado vivant dans sa bulle de privilégiée, et m'a fait prendre conscience pour la toute première fois de l'importance de mon futur vote en tant que citoyen. Elle m'a fait comprendre que la politique, c'est pas juste des gens barbants à la télé qui parlent de choses compliquées. Elle m'a fait réaliser que la vie peut être violente et injuste, et qu'il faut se battre, et que la complaisance dans son confort est un dangereux somnifère. Je suis devenue l'adulte que je suis aujourd'hui en partie grâce à ce manga. Et je le conseille 1000x à n'importe quel adolescent sans repère. Vous voulez booster le taux de participation aux élections? Distribuez ce manga. Je suis sérieuse. Le charisme incroyable des deux personnages principaux et de leurs plus fidèles alliés pète l'écran (ou plutôt les pages?) et on est happé et impliqué dans leur quête impossible dès le premier tome. On est choqué de leur détermination. On pleure les sacrifices de certains. On enrage de l'injustice du système. Et tout ça forge un foutu caractère de battant et l'envie de changer le monde. En tout cas, c'est l'effet que ça a eu sur moi (les blasés ne seront pas du même avis). Les dessins très beaux et soignés soulignent encore plus l'intensité de l'histoire. Après, l'oeuvre n'est pas sans défaut, et je dirais que le principal est l'inutilité des personnages féminins (sauf une, mais elle n'apparait que dans des flash-backs, parce qu'elle est morte avant le début de l'histoire...). Alors qu'il y avait pourtant de quoi faire. Elles ont beau être fortes et indépendantes, et occuper des positions prestigieuses, dès le moment où elles sont domptées par leur "love interest", c'est foutu, elles deviennent de braves petites femmes sans défense et sans aucun intérêt scénaristique. C'est récurrent dans les oeuvres de Buronson, et c'est très dommage, car ça veut dire que Sanctuary n'a que très peu de chance de trouver du public aujourd'hui. Car peu importe la qualité de son histoire, les gardiens de la bienséance moderne ne verront que le côté machiste et crucifieront sans état d'âme cette oeuvre pourtant tellement plus riche que ça. J'espère vraiment qu'elle ne sombrera pas dans l'oubli. Si j'ai des enfants un jour, c'est sûr et certain que je leur ferai lire ce manga.
Equator
J'ai trouvé en bouquinerie le tome 1 de cette mini-série édité chez Alpen qui apparemment ne contient que 2 albums, alors que sur le quatrième de couverture de l'album Alpen, le tome 2 annoncé portait le titre "les Trois héritiers", et lorsque le Lombard a repris le tout, ce tome 2 s'appelle "Katale"... bah au diable ce mystère, mais c'est bien dommage que cette série se soit arrêtée au bout de 2 albums, car j'ai adoré cette aventure, et il faut absolument que je trouve ce tome 2 pour continuer à m'en régaler. Et pourtant, c'est pétri de clichés, de situations déjà vues et de stéréotypes dans les personnages, mais je sais pas, il y a quelque chose qui dans ce récit m'a diverti, c'est arrivé dans une période où j'en ai bien besoin. Il y a aussi le dessin de Dany que j'ai toujours aimé depuis le journal Tintin, j'aime son trait ici qui hésite entre le trait réaliste vu dans Histoire sans Héros ou Bernard Prince et le dessin caricatural vu dans Olivier Rameau, un style semi-réaliste très séduisant semblable à Arlequin, où il livre quelques belles images de jungle africaine avec des chutes d'eau magnifiques, des rapides et une végétation luxuriante, de même que celles du bateau de Dereck glissant sur la rivière sont superbes et très évocatrices d'un ton exotique qui me plait, j'ai toujours adoré les histoires de jungle. Tout ceci fait donc beaucoup de raisons pour me séduire dans cette aventure qui lorgne un peu du côté de Bernard Prince, car Dany se souviens qu'il a dessiné 2 épisodes de cette série mythique de chez Tintin après le départ de Hermann, et le bateau Equator de Dereck a d'ailleurs un petit air de famille avec le Cormoran de Prince. Les péripéties et le scénario sont classiques de ce type d'aventures, les personnages sont également formatés et typiques de ce genre de récit, mais qu'importe, je ne vois que le plaisir de lecture que ça me procure au premier degré, c'est de la Bd de pure détente, très plaisante à lire. ADDITIF J'ai trouvé le tome 2 titré Katale. Comme j'avais lâché un peu la BD pendant longtemps, je ne sais plus où je l'ai trouvé, soit à Angoulême, soit à Paris dans mes boutiques, soit dans un petit salon BD, je sais plus et peu importe. C'est un album moins aventureux que le tome 1 mais quand même très réussi et à peu près aussi palpitant, avec toujours des clichés qui ne me dérangent pas. C'est une histoire d'héritage et de vengeance qui en plus permet de connaître un peu les origines du héros Dereck, avec un mélange d'action et de description colonialiste, le décor est toujours exotique, en Afrique, et Dereck est confronté à 2 belles femmes et des personnages retors. Tout ceci me fait regretter que Dany n'ait pas pu continuer cette série avortée.
L'Argent fou de la Françafrique
Je me doutais que cela existait mais je n'aurais jamais crû que la cupidité de ces dirigeants africains était à ce point et dans de telles proportions indécentes. Il est clair que beaucoup de monde savait entre les banques, les compagnies pétrolières notamment Elf ou encore les services secrets ou même les journalistes mais le commun des mortels l'ignorait encore. L'affaire des biens mal acquis nous est totalement décortiquée par des auteurs qui se basent sur des faits précis. On peut encore être satisfait que dans notre démocratie en France, la justice soit totalement indépendante au point d'aller à l'encontre du gouvernement pour l'ouverture d'une enquête à ce sujet. Cependant, ce n'était pas partie gagnée pour les plaignants tant il y a eu des embûches et des intimidations sans compter le silence de la République. C'est tout simplement scandaleux que ces familles de dictateurs accaparent tant de richesse alors que le peuple meurt de faim et vit dans une pauvreté absolue. Ces pays sont réellement riches mais cette richesse est détournée presque totalement par le pouvoir en place. Ce sont des appartements et des voitures luxueux dans les meilleurs quartiers parisiens ou encore l'achat d'une villa de 35 millions de dollars à Malibu Beach. L'argent ne profite même pas à l'Afrique. Par exemple, la famille Bongo possède 39 appartements ou hôtels particuliers dont 17 au nom du président Omar Bongo. Un de ces hôtels coûte 19 millions d'euros. Comment est-ce possible avec un petit salaire de président de 15000€ par mois ? C'est ce type de réflexions compilées que nous analysons au travers cette bd bien construite. Il est clair que pétrole et démocratie n'ont jamais fait bon ménage. Bien entendu, ces pays organisent des scrutins où leur soi-disant président est réélu avec 95% des voix. Toute forme d'opposition est réprimée très sévèrement. La démocratie est brûlée au pétrole. Chaque année, des dizaines de milliards de dollars quittent illicitement le contient africain vers des paradis fiscaux. Cette manne pétrolière est la clé de la longévité de ces régimes. On apprend que le Gabon s'est vu décerné le titre de plus grand importateur de champagne par habitant au monde avec une bouteille pour trois habitants. Il est vrai qu'après un demi-siècle d'exploitation pétrolière, ce pays ne dispose que de 800 kilomètres de routes bitumées. Sur le papier, les habitants sont les plus riches du continent avec un PIB par tête de 17000 dollars par an. On se rend compte de l'or noir peut être une véritable malédiction. C'est ce qu'on appelle le paradoxe de l'abondance. J'ai admiré le travail réalisé par Jean Merckaert qui a fait de la lutte contre les biens mal acquis un combat afin de changer la donne. Un jour et c'est l'espoir, le peuple viendra réclamer des comptes à ces dirigeants corrompus qui se permettent de redorer leur blason en créant des prix à l'UNESCO. Sont visés les pays de la Françafrique à savoir le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Congo Brazaville, le Cameroun... Pour leur défense, ils accusent la France de racisme et de néocolonialisme. Les dirigeants politiques français ont bien entendu une grande part de responsabilité dans ce processus comme cela sera démontré par les auteurs. J'ai trouvé cette enquête sur les avoirs détournés très instructive. Les résultats de celle-ci sont d'ailleurs assez spectaculaires. Les principaux mécanismes sont bien expliqués. C'est également servi par un dessin plutôt efficace et agréable à la lecture. C'est une excellente idée d'avoir relaté tout ces faits en bande dessinée. Bien entendu, c'est à lire pour découvrir un autre aspect de l'Afrique loin de la carte postale imaginée.
C'est aujourd'hui que je vous aime
Une association de deux auteurs auxquels je suis sensible, il n’en fallait pas plus pour me convaincre d’acheter cette bande dessinée sans même prendre la peine de l’ouvrir, convaincu que j’étais de la complémentarité de leurs talents et univers respectifs. Je dois pourtant avouer qu’à la première lecture, je suis un peu resté sur ma faim. Ce fut pour moi comme une première relation sexuelle : on en attend monts et merveilles et, trop fébrile, trop empressé, on en ressort avec le sentiment que ce n’était finalement pas la peine d’en faire une montagne. Sauf que, comme pour les relations sexuelles, au plus on y revient, au plus on se connait, au plus on connait son ou sa partenaire, au plus on maîtrise la chose… au plus on est apte à apprécier, à savourer, à remarquer les petites nuances et à la faire traîner suffisamment pour en tirer une totale plénitude. Cette bande dessinée est un orgasme d’âge mûr… Ce n’est pas par hasard que je parle autant de sexualité pour aborder ce livre, car le sexe en est l’élément central. Le sexe des premiers émois, celui dans lequel un cerveau adolescent voit en même temps la perfection romanesque d’un amour impossible et magnifique et le besoin physique de se vider les couilles. François Morel, par son approche poétique, tendre et naïve, parvient parfaitement à retranscrire cet état que beaucoup d’entre nous ont dû connaitre (bon, si ça se trouve, que deux humains ont dû connaître, lui et moi). C’est drôle et touchant, sincère et maladroit, c’est frais, c’est juste… ça me parle, quoi ! Pascal Rabaté apporte tout son savoir-faire à ce récit. Le petit François se dédouble, détriple, déquadruple à l’occasion. Se cherchant lui-même, il se laisse encore guider par celui qu’il rêverait d’être, se laisse distraire par celui qu’il pense que les autres aimeraient voir en lui. Ces passages où des ombres colorées de François s’imposent dans son quotidien sont à mes yeux d’une grande finesse et d’une grande justesse, jusqu’au paroxysme de l’album lorsque l’adolescent empressé finit par réaliser, sinon qui il est, du moins qui il ne veut pas être. Je parlais de nuances en début d’avis. Et bien, elles sont là, ces nuances, c’est le genre de détail au-dessus duquel j’ai tégévé dans ma première lecture, m’amusant du procédé mais sans en comprendre la profondeur. Et ce n’est qu’à la relecture que j’ai pu la savourer. Ne vous méprenez pas : il ne s’agit pas d’une œuvre hermétique ou d’un livre « d’auteur » dans le sens péjoratif. "C’est aujourd’hui que je vous aime" est avant tout un récit touchant et amusant… mais qui m’a ému par sa finesse, par son art de parler de sujets sérieux avec désinvolture et profondeur. C’est, je trouve, une œuvre intelligente autant que drôle. Un vrai coup de cœur pour moi. Pas un coup de foudre mais un coup de cœur progressif, imparable, inéluctable.
Le Dieu vagabond
Cet album a vraiment su me parler car il mélange des thèmes que j'apprécie grandement avec un style graphique empreint d'influences qui me plaisent presque toutes. Le thème principal est la mythologie grecque. Elle en mêle les éléments, dont certains plutôt rares, et les replace dans un contexte moderne avec brio et un grand respect de l'esprit des divinités de l'époque. L'intrigue elle-même est une quête classique, celle d'un héros qui veut retrouver sa liberté en accomplissant la mission qu'une déesse lui confie et qui pour cela doit traverser bien des péripéties, faire de nombreuses rencontres et voyager de lieux en lieux. Ce héros étant une divinité déchue, la magie est présente à chaque détour et offre une ambiance parfois proche du rêve ou du symbolisme tout en gardant une vraie bonne tenue et une rigueur logique appréciable. Si l'histoire est déjà bonne, le graphisme la sublime de très belle manière. Il est imprégné de l'influence de l'oeuvre de grands artistes tels que Van Gogh en priorité, mais aussi Klimt, Monet ou encore Hokusai parmi d'autres. Que des références que j'aime profondément. C'est beau, varié et certaines cases et planches méritent d'y laisser courir les yeux plus longuement et d'y revenir. Je suis complètement tombé sous le charme de cet album et de son récit dense et prenant dont tous les éléments, tant de l'intrigue que du dessin, me parlent et me touchent. Très bel album !
Choker
Petit à petit je suis en train de lire toute l’œuvre de Ben Templesmith. Le moins que l'on puisse dire c'est que cet auteur ne peut laisser le lecteur indifférent. Son dessin est difficile à expliquer, c'est explosif avec un trait fin comme une lame de rasoir avec des couleurs pétantes mais pas dans le genre du comics. En fait ce trait rageur donne envie de voir comment le gars dessine, je l'imagine assez bien à sa table de travail donnant de grands coups rageurs. Templesmith ce n'est pas qu'un dessin c'est avant tout une ambiance, des ambiances bien crades, bien glauques. Il est vrai que les sujets abordés sont bien éloignés du monde des Bisounours. J'invite le plus grand nombre à aller jeter un coup d’œil à ces histoires, de faire l'effort pour se laisser happer par ces histoires qui nous montrent des lieux décrépits en pleine déliquescence et surtout peuplés de personnages déglingués à la limite de la rupture. Dans cette BD, il va vous falloir oublier Sin City et les bas fonds de Gotham, il y aurait des méchants dans ces villes des turpitudes et autres magouilles, laissez moi rire, Shotgun City, voila vraiment un endroit où il ne fait pas bon vivre. Violence et corruption sont omniprésentes, la drogue est partout et quelle drogue ! Alliée à des expériences génétiques hasardeuses cela donne un climat où âpreté, fureur, violence et sauvagerie sont le lot quotidien. Il n'y avait à mon sens que le trait de Ben Templesmith pour illustrer cette histoire imaginée par Ben McCool. Histoire prenante, des personnages très forts avec des répliques qui font mouche, je ne peu d'ailleurs pas m'empêcher de vous en livrer deux. L'inspectrice Flynn "coup dans les couilles" Walker: " Le plus court chemin pour toucher le cœur d'un mec ? Mon poing dans sa gueule!" et le collègue du héros Seaton "vermisseau" Price: " Un jour j'ai presque fait l'amour. Ça a été les plus belles quatorze secondes de ma vie" A lire forcément.
Les Divisions de Fer
Moi j'étais curieux de voir ce que la rencontre de deux princes de la BD de divertissement allait donner. Sur une série-concept, sur un genre déjà arpenté par Toulhoat, à savoir l'uchronie rattachée à la seconde guerre mondiale. Des chemins déjà balisés donc. Mais les deux compères s'en donnent à coeur joie. Le dessinateur me semble progresser à chaque album, et ici il me semble proche de la maturité, tout en gardant un trait caractéristique, fait de nervosité et de dynamisme. Son travail sur les couleurs est aussi très intéressant, nettement plus nuancé que dans Block 109. Dommage qu'il ne travaille pas sur les autres albums de la trilogie, mais il en assurera les couvertures, procurant une unité à l'ensemble. Jean-Luc Sala, lui, continue dans cette veine légère qui a fait son succès et son identité. Certes, ce premier tome n'est pas d'une complexité hallucinante, mais il permet de poser les bases d'un univers au minimum excitant. Et puis il y a aussi la volonté de s'ancrer dans la réalité, avec le personnage d'Eisenstein, par exemple. Le second tome me semble plus dense que le premier, curieusement, peut-être parce que Sala n'a pas besoin d'installer son univers cette fois-ci, et qu'on entre de plain-pied dans l'action. Une histoire relativement classique, mais plutôt bien menée, j'avoue avoir été un peu chagriné que l'heure du sommeil vienne scinder en deux ma lecture. Et j'avoue que la dernière planche m'a beaucoup plu, avec cette ellipse narrative de premier ordre. Le travail d'Afif Khaled est de grande qualité, seuls les visages des personnages japonais (si on peut parler de personnages...) m'ont semblé moins léché. La mise en scène, le dessin, le traitement des couleurs, les designs des mekas, tout est bon. Le tome 3 vient donc boucler l'histoire, avec le retour de Tania dans un affrontement entre mékas en Pologne. Et l'effacement ou presque du tome 2, qui a l'air de pouvoir se lire totalement indépendamment du reste. Bref, cette fois-ci c'est l'italien Martino qui est au dessin, et je suis beaucoup moins convaincu par son dessin que par celui des deux autres. C'est très statique, trop immature à mon goût pour que le plaisir de lecture soit optimal. Et c'est dommage, car le renversement de situation final vaut son pesant de cacahuètes pour son côté politiquement incorrect. Du pur divertissement. Du fun, qui faiblit sur le dernier tronçon de l'histoire.
Valois
Lors d'une séance de dédicace sur Isabelle la Louve de France, Calderon m'avait parlé d'un nouveau projet de Bd historique, mais sans rien dévoiler d'important, ni l'époque, ni le sujet. Autant dire que je retrouve avec un immense plaisir cet auteur dont j'admire le dessin depuis Les Voies du Seigneur, quand on tient un dessinateur de ce calibre, faut pas le lâcher ! Et ici, son dessin est toujours aussi somptueux, son talent graphique s'applique à illustrer une période importante de l'Histoire de France, qui survient en 1494, soit 40 ans après la fin de la guerre de Cent Ans. Le Moyen Age a pris fin depuis la mort de Louis XI en 1483, son fils Charles VIII trop jeune fut placé sous la régence de sa soeur ainée, la très avisée Anne de Beaujeu, épouse de Pierre de Beaujeu appartenant à l'une des plus grandes familles princières d'Europe, les Bourbons. C'est donc la Renaissance qui s'installe doucement, même dans les constructions, on le voit sur le château d'Amboise en début d'album, le style n'est pas encore généralisé, il y a d'abord la première Renaissance française, il faut attendre les conquêtes de Naples et du Milanais pour que l'influence italienne pénètre en France. Calderon a cependant dessiné un château nu, alors que Charles VIII, né à Amboise et qui voulait sa propre résidence, avait dès 1489 fait rénover cette vieille forteresse, c'était un véritable chantier, et normalement on devrait y voir la chapelle, c'est donc un oubli peu grave. Je redécouvre avec une grande joie une période charnière de l'Histoire qui me plait presque autant que celle de la guerre de Cent Ans. Le tome 1 est un album d'exposition, il est bien structuré même si on a l'impression qu'il n'avance pas vite, il sert à introduire tous les personnages qui sont nombreux, le va et vient entre les différents groupes est bien géré. Le tome 2 assoie l'intrigue qui prend son ampleur en s'articulant sur un fond historique très riche : les vues du roi de France sur son héritage italien, les relations entre le royaume de France et l'Italie des Borgia qui eux-mêmes sont soumis à des intrigues de palais (César Borgia est venu 2 ou 3 fois à la cour de France). On a aussi autour de ces personnages, des politiques parfois retors comme le cousin Louis d'Orléans (futur Louis XII qui succédera à Charles), la soeur Anne de Beaujeu, "la moins folle femme de France" avait dit d'elle son père Louis XI parce qu'elle était très intelligente, Anne de Bretagne (qui sera tenue de se remarier avec Louis XII après la mort de Charles), Pierre de Beaujeu ou le cardinal Briçonnet... Tous ces personnages réels constituent des sortes de guest-stars de luxe destinés à embellir le récit et à lui donner du corps, en servant de lien avec les véritables héros fictifs que sont le Français Henri de Tersac et l'Espagnol Blasco de Villalonga qui vivent une grande aventure. Mais sans les autres sus-cités, ils n'auraient guère d'intérêt. Et quand tout ceci est dessiné par Calderon, avec sa précision et son soin méticuleux, je ne peux que me réjouir, car il magnifie ses personnages (dans la réalité, Charles VIII était petit et plutôt mal bâti, Anne de Bretagne était menue et peu jolie, Anne de Beaujeu avait hérité du physique disgracieux de son père, et le pape Borgia était un vieillard laid), et il veille à des tas de détails sur les armes, costumes et constructions. Une superbe série qui se profile !