Little Tulip

Note: 3.46/5
(3.46/5 pour 13 avis)

1947. À l'âge de 7 ans, Pavel est emprisonné au goulag en même temps que ses parents. Il apprend à survivre au milieu de la lie de l'humanité… 1970. Paul vit à New York, où il exerce le métier de tatoueur. Il aide souvent la police en aidant à identifier les criminels. Or, une série de meurtres violents frappe les femmes qui rentrent seules de leur travail…


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide 1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Boucq New York Prisons Russie Signé

Emprisonné en même temps que ses parents, c'est à l'âge de sept ans que Pavel a découvert l'enfer du goulag. Séparé des siens, il a dû apprendre à survivre seul. Quelques années plus tard, il connaît bien les règles qui régissent son univers: la violence permanente, l'incurie des gardiens, la toute-puissance des chefs de gangs... Il sait que s'adapter et s'endurcir ne suffisent pas. Grâce à ses talents de tatoueur, il obtient la protection de Kiril la Baleine, le plus cruel des caïds. Mais s'allier avec le diable a toujours un prix... [Texte de l'éditeur]

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Novembre 2014
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Little Tulip
Les notes (13)
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13/11/2014 | Eric2Vzoul
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Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Bien sûr, en lisant cette bd, on pense immédiatement aux premiers chapitres de Bouche du diable. Mais ce n'est pas gênant car c'est que j'avais préféré dans cet ancien album (le début dans l'internat en Russie) et ces 2 auteurs excellent à dépeindre cet univers slave, sauvage et sans pitié. C'est cru, violent et romanesque et finalement pas si éloigné de certains scénarios de Jodorowsky. Du coup j'adore ! Nous assistons à un aspect peu connu des goulags sibériens, mais qui ne nous étonne guère : les bandes d'anciens malfrats qui font régner l'ordre par la terreur. A l'aise comme des poissons dans l'eau (et même plus en sécurité ici qu'à l'extérieur à cause des milices communistes) ils règnent tels d'anciens barbares, tatoués de toute part. Le jeune héros, déporté avec sa famille, puis séparé d'elle, se fera accepter petit à petit grâce à son don pour le dessin et se fera enseigner l'art sacré du tatouage. Comment ne pas penser à l'initiation de Bouche du diable pour l'art des icônes. Une intrigue qu'on pourrait également transposer dans les gangs latino-américains comme la maras ou les ms13. La partie new-yorkaise n'est pas vraiment indispensable, car on se passionne surtout pour cette vie dans les goulags. Et puis la fin, soudainement fantastique, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, même si cela me gène moins que d'autres car j'ai toujours aimé ce dérapage vers l’irréel. Bref, un très bon cru de Boucq (et Charyn bien sûr) dur et cruel comme les goulags. A rajouter sur ma pile d'achats.

24/01/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
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Voyant ces deux auteurs réunis dans une BD mettant en scène, dans le New York des années 70, un ancien Russe qui cache son difficile passé soviétique, j'ai craint un moment de lire une redite de Bouche du diable, même si j'avais apprécié cet album là. Mais l'intrigue est ici nettement différente. Pas d'espionnage, pas d'infiltration. Le héros était à la base un petit garçon américain émigré à Moscou juste après la guerre car ses parents voulaient travailler dans le cinéma avec Eisenstein. Mais quand sa famille se fait arrêter sur un faux prétexte par les sbires staliniens, c'est au goulag en Sibérie que se passera l'extrêmement rude jeunesse du héros. Et c'est le traumatisme de cette jeunesse qu'il cherchera ensuite à occulter une fois revenu en Amérique. Objectivement, c'est une très bonne BD. Le dessin de Boucq est toujours aussi excellent à mes yeux même s'il ne se peut s'empêcher comme toujours de donner des visages un peu simiesques à ses personnages les plus rustres, accentuant leurs traits bestiaux. Le scénario est crédible, bien mené, prenant et en même temps particulièrement instructif sur ce qu'étaient véritablement les goulags. On a tendance à se dire qu'il s'agissait de prisons dans les neiges sibériennes et on sait que beaucoup (énormément) y sont morts mais quand on constate à quel point la vie y était un enfer, pas seulement physique mais également psychologique, quand on voit comment une gentille famille peut y être effroyablement ravagée, c'est édifiant et surtout effarant. D'autant plus effarant quand on sait que les choses se sont très probablement passés de cette manière là. Bref, c'est une bonne intrigue, intéressante et prenante, avec un vrai développement et une fin satisfaisante quoiqu'un peu abrupte et facile. Mais j'ai trouvé ça également trop dur, trop révoltant pour avoir pris plaisir à cette lecture. Je n'en garde pas un souvenir agréable et tant qu'à faire, je préférerais relire un autre album de Boucq et Charyn plutôt que celui-là, malgré son côté instructif que je pourrais conseiller à ceux qui s'intéressent au sujet des goulags.

03/12/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

2.5 Encore une bd que plusieurs trouvent formidable alors que pour moi le résultat est moyen. Je n'ai eu aucun problème concernant le dessin de Boucq que j'aime autant quoique je trouve qu'il montre toute l'étendue de son talent lorsqu'il illustre des histoires moins réalistes et plus fantaisistes (même si ce n'est pas 100% réaliste, une grande partie l'est à mes yeux). En revanche, je ne peux pas en dire autant du scénario. J'aime bien le début lorsqu'on nous présente Pravel, mais dès qu'on raconte sa vie j'ai trouvé le scénario moins palpitant. Ce n'est pas mauvais et ça se laisse lire, mais la vie de ces pauvres gens dans le goulag ne m'a pas ému. Je trouve parfois le traitement un peu superficiel comme lorsque Pravel tombe amoureux pour la première fois.

27/08/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Boucq retrouve Charyn après une longue séparation pour livrer ce polar fulgurant à l'intensité cruelle et désenchantée. En quelques cases, Boucq parvient à traduire toute la noirceur du scénario écrit par Charyn, le lecteur est plongé littéralement dans les tréfonds de l'âme de Pavel, ce garçon qui vit l'enfer du goulag mais qui survit grâce à son talent de tatoueur. Le découpage participe à cette plongée, à cette immersion où images et ambiances malsaines, brutales et poisseuses sont pensées avec la vision semblable de certains cinéastes de films noirs modernes, comme Jarmush ou Kitano.. L'évocation de cet ancien régime soviétique à travers les scènes du goulag , fait parfois frémir ou révulse, c'est un univers violent, misérable, hiérarchisé, où toute la laideur d'une humanité sordide et brutale s'affirme avec une force incroyable. Cette période de la jeunesse du héros alterne avec le New York des années 70 où Pavel devenu Paul et adulte, aide la police pour des portraits robots de criminels ; c'est une période en apparence plus calme mais en filigrane aussi trouble à cause de crimes odieux. Je n'ai pas toujours apprécié le dessin de Boucq ni les sujets qu'il illustre, parfois houleux et malsains, c'est un auteur qui ne m'attire pas, mais là j'ai trouvé son dessin beaucoup plus joli, plus fin, plus appliqué, moins épais, et le récit reste très fort, âpre et dur. Bon attention, ça ne m'a pas transporté non plus, mais suffisamment interpellé surtout pour la partie goulag très réaliste, et ce malgré une fin décevante , plombée par du fantastique malvenu.

11/08/2015 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
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Comme Paco je trouve la fin sacrément capillotractée, mais j'avoue que je ne me souviens jamais des fins des histoires donc il suffit de laisser passer une semaine, et l'impression d'avoir été baladé s'évanouit... Et reste une terrible histoire peuplée de violence, de crime, de courage, de manipulations diverses qui vous glace le sang mais vous tient coincé en haleine, vissé sur le fauteuil. Les dessins de Boucq n'enjolivent jamais rien mais transmettent les vibrations maladroites de l'humanité pour survivre dans le monde imbécile qu'elle s'est forgé. Le parcours de ce gamin doué pour le dessin qui se trouve plongé seul dans un goulag a de quoi toucher. Comme tous les personnages de Boucq, ni beau ni laid, mais doué d'un savoir-faire envié, il fera son chemin, et survivra là où beaucoup sont mort. Les gangs de la Kolyma se l’arracheront pour en faire leur tatoueur attitré. Encore un one shot qui décape!

03/05/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
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C'est un brin perplexe que je sors de la lecture de cette album... Comment peut-on mettre en place une telle histoire, creuser loin dans la psychologie des personnages principaux, mettre en place des personnages secondaires qui harmonisent et complètent subtilement le récit... et pondre une fin aussi peu crédible ???!!! Non mais franchement ??? Je n'en dirai malheureusement pas plus pour ne pas spoiler la fin, mais là on se fout un peu de notre gueule... (Et c'est pas le côté fantastique qui pointe le bout de son nez au fil du récit qui m'a dérangé, je tiens à le préciser). J'ai même hésité à mettre 2/5... Mais le dessin de Boucq et le reste du récit m'ont, après réflexion, fait pencher pour 3 étoiles, équivalent bancal d'un 2.5/5. Car tout partait pourtant très bien et très fort. Le récit que Jérôme Charyn composé en aller-retour d'un New York contemporain à une Sibérie se référant à la jeunesse du personnage principal est prenant. Au fil des pages on découvre le triste destin de notre jeune héros et ce qui a fait ce qu'il est aujourd'hui. Les passages sur le goulag sont d'une cruauté sordide et d'un réalisme implacable qui nous scotchent à la narration. Et le travail graphique de Boucq est juste parfait pour mettre en image cette histoire, tant dans le trait que dans la mise en couleur. Reste que je trouve ce travail gâché par cette fin peu crédible à mes yeux, ruinant tout le travail de montée en pression qui nous étreint au fil de l'album... Dommage...

19/03/2015 (modifier)
Par Glubb
Note: 1/5

Lecteur assidu de Boucq j'ai été très déçu par cet ouvrage : Charyn reprend des situations et des décors déjà utilisés dans La Femme du magicien : le recours aux capacités d'un extra-lucide pour une affaire de meurtres en série, une référence à des loups-garous, la ville : New-York, une serveuse de fast-food, etc. Le dessin est superbe (pour qui apprécie Boucq), mais le scénario est vraiment faible (la fin est grotesque), on est bien loin de Bouche du diable!

22/01/2015 (modifier)
Par Quentin
Note: 4/5

Je viens de lire ce nouvel album de Boucq et Charyn, un duo qui a produit par le passé deux chefs d'oeuvres (Bouche du diable et La Femme du magicien). J'ai été fasciné par toute la partie qui se déroule dans le goulag. La violence et la brutalité extrême, et les formes de solidarité, d'ordre, et même d'art qui en découlent sont dépeintes de manière extrêmement prenantes - avec quelques superbes planches en prime. J'ai beaucoup moins aimé la partie à New-York, qui diminue la force qui se dégage de la partie Sibérienne, et dont la fin est plutôt décevante. Bilan un peu mitigé, donc. Ca n'atteint pas le niveau des deux autres albums produit par le même duo par le passé, mais ça reste globalement très bon.

08/01/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
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Une bd ayant pour thème principal le tatouage, il fallait le faire ! Il est vrai que le tatouage est devenu au fil des années un art en vogue. Quand les corps se racontent, cela fait de belles histoires à découvrir pour peu que le souvenir soit heureux. Pour autant, il ne faut pas oublier que le tatouage a longtemps été associé aux mauvais garçons. En l’occurrence, il avait un succès fou dans les prisons et notamment dans les goulags perdus au fin fond de la Sibérie de la sinistre ère stalinienne. Hier marginal, et aujourd’hui phénomène de société : va comprendre ! Le tatouage marque le plus souvent des souvenirs heureux ou malheureux, une décision prise, le franchissement d'une étape à l’image de notre héros petit garçon Pavel pris dans la tourmente de la tempête du destin. En vérité, le tatouage dans les goulags devient un art de l'ombre, symbole d'une exclusion assumée. C’est intéressant de voir l’évolution de Pavel du goulag à Manhattan où il exercera ses compétences pour aider les autorités à débusquer les tueurs en série. Une sorte de Mentaliste mais avec le crayon qui dessine l’âme des gens. Certes, l’histoire est cruelle mais elle est salvatrice. François Boucq et Jérôme Charyn se sont véritablement surpassés pour nous livrer une œuvre magnifique en tout point. Cela sent l’encre, la sueur et le sang avec une furieuse envie de se faire tatouer. Note Dessin : 4,5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.25/5

05/01/2015 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
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Malgré l'insistance de mon libraire, je n'avais pas acheté "little Tulip", sans doute en raison du dessin de Boucq, auteur qui, mis à part la remarquable série Bouncer, ne me tente guère. Il aura fallu que le père noël dépose cet album sous le sapin pour que je le lise. Et bien, je dois dire que cela fut une divine surprise à la lecture de l'histoire de Paul/Pavel, enfant élevé dans les geôles staliniennes. L'histoire, dès les premières pages, nous transporte, et, malgré de nombreux flash-back ,l'ensemble du scénario de Charyn reste parfaitement fluide. La reconstitution des Goulags de l'ère Stalinienne est saisissante de vérité (je me suis ,en outre, lancé dans la lecture de "l'archipel du Goulag" de Soljenistsyne) et nous offre des passages très durs à lire. L'équilibre entre l'enquête "américaine" et la période soviétique est très bien dosée. Seul ombre au tableau, la conclusion qui repose sur une dose de fantastique, qui nuit un peu au récit. Mais tant pis ! L'histoire est cruelle, presque criante de vérité, et très bien illustrée par un François Boucq, dont je découvre pour la première fois une œuvre autre que Bouncer. Un très bon moment de lecture.

04/01/2015 (modifier)