C'était la guerre des tranchées

Note: 3.98/5
(3.98/5 pour 40 avis)

Will Eisner Awards 2011 - Best U.S. Edition of International Material & Best Reality-Based Work La guerre de 14-18 vue par Tardi....


1914 - 1918 : La Première Guerre Mondiale Casterman Les années (A SUIVRE) Noir et blanc One-shots, le best-of Première Guerre mondiale Tardi Will Eisner Awards

Ce livre n' est pas un travail "d'historien"...il ne s'agit pas de l'histoire de la Première Guerre mondiale racontée en bande dessinée, mais d'une succession de situations non chronologiques, vécues par des hommes manipulés et embourbés, visiblement pas content de se trouver où ils sont... Il n'y a pas de "héros", pas de "personnage principal", dans cette lamentable "aventure" collective qu'est la guerre. Rien qu'un gigantesque et anonyme cri d'agonie. Il s'agit de notre histoire, celle de l'Europe, et c'est à Sarajevo que commence le xx° siècle, celui de l'industrialisation de la mort.... (extrait de l'intro de Tardi pour "C'était la guerre des tranchées")

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1993
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru
Couverture de la série C'était la guerre des tranchées
Les notes (40)
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16/08/2001 | Loïc
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Par Ju
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ju

J'ai le souvenir d'avoir lu cette bd pour la première fois alors que j'étais assez jeune (je devais être au collège) et elle m'avait marqué. L'horreur de la guerre est bien retranscrite par Tardi, aussi bien dans le dessin que dans le texte, et la narration donne un côté très humain à cette guerre inhumaine. C'est d'ailleurs l'ambition de Tardi : donner la parole aux hommes de l'ombre, à ceux que l'on a envoyé, quatre ans durant, se faire trouer la peau en première ligne. Ici, on nous décrit successivement plusieurs types ordinaires, pas des héros, pas des gentils ni des méchants d'ailleurs, juste des gars normaux qui forment l'ensemble de la société française. L'auteur veut nous démontrer l'horreur de la guerre, et pas nous raconter une histoire composée autour d'un seul et même personnage mais la diversité de l'horreur de la der des ders, et il y parvient tout à fait. Le seul reproche que je pourrais faire à cette bd est que je l'ai lue plus âgé, une fois adulte, et elle m'a moins touché, peut être parce que je m'attendais à être confronté à la mort et la misère. Néanmoins, cela reste une bd dont je conseille vivement la lecture.

19/10/2018 (modifier)
Par Puma
Note: 5/5

Le plus gros reproche que j'ai à la lecture d'une BD de Tardi, en général, ce sont les tronches abominablement laides qu'habituellement il dessine. Ca me suffit en général à rendre très amère la lecture .... Chose peu commune, dans cette BD-ci, d'une part il y a peu de tronches en gros plan (généralement des plans entiers ou plans américains) et de plus, lorsqu'il y en a, elles ont été nettement plus travaillées qu'à l'accoutumée. Je me suis donc surpris à lire mon premier Tardi sans cette répulsion graphique sur les faciès dessinés ! Les décors, comme souvent chez lui, sont fabuleux ; en tant que lecteur, on patauge graphiquement dans la fange comme les poilus ; aucune concession sur l'ambiance graphique qui colle de pair avec le scénario. Le scénario est pour le moins inhabituel puisqu'il démontre que les véritables ennemis des soldats de chaque armée, ce n'est pas seulement l'armée d'en face, mais également leurs conditions de vie ainsi que leur propre hiérarchie prête à abattre chaque soldat qui n'accepterait pas de se rendre au charnier, parfois sur des ordres les plus farfelus ... Bigre, à la lecture, l'on se dit qu'il ne faisait pas bon d'avoir entre 18 et 40 ans en ce temps là .... Tardi nous conte une sublime descente aux enfers de plus de 100 pages et nous amène à nous demander d'où venait le manque d'imagination général des armées qui ont répété pendant 4 ans la même conception du combat toujours vouée à l'échec. A savoir un gros tir d'obus suivi d'un lancé de troupes pour l’abattoir. Et à la lecture de cette BD, l'on est en droit de se demander avec le recul si la capacité d'analyse des militaires gradés était-elle à ce point absconse qu'ils n'aient pu envisager en guise de tactique de combat d'autres scénarios moins sanglants et plus efficaces en terme de résultats. Et l'on peut supposer être en phase avec Tardi en se disant que devant pareille crétinerie militaire, - ou lobbys sur la vente de canons et d'obus ? - Léonard de Vinci dut se retourner quelquefois dans sa tombe .... A lire, tout simplement !

17/03/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

L'expo Tardi à Angoulême cette année m'a bouleversé et ému au point que j'ai eu envie de me replonger dans cet album que je n'avais pas relu depuis très longtemps ; je l'ai donc emprunté en ayant sans cesse à l'esprit le film Les Sentiers de la Gloire de Stanley Kubrick, qui lui fait écho. Ce brûlot antimilitariste qui n'a été distribué en France que 18 ans après sa sortie tant ça dérangeait, est le réquisitoire le plus féroce sur l'absurdité de la guerre. Cette année 2014 va commémorer le centenaire de cette guerre 14-18, c'est une raison supplémentaire pour lire cet album. La préface de Tardi avertit le lecteur du contenu, elle est claire et nette, on sait ce qu'on va y trouver. Les mots sont crus, le dialogue de la Bd aussi, accentuant le ton pathétique. Je ne peux m'empêcher de ressentir une profonde amertume en lisant ces pages, on en sort essoré, étrillé, démoralisé et finalement heureux de retrouver sa femme, ses gosses et sa vie quotidienne, quand on sait que tous ces pauvres gars ont eu leur vie bousillée. Tardi transmet tout son dégoût de la guerre dans cette Bd dont on ne ressort pas intact, et qui démontre avec une acuité rare la vanité de ce conflit qui ne fut qu'un gigantesque abattoir humain ; c'est un témoignage poignant mais nécessaire pour son devoir de mémoire. Le choix de ne pas faire un recueil historique sur les événements connus de Verdun ou des autres champs de bataille est très bon ; Tardi préfère raconter de petites histoires qui sont des instantanés d'un quotidien du poilu bien plus authentique, parce que tous ces épisodes sonnent vrai, Tardi les a sûrement recueilli dans des Mémoires de soldats. Chacun met en exergue l'aspect dérisoire que rencontrent les protagonistes. Pour la même raison, il n'y a pas de héros central, car chaque acteur de ces saynètes tragiques est un héros anonyme, surtout que Tardi ne montre pratiquement aucun gradé imbécile, que des pauvres gars sortis de leurs faubourgs ou de leurs cambrousses, et que la machine de guerre a broyé sans pitié. Parfois les images sans dialogues sont plus parlantes, elles sont le reflet constant d'un vécu abominable, d'un enfer où ces poilus ont enduré horreur, privations, maladies, froid, rats, odeurs de pisse et de merde, odeurs de cadavres, et surtout une immense souffrance ; on ressent tout ça par des dessins criants de vérité. Une immense tristesse s'empare aussi de l'esprit quand on parcourt ces pages, je pense particulièrement à ces images atroces où Tardi montre ces gars accrochés dans les barbelés ou agonisant la bouche ouverte dans la boue des trous d'obus...des visions difficiles à oublier. Le N/B de Tardi prend ici toute sa signification, soulignant l'horreur et le désespoir. C'est une oeuvre magistrale, d'une intense émotion, à lire absolument, même si on ne s'intéresse pas à cette guerre (c'est mon cas), car on doit tous savoir ce qui s'est passé dans ces tranchées.

17/02/2014 (modifier)

Je ne me lasse pas des BD de Tardi portant sur les deux plus grands conflits qui ont ravagé le monde au siècle dernier... Le trait est fidèle à lui même, noir, triste, idéal pour dépeindre cette macabre et folle boucherie que fut la première guerre mondiale. On découvre à quel point l'horreur peut être horrible et les nombreuses facettes qu'elle peut prendre. Encore un témoignage fort et poignant sur la bêtise humaine, espèce qui, pour l'instant, a quand même bien tout foiré et dégueulassé sur son passage. On a droit aussi à une belle préface, très juste, avec un bon choix des mots qui vont droit au coeur et mettent bien en condition pour lire cet ouvrage. Un must pour les amateurs d'histoire comme moi, on n'en finit pas d'en apprendre sur cette abomination grâce à Monsieur Tardi. ( 278 )

01/02/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Ah, ca c'est du tout bon Tardi ! Le dessin reste ce qu'il est, c'est vraiment au gout du lecteur, personnellement il m'enchante toujours moyennement. Mais ca ne me rebute pas à lire. Mais surtout, c'est vraiment le récit qui prime, et quel récit ! Un récit sombre et noir, avec un seul lien qui maintient le tout assemblée : le cadre de la guerre 14/18. Et un point commun avec tous : les hommes qui la subissent. Car ici, tout le monde subit, gentil comme méchant, sympathique comme antipathique, tous sont dans l'épreuve de la guerre et dans l'horreur. Les récits, de façon non-chronologique rendent encore plus l'atmosphère décousu, dérangeante de cette période. La longueur variable des récits rend encore plus troublant le tout, à peine a-t-on commencé à s'attacher à un personnage, qu'il meurt la page tournée. Et surtout, l'ensemble donne l'impression d'être aussi dans les tranchées, de voir avec eux ces horreurs en permanence. Un récit qui arrive à bien faire passez ses volontés : montrer toute l'ampleur de la guerre des tranchées. On sent que Tardi a été pris par cette période, et qu'il veut le retransmettre. Une réussite. Un 4/5 parfaitement mérité. Qui plus est, essentiel à toute personne qui s'intéresse à l'histoire.

31/01/2012 (modifier)
Par quentin83
Note: 4/5

Avant Putain de Guerre, il y avait C'était la Guerre des Tranchées, toujours signée Tardi. Tout d'abord si vous possédez une des deux oeuvres, vous pouvez acheter l'autre sans problème car les deux sont différentes bien qu'ayant la même toile de fond. C'était la guerre des tranchées propose en effet de suivre plusieurs histoires (d'une dizaine de pages généralement) mettant en scène la connerie de la guerre principalement mais aussi des poilus qui ne sont pour la plupart que des volontaires envoyés au casse-pipe. Si vous n'avez pas la joie de vivre, inutile de lire ce recueil d'histoires, car rares sont celles qui se terminent bien. Et encore, si un protagoniste survit, il aura généralement une jambe en moins ou les yeux brûlés. Le style est donc différent de Putain de guerre, car ici il n'y a pas de déroulement chronologique ou de personnage fil rouge comme le narrateur et l'allemand de Putain de guerre. Vous pouvez donc sans hésiter foncer sur ces deux ouvrages.

14/07/2011 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
L'avatar du posteur Spooky

Une fois n'est pas coutume, je ne suis pas très inspiré pour parler d'une BD que j'ai beaucoup apprécié... Cependant je parlerai surtout de deux points qui m'ont frappé à sa lecture. D'une part Jacques Tardi y propose un style plus réaliste que dans ses polars, notamment dans les visages des protagonistes qui sont, je l'imagine, inspirés de photos réelles. Tardi s'adapte à cette contrainte, ne sacrifiant aucunement le réalisme à cette nouveauté, ce qui rend cette BD si authentique. Le deuxième point qui m'a frappé -et Tardi le dit en préface-, c'est son choix de ne pas faire un livre d'Histoire, mais plutôt un livre d'histoires. De ne pas raconter cette sale guerre par le menu, de façon chronologique, didactique ou éducative, mais plutôt de nous livrer des petits drames, des histoires banales et en même temps extraordinaires. Plus que dans les qualités déjà énumérées par mes devanciers, qui sont tout à fait valables selon moi, voilà, selon moi, la plus-value de cet album.

20/06/2010 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5

Une BD déconcertante... Au fil des pages, au fil de ma lecture, plus j'avançais dans le livre, dans l'Histoire même, plus la noirceur, l'horreur et l'absurdité dont pouvaient faire preuves les hommes, provoquaient en moi un horrible malaise. Un malaise que jamais aucune œuvre à ce jour n'avait réussi à me faire ressentir. C'est assez dur à vivre comme sentiment, cependant on relativise en pensant à ceux qui sont morts pour des absurdités, pour la "patrie", en gros pour des conneries et dont les vies (fichues) sont racontées dans cet ouvrage... C'est un peu banal ce que je dis là. En tout cas, si vous cherchez une œuvre poignante qui parle d'un fait historique grave, et qui en plus, est bien racontée (je ne parle pas de "plaisir de lecture"), "C'était la guerre des tranchées" est faite pour vous. Tardi (d'ailleurs c'est le premier livre que je lis dont il est le scénariste) nous raconte les histoires de pauvres gars (la toute première n'est pas prenante mais après on est happé par la suite) qui vont au front ou qui restent terrés et cachés dans les tranchées, des gars qui meurent, des gars qui voient leurs copains mourir, des pauvre gars qui n'en peuvent plus, qui hurlent leur désespoir, leur haine. Pas leur haine envers les Boches, leur haine envers la patrie, envers leurs supérieurs qui prennent des décisions pour eux et qui ne se demandent pas si c'est raisonnable, leur haine envers la France. Je n'ai pas vécu cette époque, mais tout comme l'auteur, elle me touche, beaucoup. Et pour Tardi (et pour moi), le pari est réussi. Oui, il a réussi à retranscrire toute l'horreur de La Guerre (en général) dans cette BD, pour cela il s’est documenté (cela se voit, se ressent) mais le récit est servi par son dessin : noir, froid. "J'aime". Le seul reproche que je peux lui faire c'est que sur certaines cases, il est trop figé, il ne bouge pas. Une œuvre, forte et poignante (j'espère que je l'ai assez bien retranscrit dans mon avis) comme on n'en fait plus. Je vous la conseille, si vous vous intéressez à cette période : vous pouvez ouvrir "C’était la guerre des tranchées" les yeux fermés.

08/04/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

« C’était la guerre des tranchées » est un album qui me tentait depuis longtemps en raison du sujet traité : La Grande Guerre soit la Première Guerre Mondiale. Cru, violent, heurté, cruel, triste et fataliste, le récit de Tardi ne m’a pas laissé indifférent, loin de là. L’histoire nous présente des fragments de vies brisées par la guerre des tranchées, une guerre en partie effacée dans la mémoire collective par la Seconde Guerre Mondiale. Car contrairement à ce que j’ai souvent entendu, la Grande Guerre n’est pas la seconde mais la première. L’adjectif « grande » ne représente pas la gloire bien entendu mais l’ampleur et l’horreur de ce combat sans merci. La Première Guerre Mondiale a été un affrontement de nations dû à un engrenage d’alliances conclues au 19ème siècle. Le meurtre d’un seul homme à Sarajevo suffit à plonger le monde dans l’horreur de la guerre des tranchées qui a vu tant d’hommes partir au massacre sur les ordres absurdes de quelques généraux patriotiques en mal de gloire et de bon sens. 6000 morts par jours de moyenne pour gagner quelques mètres de terrain boueux sans valeur autre que symbolique. Cette guerre terrifiante a également vu l’avènement de l’artillerie lourde, des combats chimiques et de l’utilisation des avions au combat. Ces quatre années ont marqué à jamais des millions d’être humains physiquement et mentalement. Elles ont également modifiées la démographie et la géographie européenne et à long terme provoqué le début de la Seconde Guerre Mondiale (une des raisons de la montée d’Hitler). Tardi s’attarde sur des « poilus » quelques instants le temps de les voir mourir puis passe à un autre et ainsi de suite. Cette méthode a paru à certains impersonnelle et peu immergeante mais je pense que c’est un point fort de cet album. Par son absence de héros, l’histoire racontée prend une dimension plus objective et plus absurde. La mort frappe n’importe qui n’importe quand. On ne sait jamais si l’on va retrouver à la page suivante le « poilu » qui vient de nous être brièvement présenté. Le lecteur est donc un spectateur impuissant et voit, comme « un poilu » des gens mourir sans arrêt sans avoir le temps de s’attacher à eux. C’est donc presque une vie dans les tranchées que Tardi nous offre ici. Le dessin est magistral. Pas de concession ou de faux semblant, Tardi nous montre l’horreur de la Guerre qui a marqué la vie de son grand-père. Le choix du noir et blanc est extrêmement judicieux permettant de montrer plus sans jamais écoeurer ni en faire trop. Le tout est renforcé par un découpage parfois audacieux qui donne du rythme. La liste des sources utilisées par Tardi pour la création de son album ainsi que quelques textes écrits par ses soins montrent l’immense travail de documentation derrière la bande dessinée. « C’était la guerre des tranchées » est un récit incroyable dont personne ne peut sortir indemne. Sa lecture est indispensable et son achat plus que conseillé.

25/08/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Difficile de parler de cette BD. Il n'y a pas de mots pour traduire cette horreur. Et pourtant Tardi arrive à retranscrire simplement l'absurdité et les massacres de la Première Guerre mondiale. Il est clair que cette BD est un témoignage à lire afin de ne pas oublier les erreurs du passé. Je pensais connaître le niveau d'horreur de cette guerre des tranchées, mais à la vue de cette BD, je me rends compte qu'il est impossible d'en ressentir toute l'étendue et même de s'en approcher. Seuls ceux qui auront vécu ces moments pourront comprendre. Il me semble que le dernier poilu vient de s'éteindre cette année. Cette BD revêt donc un intérêt encore plus important pour le devoir du souvenir. Certes ce conflit date, mais c'était il y a moins d'un siècle. Il ne faut pas remonter loin dans nos arbres généalogiques pour trouver des proches concernés... Je conseille la lecture de ce one shot même si elle n'est pas forcément plaisante. Le sujet est traité en profondeur avec justesse. Le dessin de Tardi est adapté au récit, il est détaillé sans faire dans le gore mais suffisamment pour traduire la violence et les douleurs physiques et psychologiques des protagonistes. A lire impérativement.

03/08/2009 (modifier)