Les derniers avis (9598 avis)

Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gravé dans le sable
Gravé dans le sable

Cette BD est l'adaptation du best seller de Michel Bussi, initialement paru sous le titre Omaha Crimes, avant de ressortir quelques années plus tard sous le titre Gravé dans le sable. Je ne connais pas le roman, je ne savais pas à quoi m'attendre et le moins que l'on puisse dire c'est que je n'ai pas été déçu tant cet album m'a emmené de bonnes surprises en bonnes surprises. Tout commence en Normandie, en juin 44. Une veille de débarquement où des soldats américains tirent littéralement au sort l'ordre dans lequel ils vont se jeter dans la gueule du loup. Bien des années après, nous suivons le combat pour la vérité de 2 femmes meurtries par les conséquences de cette guerre. L'une vient de perdre le GI qu'elle a soigné et qu'elle aime depuis cette époque. Suite à de mystérieuses lettres, il est reparti aux USA et ne donne plus signe de vie. L'autre, fiancée d'un soldat mort au front, se bat pour l'honneur de son homme et qu'une dette importante lui soit remboursée. Au premier abord on pourrait croire que c'est assez basique comme trame, un roman graphique sur deux femmes blessées cherchant à découvrir la vérité sur leur amant respectif. Mais rapidement l'intrigue monte en puissance, prenant des accents de vrai polar avec une enquête pour élucider ce qui se cache derrière cette histoire de dette. Et nous avons droit à une belle intrigue à tiroirs, plus sophistiquée qu'il n'y parait. Plusieurs hypothèses, plusieurs suspects, plusieurs pistes possibles. Qui ment vraiment ? Les rebondissements nous laissent d'abord croire qu'on vient de découvrir la clé du mystère, avant de semer le trouble dans l'esprit du lecteur. Un dialogue, une nouvelle accusation d'un personnage, un élément trouble sur le passé d'un autre... Autant d'éléments qui relancent régulièrement l'intrigue, en remettant en cause ce que l'on pense avoir découvert de manière certaine, et exacerbe constamment le suspense jusqu'à l'ultime révélation. C'est non seulement malin, mais en plus c'est rudement efficace. Tout est réussi ici. Un mot sur le dessin qui sert parfaitement l'histoire : lisible, moderne et sans fioriture inutile. Lecture vivement recommandée !

01/11/2020 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Zoya
Zoya

Zoya est le nom d'une créature étrange qui vit dans les sous-sols du pensionnat où vivent ces enfants élevés pour soulager les passants de leurs porte-monnaies. Mais peu d'entre eux sont au courant, et elle n'intervient que peu dans ce premier tome, qu'on suppose être une sorte d'exposition pour poser les enjeux de la série : on comprend que cette créature a une ascendance... pas facile, que la sorcière qui sauve les enfants ne le fait peut-être pas sans calcul... Que la petite Miette n'est pas comme les autres et que Hilborne a des ambitions pas très bienveillantes... C'est ça qui m'a plu dans cette série qui débute : la complexité sous-jacente aux désirs de liberté des trois enfants. J'ai toutefois deux remarques : soucieux de poser ces enjeux dès le premier tome, le scénariste va peut-être un peu vite en besogne, perdant un peu de fluidité en chemin. Espérons qu'il pourra développer et résoudre toutes les questions posées dès ce premier tome, parce que c'est vraiment intéressant, cet univers mêlant récit à la Dickens, monstres et éléments steampunk (lesquels sont pour l'heure très discrets, mais bien présents). Côté dessin Pog s'est adjoint les services de Moon Li, dont c'est visiblement le premier projet de série. Son style est assez agréable dans une veine semi-réaliste, même si cela manque encore nettement de maturité. Mention spéciale au personnage de Zoya, qu'elle a visiblement soigné. A suivre.

01/11/2020 (modifier)
Couverture de la série La Cage aux cons
La Cage aux cons

Il s’en est fallu de peu pour que j’accorde à ce récit la note de 4/5 avec coup de cœur en prime. En fait tout s’est joué sur un twist final que j’ai trouvé tellement peu crédible que je sors finalement de ma lecture sur un sentiment mitigé alors que… - L’entrée en matière est fabuleuse. Dès les premières pages de l’histoire, j’ai été happé par cette narration drôle et vivante. - La machination mise en place surprend et amuse… et puis toujours ces réflexions d’une géniale stupidité de notre con de service accueillant avec flegme l’ubuesque situation dans laquelle il a plongé avec empressement. - Le suspense est bien présent car on se demande en fin de compte quelles sont les motivations de Jacques Cageot-Dinguet même si l’on comprend rapidement que le gars n’est pas tout juste (mais loin d’être stupide). - Le dessin de Robin Recht est très agréable et convient bien au récit. La noirceur des planches nous plonge dans une ambiance de polar glauque tandis que le trait caricatural usé pour les personnages cadre parfaitement avec la farce que les auteurs nous jouent. Non, franchement, il s’en est fallu de peu. Dommage, ce twist final mais c’est une lecture que je recommande quand même vivement car je me suis vraiment bien amusé durant les ¾ du récit.

01/11/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mangez-le si vous voulez
Mangez-le si vous voulez

L’adaptation en BD de ses romans réussit décidément bien à Jean Teulé. Et ce n’est certainement pas un hasard, celui-ci ayant œuvré au cours des années 80 dans le milieu du neuvième art. Visiblement, l’écriture a été plus probante et on n’est pas surpris, car Teulé possède un style doublé d’un talent de conteur, et l’homme sait choisir ses sujets. C’est Dominique Gelli qui a eu l’idée d’adapter ce roman publié en 2009. Quasiment inconnu, cet auteur n’est pourtant pas un débutant. Il faut dire que sa bibliographie est assez peu étoffée, avec seulement trois albums dont le dernier, Hubert la cervelle, fut publié en 2001, ainsi qu’un Raoul Fulgurex concocté avec Tronchet en 1989 et qui l’avait révélé avec un prix à Angoulême. Si l’on peut déplorer cette longue absence, on peut ici parler de retour gagnant, avec un changement de registre radical puisque Gelli délaisse l’humour décalé pour une noirceur confinant à l’horrifique. Pour Monsieur de Monéys, la journée avait plutôt bien commencé dès lors qu’il avait ouvert ses volets pour découvrir le jardin de sa demeure inondé de soleil, dans une scène inaugurale qui ne laisse rien présager de l’horreur qui va suivre. La vie semblait pourtant sourire à cet homme humble bientôt trentenaire, issu de la bourgeoisie, élevé dans l’amour d’une mère et respecté de ses concitoyens pour son altruisme et son désir de s’investir en faveur de la collectivité. Certains lui prédisaient même une brillante carrière politique… Doté d’une constitution fragile, de Monéys ne voulait même pas profiter des avantages dus à son rang pour échapper à la conscription, alors que Napoléon III venait de déclarer la guerre à la Prusse. Ce patriote exemplaire, s’apprêtant à rejoindre les rangs de l’armée française, aurait-il pu deviner un seul instant qu’il finirait lynché par une foule rageuse qui avait vu en lui un prussien et ennemi de la nation ? Un incroyable coup du sort pour cet humaniste, qui eut la malchance d’être au mauvais endroit au mauvais moment et vit en quelques secondes son destin basculer de la béatitude la plus vivifiante vers un calvaire sanglant de deux heures… Balloté tel un mannequin de paille par des villageois qui avaient trouvé en lui l’exutoire idéal à leur colère envers l’ennemi, martyrisé dans son âme et dans sa chair, ces deux heures d’agonie ne lui ont sans doute pas suffit à comprendre pourquoi le ciel lui tombait sur la tête avec une telle virulence, un tel acharnement. Pas davantage qu’au lecteur, qui ressort de ce récit sonné, halluciné, traumatisé, un récit véridique où la réalité dépasse largement la fiction, adapté avec grand talent par Gelli. Narrée dans un mode fictionnel, l’histoire bénéficie d’un découpage pertinent. Chaque début de chapitre présentant une carte des lieux de l’action permet de rappeler que tout cela est bien arrivé, ce qui ajoute encore à l’effroi. Il y a aussi ce titre intrigant, « Mangez-le si vous voulez ». Evoquant une comptine innocente, il ne fait que reprendre les mots — pour le moins prémonitoires ! — du maire de Hautefaye de l’époque, qui furent sa seule réponse lorsque des amis du pauvre de Monéys vinrent lui demander de l’aide… Quelle meilleure façon d’ « honorer » la mémoire d’un pleutre, du nom de Bernard Mathieu, qui craignait pour sa vaisselle ?... Gelli a su adopter la meilleure approche graphique pour mettre en images ce fait divers où l’horreur atteint des sommets. D’un semi-réalisme minimaliste, où la seule note de couleur au milieu du noir et blanc est le rouge écarlate du sang versé, le trait voit ses contours se dissoudre sous des traces charbonneuses, comme pour masquer l’innommable, bifurquant parfois vers la métaphore en référence aux légendes locales – où la victime est également assimilée au « léberou », sorte de bête du Gévaudan. Ce choix formel suggestif contribue à la puissance évocative du récit, donnant lieu à des scènes saisissantes, aux limites de l’abstraction, et permet au lecteur de ressentir l’horreur et la sidération de ces instants tout en lui évitant la position malaisée de voyeur. Du grand art, incontestablement. « Mangez-le si vous voulez » évoque immédiatement deux autres œuvres incontournables, Le Rapport de Brodeck et Le Singe de Hartlepool, dont le thème central, celui du bouc-émissaire, se doublait d’une dénonciation du nationalisme aveugle et de sa dangerosité. Les choses ont-elles vraiment changé depuis 1870, une époque pas si lointaine qu’on aurait pourtant pu croire révolue au XIXe siècle ? De façon troublante, ce fait divers résonne étrangement avec les événements récents survenus en France. Impossible en effet de ne pas penser à cette forme de barbarie que nos « nouvelles technologies » n’ont pas su faire disparaître, et ont même renforcée par le biais des fameux réseaux sociaux, contaminés par ce que l’on pourrait qualifier de « lynchage 2.0 » sur fond d’intégrisme religieux, dont les conséquences, loin d’être virtuelles, peuvent conduire un jeune fanatisé à décapiter un professeur d’histoire. Un album très noir, très dérangeant, qui nous met face à notre sauvagerie potentielle et s’impose comme un des indispensables de l’année 2020.

31/10/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Baron (Masbou)
Le Baron (Masbou)

Jean-Luc Masbou, c'est bien sûr le formidable dessinateur de l'excellente série De Cape et de Crocs. Et si on pense aux incroyables aventures du Baron de Münchhausen, quelle meilleure affiliation que cette dernière ? Elles partagent en effet la même âme, la même fantaisie et le même goût pour les récits truculents, imaginaires, exotiques et colorés. Le Baron de Münchhausen est un personnage qui a véritablement existé. Petit artistocrate allemand du 18e siècle ayant servi comme capitaine mercenaire auprès de différentes cours Européennes, il s'est fait connaître par son sens du récit fantasque et de l'affabulation au point qu'un écrivain, Rudolf Erich Raspe, a compilé ses histoires et les a publiées dans un livre qui rendra célère le personnage dans toute l'Europe. L'album de Masbou met en scène le moment où ce fameux livre, édité initialement en Angleterre avant d'être traduit en Allemand, arrive dans le village du Baron et est découvert par ses habitants et par le Baron lui-même à leur grande surprise mais aussi avec un certain plaisir. Et c'est l'occasion pour notre fameux conteur de nous narrer une fois de plus avec la verve qui a fait sa renommée un florilège de ses plus amusantes histoires parfaitement véridiques, nul ne saurait en douter ! C'est un formidable album que nous offre là Jean-Luc Masbou ! Tout d'abord, il y a son dessin qui fait sa force. C'est pour le style qu'il a utilisé dans De Cape et de Crocs que je le préfère, avec son trait guilleret, et ses couleurs enchanteresses. Et c'est bien ce style là, toujours aussi beau et toujours aussi travaillé, qu'il utilise pour le récit principal de cet album. Outre des personnages très attachants, cela donne notamment quelques scènes de campagne allemande parfaitement magnifiques. Mais il alterne également de nombreux autres styles graphiques pour chacun des différents flash-back et autres contes qui ponctuent l'ouvrage. Et ils sont tous admirables et impressionnants de maîtrise. Puis il y a l'intrigue elle-même. Sur la forme, elle est essentiellement un prétexte à permettre au fameux Baron de nous raconter ses histoires les unes après les autres. Ce sont des contes épiques excentriques, parfaitement dans l'esprit de ceux du film que Terry Gilliam lui a dédié, emplis de fantaisie et aussi d'une grande part d'humour. Leur diversité et leur gaieté est exaltante. C'est un vrai bonheur qui amène le sourire en permanence. Mais sur le fond, le véritable thème de cet album est de louer la capacité des raconteurs d'histoires eux-mêmes, de ces saltimbanques qui préfèrent faire rire et rêver les gens au détriment de leur gloire personnelle ou de leurs ambitions dans la société. C'est une ode aux poètes et aux rêveurs, à ceux qui vivent dans la Lune ou qui en reviennent pour nous narrer les beautés qu'ils y ont vues. Et la toute dernière page de l'album m'a particulièrement touché à ce propos. Bravo l'auteur !

30/10/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Phare (Boix)
Le Phare (Boix)

Mazette, c'est par le plus grand des hasards que je suis tombé sur cet album d'un auteur dont je n'avais jamais entendu parler. Le moins que l'on puisse dire est que c'est du lourd. Joan Boix à la fois scénariste et dessinateur nous en met plein les yeux. Dans un noir et blanc flamboyant il nous concocte un récit d'aventures mâtinées d'un soupçon de fantastique que Jean Ray n'aurait pas renié. Nous voici donc en compagnie de Jonathan Struppy, vieux gardien de phare à la pointe de la Cornouaille, qui sent ma mort approcher. Il passe son temps à lire et relire de vieux grimoires, les journaux de ses ancêtres, une longue lignée de loups de mer. Sans descendance sa famille disparaitra. Cruel crève-cœur pour Jonathan lui dont les ancêtres ont parcouru toutes les mers du globe, il n'a jamais navigué. Composé de plusieurs récits évoquant à chaque un des ancêtres de Jonathan cet album de 147 pages est visuellement un véritable régal. Le noir et blanc de Joan Boix est extrêmement travaillé. Les différents récits ont tous une connotation qui sent bon le goémon, l'air marin et en tendant l'oreille on peut entendre le cri des mouettes. L'aventure est au rendez-vous lorsque l'on suit les tribulations d'un ancien marin phénicien qui aux ordres d'un pharaon égyptien va faire le tour de l'Afrique. Du fantastique avec un autre ancêtre qui navigue en compagnie du fameux Hollandais Volant. Nous aurons pour mon plus grand plaisir un épisode très lovecraftien qui convoque des entités étranges qui surgissent du fond de la mer. Seul bémol pour moi le procédé un peu répétitif de chaque chapitre mais c'est un léger bémol. Pour ma part c'est une belle découverte et puis la première case de la BD nous montrant ce phare du bout du monde possède une force évocatrice évidente. Je m'étonne que cette BD n'ait pas plus d'avis, pour moi c'est un coup de cœur.

29/10/2020 (modifier)
Par Madrina
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série En Falsh
En Falsh

Bordel !!!! Ca ne serait que mon seul avis en vrai mais je ne vais pas m’en contenter. Ayant vécu en cité, je n’ai que trop connu cet univers comme spectatrice. Tout sonne et résonne fidèlement. Qu’importe la ville, le quartier, on y retrouve forcément des caractéristiques de ce bout de territoire dans un territoire. Oz, merci d’avoir été si (trop?) proche d’une réalité sans tomber dans le pathos. J’ai souri, ri même, j’ai retrouvé mon adolescence. La caillera qui sommeille en moi s’est un peu réveillée grâce ou à cause de toi. Quant à l’illustration, je ne connaissais pas mais je m’y suis bien accommodée. Bravo en tout cas. A suivre...

27/10/2020 (modifier)
Par Ju
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lobo Tommy
Lobo Tommy

Tout comme Gaston, Lobo Tommy était une de mes séries préférées lorsque mon père m’a abonné de force ou presque au "nouveau" Pif Gadget, en souvenir de ses jeunes années de lecture assidue du magazine. Ici, on est dans de l’humour absurde et très second degré. L’album est composé de petites histoires de quelques pages, toujours sur le même schéma. Il s’agit d’une enquête policière menée par le détective Lobo Tommy, qui aide le commissaire Harry Zona à résoudre des affaires. Nous avons toujours droit à un flashback montrant l’apprentissage de Lobo Tommy dans son monastère, où son maître lui a enseigné des tas de trucs utiles, comme par exemple l’art du talcage de fesses. C’est donc une bd qui mise tout sur l’humour et, sur ce point, je rejoins encore Gaston. Ca me fait toujours pouffer mais moins qu’avant, et ça devient répétitif. Il n’en reste pas moins que je conserve un attachement particulier à “Lobo Tommy”, qui est la bd qui me faisait marrer et que j’attendais tous les mois, et que je ne saurais que conseiller, notamment aux jeunes lecteurs. Car c’est plus à eux qu’est destiné Lobo Tommy qui est une bd qui utilise des mécanismes souvent utilisés dans des bds adultes (humour absurde, femmes qui déshabillent presque le héros des yeux) mais reste destinée aux jeunes et donc ne comporte pas de propos ou d’images choquantes ou obscènes. Et c’est peut être ça qui manque un peu lorsqu’on est adulte, d’aller un peu plus loin dans certains gags et dans certaines idées. C’est tout de même une bd sur laquelle il faut jeter un oeil.

26/10/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Corps de pierre
Corps de pierre

Si on peut émettre d'emblée de jeu un point négatif sur cet ouvrage, c'est bien cet horrible badge rouge imprimé et non rétractable sur la couverture mentionnant que l'on est bien en présence d'un autre ouvrage du dessinateur principal de Walking Dead. Heureusement, ce détail est rapidement pendant la lecture. Scénarisé par Joe Casey avec lequel Charlie Adlard avait déjà collaboré sur le sympathique mais peu connu et reconnu Codeflesh, Rock Bottom délaisse zombies et autres super héros pour une histoire plus proche des univers de Stephen King ou même de David Cronenberg. Un musicien trentenaire en plein divorce constate quelques petits soucis de santé. Sa peau se pétrifie par petites touches dans un premier temps puis assez progressivement, Tom Dare devient de plus en plus lourd et son corps se transforme. Le verdict de son ami médecin est sans équivoques : Tom se transforme en pierre d'une maladie complètement inconnue. Tout comme David Cronenberg l'avait parfaitement illustré avec The Fly, Corps de Pierre est un récit particulier sur un type pas forcément sympathique dont le lecteur va s'attacher au lent et irrémédiable déclin. Tom Dare va même s'anoblir par un acte héroïque conditionné par sa maladie mais inutile d'en dire davantage pour vous en préserver la surprise. Graphiquement, l'absence d'encrage peut surprendre au premier abord dans un noir et blanc épuré mais de toute beauté. Ce choix inédit offre un tout autre regard sur le travail de Charlie Adlard et rappelle le travail de Geof Darrow notamment sur Hard Boiled. Une jolie prouesse rappelant qu'il n'est pas seulement l'auteur de la série zombiesque la plus connue tout en livrant une jolie expérience de ligne claire. La conclusion que je ne dévoilerais pas ici est également très forte grâce à un scénario bien plus malin et subtil qu'il n'y parait. Rock Bottom mérite beaucoup d'attention malgré une édition française en demi-teinte.

26/10/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Des lendemains sans nuage
Des lendemains sans nuage

Tout d'abord il y a déjà ce joli titre, aussi poétique qu'ironique une fois la lecture achevée mais nous y reviendrons. Ensuite il y a une belle association de talents, de Fabien Vehlmann principalement connu pour son best seller Seuls. Justement ça tombe bien, le dessinateur de ce dernier, Gazzotti est crédité au dessin avec Ralph Meyer, l'un des coauteurs du fantastique Berceuse assassine. Les dessins de ces deux derniers se fondent dans une harmonie parfaite au point où il est difficile de dissocier le travail de l'un ou de l'autre même si le style Gazzotti semble prédominer. Qu'importe, on peut considérer "Des lendemains sans nuage" comme une anthologie de SF voire même d'anticipation. On le rappelle souvent mais il y a effectivement du S.O.S. Bonheur dans ce one-shot en un peu moins sombre. Quoique.... Car cette histoire de voyage dans le temps façon Terminator pour changer le destin et enrayer la destinée d'un despote dans le futur n'est qu'un prétexte à de courtes mais savoureuses petites histoires dans un futur pas si éloigné. On y parle d'addiction aux programmes télévisés, d'abus de pouvoirs, de fantômes, de dopage, d'amour maternel et de réalités virtuelles. Même si certaines histoires auront davantage votre préférence, il n'y en a pas une de loupée. Tout au mieux certaines sont prévisibles et succinctes (la station spatiale), d'autres sont drôles et ironiques et certaines sont même carrément attachantes. Contrairement au chef d'oeuvre de Van Hamme, le thème ici reste léger. C'est à la fois la force et la faiblesse du scénario de Vehlmann : alerter tout en divertissant par un soupçon de cynisme. Le seul véritable défaut c'est que l'oeuvre est si sympathique qu'on en aurait souhaité davantage. Avec une pagination à peine plus élevée qu'une bd franco-belge classique, un peu de rab ou même un second tome n'aurait pas été de refus. Quant à l'histoire faisant office de fil rouge, je l'ai trouvé particulièrement bien imbriquée dans le reste même si le personnage de Wilson, le futur dictateur en devenir, est parfaitement stéréotypé et détestable. Sa société Stereolab est un peu un joli condensé des GAFAM actuels. Quand on repense que cette histoire a presque 20 ans et n'a pas pris une seule ride, il y a de quoi être un peu effaré. Il est encore bien temps de lire ou relire cette histoire au charme immédiat.

26/10/2020 (modifier)