Les derniers avis (9592 avis)

Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Paco les mains rouges
Paco les mains rouges

Cette BD a reçu le prix décerné par … Lulu la nantaise ! excusez-moi du peu ! je vois bien que vous êtes perplexes ! La rédaction de tous les sites du réseau ARTS dont fait partie 9ièmeArt est basée à Nantes. Je ne peux donc pas passer sous silence un prix nantais décerné à une bande dessinée d’auteurs nantais ! Wouais je suis peut-être un peu chauvin mais franchement cette série est une tuerie ! Mon palpitant en a pris un coup ! Lecture d’une seule traite. La Guyane et son bagne ! C’est le décor de l’histoire. Une narration comme si vous y étiez. L’atmosphère sordide qu’ont vécu les condamnés aux travaux forcés va vous coller à la peau. La descente aux enfers est subjuguante. Pas une minute de répit. Vous serez tenu en haleine et surtout vous ne pouvez sortir de votre lecture indemne. Tout est réglé comme du papier à musique. Les dialogues sont étudiés. Le rythme est cadencé. Pas de modération dans les propos. C’est cru mais bien dans le tempo de l’histoire. Nous sommes bien en territoire oppressant où règne la loi du plus fort. Paradoxalement dans ce climat putride et violent, c’est bien une histoire d’amitié (voir plus !) qu’Eric Sagot et Fabien Vehlmann nous relate ! Le ton est juste. Un peu d’humanité et d’espoir dans ce monde de brutes ! C’est magnifique. Le graphisme est tortueux et anguleux. Le trait est épais. La colorisation est en tons sépia. Même si pas un grand fan de ce type de dessin, j’avoue que c’est adapté pour décrire cette atmosphère suffocante. C’est brillant. Cette BD un petit bonbon acidulé à déguster sans modération. Je recommande chaudement.

10/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Feuilles volantes
Feuilles volantes

Alexandre Clérisse est un auteur singulier dont on reconnait le style instantanément. Son trait faussement naïf, ses couleurs vives et franches, ses compositions travaillées, ses mises en pages variées et régulièrement originales sont autant de signes indicateurs d’un talent unique. Mais pour pouvoir mettre ce trait en avant, l’auteur doit pouvoir s’appuyer sur un récit capable de s’en nourrir. Et c’est le cas avec cet album dont il signe également le scénario. Déjà parce que ce scénario se déroulant à trois époques différentes, Alexandre Clérisse peut laisser voguer son imaginaire sur la partie futuriste et user avec talent de son trait naïf sur la partie moyenâgeuse. Seule la ligne narrative se déroulant sur le temps présent demeure plus conventionnelle… mais dispose de son charme personnel. Ensuite, ce scénario fonctionnant à la manière d’une mise en abyme, il offre des passages dans lesquels la mise en page peut se libérer des carcans classiques. Un passage en particulier, dans lequel les trois lignes temporelles s’entrechoquent, démontre toute l’originalité dont Alexandre Clérisse est capable. L’histoire, elle, permet à l’auteur de développer une réflexion sur l’innovation nécessaire dans l’univers de la création (et dans celui des récits illustrés dans le cas présent). Pour ceux qui ont pu profiter de l’expérience du ‘Ruban Monde’ au musée de la bande dessinée à Angoulême, ils retrouveront ici certaines créations qui s’en inspirent, confirmant tout l’intérêt d’Alexandre Clérisse pour les nouvelles technologies et les possibilités d’innovation et d’expérimentation qu’elles proposent. Si j’avais eu la certitude d’avoir tout compris à la conclusion de ce récit et à la résolution du mystère qui lie les trois personnages (et surtout le rôle et les capacités que possède un quatrième), j’aurais accordé le 4/5 sans hésiter. J’ai adoré la partie visuelle, j’ai bien aimé l’originalité du récit, il me manque juste cette limpidité dans les explications finales qui m’aurait laissé sur le cul. Gros coup de cœur, en tous les cas, visuellement parlant.

09/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ours
Ours

Belle surprise que cet album jeunesse ! Que ce soit sur le sujet abordé et la façon de le traiter, nos deux auteurs nous proposent un album tout en finesse qui ravira autant les jeunes lecteurs que les adultes. Ours, qui n'en est pas un, mais qui est un chien dévoué à son maître Patrick, va soudainement perdre la vue. Un comble pour un chien d'aveugle qui voit son univers s'écrouler ainsi que sa raison de vivre... Suivants les pernicieux conseils d'une bande de ratons laveurs, Ours va se retrouver à battre la campagne en espérant trouver une solution pour recouvrer la vue. Ben Queen et Joe Todd-Stanton réussissent un petit coup de maître avec cet album carré en trouvant un équilibre parfait. Que ce soit les idées originales pour faire comprendre au lecteur l'utilisation de ses autres sens, l'universalité du propos et des publics qui transpire de ce graphisme simple mais pas simpliste, on se laisse captiver et embarquer dans cette aventure. Au fil des rencontres animales que va faire Ours on apprendra également pas mal de choses sur la cécité sans que cela devienne didactique ou barbant. Voilà donc un album jeunesse (mais pas que !) qui mérite le détour pour le sujet qu'il aborde de façon intelligente tout en restant divertissant.

09/06/2022 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Safrane Chu
Safrane Chu

Après Tony, le détective cannibale, série absolument généralissime, cette préquel nous propose de découvrir les aventures de sa soeur. La trame et le découpage sont semblables en tout point à la série mère. Un découpage en chapitres bien ficelé, des prologues loufoques, une voie off aux petits oignons qui rythme la narration et apporte régulièrement une petite touche d'humour. Et bien sur, en plat de résistance un polar teinté de pouvoirs alimentaires, évidemment, mais sans en abuser. On n'est pas dépaysé et c'est tant mieux. Si l'intérêt de certains spin-off est discutable, les aventures de Safrane ne sont pas du tout de ceux là. On garde l'esprit et le style d'origine et on enrichit l'univers. Cette histoire se passe avant Tony Chu, on y apprendra pleins de choses interessantes, sur Tony, sur sa famille, sur les éléments à l'origine de cette crise du poulet... Ce n'est pas juste un prétexte à nous servir des idées qui n'aurait pas été utilisée dans la série principale. Le scénariste se renouvelle juste ce qu'il faut et la trame de l'intrigue se révèle être très interessante. Et les touches de déconne sont tout aussi efficaces. Un petit effort malin est fait sur les nombreux pseudonymes des personnages et ça marche nickel. Le dessinateur n'est pas le même, et sans atteindre la maestria de Rob Guillory, le dénommé Dan Boultwood s'en sort très bien. Légèrement plus cartoon mais toujours dans l'esprit, son style colle également bien à l'esprit et l'histoire. Bref, c'est un plaisir de se replonger dans l'univers de Tony Chu. Le second tome enfonce le clou. On laisse Tony de coté et on est maintenant focalisé sur les aventures de Safrane. On pourrait dire que le premier tome a permit d'introduire l'histoire en faisant lien avec la série principale, et que maintenant la série trace sa propre route et prend son indépendance. L'esprit barré est toujours autant jubilatoire, évidement il faut aimer ce style décalé, mais en la matière je crois que le scénariste est un génie. Il y a des bonnes idées dans tous les chapitres (pour pas dire toutes les pages). Une fois c'est un flash back hyper malin, une fois c'est un découpage hyper original, une autre fois ce sont des détails rigolos cachés dans les planches, une autre fois ce sont les dialogues marrants qui font mouche, ... bref ça fourmille d'éléments excellents du début à la fin. Et comme tout ça est au service d'une intrigue de plus en plus captivante, que demander de plus ? Vivement la suite !

31/10/2021 (MAJ le 08/06/2022) (modifier)
Par Alix
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Pays de la nuit
Le Pays de la nuit

Rodolphe et Marcelé ont collaboré sur plusieurs albums, dont Markheim et Une nuit avec Lovecraft qui m’avaient beaucoup plu. Je me suis donc tout naturellement intéressé à cette histoire de science-fiction, et je ressors assez satisfait de ma lecture. Le scenario est pourtant assez convenu. La ficelle scénaristique qui explique les évènements mystérieux est usée, et j’ai compris assez rapidement de quoi il retournait. La fin m’a à ce titre pas du tout surpris. J’ai toutefois adoré suivre les mésaventures un peu loufoques et oniriques de nos 3 protagoniste, j’adore ce genre d’ambiance étrange et inquiétante. Le style graphique de Philippe Marcelé est particulier et très charbonneux, mais moi j’aime beaucoup. Un album que certains trouveront peut-être trop convenu. J’ai personnellement passé un bon (mais court) moment de lecture.

08/06/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Aquarica
Aquarica

Voilà, j’ai fini de lire ce qui restera la dernière BD du grand Sokal, emporté par la maladie avant d’avoir pu terminer le tome 2. Le non moins grand François Schuiten (Les Cités obscures entre autres) a dessiné les 12 dernières pages. Le scenario, peaufiné par les deux auteurs depuis des années, est parfaitement maitrisé. La narration est fluide, et on retrouve cette humanité propre à Sokal. Les différents protagonistes ont certes des personnalités un peu « cliché », mais parfaitement définies – même les pêcheurs « brutes épaisses » ont leurs raisons pour justifier des comportements un peu bestiaux : leurs coutumes, des souvenirs douloureux… vraiment, pas de « méchants » dans cette histoire, juste des êtres humains… Il y a bien entendu des tons de « Jules Verne » dans cette fable teintée d’écologie… impression renforcée par ces éléments mi-organiques, mi-mécaniques, par le mystère ambiant, par la présence de scientifiques essayant de tout rationaliser… et par le dessin somptueux. Sokal était déjà au sommet de son art dans Kraa, il remet ça, avec des planches magnifiques, un trait maitrisé (j’adore ses personnages), et des couleurs lumineuses. Le second tome conclut brillement le récit, et propose un petit reportage « making off » super intéressant. Un excellent diptyque, que je recommande chaudement.

04/02/2018 (MAJ le 07/06/2022) (modifier)
Couverture de la série Scotland
Scotland

Ce quatrième cycle de Kenya aux aventures paranormales permet de retrouver à nouveau la jolie Kathy Austin ; j'ai lu Kenya et Namibia avec grand intérêt, mais j'ai raté Amazonie. J'avoue que la perspective de replonger dans le paranormal en compagnie de la belle espionne du MI6 me faisait envie, mais c'est aussi le décor qui m'a attiré car j'ai toujours eu une fascination pour l'Ecosse. Dans ce premier tome, les auteurs plantent un début de récit qui promet et distillent une série d'indices et d'éléments intrigants, tout en évitant le cliché des monstres aquatiques écossais dans le loch proche du manoir dont hérite l'héroïne. J'aime ce genre de début qui vous met bien dans l'ambiance, même si ça fait peut-être un peu trop, mais après tout, on est en Ecosse, les auteurs le savent et ne se privent pas de jouer avec la couleur locale, il n'y a plus qu'à se laisser porter, et en cela, je suis beaucoup plus enthousiaste que mes 2 éminents prédécesseurs dans leurs avis. Je suis très réceptif à cette ambiance d'étranges phénomènes agrémentés par des références aux aventures de Kathy Austin dans les précédents cycles, surtout lorsqu'il s'agit d'OVNI... mais peut-être s'agit-il de fausses pistes, car avec Rodolphe et Leo, il faut s'attendre à tout, on le saura sans doute dans les albums suivants. D'autre part, Rodolphe et Leo ne faillissent pas à leur réputation, non seulement ils baladent le lecteur à travers un méandre de situations typiques de leurs précédentes Bd chargées de mystères, mais ils n'oublient surtout pas le cliffhanger inévitable en fin d'album, après avoir mis en place leur incroyable machine à faits inexplicables et à mystère nébuleux ; tout ceci va sans aucun doute annoncer une série de coups de théâtre et de rebondissements déroutants. Ce schéma reste immuable chez eux, mais ça me plait toujours autant. De son côté, Bertrand Marchal repart aussi avec son trait esthétisant et soigné dans son style "à la Leo", mais en plus dynamique et un peu moins raide ; il est bien inspiré par les landes écossaises et livre de belles planches qui font honneur au décor, j'aime ce type de fluidité dans ce genre de bande, de même que les colorisations captent bien les ciels incertains de cette Ecosse brumeuse. Un excellent début de série d'atmosphère qui joue à la fois sur le fantastique, le mystère et les péripéties aventureuses.

06/06/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Proie d'Hugo Strange (Batman - Proie)
La Proie d'Hugo Strange (Batman - Proie)

Très bel album de Batman. L’histoire se situe au début de son parcours de justicier à une époque où le héros paraît encore bien vulnérable. Et c’est sous l’angle psychologique qu’attaque le méchant de l’histoire, le docteur Hugo Strange, psychanalyste de son état. Admirant Batman autant qu’il le déteste, Strange a recourt à une arme pernicieuse et imparable visant à déstabiliser le Dark Knight : l’arme psychologique. Comment fragiliser son pire ennemi ? Comment retourner contre lui l’opinion publique ? Comment détruire son image de justicier ? C’est intelligent et subtil. Après une première histoire mettant en action Hugo Strange, l’album enchaîne avec un second récit faisant entrer en scène l’Épouvantail. Sorti d’Arkham grâce à ce bon professeur Strange, Jonathan Crane est le maître de la peur. Ivre de vengeance, il attend son heure pour régler son compte aux ennemis jurés de sa jeunesse Cette seconde histoire est bien construite elle-aussi, les personnages ont une personnalité très riche et ils sont bien exploités par le scénariste. Les dessins de Gulacy sont très bons, classiques mais efficaces. Belles scènes d’action, s’enchainant parfaitement dans un décor bien choisi comme celui de la maison abandonnée totalement réaménagée au service de la vengeance. Très chouette découverte !

04/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Partitions irlandaises
Partitions irlandaises

Après leur Coupures irlandaises, qui remonte déjà à 2008, Vincent Bailly et Kris se retrouvent pour nous parler à nouveau de l'Irlande avec cette nouvelle série. J'avais déjà beaucoup apprécié leur premier album, c'est un réel plaisir de les retrouver dans cette Irlande contemporaine où les tensions sont toujours vives et la violence jamais bien loin. Cette fois donc, point de coupures, même si ça va saigner aux entournures, mais bien des partitions bien huilées que chaque camp va jouer à son corps défendant suivant les fils invisibles d'une tragédie shakespearienne toute tracée. Tim et Mary, nos deux tourtereaux ne vont pas déroger à cette logique. Eux que tout oppose, vont bien malgré eux avec leur amour naissant, s'enfoncer vers un destin funeste draguant leur entourage en faisant ressurgir de bien lourds souvenirs. C'est donc une histoire de destin tracé, de déterminisme auquel voudraient échapper Tim et Mary mais qui semble bien mal emmanché. En tout cas, j'ai dévoré cet album, pris par cette histoire merveilleusement racontée. Si la trame est classique jusqu'ici, la narration impeccable que nous proposent notre duo d'auteurs nous immerge pleinement dans les tribulations amoureuses de notre jeune couple qui essaye de s'extraire des affres de leur Histoire et celles de leurs familles. Le dessin de Vincent Bailly trouve l'équilibre parfait entre un trait expressionniste fluide et une colorisation qui sublime les ambiances qu'il pose. Reste maintenant à attendre la suite qui je l'espère confirmera ce très très bon début de série ! LA SUITEUUUU !!!

03/06/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série ReV
ReV

C'est la superbe couverture et un feuilletage rapide qui m'ont fait craquer. Waouh !!!! Je découvre Édouard Cour. Je vais commencer par son dessin, il est renversant. Un véritable patchwork où se mélange, le crayonné, le destructuré et un peu d'estampes, le tout sous un trait vif et nerveux. Mais le tour de force, c'est que cela reste homogène. Des planches où les détailles pullulent (la dernière planche en est un parfait exemple), où l'inventivité foisonne et où les couleurs apportent ce côté onirique. Que dire de la mise en page audacieuse. J'en suis pantois. - Bonjour Gladis - B... Bonjour - Souhaitez-vous personnaliser votre pseudonyme et votre avatar ? - Euh... Non, ça ira. - Choix enregistrés. Merci. Veuillez patienter......................... Chargement terminé. Bon voyage Gladis. Dans un futur indéterminé, il existe un monde virtuel, ReV, où l'on peut gagner des niveaux et des points comme dans les jeux vidéos. Gladis va franchir le pas et goûter à sa première expérience. Commence alors un voyage dans l'imaginaire et elle sera accompagnée par Mr_IO, un joueur expérimenté qui ne sera là que pour la conseiller. Ne cherchez pas de logique, le programme travaille avec les souvenirs et le subconscient de Gladis. Un scénario plus complexe que prévu, il m'aura fallu deux lectures pour bien en appréhender toutes les subtilités et mieux comprendre les dernières pages (enfin j'espère). Une narration fluide, certains passages peuvent sembler simplistes et/ou abscons, c'est Alice au pays du virtuel. Édouard Cour fait écho à Joseph Campbell et à sa théorie du mono-mythe qui consiste à démontrer que tous les mythes antiques ont le même schéma narratif. Et ce schéma est ici reproduit. Ai-je tout compris ? Pas certain, mais j'ai aimé me plonger dans ce monde de geek, il s'en dégage une ambiance de conte futuriste. Coup de cœur pour le graphisme étourdissant.

03/06/2022 (modifier)