Partitions irlandaises

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

"Toutes les histoires sont soit des histoires d'amour, soit des histoires de guerre. A Belfast, elles sont les deux".


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Tim est protestant. Pas n'importe quel protestant : il est le fils de Frankie Brown, héros de la lutte unioniste, mort au combat à la fin des années 90. Mary est catholique, fille d'un ancien activiste de l'IRA, Patrick Pearse, qui a déposé les armes il y près de 20 ans, avant même les accords de paix du Vendredi Saint, signés le 10 avril 1998 entre les partisans de l'union avec la Grande-Bretagne et les nationalistes du Sinn Féin. Ces deux-là n'avaient aucune chance de se rencontrer. Mais ça leur est tombé dessus, comme ça. Tim et Mary. Mary et Tim. Alors ils se sont fait l'amour comme une dernière nuit avant la guerre. Sans voir qu'ils allumaient la mèche. Une histoire d'amour magnifique et tourmentée dans le Belfast tout aussi tourmenté d'aujourd'hui, entre Brexit et retour des tensions identitaires. Kris et Vincent Bailly reviennent en Irlande du Nord douze ans après le succès du récit complet Coupures irlandaises.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Avril 2022
Statut histoire Série en cours 1 tome paru
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Partitions irlandaises © Futuropolis 2022

27/04/2022 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Avec Partitions irlandaises, Kris retrouve un cadre qu’il semble particulièrement apprécier. Je ne m’en plaindrai pas, l’Irlande m’a toujours attiré alors même que je n’ai jamais pu me défaire de l’idée qu’il y avait un aspect romanesque dans une guerre civile pourtant bien réelle et meurtrière. Kris ne déroge d’ailleurs pas à cette vision romancée puisqu’il associe ici une histoire d’amour aux accents très classiques (shakespeariens, serais-je tenté de dire) avec un contexte historique et social violent. Nous sommes donc ainsi plongés dans le Belfast du XXIème siècle (juste avant le Brexit), alors que les tensions entre catholiques et protestants sont toujours bien présentes, et risquent même d’à nouveau déboucher sur une guerre civile. Le climat est tendu malgré la chaleur qui se dégage de rencontres. Nous sommes ainsi toujours au bord du précipice, admirant le paysage (les scènes dans les pubs, le match de football gaélique, la romance entre nos Roméo et Juliette) mais bien conscients que tout peut s’écrouler à tout instant (et c’est ce qu’il va bien entendu se passer à la fin de ce premier volet). C’est très classique comme récit mais terriblement efficace tant les personnages parviennent à nous toucher. La narration à la première personne (qui passe de Tim à Mary en fonction des circonstances) favorise l’empathie, une empathie encore accentuée par le caractère de looser désabusé de Tim et celui bien trempé et décidé de Mary, une femme forte et fragile à la fois (oui, je sais, que du classique déjà vu mais que j’aime toujours autant). Le dessin de Vincent Bailly est très brut, pas toujours précis mais il dégage une âme et une chaleur (en grosse partie due à la colorisation) et son côté brut et sans fioritures convient bien à l’histoire qui nous est racontée. J’attends déjà la suite avec impatience !

27/04/2022 (modifier)