Blue in green

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

A la manière d'une impro de jazz, Ram V compose un polar horrifique et introspectif qui envoûte par sa beauté singulière. Un graphic novel récompensé aux Eisner Awards et porté par une narration visuelle époustouflante qui convoque tout à la fois Dave McKean et Bill Sienkiewicz.


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Jeune prodige du saxophone, Erik Dieter n’a jamais percé et enseigne la musique, loin de sa famille et de ses ambitions passées. De retour dans la maison de son enfance suite à la mort tragique de sa mère, il tombe sur une vieille photographie d’un musicien de jazz dans d’étranges circonstances, et sa vie bascule. Désormais, Erik n’a plus qu’une idée en tête : découvrir l’identité de ce mystérieux saxophoniste. Mais cette quête réveille en lui les démons de son ambition… De clubs de jazz en révélations sur le passé de sa mère, Erik sombre peu à peu dans la folie, obsédé par la poursuite du génie créatif et de la reconnaissance… jusqu’à y laisser son âme ? Texte : Editeur.

Scénario
Dessin
Couleurs
Traduction
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 18 Janvier 2023
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Blue in green © Hi Comics 2023
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)
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11/01/2023 | Alix
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Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
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Blue in Green est mon quatrième Ram V après These Savage Shores, Toutes les morts de Laila Starr et Swamp Thing Infinite. Et toujours pas déçu. Ram V est un formidable conteur d'histoires, il a ce talent pour embarquer le lecteur, le captiver et ne plus le lâcher. Un récit où vient se croiser la musique (le jazz), un secret de famille et l'envie de réussir sur fond de fantastique. L'histoire d'un homme, Erik, qui revient dans la maison familiale pour l'enterrement de sa mère et à partir de là, les événements vont s'enchaîner avec l'apparition d'un ectoplasme. Un récit qui prend son temps, les personnages sont complexes et attachants et l'introspection d'Erik sur le sens à donner à sa vie, à son art, est vraiment bien rendu et d'une forte épaisseur émotionnelle. Sommes-nous prêts à tout pour réussir ? Quitte à vendre son âme au diable ? Une délicieuse lecture avec une fin particulièrement poignante. Je découvre Anand RK et son style graphique est bien singulier, il se rapproche de Dave McKean, mais surtout de Martin Simmonds dans The Department of Truth. Bref, j'adore ! Il sied à merveille pour dépeindre l'ambiance tourmentée qui flotte autour d'Erik. La mise en page et les couleurs sont au diapason. Superbe ! Comme l'explique Ram V en fin d'album, le scénario s'est construit au fil de l'eau comme un bon vieux morceau de jazz improvisé, parfaitement orchestré et sans fausses notes. Album plus que recommandable.

27/01/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
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Ram V nous propose un album d’une profondeur inouïe, où la musique, et plus particulièrement le jazz, occupe une place centrale (« Blue in green » est d’ailleurs le nom d’une chanson de Miles Davis). L’histoire débute comme une fable familiale assez classique, mais « dérape » assez rapidement avec l’apparition d’un spectre mystérieux qui va changer le cours de la vie du protagoniste. Sa quête d’identité nous fera réfléchir sur rôle de la musique (et de l’art de manière plus générale) dans nos vies... une thématique par ailleurs chère à Dave McKean, un auteur que j’adore (voir Cages par exemple). Le lecteur se fera sa propre interprétation sur la nature du spectre : j’y ai personnellement vu une métaphore de la souffrance et de la dépression de l’artiste, de la difficulté à créer. La réalisation est impeccable. La narration est parfaite, alors que les auteurs expliquent avoir improvisé le scenario, ce qui est quand même fort ! Et la mise en image de Anand RK et John Pearson est exemplaire, dans un style cauchemardesque qui lorgne lui aussi vers Dave McKean ou encore Martin Simmonds dans The Department of Truth. En tout cas les planches ont de la gueule. Un coup de maître(s), et un album que je recommande aux amateurs de ce genre de thèmes.

11/01/2023 (modifier)