Coupures irlandaises

Note: 3.53/5
(3.53/5 pour 17 avis)

Début des années 80, deux adolescents partent à Belfast (Irlande du Nord) pour y parfaire leur anglais et profiter pleinement de leur séjour...


Documentaires Iles Britanniques Le Conflit nord-irlandais Nouveau Futuropolis Terrorisme

Pendant quelques semaines, Kris, alors jeune adolescent, a partagé la vie d’une famille catholique irlandaise, au cœur du quartier du Market, encerclé par les militaires britanniques. Comme il le dit lui-même « prendre le Belfast des années 80 en pleine figure et à 14 ans, ça vous vaccine définitivement contre le je-m’en-foutisme, l’égoïsme, l’inconscience politique et la bêtise humaine tout simplement. » Selon Kris, Coupures Irlandaises est l’exact contraire de Un homme est mort. Le premier s’attache à démontrer comment une heureuse aventure peut tourner au drame alors que le second racontait comment un drame avait pu accoucher d’une formidable aventure humaine. Mais les deux récits se ressemblent dans cette même volonté de témoigner des souffrances et des injustices que des hommes infligent à d’autres hommes…

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Mai 2008
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Coupures irlandaises
Les notes (17)
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20/05/2008 | iannick
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Par Puma
Note: 3/5

Je déboule un peu après la guerre ... c'est vraiment le cas de le dire !!!! Certes tous les goûts sont dans la nature, mais si d'aucuns l'ont apprécié, le dessin ici m'a plutôt franchement rebuté. Pour être clair, j'ai un sérieux problème avec le graphisme de Vincent Bailly. Et je me dis qu'avec un tel potentiel scénaristique, il y avait vraiment moyen de faire de cette BD un chef d'oeuvre incontournable avec un maestro à la plume et à la couleur ! Au surplus, et en l'état, se lit sans déplaisr ; c'est bien fait ! Mais la qualité très très perfectible du visuel ne m'incite pas à suggérer l'achat !

16/12/2015 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Kris mélange le récit autobiographique, la fiction et le documentaire pour nous proposer ce superbe ouvrage "Coupures irlandaises". En effet, on y retrouve un moment vécu comme dans Les Ensembles contraires, et un contexte historique et géographique complexe et un cahier additionnel comme dans Un homme est mort. Il a pris la liberté de romancer la fin du récit afin de le rendre plus poignant en rapport avec la situation dramatique. La narration est excellente comme prévue. La situation en Irlande du Nord est complexe, Kris n'a pas la prétention de l'expliquer en long et en large mais simplement de retranscrire la situation telle qu'il l'a ressentie lors de son voyage linguistique entrecoupé entre deux familles dans les camps opposés. Le cahier documentaire final est un plus indéniable dans ce genre de BD. Il est dense et apporte le complément indispensable au contenu de ce one shot. Le dessin m'est apparu adapté au récit avec son aspect brut. Les couleurs peuvent paraitre fades mais elles correspondent à l'ambiance. Kris s'était promis de parler de ce conflit, il a su prendre le temps et le recul pour produire ce très beau témoignage.

17/08/2009 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Cette bande dessinée a une justesse de ton qui m’aura séduit … jusqu’à quelques planches de la fin. En effet, Kris prend quelques libertés avec la véracité historique de ce voyage linguistique en dramatisant la fin de son récit, qui perd alors (à mes yeux) un peu de son intérêt. C’est d’autant plus regrettable que le reste du récit est excellent. Le rendu émotionnel de ce voyage en Irlande du Nord est exceptionnel, de la préparation (et cet engouement si semblable à celui que je ressentais moi-même en pareilles circonstances) à l’accueil (chaleureux mais dans une ville en guerre). En effet, il faut se rappeler que, pour les jeunes continentaux de l’époque, l’Irlande avait beau être proche, la guerre civile qui s’y déroulait n’en semblait pas moins irréelle et à des millions de kilomètres. Par conséquent, débarquer dans une ville en constant état de siège alors que l’on s’apprêtait à passer d’agréables vacances pas loin de chez soi devait être un choc d’envergure. Ce choc, Kris parvient à le rendre avec justesse, à nous le faire comprendre et à nous le faire partager. La chaleur de l’accueil catholique, la froideur protestante me paraissent également réalistes. Je suis donc rentré aisément dans le récit, et la progression dans la narration m’a scotché à ma lecture. Le climat devient de plus en plus tendu, Chris et son compagnon de voyage comprennent de mieux en mieux la réalité de ce pays, et (comme tout bon adolescent) ne peuvent que se rebeller face à pareille situation. Il n’était par conséquent pas nécessaire de noircir le tableau par une fin dramatique, … la situation d’alors s’auto suffisait. Le dessin de Vincent Bailly est de qualité, même si je lui reproche un manque de netteté. Peu de détails dans ce trait en couleurs directes, mais du charme. Un style qui convient finalement bien à cet album, mais qui ne lui apporte pas de plus-value. Un bon album, en résumé, mais que j’aurais préféré autobiographique jusque dans sa conclusion. Cette dernière, trop dramatique et simpliste, associée à ce dessin que je n'apprécie que moyennement font que je n'attribue finalement qu'une cote globale de 3/5.

15/05/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Kris a l'air de se spécialiser dans les bd de prise de conscience. Dans Un homme est mort, il voulait nous rappeler le difficile combat des syndicats lors d'une immense grève pour sauver ses chantiers. A partir d'un drame humain individuel qui aurait pu être évité, il tire avidement tout son récit... ce qui peut énerver certains lecteurs n'aimant pas les partis pris. Dans coupures irlandaises, il s'agit de donner une vision beaucoup plus vaste de ce qu'à pû être la vie quotidienne des habitants de Belfast dans les années 80 à partir d'une expérience vécue de voyages scolaires par le biais d'un professeur d'anglais. L'auteur admet bien volontiers dans un dossier spécial en fin d'ouvrage que la fin du récit est résolument dramatique par rapport à la réalité qu'il avait vécu. Par ce biais et en nous prenant par les sentiments, il voulait nous faire ressentir l'injustice et l'état de guerre permanent qui a embrasé l'Ulster. Je n'ai rien contre ce procédé d'autant que cela paraît tout à fait plausible. Maintenant, j'ai toujours eu un faible pour les peuples qui défendent leur unité territoriale face à un envahisseur (dixit le Tibet par exemple). L'Irlande est une île dont un petit bout au Nord-Est se trouve sous administration anglaise pour des questions de religion principalement. C'est vrai que je trouve tout à fait ridicule qu'on puisse se battre parce qu'on est catholique ou protestant et qu'un lointain personnage historique à savoir Guillaume d'Orange a mené une bataille victorieuse. C'est totalement absurde ! Je suis véritablement intolérant... face à la guerre. J'irai même plus loin en indiquant que c'est quand même au peuple de se responsabiliser pour ne pas sombrer dans la haine et la rancoeur. Ces choses là sont impossibles en France car il existe véritablement une unité nationale malgré la diversité. Pourquoi ne pas comprendre qu'il faut respecter son prochain? Non, là-bas, il y a des pasteurs intégristes qui enseignent la haine. Or les différences peuvent constituer une source de richesse pour peu que l'ouverture d'esprit existe. J'avais sans doute pas besoin personnellement de "coupures irlandaises" pour me faire une idée sur la situation que vît le peuple irlandais. Cependant, ce témoignage vu par des adolescents de 14 ans est tout à fait intéressant et mérite une lecture, voir un achat. Cela provoquera bien des réflexions. Le but tout à fait louable de l'auteur est atteint.

17/04/2009 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
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J'ai trouvé cette BD assez intéressante mais plutôt plate dans sa lecture. Pour commencer, je n'ai pas aimé le dessin. Je trouve le trait trop imprécis et les visages moches (surtout les yeux boursouflés). Et ce sont surtout les couleurs qui me rebutent. Je n'aime pas du tout leur palette et le côté "sale" qu'elles affichent à mon goût. Ensuite, c'est vrai que comme certains lecteurs ci-dessous, j'ai un peu tiqué à l'idée de voir des parents envoyer avec insouciance leurs adolescents en vacances à Belfast en pleine période de conflit interne en Irlande du Nord. Mais puisqu'il s'agit d'un scénario inspiré de la réalité des auteurs à l'époque, je ne peux qu'y croire. Par le biais de ce récit témoignage, j'ai pu découvrir l'ambiance étrange à l'intérieur de la capitale nord-irlandaise à la fin des années 80, en plein apartheid entre Catholiques et Protestants, tandis que l'armée anglaise faisait régner une sorte de couvre-feu permanent et humiliant pour la population. C'est plutôt intéressant. Mais j'ai trouvé le récit assez morne et je me suis un peu ennuyé. Les deux jeunes héros ne m'ont pas paru très attachants, pas plus que leurs comportements aussitôt engagés. Cela m'a rappelé certains ouvrages de Davodeau où le bien et le mal sont aussitôt désignés et où les gentils héros soutiennent corps et âme les gentils opprimés. Ce manichéisme m'a empêché de comprendre et de ressentir de manière assez concrète et palpable l'ambiance de Belfast à l'époque, comme si le récit en ressortait trop superficiel. Quant à la fin, romancée elle, elle montre les méchants commettre l'irréparable injustice envers les gentils. Je caricature mais c'est ainsi que je l'ai ressenti et cela a réduit l'intérêt que je pouvais trouver au témoignage sur une période et des évènements pourtant dramatiques, surtout en plein coeur d'une Europe à l'époque quasiment aussi moderne et actuelle que de nos jours. Je ressors de ma lecture un peu déçu donc. Le sujet et le contexte sont intéressants et je suis heureux d'en avoir appris un peu plus sur comment les choses se passaient. Mais le dessin, la façon dont les choses sont racontées et le déroulement des évènements fictifs ne m'ont pas convaincu.

24/02/2009 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
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Je dois avouer que j'étais un peu sceptique sur la qualité de ce one-shot lorsque j'ai commencé à le lire. Le début ne m'avait pas captivé et j'ai donc eu peur de devoir lire 62 pages ennuyantes. Heureusement, tout s'arrange lorsque les deux adolescents arrivent en Irlande. Le récit devient passionnant et on comprend facilement ce que doit vivre quotidiennement les catholiques. Il faut dire que 'Coupures irlandaises' est basé sur se que Kris a vécu avec un ami et on devine que c'était pas la joie tous les jours. Le dessin de Bailly est très bon. J'aime bien ce style qui semble être à la mode dans les romans graphiques d'aujourd'hui. Le dossier que contient l'album est très intéressant et permet de mieux comprendre le conflit.

15/02/2009 (modifier)
Par Miranda
Note: 3/5
L'avatar du posteur Miranda

Coupures de presses archivées dans un cahier, coupure brutale de l'adolescence de deux gamins poussés trop vite dans le monde des adultes, coupure d'un pays scindé en deux. Coupures irlandaises… La guerre civile et ses déchirures humaines, ses religions assassines et ses conflits politiques. Récit autobiographique de Kris avec une fin imagée mais qui aurait pu être réelle... Le point fort réside dans le décalage des préoccupations de jeunesse de ces deux amis et le monde de violence dans lequel ils sont subitement projetés, où même les parents n'avaient pas conscience du danger que pouvaient encourir leurs enfants. Le plus marquant reste indubitablement les commentaires poignants de Kris en fin d'album. Je ne mets que trois étoiles car je ne pense pas que j'aie envie un jour de relire cette histoire si bien écrite soit-elle. Le dessin de Bailly y est excellent, mais je suis encore en train de digérer son graphisme bâclé de Le Coeur de Sang, ce qui est encore plus rageant quand on voit de quoi il est capable dans ce one shot.

24/12/2008 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
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"Coupures irlandaises" confirme la bonne impression et les bonnes surprises que le réserve presque à chaque fois Futuropolis. Kris nous raconte à travers l'Histoire irlandaise, le passage à l'âge adulte que vont vivre deux ados français lors d'un voyage linguistique en Irlande en 1987. Car comme il le ponctue justement à la fin de son album "Dans la guerre, les enfants n'existent pas". Le récit nous plonge profondément dans le Belfast de l'époque, en poussant le vice jusqu'à séparer les deux protagonistes chacun dans une famille de confession différente. On sent la chaleur d'âme de cette population confrontée à la violence "ordinaire" et quotidienne. On sent le plaisir d'accueillir et de partager. On sent aussi la haine entre les deux communautés, mais plus que tout celle de l'occupant britannique. Car c'est dans ce contexte de sentiments et de ressentiments que vont naviguer à vue nos jeunes héros pour venir s'échouer dans la dure réalité du "monde des adultes". Pour servir cette histoire, on retrouve Vincent Bailly au dessin. J'avais été totalement conquis par son trait dans Angus Powderhill, et son style bien marqué se retrouve indéniablement dans ce one shot : simple, rond et expressif. Par contre, c'est également lui qui cette fois s'est collé à la colorisation, et là ma fois je ne suis pas vraiment emballé par le résultat... Je la trouve lourde et empâtée, et elle dessert même parfois son dessin. Dommage. Malgré ce bémol sur la couleur qui pourrait en refroidir quelques uns, je conseille donc la lecture de cette BD, qui sous le couvert de l'insouciance de l'adolescence nous offre un regard aiguisé sur cette période sanglante de l'Irlande.

18/12/2008 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Au départ, un séjour linguistique « banal ». Deux jeunes gars doivent le passer dans une famille d’accueil catholique irlandaise. Pourtant, l’un va se retrouver dans une famille plutôt huppée et l’autre dans ce que l’on a appelé « le ghetto de Belfast ». Nous sommes en 1987 et l’IRA –l’armée républicaine irlandaise- est en véritable phase armée contre l’armée britannique, laquelle « occupe » une partie de l’Irlande du Nord. Et cette révolte va prendre une telle ampleur que le séjour des deux ados va se transformer en véritable enfer. En 1987, j’avais 34 ans. Et les attentats en Irlande faisaient souvent la « une » des journaux, tant télévisés que dans la presse écrite. Je me souviens d’ailleurs de ce que l’on a appelé le « Bloody Sunday », fin Janvier 1972 : treize civils abattus à Derry par des parachutistes anglais. Quelques semaines plus tard, l’IRA fera exploser un mess d’officiers anglais : plusieurs morts encore. Tout ceci pour quoi ?… pour une question principale que je me suis posée en début de lecture de cet opus : POURQUOI, en tant que parents « responsables », envoyer leurs enfants en séjour linguistique dans une région où l’on sait pertinemment bien qu’il y a de très gros risques ?… Hein, vous le feriez, vous ?!?… J’ai donc lu cet album avec une certaine aigreur. En le lisant, j’ai revu des images télévisées, des photos qui m’avaient quand même un peu marqué à l’époque : la pluie quasi omniprésente, les militaires patrouillant bardés d’armes lourdes, les barrages à tous les coins de rue, les regards fuyants –ou haineux- des civils… Tout ceci est d’ailleurs bien rendu dans le scénario et le graphisme de cet opus lequel, d’ailleurs « monte » en crescendo au fil des pages. Un bon album, oui, prenant aux tripes par moments MAIS où la question que je me suis posée au début du tome m’est revenue à la fermeture de celui-ci. Et cette question m’est restée sans réponse…

17/10/2008 (modifier)
Par Yann
Note: 4/5

Pour avoir été traîner mes guêtres en Irlande et plus particulièrement à Belfast, je dois dire qu'on y est tout à fait. Mais plus que ça, je pense que c'est aussi l'aventure d'y aller que l'on retrouve à travers le rythme. C'est génial, merci de m'avoir fait revivre ça ! Coté dessin je ne connaissais pas Bailly, mais je retrouve un peu le style du Le Sourire du clown.

29/09/2008 (modifier)