Les Cités obscures

Note: 4.13/5
(4.13/5 pour 39 avis)

Angoulême 1985 : Alfred de la meilleure BD de l'année pour le tome 2 Un univers tres prenant qui se base sur la narration d'histoires qui se déroulent dans plusieurs cités appartenant à un monde parallele au notre. Un univers complexe qui à donné lieu à de nombreux hors série et dont les lecteurs continuent à tisser la toile par leurs écrits notament sur internet...


Angoulême : récapitulatif des séries primées Bâtiments et architectures Best of 1980-1989 Casterman Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc, Bruxelles Les années (A SUIVRE) Noir et blanc Schuiten Utopies, Dystopies

Née de la collaboration de François Schuiten et de Benoît Peeters, la série "Les Cités obscures" est aujourd'hui riche de douze albums, tous publiés en français chez Casterman, et traduits dans la plupart des autres langues européennes. Bien que nourris de références à notre monde, notamment sur le plan architectural, ces différents livres s'inscrivent dans un univers parallèle au nôtre, dont la cohérence s'affirme de plus en plus. Le mot même de Cités obscures dit assez le privilège accordé à la ville. Une formule célèbre, attribuée à l'architecte Luigi Snozzi, n'affirme-t-elle pas hardiment: "Les campagnes pour les chiens et les villes pour les hommes!" La Ville, en tant qu'institution autonome et modèle d'organisation, est le premier fondement des Cités obscures et constitue le principal système de gouvernement, un peu comme cela fut le cas en Italie pendant des siècles. Le phénomène le plus curieux est peut-être ces liens étranges qui unissent certaines des villes de notre monde à des Cités du monde obscur. On ne peut qu'être frappé par exemple par les nombreuses relations entre Bruxelles et Brüsel, Paris et Pâhry, Genève et Genova. N'oublions pas les villes imaginaires que sont Urbicande, Calvani. Il est impossible de vraiment décrire l'"histoire" des cités obscures, il faut pénétrer ce monde pour en prendre la véritable mesure.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 1983
Statut histoire Une histoire par tome 12 tomes parus
Couverture de la série Les Cités obscures
Les notes (39)
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06/10/2001 | toce
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L'avatar du posteur Noirdésir

J’avoue avoir hésité à mettre 5 étoiles à cette série, qui postule clairement à être une série « culte », pour plusieurs raisons. D’abord, le dessin est vraiment très beau, avec des personnages un peu figés, certes, mais alors pour ce qui est des plans plus larges, des paysages ou des architectures, notre imagination voyage loin et vite – même si les auteurs prennent leur temps à chaque fois pour développer leur univers. Ensuite les scenarii. Pas forcément les plus fouillés, mais ils transpirent un univers poétique, souvent surréaliste (à la Malkine ou à la Magritte pour prendre des peintres ayant appartenu à ce mouvement). Un univers aussi très proche d’un autre écrivain surréaliste, Jacques Abeille (c’est particulièrement visible dans certaines planches de « La frontière invisible » ou certains détails de « L’archiviste »), avec lequel Schuiten a fini par collaborer (avec le très beau « Les Mers perdues » et en illustrant certaines de ses rééditions récentes). Le point commun de la plupart des albums est la place occupée par le décor – essentiellement ces « villes » donc (même si pas toujours, voir « La Tour »). Ce décor, ces architectures perdues, éperdues, sont d’ailleurs les personnages principaux des albums, sur lesquels les auteurs ont le plus misé. Parfois au détriment des personnages proprement dits, à la personnalité parfois trop peu développée : certains personnages ne sont que des décors pour les créations oniriques d’un architecte, qui use du médium Bande dessinée pour nous montrer les rêves qu’il ne pouvait faire bâtir « en vrai ». C’est moins loufoque que Mordillo et moins froid qu’Escher (pour reprendre deux mordus des architectures visuelles), on est parfois proche de ce que fait Marc-Antoine Mathieu, mais en plus poétique et moins absurde. Certains albums sont peut-être en deçà des autres, et il faut être réceptif à ces albums d’ambiance, à cette poésie surréaliste, parfois vaguement steampunk. A feuilleter donc avant d’acheter, mais si vous accrochez, n’hésitez pas à découvrir les méandres de ces Cités, à vous y perdre. Note réelle 4,5/5.

09/07/2016 (modifier)
Par Jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Je n'ai lu que 3 tomes des cités obscures (+ le guide des cités). Mais j'éprouve vraiment une passion et une vraie attirance pour ce monde labyrinthique, froid et éthéré comme un univers parallèle. De plus la lecture de l’excellent guide des cités m'a fait connaitre, de loin, la géographie et l'historique (imaginaire) des autres régions de cet univers (et donc des autres bds), avec également ces passages entre ce monde et le nôtre (ça j'ai adoré). Je me sens donc un peu comme un touriste qui n'a pas encore tout visité: (Je mets les albums dans l'ordre où je les ai lus): - L'enfant penchée : **** . J'ai adoré. Extrêmement poétique, froid et mélancolique. De plus l'incrustation du roman photo est incroyablement bien gérée. C'était risqué comme idée mais ça marche. Les photos sont superbes et ce bâtiment vide au milieu des hauts plateaux de l'Aubrac est vraiment envoutant. Ce peintre qui repeint à sa manière toutes les salles puis qui disparait dans l'angle du mur et qui passe de l'autre côté ... sublime ! Dailleurs je crois reconnaitre la même bâtisse dans laquelle a été tourné la fin du film " C'est arrivé près de chez vous ". - Les murailles de Samaris - **** . Un des 1ers albums et c'est toujours aussi bon et magique. Toujours cette même ambiance vide et désolée d'architectures monumentales perdues en plein désert. Avec ces humains ressemblant plus à des fantômes errants qu'à des personnages de chair et de sang (même les héros). C'est peut-être rebutant pour certains mais moi c'est justement cette ambiance froide et inhumaine qui m'envoute. On est perdu et un peu désorienté, comme dans un rêve. L'histoire est vraiment passionnante et me fait un peu penser au film " Dark city ". Je n'en dis pas plus pour ceux qui ne l'ont pas lu. La tour - **** pour l'univers de cette espèce de tour de Babel sans fin. L'histoire perd un peu en intensité et en mystère au fur et à mesure mais c'est un monde vraiment énigmatique et encore une fois envoutant. J'use un peu toujours des mêmes adjectifs mais je manque un peu de vocabulaire désolé. Des couloirs sans fin, des précipices vertigineux, des zones abandonnées et oubliées, d'autres habitées et foisonnantes de vie (enfin foisonnantes n'exagérons rien nous sommes dans les cités obscures). Par contre les personnages sont à chaque fois assez vides et froids. Ce n'est pas le point fort de cette série. Non le personnage principal c'est vraiment ce monde et ses diverses régions. Les personnages sont comme écrasés et effacés derrière l’immensité de ces architectures. Même les histoires d'amour (pourtant présentes dans chaque tome que j'ai lu) sont assez fades comme vidées de leurs substances. Ce n'est ni sensuel ni sexuel. C'est froid. Comme si des fantômes essayaient de se réchauffer dans ce monde glacé balayé par le vent. Après lecture du 2ème tome " La fièvre d'Urbicande " je fais remonter cet avis que je fais passer de 4 à 5. Car chaque tome que je lis ne me déçoit jamais. Il ajoute à chaque fois un peu plus de profondeur à ce monde unique en son genre. J'ai donc adoré cet album. Peut être un peu plus froid et austère que les autres ( Samaris, la tour , l'enfant penché... ). Le dessin est très rigide tout en lignes droites dans les architectures. Mais cette histoire de forme géométrique qui grandit et fait "plier" en quelque sorte toute une population, qui n'a pas d'autre choix que de s'adapter à cette nouvelle architecture "virale" en constante évolution... Et bien ... c'est fort original ^^. On ne saura pas vraiment le pourquoi du comment mais là réside tout le mystère des cités obscures. Amis cartésiens au revoir ... ( alors que tout ça est dessiné dans un esprit d'architecte assez austère, tout le paradoxe). La magie froide des cités obscures (n'est pas obscure pour rien ...). C'est pourquoi je fais passer ma note de 4 à 5.

22/08/2013 (MAJ le 24/06/2015) (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

J'ai lu les Murailles de Samaris et la Fièvre d'Urbicande, et ça me suffit comme ça ! Je me pose une fois de plus à contre-courant des avis favorables, car c'est encore une série dont je n'arrive pas à comprendre l'engouement et le succès.. Tout est froid là-dedans, c'est de l'urbanisme déshumanisé qui me rebute, c'est quelque chose qui est incompatible avec mon amour de la nature, de la campagne et des animaux. Ce sont des cités étouffantes aux grands murs impersonnels, tout y est hermétique, rigoureux, malaisé, surréaliste, sans joie ni bonheur, où l'homme est confronté à ses rêves les plus démesurés, et où se télescopent urbanisme et politique, bref un univers aseptisé et oppressant qui n'a clairement rien à m'offrir et où je m'emmerde prodigieusement. Surtout avec le textuel qui est pesant. Certes, le dessin au style illustratif a parfois de la gueule, c'est ce qui m'avait interpellé à l'époque où j'avais tenté d'entrer dans ces cités imaginaires, quand je lisais le magazine A Suivre, mais elles font partie d'un gigantesque monde parallèle et sont montrées comme de véritables protagonistes, à tel point qu'il est presque superflu d'y inclure des personnages ; ceux-ci semblent des intrus au sein de ces écrasantes constructions qui en plus, sont régies par des codes très éloignés de mes repères. Tout ceci me dépasse complètement, c'est peut-être visionnaire, mais c'est pas pour moi, et je ressors en courant de ces cités..

20/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Qu'ajouter, que dire de plus qui n'ait déjà été dit sur ce monument que propose ce cycle des cités obscures. Chaque album qui peut se lire indépendamment des autres est une invitation au voyage, au rêve. Au travers de ces albums c'est Jules Verne qui est convoqué, les architectes visionnaires de l'art nouveau. De somptueuses cités souvent sans âme dans lesquelles il ne ferait sans doute pas si bon vivre que cela, mais quelle imagination, quel travail sur des perspectives hallucinées et hallucinantes. Le seul bémol que je verrais et qui m'empêche de mettre la note maximale c'est trop souvent une certaine froideur qui se dégage de l'ensemble. Les personnages s'ils sont magnifiquement dessinés ne nous poussent pas à l'empathie et c'est avec un regard un peu décalé ou distant que nous les voyons se débattre au sein de ces architectures monumentales et oppressantes. Mais c'est magnifique et ce type d'ouvrage est bien sur à conseiller pour prouver encore s'il en était besoin que la BD peut être autre chose que des gros nez et des onomatopées.

02/05/2015 (modifier)
Par bb
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Le duo Schuiten/Peeters fonctionne à merveille pour nous offrir ce monde des "Cités obscures". Dans la série, ma bande dessinée préférée reste "La Frontière invisible", même si comme beaucoup j'ai aussi un gros coup de coeur pour "La Fièvre d'Urbicande". "Les Cités obscures" sont un incontournable de la bande dessinée. Je les ai fait découvrir à de nombreuses personnes pour qui la bande dessinée n'évoquait guère plus que Astérix et Tintin, et qui se sont retrouvées fascinées par cette série, et ont (re)découvert la bande dessinée et le plaisir d'en lire, par-delà les incontournables de notre enfance. Par les splendides planches de François Schuiten et le scénario de Benoît Peeters, la série emmène le lecteur dans des villes marquées par des pouvoirs autoritaires, sans pour autant devenir des récits historiques ou des récits "jugeant" les comportements de leurs personnages, parfois même d'une certaine médiocrité de ceux-ci, et tout simplement de leur grande humanité, entre doutes, intérêts personnels et passions, résilience face au pouvoir. Mais le personnage principal reste chacune des cités. La ville comme personnage, c'est là le point fort de cette série, qui décale le regard. Chaque tome nous entraîne dans une des Cités obscures, sans jamais proposer une lecture répétitive. Les personnages sont autant "formatés" par leur métier que par chacune des villes qui sont leur espace de vie. La beauté des planches est mise au service d'un scénario qui ne lasse jamais. Incontournable !

13/04/2014 (modifier)
Par McClure
Note: 3/5

Je sais, je vais me faire tirer les oreilles, mais promis, j'éditerai au fil de l'eau. J'ai du mal à trouver ces oeuvres donc ça risque de prendre bien du temps. La frontière invisible **** C'est la une nouvelle histoire que je découvre des deux auteurs après les Terres Creuses. Et autant j'avais fortement apprécié les qualités graphiques, autant j'étais resté dubitatif sur les finalités scénaristiques. Sur la Frontière, on sent qu'on est toujours dans ce surréalisme qui permet aux belges de dérouler une histoire tangible mais en ne prenant pas pied sur notre bonne vieille terre comme pour ne pas nommer les cibles de cette critique du fonctionnement humain et des sociétés et civilisations. On suit avec un grand plaisir cette montée du totalitarisme sur une société civile érudite. On ne peut que penser au bloc de l'est mais ça n'est jamais clairement dit. C'est bien monté, bien tramé, les personnages sont excellents et rendent cette histoire "historiquement crédible". Reste comme pour les précédentes oeuvres, quelques défauts, et notamment les relations humaines plus "classiques" ici entre Cremer et Skodhra qui sonnent faux et aussi des éléments donnés en pature mais pas assez fouillés (à mon avis uniquement), je parle ici de la carte sur la peau de la jeune fille, de la dernière case, de toute beauté mais qui reste pour moi un mystère. J'espère que celui ci va se révéler au fil des découvertes. edit Suite à la lecture de deux nouveaux tomes de cette série, je réduis ma note. J'en suis presque à mettre 2*, mais j'ai vraiment aimé la frontière invisible donc j'attendrai de lire les autres pour forger une opinion plus avant : L'ombre d'un homme *** C'est pas mal, le niveau graphique est toujours aussi bon, rien a dire de côté là. On est toujours dans un mélange de critique sociétale et d'absurde. Mais pour le coup, je trouve l'histoire trop plate. J'ai bien aimé le final, poétique en diable mais je trouve que c'est tout de même très léger. La fièvre d'Urbicande ** Là, c'est graphiquement que je me suis ennuyé. Les auteurs ont fait coller le fonds et la forme avec ce trait fin, froid, architectural. Mais, à mon sens, cela fait perdre beaucoup à l'oeuvre. J'aurais aimé voir un travail plus fourni sur la ville. Ensuite, l'histoire, et bien elle m'a ennuyé aussi. Je suis trop cartésien et peu versé dans les récits absurdes ou vraiment décalés. Là, j'ai vraiment lutté pour finir. Une déception.

17/07/2012 (MAJ le 26/07/2012) (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5
L'avatar du posteur Blue boy

Avec ce projet ambitieux et au long cours que sont les Cités obscures, les deux démiurges belges Peeters et Schuiten ont contribué à donner à la BD ses lettres de noblesse en créant un monde vaste et complexe, ne négligeant aucun aspect qu’il soit géographique, historique, technologique ou architectural (un peu comme avait pu le faire Tolkien en matière de littérature). Chacun des épisodes peut se lire indépendamment les uns des autres mais tous restent reliés par un même fil rouge : l’univers parallèle des Cités obscures, inspiré de notre monde terrestre au XIXème siècle en mode futuriste (comme si Jules Verne en était le concepteur), avec des jours et des années de même durée mais avec un calendrier différent, avec des villes dont le nom évoque parfois celles que nous connaissons (Pâhry, Brüsel, Genova…), avec des êtres semblables qu’ils soient humains ou animaux… Mises à part toutes ces différences de l’ordre du rationnel, cet univers est toujours d’une étrangeté troublante, car si certains aspects évoquent le nôtre par ses technologies, son architecture et ses administrations toutes aussi écrasantes les unes que les autres, le fantastique n’est jamais bien loin, toujours prêt à ouvrir une brèche dans les certitudes gravées dans le marbre. Pour tout lecteur normalement constitué, il s’agit d’une expérience unique, car à peine a-t-on le temps de s’habituer à l’univers proposé (chaque cité ayant sa spécificité) que déjà les murs se fissurent et le sol s’ouvre sous vos pieds, perturbant la logique qu’on avait cru pouvoir échafauder depuis le début du récit, vous projetant de nouveau dans une nouvelle dimension… un peu comme dans un jeu de poupées russes, dont chacune abrite le morceau d’un puzzle mystérieux et gigantesque. Les personnages quant à eux semblent évoluer dans un monde dont les enjeux leur échappent complètement, à la manière de marionnettes désincarnées… L’architecture tient aussi une place très importante dans l’univers des auteurs, au point d’apparaître souvent comme le personnage central. Le dessin est tout à fait adapté à la philosophie de cette série, de par sa ligne claire, son style à la fois sobre, détaillé et rigoureux, avec des cases alternant les scènes les plus intimes avec les décors les plus grandioses. Un style qui pourra peut-être paraître désuet à certains, mais que d’autres pourront fort bien juger intemporel et poétique… Cela étant, les deux auteurs ne s’interdisent rien et au fil des tomes, explorent des techniques graphiques variées, passant du noir et blanc à la couleur, alternent les formats (à la française, à l’italienne, texte avec illustrations en pleine page, guide de voyage…). Ces mondes obscurs parallèles peuvent être vus comme un miroir tendu au nôtre, comme une sorte d’image inversée, dont plusieurs thématiques traversent toute la série : l’étrangeté de notre monde, la solitude de l’être humain face à la machine administrative omnipotente et froide, l’architecture utilisée par le pouvoir politique pour tenir en respect les citoyens, la démesure architecturale vouée à l’échec, le grain de sable s’insinuant dans les rouages d’un système trop bien huilé, la croyance inébranlable envers le progrès, lui-même porteur des germes du chaos, la femme et la sensualité comme refuge face à un environnement inhumain… Une série de grande qualité d’après moi incontournable pour tout amateur de bédé qui se respecte. D’ailleurs, si la bande-dessinée devait être enseignée un jour à l’université, je ne doute pas un instant que cette fantastique série fasse référence chez les enseignants… C’est pourquoi j’attribue 5 étoiles comme note globale, même si la moyenne est de 4. 1 - Les murailles de Samaris - Derrière les façades… 2 - La fièvre d'Urbicande – Quand l’insignifiant menace l’ordre établi 3 - La tour – Une fable sur l’arrogance 4 - La route d'Armilia - Carnet de voyage vernien 5 – Brüsel - What goes up must come down 6 - L'enfant penchée – L’imagination contre la mesquinerie et la bêtise 7 - L'ombre d'un homme - La vengeance d’une ombre… 8 - La Frontière Invisible, tome 1 – Jeux avec frontières 9 - La Frontière Invisible, tome 2 – La frontière est la mère de la guerre 10 - La Théorie du grain de sable – Grain de folie 11 - La Théorie du Grain de Sable, tome 2 – L’effet boomerang en pratique 12 - Souvenirs de l'éternel présent – Un livre pour enfants sombre et surréaliste 101 - L'archiviste – Les portes de l’imagination

26/05/2012 (modifier)

Les murailles de Samaris : Une très bonne entrée en matière. Certes, l'idée de base avait déjà été vue ; je pense notamment à "L'île des brigadiers" de la saga Philémon par Fred. Elle a également été revue ensuite, par exemple dans L'Autre Monde, de Rodolphe et Magnin. Mais elle n'en demeure pas moins excellente et elle est traitée ici avec une noirceur qui confine à la philosophie et à la psychanalyse. La fièvre d'Urbicande : ... Ou la logique de l'absurde. Il y a quelque chose d'Ionesco dans ce tome, ou : comment toute une ville se réorganise autour d'un postulat délirant... La tour : Graphiquement, on monte encore d'un cran. Niveau ambiance, ce tome est un peu à part dans la série : déjà, on n'est pas dans une "cité" à proprement parler. Ensuite, on est dans un contexte beaucoup moins XIXe siècle que les autres tomes, plus médiéval. J'ai énormément accroché à la quête absurde de Giovanni Battista. Peut-être mon album préféré dans cette série. La route d'Armilia : Pas mal d'idées sympas dans ce tome, que je vois plutôt comme un interlude dans la série. Format inhabituel de récit illustré, donc difficile à comparer aux autres, mais contribue à établir un liant pour étoffer l'univers des "Cités". Brüsel : Les délires de la modernisation poussée à l'extrême en dépit du bon sens. Quasiment une odyssée surréaliste pour Constant Abeels... L'Enfant penchée : J'ai regretté que les auteurs explicitent un peu trop le lien entre l'univers des "Cités" et notre monde ; je me contentais très bien de l'ambiguïté qui régnait jusqu'alors. Ceci dit, l'histoire n'est pas mal et assez "fredienne". L'ombre d'un homme : Là, le lien avec Fred est encore plus clair. Le thème de l'ombre est typiquement fredien, présent par exemple dans "Philémon et le piano sauvage" ; et la thématique de la transformation fait penser à L'Histoire du Corbac aux Baskets. Et bien avant ça, à La Métamorphose de Kafka. Mais le traitement qui en est fait ici est original, plutôt organisé en roman d'apprentissage du héros que basé sur la réaction des personnes alentours. Seule petite gêne : le principe fait un peu trop penser au tome précédent... La frontière invisible : Un univers encore très original dans ces deux tomes. Dessins superbes. Je n'en dis pas plus... La théorie du grain de sable : Le gris clair, même s'il a une logique dans l'histoire, est un peu désagréable à l'œil. Bonne histoire mais deux tomes étaient-ils nécessaires ? L'Écho des Cités : Un bon complément pour prolonger le plaisir... L'Archiviste : Même commentaire. Paradoxalement, je trouve que les dessins, quoique très bons, ne sont pas les plus spectaculaires de la série. Dommage, car ceux de l'Écho des Cités, par exemple, auraient davantage mérité le format géant. Autres : pas lu. Note globale : sans hésiter. Pris dans son ensemble, cet univers est incontournable et les dessins sont incontestablement parmi les meilleurs de la BD. Seul reproche : les héroïnes ont tendance à se ressembler (contrairement aux personnages masculins).

19/02/2012 (modifier)
Par Miranda
Note: 2/5
L'avatar du posteur Miranda

Je n’ai qu’un mot à dire : à consommer avec modération, sinon gare à l’overdose, les ambiances des ces histoires sont tellement similaires qu’elles en deviennent barbantes. Elles sont quasiment toutes construites sur le même principe, un phénomène étrange apparaît, un homme se met en tête de l’élucider, ou alors c'est le personnage lui-même qui essaye de se sortir de ces évènements bizarres, suivi d’une chute la plupart du temps pas assez convaincante à mes yeux. Alors bon, le graphisme est beau, les perspectives souvent époustouflantes, et quoi d‘autre ? L’univers est vide, juste empli de constructions gigantesques habitées certainement par une horde de fantômes. Y faire évoluer une poignée de personnages n’a que peu d’intérêt à mes yeux et c’est, je trouve, une manière de se faciliter les choses, donnant aux histoires une pincée d’absurde et de décalage avec la réalité, ce qui produit un univers assez hermétique, auquel on adhère ou pas. On n’échappe pas non plus à quelques scènes de cul, pas du genre voyeur mais au contraire un peu niaises, elles auraient pu être évitées. Les personnages sont assez froids la plupart du temps et vraiment pas attachants, à moins que ce ne soit dû justement au manque d’habitants. Je n’ai vraiment aimé que : « La fièvre d’Urbicande » - 3,5/5 Et surtout « La théorie du grain de sable », ma préférée - 4/5 Quant aux autres je les note 2/5 maximum, avec lesquelles je me suis passablement ennuyée : « Les murailles de Samaris » « La Tour » « Brüsel » « L’enfant penchée » « L’ombre d’un homme » « La frontière invisible » « Souvenir d’un éternel présent »

08/04/2011 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Alix

J’adore cet univers crée par Peeters et Schuiten. Tout tourne autour des cités, de leurs mystères, de leur fonctionnement, de leur architecture, de leurs habitants… mais surtout de leur âme… elles sont presque vivantes, et constituent des personnages à part entière. Les histoires sont toujours fascinantes et oniriques, à la limite de la compréhension, ou en tout cas ouvertes aux interprétations personnelles. Il n’y a que le tome « Brüsel » auquel je suis resté un peu hermétique (en attendant une relecture je l’espère plus fructueuse). Les autres m’ont enchanté. Si je ne devais en garder qu’un, ce serait sans doute « La fièvre d'Urbicande », mais le choix serait difficile. Le dessin est absolument sublime, en noir et blanc ou en couleur. Tout y est magnifique : l’architecture des différentes cités (ah, la tour), les personnages, les paysages… Quelle précision, quelle créativité. Un grand bravo aux auteurs. Albums lus : : La fièvre d'Urbicande, Souvenirs de l'éternel présent : L'enfant penchée, La tour, Les murailles de Samaris, La Théorie du Grain de Sable, La route d'Armilia, L'ombre d'un homme, La Frontière Invisible 1 & 2 : Brüsel

11/04/2003 (MAJ le 29/01/2010) (modifier)