J'étais un peu vénère en apprenant que Soleil a repoussé la sortie du tome 3, tellement je suis entré dans cette série à très fort potentiel dramatique et émotionnel.
Initialement achetée pour donner du corps à un exposé CE2 sur l'Afrique du Sud, j'ai littéralement été happé par cette histoire.
Tout d'abord, les couvertures sont très belles. Lucia et Nelson sont rassemblés dans une sorte de constellation argentée dans cet immense espace de liberté, j'adore.
La liberté est bien le thème central de la série. Liberté irréfléchie de Lucia, la petite Italienne à qui tout est permis, même de prendre un bateau Sud-Africain toute seule avec un grand sourire du capitaine.
Liberté à conquérir pour Nelson et son papa au risque de leur vie dans les pas de "Madiba". Mais qu'est la liberté sans la justice ? C'est le deuxième apprentissage de Lucia. Le "petit bourdon" à la tête si dure met en péril tous ceux qu'elle aime par son comportement égocentré de petite européenne.
Heureusement si Lucia ne réfléchit pas beaucoup, elle a du coeur pour dix. Cela nous la rend très empathique mais surtout Lucia va découvrir qu'il y a la justice des hommes et la justice du coeur.
Découvrir l'opposition entre droit positif et droit naturel à 10 ans peut être traumatisant surtout dans un pays comme l'Afrique du Sud en 1964.
Charlotte Girard, Jean Marie Omont et Aurélie Neyret nous livrent là une série de premier ordre. Il/elles abordent ces thèmes fondamentaux de liberté, justice et égalité en direction d'un public 8/12 avec une justesse remarquable.
Il/elles y ajoutent deux éléments qui pimentent le récit à l'extrême. Une intrigue dramatique à deux niveaux, le sort du papa de Lucia à la merci d'un juge et le sort du papa de Nelson à la merci d'Hendrick le fermier raciste qui élabore un plan démoniaque.
A ce propos, réussir à faire tenir des propos racistes dans la bouche de Hendrick, ce qui est légitime dans le scénario mais avec la distance nécessaire pour qu'un jeune public ne se les approprie pas à dû être un casse-tête pour les auteurs. Exercice toujours périlleux mais réussi et qui fait coller le scénario au plus près de la réalité.
Car la réalité historique est bien présente. "Madiba" est encore libre et enflamme d'espoir les millions d'Africains dans son pays et bien au-delà. "Madiba", c'est évidemment Nelson Mandela et la dernière page du tome 2 explique son parcours entre 1918 et 1964 l'année de son procès.
Le deuxième élément est la rencontre de ces beaux animaux libres au cours des vagabondages des deux enfants dans la savane.
De plus le dessin d'Aurélie Neyret est très beau avec ces bouilles à la Gazzotti dans Seuls. Un découpage très bien travaillé, des planches sur la savane et la faune Sud-Africaine qui raviront les jeunes et les moins jeunes. Des couleurs qui tombent piles avec les ambiances voulues.
Du très très bon à mon goût. J'attends le tome 3 avec fébrilité tellement le scénar peut partir dans des voies différentes. (Nous sommes en 1964, pas en 1994).
Si cette série était primée en 2023 à Angoulême, j'en serais très content.
C'est en lisant récemment Toutes les morts de Laila Starr avec la belle préface de Fábio Moon que j'ai eu envie de relire cet album. Deux comics qui traitent des mêmes thématiques, la vie et la mort, avec des ressemblances dans la construction narrative.
Un récit qui à travers la vie ou plutôt les vies de Brás est un hymne au bonheur.
On va suivre le parcours de Brás à plusieurs périodes de son existence et à chaque fois la mort sera au rendez-vous.
Une narration non chronologique qui prend le temps de déployer son sujet pour mieux nous en donner sa vision, savoir profiter du moment présent.
J'ai encore pris beaucoup de plaisir à me replonger dans ce comics.
La mise en images est une réussite, tant dans la mise en page que dans les couleurs choisies. Le trait est tout en finesse, avec de nombreux détails et tous les personnages ont "des gueules".
A lire et à relire, c'est comme les vaccins, il faut faire une dose de rappel de temps en temps.
Forcément, toujours un coup de cœur.
Je n'ai jamais lu une bd sur la trisomie chez les enfants. Réussite totale sur le graphisme et l'approche discrète mais profonde psychologiquement du scenario qui contribue à l'intérêt du titre et d'une suite.
Quelle belle série ce « Marquis d’Anaon » ! J’ai emprunté l’intégrale de cette bande dessinée en souvenirs des bons avis des bédéphiles et je ne le regrette pas !
Et pourtant, son feuilletage n’a pas été évident au début car les aventures de ce marquis démarraient mal pour moi au premier tome, je m’explique : je n’aime pas les récits fantastiques, ésotériques et cet album « L’île de Brac » commençait justement par des rumeurs et des croyances qui sortaient du moyen-âge, ça me bardait ! Et puis, j’ai persévéré ma lecture et j’ai découvert un héros pragmatique sachant garder la tête froide au beau milieu de personnages irrationnels… Ce marquis, je l’ai adoré au fil des tomes, j’ai aimé son humanité, sa logique, sa sensibilité… Fabien Vehlmann, le scénariste, nous a vraiment pondu un héros intéressant comme je les apprécie !
Ce qui est captivant dans cette bande dessinée, c’est que les évènements se déroulent à mi-chemin entre l’époque moyenâgeuse et le siècle des lumières, c’est comme si nous lecteurs assistaient au passage de l’obscurantisme vers une ère faite de découvertes scientifiques à travers les péripéties de notre héros. Bien sûr, tous les récits racontés par nos deux auteurs ne sont pas réels, ce n’est pas des récits historiques que nous proposent Fabien Vehlmann et Matthieu Bonhomme, le tout est romancé mais on a affaire à une très bonne série d’aventures.
Cinq tomes du « Marquis d’Anaon » sont sortis jusqu’à ce jour, les auteurs auraient pu continuer cette série mais les chiffres de vente n’étaient pas à la hauteur des espoirs, ils ont donc dû l’arrêter… non pas brutalement puisque chaque album peut être lu indépendamment. A part le premier album « L’île de Brac » qui ne m’avait pas vraiment totalement enthousiasmé, tous les autres sont vraiment excellents parce qu’ils nous font voyager et parce que leurs récits sont suffisamment variés pour retenir l’attention sur les péripéties du marquis.
Le graphisme de Matthieu Bonhomme est particulier. Le dessinateur était considéré comme partisan de la nouvelle génération d’auteurs, celle qui fréquentait l’atelier de la place des Vosges à Paris avec comme artistes Christophe Blain, Joann Sfar, etc… Rien que ça ! J’avoue que j’aime ce trait vivant parfois nerveux, parfois léger comme si les auteurs nous invitaient à ressentir les sentiments vécus par nos héros à travers leurs coups de crayon. Il y a quand même de sacrées belles planches dans cette bande dessinée au point que je serais curieux de feuilleter leurs versions noir et blanc…
Dommage que la série soit arrêtée parce que je la considère comme une des meilleures bandes dessinées d’aventures que j’ai pues lire. Mais, il semble que les auteurs ne seraient pas contre le fait de redémarrer « Le Marquis d’Anaon » pour notre plus grand plaisir de bédéphiles… Je croise les doigts !
Une très chouette série qui décolle vraiment avec son tome 2 !
Le ton est agréable et l'écriture fluide. Le dessin de Lissa Treiman (une animatrice Disney) est vraiment cool et expressif. Et si la série change de dessinateur par la suite c'est pour évoluer avec le trait encore plus cool de Max Sarin qui fait des expressions absolument géniales aux personnages.
C'est comme une chouette série à binger qui était pas mal en avance sur plein de sujets (les débats sur le féminisme, les amours LGBTQ+, les galères étudiantes etc.) mais en restant toujours drôle.
Grand fan de San-Antonio depuis plus de 35 ans.... j'ai découvert les BD de Sanlaville et franchement pas déçu... Vraiment, on retrouve l'esprit de SAN-A... bravo et une mention pour le 2nd volume, meilleur que le premier.. j'ai hâte du 3ème !
Excellente idée de mettre en lumière le parcours de cette femme indienne.
En tant que pacifiste convaincue, j’ai du mal admettre toute violence d’où qu’elle vienne. Mais je comprends, avec ce qu’elle a subi, qu’elle ait emprunté cette voie qui s’ouvrait à elle pour faire entendre ses droits et ceux des opprimés.
Phoolan Devi a souffert du double handicap d’être une femme et de basse caste, née dans un environnement rural très machiste et inféodé aux traditions les plus rétrogrades. La soumission à la violence, physique et mentale, devrait être son lot quotidien mais son caractère la pousse à la désobéissance quelles qu’en soient les conséquences.
Elle est devenue une sorte de Robin des Bois et a acquis une notoriété telle qu’elle a été élue députée, une fois libérée de sa peine d’emprisonnement.
L’ouvrage nous retrace le parcours de Phoolan Devi de son enfance à ses années de bandit, à partir des mémoires de cette femme. Je ne sais si une part de romance y prend part, mais l’ensemble est bien narré. On comprend les horreurs subies et les rencontres, les influences, le cheminement d’esprit qui mène à son nouveau statut.
Le dessin n’est pas celui que je préfère pour un récit d’aventures. Mais justement, ce n’est pas un récit d’aventure. Il m’a permis de mettre de la distance avec les violences trop réelles qu’elle a subies. Il montre l’horreur mais évite le voyeurisme. En cela il m’a paru parfaitement adapté.
Un seul regret, effectivement, la bio s’arrête avant son parcours d’élue, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur son combat d’ordre politique.
À lire absolument, sans conteste.
Les auteurs de Bâtard sont de retour avec un nouveau manhwa dérangeant et percutant. Cette fois-ici c'est une histoire de zombies qui nous est proposée, dans laquelle un immeuble et ses habitants sont pris au piège. Rien de bien neuf, des films comme REC sont déjà passés par là. Mais Carnby Kim a suffisamment de ressources et d'imagination pour contourner les lieux communs et nous livrer une histoire assez surprenante, avec des éléments qu'on ne voit pas venir. La mise en scène est centrée sur le spectaculaire, les hors champs, mais aussi des ralentis. Très cinématique comme procédés. Cela procure une véritable atmosphère d'urgence, propre à augmenter l'inquiétude.
Le style graphique en lui-même est plutôt réussi, même si je ne suis pas preneur des visages des personnages (hormis les zombies, vraiment inventifs). Dès ce premiir tome plusieurs personnages se dégagent dans le groupe des rescapés, et on peut se demander si tout le monde est du même bord dans cette histoire..
Suffisamment prenant pour qu'on aie envie de lire la suite rapidement.
Avec cet album vous n’avez pas entre vos mains une BD quelconque ! Non non ! Vous avez entre vos mains, un chef d’œuvre dessiné de toute beauté. C’est beau. C’est magnifique. C’est admirable. Les mots me manquent pour décrire les émotions ressenties à la lecture de cet album. C’est jouissif de lire un tel ouvrage. Tout est parfait !
L’histoire de cette expédition scientifique est véridique. Vous allez plonger allégrement dans le voyage de Charles-Marie de la Condamine au Pérou qui s’étale de 1735 à 1745. C’est un scientifique chargé par l’académie des sciences sur ordre du roi, de se rendre en Amérique centrale pour mesurer la longueur d’un arc de méridien. La terre est-elle une mandarine ou un citron ? Autrement dit, la terre est-elle une sphère parfaite ou plutôt une sphère enflée à l’équateur et aplatie aux pôles comme Newton le prétend ? Il faut le démontrer grâce aux mathématiques...
Allez zou vous êtes prêts pour embarquer dans une expédition pas comme les autres, au siècle des lumières !
Au-delà de l’aventure scientifique, les auteurs s’attachent à la psychologie des nombreux personnages de ce périple au bout du monde. Les sentiments se mélangent. Des plus louables aux moins honorables. Que c’est délicieux !
Au scénario, Arnaud le Gouëfflec a travaillé son sujet. C’est du coup captivant de découvrir un pan entier de notre histoire même si une part de liberté est de mise pour ce genre de récit mais la vérité n’est pas loin.
Le dessin de Briac est sublissime. 6 années de travail pour ce rendu exceptionnel. Des touches de couleurs encore inconnues dans ses précédents albums. Du vert ! Du bleu clair. Des couleurs qui éclatent. Et toujours ce graphisme qui va faire que vos pupilles vont se dilater. Un régal. C’est délicat et poétique à la fois. Les encres, les pastels, les acryliques et les gouaches se mélangent. C’est remarquable. La jungle luxuriante comme si vous y étiez. Briac est au sommet de son art !
Un mot concernant le lettrage de Philippe Marlu. C’est raffiné. Belle lisibilité. Les bulles n’obturent pas le dessin. Admirable.
Je ne vous recommande qu’une chose ! Foncez vous procurer cet album ! Un mixte d’Apocalypse now sous Louis XV et de Fitzcarraldo ! L’album de l’année à coup sûr. D’ailleurs pour prolonger mon plaisir je me suis procuré la couverture originale et une planche de Méridien.
A découvrir l’exposition de planches originales à la chapelle St Sauveur les 4 5 6 juin dans le cadre du festival « les étonnants voyageurs » à St Malo. Qu’on se le dise !
Vraiment un excellent polar que je recommande aux amateurs du genre. J'ai dévoré les albums les uns après les autres et j'attends la suite avec impatience.
J'adore les histoires où on suit le point de vue de différents personnages et ici c'est merveilleusement bien fait. Le scénario est très bien construit et s'épaissie aux fils des tomes lorsqu'on en apprend plus sur chaque personnages qui ont tous des choses à cacher et on voit des événements aperçus dans les tomes précédant d'une autre manière. La mécanisme est parfait et on ne se perds pas du tout. J'aime aussi le ton noir du récit et cette galerie de personnages paumés dont certains finissent par être malgré attendrissant.
Le dessin est vraiment excellent. C'est un style que j'adore et les couleurs sont justes superbes. J'espère que la fin va être exceptionnelle !
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Lulu et Nelson
J'étais un peu vénère en apprenant que Soleil a repoussé la sortie du tome 3, tellement je suis entré dans cette série à très fort potentiel dramatique et émotionnel. Initialement achetée pour donner du corps à un exposé CE2 sur l'Afrique du Sud, j'ai littéralement été happé par cette histoire. Tout d'abord, les couvertures sont très belles. Lucia et Nelson sont rassemblés dans une sorte de constellation argentée dans cet immense espace de liberté, j'adore. La liberté est bien le thème central de la série. Liberté irréfléchie de Lucia, la petite Italienne à qui tout est permis, même de prendre un bateau Sud-Africain toute seule avec un grand sourire du capitaine. Liberté à conquérir pour Nelson et son papa au risque de leur vie dans les pas de "Madiba". Mais qu'est la liberté sans la justice ? C'est le deuxième apprentissage de Lucia. Le "petit bourdon" à la tête si dure met en péril tous ceux qu'elle aime par son comportement égocentré de petite européenne. Heureusement si Lucia ne réfléchit pas beaucoup, elle a du coeur pour dix. Cela nous la rend très empathique mais surtout Lucia va découvrir qu'il y a la justice des hommes et la justice du coeur. Découvrir l'opposition entre droit positif et droit naturel à 10 ans peut être traumatisant surtout dans un pays comme l'Afrique du Sud en 1964. Charlotte Girard, Jean Marie Omont et Aurélie Neyret nous livrent là une série de premier ordre. Il/elles abordent ces thèmes fondamentaux de liberté, justice et égalité en direction d'un public 8/12 avec une justesse remarquable. Il/elles y ajoutent deux éléments qui pimentent le récit à l'extrême. Une intrigue dramatique à deux niveaux, le sort du papa de Lucia à la merci d'un juge et le sort du papa de Nelson à la merci d'Hendrick le fermier raciste qui élabore un plan démoniaque. A ce propos, réussir à faire tenir des propos racistes dans la bouche de Hendrick, ce qui est légitime dans le scénario mais avec la distance nécessaire pour qu'un jeune public ne se les approprie pas à dû être un casse-tête pour les auteurs. Exercice toujours périlleux mais réussi et qui fait coller le scénario au plus près de la réalité. Car la réalité historique est bien présente. "Madiba" est encore libre et enflamme d'espoir les millions d'Africains dans son pays et bien au-delà. "Madiba", c'est évidemment Nelson Mandela et la dernière page du tome 2 explique son parcours entre 1918 et 1964 l'année de son procès. Le deuxième élément est la rencontre de ces beaux animaux libres au cours des vagabondages des deux enfants dans la savane. De plus le dessin d'Aurélie Neyret est très beau avec ces bouilles à la Gazzotti dans Seuls. Un découpage très bien travaillé, des planches sur la savane et la faune Sud-Africaine qui raviront les jeunes et les moins jeunes. Des couleurs qui tombent piles avec les ambiances voulues. Du très très bon à mon goût. J'attends le tome 3 avec fébrilité tellement le scénar peut partir dans des voies différentes. (Nous sommes en 1964, pas en 1994). Si cette série était primée en 2023 à Angoulême, j'en serais très content.
Daytripper (au jour le jour)
C'est en lisant récemment Toutes les morts de Laila Starr avec la belle préface de Fábio Moon que j'ai eu envie de relire cet album. Deux comics qui traitent des mêmes thématiques, la vie et la mort, avec des ressemblances dans la construction narrative. Un récit qui à travers la vie ou plutôt les vies de Brás est un hymne au bonheur. On va suivre le parcours de Brás à plusieurs périodes de son existence et à chaque fois la mort sera au rendez-vous. Une narration non chronologique qui prend le temps de déployer son sujet pour mieux nous en donner sa vision, savoir profiter du moment présent. J'ai encore pris beaucoup de plaisir à me replonger dans ce comics. La mise en images est une réussite, tant dans la mise en page que dans les couleurs choisies. Le trait est tout en finesse, avec de nombreux détails et tous les personnages ont "des gueules". A lire et à relire, c'est comme les vaccins, il faut faire une dose de rappel de temps en temps. Forcément, toujours un coup de cœur.
Mon année
Je n'ai jamais lu une bd sur la trisomie chez les enfants. Réussite totale sur le graphisme et l'approche discrète mais profonde psychologiquement du scenario qui contribue à l'intérêt du titre et d'une suite.
Le Marquis d'Anaon
Quelle belle série ce « Marquis d’Anaon » ! J’ai emprunté l’intégrale de cette bande dessinée en souvenirs des bons avis des bédéphiles et je ne le regrette pas ! Et pourtant, son feuilletage n’a pas été évident au début car les aventures de ce marquis démarraient mal pour moi au premier tome, je m’explique : je n’aime pas les récits fantastiques, ésotériques et cet album « L’île de Brac » commençait justement par des rumeurs et des croyances qui sortaient du moyen-âge, ça me bardait ! Et puis, j’ai persévéré ma lecture et j’ai découvert un héros pragmatique sachant garder la tête froide au beau milieu de personnages irrationnels… Ce marquis, je l’ai adoré au fil des tomes, j’ai aimé son humanité, sa logique, sa sensibilité… Fabien Vehlmann, le scénariste, nous a vraiment pondu un héros intéressant comme je les apprécie ! Ce qui est captivant dans cette bande dessinée, c’est que les évènements se déroulent à mi-chemin entre l’époque moyenâgeuse et le siècle des lumières, c’est comme si nous lecteurs assistaient au passage de l’obscurantisme vers une ère faite de découvertes scientifiques à travers les péripéties de notre héros. Bien sûr, tous les récits racontés par nos deux auteurs ne sont pas réels, ce n’est pas des récits historiques que nous proposent Fabien Vehlmann et Matthieu Bonhomme, le tout est romancé mais on a affaire à une très bonne série d’aventures. Cinq tomes du « Marquis d’Anaon » sont sortis jusqu’à ce jour, les auteurs auraient pu continuer cette série mais les chiffres de vente n’étaient pas à la hauteur des espoirs, ils ont donc dû l’arrêter… non pas brutalement puisque chaque album peut être lu indépendamment. A part le premier album « L’île de Brac » qui ne m’avait pas vraiment totalement enthousiasmé, tous les autres sont vraiment excellents parce qu’ils nous font voyager et parce que leurs récits sont suffisamment variés pour retenir l’attention sur les péripéties du marquis. Le graphisme de Matthieu Bonhomme est particulier. Le dessinateur était considéré comme partisan de la nouvelle génération d’auteurs, celle qui fréquentait l’atelier de la place des Vosges à Paris avec comme artistes Christophe Blain, Joann Sfar, etc… Rien que ça ! J’avoue que j’aime ce trait vivant parfois nerveux, parfois léger comme si les auteurs nous invitaient à ressentir les sentiments vécus par nos héros à travers leurs coups de crayon. Il y a quand même de sacrées belles planches dans cette bande dessinée au point que je serais curieux de feuilleter leurs versions noir et blanc… Dommage que la série soit arrêtée parce que je la considère comme une des meilleures bandes dessinées d’aventures que j’ai pues lire. Mais, il semble que les auteurs ne seraient pas contre le fait de redémarrer « Le Marquis d’Anaon » pour notre plus grand plaisir de bédéphiles… Je croise les doigts !
Giant Days
Une très chouette série qui décolle vraiment avec son tome 2 ! Le ton est agréable et l'écriture fluide. Le dessin de Lissa Treiman (une animatrice Disney) est vraiment cool et expressif. Et si la série change de dessinateur par la suite c'est pour évoluer avec le trait encore plus cool de Max Sarin qui fait des expressions absolument géniales aux personnages. C'est comme une chouette série à binger qui était pas mal en avance sur plein de sujets (les débats sur le féminisme, les amours LGBTQ+, les galères étudiantes etc.) mais en restant toujours drôle.
San-Antonio (Sanlaville)
Grand fan de San-Antonio depuis plus de 35 ans.... j'ai découvert les BD de Sanlaville et franchement pas déçu... Vraiment, on retrouve l'esprit de SAN-A... bravo et une mention pour le 2nd volume, meilleur que le premier.. j'ai hâte du 3ème !
Phoolan Devi, reine des bandits
Excellente idée de mettre en lumière le parcours de cette femme indienne. En tant que pacifiste convaincue, j’ai du mal admettre toute violence d’où qu’elle vienne. Mais je comprends, avec ce qu’elle a subi, qu’elle ait emprunté cette voie qui s’ouvrait à elle pour faire entendre ses droits et ceux des opprimés. Phoolan Devi a souffert du double handicap d’être une femme et de basse caste, née dans un environnement rural très machiste et inféodé aux traditions les plus rétrogrades. La soumission à la violence, physique et mentale, devrait être son lot quotidien mais son caractère la pousse à la désobéissance quelles qu’en soient les conséquences. Elle est devenue une sorte de Robin des Bois et a acquis une notoriété telle qu’elle a été élue députée, une fois libérée de sa peine d’emprisonnement. L’ouvrage nous retrace le parcours de Phoolan Devi de son enfance à ses années de bandit, à partir des mémoires de cette femme. Je ne sais si une part de romance y prend part, mais l’ensemble est bien narré. On comprend les horreurs subies et les rencontres, les influences, le cheminement d’esprit qui mène à son nouveau statut. Le dessin n’est pas celui que je préfère pour un récit d’aventures. Mais justement, ce n’est pas un récit d’aventure. Il m’a permis de mettre de la distance avec les violences trop réelles qu’elle a subies. Il montre l’horreur mais évite le voyeurisme. En cela il m’a paru parfaitement adapté. Un seul regret, effectivement, la bio s’arrête avant son parcours d’élue, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur son combat d’ordre politique. À lire absolument, sans conteste.
Sweet Home (Ki-oon)
Les auteurs de Bâtard sont de retour avec un nouveau manhwa dérangeant et percutant. Cette fois-ici c'est une histoire de zombies qui nous est proposée, dans laquelle un immeuble et ses habitants sont pris au piège. Rien de bien neuf, des films comme REC sont déjà passés par là. Mais Carnby Kim a suffisamment de ressources et d'imagination pour contourner les lieux communs et nous livrer une histoire assez surprenante, avec des éléments qu'on ne voit pas venir. La mise en scène est centrée sur le spectaculaire, les hors champs, mais aussi des ralentis. Très cinématique comme procédés. Cela procure une véritable atmosphère d'urgence, propre à augmenter l'inquiétude. Le style graphique en lui-même est plutôt réussi, même si je ne suis pas preneur des visages des personnages (hormis les zombies, vraiment inventifs). Dès ce premiir tome plusieurs personnages se dégagent dans le groupe des rescapés, et on peut se demander si tout le monde est du même bord dans cette histoire.. Suffisamment prenant pour qu'on aie envie de lire la suite rapidement.
Méridien
Avec cet album vous n’avez pas entre vos mains une BD quelconque ! Non non ! Vous avez entre vos mains, un chef d’œuvre dessiné de toute beauté. C’est beau. C’est magnifique. C’est admirable. Les mots me manquent pour décrire les émotions ressenties à la lecture de cet album. C’est jouissif de lire un tel ouvrage. Tout est parfait ! L’histoire de cette expédition scientifique est véridique. Vous allez plonger allégrement dans le voyage de Charles-Marie de la Condamine au Pérou qui s’étale de 1735 à 1745. C’est un scientifique chargé par l’académie des sciences sur ordre du roi, de se rendre en Amérique centrale pour mesurer la longueur d’un arc de méridien. La terre est-elle une mandarine ou un citron ? Autrement dit, la terre est-elle une sphère parfaite ou plutôt une sphère enflée à l’équateur et aplatie aux pôles comme Newton le prétend ? Il faut le démontrer grâce aux mathématiques... Allez zou vous êtes prêts pour embarquer dans une expédition pas comme les autres, au siècle des lumières ! Au-delà de l’aventure scientifique, les auteurs s’attachent à la psychologie des nombreux personnages de ce périple au bout du monde. Les sentiments se mélangent. Des plus louables aux moins honorables. Que c’est délicieux ! Au scénario, Arnaud le Gouëfflec a travaillé son sujet. C’est du coup captivant de découvrir un pan entier de notre histoire même si une part de liberté est de mise pour ce genre de récit mais la vérité n’est pas loin. Le dessin de Briac est sublissime. 6 années de travail pour ce rendu exceptionnel. Des touches de couleurs encore inconnues dans ses précédents albums. Du vert ! Du bleu clair. Des couleurs qui éclatent. Et toujours ce graphisme qui va faire que vos pupilles vont se dilater. Un régal. C’est délicat et poétique à la fois. Les encres, les pastels, les acryliques et les gouaches se mélangent. C’est remarquable. La jungle luxuriante comme si vous y étiez. Briac est au sommet de son art ! Un mot concernant le lettrage de Philippe Marlu. C’est raffiné. Belle lisibilité. Les bulles n’obturent pas le dessin. Admirable. Je ne vous recommande qu’une chose ! Foncez vous procurer cet album ! Un mixte d’Apocalypse now sous Louis XV et de Fitzcarraldo ! L’album de l’année à coup sûr. D’ailleurs pour prolonger mon plaisir je me suis procuré la couverture originale et une planche de Méridien. A découvrir l’exposition de planches originales à la chapelle St Sauveur les 4 5 6 juin dans le cadre du festival « les étonnants voyageurs » à St Malo. Qu’on se le dise !
RIP
Vraiment un excellent polar que je recommande aux amateurs du genre. J'ai dévoré les albums les uns après les autres et j'attends la suite avec impatience. J'adore les histoires où on suit le point de vue de différents personnages et ici c'est merveilleusement bien fait. Le scénario est très bien construit et s'épaissie aux fils des tomes lorsqu'on en apprend plus sur chaque personnages qui ont tous des choses à cacher et on voit des événements aperçus dans les tomes précédant d'une autre manière. La mécanisme est parfait et on ne se perds pas du tout. J'aime aussi le ton noir du récit et cette galerie de personnages paumés dont certains finissent par être malgré attendrissant. Le dessin est vraiment excellent. C'est un style que j'adore et les couleurs sont justes superbes. J'espère que la fin va être exceptionnelle !