En 1992 à Rio, 120 chefs d’États dont Bill Clinton nous avaient abreuvé de beaux discours et de belles promesses quant à leur volonté de faire un réel effort pour sauver la planète (pour faire court).
Je lis "Les Bourrinologues" comme une réponse cinglante et documentée à toutes ces paillettes et ces paroles hypocrites qui n'ont été suivies d'aucune réelle volonté politique (à part celle des îles Marshall peut être). "COP = Caca" porte le T-shirt d'Alex pauvre stagiaire de 3eme dont l'avenir est bien compromis auprès de nos trois bourrinologues.
Le scénario développe neuf cas exemplaires qui montrent que depuis 1990 TOUT s'est aggravé dans l'insouciance de nos responsables politiques et de nos populations anesthésiées par internet (le passage avec Larry Page est delicious).
J'ai une préférence pour les récits des tomates bio espagnoles et celui de la Silicone Valley. Mais tous les chapitres sont excellents et révèlent l'hypocrisie et la bêtise de notre comportement aujourd'hui encore.
J'aime beaucoup le graphisme qui mêle dessins et photos. Les exposés sont précis, clairs et terrifiants. C'est moderne avec un public cible d'ados de 15/18 ans. Mais dialogues et graphisme s'adressent à tous grâce à un HDV (Humour De Vieux) particulièrement percutant.
Une série engagée et assez terrifiante quand on gomme le second degré. J'ai vraiment beaucoup aimé.
Je suis bien d'accord avec Gruizzli, la jeune artiste roumaine Ileana Surducan est vraiment talentueuse. La série qu'elle nous propose avec Ced est un petit bijou d'oeuvre pour la jeunesse.
Directement inspiré d'une ambiance à la Poe, ce récit fantastique est très bien construit avec une véritable intrigue et un dénouement à la fois tendre et fort, loin de toute mièvrerie commerciale.
Car le scénario aborde des thèmes forts comme la mort, le pardon ou la séparation d'êtres que l'on a appris à aimer.
J'aime bien ces histoires à la Shining ou l'enfant possède le don de voir ce que les adultes ignorent. Il y a une sorte de passerelle entre le monde de l'enfance et le monde de l'artiste. Cela nous libère parfois d'un rationalisme borné.
Le graphisme d'Ileana se prête à merveille à l'illustration du scénario avec une Charlotte pas si je-sais-tout que çà. Je trouve qu'elle dégage une expressivité très empathique avec ses grands yeux, sa figure aux crayons de couleurs dans cet univers si coloré mélange de crayons de couleurs et d'aquarelles.
L'introduction de Chuck est une vraie trouvaille à la fois dans le scénario mais aussi grâce au graphisme. La représentation des fantômes est aussi très aboutie soit sous leur forme humaine soit sous leur forme spirituelle.
Je trouve cette série très équilibrée entre sa construction littéraire et sa construction graphique.
Une belle découverte et une lecture très plaisante pour les jeunes mais pas que.
Sorti conjointement avec l'album Jesse James, dans cette collection la Véritable histoire du Far West, avec une superbe couverture, l'album "Wild Bill Hickok" adopte la même approche, il s'agit d'un biopic très réaliste où Dobbs, comme il l'a fait sur Jesse James, revisite le mythe du personnage devenu une véritable légende vivante. Ses exploits sont en effet légendaires car ils ont été considérablement romancés, aussi, il est louable que les auteurs de cet album jouent la carte d'un biopic historique. Hickok fut l'une des plus fameuses gâchettes de l'Ouest, il a marqué cette histoire du vieux Far West et a inspiré de nombreux films parmi lesquels on retiendra surtout Une aventure de Buffalo Bill en 1936, avec Gary Cooper dans le rôle d'Hickok, Little Big Man en 1970 où le rôle était tenu par Jeff Corey (dans une scène cocasse), le Bison blanc en 1977, récit imaginaire mais fidèle à la légende où Hickok était incarné par Charles Bronson, et surtout Wild Bill en 1995 où Jeff Bridges campait le gunfighter face à Ellen Barkin en Calamity Jane. C'est probablement le film qui s'approche le plus de la vraie histoire d'Hickok, et Bridges s'était fait la tête adéquate.
Wild Bill eut une vie bien remplie et tumultueuse, il a représenté la loi au Kansas, mais c'était surtout un gunfighter, il a tué pas mal de types, qui l'avaient sûrement mérité, c'est pourquoi il était rongé par de vieux démons (violence, alcool, femmes, jeu), c'est ce qui est montré dans cette biographie que j'ai trouvé plutôt fidèle en la comparant à mon Histoire du Far West de jean-Louis Rieupeyrout. Les auteurs content sa vie au travers de divers souvenirs, la narration se fait par flashbacks jusqu'à sa mort tragique, en relatant le passé par tranches de vie qui semblent très courtes et que je trouve un peu trop résumées (notamment la relation avec Calamity Jane). Cependant, ils ont su saisir le personnage à travers ces épisodes si courts soient-ils, tout en révélant des pans moins connus de sa personnalité, le récit reste constamment captivant.
Hickok a inspiré aussi des Bd ces derniers temps chez d'autres éditeurs, preuve que le personnage fascine le public avide de western, puisqu'on le retrouve dans la série Wild West et aussi dans West Legends ; je n'ai pas encore lu le second, mais le premier s'intéresse surtout à sa relation avec Calamity Jane, on peut donc dire que toutes ces Bd ne se cumulent pas, elles sont complémentaires et cernent le personnage sous différents angles. A noter que Hickok était aussi apparu dans un tome de la série Trent.
Le dessin adopte un angle sombre, violent et crépusculaire, comme dans Jesse James, c'est un dessin musclé et nerveux qui est en même temps nostalgique, avec une mise en page impressionnante, des cadrages de différentes tailles, des angles de vue audacieux et cinématographiques, j'aime beaucoup ce découpage. Ennio Bufi a reproduit fidèlement la silhouette familière de Wild Bill avec sa grande moustache, sa longue chevelure et son habit long caractéristique qui lui donnait une allure de dandy. La dernière page montre son assassinat honteux à l'âge de 39 ans, tué alors qu'il jouait au poker ; sa combinaison de cartes fut surnommée ensuite Dead man's hand (la main du mort) avec 2 as noirs, 2 huit noirs et le valet de carreau.
Voila encore un bon one-shot qui en annonce d'autres dans cette collection, en espérant qu'il soient d'excellente qualité, et qui compte pour l'instant 2 belles réussites. On trouvera en fin d'album un remarquable dossier historique qui donne des infos complémentaires dont certaines non développées dans la narration.
Je l'ai emprunté à la bibliothèque.. Vraiment je m'attendais pas à ça. L'histoire est prenante, c'était meilleur qu'une série. On devrait en faire une série d'ailleurs, elle serait géniale. Merci beaucoup et les dessins sont juste au top.
Une découverte parfaite pour notre loulou de 6 ans ! Les dessins sont magnifiques, le monde du Bayou complètement immersif. Il est complètement fan de cette tête de pioche qui parle aux animaux et traverse ses peurs avec détermination ! Vivement la suite et bravo pour cette belle réalisation.
Après nous avoir subjugués il y a dix ans avec son chef d’œuvre Kililana Song, Benjamin Flao serait-il en train de transformer l’essai ? Témoin talentueux de notre monde en décomposition, Flao signe une histoire alimentée par les grandes peurs du moment, notamment celle de la montée des eaux liée au changement climatique, dont on a pu constater cette année une sorte d’emballement avec des canicules et une sécheresse hors-normes.
L’histoire se déploie sur deux axes narratifs parallèles, l’un qui permet de suivre les membres d’une famille qui tente de s’adapter au nouveau contexte climatique, le pays étant submergé par des eaux qui semblent ne pas vouloir retrouver leur niveau d’avant la crue. La seconde ligne narrative, elle, nous dévoile les états d’âme d’un drôle de chien bleu très attaché à ses « maîtres », un chien qui observe à l’aune de ses sensations primales et qui rêve, de sa vie antérieure, en humain peut-être, un chien poète qui vit le temps présent, « acceptant la dissolution du monde », et se souvient, assailli de visions des temps anciens « où tout brillait d’un même éclat, (…) où tout n’était que pure fréquence », bien avant « le grand engourdissement du monde ». Cette structure fonctionne très bien, les deux modes de récit se relayant l’un et l’autre tout au long du livre, apportant une respiration bienvenue. Deux styles en contraste permanent, l’un plus accessible, à la fois réaliste, linéaire et choral, succédant à l’autre, plus onirique et poétique.
On suit donc cette famille quelque peu éparpillée, Hans le baroudeur divorcé aux faux airs de Blueberry qui se remet mal d’une peine de cœur, sa mère Jeannes, qui erre de cabane en cabane le long du « fleuve » pour échapper aux hélicoptères du gouvernement, sa fille Vinee, étudiante et punkette en révolte qui rejette le « nouveau » monde qu’on lui propose, et enfin, le grand frère de Hans, Gorza, géant bourrin et simplet mais d’une gentillesse touchante que rien ne semble corrompre, peut-être le personnage le plus attachant du récit. Dans la description de ce monde violent, à peine plus que celui que nous connaissons car il n’en est que le prolongement imaginaire, vient s’ajouter une réflexion politique sur son devenir. Comme le constatent avec dépit Vinee et sa nouvelle amie Safia, la crue n’a rien changé, elle n’a même pas réveillé les esprits… C’est l’inverse qui se produit, et « la peur, c’est toujours elle qui parle en premier… Quand la nature envoie un signal, l’Homme ne comprend jamais le message. » Des propos qui font étrangement écho à ce que nous vivons actuellement… Cela étant, Flao nous offre une note d’espoir en montrant cette communauté — qui rappelle quelque peu les mouvements zadistes voire les Gilets jaunes —, redécouvrant les bienfaits de la solidarité et de l’entraide dans ce contexte « post-apo », où les autorités n’ont pas abandonné leur volonté de contrôle de la population.
On adore toujours autant le dessin de Benjamin Flao à l’assurance un brin rageuse, plus âpre dans les scènes d’action, plus débonnaire dans les scènes calmes. Ses personnages, tous très bien campés, possèdent de vraies gueules. Flao les dépeint de façon si réaliste qu’on finit par se persuader qu’ils existent vraiment – ou au mieux, de les avoir croisés quelque part. Dans un style très différent, les passages oniriques dévoilant les pensées du chien bleu sont de toute beauté. Dans des tons souvent bleutés, à la fois sombres et lumineux, les superbes aquarelles nous emportent vers des sphères insoupçonnées et des espaces infinis que chacun, bercé par les mots apaisants de l’animal, pourra interpréter à sa guise. En revanche, tout le monde ne pourra être que d’accord sur le fait que ce voyage intérieur vers un passé immémorial est tout simplement magnifique.
Assurément, Benjamin Flao est un auteur que l’état du monde désespère et qui cherche à travers son œuvre une issue de secours. Avec « L’Âge de l’eau », il a fermé les yeux très fort et a pris de le la hauteur, beaucoup de hauteur, pour dompter son désespoir. De ces sommets, il en est revenu avec ce récit d’anticipation quelque peu « westernisant » qui révèle très vite sa richesse intrinsèque. Pouvant paraître anxiogène au premier abord (on pense beaucoup à « La Terre des fils » de Gipi), l’histoire trouve son équilibre grâce à ses visions mordorées qui laissent un arrière-goût de merveilleux. Ce diptyque, vous ne vous en rendrez pas forcément compte immédiatement, est un livre magique, qui pourrait bien vous habiter longtemps après lecture.
Quel bel ouvrage nous propose Barbara Stok avec son "Vincent". Encore une preuve que la culture se marie très bien avec la BD qui peut être un instrument de vulgarisation très intéressant.
Pourtant le dessin minimaliste de madame Stok peut interpeler quand on commence sa lecture. Mais on se rend compte que l'auteure met très vite en valeur son génial sujet grâce à deux éléments.
Le premier élément est la correspondance épistolaire entre Vincent et son frère Théo. Certaines lettres retranscrites de façon intégrales nous plongent sans artifice dans la pensée du maître tourmenté par les nécessités matérielles qui lui donnent l'impression de vivre "au crochet" de son frère.
Mais son tourment obsessionnel touche aussi à sa vision artistique tellement moderne et en dehors des canons de l'époque pourtant très novatrice.
Le second élément est que son graphisme s'efface derrière la mise en couleur. Une mise en couleur qui accompagne le séjour arlésien et s'intensifie en puissance tout au long du récit. En Arles, Vincent a trouvé des lumières et des couleurs que nul ne percevait.
Barbara Stok n'a pas la prétention de copier Van Gogh pour nous donner une pâle copie des oeuvres du maître mais l'auteure nous propose une compréhension guidée des fantastiques peintures de Van Gogh.
C'est un récit poignant dont l'intensité dramatique va crescendo avec "la folie" de Vincent. Elle atteint son climax avant son retour à Auvers sur Oise.
On croit rêver quand on voit une telle génération de génies de la forme et de la couleur presque quêter pour pouvoir se payer leurs couleurs.
Une très belle lecture pour tous les amoureux de l'esprit créatif et pour comprendre en quoi un artiste est indispensable pour découvrir notre monde.
J'avais lu une première fois cette BD sans rien connaitre de Brassens que des chansons passant parfois à la radio. J'avais bien apprécié sans plus, ne cherchant pas à l'acheter ou le relire. C'est cependant des années plus tard, devenu très fan de l'auteur-compositeur-interprète grâce à une compilation de ses chansons que mon frère a eu la bonne idée de prendre, je me suis replongé dans cette BD avec un œil neuf. Et finalement, je me suis retrouvé très touché par celle-ci, malgré des défauts assez visibles qui m'empêchent de la considérer comme excellente.
Le gros souci, que je veux éliminer d'office, c'est que cette BD est surtout faite pour les personnes fan de Brassens ou connaissant déjà bien son œuvre et son style. Elle ne sert pas vraiment d'introduction à sa carrière, faisant plutôt le choix de montrer ce qu'il était comme homme via une astuce scénaristique fantastique qui permet d'englober différents aspects de sa personnalité. J'ai vécu personnellement la lecture en tant que néophyte et en tant qu'initié, et malheureusement je dois dire que la BD parle bien plus aux seconds. C'est le gros point négatif de cette BD, selon moi, puisqu'elle restreint d'office son public.
Pour le reste, sous des aspects de dessin comique, la BD est en fait une lettre d'amour ouverte à Brassens, dans laquelle l'auteur nous présente le moustachu gratteur de guitare dans la société de l'époque. La plupart de l'humour vient surtout des interactions entre Brassens et ses contemporains, qui permettent de comprendre (en tout cas pour ceux qui, comme moi, sont nés bien après ces années 50) l'état d'esprit de ces années-là. Bien sur, nous aurons le droit à l'autorité morale, judiciaire et policière, ceux-là même dont Brassens se moque à longueur de chanson par des pieds de nez parfois méchant, parfois drôle, mais toujours incroyablement juste. C'est là que l'intérêt de lire cette BD en tant que connaisseur des chansons du grand Georges réside, puisqu'on retrouve ce qui a façonné l'homme qu'il fut, ses luttes et ses combats, ses envies et ses démons. Rien de plus jouissif que d'écouter à nouveau "Hécatombe" en pensant à quel point flic, gendarme, maréchaussée et autres gardiens de la paix (qui feraient mieux de nous la foutre, dixit Coluche) étaient -ou sont- des gardiens d'un ordre moral avant tout. A quel point vouloir l'émancipation sexuelle des femmes (sur "95 %" par exemple) était considéré comme vulgaire. Lorsque j'entends aujourd'hui que Brassens fut qualifié de pornographe, terme qu'il arborait fièrement, je comprends mieux à la lecture de cette BD et des avis que l'on avait sur la morale à l'époque. Une période qui n'a pas encore connu Mai 68 ou les années Mitterrand. Et pourtant, c'est si proche ...
Je parle beaucoup de Brassens, mais la BD est aussi très mignonne sur cette mort qui ne veut pas emporter le chanteur parce qu'elle aime la façon dont il chante. C'est une idée mignonne et qui permets de rappeler que Brassens parlait souvent de la camarde, la grande compagne qu'il invoquait dans ses chansons comme une amie, une camarade ou une amante. La mort était aussi bien présente dans ses chansons, alors autant la faire réelle. Bref, ça foisonne de référence à l’œuvre de Brassens, en tout sens. Parfois glissant d'ailleurs dans la citation juste pour la citation, ce qui est dommage à mon sens.
En somme, la BD est avant-tout une BD pour les fans de Brassens qui vont trouver ici une histoire à leur gout, une très sympathique BD qui charrie moult références à ses chansons et contient aussi une très belle déclaration d'amour à l’œuvre de ce poète. Pour ma part, j'aime beaucoup tout en reconnaissant les faiblesses d'une œuvre qui se limite dans son public. Je ne peux pas la considérer comme essentielle, mais personnellement j'ai un petit coup de cœur pour elle !
Je me jette sur toutes les nouveautés de Jeff Lemire, et je ressors rarement déçu de mes lectures.
Les thèmes de « Mazebook » se rapprochent de ceux de Royal City ou encore de Jack Joseph, soudeur sous-marin, cad la paternité, mais aussi la perte et le deuil. Les labyrinthes ajoutent un symbolisme puissant à cette histoire, et représentent selon moi le risque de se perdre dans les méandres de sa douleur, de ses souvenirs… de ne pas pouvoir aller de l’avant, de continuer à vivre. J’ai trouvé le propos touchant et bouleversant, et la fin est très belle. Comme pour « Royal City », les touches de fantastique pourront être interprétées de façon rationnelle… ou pas, selon le lecteur.
La mise en image est parfaite. On reconnait tout de suite le style esquissé et les couleurs aquarelles de l’auteur, mais il innove sur la narration, avec ce fil narratif rouge, et ces quelques pages dont les cases sont agencées comme un labyrinthe. En tout cas l’ensemble est d’une fluidité exemplaire.
J’ai avalé l’album d’une traite, en me forçant à faire des pauses pour rallonger le plaisir de lecture. Peut-être le meilleur album de Lemire que j’ai lu à ce jour. Il explique dans la postface « making of » que ça faisait longtemps qu’il n’avait pas pris autant de plaisir à écrire et illustrer une histoire, et je trouve que cela se ressent à la lecture.
Game Over
Le petit barbare doit trouver la sortie, combattre les blorks...ou les fuirs! Et parfois sauver la princesse.
Les couvertures sont soit toute simple, en relief ou avec un effet special sur les yeux d'un blork comme sur la 16 et avec des paillettes sur la langue comme sur la 19!
Tres bonneB.D, pour petit et grands, j'en fais la collection mais peux être que comme d'autre le dise, le concept est répétitif quand on sait que la base c'est Kid Paddle et que le petit barbare apparait modérément contrairement á Game Over.
Ca serait bien si il y avait une B.D differente de temps en temps à la place de la mort répétitif du petit barbare. Par exemple une B.D qui raconte qu'il est à la recherche d'une ancienne cité ou ville devastée par la mer et dont il est le seul survivant ou un des seuls ...Mais je sais qu'après, il faut les idées.
Les gags du petit barbare et de la princesse sont devenus des incontournables.
Les B.D Game Over sont sur la bonne voie,
j'attend le tome 22!
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Les Bourrinologues
En 1992 à Rio, 120 chefs d’États dont Bill Clinton nous avaient abreuvé de beaux discours et de belles promesses quant à leur volonté de faire un réel effort pour sauver la planète (pour faire court). Je lis "Les Bourrinologues" comme une réponse cinglante et documentée à toutes ces paillettes et ces paroles hypocrites qui n'ont été suivies d'aucune réelle volonté politique (à part celle des îles Marshall peut être). "COP = Caca" porte le T-shirt d'Alex pauvre stagiaire de 3eme dont l'avenir est bien compromis auprès de nos trois bourrinologues. Le scénario développe neuf cas exemplaires qui montrent que depuis 1990 TOUT s'est aggravé dans l'insouciance de nos responsables politiques et de nos populations anesthésiées par internet (le passage avec Larry Page est delicious). J'ai une préférence pour les récits des tomates bio espagnoles et celui de la Silicone Valley. Mais tous les chapitres sont excellents et révèlent l'hypocrisie et la bêtise de notre comportement aujourd'hui encore. J'aime beaucoup le graphisme qui mêle dessins et photos. Les exposés sont précis, clairs et terrifiants. C'est moderne avec un public cible d'ados de 15/18 ans. Mais dialogues et graphisme s'adressent à tous grâce à un HDV (Humour De Vieux) particulièrement percutant. Une série engagée et assez terrifiante quand on gomme le second degré. J'ai vraiment beaucoup aimé.
Hôtel Pennington
Je suis bien d'accord avec Gruizzli, la jeune artiste roumaine Ileana Surducan est vraiment talentueuse. La série qu'elle nous propose avec Ced est un petit bijou d'oeuvre pour la jeunesse. Directement inspiré d'une ambiance à la Poe, ce récit fantastique est très bien construit avec une véritable intrigue et un dénouement à la fois tendre et fort, loin de toute mièvrerie commerciale. Car le scénario aborde des thèmes forts comme la mort, le pardon ou la séparation d'êtres que l'on a appris à aimer. J'aime bien ces histoires à la Shining ou l'enfant possède le don de voir ce que les adultes ignorent. Il y a une sorte de passerelle entre le monde de l'enfance et le monde de l'artiste. Cela nous libère parfois d'un rationalisme borné. Le graphisme d'Ileana se prête à merveille à l'illustration du scénario avec une Charlotte pas si je-sais-tout que çà. Je trouve qu'elle dégage une expressivité très empathique avec ses grands yeux, sa figure aux crayons de couleurs dans cet univers si coloré mélange de crayons de couleurs et d'aquarelles. L'introduction de Chuck est une vraie trouvaille à la fois dans le scénario mais aussi grâce au graphisme. La représentation des fantômes est aussi très aboutie soit sous leur forme humaine soit sous leur forme spirituelle. Je trouve cette série très équilibrée entre sa construction littéraire et sa construction graphique. Une belle découverte et une lecture très plaisante pour les jeunes mais pas que.
Wild Bill Hickok
Sorti conjointement avec l'album Jesse James, dans cette collection la Véritable histoire du Far West, avec une superbe couverture, l'album "Wild Bill Hickok" adopte la même approche, il s'agit d'un biopic très réaliste où Dobbs, comme il l'a fait sur Jesse James, revisite le mythe du personnage devenu une véritable légende vivante. Ses exploits sont en effet légendaires car ils ont été considérablement romancés, aussi, il est louable que les auteurs de cet album jouent la carte d'un biopic historique. Hickok fut l'une des plus fameuses gâchettes de l'Ouest, il a marqué cette histoire du vieux Far West et a inspiré de nombreux films parmi lesquels on retiendra surtout Une aventure de Buffalo Bill en 1936, avec Gary Cooper dans le rôle d'Hickok, Little Big Man en 1970 où le rôle était tenu par Jeff Corey (dans une scène cocasse), le Bison blanc en 1977, récit imaginaire mais fidèle à la légende où Hickok était incarné par Charles Bronson, et surtout Wild Bill en 1995 où Jeff Bridges campait le gunfighter face à Ellen Barkin en Calamity Jane. C'est probablement le film qui s'approche le plus de la vraie histoire d'Hickok, et Bridges s'était fait la tête adéquate. Wild Bill eut une vie bien remplie et tumultueuse, il a représenté la loi au Kansas, mais c'était surtout un gunfighter, il a tué pas mal de types, qui l'avaient sûrement mérité, c'est pourquoi il était rongé par de vieux démons (violence, alcool, femmes, jeu), c'est ce qui est montré dans cette biographie que j'ai trouvé plutôt fidèle en la comparant à mon Histoire du Far West de jean-Louis Rieupeyrout. Les auteurs content sa vie au travers de divers souvenirs, la narration se fait par flashbacks jusqu'à sa mort tragique, en relatant le passé par tranches de vie qui semblent très courtes et que je trouve un peu trop résumées (notamment la relation avec Calamity Jane). Cependant, ils ont su saisir le personnage à travers ces épisodes si courts soient-ils, tout en révélant des pans moins connus de sa personnalité, le récit reste constamment captivant. Hickok a inspiré aussi des Bd ces derniers temps chez d'autres éditeurs, preuve que le personnage fascine le public avide de western, puisqu'on le retrouve dans la série Wild West et aussi dans West Legends ; je n'ai pas encore lu le second, mais le premier s'intéresse surtout à sa relation avec Calamity Jane, on peut donc dire que toutes ces Bd ne se cumulent pas, elles sont complémentaires et cernent le personnage sous différents angles. A noter que Hickok était aussi apparu dans un tome de la série Trent. Le dessin adopte un angle sombre, violent et crépusculaire, comme dans Jesse James, c'est un dessin musclé et nerveux qui est en même temps nostalgique, avec une mise en page impressionnante, des cadrages de différentes tailles, des angles de vue audacieux et cinématographiques, j'aime beaucoup ce découpage. Ennio Bufi a reproduit fidèlement la silhouette familière de Wild Bill avec sa grande moustache, sa longue chevelure et son habit long caractéristique qui lui donnait une allure de dandy. La dernière page montre son assassinat honteux à l'âge de 39 ans, tué alors qu'il jouait au poker ; sa combinaison de cartes fut surnommée ensuite Dead man's hand (la main du mort) avec 2 as noirs, 2 huit noirs et le valet de carreau. Voila encore un bon one-shot qui en annonce d'autres dans cette collection, en espérant qu'il soient d'excellente qualité, et qui compte pour l'instant 2 belles réussites. On trouvera en fin d'album un remarquable dossier historique qui donne des infos complémentaires dont certaines non développées dans la narration.
Corps et Âme
Je l'ai emprunté à la bibliothèque.. Vraiment je m'attendais pas à ça. L'histoire est prenante, c'était meilleur qu'une série. On devrait en faire une série d'ailleurs, elle serait géniale. Merci beaucoup et les dessins sont juste au top.
Tête de pioche
Une découverte parfaite pour notre loulou de 6 ans ! Les dessins sont magnifiques, le monde du Bayou complètement immersif. Il est complètement fan de cette tête de pioche qui parle aux animaux et traverse ses peurs avec détermination ! Vivement la suite et bravo pour cette belle réalisation.
L'Âge d'eau
Après nous avoir subjugués il y a dix ans avec son chef d’œuvre Kililana Song, Benjamin Flao serait-il en train de transformer l’essai ? Témoin talentueux de notre monde en décomposition, Flao signe une histoire alimentée par les grandes peurs du moment, notamment celle de la montée des eaux liée au changement climatique, dont on a pu constater cette année une sorte d’emballement avec des canicules et une sécheresse hors-normes. L’histoire se déploie sur deux axes narratifs parallèles, l’un qui permet de suivre les membres d’une famille qui tente de s’adapter au nouveau contexte climatique, le pays étant submergé par des eaux qui semblent ne pas vouloir retrouver leur niveau d’avant la crue. La seconde ligne narrative, elle, nous dévoile les états d’âme d’un drôle de chien bleu très attaché à ses « maîtres », un chien qui observe à l’aune de ses sensations primales et qui rêve, de sa vie antérieure, en humain peut-être, un chien poète qui vit le temps présent, « acceptant la dissolution du monde », et se souvient, assailli de visions des temps anciens « où tout brillait d’un même éclat, (…) où tout n’était que pure fréquence », bien avant « le grand engourdissement du monde ». Cette structure fonctionne très bien, les deux modes de récit se relayant l’un et l’autre tout au long du livre, apportant une respiration bienvenue. Deux styles en contraste permanent, l’un plus accessible, à la fois réaliste, linéaire et choral, succédant à l’autre, plus onirique et poétique. On suit donc cette famille quelque peu éparpillée, Hans le baroudeur divorcé aux faux airs de Blueberry qui se remet mal d’une peine de cœur, sa mère Jeannes, qui erre de cabane en cabane le long du « fleuve » pour échapper aux hélicoptères du gouvernement, sa fille Vinee, étudiante et punkette en révolte qui rejette le « nouveau » monde qu’on lui propose, et enfin, le grand frère de Hans, Gorza, géant bourrin et simplet mais d’une gentillesse touchante que rien ne semble corrompre, peut-être le personnage le plus attachant du récit. Dans la description de ce monde violent, à peine plus que celui que nous connaissons car il n’en est que le prolongement imaginaire, vient s’ajouter une réflexion politique sur son devenir. Comme le constatent avec dépit Vinee et sa nouvelle amie Safia, la crue n’a rien changé, elle n’a même pas réveillé les esprits… C’est l’inverse qui se produit, et « la peur, c’est toujours elle qui parle en premier… Quand la nature envoie un signal, l’Homme ne comprend jamais le message. » Des propos qui font étrangement écho à ce que nous vivons actuellement… Cela étant, Flao nous offre une note d’espoir en montrant cette communauté — qui rappelle quelque peu les mouvements zadistes voire les Gilets jaunes —, redécouvrant les bienfaits de la solidarité et de l’entraide dans ce contexte « post-apo », où les autorités n’ont pas abandonné leur volonté de contrôle de la population. On adore toujours autant le dessin de Benjamin Flao à l’assurance un brin rageuse, plus âpre dans les scènes d’action, plus débonnaire dans les scènes calmes. Ses personnages, tous très bien campés, possèdent de vraies gueules. Flao les dépeint de façon si réaliste qu’on finit par se persuader qu’ils existent vraiment – ou au mieux, de les avoir croisés quelque part. Dans un style très différent, les passages oniriques dévoilant les pensées du chien bleu sont de toute beauté. Dans des tons souvent bleutés, à la fois sombres et lumineux, les superbes aquarelles nous emportent vers des sphères insoupçonnées et des espaces infinis que chacun, bercé par les mots apaisants de l’animal, pourra interpréter à sa guise. En revanche, tout le monde ne pourra être que d’accord sur le fait que ce voyage intérieur vers un passé immémorial est tout simplement magnifique. Assurément, Benjamin Flao est un auteur que l’état du monde désespère et qui cherche à travers son œuvre une issue de secours. Avec « L’Âge de l’eau », il a fermé les yeux très fort et a pris de le la hauteur, beaucoup de hauteur, pour dompter son désespoir. De ces sommets, il en est revenu avec ce récit d’anticipation quelque peu « westernisant » qui révèle très vite sa richesse intrinsèque. Pouvant paraître anxiogène au premier abord (on pense beaucoup à « La Terre des fils » de Gipi), l’histoire trouve son équilibre grâce à ses visions mordorées qui laissent un arrière-goût de merveilleux. Ce diptyque, vous ne vous en rendrez pas forcément compte immédiatement, est un livre magique, qui pourrait bien vous habiter longtemps après lecture.
Vincent
Quel bel ouvrage nous propose Barbara Stok avec son "Vincent". Encore une preuve que la culture se marie très bien avec la BD qui peut être un instrument de vulgarisation très intéressant. Pourtant le dessin minimaliste de madame Stok peut interpeler quand on commence sa lecture. Mais on se rend compte que l'auteure met très vite en valeur son génial sujet grâce à deux éléments. Le premier élément est la correspondance épistolaire entre Vincent et son frère Théo. Certaines lettres retranscrites de façon intégrales nous plongent sans artifice dans la pensée du maître tourmenté par les nécessités matérielles qui lui donnent l'impression de vivre "au crochet" de son frère. Mais son tourment obsessionnel touche aussi à sa vision artistique tellement moderne et en dehors des canons de l'époque pourtant très novatrice. Le second élément est que son graphisme s'efface derrière la mise en couleur. Une mise en couleur qui accompagne le séjour arlésien et s'intensifie en puissance tout au long du récit. En Arles, Vincent a trouvé des lumières et des couleurs que nul ne percevait. Barbara Stok n'a pas la prétention de copier Van Gogh pour nous donner une pâle copie des oeuvres du maître mais l'auteure nous propose une compréhension guidée des fantastiques peintures de Van Gogh. C'est un récit poignant dont l'intensité dramatique va crescendo avec "la folie" de Vincent. Elle atteint son climax avant son retour à Auvers sur Oise. On croit rêver quand on voit une telle génération de génies de la forme et de la couleur presque quêter pour pouvoir se payer leurs couleurs. Une très belle lecture pour tous les amoureux de l'esprit créatif et pour comprendre en quoi un artiste est indispensable pour découvrir notre monde.
Georges et la Mort
J'avais lu une première fois cette BD sans rien connaitre de Brassens que des chansons passant parfois à la radio. J'avais bien apprécié sans plus, ne cherchant pas à l'acheter ou le relire. C'est cependant des années plus tard, devenu très fan de l'auteur-compositeur-interprète grâce à une compilation de ses chansons que mon frère a eu la bonne idée de prendre, je me suis replongé dans cette BD avec un œil neuf. Et finalement, je me suis retrouvé très touché par celle-ci, malgré des défauts assez visibles qui m'empêchent de la considérer comme excellente. Le gros souci, que je veux éliminer d'office, c'est que cette BD est surtout faite pour les personnes fan de Brassens ou connaissant déjà bien son œuvre et son style. Elle ne sert pas vraiment d'introduction à sa carrière, faisant plutôt le choix de montrer ce qu'il était comme homme via une astuce scénaristique fantastique qui permet d'englober différents aspects de sa personnalité. J'ai vécu personnellement la lecture en tant que néophyte et en tant qu'initié, et malheureusement je dois dire que la BD parle bien plus aux seconds. C'est le gros point négatif de cette BD, selon moi, puisqu'elle restreint d'office son public. Pour le reste, sous des aspects de dessin comique, la BD est en fait une lettre d'amour ouverte à Brassens, dans laquelle l'auteur nous présente le moustachu gratteur de guitare dans la société de l'époque. La plupart de l'humour vient surtout des interactions entre Brassens et ses contemporains, qui permettent de comprendre (en tout cas pour ceux qui, comme moi, sont nés bien après ces années 50) l'état d'esprit de ces années-là. Bien sur, nous aurons le droit à l'autorité morale, judiciaire et policière, ceux-là même dont Brassens se moque à longueur de chanson par des pieds de nez parfois méchant, parfois drôle, mais toujours incroyablement juste. C'est là que l'intérêt de lire cette BD en tant que connaisseur des chansons du grand Georges réside, puisqu'on retrouve ce qui a façonné l'homme qu'il fut, ses luttes et ses combats, ses envies et ses démons. Rien de plus jouissif que d'écouter à nouveau "Hécatombe" en pensant à quel point flic, gendarme, maréchaussée et autres gardiens de la paix (qui feraient mieux de nous la foutre, dixit Coluche) étaient -ou sont- des gardiens d'un ordre moral avant tout. A quel point vouloir l'émancipation sexuelle des femmes (sur "95 %" par exemple) était considéré comme vulgaire. Lorsque j'entends aujourd'hui que Brassens fut qualifié de pornographe, terme qu'il arborait fièrement, je comprends mieux à la lecture de cette BD et des avis que l'on avait sur la morale à l'époque. Une période qui n'a pas encore connu Mai 68 ou les années Mitterrand. Et pourtant, c'est si proche ... Je parle beaucoup de Brassens, mais la BD est aussi très mignonne sur cette mort qui ne veut pas emporter le chanteur parce qu'elle aime la façon dont il chante. C'est une idée mignonne et qui permets de rappeler que Brassens parlait souvent de la camarde, la grande compagne qu'il invoquait dans ses chansons comme une amie, une camarade ou une amante. La mort était aussi bien présente dans ses chansons, alors autant la faire réelle. Bref, ça foisonne de référence à l’œuvre de Brassens, en tout sens. Parfois glissant d'ailleurs dans la citation juste pour la citation, ce qui est dommage à mon sens. En somme, la BD est avant-tout une BD pour les fans de Brassens qui vont trouver ici une histoire à leur gout, une très sympathique BD qui charrie moult références à ses chansons et contient aussi une très belle déclaration d'amour à l’œuvre de ce poète. Pour ma part, j'aime beaucoup tout en reconnaissant les faiblesses d'une œuvre qui se limite dans son public. Je ne peux pas la considérer comme essentielle, mais personnellement j'ai un petit coup de cœur pour elle !
Le Labyrinthe inachevé
Je me jette sur toutes les nouveautés de Jeff Lemire, et je ressors rarement déçu de mes lectures. Les thèmes de « Mazebook » se rapprochent de ceux de Royal City ou encore de Jack Joseph, soudeur sous-marin, cad la paternité, mais aussi la perte et le deuil. Les labyrinthes ajoutent un symbolisme puissant à cette histoire, et représentent selon moi le risque de se perdre dans les méandres de sa douleur, de ses souvenirs… de ne pas pouvoir aller de l’avant, de continuer à vivre. J’ai trouvé le propos touchant et bouleversant, et la fin est très belle. Comme pour « Royal City », les touches de fantastique pourront être interprétées de façon rationnelle… ou pas, selon le lecteur. La mise en image est parfaite. On reconnait tout de suite le style esquissé et les couleurs aquarelles de l’auteur, mais il innove sur la narration, avec ce fil narratif rouge, et ces quelques pages dont les cases sont agencées comme un labyrinthe. En tout cas l’ensemble est d’une fluidité exemplaire. J’ai avalé l’album d’une traite, en me forçant à faire des pauses pour rallonger le plaisir de lecture. Peut-être le meilleur album de Lemire que j’ai lu à ce jour. Il explique dans la postface « making of » que ça faisait longtemps qu’il n’avait pas pris autant de plaisir à écrire et illustrer une histoire, et je trouve que cela se ressent à la lecture.
Game Over
Game Over Le petit barbare doit trouver la sortie, combattre les blorks...ou les fuirs! Et parfois sauver la princesse. Les couvertures sont soit toute simple, en relief ou avec un effet special sur les yeux d'un blork comme sur la 16 et avec des paillettes sur la langue comme sur la 19! Tres bonneB.D, pour petit et grands, j'en fais la collection mais peux être que comme d'autre le dise, le concept est répétitif quand on sait que la base c'est Kid Paddle et que le petit barbare apparait modérément contrairement á Game Over. Ca serait bien si il y avait une B.D differente de temps en temps à la place de la mort répétitif du petit barbare. Par exemple une B.D qui raconte qu'il est à la recherche d'une ancienne cité ou ville devastée par la mer et dont il est le seul survivant ou un des seuls ...Mais je sais qu'après, il faut les idées. Les gags du petit barbare et de la princesse sont devenus des incontournables. Les B.D Game Over sont sur la bonne voie, j'attend le tome 22!