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Couverture de la série L'Au-Dessus
L'Au-Dessus

C’est un album que j’avais eu l’occasion de feuilleter il y a longtemps, et que je n’avais alors pas acheté, faute de budget suffisant cette fois-là. Etant tombé sur la dernière réédition, j’ai immédiatement craqué. Il faut dire que la couverture des éditions Hélice Hélas (quel nom ! – qui fait penser à La grande vadrouille) est très chouette. Résumer les courts chapitres composant cette histoire n’est pas aisé, et n’est d’ailleurs pas forcément souhaitable, c’est à découvrir. Disons que c’est une œuvre d’une grande simplicité, d’une grande beauté, mais qui donnera toute sa mesure pour les lecteurs prêts à accepter une poésie pleine de force. Il y a là comme un rêve « réveillé » – un peu du Little Nemo de McCay. Dès le début, un scaphandrier qui vit sous les océans remonte à la surface pour chercher un arbre dont il a une photo dans un cadre chez lui. L’inversion est dépaysante, et la suite est fluide. Il y a bien une histoire, ce ne sont pas que des bribes d’idées agrégées artificiellement. La volonté d’aller jusqu’au bout de ses rêves, malgré les obstacles (la soldatesque, une certaine réalité), au milieu des fées et des anges, voilà le fil rouge. Quant au dessin, simple, je l’ai dit, il a un rendu des plus jolis, et l’aspect crayonné accentue le côté récit de rêve. C’est un album vraiment original, sous le charme duquel on reste bien après l’avoir refermé.

11/08/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Il est où le patron ?
Il est où le patron ?

Voila un beau roman graphique que j'avais emprunté sans trop réfléchir ! En effet, je pensais que j'allais lire un documentaire sérieux sur des femmes choisissant l'agriculture comme métier et en fait c'est un roman graphique qui traite surtout de la place des femmes dans ce milieu très machiste. Si j'ai bien compris, les personnages sont fictifs, mais c'est basé sur des témoignages de vraies femmes agricultrices. En tout cas, tout semble crédible. On suit trois femmes qui ont un parcours différent, tant au niveau professionnel qu'au niveau personnel (une est célibataire, une autre est mariée avec enfants et la troisième est lesbienne et en couple), ce qui permet de voir différents points de vues. On va donc suivre les femmes dans leurs vies de tous les jours et surtout victimes du sexisme ordinaire: considérées comme de simples employés même lorsqu'elles sont les patronnes, considérées comme trop faible pour certaines tâches, blagues sexistes, remarques condescendantes même lorsque c'est censé être positif, etc et etc. C'est bien raconté, la narration est fluide et les personnages sont attachants. L'autrice fait passer des messages sans que ce soit trop lourd, et il y a des réflexions très intéressantes qui se dégagent de l'album. En tout cas, un one-shot que j'invite les autres hommes à lire !

11/08/2022 (modifier)
Par Sim
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)

Une masterclass. Un incontournable, au moins pour les enfants. Un cocktail d'humour, d'aventures, d'éléments historiques, de questions existentielles comme la relation à ses proches ou la perte d'un être cher. Le parcours initiatique de Picsou, depuis son enfance à Glasgow jusqu'à son coffre rempli d'argent à Donaldville. Les premiers épisodes sont assez légers. Picsou est enfant et il est entouré de sa famille en Écosse, puis de son oncle aux USA. Puis Picsou fait son chemin, connait la solitude, rencontre le danger, fait face au destin de sa famille. Le climax de la série est le passage au Klondike. C'est là que la bascule s'opère pour Picsou, dans tous les domaines de sa vie. Là aussi où il affronte le danger le plus important, bien devant les Rapetou qui servent plus d'élément comique et qui n'ont jamais représenté une réelle menace. Le coup de force de cette BD est qu'elle ne cherche pas à faire aimer le personnage de Picsou. Il émane de cette BD, surtout à la fin, une sorte de réalité âpre et difficile, où le bonheur n'apparait pas forcément.

06/08/2022 (modifier)
Par Sim
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dragon Ball
Dragon Ball

Un monument du manga. Ne vous fiez pas au dessin animé, enfantin et au rythme lent. Pourquoi DBZ est aussi culte ? - un univers riche, cohérent et intemporel (aucune notion de date dans le manga. Il y a des vaisseaux spatiaux et tout un tas de trucs technos, mais on voit aussi des paysans travailler avec des outils à main). - des personnages bien caractérisés et charismatiques. - une histoire qui commence par du potache et des blagues graveleuses, avant de devenir plus sérieuse. Beaucoup préfèrent l'arc Cyborgs/Cell, mais la mienne va à l'arc Saiyen/Freezer, dans lequel les héros sont poussés dans leurs retranchements, très loin de chez eux et semblant parfois perdus au milieu d'une histoire qui les dépasse. Un commentaire ici disait que les décors ne sont pas le point fort de la série. C'est vrai, et spécialement dans cet arc. L'arc Boo est intéressant, mais on remarque un certain retour au graveleux et l'ensemble flirte avec la parodie, surtout vers la fin. Enfin, je n'ai jamais compris pourquoi Végéta est le personnage préféré de beaucoup de gens : égoïste, chanceux, profitant du travail des autres, facilement découragé quand il n'est pas au niveau de son adversaire. Il se dit fier d’être le prince des saiyens, mais il ne fait rien de cette fierté. Et d'ailleurs, incohérence scénaristique, on se demande pourquoi Freezer ne l'a pas éliminé plus tôt.

06/08/2022 (modifier)
Par anonyme
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Seuls
Seuls

Bonjour, J'ai lu toute la série de Seuls jusqu'au tome 13 et j'attends le 14e avec impatience. Je peux dire que cette série est juste INCROYABLE. J'ai lu des tas d'autres BDs mais elle, c'est la meilleure. J'ai connu cette BD quand j'allais chez mon orthophoniste à 7ans et demi, j'ai lu seulement le premier tome et j'ai lu tous les autres maintenant, 7ans après. Mon personnage et mon tome préféré, c'est Yvan et le tome 11 : les cloueurs de nuit. Il était à la fois effrayant, humoristique et il y avait beaucoup de suspens.

06/08/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sermilik - Là où naissent les glaces
Sermilik - Là où naissent les glaces

Voilà un album magnifique qui nous relate l'histoire peu banale de Max, jeune marseillais qui va découvrir le rêve de sa vie en feuilletant un documentaire dans une librairie : il sera chasseur arctique ! Forcément, ses potes le charrient, mais à compter de ce jour rien ne pourra dévier Max de cet objectif. C'est donc ce parcours exceptionnel que Simon Hureau nous relate dans cet album qui transpire d'humanité, que ce soit pour le pire ou le meilleur. Max va donc débarquer sur la côte Est du Groenland à 18 ans dans le village de Tiniteqilaaq à une période charnière pour les autochtones. Le glissement de la vie traditionnelle vers une vie plus sédentaire et "occidentalisée" est en marche et Max va en être le témoin direct. Pour sa part, lui n'attend qu'une chose : apprendre les us et coutumes locaux pour devenir un chasseur arctique. Si les Inuits le regardent le sourire en coin quand ils voient débarquer le loustic, son abnégation et son opiniâtreté auront raison des apriori locaux, et Max va petit à petit trouver sa juste place dans cet univers implacable. C'est même lui qui va se retrouver à transmettre aux enfants Inuits les savoirs ancestraux qu'il s'est escrimé à apprendre et à redécouvrir. Simon Hureau réalise ici un album des plus réussis, trouvant un équilibre parfait entre le documentaire à tendance "récit de vie" et le "page turner". On est captivé de bout en bout par sa façon de nous raconter cette vie et son parcours au milieu d'une nature aussi hostile et de cette peuplade qu'il n'est pas facile d'intégrer pour les occidentaux que nous sommes. Son trait tout en douceur et en harmonies, tout comme sa mise en couleur, nous proposent des planches qu'on a le plus grand plaisir à parcourir, surtout quand il s'agit de cette nature sauvage. Une très belle découverte qui augure une belle rencontre à l'automne prochain, car j'aurai la chance d’accueillir l'auteur dans la médiathèque où je travaille ! L'occasion supplémentaire de lui poser un tas de question sur cet album !

05/08/2022 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hors-saison
Hors-saison

Un comics bichromique au format à l'italienne sans super héros et avec des chiens en guise de protagonistes ? Voici clairement le genre de bouquins qui ne risque pas de rester en tête de gondole. Et pourtant, passer à côté de ce petit bijou dramatique serait une grave erreur tant sa lecture se fait agréable, aisée et se révèle une jolie tranche de vie. Mark est un ouvrier qui galère à boucler ses fins de mois. Rénovant des bicoques pour le compte d'un patron malhonnête, il subit sa vie plus qu'il ne la vit. Il doit également faire face à une demande de divorce, gérer ses gosses en bas âge et des parents vieillissants. Dans une époque où Trump va émerger et où la routine prend le pas sur les rêves d'antan, la vie de Mark semble se dissoudre dans un quotidien sinistre... James Sturm prend le rêve américain à revers dans un récit limpide et d'une banalité. La seule fantaisie vient du fait d'utiliser des animaux anthropomorphes et pourtant le tout est étrangement réaliste. La colorisation ajoute un spleen supplémentaire et souligne la monotonie de cette histoire. Et pourtant une lueur d'espoir rayonne en permanence sur l'ensemble. La grande force de cette histoire est de transformer l'ordinaire en extraordinaire car c'est réellement ce qui surprend à l'issue de cette lecture. Un véritable petit bijou et une belle leçon de vie qui parlera plus aux quadragénaires qu'aux jeunes louveteaux.

05/08/2022 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série RIP
RIP

Attention, ici on a affaire à du lourd. Du très très lourd. En matière de qualité, RIP devrait faire date. Je me souviens encore de l'enthousiasme de mon libraire lors de la parution du tout premier tome en 2018. Léger flashback : le début d'une situation financière difficile et compliquée me concernant, il faut faire donc beaucoup de choix sur les lectures. Encore plus facile à éviter lorsque la couverture est moche (c'était mon avis et je continue de le penser) et que les auteurs sont de parfaits inconnus. Mais les différents retours unanimes (et la série s'étant considérablement allongée depuis) ont fait recroiser mon chemin vers ces bouquins. Si RIP se serait uniquement contenté du premier tome, il aurait probablement écopé de la meilleure note sur ce site ainsi que d'un coup de coeur (toujours d'actualité) amplement mérités. En effet, "Je ne survivrai pas à la mort" peut se lire de façon tout à fait indépendante et sa conclusion est un ultime pied de nez aux quelques 100 pages lues. Les autres tomes étayent l'histoire jusqu'à parfois même trop la répéter façon Berceuse assassine mais développent une histoire pas si banale avec une belle collection de bras cassés et de gueules de cinéma. Chapeau bas, cette histoire de nettoyeurs de cadavres semble rapidement tourner en rond alors qu'il n'en est rien, chaque tome ajoutant sa propre couche au "lore" complet de cette histoire machiavélique. Et que dire des dessins ? Julien Monier impose un style qui lui est propre, à la fois lisible et généreux dans un format un poil trop petit pour mes yeux fatigués. Gaet's semble maitriser d'un bout à l'autre toutes les ramifications de son récit et n'hésite pas à y ajouter aussi bien une bonne pincée d'humour noir qu'une certaine poésie macabre. Il n'a rien finalement à retirer de cette grande œuvre dont on a hâte d'en connaitre la conclusion qui va se faire encore un peu attendre. Lire le premier tome ou la totalité ne retirera en rien le plaisir ludique de l'ensemble. Voici un joli duo dont je vais suivre les prochaines publications avec plaisir. Faites vous plaisir : ne passez pas à coté de ce petit bijou qui aura même arraché 4 étoiles à l'aigri et exigeant Gaston !

04/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Halifax, mon chagrin
Halifax, mon chagrin

En cherchant comment exprimer mon ressenti sur cet album, j’ai repensé à « Automne en baie de Somme ». Pourquoi ai-je adoré Halifax alors qu’il présente bien des similitudes au niveau de la construction de son récit avec Automne en baie de Somme ? Où se fait la différence dans mon appréciation ? Dans les deux cas, nous avons un récit de type policier dans lequel le théâtre historique joue un grand rôle. Dans les deux cas, l’intrigue policière n’est pas la plus extraordinaire qui soit. Pourtant, j’ai adoré l’un et trouvé l’autre quelconque… Halifax, c’est d’abord un dessin, un style, une patte ; celle de Pascal Regnauld, un auteur rare qui me fascine. Un trait ultra-lisible, une colorisation à la fois franche et nuancée, un encrage inversé (les contours des personnages sont blancs et non noirs comme c’est le cas dans 99 pourcent des albums de bande dessinée). Dès que j’ouvre un de ses livres, je suis happé par le dessin, j’ai envie de lire l’histoire. C’est fascinant de pureté, ce trait a la beauté de l’évidence. Halifax, c’est ensuite un contexte historique. Deux accidents maritimes ont marqué la ville qui servit ainsi de base arrière pour le repêchage des cadavres du Titanic. Et là encore se trouve un des points forts du récit : cette évocation de la récupération des corps des victimes du Titanic, flottant dans des eaux glacées, avec tous les problèmes de logistique qu’elle entraine. C’est le genre d’anecdote historique qui me fascine. Et ce n’est qu’un des aspects historiques développés par cet album, et nous naviguons ainsi dans les eaux de la petite histoire derrière la grande histoire, loin de ce que l’on nous enseigne à l’école mais proches de ce qui fait que l’humanité est telle qu’elle est. Halifax, ce sont des personnages marquants autant que marqués. Marqués par l’histoire autant que par les événements fictifs auxquels ils sont confrontés. J’ai aimé ces gueules, à commencer par celle du héros, Roy Collins, qui dégage cette impression d’être aussi déterminé que désabusé. Halifax, enfin, c’est une enquête policière. Pas la plus incroyable qui soit (comme je l’ai dit en début de chronique) mais qui permet de faire le lien entre les deux tragiques naufrages sans trahir les faits historiques avérés, qui nous tient en haleine quand bien même on devine rapidement qui est l’assassin et, enfin, lorsque l’on se dit que c’était quand même un peu facile, qui nous apporte une petite information en plus qui éclaire le personnage sous un nouvel angle, le rendant plus crédible. En fait, pour moi, Halifax aurait été un ‘sans-fautes’ si l’intrigue policière avait été un peu moins linéaire. En l’état, c’est juste franchement, mais vraiment franchement bien ! Je recommande chaudement !

04/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Peter Pan
Peter Pan

Les six tomes de la série de Régis Loisel sont devenus des incontournables dans le monde de la BD franco-belge. Chacun des six tomes renforce la cohésion et la puissance de la série. Je n'y trouve aucun délayage, aucun passage vide ou de remplissage. Chaque case est riche de son graphisme mais aussi de son sens ce qui nous donne à la fin du tome 6 un vrai trésor. C'est d'ailleurs ce trésor que cherche Crochet "quoiqu'il en coûte". Ce trésor, que seule la pauvre Rose a vu et qui l'a fait rire, n'est probablement pas à chercher dans un fantasme illusoire mais plutôt dans la réalisation patiente d'un rêve. Je me trompe peut-être en parlant de fantasme mais il est beaucoup question de psychanalyse dans "Peter Pan". Loisel s'approprie et nous restitue la personnalité de Peter d'une façon presque clinique. Peter a 13+ ans et n'est plus vraiment un enfant. Pourtant il se complaît dans un monde de contes imaginaires qui l'empêche de franchir les rites de passages vers le monde adulte. Tout au long du récit Peter se montre irresponsable, narcissique et immature sexuellement. Plus même, il repousse avec violence toute tentative pour franchir le pas. Sa recherche ambiguë d'une maman idéale n'est plus de son âge, Au contraire il devrait se tourner vers l'image du père ! Mais qui ? Crochet ? Jack ? Kundal ? Loisel propose des pistes mais laisse le flou qui ouvre à l'imagination. Son immaturité sexuelle est bien soulignée par le contraste proposé par Loisel. Car dès le début l'auteur nous installe dans une ambiance dionysiaque. Ambiance violente et réaliste d'un Londres sauce Dickens, avec ses prostituées ou ses violeurs d'enfants ou ambiance plus fantasy avec son satyre Pan, son centaure Pholus (Chiron ?) et ses sirènes à gros tétons. Peter Pan fait des allers-retours entre ces deux types de littérature comme s’il ne savait pas où se poser. Le tome 6 conclut le questionnement de manière anthologique. Peter s'enfermera dans le triangle "Clochette-Crochet-Peter" dont il est le centre et un sommet. Son immaturité et son irresponsabilité se complairont aux manipulations de Clochette et son narcissisme jouira de son éternel combat avec Crochet, l'ennemi qui fait exister. Peter est bien un "pauvre garçon" comme le conclut Loisel. A l'image de Picou ou de Jack, il devient prisonnier de lui-même. J'apprécie beaucoup le graphisme de Régis Loisel. Cette rondeur et cette sensualité dans le trait sont véritablement envoutantes. Ces yeux immenses participent à l'expressivité des personnages mais leur langage corporel rend tout commentaire superflu. A mon avis une série d'une exceptionnelle qualité par sa richesse et son homogénéité scénaristique et graphique. Du grand art.

03/08/2022 (modifier)