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Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mon destin... entre les mains des femmes
Mon destin... entre les mains des femmes

Ce qui est un peu triste avec les mangas c'est que souvent dans une série que j'adore il y a un ou des éléments du scénario qui m'agace voire même m'horripile. Par exemple, un manga avec des moments sombres qui finit sur une bonne fin heureuse un peu gnangnan ou encore un manga harem qui finit avec le héros qui se fait violer par la plupart des filles pendant qu'il était dans le coma et lorsqu'il se réveille il se fait tabasser par deux autres filles pour être un gros pervers. Ici, le problème est clair si on a lu le résumé : notre pauvre héros meurt et se retrouve dans un jeu vidéo pour filles (plus précisément, un otome game, un jeu où on joue une héroïne qui a plusieurs amoureux potentiels) où les femmes dominent les hommes (et en plus le résumé exagère vraiment cet aspect, je pense que ça a été écrit par un stagiaire qui a dû lire la moitié du premier chapitre) et tout de suite ça sent le truc misogyne du genre 'oh mon dieu les femmes au pouvoir ça va être la fin du monde pour les hommes' et il y a un peu de ça au début, mais heureusement il y a des trucs qui contrebalancent par la suite. En fait, je recommande de lire ce manga après la sortie de 3-4 tomes parce que cela s'améliore vraiment au fil des chapitres et la plupart des pires éléments de ce côté se retrouvent dans les premiers chapitres qui sont vraiment exagérés. Non parce que non seulement notre pauvre héros est forcé de travailler depuis qu'il est enfant, et lui et ses frères dorment dans un entrepôt, mais en plus sa méchante belle-mère veut le fiancer à une femme de 50 ans et l'envoyer dans l'armée juste dans l'espoir qu'il se fasse tuer et que sa femme touche sa pension. Après ça, on s'attend presque à ce qu'un groupe de méchantes féministes débarque et viole le héros et ensuite le poursuive pour harcèlement sexuel. Le pire est qu'en fait, contrairement à ce que dit le résumé la société n'est pas 100% dominée par les femmes. Ce n'est pas le cas chez les nobles de hauts rangs (vous savez ceux qui ont le plus de pouvoir dans une société monarchiste), cette situation se retrouve uniquement chez les petits nobles pour une raison que je n'ai pas comprise (le moment où on explique la situation n'a pas encore été adapté en manga... j'ai lu l'explication sur internet et j'ai pas trop compris si cela faisait sens ou non). En fait, on aurait pu facilement faire un scénario où l'oppression est basée uniquement sur la hiérarchie sociale, il y a déjà plusieurs éléments comme ça dans le scénario : la belle-mère du héros agit plus comme un propriétaire terrain qui fait chier ses parents issus de rang inférieur, les 5 héros du jeu vidéo peuvent agir comme des gros cons à l'académie parce qu'ils sont des nobles importants (le prince peut même traiter sa fiancée comme de la merde en public, les autres étudiants ont trop peur de lui pour faire quoique ce soit), l'héroïne se fait harceler parce que c'est la seule roturière dans une école de nobles... Bref, vu que le héros est un petit noble, il n'y avait pas besoin d'ajouter des méchants femmes misandres dans le scénario, ou alors juste donner ce rôle à la belle-mère méchante et puis c'est tout. Le pire pour moi est que les filles nobles jouissent d'une liberté sexuelle que l'auteur ne semble pas approuver et qui me semble hypocrite vu la vie sexuelle de plusieurs héros d'autres light novels. Bon maintenant que je me suis plaint de ce que je n'ai pas aimé dans le scénario, pourquoi est-ce que je mets tout de même 4 étoiles et qu'en plus je mets un coup de cœur ? Eh ben tout simplement parce qu'il y a aussi de bonnes choses et en fait pour le moment c'est un manga/light novel qui me passionne. J'ai regardé l'anime (dont le dernier épisode va sortir dimanche prochain) et ce n'est pas une très bonne adaptation, mais il y avait des éléments dans le scénario qui m'ont poussé à regarder les nouveaux épisodes et très vite je suis allé voir l'adaptation en manga que j'ai fini par dévorer. Premièrement, histoire de clore le côté 'guerre des sexes 'du récit, après 4-5 chapitres où on a l’impression que toutes les filles nobles sont méchantes, il y a des contre exemples qui sont introduits et aussi il y a plein de nobles de sexe masculin qui agissent comme des cons. Et lorsque plusieurs volumes plus loin, les vrais méchants sont finalement introduits, la plupart sont des hommes et ne sont pas décrits de manière très sympathique. C'est pas juste un scénario 'toutes les femmes sont des garces et les hommes des pauvres victimes' comme le fait croire le résumé. Deuxièmement, les personnages principaux sont terriblement attachants. Le personnage principal, Leon, a un côté troll amusant et aussi le scénario montre lorsqu'il va trop loin ou fait des erreurs. C'est pas un connard qui peut agir comme un connard parce que la société est trop trop méchante avec lui et c'est correct de faire du mal aux autres personnages parce qu'ils sont tous mauvais (éléments qu'on retrouve dans plusieurs light novels où le héros peut se venger sans problème de la société en commettant des crimes). Les deux héroïnes, Olivia et Angelica, sont très bien décrites. L'originalité est que dans le jeu vidéo la première était l'héroïne et la deuxième la méchante rivale riche, mais des événements vont changer le cours du scénario et va les affecter et changer leurs rôles. Leur relation avec Leon est aussi intéressante. Contrairement à plein d'autres mangas ou d'animes, la relation entre les deux filles est aussi forte qu'entre elles et le héros. C'est vraiment une relation égale entre les trois et on imagine que s'ils finissent ensemble, c'est parce que tous les trois s'aiment et c'est pas juste deux filles qui aiment le même mec et décident qu’elles n’ont aucun problème à le partager. Ces deux personnages féminins sont très bien écrits, surtout que le scénario prend son temps pour développer leurs relations avec le héros et aussi il y a peu de fan-service donc ce ne sont pas deux belles filles sexy qui se retrouvent à poil toutes les 5 pages et veulent immédiatement coucher avec le héros après un ou deux chapitres parce qu'il les a sauvées d'un méchant monstre ou un truc du genre (en fait, on peut se demander si l'auteur du light novel originel n'a pas juste remplacé une misogynie très fréquente dans ce type d'œuvres par une autre). Le scénario est prenant, si certains éléments du scénario ne sont pas très bien pensés, d'autres au contraire sont très bien pensés. Ainsi, les actions des personnages ont des répercussions même si dans le monde clos de l'académie, les hauts nobles semblent faire ce qui leur plait. Le scénario s'amuse avec les codes des jeux de types otome game. Ainsi, la grosse méchante fille n'est peut-être pas aussi méchante que ça et a des raisons valables pour agir comme elle le fait. Ou encore le héros qui détestait ce jeu vidéo finit par trouver des éléments positifs et comprendre qu'il s'est trompé sur certains points. L'humour est très drôle, le drame fonctionne bien. Cerise sur le gâteau, le dessin est très bon alors que sur d'autres adaptations de light novels c'est clairement une œuvre de commande avec des dessins peu inspirants. Donc voilà un manga avec des défauts et des qualités que j'aime bien malgré tout. Il faut juste attendre la sortie de quelques tomes avant de le lire. Le seul point vraiment négatif est que j'ai lu plusieurs critiques négatives disant qu'après le premier arc narratif, la série devient moins bonne. En ce moment, le manga adapte le dernier tiers du premier arc... On espère que cette adaptation se termine après, histoire de finir sur une bonne note ?

15/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Mauvaises humeurs de James et de la tête X
Les Mauvaises humeurs de James et de la tête X

Ouah 15 ans déjà !! Je me souviens encore de l’achat de ce petit album, ça avait l’air terrible et ça ne s’est pas démenti après lecture. L’impression d’avoir trouvé une petite œuvre sous le manteau, un rien confidentielle et toujours (malheureusement) injustement méconnue. La petite relecture récente n’a pas modifié mon ressenti, toujours aussi bon, une œuvre fort attachante. L’album compile 4 (faux) fanzines, les couvertures et dos sont à chaque fois en papier glacé, une édition de qualité. On retrouve à l’intérieur le format classique fanzine : sommaire, édito, petites annonces, pubs … entrecoupé de nombreux strips. J’ai adoré de bout en bout, il faut tout lire, certains détails sont hilarants (le coupon d’abonnement, l’organigramme etc …). Le fond épingle le médium de la bande dessinée sous toutes ses formes (éditeur, auteur, lecteur, critiques …), le tout sous la moulinette caustique de James et de la tête X, leurs fameuses humeurs. Quelques vérités bien senties, le tout est franchement bien vu et très drôle, alors que certaines critiques vont sur des choses que j’apprécie grandement. Pendant longtemps, j’ai cru que seul James était à la barre et que la tête X était un acolyte fictif pour la mise en scène. Grave erreur, derrière ce nom se cache Boris Mirroir. Les 2 auteurs forment une bonne équipe, une belle osmose. N’étant pas encore de grands noms, on sent le début, le(s) dessin(s) n’est pas encore à son apogée mais le ton est très libre, personne n’est épargnée. A noter le clin d’œil de quelques guest star (Trondheim, Sfar, Bouzard et B. Mirror) qui jouent le jeu de la carte blanche pour un jeune auteur, la grande classe. A (re)noter que depuis, les auteurs ont publié dans des collections ou chez des éditeurs écornés gentiment. Un bien chouette album, une lecture dense, mordante, originale, amusante et qui me ravit à chaque fois. Franchement bien +

14/06/2022 (modifier)
Par Laure B
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Assiégés
Les Assiégés

Sortie en avril 2022, cette bd fait l'unanimité parmi les lecteurs de BD. Et pourtant : Pourtant il faut passer l'étape du résumé : "encore une histoire sordide d'immeuble squatté ?", "encore un polar ?" Pourtant il faut passer l'étape de l'image de couverture avec cet énigmatique immeuble orange qui barre l'horizon. Pourtant il faut passer les premières vignettes, très grises et très sombres. C'est une histoire à tiroirs, qui commence et finit par la réunion d'une bande de braqueurs qui vient de se faire le bureau de poste du coin, et qui va entamer le partage des gains. L'un d'eux remarque une drôle de peinture accrochée au mur, signée d'un drôle de peintre "Faustino, le peintre fou". C'est l'occasion pour le chef de la bande de raconter cette histoire. Une histoire de crime, de vengeance, de caïds, de banlieue, de flics. Une histoire d'amour aussi, et l'histoire sombre tragique de ce peintre, reclus volontaire dans cet immeuble. Le scénario est impeccable dans sa maitrise et sa noirceur. L'album se dévore très facilement. Et le dessin. C'est extrêmement rare que je sois séduite par un dessin. Là, tout est juste. Un dessin expressionniste qui s'accorde à merveille aux propos. C'est véritablement un très bel album.

14/06/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La saga de Pelle (Snaergard, Nordlys)
La saga de Pelle (Snaergard, Nordlys)

Quelle aventure ! Mosquito réédite cet album originellement paru aux défuntes Editions Du Long Bec, et bon sang que c’est bon. L’histoire est une grande saga historique de 180 pages, remplie d’aventure, d’action, de trahisons, de malédictions, de conflits familiaux… L’intrigue est passionnante, j’ai avalé l’album d’une traite, impossible de le refermer avant d’apprendre si Pelle et ses compagnons vont réussir dans leur quête désespérée. Surtout que la mise en image est sublime, les paysages scandinaves anguleux et majestueux sont parfaitement représentés, et l’auteur a clairement fait beaucoup de recherches sur les accoutrements, bâtiments, armes etc. comme en témoigne d’ailleurs l’excellent « making off » inclus dans cette réédition. Un délice pour les yeux. Une aventure épique. Je me laisse emporter sous le coup de l’émotion et j’attribue la note maximale… et un coup de cœur, bien entendu !

14/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Seraphin Cantarel
Seraphin Cantarel

Quand je vois les avis négatifs sur cette Bd, j'ai envie de la défendre parce que moi j'y vois avant tout un intérêt patrimonial, poussé par ma passion des monuments que je photographie depuis près de 30 ans. Je pense que cette Bd s'adresse sans doute plus à des gars comme moi, amoureux du patrimoine plutôt qu'à de vrais amateurs de polar, cet élément faisant certes partie de l'ensemble mais n'étant en fait qu'accessoire pour servir les formidables décors dans lesquels sont situés des meurtres. En cela, ça me fait un peu penser à la série TV "Meurtres à ..." dont chaque épisode se déroule dans une région de France (ou une ville célèbre comme La Rochelle, ma ville natale) destinées à valoriser des lieux magnifiques. Sauf que dans ces épisodes d'ailleurs très inégaux, les enquêtes sont privilégiées et une petite part psychologique intervient. Corbeyran habitant Bordeaux, a choisi pour le 1er album le phare de Cordouan, ce n'est sans doute pas un hasard, j'avoue avoir été de suite attiré par cet album, même si j'adore autant le Mont Saint-Michel, mais comme j'en ai parlé dans d'autres Bd, notamment dernièrement dans Les Flammes de l'Archange, je veux surtout m'intéresser au phare des rois, au roi des phares parce que c'est chez moi, Cordouan étant situé au bout de l'estuaire de la Gironde, entre le Verdon-s/Mer en Gironde, et Royan en face en Charente Maritime. Je le connais parfaitement, je ne l'ai visité qu'une fois, il y a une dizaine d'années, mais ça vous marque à vie parce que c'est une véritable aventure ; j'avais pris le bateau au Verdon, à marée haute, le bateau vous dépose non pas sur les marches du phare comme il est dit dans l'album, pour des raisons évidentes de sécurité, mais sur la jetée submersible reliée à la porte du phare. On est accueilli par les gardiens, et on commence à être émerveillé par le décor Renaissance du monument (dans sa partie basse, le fut ayant été rehaussé au XIXème). C'est le dernier phare de France encore gardienné, tous les autres phares du littoral français ont été automatisés. La visite est très instructive, on apprend plein de trucs, les gardiens nous racontent les jours de tempête, les déprédations subies par le phare par des abrutis qui ne respectent rien, la vie sur le site, les jours de relève etc... la solitude maritime est indescriptible, et le retour se fait à pied à marée basse (faut enlever ses godasses, ça on ne nous le dit pas au départ, c'est la surprise) pour rejoindre une barge qui vous ramène au bateau. Je me souviens que marchant sur les bancs de sable entourant le phare, ça m'avait permis de prendre de belles photos, c'est vraiment impressionnant. Voila, c'était mon p'tit moment anecdotique, passons à la Bd. Il s'agit encore d'un détective amateur et à l'ancienne, on avait déja La Brigade de l'étrange et Fanch Karadec pour le côté breton, Le Sang de la vigne autour d'enquêtes viticoles (scénarisées déja par Corbeyran)... bref c'est un secteur qui marche bien, mais ici, le personnage de Cantarel est avant tout Conservateur des monuments nationaux, c'est donc un petit plus et un atout pour mettre en lumière des lieux patrimoniaux. Et la série débute par 2 énormes vedettes du patrimoine architectural français, ça ne pouvait que m'intéresser. Je ne connaissais pas cette série de romans régionaux, mais tout ce qui concerne le patrimoine maritime surtout (la côte Atlantique, la Vendée, la Bretagne, la Normandie) ne peut que m'attirer. Alors évidemment, je sens bien qu'il y a de l'approximation dans tout ceci, les intrigues sont simples, avec des raccourcis et quelques petites incohérences, les rouages sont classiques et sans grande surprise, la psychologie est laissée de côté, sans doute que Corbeyran a eu besoin d'élaguer des éléments, une partie géographique et sociale de ces romans a été sacrifiée au profit du développement des enquêtes et des découvertes macabres, mais tout ceci ne m'affecte pas dans la lecture, je trouve les enquêtes prenantes, je considère que les décors se prêtent à une enquête policière, et ce but principal est visé, je préfère ce type de polar dans des lieux isolés de grandes régions en France plutôt que de sempiternelles enquêtes urbaines à Paris ou dans des grandes villes. Maintenant, est-ce que ces formidables décors sont suffisamment bien utilisés ? je dirais oui et non, je sens que c'est un peu bridé, il y a juste ce qu'il faut, peut-être que ces adaptations de romans auraient mérité un traitement en diptyque. Je relève enfin un humour bienvenu, surtout dans le tome 2. Quoi qu'il en soit, j'ai aimé ces 2 albums, en faisant fi des défauts, pour moi ça n'est que secondaire, mais je peux comprendre que ça puisse décevoir ou laisser sur sa faim. L'atout supplémentaire de cette Bd, c'est le dessin de Suro, j'aime bien cet auteur, et je trouve qu'il a réussi à reproduire correctement les lieux en mettant bien en valeur Cordouan et le Mont grâce à de belles images en pleine page et à de multiples détails ; le port de Royan, le village de Talmont sont aussi bien restitués, je connais très bien ces lieux. Le seul truc, c'est qu'il n'y a plus d'ex-voto dans l'église de Talmont car il y a eu des vols ; l'hiver, ce village (classé dans les Plus Beaux Villages de France) n'a que peu de résidents, et l'église a souvent été pillée ou endommagée la nuit, il y a des abrutis partout hélas.

13/06/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Heavy Liquid
Heavy Liquid

Et bien moi tout m’a plu dans cet album. J’ai beaucoup aimé le background riche, l’ambiance noire et désespérée du monde dystopique décrit, les personnages attachants, et l’intrigue, certes classique et assez linéaire, mais rondement menée et parfaitement construite. La narration est parfaite, j’ai avalé les 250 page d’une traite, et j’en ai pris plein les mirettes : le dessin est magnifique et très stylisé, et les scènes d’action sont dynamiques et réalistes. La toute fin n’est pas très claire (ou en tout cas ouverte à interprétation), mais c’est bien le seul (petit) reproche que je ferai à ce pavé, recommandable aux amateurs de polars d’anticipation un peu noirs.

12/06/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Partitions irlandaises
Partitions irlandaises

Crénom d’un chien ! Mais que c’est bon cet album de Kris et de Vincent Bailly ! Belfast aujourd’hui. Tim est protestant. Mary est catholique. Les deux tourtereaux se rapprochent au point qu’une idylle va naitre ! Ils s’aiment bon sang ! la vie est presque belle mais le funeste passé entre les unionistes et les indépendantistes ressurgi. Et dans ce passé pas si lointain, Tim et Mary ont semble t il des liens communs… sanglants ! Le passé va-t-il les rattraper ? Ne vous attendez donc pas à une bluette tranquillou. Au-delà de cette histoire d’amour naissante, c’est toute l’histoire tragique de l’Irlande du Nord qui ressurgit. L’intrigue est bien ficelée. Tous les éléments sont posés dans ce tome 1. Les personnages sont attachants. Il va falloir désormais patienter un peu pour connaitre le dénouement. J’attends donc la suite avec impatience. La mèche est allumée ! Le graphisme de Vincent est plutôt agréable. On peut dire qu’il a un joli coup de crayon le garçon. La violence est camouflée mais je vous l’assure elle est bien là ! Superbe ! Ce premier volet de la série est une vraie réussite. L’introduction est admirable. Je recommande chaudement.

12/06/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Malaterre
Malaterre

Le héros est un personnage horripilant au premier abord, égoïste, têtu et coléreux. Aveuglé par son envie de restaurer la soi-disant grandeur du domaine agricole familial, Gabriel va tout sacrifier pour y arriver, à commencer par sa propre famille. Cerise sur le gâteau, le domaine en question est une exploitation forestière en faillite au cœur de la jungle africaine. C’est très bien écrit, les dialogues sont crus et le ton monte facilement. Notre héros n’a pas beaucoup de patience et toute mise en doute du succès de son opération provoque sa colère. Il ne supporte pas !! Le dessin est à l’image du personnage : nerveux, faussement brouillon et les humeurs des personnages, traduites en bulles, apportent de la nervosité supplémentaire. Les planches de jungles ont superbes, elles dégagent de la moiteur et l’impression d’une immensité que l’homme ne pourra jamais contrôler. Comme le miroir de la tâche démentielle qui les attend pour remettre en état le domaine. Cette vie sauvage contraste évidemment avec la vie que les enfants de Gabriel vont trouver en ville. Là encore, c’est une totale nouveauté pour eux ! Après le désenchantement, vient l’adaptation et la découverte de la liberté. Côté ambiance, c’est très réussi. L’évolution des personnages où chacun se cherche, hésite ou refoule ses sentiments est bien traitée, c’est confus et incertain comme l’est leur situation. C’est très bien écrit, très bien construit et pas aussi simple qu’il y paraît au début de l’album. C’est moite à souhait, c’est nerveux... La complexité des personnages fait réfléchir. Pour moi, cet album est un gros coup de cœur !

12/06/2022 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shangri-La
Shangri-La

Difficile de ne pas tomber amoureux de Shangri-La dès qu'on a l'objet en main... Magnifique bande dessinée épaisse (220 pages) au dos relié en toile et à la couverture majestueuse, doté d'un excellent rapport qualité-prix, l'œuvre de Mathieu Bablet hypnotise avant même d'avoir été ouverte. L'impression de grandeur renvoyée par la couverture nous happe déjà. Et quand on l'ouvre, on n'est pas déçus... Chaque page est l'occasion pour Mathieu Bablet de nous offrir des compositions somptueuses, aux décors colossaux, et au trait extrêmement maîtrisé. Et de fait, la patte graphique de l'auteur-dessinateur est sans aucun doute ce qui séduit le plus. On est emportés, entraînés, envoûtés par Bablet et on découvre à sa suite les tenants et les aboutissants d'un monde futuriste aussi terrible que fascinant. Deux maladresses majeures subsistent néanmoins. Comme cela a été dit par la majorité des lecteurs, le dessin des personnages est très douteux. Autant les décors sont d'une rigueur et d'une majesté qui en imposent, autant les personnages sont simplistes, schématiques ; ils se ressemblent tous, ce n'est pas à la hauteur de ce qui les entoure. L'autre maladresse est peut-être plus grave : en voulant s'immiscer (et nous avec) dans les codes de l'anticipation, Bablet tombe dans tous les poncifs où on espère ne pas le voir tomber. On a donc droit à une situation qu'on a déjà vu dans des centaines de récits d'anticipation : humanité réduite à vivre entassée dans des espaces métalliques et restreints, grande organisation surpuissante qui dirige le monde (ou ce qu'il en reste), rébellion qui essaye de s'organiser en secret, (anti ?)-héros qui accomplit sagement sa mission sans en connaître tous les aspects, description au vitriol d'une humanité décérébrée, qui discrimine et martyrise les plus faibles pour mieux asseoir son orgueil... Tout cela n'est pas déplaisant en soi, mais c'est du réchauffé, et Bablet prend le risque de se confronter aux plus grands œuvres de science-fiction qui ont déjà fait tout ça en mieux. Et pourtant... Plus le récit avance, plus on se rend compte que Mathieu Bablet ne fait appel aux poncifs de la SF que pour mieux les détourner. Ainsi, il rebat peu à peu les cartes qu'on croyait avoir en main, et de là, développe une réflexion étonnamment puissante sur l'humanité, sur la frontière entre le Bien et le Mal, et surtout, sur la servitude volontaire. Décrivant une forme de totalitarisme bien moins héritier d'Orwell que d'Huxley (voir son brillant Le Meilleur des mondes), Bablet décrit la pire forme de totalitarisme qui soit, une forme de totalitarisme consenti où la population serait consciente de sa servitude, mais l'accepterait sans problèmes tant que celle-ci servirait son confort individuel. Certains dialogues sont ainsi d'une remarquable intelligence, en refusant d'opposer systématiquement le gentil peuple qui n'a rien demandé et les quelques personnes avides qui le dominent sans aucune empathie. Ici, les choses sont présentées d'une manière bien plus subtile et aussi bien plus noire, car montrer les humains participant à leur propre esclavage est sans doute une des visions les plus noires du futur que l'on puisse imaginer... mais peut-être aussi une des plus réalistes, tant j'ai l'impression, en regardant autour de moi, que nous y sommes parfois déjà ! Ainsi, malgré le simplisme apparent de la première moitié du récit, la deuxième moitié pousse les curseurs beaucoup plus loin, donnant à l'œuvre une portée philosophique, sociale et politique extrêmement captivante, fine et nuancée. Cela occasionne d'ailleurs quelques scènes d'une noirceur assez pénible à supporter (je ne me suis pas encore tout-à-fait remis de la séquence dans l'Arche), mais de ce fait, d'autant plus percutante. A ce titre, la mise en scène de Mathieu Bablet renforce le côté épique de ce space opera, qui ne manque pas de morceaux de bravoure. Que ce soit lors des moments tragiques ou des moments héroïques, le montage des planches, les jeux de couleur (le sang qui gicle lors de la révolte, brisant l'harmonie d'images presque toutes bleues), l'impression de grandeur et de vide accentuent les sensations presque physiques du lecteur, ébahi devant une telle intensité. Certes, la mise en scène est parfois un peu confuse (le combat entre les trois mékas) tout comme la narration (la fin est un peu absconse), mais elle est toujours à la hauteur de la narration : ample et grandiose. Elle nous prend aux tripes pour nous immiscer dans la peau et dans la perception des personnages. Alors certes, Shangri-La possède trop de légers défauts pour être hissée au rang de chef-d'oeuvre, mais elle revêt une telle puissance qu'on peut tout de même y voir une grande œuvre de science-fiction, qui se donne les moyens d'être l'épopée humaine et spatiale qu'elle cherche à être. On n'a plus qu'à attendre qu'un grand réalisateur s'empare de l'affaire pour donner à ce récit l'adaptation qu'il mérite...

11/06/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pulp
Pulp

Max Winter est un vieil homme qui écrit des histoires de cowboys inspirées de sa jeunesse. Mais les temps sont durs et de jeunes auteurs ne demandent pas mieux que de prendre la relève. Max a besoin d’argent et il ne voit qu’une façon d’en trouver : revenir à ses anciennes activités de hors-la-loi. Ce vieux monsieur qui n’a pas compris que les temps avaient changé depuis longtemps inspire la pitié. L’histoire se passe dans le New York des années 1930 alors que la montée du nazisme se fait sentir même aux Etats-Unis. C’est bien glauque, bien noir et il se dégage une très belle émotion de cette histoire. Les allers et retours entre le présent et le passé de Max sont très élégants graphiquement. Chacun est prisonnier de son destin pourrait être un des enseignements de ce récit.

11/06/2022 (modifier)