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Malaterre

Note: 4.22/5
(4.22/5 pour 9 avis)

2018 : Grand prix RTL de la bande dessinée. Une fresque familiale épique entre l'Europe et l'Afrique équatoriale, avec un personnage dominant tout le récit de son aura volcanique : Gabriel Lesaffre, personnage fascinant haut en couleurs, détestable et attachant la fois...


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Coureur, menteur, buveur, noceur... Gabriel Lesaffre a toutes les qualités. Depuis l'enfance, il est en rupture avec son milieu familial. Épris de liberté, il ne supporte pas l'autorité. Un jour, il tombe amoureux d'une lointaine cousine, Claudia. Elle a dix ans de moins que lui. Coup de foudre, mariage, trois enfants : Gabriel se laisser séduire par les charmes de la vie de couple et les délices du confort bourgeois. Mais ses vieux démons se rappellent à son bon souvenir. Gabriel s'ennuie. Il plaque tout, s'envole pour l'Afrique, reste cinq ans sans donner de nouvelles. Puis il réapparaît, fidèle à lui-même. Mêlant manipulation, persuasion et belles promesses, il obtient la garde de Mathilde et Simon, les deux aînés, et les emmène avec lui en Afrique équatoriale. Pour ces deux jeunes ados, une nouvelle existence commence : ils découvrent l'Afrique et une vie « festive, bigarrée, frivole et un peu vaine ». Mais ils doivent aussi supporter les incessants problèmes d'argent de leur père, héritier d'un domaine qu'il est incapable de gérer, et son penchant insurmontable pour la boisson. Et si le rêve africain finissait par se dissiper dans les vapeurs d'alcool ?

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 14 Septembre 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Malaterre
Les notes (9)
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10/11/2018 | Blue Boy
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L'avatar du posteur carottebio

Allez y... vous serez embarqués dans le monde des ados rebelles ingrats, des expats d'Afrique noire néo-coloniaux, des adultes portant péniblement leurs failles, leurs maladresses, des familles disloquées dysfonctionnelles. Ce récit juste ne s'égare pas. Il navigue avec intelligence en mélangeant tous ces mondes dans une belle harmonie, une lecture fluide et crédible. Le dessin très personnel rend parfaitement les ambiances des lieux, les émotions des protagonistes. Belle réussite.

05/04/2020 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Maleterre est une BD dont je n'avais finalement pas gardé tant de souvenirs que ça, ma première lecture remontant bien à une année auparavant, et je me suis replongé dans cette BD en essayant de trancher mon avis. Un avis qui sera finalement beaucoup plus positif que je n'aurais cru dans mes souvenirs ! La BD est une plongée dans la vie de Gabriel, père de famille alcoolique, virulent et fantasque. Un personnage atypique, qui n'est pas foncièrement sympathique, mais dont l'auteur parvient à nous faire comprendre le mode de pensé. Et au final, même si je n'ai pas eu de sympathie pour celui-ci, je suis tout de même plus compréhensif. Un humain décalé et pas du tout en phase avec son monde, à l'écart de la norme et exubérant, mais qui verra toutes ses illusions s'envoler et finira par mourir seul. Une histoire tragique, mais logique. Cependant, c'est surtout une histoire de famille avant tout : une histoire d'enfant et d'héritage, de paternité et de successions. L'histoire va développer surtout un épisode de la vie des enfants, leur installation en Afrique quelques temps après la rencontre avec leur père, et permettra de mieux comprendre ce qui en est ressorti au final. Une liaison faite de haine et de violence, de rancœur mais aussi d'amour mal exprimée, d'incompréhension et de volontés contradictoires. Je trouve d'ailleurs presque dommage que l'auteur n'ait pas légèrement développé la suite de l'histoire des enfants, juste savoir ce qu'il est advenu d'eux par la suite. Je comprends la volonté d'avoir laissé l'histoire sur Gabriel, mais j'ai un petit sentiment de manque à la fin. Le dessin s'accorde à merveille avec l'histoire, faisant ressortir toute la magnificence de la forêt tropicale, l'immensité des arbres et de la nature, mais aussi l'expression des corps et des émotions. C'est une belle mise en image, qui donne envie de découvrir un peu plus ce pays. Bref, une BD dont je n'avais pas grand souvenir mais qui sait se faire marquante même à la deuxième lecture. Elle a en elle ce truc qui accroche aux personnages et à l'histoire, qui donne envie de découvrir la suite. Recommandée !

02/04/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

« Malaterre » est une saga familiale relativement classique, mettant en scène une famille de cinq personnes : Gabriel, Claudia et leurs trois enfants, Mathilde, Simon et Martin. Le récit nous emporte entre la France et l’Afrique équatoriale, entre la ville triste et grise et les ruelles colorées, les plages sauvages et la forêt luxuriante, entre un père égoïste, alcoolique, colérique et manipulateur et le reste de sa famille, voire du monde. Rien de révolutionnaire me direz-vous ? Je vous le concède. Cependant, la mayonnaise prend et la magie opère. L’équilibre entre les différents protagonistes et enjeux est parfait. La lecture est fluide, séduisante et hypnotisante. L’atmosphère, la psychologie des personnages et les émotions sont magnifiquement retranscrites et font entrer le lecteur dans l’univers de Pierre-Henry Gomont. Gabriel est le protagoniste central et fil rouge de cette histoire. Le lecteur le détestera. Comment pourrait-il en être autrement ? Sans aller jusqu’à dire qu’il devient attachant, j’ai dévoré l’album, me demandant jusqu’où son égoïsme et sa volonté allaient le mener, lui, sa famille et son exploitation familiale. Rejoignant l’avis d’un précédent posteur, le dessin n’est pas sans me rappeler celui de Christophe Blain dans "Quai d’Orsay". Beau compliment ! Ma première impression n’était toutefois pas excellente. Quand on se contente de feuilleter ce one shot, on risque de trouver tout cela un peu brouillon. Quelle erreur cela serait ?! Il faut ouvrir l’album, s’y plonger et ressentir la profondeur de la forêt, les émotions des personnages, l’haleine alcoolisée de Gabriel et la liberté de Mathilde et Simon. Pierre-Henry Gomont a une mise en couleur envoûtante ainsi qu'un trait puissant, d’une expressivité rare. Nombreuses sont les planches qui méritent une pause contemplative. « Malaterre » est un album magistral et une lecture marquante. Oserez-vous suivre Gabriel dans sa folie des grandeurs ? Je ne peux que vous le recommander !

29/02/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Malaterre est un très bon récit porté par un personnage aussi détestable qu'attachant. On a envie de le haïr, de le massacrer et puis on réalise sa solitude, sa lâcheté, sa détresse... et on se prend non pas à le plaindre mais au moins à voir au-delà des apparences. Et pour réussir ce genre d'exercice (nous faire apprécier un personnage détestable par bien des aspects), il fallait un découpage de haut vol, une montée en puissance totalement maîtrisée, une narration vive et prenante, un dessin efficace, capable de se faire oublier pour donner encore plus de poids aux personnages. Et Pierre-Henry Gomont a parfaitement réussi cette gageure. Son récit est prenant, vivant, troublant, touchant, drôle et cruel à la fois. A mes yeux, c'est tout simplement un très bon album... qui mérite qu'on le lise en le savourant.

16/09/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Quelques fois, je me pose la question de savoir ce qui a tellement plu aux lecteurs dans une oeuvre pour récolter tant de bonnes notes. En effet, au premier abord, c'est plutôt assez classique dans l'approche. En effet, il ne se passera pas des choses extraordinaires dans cette famille d'expatriés composée d'un couple divorcé et de trois enfants. Même le personnage principal Gabriel dans son rôle d'entrepreneur alcoolique n'est guère très sympathique. Il souhaite absolument orienter la vie de ses enfants au sujet d'un domaine forestier en plein coeur de la jungle africaine. J'avoue que je suis resté un peu perplexe. Cependant, je suis arrivé à comprendre. Derrière ce personnage se cache un homme au coeur tendre qui a commis des erreurs mais qui a fait de son mieux pour laisser un héritage à ses enfants. J'ai été alors touché par cette sincérité des sentiments. Nous avons pour une fois une oeuvre assez complexe au niveau de la relation humaine. Un père n'est jamais parfait. Du coup, vous voyez également ma note qui traduit un peu mon degré de satisfaction. Une oeuvre non manichéenne ce qui est tout à son avantage.

05/06/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

J'aime l'originalité et l'impact de cette lecture. Elle est dépaysante et met en scène des personnages forts, en particulier évidemment Gabriel, ce père de famille obnubilé par un rêve qui détruit tout sur son chemin. Tiens, en écrivant ça, ça me fait penser au film Mosquito Coast avec Harrison Ford où là aussi un père emmenait ses enfants dans la jungle pour un rêve utopique, même si le héros du film était bien plus sympathique que celui de Malaterre. Car ici, ce fameux Gabriel est difficilement attachant. Et pourtant, on finit par le comprendre un peu et presque l'excuser de son comportement. Il est égoïste, menteur, roublard et il cherche en permanence à imposer violemment sa vision des choses, mais il est en même temps totalement aveuglé et poussé par son rêve et son désir de le transmettre à ses enfants, même s'il le fait de la pire manière qui soit. J'ai aimé cette plongée dans une vie africaine exotique et crédible. Ayant vécu dans la majorité des pays d'Afrique Noire des ex colonies françaises, je pense pouvoir affirmer sans crainte que celui mis en scène ici est totalement fictif, même s'il rappelle en grande partie le Gabon, le Cameroun ou le Congo. Mais d'expérience, je peux confirmer que la vie des adolescents vivant là-bas telle qu'il la décrit est réaliste même si un peu fantasmée. On y retrouve notamment cette vie entre blancs, presque comme dans un monde à part, occultant complètement ou presque la population noire pourtant bien présente en toile de fond. Il est clair que cela forge des souvenirs bien différents de ceux d'une jeunesse européenne et la BD le retranscrit bien quand elle décrit l'état d'esprit des enfants de Gabriel. En même temps, leur relation avec leur père est présentée de manière intéressante, ambiguë, avec une balance constante entre affection filiale et haine. C'est intéressant de la voir évoluer et de se demander jusqu'où ira ce père en grande partie indigne ou du moins extrêmement maladroit. La mise en scène elle aussi est originale, avec un narrateur dont on ne sait jamais trop qui il est, et qui présente les choses à sa manière, dévoilant le futur sans vraiment le dévoiler. Et le dessin est lui aussi très agréable, avec sa palette de couleurs bien à lui. Cette lecture est prenante, intéressante et elle nous sort des sentiers battus. Bel ouvrage !

26/02/2019 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
L'avatar du posteur montane

J'avais découvert cet auteur avec son précédent one-shot Pereira prétend que j'avais trouvé remarquable, et force est de constater que la qualité ne se dément pas non plus dans ce nouvel album sélectionné à Angoulême, et pour le prix des lecteurs de la FNAC également. Le personnage principal est un individu particulièrement détestable. Depuis son enfance, il est en rupture de ban avec sa famille, avec l'école, avec l'armée. Alcoolique mondain, paresseux au possible, il ne se sent bien que dans le monde de la nuit entre la bouteille et les femmes. Le problème est qu'il finit par fonder une famille et a trois enfants d'une femme qui finit par en avoir assez de ses frasques, et de laquelle il divorcera finalement. Alors même qu'il est un père défaillant, il demande contre toute attente la garde de ses enfants et il l'obtient. Il les amène alors avec lui dans un domaine d'Amérique du Sud qui a appartenu jadis à ses ancêtres et auquel il tente de redonner vie. Son but ultime ? Que ses enfants prenne sa relève. "Malaterre" est l'histoire d'une relation conflictuelle entre un père et ses enfants. Un père parti réaliser un rêve au bout du monde, sans en mesurer forcément les conséquences, et sans avoir les moyens de ses ambitions. C'est aussi l'histoire de ses enfants qui vont s'éveiller à la vie sous les tropiques loin de la grisaille parisienne ; une vie qui va les conduire de l'adolescence à l'âge adulte de manière accélérée. On retrouve ci le style caractéristiques de Gomont, proche parfois de celui de Blain dans Quai d'Orsay, où l'esquisse et la caricature l'emportent souvent sur la précision du trait. Un trait qui sait pourtant être également remarquable de précision et de légèreté. Cet album sans concession sur la nature humaine est une véritable réussite et nous invite au final à regarder vers l'avant et non pas à vivre en permanence avec les fantômes du passé.

06/02/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Gaston

Une très bonne bande dessinée qui me donne bien envie de lire les autres œuvres de cet auteur que je n'ai pas lues. Autant je fus déçu par son Pereira prétend, autant j'ai trouvé que ce Malaterre était captivant. Les deux points forts sont clairement le dessin et le personnage de Gabriel. Le dessin, tout d'abord, est non seulement un des styles de dessins que j'aime le plus, mais il est maîtrisé de main de maître par Gomont. C'est dynamique, expressif et les couleurs sont excellentes. Ensuite, le personnage de Gabriel est effectivement un personnage intéressant même s'il est au final assez détestable, notamment dans la manière dont il traite ses enfants. Le scénario est prenant et bien maîtrisé du début jusqu'à la fin. Pour moi un des meilleurs albums sortis en 2018.

13/01/2019 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue Boy

A quarante ans, Pierre-Henry Gomont est devenu, en l’espace de six albums publiés en moins d’une décennie, une figure incontournable du 9ème art, et ce dernier opus ne fait que confirmer ce statut. Si Pereira prétend, qui avait rencontré un certain succès, était une adaptation de roman, « Malaterre » relève plutôt de l’autobiographie. En effet, pour concevoir ce one-shot, l’auteur s’est inspiré de sa propre famille tout en resituant les événements et les lieux par rapport à la réalité, les personnages de l’album eux-mêmes « des agrégats de plein de personnages réels », comme il le dit dans une interview. Avec un scénario extrêmement bien charpenté, des personnages également très bien campés, P.-H. Gomont réussit à nous embarquer totalement dans cette « aventure » au parfum d’exotisme, en majeure partie grâce à ce personnage haut en couleurs qu’est Gabriel Lesaffre et qui constitue la force gravitationnelle du récit, omniprésent même dans les scènes où il est absent. Tout détestable soit-il, l’homme exerce une fascination puissante sur son entourage, sans que l’on puisse vraiment l’expliquer. En premier lieu, ses deux aînés, arrachés à leur mère suite à une action en justice du père pour obtenir leur garde, alors que ce dernier, aimant l’argent et la vie facile, a rarement été présent dans le passé. La mère restera seule à Paris avec le plus jeune enfant, les aînés Mathilde et Simon suivant leur père sans broncher vers cette destination exotique, l’Afrique équatoriale, dont ils ne connaissent rien. Une fois sur place, ils découvriront en pleine jungle le vaste domaine que Gabriel a racheté suite à la faillite des illustres aïeux dans les années 1920 : une imposante demeure coloniale, une serre monumentale ainsi qu’une scierie. Gabriel s’est mis en tête de restaurer et entretenir le patrimoine familial pour le léguer plus tard à ses enfants, dont il exige en retour qu’ils en soient les dignes héritiers. Dans les premiers temps, ceux-ci seront vite envoûtés par la beauté des lieux et l’environnement luxuriant. Une nouvelle liberté va s’offrir à eux dans cet endroit paradisiaque, contrastant fortement avec la grisaille parisienne. Très vite, ils seront contraints par leur père de suivre leurs études dans le lycée français d’une ville côtière. Plus ou moins livrés à eux-mêmes, ces adolescents s’endurciront au contact de leurs nouveaux amis, et feront malgré eux l’apprentissage de la vie, sans parents, préférant leur nouvelle vie à un retour à Paris, même s’ils finissent par honnir ce père caractériel. Absent comme à son habitude, Gabriel ne les verra plus qu’occasionnellement. En effet, obsédé par son projet, il dirige de façon chaotique le domaine, en jouant plus sur l’esbroufe qui lui a d’ailleurs permis de s’enrichir que grâce à ses compétences de gestionnaire, plus que limitées. Et d’avance, on pressent que tout cela est voué à l’échec… Côté dessin, on est servis ! P.-H. Gomont maîtrise parfaitement son coup de crayon. Par les poses ou les expressions du visage, il sait faire ressortir les traits de caractère et les humeurs des protagonistes. À l’image du tumultueux Gabriel, le mouvement est permanent dans cette épopée virevoltante. De façon pertinente et audacieuse, l’auteur exploite pleinement les codes de la BD. C’est surtout la représentation du père qui frappe le lecteur. Les yeux exorbités de Gabriel et son visage émacié trahissent son désordre intérieur, renforcés par cette cigarette crachant des flammes plutôt que de la fumée, telle une extension organique de lui-même. L’ambiance graphique est bien différente du placide Pereira prétend. Tour à tour lumineux et sombre, l’environnement exotique, très bien représenté dans son foisonnement, accompagne parfaitement cette histoire de passion humaine où les gouffres psychiques ne sont jamais loin. Inévitablement, on pense à l’œuvre de James Conrad, « Au cœur des ténèbres », où là encore la jungle africaine semblait agir comme révélateur des pulsions enfouies de l’Homme blanc. Une jungle réfractaire et incompatible avec l’esprit de conquête, qui finit toujours par engloutir ceux qui cherchent à la dompter, telle une malédiction lancée par les dieux de la forêt. Et Gabriel n’y échappera pas davantage, malgré toute l’énergie qu’il aura déployée pour maintenir à flot son frêle esquif « mal sur terre », perdu dans l’immensité forestière. Il faut ajouter à tout cela la plaisante tournure littéraire des textes, qui contribue à ériger « Malaterre » comme une référence parmi tout ce que le roman graphique a produit de meilleur. D’ailleurs, le talent narratif dont fait preuve Gomont n’est pas sans rappeler le maître dans sa catégorie, j’ai nommé Will Eisner… L’émotion n’est pas absente, en particulier vers la fin, et celle-ci est d’autant plus puissante qu’elle reste sobre, sans pathos. Car au final, le personnage de Gabriel révèle un côté attachant avec sa folie et ses paradoxes, une fragilité qu’il masque bien souvent derrière sa colère. Ses enfants, dans leur détestation commune, réalisent qu’au fond ils l’aimaient ce père que l’on voit mourir au début de ce récit en forme de flashback. Un père hors du commun qui suivait ses instincts envers et contre tout, en lutte contre tout le monde mais aussi contre lui-même. Que l’on aimerait avoir à lire plus souvent de tels ouvrages ! Symbiose parfaite entre bande dessinée et littérature, ce récit flamboyant place la barre très haut, ne négligeant aucun aspect tant dans le fond que dans la forme. Pour faire simple, P.-H. Gomont nous offre avec « Malaterre » un véritable chef d’œuvre à qui l’on peut souhaiter tout le succès qu’il mérite.

10/11/2018 (modifier)