Les derniers avis (9696 avis)

Par Antoine
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série De mal en pis
De mal en pis

J'aime bien ces bouquins où il ne se passe vraiment pas grand chose mais qui nous font vivre un pan de la vie de plusieurs personnes. "De mal en pis" est exactement dans cette veine. Un bon gros pavé qui nous plonge dans New-York, ville fascinante, et dans la vie de trentenaires à la croisée des chemins. J'ai vraiment pris du plaisir à suivre les "aventures" amoureuses, amicales et professionnelles de ces jeunes en quête d'identité. C'est vraiment divertissant et cela m'a bien détendu dans mon lit le soir pendant 2 ou 3 jours. Non, vraiment, il ne se passe pas grand chose mais on veut connaître la suite, alors on tourne les pages inlassablement... Que dire de plus sur l'histoire ? Je ne saurais dire. C'est la vie, avec ses questions existentielles, ses déboires, ses moments de joie ou de franche rigolade... Le dessin est joli. En noir et blanc. Il colle bien à l'ambiance un peu "plate" de l’œuvre, un peu underground en effet. Très bon roman graphique. A lire. Vraiment.

09/09/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pereira prétend
Pereira prétend

Un album bien écrit, profond et avec beaucoup de nuances dans le caractère du personnage principal : Doutor Pereira, journaliste en charge de la page culturelle du Journal de Lisbonne. Ce bon bonhomme, solitaire depuis la mort de sa femme, se passionne pour la littérature et pour les traductions qu’il fait pour son journal. Sa vie s’écoule lentement, mollement, sans surprise. Une question le hante : la vie après la mort. Cette question va l’amener à rencontrer un jeune étudiant en philosophie, Francesco Monteiro Rossi, rencontre qui va bouleverser sa vie. Lui qui vivait en marge de la politique, sous un régime totalitaire, il va devoir se confronter à l’engagement et au courage d’exprimer ses opinions. Fin de la petite vie tranquille pour Doutor Pereira en proie à des sentiments contradictoires et obligé de regarder ce qu’il ne voulait pas voir. J’aime beaucoup les albums de Pierre Henri Gaumont, j’aime ses scénarios et son dessin nerveux, l’expression des pensées contradictoire qui tiraillent Pereira et toutes les petites bulles qui évoquent ses soupirs et ses angoisses. Un album qui amène à réfléchir, un album plein d’émotion. Pierre Henri Gaumont nous emmène dans les quartiers bien connus de Lisbonne. Les couleurs sont chaudes et les pages superbes. Un gros coup de cœur pour le scénario et le dessin.

08/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Ma vie dans les bois
Ma vie dans les bois

J’aime beaucoup ce manga… et, encore aujourd’hui, les raisons de cette appréciation continuent de me poser question. Pourquoi, en effet, me suis-je passionné pour ce récit d’un mangaka qui s’en va construire sa maison au milieu des bois et se passionne pour la pêche ? Les réponses à cette question sont multiples et parfois franchement étonnantes. La plus étonnante de toutes à mes yeux, c’est le dessin. Pourquoi celui-ci m’a t’il fait penser au regretté Michel Plessix (oui, je sais, quand on regarde la couverture, c’est encore plus étonnant) ? J’ai d’abord pensé à la calligraphie employée (ce qui n’était pas idiot)… mais il n’y a pas que ça. La manière de dessiner la forêt et ses arbres, mais aussi les visages des personnages a un petit quelque chose de Plessix (période Julien Boisvert ou, mieux encore, La Déesse aux Yeux de Jade). Ce trait m’a beaucoup plu, même lorsqu’il se fait plus caricatural. Il est expressif et dynamique, ce qui convient parfaitement au thème, mais aussi détaillé et différent du style employé dans la majorité des mangas actuels (pour lesquels on pourrait véritablement interchanger les auteurs sans que personne n’y remarque quoique ce soit). Ensuite vient le thème en lui-même. Il y a dans celui-ci un léger parfum du mythe de l’île déserte. Depuis l’île mystérieuse (véritable livre de chevet durant ma jeune adolescence), j’ai toujours été fasciné par les récits dans lesquels des humains parviennent à construire quelque chose à la seule force de leurs mains, de leur courage, de leur ingéniosité et de leur obstination. Et d’autant plus fasciné lorsque les techniques employées nous sont livrées sans pour autant que l’intrigue en souffre. J’ai retrouvé un peu de cet esprit dans cet album, qui nous explique très clairement et dans le détail mais sans que cela ne devienne trop technique comment construire une maison en rondins au cœur d’une forêt pour un budget réduit, comment construire un four, comment fabriquer une canne à pêche à partir de bambous... Franchement, ça donne envie de se lancer dans l’aventure même si tout n'est pas réalisable sous nos latitudes. Et puis, il y a le ton employé et la personnalité de Shin Morimura. Obstiné et positif, le mangaka fait montre d’humilité et d’humour mais parvient à donner vie à ce qui ressemblait pourtant à une douce utopie. Ce retour à la nature et aux travaux manuels a certes un franc côté bobo (je ne sais pas s’ils emploient ce qualificatif au Japon mais dans l’esprit on en est proche) mais un bobo réaliste, un rêveur pragmatique. Les questionnements du personnage sont une des composantes essentielles du récit… et donc de mon appréciation. L’humour est également bien présent, et comme souvent dans les mangas en relation directe avec la scatologie. En temps normal, je peux trouver ça très vite gonflant mais ici, ça passe plutôt bien. Les photos qui viennent illustrer la fin de nombreux chapitres jouent aussi dans mon appréciation d'ensemble, car elles matérialisent ce récit, le font rentrer dans le concret. Bon, je dois admettre qu'il y a une petite baisse de régime entre la fin du tome 4 et le tome 7. Le fait que Shin Morimura semblait avoir réalisé tout ce qui était possible et nécessaire à son habitation après ces quatre premiers tomes est certainement la cause principale de cette baisse d'intérêt de ma part. La part prise par ses récits de pêche depuis le tome 3, et qui ne cesse de grandir depuis est une autre raison (et une conséquence de la première ?) Les changements de traducteurs ont aussi joué un rôle (principalement dans le cas du tome 6). Heureusement les trois derniers tomes ont réussi à réveiller mon intérêt. Le tome 9 qui aborde la thématique de la transmission ainsi que les voyages en chien de traineau m'a particulièrement plu, le positionnant au même niveau que les tout premiers tomes de la série dans mon classement personnel. Quoiqu'il en soit, pour l'évocation de ses chiens, pour les pages consacrées à sa perception de la catastrophe de Fukushima (il habite à seulement 80 km de la centrale nucléaire et son habitat naturel, maison, potager, forêt nourricière, a donc été exposé aux radiations), pour la bonhomie qui se dégage de ses récits, pour son ingéniosité et son obstination (on ne peut pas dire que je me passionne pour une canne à pêche mais les siennes sont vraiment des œuvres d'art autant que d'artisan), je considère cette série comme un de mes mangas préférés, sinon mon préféré. Vraiment à découvrir !

04/09/2017 (MAJ le 08/09/2022) (modifier)
Couverture de la série Royal City
Royal City

Depuis que j’ai découvert cet auteur, j’ai longtemps entretenu un drôle de rapport avec Jeff Lemire et ses productions. Systématiquement, j’étais attiré par ses albums, leur synopsis originaux, l’humanisme qui s’en dégage malgré la dimension souvent fantastique des scénarios proposés. Systématiquement, j’avais envie d’essayer… et systématiquement, je n’étais jamais aussi séduit que je l’espérais. Puis est venu Royal City… Une fois de plus la couverture m’intrigue. Ce dessin un peu brouillon, brut, duquel se dégagent une étrange sensibilité, une espèce de fêlure attire mon regard aussi surement qu’un être tortueux au milieu d’une plantation de bouleaux. Petit coup d’œil sur le résumé qui laisse sourdre l’idée qu’il s’agit plus ici d’une sorte de roman graphique –avec une touche de fantastique tout de même- que d’un récit fantastique pur et dur et me voilà définitivement ferré. A la lecture, je suis charmé. Ce récit aux allures classiques (la petite ville paumée, la fratrie réunie suite au coma du paternel, les tensions entre habitants devant le projet de fermeture de la principale usine du bled) prend une autre dimension grâce à une pointe de fantastique. Cet aspect fantastique n’est pas du tout artificiel. Je dirais même qu’il est essentiel au récit car c’est lui qui va révéler chaque personnage, l’éclairant sous un autre angle. Du coup, même si nous sommes devant un récit fantastique, son côté roman graphique prédomine… et inversement (oui, je sais, difficile d’être moins clair mais c’est vraiment mon ressenti). Le dessin très brut pourra déplaire à certains. A titre personnel, et même si je trouve que Jeff Lemire aurait pu un peu mieux fignoler certains visages, je suis plutôt séduit. Comme dit plus haut, je trouve que ce dessin dégage une certaine fêlure, une fragilité, une maladresse qui cadrent bien avec le propos. Je me suis jeté sur chaque tome à sa sortie, et ce jusqu’au terme de la série (même si aujourd’hui, on parle d’une suite dont je ne comprends pas bien l’intérêt). A chaque tome, j’ai trouvé ce que j’espérais jusqu’à la conclusion que je trouve juste et touchante. Royal City a constitué ma porte d’entrée dans l’univers de Jeff Lemire et depuis lors je me suis penché sur d’autres productions de l’auteur (parfois antérieure à cette série) sans toujours retrouver un tel niveau d’émotion. Pour moi, cette série gardera donc toujours un goût particulier.

22/02/2018 (MAJ le 08/09/2022) (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dernier week-end de janvier
Dernier week-end de janvier

Bastien Vivès nous offre, après un très décalé "Burne-out", un ouvrage plus sage avec "Dernier week-end de janvier", très belle chronique sur fond de festival d’Angoulême. Sur près de 180 pages, Vivès prend le temps de nous présenter les personnages : un dessinateur assez blasé par les séances de dédicaces, un chasseur de dédicaces presque caricatural aussi bien sur le plan graphique (son visage, à la Largo Winch, tranche volontairement avec la galerie de portraits de l'album), que sur le plan personnel. Et surtout, une femme, Vanessa, fragile, attachante, complètement étrangère au monde de la bande dessinée, pour qui le lecteur ne peut que ressentir une certaine sympathie. Ayant fréquenté, à une époque de ma vie, le festival d'Angoulême, j'avoue avoir retrouvé à travers cette bd, l'atmosphère de cet événement. Vivès nous offre une histoire presque banale, digne d'un film de Claude Sautet, mais qui par son traitement graphique mérite de s'y attarder Car, il faut l'avouer que les planches sont magnifiques, avec mention spéciale pour les scènes de danse, qui sont parfaites Même les scènes d'amour au lit, que le lecteur attendait vu le précédent album sulfureux de Vivès, sont d'une sensualité et d'une délicatesse sans pareil Cet album va rejoindre des titres comme Polina ou encore Une Soeurque je relis régulièrement avec plaisir Un très bel album, une très belle chronique où on se demande où s'arrête la réalité et où commence la fiction J'en recommande évidemment la lecture.

07/09/2022 (modifier)
Par Antoine
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moi, ce que j'aime, c'est les monstres
Moi, ce que j'aime, c'est les monstres

Je l'avoue, je ne suis pas convaincu que j'aurais acquis cette bd sans le tapage consécutif à son Fauve à Angoulême. Cela aurait été dommage. Comme quoi, les prix, même s'ils peuvent nous apparaître trop élitistes par moments, peuvent être utiles... J'ai vraiment beaucoup aimé me plonger dans ce pavé. L'expérience visuelle est incroyable. Le dessin est absolument somptueux. C'est, certes, aller un peu loin mais certains portraits sont proches de la photographie, tellement ils s'approchent de la réalité (en tout cas, celle qui nous est présentée). Là, où je me dis que je suis clairement un client de ce genre graphique, c'est quand je me revois, pendant ma lecture, avancer de quelques pages pour essayer de trouver une planche particulièrement belle, un peu comme un accro ayant besoin de sa dose, ou revenir en arrière pour en explorer une autre, déjà vue, en quête d'un deuxième shoot. Le dessin mérite clairement un 5/5, de mon avis en tout cas. Côté scénario, on est sur du solide aussi. Deux histoires, deux parcours qui s'imbriquent dans l'Histoire, de façon assez habile la plupart du temps. Bon, on n'est pas tout à fait dans du Spiegelman ou du Levi pour la partie contant la période pré-nazisme et nazie mais l'émotion passe et certains passages, peut-être moins importants pour l'Histoire (je pense ici aux scènes dans le bordel ou aux passages avec l'ami-protecteur noir de Karen, rejeté par la société de bien trop de manières), sont bien décrits et fond froid dans le dos. Et c'est là où on touche à ce qui m'a le plus plu dans le scénario d'Emil Ferris : les détails. Ces petites choses, ces petits évènements, qui rendent une histoire (l'Histoire ?) plus consistante et accessible finalement. J'ai adoré l'héroïne, cette gamine en marge qui choisit de cultiver sa marge, pour se protéger sûrement, mais aussi parce que c'est vachement plus drôle d'être à contre-courant. C'est sans doute un peu caricatural par moment, en particulier dans ses relations avec son frère et sa mère, mais c'est convaincant, on entre dans leur intimité volontiers et on pleure avec eux, on rit aussi. Je ne veux pas trop en dire, pour ne pas spoiler les futurs lecteurs, mais certains twists, même si je m'y attendais pour quelques-uns, font le sel du scénario. Pour conclure, il ne faut pas avoir peur de ce pavé, le début est certes plus dense, plus contraignant également, que la suite mais le dessin happe le lecteur que je suis, et je l'espère que vous serez en plongeant dans cette œuvre. Œuvre que je classerai sans doute "culte" après la lecture du tome 2, si celui-ci est du même niveau.

07/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Retour de flammes (Glénat)
Retour de flammes (Glénat)

Je n'avais pas prévu de lire cette Bd, je suis tombé dessus par hasard en bibli, ce fut une excellente surprise. Les auteurs font revivre de superbe façon le cinéma français dans le Paris occupé de 1941, avec notamment la firme Continental Films, société de production française financée par des capitaux allemands ; créée en 1940 par Goebbels dans un but de propagande, elle sera destinée à produire des films légers et à la limite un peu crétins, de façon à endormir le peuple français, mais Alfred Greven, son patron francophile suivra très peu les directives de Berlin, produisant au contraire de bons films qui étaient loin d'être infantiles ou stupides, tels la Main du diable, l'Assassin habite au 21, les Inconnus dans la maison, le Corbeau, l'Assassinat du Père-Noël... qui sont devenus de grands classiques. Plusieurs vedettes tourneront pour la Continental, comme Raimu, Fernandel, Danielle Darrieux, Suzy Delair, Bernard Blier, Pierre Fresnay, Michel Simon... posant ainsi l'épineux dilemme de l'art placé au-dessus de la politique ou celui de la collaboration honteuse avec l'occupant, on en apprend d'ailleurs beaucoup à travers cette Bd, sur les milieux artistiques de l'époque. C'est donc une excellente idée d'évoquer cette période riche pour le cinéma français à travers ce polar historique, matiné de thriller, émaillé de rebondissements, qui bénéficie d'une remarquable reconstitution d'époque richement documentée. On y voit plein de têtes connues pour qui connait ce cinéma français des années 40, des acteurs ou des réalisateurs comme Clouzot. Le récit est prenant, l'enquête est bien ficelée, et les personnages sont consistants, au travers du contexte politico-historique d'une période sombre en France. L'ambiance est bien rendue grâce à de nombreuses références, et le tout est joliment illustré par le dessin d'Alicia Grande ; j'ai d'ailleurs l'impression de connaître ce dessin, il me rappelle d'autres dessinateurs, en tout cas, il est précis dans les détails et les décors, son travail est aussi remarquable au niveau recherches et documentation pour faire revivre cette période d'Occupation à Paris, bref c'est un vrai plaisir de lecture.

07/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Mystères de Tana
Les Mystères de Tana

Ce fut un vrai plaisir de lire cette série de deux volumes écrite et dessinée par Franco Clerc. Ce dernier est un auteur malgache dont je découvre le talent. Il nous propose un récit de type thriller/polar dans la face cachée de Tananarive. Son récit est classique mais très bien construit facile à suivre malgré les divers clans rivaux. Vaness et Ed forment un couple bien improbable au début du récit mais l'aventure montrera qu'ils ont bien plus de points communs qu'ils ne le pensaient. J'ai trouvé beaucoup de points positifs dans la série de Franco Clerc. Un récit bien élaboré depuis le début, des personnages à la personnalité formée et crédible, une description de l'intérieur des quartiers de Tana et de sa brousse environnante. Le récit est dynamique, sans longueur avec des rebondissements intéressants. La fin est un peu convenue mais s'accorde bien avec l'esprit positif et bon enfant du récit. La vraie surprise a été pour le graphisme de Franco Clerc. J'y ai trouvé du Corto Maltese dans ses personnages et ses ambiances en clairs-obscurs. Pour moi une vraie découverte d'un talent de Madagascar.

07/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Châteaux Bordeaux - A table !
Châteaux Bordeaux - A table !

Après plus de 10 ans de Châteaux Bordeaux, Corbeyran et Espé se lancent en 2018 dans un spin off qui après le vin, vise la gastronomie 4 étoiles, les deux étant complémentaires ; on ne peut apprécier un bon vin qu'avec un bon plat, c'est bien connu. On est donc toujours en Gironde, au Chêne Courbe, chez Alexandra Baudricourt et ses 2 frères. Il est d'ailleurs assez rare de retrouver tous les mêmes personnages de base dans un spin off. On sent instantanément la grande aisance narrative de Corbeyran dans ce projet, il est de plus en terrain connu, son angle d'attaque est certes classique mais très bien conçu, avec des personnages bien pensés et au caractère bien trempé, du suspense, une bonne progression et des rouages bien élaborés, le tout étant bien documenté et s'appuyant comme dans Châteaux Bordeaux, sur du réel. Son inséparable complice Espé améliore encore son style graphique, c'est un dessin propre, très soigné, qui reproduit parfaitement des lieux bordelais et des paysages médocains : les îles sur la Garonne existent vraiment, on en compte une dizaine, de taille différente, elles s'étalent surtout sur la Garonne qui ensuite devient la Gironde lorsqu'elle est rejointe par sa grande soeur Dordogne au Bec d'Ambès. Je connais par exemple l'île de Patiras (non loin de Blaye) où il y a un restaurant gastronomique au milieu de nulle part, un peu comme celui d'Alexandra, j'ai eu l'occasion d'y aller avec mon association culturelle, l'endroit est très dépaysant. Au final, à défaut d'être originale dans son fond, cette Bd prolonge très agréablement la série mère, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lire, elle est sans doute plus parlante pour un Girondin ou un Bordelais par quelques détails connus des locaux (les fameux cannelés bordelais, les Capus, une institution bordelaise, ou encore Jean-Pierre Xiradakis, chef qui officie à la Tupina, restaurant très coté, situé non loin des quais, où descendaient Johnny Hallyday ou François Mitterrand lors de leurs passages à Bordeaux). Je regrette même que la Bd ne se décline qu'en un seul diptyque, je trouve que Corbeyran aurait pu pousser un peu plus sur un autre diptyque, c'est dommage, le potentiel est bon.

07/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Loup (Dillies)
Loup (Dillies)

Je lis Renaud Dillies comme l'un des auteurs majeurs contemporains dans le neuvième art. Pas d'esbrouffe dans ses récits, au contraire une approche poétique très forte soutenue par un graphisme personnel très abouti. Déjà dans Sumato ou dans Betty Blues, Dillies abordait les thèmes de la mort et de la séparation d'une manière onirique et sensible. Notre bon Loup est-il un cousin de Wolf qui s'était fait plaquer par Sally dans Sumato ? Ou est-il tout simplement Wolf qui veut garder son anonymat derrière son loup ? Va savoir ? Après 15 ans il semble avoir bien tourné la page jusqu'à ce virage. Son réveil est-il réel ou peut être un ressenti de cette froideur et de ces bruits entendus dans l'ambulance. Dillies ne nous propose-t-il pas le rêve de Loup sur son lit de coma qui revit sa rencontre avec Miss Ti/ Sally fantasmée par son sommeil profond ? Toute la suite devient logique et poignante dans le récit de Dillies. Jusqu'au réveil entouré de ces masques qui tentent une dernière intervention ? Peu importe l'issue puisque l'amour a triomphé. Inutile de revenir sur l'excellence du graphisme de Dillies si abouti et si maîtrisé. J'ai beaucoup aimé les couleurs de C.Bouchard qui renforcent le côté onirique du récit. Un album bien personnel de l'auteur qui peut conduire à plusieurs lectures possibles. Perso j'y ai trouvé une lecture très émouvante.

07/09/2022 (modifier)