Dans l'exercice de style Le Spirou de... j'ai beaucoup apprécié cet opus de Zidrou et Frank Pé.
Les auteurs reprennent la thématique du clown triste avec plusieurs pistes de reflexion sur la beauté, l'argent et les choix fondamentaux que l'on croise tout au long de notre vie.
Les auteurs nous attaquent à froid avec ces premières pages preque bucoliques de chasseur d'images avec son bébé. Mais cela tourne au drame. Zidrou et Pé nous invitent ,de façon violente, dès le début à inverser les stéréotypes. Noé ,ressuscité de "Bravo les Brothers", aura une image en clair obscur.
Toujours éducateur de génie de Franquin pour ses animaux , il se présentera longtemps comme un père exécrable et lâche.
Spirou aura aussi tendance à s'effacer dans les problématiques dominantes du récit. La beauté? mais Spirou est un bien piètre artiste. Spirou sauveur d'une diversité en péril? Il n'empêchera pas la fin de Bornéo. La peste noire? Il ne la voit même pas sous son nez.
Pour le reste les auteurs exploitent des thèmes qui semblent des figures imposées à présent: Spirou et les femmes, Fantasio arriviste au service de sa carrière.
Je trouve le graphisme moderne et dynamique. Un beau bestiaire et une image de Bruxelles presque dystopique bien réussie. Une mention spéciale à Noé empâté presque embourgeoisé qui suinte le laisser aller et le recroquevillement sur soi.
Et Champignac dans tout cela? Lui aussi semble bien désemparé devant cette "peste noire" qui se répand à vive allure et corrompt tous les trésors de l'humanité. Zidrou se montre un brin caustique face à ces scientifiques gesticulants tout juste capables de fabriquer un succédané de café ou de champagne.
Quant aux institutions politiques , elles controlent les plages des Maldives aux frais du contribuable.
C'est exactement ( souligné dans le texte) au moment où le public retrouvera la beauté enfouie dans notre humanité que cette peste disparait.
Je ne sais pas si cette lecture est exacte mais je lui trouve un sens et un message de sagesse qui colle avec le personnage de Spirou.
C'est une lecture assez poétique avec un fond de tristesse sur cette beauté, la nature ou les enfants, qui nous file entre les doigts à cause de notre aveuglement à ne pas distinguer autre chose que notre profit ( pas forcément financier).
Le duo Spirou et Fantasio ouvre à des perspectives d'humour et de sagesse très nombreuses. Cet opus en est encore l'exemple. Une très bonne lecture.
Véritable claque que cette bande dessinée, faussement orientée vers le genre pornographique alors que le style "roman graphique" sied plus à ce one-shot.
Tout d'abord, le dessin tout en retenue et en rondeur de Grazia La Padula est très loin des bandes dessinées dites pour adultes. Les couleurs choisies donnent en outre un côté classique à cette histoire hors norme, enfin pas tout à fait.
Puisque l'héroïne, Elise 52 ans, découvre ou redécouvre sa sexualité en apprenant l'infidélité de son mari.
Entre scènes de la vie quotidienne (rapport épouse/mari; enfant/parents) et scènes plus explicites, Céline Tran, que l'on ne présente plus, nous offre des réflexions sous la forme de pages dactylographiées qui épousent parfaitement le récit.
J'ai été scotché par la révélation finale, qui remet tout en cause.
C'est pour moi, un des meilleurs albums que j'ai lus cette année, et qui mérite amplement de dépasser la simple collection "porn'pop", certes de qualité, dans lequel il est cantonné.
J'en recommande évidemment la lecture.
Mais putain que c’est bon cet album ! Veuillez m’excuser pour cette interjection bien vulgaire mais c’est le mot qui m’est venu immédiatement à la bouche lorsque j’ai refermé cet album, lu d’une seule traite. Ce n’est pas pourtant pas mon genre préféré, ce n’est pas mon graphisme favori mais pourtant le résultat est là … c’est magnifique.
Je pensais au départ être tombé dans une histoire légère, sans aucune prétention, empreinte de sentimentalisme. Mais pas du tout au final.
C’est quoi l’histoire ? C’est un couple qui prend une année sabbatique en Australie où les attend un échange de maison. Lui va se remettre à écrire et elle à peindre. Tout semble aller pour le mieux mais il y a un truc qui ne va pas. Ça coince aux entournures comme on dit. Mais qui pourrait les espionner ? et pourquoi ?
Nul besoin de balles qui fusent dans tous les sens, ou de bagarres avec des personnages testostéronés pour créer un thriller original qui tient la route. Vous ne trouverez pas des séquences inattendues qui vont bouleverser l’histoire. Non non pas d’artifices. On ne joue que sur le côté psychologique des personnages. Et c’est délicieux car Serge Perrotin nous fait avancer pas à pas dans l’histoire au point que vous serez happés littéralement par cet album.
Si vous rajoutez des aborigènes bien mystérieux et le site d’Ayers Rock dans le centre rouge australien tout ça au son du didjeridoo, vous ne pouvez que succomber à cette histoire d’amour inhabituelle, sous le trait maitrisé et harmonieux de Christian Maucler.
Je vous le dis, ne passez pas à côté de cet album.
Je remercie les premiers aviseurs pour m'avoir permis de découvrir Dave McKean à travers cette histoire. Et je me joins à eux pour préciser qu'elle m'a définitivement plu.
Nous suivons Arthur et Sokol, chacun vivant dans un monde différent l'un de l'autre. Arthur est écrivain et n'arrive pas à outrepasser le deuil de sa femme. Sokol est un chasseur errant, jamais sans son faucon. La réalité, la fiction, l'imaginaire, le rêve, le surnaturel... nous traversons ces univers nuancés durant tout le récit. En cours de lecture, je me dis que je tiens là une BD au graphisme très singulier, vraiment magnifique, au dessin poétique et envoûtant. J'adore ce style où les formes se veulent imparfaites, ça dégage beaucoup de vies aux personnages et au décor. La juste dose de remplissage des cases donne à l'ensemble un caractère méditatif, on profite de tout ce qui se présente. Vraiment, je me plais à (re)parcourir les planches aléatoirement, c'est tout simplement magnifique, McKean réussit à dompter de nombreuses techniques pour dégager un style que je n'ai pas vu ailleurs.
Scénaristiquement avec ce mélange d'univers, les frontières me sont floues au début et les tournures de phrases complexes. Quelque part, ça me plaît quand je sens qu'il y a un truc à comprendre que je n'ai pas encore saisi. Alors je continue, et puis une sereine évolution de l'intrigue permet d'éclaircir l'ensemble peu à peu, sans jamais tout dévoiler. Cette part de mystère me fait complètement rejoindre le commentaire d'Alix sur l'envie de relire la BD pour la savourer davantage. Et là je ne parle pas du graphisme mais bien des pensées qui se dégagent du récit, les questions qui y sont posées et les réponses que nous réussissons à trouver.
Une des plus belles découvertes de cette année, je suis super content de mon achat. Par-dessus tout, j’aimerais découvrir les autres œuvres de Dave McKean.
Je sens que c'est le genre d'histoire que je peux lire à répétition sans m'en rassasier, parce-qu'elle aura toujours ce petit quelque chose d'insaisissable et de mystérieux. Livre à posséder pour des mondes à explorer.
J'ai enfin réussi à dégoter cet album en bouquinerie, depuis le temps que je le cherchais, j'étais hyper content !
J'aime les histoires de camions et de décors américains, ça me rappelle une série TV diffusée confidentiellement dans les années 80 sur FR3 je crois, et qui s'appelait L'Aventure est au bout de la route (Movin'on), qui suivait les périgrinations de 2 truckers à travers les grands espaces de l'Ouest (Arizona, Texas, Nouveau Mexique). Ici, c'est un road movie très séduisant situé dans un décor identique, et dont l'héroïne est une chouette fille, je ne suis pas déçu du résultat, je m'y attendais un peu tout en étant méfiant vu l'âge de la bande, j'appréhendais le traitement, mais au final, c'est une intrigue classique basée sur la recherche d'un individu, émaillée par quelques mésaventures.
La satisfaction vient aussi du dessin de Sternis, je trouve que son trait a bien évolué depuis Snark saga, il est bien moins fébrile, il est proche ici de Memory (publié en 1985 dans Circus et où il retrouve Cothias), c'est une sorte de néo-Ligne Claire très chouette, lisible et soignée, j'aime beaucoup ce style ; Sternis restitue parfaitement cette ambiance très ricaine d'Amérique profonde dans l'Ouest, avec ses bars de truckers, ses gros camions Mack ou Peterbuilt, et ses gros types qui engloutissent des litres de bière Coors ou Bud, bref c'est bardé de symboles très américains, j'aime beaucoup et ça se rapproche un peu de la Bd Le Solitaire qui évoluait aussi dans un univers similaire.
Une bande parue dans le magazine des ados, Okapi en 1982, qui n'est pas une bande de débutant (Sternis ayant débuté vers 1979), on sent une certaine maîtrise graphique très nette, de même que Cothias ne pondait pas encore des scénarios complètement folkloriques, il verse ici dans un récit réaliste de belle tenue.
Naduah est une histoire forte dont le sous-titre "Coeur enterré deux fois" illustre bien la vie. Séverine Vidal dans l'interview de fin d'album indique toujours partir des personnages quand elle commence ses histoires. C'est là sa grande force celle de brosser des personnages bien construits auxquels on s'attache. Elle utilise ici un personnage fictif, une petite fille se prénommant Annabel, pour faire le lien entre Naduah et le lecteur. L'enfant est en dehors des préjugés de son époque et pose un regard innocent sur l'indienne. La tragédie de Naduah n'est pas dans son premier enlèvement, même s'il est violent, car elle s'adapte et trouve le bonheur dans la tribu. Non, la tragédie vient du second enlèvement celui censé la sauver de la sauvagerie mais qui la sépare de son mari et de deux de ses enfants ce qui la rendra malheureuse pour le restant de sa vie. Le récit s'attarde moins sur les épisodes violents que sur les moments d'échanges et de bonheur de Naduah renforçant l'impact des uns et des autres.
Le dessin de Vincent Sorel retranscrit parfaitement le scénario. On trouve de belles cases pleine page pour les grands espaces et d'autres mettant bien en avant les émotions des personnages. La colorisation douce la plupart du temps est plus ''forte'' lors des deux scènes de bataille avec le choix du rouge et de couleurs sombres.
C'est un très bel album pour découvrir le destin de cette femme maltraitée qui aurait pu vivre heureuse mais dont les hommes ont choisi le destin.
C'est au festival des Journées de la BD du Pellerin que j'ai découvert cet auteur danois. Amateur de fantastique et toujours curieux de découvrir de nouveaux horizons, j'ai flashé sur la couverture de cet album : aventure et fantastique s'invitent au menu !
Cette BD sans texte nous plonge dans les basques d'une aventurière qui rappellera forcément Lara Croft aux amoureux du genre "aventure". Déterrant la relique d'une tête momifiée, notre belle dégourdie va rapidement se retrouvée poursuivie par une horde de squelettes déchaînés...
C'est fun, ça gicle, ça défouraille et ça bataille, Rune Ryberg a le sens de la narration efficace et concise. Tellement qu'on avale d'ailleurs son album d'une traite de façon assez rapide, c'est le seul reproche que je ferais à cette BD, qui derrière un premier degré très classique s'interroge sur la place et le rôle de chacun tout en allant au bout de ses objectifs.
Côté dessin Rune Ryberg aime jouer avec des couleurs saturées, ici le rose, pour assoir un dessin très cartoonesque (on voit que monsieur a bossé dans l'animation) qui passe à merveille dans ce registre aventuro-fantastique.
A la fois drôle, percutant et tout en esbroufe, cet album haut en couleur vaut le coup d'oeil !
(3.5/5)
Pfiouuu !!! Quelle claque graphique encore ! Et pas que !
Briac et Arnaud Le Gouëfflec nous embarquent dans une aventure originale en pleine période des Lumières ! Une expédition de savants français part de Brest pour l'Amérique du Sud afin de mesurer la forme de la Terre. Entre le cartésianisme de ces nobles scientifiques français mandatés par le roi et le mysticisme et la dure réalité de ces terres sauvages, le choc des cultures va être rude ! Ajoutez à cela des égos que n'auraient pas renié les frères Montgolfier pour faire voler leurs fiers engins, des autochtones et/ou colons espagnols pas si avenants que ça, et vous n'avez là qu'un infime aperçu du terrain de jeu sur lequel vont évoluer nos scientifiques de salon !
Dès les premières pages on est happé par le graphisme de Briac, qui, avec sa palette bigarrée et ses planches texturées nous embarque dans ce monde tortueux et contrasté. Les différentes ambiances dans lesquelles évoluent nos protagonistes sont (dé)peintes de façon merveilleuses, hypnotisantes pour le lecteur. Que ce soit les nuits brumeuses sur les hauteurs andines, dans les salons rutilants de la noblesse hispanique ou dans les profondeurs de la jungle amazonienne, l'immersion est totale ! Il n'est qu'à se laisser porter pour découvrir l'histoire de cette expédition méconnue qui a pourtant marqué son époque.
Un album magnifique à découvrir sans attendre !
J'ai rarement lu une bd aussi bien écrite, aussi juste et avec une belle âme.
J'y reviendrai.
D'abord, présentation des autrices :
- Céline Tran, 43 ans, a étudié à Sciences Po, mais elle est plus connue sous son pseudo d'actrice de films X de 2001 à 2013, Katsuni.
- Grazia La Padula, dessinatrice italienne de 41 ans. En 2007, elle gagne le prix "jeunes talents" au festival d'Angoulême.
Élise a 52 ans, elle est journaliste pour un magazine féminin à Paris. Avec son mari, c'est le train train quotidien, mais sa vie va basculer, elle va découvrir l'infidélité de celui-ci et cerise sur le gâteau, la ménopause arrive.
La force de cette bd, c'est sa narration, chaque chapitre dévoile l'évolution progressive d'Élise, son cheminement pour devenir la "vraie" Élise, celle qui va découvrir et accepter son corps, le plaisir qu'il peut lui procurer, le pouvoir qu'elle peut avoir sur les hommes et surtout de s'aimer.
Je disais donc, une qualité d'écriture d'une justesse qui fait mouche à chaque fois avec une émotion à fleur de peau.
"Je te faisais confiance. Pourquoi nous as-tu abîmés ? Tu es mon homme, la pièce maîtresse de mon équilibre et ses petits bonheurs. Aujourd'hui, je ne suis plus vraiment sûre. Qui es-tu vraiment ?"
"Je suis désarmée, petite, laide, impuissante. Périmée ? Tu as peut-être raison, après tout. Les garces ont gagné."
"Si le sexe peut se faire blessure, humiliation, vide, frustration, il peut être tout autre chose. Quelque chose de rare, d'inestimable. ..... Quelle tristesse de ne découvrir cela qu'aujourd'hui, quel gâchis !"
Quelques extraits de textes glissés entre chaque chapitre pour vous mettre l'eau à la bouche. Ces textes sont des atouts supplémentaires pour comprendre les émois d'Élise. De la prose.
L'évolution d'Élise ne se fera pas naturellement et le dénouement vous surprendra. Mais comment ne pas s'attacher à Élise, à s'y identifier.
C'est drôle, tendre, bouleversant, jamais vulgaire et surtout, cela émeut.
Vous n'emploierez plus les mots "garce et salope" de la même manière.
Une belle âme disais-je.
Un superbe dessin tout en rondeur qui est sublimé par une colorisation dans les tons sépia et qui retranscrit toute la sensibilité et la sensualité de ce one shot.
A lire absolument, que vous soyez adepte ou non de bd érotique, mais on se rapproche plus du roman graphique.
Une bd profonde par les thèmes explorés et qui vous fera peut-être réfléchir sur votre sexualité. ;-)
Note réelle : 4,5.
Après lecture du premier cycle de trois tomes, je n’espère qu’une seule chose : que de nouveaux cycles d’une égale qualité voient le jour !
Malcolm Max est une série policière mêlant un univers steampunk à des références fantastiques. Une assistante à moitié vampire, un savant fou digne du docteur Frankenstein, l’ombre de Sherlock Holmes, voisin de deux gamines surdouées, des personnages illustres tels que la reine Victoria ou Nellie Bly, un tueur en série digne de Jack l’Eventreur revenu d’entre les morts, des spectres exigeantes, des humanoïdes serviles, un Londres en pleine mutation... Il n’y a pas à ergoter : l’univers est riche et multiplie les clins d’œil.
L’enquête tient incontestablement la route. Il s’agit en fait d’une double enquête qui, d’une part, débute avec la disparition de nombreux cadavres et, d’autre part s’intéresse aux agissements d’un tueur en série aux méthodes similaires à celles d’un condamné à mort exécuté depuis peu.
Le dessin est précis et élégant. La colorisation assez terne cadre bien avec l’ambiance de la série sans entacher la lisibilité des planches. Les compositions sont relativement diversifiées même s’il ne s’agit à aucun moment de nous offrir des planches « de démonstration », le dessin restant toujours avant tout au service de l’histoire.
La narration est très présente. A l’ancienne, elle décrit bien souvent ce que l’on voit dans la case… mais elle use d’un style souvent décalé, sarcastique ou pince-sans-rire, et du coup, c’est un réel plaisir de lire ces textes.
Les personnages sont tous intéressants et tous présentent plusieurs facettes. Ainsi Malcolm Max peut à la fois se montrer brillant détective ou redoutable boxeur et se couvrir de ridicule ou s’en prendre plein la tronche en fonction des circonstances et de ses opposants, ce qui le rend d’autant plus attachant.
A la fin du troisième tome, nous avons toutes les réponses attendues et la série pourrait sans problème s’arrêter là… mais bon ! Pour ma part, je suis prêt à en reprendre une petite louche !
C’est Allemand, c’est verbeux, c’est steampunk, c’est fantastique, c’est bourré de références, c’est Victorien, c’est joliment dessiné, c’est dynamique, c’est Malcolm Max (et c’est du tout bon).
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Nos enjeux environnementaux
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Nos enjeux culturels et sociétaux
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Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo
Dans l'exercice de style Le Spirou de... j'ai beaucoup apprécié cet opus de Zidrou et Frank Pé. Les auteurs reprennent la thématique du clown triste avec plusieurs pistes de reflexion sur la beauté, l'argent et les choix fondamentaux que l'on croise tout au long de notre vie. Les auteurs nous attaquent à froid avec ces premières pages preque bucoliques de chasseur d'images avec son bébé. Mais cela tourne au drame. Zidrou et Pé nous invitent ,de façon violente, dès le début à inverser les stéréotypes. Noé ,ressuscité de "Bravo les Brothers", aura une image en clair obscur. Toujours éducateur de génie de Franquin pour ses animaux , il se présentera longtemps comme un père exécrable et lâche. Spirou aura aussi tendance à s'effacer dans les problématiques dominantes du récit. La beauté? mais Spirou est un bien piètre artiste. Spirou sauveur d'une diversité en péril? Il n'empêchera pas la fin de Bornéo. La peste noire? Il ne la voit même pas sous son nez. Pour le reste les auteurs exploitent des thèmes qui semblent des figures imposées à présent: Spirou et les femmes, Fantasio arriviste au service de sa carrière. Je trouve le graphisme moderne et dynamique. Un beau bestiaire et une image de Bruxelles presque dystopique bien réussie. Une mention spéciale à Noé empâté presque embourgeoisé qui suinte le laisser aller et le recroquevillement sur soi. Et Champignac dans tout cela? Lui aussi semble bien désemparé devant cette "peste noire" qui se répand à vive allure et corrompt tous les trésors de l'humanité. Zidrou se montre un brin caustique face à ces scientifiques gesticulants tout juste capables de fabriquer un succédané de café ou de champagne. Quant aux institutions politiques , elles controlent les plages des Maldives aux frais du contribuable. C'est exactement ( souligné dans le texte) au moment où le public retrouvera la beauté enfouie dans notre humanité que cette peste disparait. Je ne sais pas si cette lecture est exacte mais je lui trouve un sens et un message de sagesse qui colle avec le personnage de Spirou. C'est une lecture assez poétique avec un fond de tristesse sur cette beauté, la nature ou les enfants, qui nous file entre les doigts à cause de notre aveuglement à ne pas distinguer autre chose que notre profit ( pas forcément financier). Le duo Spirou et Fantasio ouvre à des perspectives d'humour et de sagesse très nombreuses. Cet opus en est encore l'exemple. Une très bonne lecture.
Itinéraire d'une garce
Véritable claque que cette bande dessinée, faussement orientée vers le genre pornographique alors que le style "roman graphique" sied plus à ce one-shot. Tout d'abord, le dessin tout en retenue et en rondeur de Grazia La Padula est très loin des bandes dessinées dites pour adultes. Les couleurs choisies donnent en outre un côté classique à cette histoire hors norme, enfin pas tout à fait. Puisque l'héroïne, Elise 52 ans, découvre ou redécouvre sa sexualité en apprenant l'infidélité de son mari. Entre scènes de la vie quotidienne (rapport épouse/mari; enfant/parents) et scènes plus explicites, Céline Tran, que l'on ne présente plus, nous offre des réflexions sous la forme de pages dactylographiées qui épousent parfaitement le récit. J'ai été scotché par la révélation finale, qui remet tout en cause. C'est pour moi, un des meilleurs albums que j'ai lus cette année, et qui mérite amplement de dépasser la simple collection "porn'pop", certes de qualité, dans lequel il est cantonné. J'en recommande évidemment la lecture.
Home exchange
Mais putain que c’est bon cet album ! Veuillez m’excuser pour cette interjection bien vulgaire mais c’est le mot qui m’est venu immédiatement à la bouche lorsque j’ai refermé cet album, lu d’une seule traite. Ce n’est pas pourtant pas mon genre préféré, ce n’est pas mon graphisme favori mais pourtant le résultat est là … c’est magnifique. Je pensais au départ être tombé dans une histoire légère, sans aucune prétention, empreinte de sentimentalisme. Mais pas du tout au final. C’est quoi l’histoire ? C’est un couple qui prend une année sabbatique en Australie où les attend un échange de maison. Lui va se remettre à écrire et elle à peindre. Tout semble aller pour le mieux mais il y a un truc qui ne va pas. Ça coince aux entournures comme on dit. Mais qui pourrait les espionner ? et pourquoi ? Nul besoin de balles qui fusent dans tous les sens, ou de bagarres avec des personnages testostéronés pour créer un thriller original qui tient la route. Vous ne trouverez pas des séquences inattendues qui vont bouleverser l’histoire. Non non pas d’artifices. On ne joue que sur le côté psychologique des personnages. Et c’est délicieux car Serge Perrotin nous fait avancer pas à pas dans l’histoire au point que vous serez happés littéralement par cet album. Si vous rajoutez des aborigènes bien mystérieux et le site d’Ayers Rock dans le centre rouge australien tout ça au son du didjeridoo, vous ne pouvez que succomber à cette histoire d’amour inhabituelle, sous le trait maitrisé et harmonieux de Christian Maucler. Je vous le dis, ne passez pas à côté de cet album.
Raptor
Je remercie les premiers aviseurs pour m'avoir permis de découvrir Dave McKean à travers cette histoire. Et je me joins à eux pour préciser qu'elle m'a définitivement plu. Nous suivons Arthur et Sokol, chacun vivant dans un monde différent l'un de l'autre. Arthur est écrivain et n'arrive pas à outrepasser le deuil de sa femme. Sokol est un chasseur errant, jamais sans son faucon. La réalité, la fiction, l'imaginaire, le rêve, le surnaturel... nous traversons ces univers nuancés durant tout le récit. En cours de lecture, je me dis que je tiens là une BD au graphisme très singulier, vraiment magnifique, au dessin poétique et envoûtant. J'adore ce style où les formes se veulent imparfaites, ça dégage beaucoup de vies aux personnages et au décor. La juste dose de remplissage des cases donne à l'ensemble un caractère méditatif, on profite de tout ce qui se présente. Vraiment, je me plais à (re)parcourir les planches aléatoirement, c'est tout simplement magnifique, McKean réussit à dompter de nombreuses techniques pour dégager un style que je n'ai pas vu ailleurs. Scénaristiquement avec ce mélange d'univers, les frontières me sont floues au début et les tournures de phrases complexes. Quelque part, ça me plaît quand je sens qu'il y a un truc à comprendre que je n'ai pas encore saisi. Alors je continue, et puis une sereine évolution de l'intrigue permet d'éclaircir l'ensemble peu à peu, sans jamais tout dévoiler. Cette part de mystère me fait complètement rejoindre le commentaire d'Alix sur l'envie de relire la BD pour la savourer davantage. Et là je ne parle pas du graphisme mais bien des pensées qui se dégagent du récit, les questions qui y sont posées et les réponses que nous réussissons à trouver. Une des plus belles découvertes de cette année, je suis super content de mon achat. Par-dessus tout, j’aimerais découvrir les autres œuvres de Dave McKean. Je sens que c'est le genre d'histoire que je peux lire à répétition sans m'en rassasier, parce-qu'elle aura toujours ce petit quelque chose d'insaisissable et de mystérieux. Livre à posséder pour des mondes à explorer.
Trafic
J'ai enfin réussi à dégoter cet album en bouquinerie, depuis le temps que je le cherchais, j'étais hyper content ! J'aime les histoires de camions et de décors américains, ça me rappelle une série TV diffusée confidentiellement dans les années 80 sur FR3 je crois, et qui s'appelait L'Aventure est au bout de la route (Movin'on), qui suivait les périgrinations de 2 truckers à travers les grands espaces de l'Ouest (Arizona, Texas, Nouveau Mexique). Ici, c'est un road movie très séduisant situé dans un décor identique, et dont l'héroïne est une chouette fille, je ne suis pas déçu du résultat, je m'y attendais un peu tout en étant méfiant vu l'âge de la bande, j'appréhendais le traitement, mais au final, c'est une intrigue classique basée sur la recherche d'un individu, émaillée par quelques mésaventures. La satisfaction vient aussi du dessin de Sternis, je trouve que son trait a bien évolué depuis Snark saga, il est bien moins fébrile, il est proche ici de Memory (publié en 1985 dans Circus et où il retrouve Cothias), c'est une sorte de néo-Ligne Claire très chouette, lisible et soignée, j'aime beaucoup ce style ; Sternis restitue parfaitement cette ambiance très ricaine d'Amérique profonde dans l'Ouest, avec ses bars de truckers, ses gros camions Mack ou Peterbuilt, et ses gros types qui engloutissent des litres de bière Coors ou Bud, bref c'est bardé de symboles très américains, j'aime beaucoup et ça se rapproche un peu de la Bd Le Solitaire qui évoluait aussi dans un univers similaire. Une bande parue dans le magazine des ados, Okapi en 1982, qui n'est pas une bande de débutant (Sternis ayant débuté vers 1979), on sent une certaine maîtrise graphique très nette, de même que Cothias ne pondait pas encore des scénarios complètement folkloriques, il verse ici dans un récit réaliste de belle tenue.
Naduah
Naduah est une histoire forte dont le sous-titre "Coeur enterré deux fois" illustre bien la vie. Séverine Vidal dans l'interview de fin d'album indique toujours partir des personnages quand elle commence ses histoires. C'est là sa grande force celle de brosser des personnages bien construits auxquels on s'attache. Elle utilise ici un personnage fictif, une petite fille se prénommant Annabel, pour faire le lien entre Naduah et le lecteur. L'enfant est en dehors des préjugés de son époque et pose un regard innocent sur l'indienne. La tragédie de Naduah n'est pas dans son premier enlèvement, même s'il est violent, car elle s'adapte et trouve le bonheur dans la tribu. Non, la tragédie vient du second enlèvement celui censé la sauver de la sauvagerie mais qui la sépare de son mari et de deux de ses enfants ce qui la rendra malheureuse pour le restant de sa vie. Le récit s'attarde moins sur les épisodes violents que sur les moments d'échanges et de bonheur de Naduah renforçant l'impact des uns et des autres. Le dessin de Vincent Sorel retranscrit parfaitement le scénario. On trouve de belles cases pleine page pour les grands espaces et d'autres mettant bien en avant les émotions des personnages. La colorisation douce la plupart du temps est plus ''forte'' lors des deux scènes de bataille avec le choix du rouge et de couleurs sombres. C'est un très bel album pour découvrir le destin de cette femme maltraitée qui aurait pu vivre heureuse mais dont les hommes ont choisi le destin.
La Sorcière en haut de la montagne
C'est au festival des Journées de la BD du Pellerin que j'ai découvert cet auteur danois. Amateur de fantastique et toujours curieux de découvrir de nouveaux horizons, j'ai flashé sur la couverture de cet album : aventure et fantastique s'invitent au menu ! Cette BD sans texte nous plonge dans les basques d'une aventurière qui rappellera forcément Lara Croft aux amoureux du genre "aventure". Déterrant la relique d'une tête momifiée, notre belle dégourdie va rapidement se retrouvée poursuivie par une horde de squelettes déchaînés... C'est fun, ça gicle, ça défouraille et ça bataille, Rune Ryberg a le sens de la narration efficace et concise. Tellement qu'on avale d'ailleurs son album d'une traite de façon assez rapide, c'est le seul reproche que je ferais à cette BD, qui derrière un premier degré très classique s'interroge sur la place et le rôle de chacun tout en allant au bout de ses objectifs. Côté dessin Rune Ryberg aime jouer avec des couleurs saturées, ici le rose, pour assoir un dessin très cartoonesque (on voit que monsieur a bossé dans l'animation) qui passe à merveille dans ce registre aventuro-fantastique. A la fois drôle, percutant et tout en esbroufe, cet album haut en couleur vaut le coup d'oeil ! (3.5/5)
Méridien
Pfiouuu !!! Quelle claque graphique encore ! Et pas que ! Briac et Arnaud Le Gouëfflec nous embarquent dans une aventure originale en pleine période des Lumières ! Une expédition de savants français part de Brest pour l'Amérique du Sud afin de mesurer la forme de la Terre. Entre le cartésianisme de ces nobles scientifiques français mandatés par le roi et le mysticisme et la dure réalité de ces terres sauvages, le choc des cultures va être rude ! Ajoutez à cela des égos que n'auraient pas renié les frères Montgolfier pour faire voler leurs fiers engins, des autochtones et/ou colons espagnols pas si avenants que ça, et vous n'avez là qu'un infime aperçu du terrain de jeu sur lequel vont évoluer nos scientifiques de salon ! Dès les premières pages on est happé par le graphisme de Briac, qui, avec sa palette bigarrée et ses planches texturées nous embarque dans ce monde tortueux et contrasté. Les différentes ambiances dans lesquelles évoluent nos protagonistes sont (dé)peintes de façon merveilleuses, hypnotisantes pour le lecteur. Que ce soit les nuits brumeuses sur les hauteurs andines, dans les salons rutilants de la noblesse hispanique ou dans les profondeurs de la jungle amazonienne, l'immersion est totale ! Il n'est qu'à se laisser porter pour découvrir l'histoire de cette expédition méconnue qui a pourtant marqué son époque. Un album magnifique à découvrir sans attendre !
Itinéraire d'une garce
J'ai rarement lu une bd aussi bien écrite, aussi juste et avec une belle âme. J'y reviendrai. D'abord, présentation des autrices : - Céline Tran, 43 ans, a étudié à Sciences Po, mais elle est plus connue sous son pseudo d'actrice de films X de 2001 à 2013, Katsuni. - Grazia La Padula, dessinatrice italienne de 41 ans. En 2007, elle gagne le prix "jeunes talents" au festival d'Angoulême. Élise a 52 ans, elle est journaliste pour un magazine féminin à Paris. Avec son mari, c'est le train train quotidien, mais sa vie va basculer, elle va découvrir l'infidélité de celui-ci et cerise sur le gâteau, la ménopause arrive. La force de cette bd, c'est sa narration, chaque chapitre dévoile l'évolution progressive d'Élise, son cheminement pour devenir la "vraie" Élise, celle qui va découvrir et accepter son corps, le plaisir qu'il peut lui procurer, le pouvoir qu'elle peut avoir sur les hommes et surtout de s'aimer. Je disais donc, une qualité d'écriture d'une justesse qui fait mouche à chaque fois avec une émotion à fleur de peau. "Je te faisais confiance. Pourquoi nous as-tu abîmés ? Tu es mon homme, la pièce maîtresse de mon équilibre et ses petits bonheurs. Aujourd'hui, je ne suis plus vraiment sûre. Qui es-tu vraiment ?" "Je suis désarmée, petite, laide, impuissante. Périmée ? Tu as peut-être raison, après tout. Les garces ont gagné." "Si le sexe peut se faire blessure, humiliation, vide, frustration, il peut être tout autre chose. Quelque chose de rare, d'inestimable. ..... Quelle tristesse de ne découvrir cela qu'aujourd'hui, quel gâchis !" Quelques extraits de textes glissés entre chaque chapitre pour vous mettre l'eau à la bouche. Ces textes sont des atouts supplémentaires pour comprendre les émois d'Élise. De la prose. L'évolution d'Élise ne se fera pas naturellement et le dénouement vous surprendra. Mais comment ne pas s'attacher à Élise, à s'y identifier. C'est drôle, tendre, bouleversant, jamais vulgaire et surtout, cela émeut. Vous n'emploierez plus les mots "garce et salope" de la même manière. Une belle âme disais-je. Un superbe dessin tout en rondeur qui est sublimé par une colorisation dans les tons sépia et qui retranscrit toute la sensibilité et la sensualité de ce one shot. A lire absolument, que vous soyez adepte ou non de bd érotique, mais on se rapproche plus du roman graphique. Une bd profonde par les thèmes explorés et qui vous fera peut-être réfléchir sur votre sexualité. ;-) Note réelle : 4,5.
Malcolm Max
Après lecture du premier cycle de trois tomes, je n’espère qu’une seule chose : que de nouveaux cycles d’une égale qualité voient le jour ! Malcolm Max est une série policière mêlant un univers steampunk à des références fantastiques. Une assistante à moitié vampire, un savant fou digne du docteur Frankenstein, l’ombre de Sherlock Holmes, voisin de deux gamines surdouées, des personnages illustres tels que la reine Victoria ou Nellie Bly, un tueur en série digne de Jack l’Eventreur revenu d’entre les morts, des spectres exigeantes, des humanoïdes serviles, un Londres en pleine mutation... Il n’y a pas à ergoter : l’univers est riche et multiplie les clins d’œil. L’enquête tient incontestablement la route. Il s’agit en fait d’une double enquête qui, d’une part, débute avec la disparition de nombreux cadavres et, d’autre part s’intéresse aux agissements d’un tueur en série aux méthodes similaires à celles d’un condamné à mort exécuté depuis peu. Le dessin est précis et élégant. La colorisation assez terne cadre bien avec l’ambiance de la série sans entacher la lisibilité des planches. Les compositions sont relativement diversifiées même s’il ne s’agit à aucun moment de nous offrir des planches « de démonstration », le dessin restant toujours avant tout au service de l’histoire. La narration est très présente. A l’ancienne, elle décrit bien souvent ce que l’on voit dans la case… mais elle use d’un style souvent décalé, sarcastique ou pince-sans-rire, et du coup, c’est un réel plaisir de lire ces textes. Les personnages sont tous intéressants et tous présentent plusieurs facettes. Ainsi Malcolm Max peut à la fois se montrer brillant détective ou redoutable boxeur et se couvrir de ridicule ou s’en prendre plein la tronche en fonction des circonstances et de ses opposants, ce qui le rend d’autant plus attachant. A la fin du troisième tome, nous avons toutes les réponses attendues et la série pourrait sans problème s’arrêter là… mais bon ! Pour ma part, je suis prêt à en reprendre une petite louche ! C’est Allemand, c’est verbeux, c’est steampunk, c’est fantastique, c’est bourré de références, c’est Victorien, c’est joliment dessiné, c’est dynamique, c’est Malcolm Max (et c’est du tout bon).