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Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo

Note: 3/5
(3/5 pour 4 avis)

Spirou n'est plus journaliste ! Après avoir refusé de modifier un article un peu trop critique sur un barrage hydroélectrique en pleine jungle palombienne financé par un gros annonceur du journal, Spirou claque la porte du Moustique. Désoeuvré, il décide de prendre le temps de vivre et de rattraper le temps perdu, notamment en se mettant à la peinture et au jardinage. Mais d'étranges événements vont l'empêcher de réaliser ses envies.


Bruxelles/Brussels L'univers de Spirou et Fantasio Peinture et tableaux en bande dessinée

Il y a d'abord la nature qui semble devenue folle et des champignons "qui n'existent pas" qui provoquent une véritable marée noire végétale, au grand désarroi de Pacôme. Puis ces mystérieuses toiles révolutionnaires d'un auteur anonyme qui arrivent à la galerie Bernard et pour lesquelles le cheik Ibn-Mah-Zout est prêt à payer des fortunes. Et Fantasio qui est chargé par son journal de trouver l'artiste génial, créateur de ce nouveau courant pictural appelé "le zooïsme. Il y a enfin Noé, ce dompteur extraordinaire qu'on avait découvert dans "Bravo, les Brothers" qui est de retour en ville avec toute sa ménagerie et une gamine... qui n'est autre que sa propre fille, une adolescente ballottée depuis toujours et qui débarque de son Canada natal. Et que Noé va confier à Spirou !

Scénaristes
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Octobre 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo
Les notes (4)
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13/01/2021 | Ro
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Les attentes sont grandes lorsqu’on lit le nom des deux auteurs de cette version des aventures de Spirou. Zidrou et Frank Pé, excusez du peu ! Mais comme bien souvent, qui dit grandes attentes sous-entend aussi un risque accru d’être déçu. Et je dois bien avouer qu’à ma première lecture, la déception l’avait emporté sur tout autre sentiment. Il n’y avait pourtant rien de mal fait mais le charme n’avait pas opéré. Une relecture récente -et sans attentes outrancières cette fois puisque je partais plutôt avec un a priori négatif suite à ma première lecture- m’a permis de mieux apprécier cet album tout en parvenant plus clairement à mettre les doigts sur les points négatifs qui avaient causé chez moi ce sentiment de déception. Premier point négatif : Spirou et Fantasio sont, dans cet album, assez secondaires. Zidrou et Frank Pé mettent bien plus en avant Noé (le fabuleux Noé du non moins fabuleux « Bravo les Brothers ! », un court récit de Spirou dans lequel celui-ci déjà se faisait piquer la vedette par Gaston Lagaffe et ce fameux Noé), profitant des particularités du personnage pour créer une intrigue susceptible de mettre en avant le goût de Frank Pé pour les animaux et celui de Zidrou pour les personnes qui ont des difficultés à communiquer. Tout cet aspect du récit (Noé et sa relation avec sa fille, adolescente rebelle, les animaux artistes et les mystérieuses peintures zooïstes) m’a bien plu. C’est un récit agréable, touchant par moments, avec de belles trouvailles, à commencer par ces tableaux qui fusionnent des faciès d’animaux. Faut dire ce qui est : Frank Pé a quand même un putain de talent ! Par contre, et c’est là que ça coince chez moi, l’univers de Spirou et sa galerie de personnages sont quasiment inutiles au récit. Ce Spirou vieilli (il porte des lunettes de vue, et Fantasio qui s’inquiète de sa calvitie n’est pas en reste) n’est que le témoin de l’histoire qui se déroule sous ses yeux. Où est le Spirou spittant, l’hyperactif dynamique et aventurier ? Qu’est-ce que c’est que ce sage peintre du dimanche dépassé par une ado rebelle ? Elles sont où, ses pantoufles ? Mais que dire de la sous-intrigue dont Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas (le comte de Champignac pour les non-initiés) est la vedette ? Je me suis vraiment demandé ce qu’elle venait faire dans ce récit, attendant un recoupement qui ne vient jamais ! Non, on a vraiment le sentiment que Zidrou a créé cette sous-intrigue juste pour respecter un cahier des charges. Alors, oui, cette partie du récit donne lieu à l’un ou l’autre gag mais elle fait clairement long feu. Et surtout, le fait qu’elle n’influe en rien sur le récit principal donne ce sentiment d’inutilité et donc de déception. Donc voilà, pris comme un récit normal estampillé « magazine de Spirou », cet album est agréable à suivre… mais on est trop loin d’une histoire de Spirou et Fantasio, avec tout ce que cela entend comme background, action, rythme et humour, pour convaincre le fan de la série mère qui s'attend, avec ce genre de concept "Le Spirou de ..." à en lire une.

15/01/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

J'étais un peu curieux lorsque l'album est sorti parce que c'est un vieux projet qui datait des débuts du lancement de la collection si je souviens bien. En tout cas ça datait d'avant 2010 et pour info en même temps Zidrou avait écrit un one-shot pour Hardy qui va sortir vers 2021-2022 si tout va bien. Ça me rajeunit pas tout ça ! Le dessin de Pé est excellent comme d'habitude. Il est excellent avec les animaux et ses fans vont être content du résultat. Le problème est qu'au scénario on retrouve les tics de Zidrou. À savoir qu'il y a une bonne idée, mais qu'il ne l'exploite pas à son plein potentiel selon moi et qu'en insistant trop sur les bons sentiments cela devient un peu trop larmoyant pour moi. Si je compare avec la série mère, des récits comme Bravo les brothers et La Vallée des Bannis m'ont plus touché émotionnellement sans que le trait soit forcé comme avec Zidrou. Il y aussi la sous-intrigue avec champignons noirs qui mènent nulle part quoique contrairement à d'autres lecteurs j'ai compris la métaphore. C'est juste que c'est inutile à mes yeux. Le scénario se laisse lire, mais les allergiques de Zidrou devront passer leurs chemins sauf s'ils ont envie d'acheter un album uniquement pour admirer le dessin de Pé.

14/01/2021 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
L'avatar du posteur Spooky

Cet album est assez, voire très différent des autres de la collection "Le Spirou de...". Pour beaucoup, Spirou et Fantasio, c'est l'aventure à l'état pur, avec des personnages forts, qui peuvent aussi avoir des blessures, des fêlures. Mais c'est aussi une série humaniste, une valeur souvent présente en filigrane ces dernières années, mais que Franquin a tout de même beaucoup exploité. C'est cette veine que Frank Pé a voulu explorer, lui qui avait ce projet en lui depuis des années. Il s'est fait aider par Zidrou, dont la fibre humaniste n'est plus à prouver (regardez la liste de ses derniers albums...) pour mettre tout cela en forme. Tous deux font donc une référence directe à l'un des récits les plus remarquables de Franquin, "Bravo les Brothers", en mêlant adolescence, art et... champignons. Je dois avouer que cette intrigue, qui met en scène le Comte de Champignac et ses amis scientifiques, m'a laissé circonspect. Elle peut se lire totalement indépendamment de l'intrigue principale. J'ai un peu eu l'impression d'une "commande" de l'éditeur pour que Pacôme apparaisse, ou d'une envie de Zidrou, mais ce récit est tellement anecdotique qu'il semble n'être là que pour faire un nombre de pages particulier. Pour en revenir au récit principal, c'est dense, émouvant, intrigant... Du pur Zidrou. Graphiquement on connait les qualités de Frank Pé, et son style s'applique particulièrement bien dans cet univers, même si j'aurais aimé encore plus de planches avec des animaux et la nature. Les deux auteurs se sont même permis une séquence un peu coquine avec le badinage de Spirou et sa prof de peinture, puis la bouteille de champi-agne de Champignac...

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Zidrou et Frank Pé rendent à leur tour hommage aux aventures de Spirou et Fantasio. Franquin et Frank Pé partageaient une même passion pour la nature, les animaux, la vie simple et la beauté dans son ensemble. Alors quoi de mieux pour Zidrou que de faire revivre le personnage de Monsieur Noé, le gentil dresseur de Bravo, les Brothers, symbole de cet amour pour la vie animale dans les aventures de Spirou, et d'amener ce dernier à vivre une aventure à mi-chemin entre celle de la série Zoo e Frank Pé et la thématique de l'art comme moyen d'exprimer la vérité, le beau et d'embellir l'âme humaine ? D'emblée l'album épate par sa beauté visuelle. Le dessin de Frank Pé y est à son sommet et chaque planche est superbe. Le trait est dynamique, les personnages sont vivants, les décors beaux et soignés et la mise en page travaillée. On y retrouve aussi la patte de Frank Pé, en particulier son maestria à dessiner des animaux. Sans parler des tableaux peints en couleurs directes qui sont des éléments de l'intrigue et qu'on trouve sur différentes pages de l'album. Chaque planche vaut le coup d'oeil et on se prendrait à rêver d'aventures classiques de nos deux héros dessinées par cet auteur. Maintenant, le scénario lui-même m'a moins emballé. Il mélange plusieurs thématiques sans vraiment trouver sa voie. On y trouve le sujet de la paternité avec une adolescente difficile qui rappelle parfois trop fortement l'héroïne de Zoo. Mais celle-ci est tellement caricaturale dans son entêtement à jouer les ados boudeuses et râleuses qu'elle en devient pénible. On y trouve le sujet de la cause animale et environnementale, une critique de la société capitaliste, une admiration pour l'art mais aussi pour le monde du spectacle. Mais tout cela est amené de manière presque nunuche par moment tant cela manque de finesse dans le ton. Le message parait tellement cousu de fil blanc qu'il rate sa cible. Et ça suinte tellement de bons sentiments que ça en devient poisseux. Sans parler de l'intrigue parallèle autour de Champignac et d'une invasion mondiale champignons noirs qui n'aboutit finalement à rien et semble parfaitement dispensable tant elle n'a aucun impact sur l'intrigue principale. J'imagine qu'elle tient de l'analogie mais là encore elle a raté sa cible car je n'en ai vu ni le message ni surtout l'intérêt. Bref, même si elle se laisse lire, l'intrigue de cet album n'est malheureusement pas terrible. C'est dommage car en contrepartie le graphisme est superbe. Et du coup, c'est lui qui fait toute la force de cet album, mais cela ne suffit pas à en faire une suffisamment bonne BD.

13/01/2021 (modifier)