Ouch !!!! Mais quel album !!!
C'est BEAU déjà ! C'est grave ! C'est dur... cruel... mesquin... Mais ça respire d'humanité ! Que ce soit pour le pire ou le meilleur, l'âme humaine est ici capturée et mise à plat, à l'image de Renaldo McGirth, qui à l'aube de sa vie termine dans le couloir de la mort.
Valentine Cuny-Le Callet a 19 ans quand elle entame une correspondance épistolaire avec lui. Commence alors l'histoire d'une amitié compliquée qui au fil des ans donnera naissance à ce pavé de 436 pages.
La force de cet album tient pour moi avant tout dans l'absence de jugement de Valentine ; elle n'est pas là pour juger, mais découvrir quelqu'un (qui par ailleurs a toujours nié le meurtre dont on l'accuse) qui passe son temps dans 5m², isolé, sans aucune lumière naturelle. Au fil des échanges compliqués, on découvre petit à petit le quotidien spartiate de Renaldo. Compliqué est un doux euphémisme quand on prend connaissance des règles à respecter concernant le contenu des courriers... La liste des interdits est juste hallucinante et surtout laissée à l'appréciation de l'institution pénitentiaire. Valentine ne comptera plus les courriers découpés, tronqués ou qui ne parviendront jamais à Renaldo. Autant dire que quand leur projet de BD a commencé, cela a été un vrai casse tête ! Lire cet album aujourd'hui est donc un petit miracle en soi ! Ultime humiliation pour Renaldo, les condamnés à mort n'ont pas le droit de toucher de l'argent en produisant quoi que ce soit relatif au motif de leur incarcération : il ne sera donc même pas crédité en tant qu'auteur sur cet album pourtant paru en France chez Delcourt...
Concernant le graphisme, chaque page est une pure merveille qu'on pourrait admirer de longues minutes. Que c'est beau ! Le travail de dessin et de gravure de Valentine est juste sublime ! Les dessins de Renaldo ne sont pas en reste, et les siens sont souvent très colorés, ce qui contraste d'autant avec le noir et blanc brut de Valentine.
Un choc tant esthétique qu'intellectuel qui fait beaucoup réfléchir sur cette peine de mort et sa marchandisation par un système pénitencier qui semble avoir oublié ses objectifs...
Pas très emballé à l'idée de lire cette BD, bien m'en a fallu de naviguer sur un célèbre site d'enchères et de trouver les deux tomes à bas prix. N'ayant jamais été fan de Picsou, Donald et Cie, la lecture des origines de Picsou n'avait que peu d'intérêt à mes yeux. Ce sont les notes dithyrambiques sur la Jeunesse de Picsou présentes sur ce site qui m'ont convaincu d'acheter cette dernière.
Et là je dis merci à tous les "aviseurs" qui ont fait de cette bd un immanquable ! Parce que oui, le travail de Don Rosa frôle le génie.
Je me suis éclaté à lire ses planches. Le dessin est beau. Le scénario est génial. Retracer l'enfance, l'adolescence, la vie d'adulte de Picsou est une prouesse réalisée avec brio par Don Rosa. Preuve de mon revirement d'avis sur ce sujet : j’en suis arrivé à être déçu des nombreuses ellipses présentes dans l’œuvre... Mais je ne perds pas espoir de lire un jour les épisodes manquants...
Je salue au passage le travail titanesque de l'auteur, il y a peu d'incohérences, tout est calculé et réfléchi. Bravo l'artiste !
A lire, absolument, même sans être fan de l'univers Picsou.
A posséder dans toute bonne collection de BD.
« Glace » est la BD la plus « british » que j’ai lue depuis un moment… jusqu’au concept de « camion à glaces », véritable institution en Angleterre (où j’habite depuis 22 ans). Le climat anglais étant ce qu’il est, vivre purement de ce commerce est difficile, la concurrence est rude et les échauffourées fréquentes entre vendeurs servent de point de départ à ce roman graphique original.
Les personnages sont barges et attachants, à commencer par l’ami de Howard, Jasper, gardien de musée mais aussi président de l’association de secours en montagne de Dobbiston, qui se bat contre le reclassement de la seule montagne de la région en colline. On apprend par ailleurs qu’il avait dans sa jeunesse été arrêté en France pour avoir « converti » des panneaux français en unités impériales (miles, yards) avec de la peinture. Bref, le ton est décalé au possible, mais l’histoire « feel good » aborde aussi les thèmes de l’amitié, de la persévérance, et je suis ressorti ravi de ma lecture.
Il s’agit d’un premier album pour l’auteur anglais Matthew Dooley, et techniquement c’est une réussite. Le style minimaliste et les cases relativement petites rappellent un peu le style de Chris Ware, mais aussi d’un autre auteur anglais, Jon McNaught (voir L'Eté à Kingdom Fields par exemple). En tout cas la narration est fluide et maitrisée.
Une histoire très humaine qui déborde de charme et d’humour anglais. Un coup de cœur en ce qui me concerne. Et pour plus d’info sur les « ice cream vans », voir la page Wikipédia dédiée.
Vraiment un bel album ce « dernier week-end de Janvier » ! Tout en finesse, en subtilité, en délicatesse et également en sensualité ! Pourtant, l’auteur, Bastien Vivès, n’a rien inventé de neuf dans ce récit puisqu’il s’agit d’une énième variation sur le thème de l’amour.
Seules originalités de cette histoire : ça se passe pendant le festival de bandes dessinées d’Angoulème où on peut y reconnaitre facilement de nombreux lieux, sentir l’atmosphère particulière de cet évènement, et le personnage principal est un… dessinateur qui se soumet en trainant les pieds aux séances de dédicaces !
Mais tout cela ne présente pas l’intérêt essentiel du « Dernier week-end de Janvier » car Bastien Vivès a centré son récit sur la rencontre entre deux adultes bien établis : Denis, c’est-à-dire le dessinateur, et Vanessa. Quelques regards entre eux, quelques mots… et c’est le coup de foudre… et au diable leurs train-train habituels ! Et au placard, leurs vies de couple bien monotones et sans saveur ! Oui, il y a de l’adultère dans l’air… Je ne vous ferai ni un dessin pour que vous compreniez, ni la morale, je vous laisse juge ! Mais qu’est ce que ce récit est attachant et subtil !
Il faut dire que j’aime beaucoup le coup de crayon de Bastien Vivès et son sens de la narration qui siéent à merveille avec son scénario. Il suffit de feuilleter, parmi d’autres, la séquence en boîte de nuit pour entrevoir le talent de cet auteur, un régal de fluidité et de sensualité ! Et puis, Vanessa… qu’est-ce qu’elle est charmante !
Un bon, un très bon roman graphique, voilà ce que je retiens du « Dernier week-end de Janvier ». Bastien Vivès a un tel talent qu’il peut transformer facilement un récit banal en une histoire attachante et joliment mise en page. Vivement son prochain album !
Je commence ma découverte de Torpedo par cet album se situant en 1972, soit quarante ans après la série mère.
Un prologue en début d'album retrace une petite biographie de notre gangster, des années 1930 à 1972. Le décor est planté.
Forcément notre coupe-jarret a pris quelques rides, parkinson fait trembloter sa main gauche et une petite surcharge pondérale n'en font plus un tueur sanguinaire. Mais il faut se méfier de l'eau qui dort. D'ailleurs, malgré son grand âge, il n'aura pas besoin de la fameuse pilule bleue. Son acolyte, Rascal, est toujours présent après toutes ces années, avec un penchant pour le bourbon. Une sacrée paire de truands.
Abuli décrit un monde sombre et décalé où le cynisme, la violence et l'humour noir seront de la partie.
Ce n'est pas l'intrigue du siècle, mais elle est rondement menée. Une narration maîtrisée qui va droit au but et elle ne fait pas dans la dentelle.
Un personnage central, qui ne laisse pas indifférent, il a un caractère de merde, il n'est pas tendre avec la gente féminine (un euphémisme) et il a la gâchette facile. Pourtant, je me suis pris d'une certaine affection pour ce triste sir.
Je vais faire le même reproche que ci-dessous, c'est trop court (46 planches).
J'aime beaucoup le dessin de Risso, il est percutant et efficace, avec des arrières plans minimalistes et une mise en page cinématographique.
Un style qui se rapproche du comics.
Un polar qui décoiffe (avec ou sans borsalino). Je recommande chaudement.
Nouveau très bel album signé Jeff Lemire. Dans celui-ci l’auteur canadien nous parle du deuil et de l’acceptation au travers d’un récit qui, comme souvent chez lui, flirte avec les limites du fantastique.
Le récit est touchant et Lemire parvient à nous faire partager l’état d’égarement de ce père endeuillé qui ne parvient pas à tourner la page, angoissé, terrorisé même du fait qu’il commence à oublier les traits du visage de sa fille. L’allégorie du labyrinthe dont ce père va devoir trouver le centre est très bien trouvée puisque justement elle se réfère directement à cet état d’égarement et à cette nécessité de terminer quelque chose avant de pouvoir en commencer une autre.
L’opposition entre le caractère insensé de la quête du père et son environnement très réaliste m’a fait penser au « Fisher King » de Terry Gilliam (film dans lequel un personnage sombre dans une folie douce après le décès de sa compagne et s’imagine investi d’une mission divine).
La mise en page est inventive. Ici, un fil rouge symbolise la marche à suivre tel le fil d’Ariane. Là, le découpage plonge directement le personnage au cœur d’un labyrinthe. Le trait de Lemire convient toujours aussi bien pour illustrer ce genre de personnage au bord de la rupture, il s’en dégage une fragilité touchante, encore accentuée par une colorisation qui donne à ses traits un air maladif tout à fait adéquat.
Avec ce récit, l’auteur parvient à cristalliser les angoisses des parents devant ce qui, je suppose, doit être leur plus grande crainte (la perte d’un enfant) mais il le fait grâce à un récit original et créatif… et, en définitive, optimiste.
J’ai vraiment bien aimé.
Chaque jour qui passe rapproche l'humanité de sa fin, et le temps s'accélère singulièrement ces dernières années. L'espoir est peut-être du côté des jeunes générations, qui prennent conscience de cette urgence climatique et décident de passer à l'action.
L'album brosse le portrait de trois représentantes de cette génération, dont la très médiatique Greta Thunberg. Elle est ici rejointe par la Canadienne Autumn Peltier, appartenant à l'une des Premières Nations, qui prend conscience de la problématique liée à l'eau potable dans son pays, puis au niveau mondial, et par Ellyanne Wanjiku, qui décide de planter des arbres au Kénya. Toutes trois oeuvrent pour un monde meilleur, et les histoires vont à l'essentiel les concernant, sans négliger les critiques et les moqueries dont elles font l'objet. Chaque récit est suivi d'une petite présentation synthétique des intentions des jeunes filles.
C'est un ouvrage destiné à la jeunesse, qui met de nombreux faits sur la table et propose des pistes pour agir, même au niveau individuel, pour construire un avenir meilleur. Le dessin d'Anne-Olivia Messana est dans une veine ligne claire très lisible, ce qui permet de bien faire passer les messages.
Une série de disparitions et de meurtres inexpliqués d’un côté, un fripier/indic de la police qui fait du trafic de viande et de vêtements d’occasion de l’autre, et au milieu : une police qui ne fait même pas semblant de prendre en compte les signalements qui s’accumulent contre ce monsieur Haarman. Face aux preuves et à cet aveuglement volontaire des forces de l’ordre, le lecteur sent monter la tension dramatique. C’est bien écrit, très bien dessiné. La misère humaine sur fond de laquelle se déroule le scénario fait d’autant plus ressortir la cruauté de celui qu’on appellera « le boucher de Hanovre » dans sa folie sanguinaire. Un album sombre de grande qualité.
C'est en parcourant le sujet du forum réservé aux plus belles couvertures de BD que je suis tombé sur celle du tome 1 de Papeete. Quelle claque visuelle ! Sublime. Tout comme celle du tome 2.
Le dessin de Morice est d'ailleurs très beau. J'ai adoré me plonger dans ses planches. L'art de la perspective est maîtrisé à l'absolu, par exemple. Bel artiste. Et gentil bonhomme qui plus est. Rencontré deux fois à Angougou en 2012 et 2013 pour deux dédicaces des deux tomes de Papeete, Morice est vraiment un homme abordable et adorable (cela va souvent ensemble me direz-vous). Je le suivrai désormais, c'est sûr.
L'histoire maintenant. Un tome 1 alléchant. Envoûtant. La petite histoire dans la grande Histoire. Tout est bien ficelé, tout donne envie de tourner les pages. A partir d'un évènement peu connu de la Grande Guerre, Didier Quella-Guyot nous emmène dans un polar efficace qui nous transporte dans Tahiti. J'ai vraiment adoré ce tome. Le rythme, les coups de théâtre, les odeurs, les couleurs sont bien retranscrites à travers le dessin, certes, mais aussi par le scénario. Le tome 2 est dans la même veine. Sauf qu'il manque peut-être un tome 3 en effet. Je ne sais pas si c'est de la frustration ou si, en effet, l'histoire se termine trop vite mais j'ai trouvé ce tome 2 un peu trop rapide.
Mais il faut bien une fin à tout...
J'ai vraiment beaucoup aimé ce diptyque et je le conseille à tous les amateurs de polars et à toutes les personnes qui aiment voyager et apprendre des autres.
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Perpendiculaire au soleil
Ouch !!!! Mais quel album !!! C'est BEAU déjà ! C'est grave ! C'est dur... cruel... mesquin... Mais ça respire d'humanité ! Que ce soit pour le pire ou le meilleur, l'âme humaine est ici capturée et mise à plat, à l'image de Renaldo McGirth, qui à l'aube de sa vie termine dans le couloir de la mort. Valentine Cuny-Le Callet a 19 ans quand elle entame une correspondance épistolaire avec lui. Commence alors l'histoire d'une amitié compliquée qui au fil des ans donnera naissance à ce pavé de 436 pages. La force de cet album tient pour moi avant tout dans l'absence de jugement de Valentine ; elle n'est pas là pour juger, mais découvrir quelqu'un (qui par ailleurs a toujours nié le meurtre dont on l'accuse) qui passe son temps dans 5m², isolé, sans aucune lumière naturelle. Au fil des échanges compliqués, on découvre petit à petit le quotidien spartiate de Renaldo. Compliqué est un doux euphémisme quand on prend connaissance des règles à respecter concernant le contenu des courriers... La liste des interdits est juste hallucinante et surtout laissée à l'appréciation de l'institution pénitentiaire. Valentine ne comptera plus les courriers découpés, tronqués ou qui ne parviendront jamais à Renaldo. Autant dire que quand leur projet de BD a commencé, cela a été un vrai casse tête ! Lire cet album aujourd'hui est donc un petit miracle en soi ! Ultime humiliation pour Renaldo, les condamnés à mort n'ont pas le droit de toucher de l'argent en produisant quoi que ce soit relatif au motif de leur incarcération : il ne sera donc même pas crédité en tant qu'auteur sur cet album pourtant paru en France chez Delcourt... Concernant le graphisme, chaque page est une pure merveille qu'on pourrait admirer de longues minutes. Que c'est beau ! Le travail de dessin et de gravure de Valentine est juste sublime ! Les dessins de Renaldo ne sont pas en reste, et les siens sont souvent très colorés, ce qui contraste d'autant avec le noir et blanc brut de Valentine. Un choc tant esthétique qu'intellectuel qui fait beaucoup réfléchir sur cette peine de mort et sa marchandisation par un système pénitencier qui semble avoir oublié ses objectifs...
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
Pas très emballé à l'idée de lire cette BD, bien m'en a fallu de naviguer sur un célèbre site d'enchères et de trouver les deux tomes à bas prix. N'ayant jamais été fan de Picsou, Donald et Cie, la lecture des origines de Picsou n'avait que peu d'intérêt à mes yeux. Ce sont les notes dithyrambiques sur la Jeunesse de Picsou présentes sur ce site qui m'ont convaincu d'acheter cette dernière. Et là je dis merci à tous les "aviseurs" qui ont fait de cette bd un immanquable ! Parce que oui, le travail de Don Rosa frôle le génie. Je me suis éclaté à lire ses planches. Le dessin est beau. Le scénario est génial. Retracer l'enfance, l'adolescence, la vie d'adulte de Picsou est une prouesse réalisée avec brio par Don Rosa. Preuve de mon revirement d'avis sur ce sujet : j’en suis arrivé à être déçu des nombreuses ellipses présentes dans l’œuvre... Mais je ne perds pas espoir de lire un jour les épisodes manquants... Je salue au passage le travail titanesque de l'auteur, il y a peu d'incohérences, tout est calculé et réfléchi. Bravo l'artiste ! A lire, absolument, même sans être fan de l'univers Picsou. A posséder dans toute bonne collection de BD.
Ishanti Danseuse sacrée
J'ai adoré ! J'attendais la suite avec impatience ! Et rien ! Vraiment très dommage ! J'aurais fait la collection avec grand plaisir !
Glace
« Glace » est la BD la plus « british » que j’ai lue depuis un moment… jusqu’au concept de « camion à glaces », véritable institution en Angleterre (où j’habite depuis 22 ans). Le climat anglais étant ce qu’il est, vivre purement de ce commerce est difficile, la concurrence est rude et les échauffourées fréquentes entre vendeurs servent de point de départ à ce roman graphique original. Les personnages sont barges et attachants, à commencer par l’ami de Howard, Jasper, gardien de musée mais aussi président de l’association de secours en montagne de Dobbiston, qui se bat contre le reclassement de la seule montagne de la région en colline. On apprend par ailleurs qu’il avait dans sa jeunesse été arrêté en France pour avoir « converti » des panneaux français en unités impériales (miles, yards) avec de la peinture. Bref, le ton est décalé au possible, mais l’histoire « feel good » aborde aussi les thèmes de l’amitié, de la persévérance, et je suis ressorti ravi de ma lecture. Il s’agit d’un premier album pour l’auteur anglais Matthew Dooley, et techniquement c’est une réussite. Le style minimaliste et les cases relativement petites rappellent un peu le style de Chris Ware, mais aussi d’un autre auteur anglais, Jon McNaught (voir L'Eté à Kingdom Fields par exemple). En tout cas la narration est fluide et maitrisée. Une histoire très humaine qui déborde de charme et d’humour anglais. Un coup de cœur en ce qui me concerne. Et pour plus d’info sur les « ice cream vans », voir la page Wikipédia dédiée.
Dernier week-end de janvier
Vraiment un bel album ce « dernier week-end de Janvier » ! Tout en finesse, en subtilité, en délicatesse et également en sensualité ! Pourtant, l’auteur, Bastien Vivès, n’a rien inventé de neuf dans ce récit puisqu’il s’agit d’une énième variation sur le thème de l’amour. Seules originalités de cette histoire : ça se passe pendant le festival de bandes dessinées d’Angoulème où on peut y reconnaitre facilement de nombreux lieux, sentir l’atmosphère particulière de cet évènement, et le personnage principal est un… dessinateur qui se soumet en trainant les pieds aux séances de dédicaces ! Mais tout cela ne présente pas l’intérêt essentiel du « Dernier week-end de Janvier » car Bastien Vivès a centré son récit sur la rencontre entre deux adultes bien établis : Denis, c’est-à-dire le dessinateur, et Vanessa. Quelques regards entre eux, quelques mots… et c’est le coup de foudre… et au diable leurs train-train habituels ! Et au placard, leurs vies de couple bien monotones et sans saveur ! Oui, il y a de l’adultère dans l’air… Je ne vous ferai ni un dessin pour que vous compreniez, ni la morale, je vous laisse juge ! Mais qu’est ce que ce récit est attachant et subtil ! Il faut dire que j’aime beaucoup le coup de crayon de Bastien Vivès et son sens de la narration qui siéent à merveille avec son scénario. Il suffit de feuilleter, parmi d’autres, la séquence en boîte de nuit pour entrevoir le talent de cet auteur, un régal de fluidité et de sensualité ! Et puis, Vanessa… qu’est-ce qu’elle est charmante ! Un bon, un très bon roman graphique, voilà ce que je retiens du « Dernier week-end de Janvier ». Bastien Vivès a un tel talent qu’il peut transformer facilement un récit banal en une histoire attachante et joliment mise en page. Vivement son prochain album !
Torpedo 1972
Je commence ma découverte de Torpedo par cet album se situant en 1972, soit quarante ans après la série mère. Un prologue en début d'album retrace une petite biographie de notre gangster, des années 1930 à 1972. Le décor est planté. Forcément notre coupe-jarret a pris quelques rides, parkinson fait trembloter sa main gauche et une petite surcharge pondérale n'en font plus un tueur sanguinaire. Mais il faut se méfier de l'eau qui dort. D'ailleurs, malgré son grand âge, il n'aura pas besoin de la fameuse pilule bleue. Son acolyte, Rascal, est toujours présent après toutes ces années, avec un penchant pour le bourbon. Une sacrée paire de truands. Abuli décrit un monde sombre et décalé où le cynisme, la violence et l'humour noir seront de la partie. Ce n'est pas l'intrigue du siècle, mais elle est rondement menée. Une narration maîtrisée qui va droit au but et elle ne fait pas dans la dentelle. Un personnage central, qui ne laisse pas indifférent, il a un caractère de merde, il n'est pas tendre avec la gente féminine (un euphémisme) et il a la gâchette facile. Pourtant, je me suis pris d'une certaine affection pour ce triste sir. Je vais faire le même reproche que ci-dessous, c'est trop court (46 planches). J'aime beaucoup le dessin de Risso, il est percutant et efficace, avec des arrières plans minimalistes et une mise en page cinématographique. Un style qui se rapproche du comics. Un polar qui décoiffe (avec ou sans borsalino). Je recommande chaudement.
Le Labyrinthe inachevé
Nouveau très bel album signé Jeff Lemire. Dans celui-ci l’auteur canadien nous parle du deuil et de l’acceptation au travers d’un récit qui, comme souvent chez lui, flirte avec les limites du fantastique. Le récit est touchant et Lemire parvient à nous faire partager l’état d’égarement de ce père endeuillé qui ne parvient pas à tourner la page, angoissé, terrorisé même du fait qu’il commence à oublier les traits du visage de sa fille. L’allégorie du labyrinthe dont ce père va devoir trouver le centre est très bien trouvée puisque justement elle se réfère directement à cet état d’égarement et à cette nécessité de terminer quelque chose avant de pouvoir en commencer une autre. L’opposition entre le caractère insensé de la quête du père et son environnement très réaliste m’a fait penser au « Fisher King » de Terry Gilliam (film dans lequel un personnage sombre dans une folie douce après le décès de sa compagne et s’imagine investi d’une mission divine). La mise en page est inventive. Ici, un fil rouge symbolise la marche à suivre tel le fil d’Ariane. Là, le découpage plonge directement le personnage au cœur d’un labyrinthe. Le trait de Lemire convient toujours aussi bien pour illustrer ce genre de personnage au bord de la rupture, il s’en dégage une fragilité touchante, encore accentuée par une colorisation qui donne à ses traits un air maladif tout à fait adéquat. Avec ce récit, l’auteur parvient à cristalliser les angoisses des parents devant ce qui, je suppose, doit être leur plus grande crainte (la perte d’un enfant) mais il le fait grâce à un récit original et créatif… et, en définitive, optimiste. J’ai vraiment bien aimé.
Trois filles debout
Chaque jour qui passe rapproche l'humanité de sa fin, et le temps s'accélère singulièrement ces dernières années. L'espoir est peut-être du côté des jeunes générations, qui prennent conscience de cette urgence climatique et décident de passer à l'action. L'album brosse le portrait de trois représentantes de cette génération, dont la très médiatique Greta Thunberg. Elle est ici rejointe par la Canadienne Autumn Peltier, appartenant à l'une des Premières Nations, qui prend conscience de la problématique liée à l'eau potable dans son pays, puis au niveau mondial, et par Ellyanne Wanjiku, qui décide de planter des arbres au Kénya. Toutes trois oeuvrent pour un monde meilleur, et les histoires vont à l'essentiel les concernant, sans négliger les critiques et les moqueries dont elles font l'objet. Chaque récit est suivi d'une petite présentation synthétique des intentions des jeunes filles. C'est un ouvrage destiné à la jeunesse, qui met de nombreux faits sur la table et propose des pistes pour agir, même au niveau individuel, pour construire un avenir meilleur. Le dessin d'Anne-Olivia Messana est dans une veine ligne claire très lisible, ce qui permet de bien faire passer les messages.
Haarmann - Le Boucher de Hanovre
Une série de disparitions et de meurtres inexpliqués d’un côté, un fripier/indic de la police qui fait du trafic de viande et de vêtements d’occasion de l’autre, et au milieu : une police qui ne fait même pas semblant de prendre en compte les signalements qui s’accumulent contre ce monsieur Haarman. Face aux preuves et à cet aveuglement volontaire des forces de l’ordre, le lecteur sent monter la tension dramatique. C’est bien écrit, très bien dessiné. La misère humaine sur fond de laquelle se déroule le scénario fait d’autant plus ressortir la cruauté de celui qu’on appellera « le boucher de Hanovre » dans sa folie sanguinaire. Un album sombre de grande qualité.
Papeete 1914
C'est en parcourant le sujet du forum réservé aux plus belles couvertures de BD que je suis tombé sur celle du tome 1 de Papeete. Quelle claque visuelle ! Sublime. Tout comme celle du tome 2. Le dessin de Morice est d'ailleurs très beau. J'ai adoré me plonger dans ses planches. L'art de la perspective est maîtrisé à l'absolu, par exemple. Bel artiste. Et gentil bonhomme qui plus est. Rencontré deux fois à Angougou en 2012 et 2013 pour deux dédicaces des deux tomes de Papeete, Morice est vraiment un homme abordable et adorable (cela va souvent ensemble me direz-vous). Je le suivrai désormais, c'est sûr. L'histoire maintenant. Un tome 1 alléchant. Envoûtant. La petite histoire dans la grande Histoire. Tout est bien ficelé, tout donne envie de tourner les pages. A partir d'un évènement peu connu de la Grande Guerre, Didier Quella-Guyot nous emmène dans un polar efficace qui nous transporte dans Tahiti. J'ai vraiment adoré ce tome. Le rythme, les coups de théâtre, les odeurs, les couleurs sont bien retranscrites à travers le dessin, certes, mais aussi par le scénario. Le tome 2 est dans la même veine. Sauf qu'il manque peut-être un tome 3 en effet. Je ne sais pas si c'est de la frustration ou si, en effet, l'histoire se termine trop vite mais j'ai trouvé ce tome 2 un peu trop rapide. Mais il faut bien une fin à tout... J'ai vraiment beaucoup aimé ce diptyque et je le conseille à tous les amateurs de polars et à toutes les personnes qui aiment voyager et apprendre des autres.