Les derniers avis (9582 avis)

Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Enfants perchés de la Révolution
Les Enfants perchés de la Révolution

Cette série qui devrait compter 4 tomes débute plutôt bien. A la manière de Les Enfants de la Résistance, elle est vendue un peu sous cet argumentaire, on retrouve une fiction qui suit des évènements historiques et qui fait référence à d'autres dates, lieux ou personnalités. Ce tome d'exposition nous permet de nous familiariser avec Michel, le héros, et d'introduire la bande de monte en l'air que constituent "Les enfants perchés" du titre. A cette occasion on découvre un peu plus Charlotte, cheffe autoproclamée qui ne manque pas d'humour et qui attire la sympathie. Il y a de nombreux rebondissements et l'album se lit d'une traite. L'auteur prévoit 4 tomes (et non pas trois comme annoncé au départ) qui nous amèneront jusqu'en juillet 1789 et s'arrêtera sans doute là. Le dessin est agréable un brin cartoonesque et aurait pu être une série du journal de Spirou sans problème. Le petit dossier en fin d'album est bien fait, court mais instructif. Un très bon début qui augure de belles aventures pour cette petite bande.

30/01/2024 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Dernier Jour de Howard Phillips Lovecraft
Le Dernier Jour de Howard Phillips Lovecraft

Voilà un magnifique ouvrage que je recommande aux fans de Lovecraft notamment et à ceux qui s'intéressent aux auteurs et à leur postérité. Le travail remarquable de Romuald Giulivo est de partir du dernier jour de vie de Lovecraft et de plonger dans sa psyché via des personnages fictifs de son œuvre (Randolph Carter) ou réels (sa femme, ses continuateurs....) pour l'interroger sur ses écrits, l'influence de son milieu, sa vision de lui même et sa postérité. On sent que l'auteur s'est documenté et a profité des nombreux écrits et courriers de Lovecraft pour approfondir le sujet. C'est passionnant surtout pour les amateurs ou les fans de Lovecraft mais pour ceux qui n'y connaissent rien ce sera moins percutant. Le trait de Jakub Rebelka et ses couleurs accompagnent parfaitement le texte et appuient les propos et l'agonie de Lovecraft, certaines planches étant tout simplement magnifiques. L'objet en lui même mérite qu'on s'y arrête tant il est soigné et luxueux. Une très belle découverte.

30/01/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Flore & faune
Flore & faune

On ressort de ce petit pavé de 20cm de coté comme au matin après un rêve bizarre. On est atteint. Son univers ne vous lâche pas vraiment, et les questions restent sans réponse. On est comme passé à la machine à laver. Au retour d'Angoulême c'est le premier livre que j'ai lu. On suit un gros garçon joufflu en culotte courte, portant des chaussures improbables et une casquette à carreaux gonflée comme un coussin : c'est le portrait craché du souffre douleur : pas comme les autres. Sa mère l'aime sans l'écouter, les enfants de son âge le terrorisent, les cailloux lui parlent, il lit puis se glisse dans la forêt toute proche où il se retrouve en présence de deux personnages qu'on pourrait appeler des fées ... Le dessin a une force étrange, l'aquarelle (rose et verte, pour faune et flore ?) donne le sentiment d'être enfermée dans le trait, comme le personnage dans sa vie de désespoir. Le lecteur balance entre dégoût et émerveillement, cela me rappelle la phrase de Baudelaire : "le beau est toujours bizarre". L'élégance des couleurs et des formes végétales englobent des personnages rougeots qui ont presque un caractère obscène. J'avoue que je n'ai pas vraiment compris ce qui m'est arrivé dans cette lecture mais j'en garde comme une sensation physique. C'est rare.

29/01/2024 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ambroise et Louna
Ambroise et Louna

Au départ je me disais que le dessin manquait de maturité, qu'il avait besoin d'être plus solide, et puis... Dès les premières planches j'ai été happé par cette histoire. Une histoire d'amour, pas seulement de l'amour charnel, nuptial, parental, mais aussi de l'amour entre soeurs, un lien rare qui comme le dit le résumé, va amener Paula et Louna à faire quelque chose de totalement fou. Mais je ne puis en dire plus, au risque de dévoiler le noeud de l'intrigue et de gâcher la suite. Car la suite est dans la même veine que le début de l'histoire, une histoire douce-amère avec très peu de personnages, quelques figurants et au centre de tout ça cet amour. C'est très fin, on évite quelques écueils inhérents à ce genre d'histoire pour nous amener à une fin... aussi triste qu'inéluctable. C'est fou, aucun personnage n'est à blâmer, si ce n'est temporairement pour avoir empêché le rêve de l'autre de s'accomplir. Peut-être Paula est-elle la personne la plus triste là-dedans, ou bien Joséphine, à terme... Difficile à dire, mais j'ai bien aimé cette histoire. Je ne suis pas totalement convaincu par le dessin d'Amélie Clavier (d'où ma note), mais je pense qu'elle va vite progresser et poser des ambiances encore plus efficaces dans ses futurs albums.

29/01/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Doctor Strange - Fall Sunrise
Doctor Strange - Fall Sunrise

Étrange couverture, n'est-ce pas ? Intrigante, surprenante et interrogative. Le docteur Strange n'est pas un personnage qui m'attire, j'ai juste adoré l'ère Steve Ditko et aimé la période Paul Smith, pour le reste, bof, bof. C'est le nom de l'unique, du prodigieux Moore qui m'a incité à l'achat. Je parle évidemment de Tradd Moore ! ;-) Un comics qui ne fera pas l'unanimité, tout y est revisité. D'abord le docteur Strange est transformé physiquement et les puristes risquent de crier au scandale. Ben moi, j'applaudis des deux mains pour cette prise de risque. Ensuite le récit s'oriente sur le roman philosophique, il restera hermétique pour certains. Tradd Moore a de l'or dans les doigts, j'avais déjà pu apprécier son talent avec Silver Surfer - Black, c'est typiquement le dessin qui me met des étoiles dans les yeux. Un dessin aux lignes arrondies d'une grande finesse, aux formes incroyables et hypnotiques où les corps sont déformés et à la mise en page époustouflante où l'art séquentiel est bousculé. Et les superbes couleurs psychédéliques de son épouse accentuent ce plaisir visuel. Un ensemble à couper le souffle. On est véritablement transporté dans un autre monde. Une histoire qui propulse notre héros dans un univers parallèle terrifiant et sa quête pour en sortir ne se fera pas sans souffrance. On pourra y voir une renaissance, un deuxième passage dans le ventre maternel. Une quête mystique qui tire un peu sur la dark fantasy, elle pioche dans les versets de la bible et dans la mythologie grecque. On aura droit aussi à la création d'un nouveau panthéon de dieux où le dieu Bythos règne sur le royaume des idées et la déesse Sophia sur celui des formes. Un récit dense où il faut rester concentré pour ne pas décrocher avec les nombreux personnages et sa narration singulière. Le sacrifice, la maternité et la mort seront au centre de ce récit où Tradd Moore veillera à laisser votre imagination en éveil. Si ce comics vous tente, soyez en forme. Gros coup de cœur graphique. Jensine Eckwall n'a qu'un rôle mineur (dessin additionnel ép. 2).

28/01/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série The Reincarnation of the Strongest Exorcist in Another World
The Reincarnation of the Strongest Exorcist in Another World

Une autre adaptation d'un light novel qui est un isekai et je pense qu'il fait partie du haut du panier du genre. C'est vraiment une des séries que j'aime le plus parmi les mangas que je suis sur internet. On retrouve des éléments familiers au genre isekai, mais le scénario change allégrement les clichés. Ainsi, le héros est un Japonais qui se réincarne dans un monde de fantasy de type européen sauf qu'au lieu d'être un homme ordinaire, notre héros était l'exorciste le plus puissant du Japon qui a fini par être tué parce que les gens avaient peur de son pouvoir. Il est donc déjà puissant avant de mourir, alors s'est normal qu'il soit encore puissant lorsqu'il se réincarne. Notre héros a donc été trahi par la société et il y a un sous-genre d'isekai où le héros se venge d'une société qui a été méchante avec lui et qui semble avoir été écrit pour des ados immatures et frustrés parce que ça finit souvent avec des trucs du genre le héros tue tous les méchants et puis aussi il viole des femmes (mais uniquement les méchantes, le héros il va quand même pas violer des gentilles femmes) et c'est pas grave que le héros fasse des trucs méchants parce que le reste de l'humanité est plus méchant que lui. Ici, il y a pas de conneries de ce genre parce que le héros a été trahi dans sa vie précédente alors il va pas se venger dans sa nouvelle vie. Ce qu'il veut c'est avoir une vie tranquille et pour ça il va essayer de faire en sorte de finir deuxième comme ça c'est quelqu'un d'autre qui va être le puissant héros comme ça si les gens finissent par avoir peur de l'invincible héros, ben c'est pas lui qui va se faire tuer. Le héros a donc un coté manipulateur et il n'hésite pas à tuer des méchants, mais c'est beaucoup moins extrême que dans d'autres isekai que je connais. Le seul élément qui pourrait déplaire à un lectorat occidental est que l'esclavage existe dans ce monde, il y a une servante-esclave qui tombe amoureuse du héros. Sauf qu'elle l'aime parce qu'elle a passé son enfance à servir la famille du héros et il a toujours été gentil avec elle et il la voit uniquement comme un membre de sa famille donc c'est pas comme s'il l'avait achetée au marché d'esclaves du coin pour avoir du sexe avec elle. J'aurais tout de même préféré qu'elle soit juste une servante parce que le fait qu'elle soit aussi esclave n’apporte pas grand chose au scénario. Le scénario prend bien son temps pour développer son univers et ses personnages. J'aime vraiment les personnages, le héros est vite entouré de filles fortes, mais pour le moment il n'y a pas d'aspect harem parce que seule une fille est amoureuse du héros, on n’est pas dans un isekai où toutes les filles tombent immédiatement sous le charme du héros. En plus, ses filles fortes sont très bonnes au combat et n'ont pas besoin que le héros les sauve toutes les 5 minutes. L'histoire est aussi prenante et il y a beaucoup de surprises si on connait la fantasy à la japonaise parce qu'on s'amuse avec les codes du genre. D'ailleurs j'ai l'impression que pour bien apprécier le scénario, il faut connaitre un peu ce qui se passe habituellement dans un isekai. Le dessin est bon. Il est dynamique et expressif, même si le résultat est un peu moyen sur certaines cases.

28/01/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série I'm in Love with the Villainess
I'm in Love with the Villainess

Un des 100000 mangas qui adaptent un light novel où le personnage principal se réincarne dans un autre monde. Ici, la série fait partie du sous-genre où une héroïne se retrouve dans un otome game (un jeu pour filles). Une femme japonaise devient l'héroïne d'un jeu qu'elle aime et elle décide immédiatement de séduire....la vilaine du jeu. Vous avez déjà lu un shojo avec une méchante rivale riche qui a rien d'autre à faire de sa vie que de rendre la vie misérable à la pauvre gentille héroïne ? Ben là le gag c'est que la gentille héroïne est amoureuse de la méchante. J'ai lu la série sur internet et si au début cela semble n'être qu'une comédie, on va parler de thèmes plus graves comme les privilèges des nobles qui se croient supérieur aux roturiers. Le scénario est très bon et les personnages sont attachants. L'humour fonctionne bien et le dessin est très bon. Le seul point vraiment négatif est le comportement harceleuse de l'héroïne qui va jusqu'à carrément utiliser ses connaissances du jeu pour faire du chantage à son père pour devenir sa servante et elle va profiter de sa position pour pouvoir reluquer la vilaine lorsqu'elle prend son bain.. Et lorsque plus tard la série va finir par parler de la discrimination que subissent les homosexuels, cela fait un peu bizarre vu qu'on a commencé avec le gros cliché de la lesbienne qui harcèle les jolies filles. Surtout que la riche va passer son temps à se plaindre de l'héroïne sans utiliser les pouvoirs de sa famille pour au minimum lui donner une ordonnance restrictive. Je doute que dans une société aristocratique une personne du peuple peut harceler sexuellement un membre de l'aristocratie et s'en tirer. Heureusement cet élément négatif finit par se calmer après les premiers chapitres et la relation entre les deux personnages principaux devient plus plaisante. Une série qui fait partie du haut niveau du genre isekai pour moi.

28/01/2024 (modifier)
Couverture de la série Django Main de feu
Django Main de feu

Je m’attendais à une plus haute moyenne pour cet album, personnellement je le trouve tout bonnement excellent. Django ne m’est pas un inconnu mais j’avoue que je connais bien plus les personnes qu’il a inspiré que sa propre musique. Mais revenons au présent tome qui me ravit à chaque lecture, c’est bien simple j’y aime tout. Déjà, le merveilleux graphisme d’Efa, un trait rond, des couleurs magnifiques, les planches sont superbes, j’aime le côté chaleureux qui s’en dégage. Ensuite le prisme du récit, qui d’un certain côté m’a fait pensé à Gisèle Halimi - Une jeunesse tunisienne. Ce n’est pas une simple biographie de notre célèbre guitariste (qui m’aurait sans doute plus ennuyée) mais bien une version, légèrement fantasmée, de son enfance. On y relate ses jeunes années pleines de liberté, entre camp manouche, école buissonnière, premiers amours, accident avec sa main, et surtout son amour et un talent incommensurable pour la musique. C’est formidablement bien conté, j’apprécie que les auteurs ne cherchent pas à en faire un héros, mais force et de constater que l’on va s’attacher à cet homme plein de résilience. La préface et le dossier en fin d’album entérine mon ressenti sur cet œuvre, vraiment bien chouette à suivre, du très bon boulot de la part des 2 auteurs, très fort.

27/01/2024 (modifier)
Par herve
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série XIII mystery
XIII mystery

Tome 1 : La mangouste Peu adepte des spin off - genre Nävis, Les Chroniques de Sillage ou encore La Jeunesse de Blueberry - mais passionné par cette série culte que représente XIII (je fais en effet partie de ceux qui l'ont découverte dans le magazine Spirou en juin 1984), je ne pouvais pas passer à côté de cette nouvelle série. En plus, ce one shot est scénarisé par Xavier Dorison à qui l'on doit notamment Le Troisième Testament et plus récemment le fantastique et très réussi Long John Silver. Cette aventure est un prétexte à découvrir le passé de "la Mangouste", personnage ô combien détestable de la série mère, mais qui devient presque sympathique dans cet album ! Le scénario est bien ficelé, avec des références évidemment à l'intrigue principale de XIII, mais le talent de Dorison - car il faut bien parler de talent- est d'avoir donné à la Mangouste un passé crédible et presque touchant, dans une Allemagne de l'Est sous le joug de l'Armée Rouge. Meyer a parfaitement tiré son épingle du jeu et sa vision graphique de "la Mangouste" reste très proche de celle de W. Vance. Seul peut-être, le personnage de Kim Rowland, me parait un peu "lisse" dans l'album. Par contre, le personnage du Mentor, Hans, est fantastique à plus d'un titre : de bonnes réparties pendant l'apprentissage de son élève, et son goût pour l'esthétisme et le cynisme m'a fait songer au mentor de Dorian Gray dans le roman éponyme d'Oscar Wilde. Un très bon moment de lecture, une superbe couverture, bref, une bonne bd qui réconciliera, sans doute, les déçus des derniers albums de XIII. tome 2 : Irina Ce second opus du spin off de XIII peut se lire comme un one shot. C'est toujours aussi réussi. Et Berthet arrive, au fil des pages, à nous faire oublier ses célèbres Pin-up, malgré un trait similaire. Par contre, Corbeyran n'a fait qu'épaissir l'article consacré à Irina dans l'album n°13 de XIII. En effet tout y était : son enfance en Biellorussie, son mariage, ses missions aux USA .... Corbeyran y ajoute seulement sa touche personnelle avec cette histoire de vengeance (même la présence de Jessica Martin ne nous surprend pas). Contrairement à l'album précédent où Dorison a pu construire un passé à la Mangouste (Van Hamme n'ayant pas décrit la jeunesse du tueur dans ce fameux n°13), j'ai senti Corbeyran coincé par ce carcan. C'est un peu dommage mais ne boudons pas notre plaisir, cet album est vraiment superbe et mérite toute sa place auprès de la série mère. tome 3 : little Jones Etrange sentiment après la lecture de cet opus. On ne sait si, malgré sa couverture,cet opus est dedié plus au futur général Wittaker qu'au fameux major Jones, dont on connait enfin le prénom dans le présent volume. Car le scénariste Yann a choisi une curieuse option, celle de décrire l'histoire de Jones dans une Amérique recréée, avec un clone d'Angéla Davis, un Roman Polanski dégénéré (auteur du "pal des vampires"), un Edgar Hooper -chef du FBI- bref des allusions qui finissent par lasser. Certes, au début de la série mère Jean Van Hamme avouait ne pas vouloir citer nommément les Etats-Unis mais, à ce niveau là, le parti pris de Yann me parait discutable. Certes il reprend, assez rapidememnt, le synopsis de Van Hamme sur Jones dans le "XIII mystery", mais il prend une certaine liberté avec la série mère : la présence de la mangouste sur la scène du crime me parait douteuse et le final est vraiment sujet à caution. Même si l'affaire Polanski -celle de 2010- revient sur le tapis, j'ai du mal à comprendre la présence de l'affaire Polanski -coté Sharon Tate- dans cet opus. J'ai eu en fin de compte l'impression de lire un catalogue, avec les personnages que j'ai déjà cités, auxquels j'ajoute un certain Martin Calvin X, autrement dit Martin Luther King, un général Standwell déjà antipathique et un colonel Carrington amateur de cigares, sans oublier l'infâme Franck Giordino. Ce dernier avatar de XIII se lit avec attention tant les dialogues sont nombreux et riches mais les références sont si nombreuses et si lourdes qu'elles finissent par lasser. Par contre le dessin d'Eric Hennninot ne souffre d'aucun défaut et vivement qu'il retourne à "Carhago", si le différent avec Christophe Bec est réglé. tome 4 : Colonel Amos Je viens de lire XIII mystery -Colonel Amos- dans la version prépubliée dans Casemate (en partie en couleur et noir et blanc). Et bien si l'intrigue concoctée par Alcante tient bien la route (c'est une honnête histoire d'espionnage), le lien avec la série mère est très lointain. Outre Amos, les sieurs Giordano et Heideger apparaissent dans ce spin off. Mais l'histoire pouvait tenir avec d'autres personnages. Seule la dernière case de l'album rappelle la série XIII. Quant au dessin de Boucq... et bien c'est du Boucq. Avec Hermann, c'est un des dessinateur qui a du mal à dépeindre de belles femmes... dommage. Par contre j'ai préféré lire la seconde partie en noir et blanc qui met son travail en valeur. Tome 5 : Steve Rowland Personnage principal du complot menant à la mort du président Shéridan, il ne pouvait faire l'économie d'un album de ce spin off. Fabien Nury a parfaitement suivi l'histoire de Steve Rowland, telle qu'elle est décrite dans "XIII mystery", la référence de Van Hamme, On y retrouve la pseudo supériorité de la race blanche, la puissance de la famille Rowland mais un autre regard sur l'assassinat de Shéridan, qui croise à la fois la vision de la série mère et de l'album "la mangouste", un des meilleurs de ce spin off. Quant au dessin de Guérineau, même s'il ne s'inscrit pas trop dans la droite ligne de la série mère, on finit par s'y habituer voire par croire à cette histoire par son trait assez réaliste. Tome 6: Billy Stockton Très surpris que ce personnage très secondaire ait été choisi pour être le héros de ce spin off. Après tout, il n'apparait que dans quelques pages de Toutes les larmes de l'enfer , qui sont revisitées ici par S. Cuzor et LF. Bollée. Et là quelle surprise, j'ai trouvé cet opus parfaitement maitrisé et s'intégrant intelligemment dans la saga originale. Décidément, LF. Bollée après le remarquable Deadline et le désormais incontournable Terra Australis, nous offre encore une fois un récit de qualité, d'autant plus étonnant que l'on ne s'y attend pas. D'un personnage quasi insignifiant, on passe de la conspiration des XX (voir dossier n°2 dans The XIII mystery : l'enquête), à XIII, en passant par la famille Allenby. Bref un scénario béton autour d'un personnage qui n'apparait même pas dans la bible dédiée à la série par Van Hamme et Vance (à savoir The XIII mystery : l'enquête) Le dessin de S. Cuzor s'inscrit parfaitement dans le style de la série mère et Cuzor a su retranscrire toute l’ambiguïté du personnage de Billy Stockton. Avec" la mangouste" , cet album figure certainement dans les meilleurs de ce spin off. Tome 7: Betty Barnowsky Très classique, aussi bien sur le fond que sur la forme. Le dessin de S.Vallée s'inscrit parfaitement dans la droite ligne de la série mère. En évoquant ici un épisode de la vie de Betty Barnowsky, Callède a peut-être manqué un peu d'originalité. Nous avons le droit à beaucoup de scènes d'actions,dans la jungle, en compagnie des derniers Spads, le tout sans d'humour. Cela se laisse lire mais cet opus n'est pas le meilleur de la série. Très peu de surprises, en fait dans cette histoire. Une aventure formatée qui n'apporte pas grand chose sur les personnages de la série mère. Les fans de XIII, comme moi, achèteront évidemment cet album, par habitude. Tome 8 : Martha Shoebridge Il fallait vraiment oser, faire de Martha Shoebebridge, docteur radiée de l'ordre des médecins, et n'apparaissant que sur quelques pages du désormais mythique "le jour du soleil noir" , et disparaissant au bout de quelques pages; une héroïne à part entière d'un spin off de XIII. C'est vraiment un pari , mais un pari réussi par Wilson (plus connu sur l'univers de La Jeunesse de Blueberry et de F. Giroud (scénariste de talent , par exemple pour la série innovante pour l"époque du "Décalogue") Certes, F.Giroud s'est fortement inspiré des éléments (assez peu nombreux) que lui a laissé Van Hamme dans le désormais incontournable n°13 de la série historique XIII, mais il a su enrichir le personnage avec une aventure sentimentale avec le futur président Walter Shéridan, qui fait de l'album un véritable préquel au premier volume de XIII , "le jour du soleil noir". Un très bel album aussi bien au niveau graphique( je suis d'ailleurs surpris de l'évolution du dessin de Wilson qui finit par coller à celui de de Wance en fin d'album) que scénaristique. En tout cas , malgré les grosses ficelles scénaristiques pour se raccrocher à la série mère, j'ai adoré la lecture de cet opus, qui, à mon avis, rejoint, les meilleurs de la série dérivée "XIII Mystery" A lire absolument pour les amateurs de XIII tome 9 : Felicity Brown Derrière une des pires couvertures de cette série (mais que fait l'éditeur ?) se cache un album de très bonne facture. Nous sommes plongés dans l'histoire de la fameuse Felicity Brown, entre "là où va l'indien" et "Pour Maria" de la série originelle XIII, une histoire ponctuée de meurtres et de cadavres, comme seul Matz, scénariste de talent habitué aux polars, aurait pu nous l'offrir. L'intrigue très bien menée et c'est avec un certain plaisir que nous retrouvons le marquis Armand de Préseau, Don Juan assez roublard, et le sinistre Colonel Peralta, très manipulateur. Malgré tout, cela se lit vite et j'avoue qu'il n'y a que très peu de surprise au final. Seule la course poursuite avec le FBI ajoute un élément supplémentaire au caractère de Felicity, qui en conclusion, ne force pas la compassion. Le dessin de Rossi se rapproche du style qu'il avait employé dans "Deadline",que j'avais adoré, d'où ma déception au vu de la couverture de l'album assez ratée, il faut l'avouer. Par contre, je ne peux que souligner la surprise de découvrir un cahier graphique assez conséquent de C.Rossi, réservé à cette première édition. Très belle surprise ! tome 10: Calvin Wax Dixième album de la série, cet opus répond parfaitement au cahier des charges de la série. Fred Duval nous livre un scénario impeccable voire implacable sur le numéro II de la conspiration des XIII. C'est machiavélique à souhait et le scénario repose sur un mécanisme d'horlogerie que n'a sans nul doute pas renié le gardien du temple, à savoir Jean Van Hamme. Avec l'imbrication de l'histoire de frères Shéridan, du docteur Martha et Dwight S. Rigby, j'ai lu une histoire cohérente, en parfaite adéquation avec la série mère. Bref, un album assez académique voire classique mais qui reste dans les canons de la série. J'ai vraiment aimé cet opus. Il faut aussi souligner le dessin de Corentin Rouge (je ne connaissais que celui de son père sur des reprises de "Comanche" ou de "Marshall Blueberry"), mis en valeur par le cahier graphique réservé à la première édition. Tome 11: Jonathan Fly Avec cet album consacré à Jonathan Fly, Luc Brunschwig nous replonge avec brio dans les meilleurs albums de Jean Van Hamme "le dossier Jason Fly" et "la nuit du 3 août". Il retrace habilement une partie de l'histoire des Etats Unis, à travers des personnages très reconnaissables , même s'ils ne portent pas leur nom véritable (on y croise Hoover, les époux Rosenberg, les défenseurs des droits civiques etc.). Mais on croise aussi dans cet opus de vielles connaissances comme David Dwight et son père Rigby Dwight, le jeune Zeke mais surtout le jeune Jason Fly. Entre histoire de gosses et règlement de compte entre adultes, le scénario tient sacrément la route. Du bout boulot signé Luc Brunschwig, comme à son habitude. Il s'en parfaitement fondu dans le monde imaginé par Van Hamme, en reprenant à son compte l'image du père, Jonathan Fly, avec sa préface dédiée à ses enfants. Après "Calvin Wax", encore un très bon album de la série "XIII mystery" Il ne faut pas oublier le travail d'Olivier Taduc qui nous offre un dessin qui n'est pas si éloigné que cela du style de William Vance. Tome 12: Alan Smith Certes ce douzième et avant dernier volume de ce spin-off n'est pas un des meilleurs de la série, mais il se situe au dessus de celui consacré à "Little Jones" ou encore à celui dédié à "Felicity Brown". En suivant le destin d'Alan Smith, nous suivons celui d'un véritable looser, qui échappe à la mort tant de fois dans cet opus que cela devient presque lassant. Alan Smith tombe dans tant de pièges que le final, assez réussi et surprenant, il faut l'avouer,finit par surprendre, ce qui sauve le scénario. Côté dessin,Buchet fait le job, en se rapprochant du style de la série mère, donnant une certaine homogénéité à cette série (contrairement à Berthet,qui signant un opus certes de qualité avec "Irina", mais avait conservé son style propre) Bref, un peu trop de rebondissements improbables pour essayer de coller à la série mère vient nuire à la fluidité du scénario. tome 13: Judith Warner C'est Jean Van Hamme en personne qui conclut (définitivement?)cette série de spin off consacrée aux personnages secondaires de la série XIII, et cela juste avant de nous offrir un second opus de "The XIII mystery, l'enquête". Cet album repose sur le nom de la jolie Judith, que l'on apercevait dans le diptyque "la nuit du 4 août", mais cet album aurait pu avoir comme titre celui de Jessica Martin, tant elle est présente dans les pages de l'album, tout comme dans le lit de Judith. Car Jean Van Hamme ne se refait pas: les scènes saphiques sont en effet nombreuses ! Vieux briscard de scénarii, Jean Van Hamme use (ou abuse) des références de "The XII mystery", en nous vantant la couverture sur quelques cases (on dirait à de la publicité à peine déguisée) et réemploie un certains nombres de protagonistes de la série mère comme David Rigby, Danny Finkelstein, et l'inévitable tueuse Jessica Martin, s'offrant même le luxe de se référer à l'album "Colonel Amos". L'album est assez dense, avec comme à l'accoutumée des fausses pistes, des poursuites et de l'action. Seule le geste initial de Danny Finkelstein, à la fin de l'album, ne me semblait pas en adéquation avec son caractère. Côté dessin Olivier Grenson a fait un bon travail, avec un dessin encore plus réaliste que sur sa série "Niklos Koda". En tout cas, cet album s'inscrit dans les meilleurs de la série. Tome 14: Traquenards et sentiments Je fais partie des fans de la première heure de la série XIII, je me souviens encore de la couverture du journal Spirou de juin 1984 où j'ai découvert ce mystérieux héros à la mèche blanche. Mon côté complétiste m'a poussé vers l'achat de ce qui touchait XIII; la série mère, sans ses auteurs fétiches mais aussi la série XIII mystery, avec ses albums plus ou moins réussis. Avec cet album célébrant le 40ème anniversaire signé Van Hamme, excusez du peu, je m'attendais à un feu d'artifice mais je suis tombé sur un pétard mouillé. Car le côté commercial assez minable en l'espèce l'a emporté sur la qualité éditoriale. En débutant la lecture de cet album, j'ai été déstabilisé par la forme. Je n'avais pas compris le lien entre les histoires, pensant naïvement , dans un premier temps, que les différents auteurs déroulaient une seule et même intrigue sur l'ensemble de l'album. En ne séparant pas chaque histoire, l'éditeur s'est vraiment foutu de la gueule du lecteur. C'est vraiment minable et cela vient gâcher la lecture. En outre, je dois dire que mise à part l'aventure se déroulant à Cuba où j'ai retrouvé avec plaisir El Cascador, j'ai eu du mal à trouver un intérêt à cet album. Philippe Xavier a un certain talent pour dessiner cette histoire, dans le style de Vance, mais j'avoue que Jigounov, Callède et Toussaint apportent leur professionnalisme à des intrigues sans trop d'intérêt. Et que dire des planches "hommages" à XIII complétement ratées - sauf celle de Marini, peut-être (et que diable vient faire cette adaptation manga dans cette galère) ? Bref ce quatorzième album de XIII mystery est l'album de trop. Dommage, car le titre choisi me rappelait le titre d'un hors série que j'avais acheté en janvier 2004, numéroté et signé par William Vance et Jean Van Hamme (tiré à 825 exemplaires), et qui m'avait laissé un bon souvenir. Je suis désolé de le dire mais ce dernier XIII mystery est à oublier, tant l'éditeur n'a pas respecté le vieux lecteur de XIII que je suis, ou que j'étais. Je baisse donc ma note pour cet album raté.

03/10/2008 (MAJ le 25/01/2024) (modifier)
Par yaglourt
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Atelier des Sorciers
L'Atelier des Sorciers

Voilà une oeuvre enchanteresse et un peu inclassable. Ce manga semble en apparence s'addresser aux plus jeunes mais il développe des thèmes adultes rarement abordés dans les mangas "tout public" (la différence, le handicap, l'homosexualité...). Cet univers magique empreint d'une certaine noirceur rappelle Full Metal Alchemist (la magie dans l'un et l'alchimie dans l'autre peuvent être sources de merveilleux comme de drames terribles si mal utilisés). Le chara-design est résolument japonais mais le dessin est occidental (avec notamment l'utitisation de hachures plutôt que de trames) avec une grosse inspiration Art-Déco. Les personnages comme les décors sont splendides. L'auteure a fait l'effort de créer un système de magie bien fichu à base de sceaux et des 4 éléments. Autre particularité intéressante : la magie est censée être réservée à des élus sélectionnés à la naissance pour leur "don" mais on découvre dès le 1er chapitre (voir la galerie d'images) qu'en fait n'importe qui pourrait pratiquer la magie pour peu qu'il apprenne à dessiner les dits sceaux. Ainsi la caste des magiciens s'apparente plus à une secte ésotérique qui garde jalousement ses secrets pour ne pas laisser la magie et ses potentiels dangers entre n'importe quelles mains... Mais certains jeunes sorciers ne sont pas de cet avis et s'ensuit une réflexion intéressante sur l'éthique dans la pratique de la magie. Un très beau récit d’apprentissage.

25/01/2024 (modifier)