Après l’excellent Lulu Femme Nue, une œuvre de fiction profondément humaine, Etienne Davodeau revient au reportage bd pour nous livrer le récit d’une initiation croisée.
Initiation croisée… Echange de savoir et de passion… Un sujet sur mesure pour cet artiste devenu un maître dans l’art de relater les rapports humains simples et francs (voir son « Quelques jours avec un menteur » pour exemple) et dans celui de vulgariser des données techniques (lisez donc « Rural ! » pour vous en convaincre).
Et, à nouveau, Etienne Davodeau fait mouche. Son récit est instructif, amusant et incroyablement humain. Les rencontres y occupent un espace majeur, et chacune d’elles nourrit les acteurs plus sûrement que n’importe quel restaurant 4 étoiles.
Etienne et son ami viticulteur sont deux passionnés, cela se voit et se sent, mais ils gardent une capacité d’autodérision et de recul qui les rendent simples, accessibles et, aussi, extrêmement didactiques. Les deux se révèlent en effet être d’excellents professeurs.
Et s’il est amusant pour un lecteur dans mon genre d’observer les réactions d’un novice face à un Moebius, un Gibrat ou un Trondheim, le récit devient très instructif dès que le thème de la viticulture (et du vin) est abordé. Davodeau a eu une idée simple mais géniale qui fait basculer le lecteur de maître en apprenti tout au long du récit. Un coup, je m’amuse en apprenant, un coup j’apprends en m’amusant. C’est pareil mais différent.
Autre qualité : l’écriture ! Elle coule, simple, fluide, vivante, naturelle, souvent drôle. Pour parvenir à ce niveau, il faut à l’auteur une impressionnante maîtrise. Et si cette écriture est si performante, c’est parce que l’auteur parvient à ne pas la rendre omniprésente. Ici, les silences expriment autant que les dialogues. Le découpage est bien équilibré. La fin des chapitres survient avant l’idée même d’un quelconque sentiment de lassitude et ne provoque qu’une seule envie : celle de découvrir le chapitre suivant !
Ce récit riche de plus de 250 pages vous glisse dans les neurones comme un rien. Les données techniques sont digérées avec plaisir (notamment les débats sur la biodynamique et le sulfatage) tant elles sont présentées avec humour, humilité et simplicité.
… Ahhh, ce que les gens passionnés peuvent être passionnants !
A la fin de cette lecture, je ne peux que remercier Etienne Davodeau de m’avoir permis d’entrer, l’espace d’une lecture, dans le monde de ces ignorants, de ces passionnés.
PS : après lecture, je n’ai pu m’empêcher de déboucher une bouteille de muscat alsacien produite selon les principes de la biodynamie par une viticultrice indépendante (Sylvie Spielmann, de Bergheim). Et bien, il m’en est apparu encore meilleur !
Quels dessins, nom de Zeus, c'est magnifique! Le format d'édition contribue, lui aussi, à rendre l'aventure visuellement splendide. Une claque, tout simplement!
Quant au récit, je l'ai trouvé plus accrocheur que Canoë Bay, plus rythmé et moins convenu. Cette histoire ne peut se résumer en une simple chasse à l'homme, c'est tellement plus; un pan de l'histoire amérindienne, la confrontation entre la fragilité de la jeunesse et la dureté de la jungle, l'amour et ses sacrifices, la barbarie des hommes et la beauté de la nature,... Autant de thèmes, habilement abordés par l'auteur, dans un one-shot; personnellement, j'ai dévoré l'album.
Au final, c'est avec un énorme plaisir que j'ai lu cette histoire et admiré, une nouvelle fois, la beauté du travail graphique de Patrick Prugne. Il a réussi ici ce qu'il manquait peut-être à Canoë Bay: une histoire dynamique et intense. Pour moi, ce sera un 5/5. Cet album est rentré dans l'humble panthéon de ma bibliothèque...
En guise d’avertissement : Fell a connu un historique de publication irrégulier, c’est le terme consacré. Les 8 premiers volumes, qui font l’objet de l’édition française, sont sortis entre septembre 2005 et avril 2007 ; nous parlons ici de comic US, donc de volumes de 24 pages ; Ellis étant de plus bavard dans son courrier aux lecteurs, il n’y a qu’une grosse quinzaine de planches par volume. Bref, un rythme plus proche de celui du coureur de fond retraité et cacochyme que d’un colibri sous amphéts. Un neuvième volume est paru en janvier 2008 (à commander, péniblement, aux USA), et Ellis assure que le scénario du dixième volume est chez Templesmith. Bientôt quatre ans après.
Pourquoi ce long préambule ? Il m’arrive de m’intéresser à des séries plus vieilles, qui ont l’avantage d’être terminées, collectées, et, ne nous le cachons pas, moins chères à l’achat que les publications individuelles. Ce n’est pas totalement le cas de Fell. La série n’est pas terminée. Il n’y a aucune réponse aux questions qu’elle pose. Il n’y a pas de conclusion emballée dans un joli paquet.
D’un autre côté, ça n’est pas particulièrement grave. Fell est une chronique, pas une histoire, et parle de ses personnages, pas d’évènements. Sa nature épisodique est favorable à une fin ouverte, et les questions qu’elle pose n’appellent pas une réponse ; aucune ou beaucoup sont de meilleurs choix.
En ceci je m’éloigne de JJJ : je me contrefous de savoir qui est Fell et pourquoi il est exilé à Snowtown, et je pense qu’Ellis aussi. Fell et Snowtown sont condamnés l’un à l’autre parce qu’ils se méritent, et Ellis documente la trajectoire de son personnage, qu’elle soit chute ou rédemption.
Graphiquement, c’est du Templesmith calme : le trait est moins expérimental que sur d’autres travaux (Wormwood par exemple), mais extrêmement marqué. C’est peu détaillé, objectivement un peu laid, et le choix des couleurs évoque plus un retour de substances réglementées que le calme d’une palette de peintre. L’ambiance est terrible, j’adore. A noter qu’il ne fait jamais, ou presque, jour chez Templesmith, ou alors Fell a des horaires pourris.
Richard Fell lui-même est un personnage complexe. Rien que son nom évoque à la fois le ‘fell from grace’ d’un ange tombé, la peau sur une carcasse, et un but sinistre (cf. le premier acte de Macbeth). C’est un bon détective : il est intelligent, observateur, et empathique ; clairement, il aime les gens. C’est un être dangereux : il est intelligent, assertif, violent tant psychologiquement que physiquement : il aime dominer les gens. Il est certain de son droit moral, et connait peu de remords dans ses actions. C’est un zélé, un croisé, les bonnes intentions qui pavent la route de l’enfer. Quel que soit son péché, et sa nature laisse envisager différentes hypothèses, il est quasi-impardonnable, et lui vaut un exil sur la lune (son commissariat est sur Moon Street, dans la nuit et loin de tout). Sa dualité lui vaut deux relations suivies, avec les deux seuls autres vrais personnages du comic.
Il y a Mayko, fragile, brisée mais reconstruite, qui découvre peu à peu l’humanité et les qualités de Fell.
Mais il y a surtout Snowtown, le nom officieux de ce quartier d’une ville indéterminée (elle a des docks et des marées, faut-il y voir New York ?) ; Snowtown est ‘de l’autre côté du pont’, mais tous savent que c’est un autre monde. La ville est un personnage à part entière. Elle est férale, cruelle, et broie ses habitants jour après jour. Les meurtres y sont quotidiens, et même les chiens rôdent en bande pour dévorer l’imprudent. Des caniches, de plus ! Et chaque jour Snowtown pose un peu plus sa marque sur Fell.
La série chronique donc les enquêtes de Richard Fell, qui sont habilement amenées et menées, dans un univers engageant, et observe lentement cette guerre pour ce que Raoh appellerait la possession de son âme. Finalement, certaines scènes se lisent bien en écoutant l’adagio pour cordes de Barber. Sans le bruit des hélicos.
Au final, j’hésite entre 4 et 5 étoiles. Il manque un petit quelque chose à mon sens pour valoir réellement un 5, mais dans un calcul dont j’ai par ailleurs honte, je le mets pour compenser la moyenne actuelle, et que le 4,5 n’est pas possible.
Des gens plus doctes que moi ont déjà commenté en profondeur ce comic ; je ne reviendrai donc pas sur les aspects techniques, ou les auteurs de l’œuvre, j’ai appris beaucoup de choses en lisant les commentaires de Ro et JJJ.
Avant toutes choses, j’ai lu Desolation Jones en V.O. Les dialogues d’Ellis sont incisifs, cinglants, affutés, laconiques ; en bref, difficiles à traduire. N’ayant pas vu la V.F., je ne peux juger de la qualité du travail, mais la tâche a du être ardue.
Les tomes 1 à 6 (soit l’essentiel de la production de 8 tomes) sont compilés dans un omnibus (Made in England) au prix très accessible chez des vendeurs en ligne. Enfin, j’imagine que ca varie avec le temps.
Desolation Jones est un récit cynique, cru, et à ce titre clairement destiné à un public adulte. Peu surprenant de la part d’Ellis, mais cette fois, son propos n’est effectivement pas dilué par les effets de manche ou surenchères d’un Transmetropolitan.
Le récit demeure l’histoire d’un homme, une sorte de parangon du hard-boiled detective à la Hammet. Cette attachement à la personne de Jones rend, je trouve, le récit plus dur, voire cruel, mais en même temps prégnant d’une poésie profonde et amère. Par exemple illustrée par le décalage entre ses rêves et ses visions, ou sa relation avec Emily Crowe.
Pour le reste, c’est du Ellis : les personnages ‘secondaires’, ville de Los Angeles incluse, sont construits avec imagination, souvent brio, et sont à la fois extrêmes et barrés, mais consistants. Et désespérés.
Le récit est sans pitié pour le lecteur, qui est là pour réfléchir, ventrebleu, on ne lit pas Picsou, là. Et de toute façon, oui, le fil narratif est parfois confus, il est un véhicule pour le portrait des personnages. Comme Jones le dit lui-même, L.A. est une ville ultra-moderne, faite pour être traversée, en tout lieu on n’est qu’en transit. Idem de son histoire.
Le dessin n’est pas le plus beau et le plus détaillé, bien qu’il puisse l’être, mais toujours extrêmement expressif, et enrichit toujours le propos. Les visages en gros plan, en particulier, sont immanquablement remarquables. Les choix tranchés de palettes de couleurs ne sont pas étrangers à cette réussite.
Inutile de préciser que je recommande chaudement l’achat de cet opus.
Voici une bd pour tous les âges, à découvrir enfant, redécouvrir une fois adulte, et que j'aurais sûrement autant de plaisir à lire une dernière fois sur mon lit de mort. Le dessin de don rosa est vraiment très bon au niveau des expressions des personnages mais aussi au niveau des détails sur lesquels on peut passer sans faire exprès un a la De Cape et de Crocs. L'histoire quant à elle est à la fois hilarante, touchante mais aussi bourrée d'action. L'univers de Barks est scrupuleusement préservé, ce qui est à mon sens la cerise sur le gâteau.
Un seul gros défaut...... ce titre sort en presse.....argh!
Bonne lecture.
Après 127 avis, il me semble inutile de m'étendre sur les qualités scénaristiques et visuelles de cette superbe série.
Je dirai juste, que jusqu'à présent, avec ma maigre culture de bédéphile, si je ne devais en choisir qu'une, ce serait certainement celle-là.
Bien que, comme le disent certains, les scénarii sont inégaux et parfois convenus, pour ma part, "l'animalisation" des personnages confère à cette série un charme indéniable. Ceci m'a beaucoup fait penser à une série animée qui a marqué mon enfance : Sherlock Holmes dont les premiers épisodes furent dessinés par un certain Hayao Miyazaki. Il y a pire comme comparaison me direz-vous...
J'ai ainsi trouvé particulièrement intéressant et innovant le choix de chaque espèce selon la nature ou la position sociale du personnage. L'ensemble est ainsi magnifiquement dessiné, que ce soit les décors, les mouvements et les mimiques des visages.
Coté scénario, on retrouve effectivement une ambiance noire des polars des années 50 avec une intrigue qui tend à s'enrichir au fil des tomes, ce qui est assez rare pour être noté.
Après lecture Tome 4 (09/10/11)
Au niveau du dessin, la qualité est toujours là avec des personnages et des décors hauts en couleurs. L'ambiance de la Nouvelle-Orléans des années 50 est parfaitement retranscrite. Un léger bémol pour l'intrigue à laquelle j'ai légèrement moins accrochée que celle des précédents tomes mais pas de quoi baisser ma note :) Du tout bon encore !
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 9/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 10/10
NOTE GLOBALE : 19/20
Comment reconnaître une très bonne bd ? L'Angélus en est une assurément ! Non seulement le scénario est palpitant avec une réelle qualité d'écriture dans les dialogues mais les dessins de Homs sont magnifiques. Il n'y a rien de plus exaltant quand la combinaison de ces deux paramètres fait merveille.
Bon, Giroud nous a habitué à du haut de gamme dans cette collection Secrets de famille (mise à part quelques ratés mais aucunement lié à son talent de conteur). La surprise vient plutôt de Homs, ce parfait inconnu qui commence à peine dans le dessin avec une véritable maîtrise dans les proportions et dans la fluidité du trait ! Cela relève le niveau de la pauvre Marianne Duvivier qui peine vraiment dans la même collection. Il est d'ailleurs surprenant que Giroud continue sa collaboration alors que le niveau graphique paraît trop faible mais ceci est une autre histoire... En l'occurence, le graphisme nous fait plonger dans une véritable ambiance cinématographique.
J'ai juste un petit bémol concernant le scénario pour n'épargner personne de ma plume un peu acerbe, je vous l'accorde. Je trouve que ce premier tome s'achève de manière assez conventionnelle et non sur un petit coup de surprise ce qui aurait été un plus indéniable dans la montée de l'adrénaline.
Pour autant, le second tome achève ce dyptique de manière très satisfaisante. Les origines de la naissance de Clovis nous seront enfin révélées et la conclusion ne sera pas forcément celle que pensait le lecteur. Le scénariste a finalement réussi à nous berner au rythme d'une métamorphose plutôt réussie de son personnage principal. On en redemande surtout avec cette qualité.
Note Dessin: 4,5/5 – Note Scénario: 4,5/5 – Note Globale: 4,5/5
Que dire devant l'indicible ? Il m'a fallu des années pour avoir le courage d'ouvrir ce monument. Je n'ai pas réussi à le lire d'une traite. Il m'a fallu quinze jours pour attaquer la deuxième partie, qui démarre avec l'arrivée à Auschwitz. Et l'expérience a été conforme à l'idée que je m'en faisais. Elle m'a hanté plusieurs semaines.
L'horreur absolue ne nous est pas assénée d'un grand coup qui anesthésierait la conscience à trop la sidérer. Non, on entre petit à petit, jour après jour, recul après recul, dans l'insupportable. On prend le temps de connaître le personnage principal, Vladek Spiegelman, homme loin d'être parfait ou héroïque, qui ne se singularise, on ne s'en rend compte que peu à peu, que par une hallucinante capacité à survivre.
Il n'a pu raconter que parce qu'il avait survécu. Peut-être est-il la seule personne à avoir passé dix mois à Auschwitz et à en être ressorti vivant, à avoir "habité" à Auschwitz, là où la plupart ne venaient qu'y mourir. C'est cette incroyable rareté, ce mélange de chance et d'opiniâtreté, qui rendent son témoignage si précieux. Vladek Spiegelman est une anomalie statistique. De ceux qui en avaient tant vu, aucun n'était censé revenir.
Mais Maus, c'est aussi un récit de l'après : comment vivre avec ça ? Qu'est ce que les survivants peuvent transmettre à leurs enfants ? On sent l'auteur hanté lui aussi par ce passé dont il hérite mais qui ne pourra jamais lui appartenir.
En réalité, ce passé, ce questionnement, c'est le nôtre à tous. Nous devrons vivre en sachant que ça a vraiment eu lieu.
Je me dois, une fois de plus, de remercier mon libraire pour avoir mis en avant ce petit bouquin et surtout de me l'avoir conseillé (et accessoirement de me l'avoir vendu).
Je suis resté scotché par la beauté du dessin en noir et blanc, que l'on peut situer entre "Bones" et "Popeye".
Drew Weing possède un style particulier qui fait que notre poète-matelot semble à l'étroit dans les cases.
C'est surtout l'histoire développée qui m'a bouleversé. La poésie est avec la bande dessinée, une de mes passion. En suivant l'histoire de ce destin raté (ou réussi selon du côté ou on se place) d'un jeune poète en mal d'inspiration, l'auteur atteint son but: celui de nous émouvoir avec une simplicité désarmante, une vignette par page, des dialogues inexistants, une lecture rapide, un dessin apparemment simple, et un personnage attachant, que l'on voit vieillir, chose assez rare dans le monde de la bd.
Et que dire du format choisi?
un petit format, comme les livres de poésie que je glisse régulièrement dans ma poche.
Je vous conseille évidemment la lecture, les dernières pages sont touchantes et émouvantes.
Il s'agit là d'un petit bijou, une surprise de cette rentrée qui mérite toute votre attention.
Une découverte que ce Portugal ainsi que son auteur Pedrosa, paru chez Dupuis dans leur collection Aire Libre.
Un pavé de 255 pages (hors carnet de croquis et dessin original daté et signé du tirage de tête) à la couverture colorée, bucolique, mélancolique et tout autant chaleureuse.
Pedrosa fait preuve ici d'une maturité certaine dans le dessin, le scénario. Une histoire personnelle, un trentenaire à la recherche de ses racines, de son histoire que l'on pourrait résumer de la façon suivante en citant l'un des personnages (page 197) : " Est ce que je suis le pays où je suis né ou est ce que je suis peu importe le pays" ?
Le dessin est merveilleux, le choix de Pedrosa de tout faire en couleur directe donne un sentiment d'immédiateté à l’œuvre, les personnage se confondent avec le décor, comme si l'individu et les lieux ne faisaient qu'un, interagissant l'un avec l'autre.
Pedrosa réussi à créer rapidement un sentiment d'empathie pour ses personnages pittoresques, des gens urbains (cf. Les Gens urbains de Jean Luc Cornette et Maud Millecamps paru chez Quadrants), nous suivons ainsi leur pérégrination tout comme nous contemplerions un tableau.
Ce livre est un livre sensitif, de travail sur la mémoire, ses racines, son histoire personnelle.
Il en ressort une quiétude, un apaisement, et la satisfaction du repos. Pedrosa touche à l'universalité dans se récit, à faire de cette quête personnelle du personnage principal un thème nous touchant tous et toutes à la fois.
Pour terminer cet avis, j'invite tous les amoureux de bandes dessinées à découvrir ce bijoux, certainement la BD de l'année.
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Les Ignorants
Après l’excellent Lulu Femme Nue, une œuvre de fiction profondément humaine, Etienne Davodeau revient au reportage bd pour nous livrer le récit d’une initiation croisée. Initiation croisée… Echange de savoir et de passion… Un sujet sur mesure pour cet artiste devenu un maître dans l’art de relater les rapports humains simples et francs (voir son « Quelques jours avec un menteur » pour exemple) et dans celui de vulgariser des données techniques (lisez donc « Rural ! » pour vous en convaincre). Et, à nouveau, Etienne Davodeau fait mouche. Son récit est instructif, amusant et incroyablement humain. Les rencontres y occupent un espace majeur, et chacune d’elles nourrit les acteurs plus sûrement que n’importe quel restaurant 4 étoiles. Etienne et son ami viticulteur sont deux passionnés, cela se voit et se sent, mais ils gardent une capacité d’autodérision et de recul qui les rendent simples, accessibles et, aussi, extrêmement didactiques. Les deux se révèlent en effet être d’excellents professeurs. Et s’il est amusant pour un lecteur dans mon genre d’observer les réactions d’un novice face à un Moebius, un Gibrat ou un Trondheim, le récit devient très instructif dès que le thème de la viticulture (et du vin) est abordé. Davodeau a eu une idée simple mais géniale qui fait basculer le lecteur de maître en apprenti tout au long du récit. Un coup, je m’amuse en apprenant, un coup j’apprends en m’amusant. C’est pareil mais différent. Autre qualité : l’écriture ! Elle coule, simple, fluide, vivante, naturelle, souvent drôle. Pour parvenir à ce niveau, il faut à l’auteur une impressionnante maîtrise. Et si cette écriture est si performante, c’est parce que l’auteur parvient à ne pas la rendre omniprésente. Ici, les silences expriment autant que les dialogues. Le découpage est bien équilibré. La fin des chapitres survient avant l’idée même d’un quelconque sentiment de lassitude et ne provoque qu’une seule envie : celle de découvrir le chapitre suivant ! Ce récit riche de plus de 250 pages vous glisse dans les neurones comme un rien. Les données techniques sont digérées avec plaisir (notamment les débats sur la biodynamique et le sulfatage) tant elles sont présentées avec humour, humilité et simplicité. … Ahhh, ce que les gens passionnés peuvent être passionnants ! A la fin de cette lecture, je ne peux que remercier Etienne Davodeau de m’avoir permis d’entrer, l’espace d’une lecture, dans le monde de ces ignorants, de ces passionnés. PS : après lecture, je n’ai pu m’empêcher de déboucher une bouteille de muscat alsacien produite selon les principes de la biodynamie par une viticultrice indépendante (Sylvie Spielmann, de Bergheim). Et bien, il m’en est apparu encore meilleur !
Frenchman
Quels dessins, nom de Zeus, c'est magnifique! Le format d'édition contribue, lui aussi, à rendre l'aventure visuellement splendide. Une claque, tout simplement! Quant au récit, je l'ai trouvé plus accrocheur que Canoë Bay, plus rythmé et moins convenu. Cette histoire ne peut se résumer en une simple chasse à l'homme, c'est tellement plus; un pan de l'histoire amérindienne, la confrontation entre la fragilité de la jeunesse et la dureté de la jungle, l'amour et ses sacrifices, la barbarie des hommes et la beauté de la nature,... Autant de thèmes, habilement abordés par l'auteur, dans un one-shot; personnellement, j'ai dévoré l'album. Au final, c'est avec un énorme plaisir que j'ai lu cette histoire et admiré, une nouvelle fois, la beauté du travail graphique de Patrick Prugne. Il a réussi ici ce qu'il manquait peut-être à Canoë Bay: une histoire dynamique et intense. Pour moi, ce sera un 5/5. Cet album est rentré dans l'humble panthéon de ma bibliothèque...
Fell
En guise d’avertissement : Fell a connu un historique de publication irrégulier, c’est le terme consacré. Les 8 premiers volumes, qui font l’objet de l’édition française, sont sortis entre septembre 2005 et avril 2007 ; nous parlons ici de comic US, donc de volumes de 24 pages ; Ellis étant de plus bavard dans son courrier aux lecteurs, il n’y a qu’une grosse quinzaine de planches par volume. Bref, un rythme plus proche de celui du coureur de fond retraité et cacochyme que d’un colibri sous amphéts. Un neuvième volume est paru en janvier 2008 (à commander, péniblement, aux USA), et Ellis assure que le scénario du dixième volume est chez Templesmith. Bientôt quatre ans après. Pourquoi ce long préambule ? Il m’arrive de m’intéresser à des séries plus vieilles, qui ont l’avantage d’être terminées, collectées, et, ne nous le cachons pas, moins chères à l’achat que les publications individuelles. Ce n’est pas totalement le cas de Fell. La série n’est pas terminée. Il n’y a aucune réponse aux questions qu’elle pose. Il n’y a pas de conclusion emballée dans un joli paquet. D’un autre côté, ça n’est pas particulièrement grave. Fell est une chronique, pas une histoire, et parle de ses personnages, pas d’évènements. Sa nature épisodique est favorable à une fin ouverte, et les questions qu’elle pose n’appellent pas une réponse ; aucune ou beaucoup sont de meilleurs choix. En ceci je m’éloigne de JJJ : je me contrefous de savoir qui est Fell et pourquoi il est exilé à Snowtown, et je pense qu’Ellis aussi. Fell et Snowtown sont condamnés l’un à l’autre parce qu’ils se méritent, et Ellis documente la trajectoire de son personnage, qu’elle soit chute ou rédemption. Graphiquement, c’est du Templesmith calme : le trait est moins expérimental que sur d’autres travaux (Wormwood par exemple), mais extrêmement marqué. C’est peu détaillé, objectivement un peu laid, et le choix des couleurs évoque plus un retour de substances réglementées que le calme d’une palette de peintre. L’ambiance est terrible, j’adore. A noter qu’il ne fait jamais, ou presque, jour chez Templesmith, ou alors Fell a des horaires pourris. Richard Fell lui-même est un personnage complexe. Rien que son nom évoque à la fois le ‘fell from grace’ d’un ange tombé, la peau sur une carcasse, et un but sinistre (cf. le premier acte de Macbeth). C’est un bon détective : il est intelligent, observateur, et empathique ; clairement, il aime les gens. C’est un être dangereux : il est intelligent, assertif, violent tant psychologiquement que physiquement : il aime dominer les gens. Il est certain de son droit moral, et connait peu de remords dans ses actions. C’est un zélé, un croisé, les bonnes intentions qui pavent la route de l’enfer. Quel que soit son péché, et sa nature laisse envisager différentes hypothèses, il est quasi-impardonnable, et lui vaut un exil sur la lune (son commissariat est sur Moon Street, dans la nuit et loin de tout). Sa dualité lui vaut deux relations suivies, avec les deux seuls autres vrais personnages du comic. Il y a Mayko, fragile, brisée mais reconstruite, qui découvre peu à peu l’humanité et les qualités de Fell. Mais il y a surtout Snowtown, le nom officieux de ce quartier d’une ville indéterminée (elle a des docks et des marées, faut-il y voir New York ?) ; Snowtown est ‘de l’autre côté du pont’, mais tous savent que c’est un autre monde. La ville est un personnage à part entière. Elle est férale, cruelle, et broie ses habitants jour après jour. Les meurtres y sont quotidiens, et même les chiens rôdent en bande pour dévorer l’imprudent. Des caniches, de plus ! Et chaque jour Snowtown pose un peu plus sa marque sur Fell. La série chronique donc les enquêtes de Richard Fell, qui sont habilement amenées et menées, dans un univers engageant, et observe lentement cette guerre pour ce que Raoh appellerait la possession de son âme. Finalement, certaines scènes se lisent bien en écoutant l’adagio pour cordes de Barber. Sans le bruit des hélicos. Au final, j’hésite entre 4 et 5 étoiles. Il manque un petit quelque chose à mon sens pour valoir réellement un 5, mais dans un calcul dont j’ai par ailleurs honte, je le mets pour compenser la moyenne actuelle, et que le 4,5 n’est pas possible.
Desolation Jones
Des gens plus doctes que moi ont déjà commenté en profondeur ce comic ; je ne reviendrai donc pas sur les aspects techniques, ou les auteurs de l’œuvre, j’ai appris beaucoup de choses en lisant les commentaires de Ro et JJJ. Avant toutes choses, j’ai lu Desolation Jones en V.O. Les dialogues d’Ellis sont incisifs, cinglants, affutés, laconiques ; en bref, difficiles à traduire. N’ayant pas vu la V.F., je ne peux juger de la qualité du travail, mais la tâche a du être ardue. Les tomes 1 à 6 (soit l’essentiel de la production de 8 tomes) sont compilés dans un omnibus (Made in England) au prix très accessible chez des vendeurs en ligne. Enfin, j’imagine que ca varie avec le temps. Desolation Jones est un récit cynique, cru, et à ce titre clairement destiné à un public adulte. Peu surprenant de la part d’Ellis, mais cette fois, son propos n’est effectivement pas dilué par les effets de manche ou surenchères d’un Transmetropolitan. Le récit demeure l’histoire d’un homme, une sorte de parangon du hard-boiled detective à la Hammet. Cette attachement à la personne de Jones rend, je trouve, le récit plus dur, voire cruel, mais en même temps prégnant d’une poésie profonde et amère. Par exemple illustrée par le décalage entre ses rêves et ses visions, ou sa relation avec Emily Crowe. Pour le reste, c’est du Ellis : les personnages ‘secondaires’, ville de Los Angeles incluse, sont construits avec imagination, souvent brio, et sont à la fois extrêmes et barrés, mais consistants. Et désespérés. Le récit est sans pitié pour le lecteur, qui est là pour réfléchir, ventrebleu, on ne lit pas Picsou, là. Et de toute façon, oui, le fil narratif est parfois confus, il est un véhicule pour le portrait des personnages. Comme Jones le dit lui-même, L.A. est une ville ultra-moderne, faite pour être traversée, en tout lieu on n’est qu’en transit. Idem de son histoire. Le dessin n’est pas le plus beau et le plus détaillé, bien qu’il puisse l’être, mais toujours extrêmement expressif, et enrichit toujours le propos. Les visages en gros plan, en particulier, sont immanquablement remarquables. Les choix tranchés de palettes de couleurs ne sont pas étrangers à cette réussite. Inutile de préciser que je recommande chaudement l’achat de cet opus.
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
Voici une bd pour tous les âges, à découvrir enfant, redécouvrir une fois adulte, et que j'aurais sûrement autant de plaisir à lire une dernière fois sur mon lit de mort. Le dessin de don rosa est vraiment très bon au niveau des expressions des personnages mais aussi au niveau des détails sur lesquels on peut passer sans faire exprès un a la De Cape et de Crocs. L'histoire quant à elle est à la fois hilarante, touchante mais aussi bourrée d'action. L'univers de Barks est scrupuleusement préservé, ce qui est à mon sens la cerise sur le gâteau. Un seul gros défaut...... ce titre sort en presse.....argh! Bonne lecture.
Blacksad
Après 127 avis, il me semble inutile de m'étendre sur les qualités scénaristiques et visuelles de cette superbe série. Je dirai juste, que jusqu'à présent, avec ma maigre culture de bédéphile, si je ne devais en choisir qu'une, ce serait certainement celle-là. Bien que, comme le disent certains, les scénarii sont inégaux et parfois convenus, pour ma part, "l'animalisation" des personnages confère à cette série un charme indéniable. Ceci m'a beaucoup fait penser à une série animée qui a marqué mon enfance : Sherlock Holmes dont les premiers épisodes furent dessinés par un certain Hayao Miyazaki. Il y a pire comme comparaison me direz-vous... J'ai ainsi trouvé particulièrement intéressant et innovant le choix de chaque espèce selon la nature ou la position sociale du personnage. L'ensemble est ainsi magnifiquement dessiné, que ce soit les décors, les mouvements et les mimiques des visages. Coté scénario, on retrouve effectivement une ambiance noire des polars des années 50 avec une intrigue qui tend à s'enrichir au fil des tomes, ce qui est assez rare pour être noté. Après lecture Tome 4 (09/10/11) Au niveau du dessin, la qualité est toujours là avec des personnages et des décors hauts en couleurs. L'ambiance de la Nouvelle-Orléans des années 50 est parfaitement retranscrite. Un léger bémol pour l'intrigue à laquelle j'ai légèrement moins accrochée que celle des précédents tomes mais pas de quoi baisser ma note :) Du tout bon encore ! SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 9/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 10/10 NOTE GLOBALE : 19/20
Secrets - L'Angélus
Comment reconnaître une très bonne bd ? L'Angélus en est une assurément ! Non seulement le scénario est palpitant avec une réelle qualité d'écriture dans les dialogues mais les dessins de Homs sont magnifiques. Il n'y a rien de plus exaltant quand la combinaison de ces deux paramètres fait merveille. Bon, Giroud nous a habitué à du haut de gamme dans cette collection Secrets de famille (mise à part quelques ratés mais aucunement lié à son talent de conteur). La surprise vient plutôt de Homs, ce parfait inconnu qui commence à peine dans le dessin avec une véritable maîtrise dans les proportions et dans la fluidité du trait ! Cela relève le niveau de la pauvre Marianne Duvivier qui peine vraiment dans la même collection. Il est d'ailleurs surprenant que Giroud continue sa collaboration alors que le niveau graphique paraît trop faible mais ceci est une autre histoire... En l'occurence, le graphisme nous fait plonger dans une véritable ambiance cinématographique. J'ai juste un petit bémol concernant le scénario pour n'épargner personne de ma plume un peu acerbe, je vous l'accorde. Je trouve que ce premier tome s'achève de manière assez conventionnelle et non sur un petit coup de surprise ce qui aurait été un plus indéniable dans la montée de l'adrénaline. Pour autant, le second tome achève ce dyptique de manière très satisfaisante. Les origines de la naissance de Clovis nous seront enfin révélées et la conclusion ne sera pas forcément celle que pensait le lecteur. Le scénariste a finalement réussi à nous berner au rythme d'une métamorphose plutôt réussie de son personnage principal. On en redemande surtout avec cette qualité. Note Dessin: 4,5/5 – Note Scénario: 4,5/5 – Note Globale: 4,5/5
Maus
Que dire devant l'indicible ? Il m'a fallu des années pour avoir le courage d'ouvrir ce monument. Je n'ai pas réussi à le lire d'une traite. Il m'a fallu quinze jours pour attaquer la deuxième partie, qui démarre avec l'arrivée à Auschwitz. Et l'expérience a été conforme à l'idée que je m'en faisais. Elle m'a hanté plusieurs semaines. L'horreur absolue ne nous est pas assénée d'un grand coup qui anesthésierait la conscience à trop la sidérer. Non, on entre petit à petit, jour après jour, recul après recul, dans l'insupportable. On prend le temps de connaître le personnage principal, Vladek Spiegelman, homme loin d'être parfait ou héroïque, qui ne se singularise, on ne s'en rend compte que peu à peu, que par une hallucinante capacité à survivre. Il n'a pu raconter que parce qu'il avait survécu. Peut-être est-il la seule personne à avoir passé dix mois à Auschwitz et à en être ressorti vivant, à avoir "habité" à Auschwitz, là où la plupart ne venaient qu'y mourir. C'est cette incroyable rareté, ce mélange de chance et d'opiniâtreté, qui rendent son témoignage si précieux. Vladek Spiegelman est une anomalie statistique. De ceux qui en avaient tant vu, aucun n'était censé revenir. Mais Maus, c'est aussi un récit de l'après : comment vivre avec ça ? Qu'est ce que les survivants peuvent transmettre à leurs enfants ? On sent l'auteur hanté lui aussi par ce passé dont il hérite mais qui ne pourra jamais lui appartenir. En réalité, ce passé, ce questionnement, c'est le nôtre à tous. Nous devrons vivre en sachant que ça a vraiment eu lieu.
En Mer
Je me dois, une fois de plus, de remercier mon libraire pour avoir mis en avant ce petit bouquin et surtout de me l'avoir conseillé (et accessoirement de me l'avoir vendu). Je suis resté scotché par la beauté du dessin en noir et blanc, que l'on peut situer entre "Bones" et "Popeye". Drew Weing possède un style particulier qui fait que notre poète-matelot semble à l'étroit dans les cases. C'est surtout l'histoire développée qui m'a bouleversé. La poésie est avec la bande dessinée, une de mes passion. En suivant l'histoire de ce destin raté (ou réussi selon du côté ou on se place) d'un jeune poète en mal d'inspiration, l'auteur atteint son but: celui de nous émouvoir avec une simplicité désarmante, une vignette par page, des dialogues inexistants, une lecture rapide, un dessin apparemment simple, et un personnage attachant, que l'on voit vieillir, chose assez rare dans le monde de la bd. Et que dire du format choisi? un petit format, comme les livres de poésie que je glisse régulièrement dans ma poche. Je vous conseille évidemment la lecture, les dernières pages sont touchantes et émouvantes. Il s'agit là d'un petit bijou, une surprise de cette rentrée qui mérite toute votre attention.
Portugal
Une découverte que ce Portugal ainsi que son auteur Pedrosa, paru chez Dupuis dans leur collection Aire Libre. Un pavé de 255 pages (hors carnet de croquis et dessin original daté et signé du tirage de tête) à la couverture colorée, bucolique, mélancolique et tout autant chaleureuse. Pedrosa fait preuve ici d'une maturité certaine dans le dessin, le scénario. Une histoire personnelle, un trentenaire à la recherche de ses racines, de son histoire que l'on pourrait résumer de la façon suivante en citant l'un des personnages (page 197) : " Est ce que je suis le pays où je suis né ou est ce que je suis peu importe le pays" ? Le dessin est merveilleux, le choix de Pedrosa de tout faire en couleur directe donne un sentiment d'immédiateté à l’œuvre, les personnage se confondent avec le décor, comme si l'individu et les lieux ne faisaient qu'un, interagissant l'un avec l'autre. Pedrosa réussi à créer rapidement un sentiment d'empathie pour ses personnages pittoresques, des gens urbains (cf. Les Gens urbains de Jean Luc Cornette et Maud Millecamps paru chez Quadrants), nous suivons ainsi leur pérégrination tout comme nous contemplerions un tableau. Ce livre est un livre sensitif, de travail sur la mémoire, ses racines, son histoire personnelle. Il en ressort une quiétude, un apaisement, et la satisfaction du repos. Pedrosa touche à l'universalité dans se récit, à faire de cette quête personnelle du personnage principal un thème nous touchant tous et toutes à la fois. Pour terminer cet avis, j'invite tous les amoureux de bandes dessinées à découvrir ce bijoux, certainement la BD de l'année.