Je trouve cette série réaliste variée et pleine d'émotion. Les ados en mal de rêve peuvent facilement s'identifier au héros sans passer pour des naifs. La simplicité des textes est parfois plus marquante que de grandes phrases sans intérêt. Ces aventures me vont droit au cœur pour ma part, j'aimerais tant qu'un jour on puisse trouver la suite du tome 5.
Qu'un mot à dire : chapeau!!!
Je suis complètement "i love you " de ce personnage : sa vie, ses galères, son sens pratique, son feeling et surtout sa démerde quand il est en panique me rappelle tout à fait les galères que l'on pouvait vivre dans toutes les villes et banlieues de France dans la période fin 70 début 80 : les écarts de langage qui gênent certains s'apprenaient en lisant San Antonio et se développaient dans la rue (ou l'inverse).
Ses potes avec qui il a des relations un peu tordues sont le miroir des difficultés et un peu de l'arnaque que l'on pouvait vivre tous les jours, ces histoires parfois fantastiques reflètent le délire de l'époque et il s'en amuse. Pour la jeunesse c'est un peu du surnaturel, pour les plus vieux c'est comme un miroir, mon seul regret c'est que la source soit tarie. J'ai toute la collec d'abord pour l'ambiance, ensuite pour la qualité et l'humour des dessins. Jano où es-tu, que fais-tu ? Reviens avec de nouvelles histoires, ton public est toujours là.
Il arrive un moment ou des choses comme le bon sens, la droiture d'esprit, la bien séance, n'ont plus cours dans l'art. Ce genre de moment où on ne peut vraiment critiquer une œuvre car son audace est justifiée par la folie de son auteur, la folie de la perte, du malheur...
Comment critiquer une œuvre pareil quand on sait qu'elle a servi d'exutoire à la douleur la plus intense que peut ressentir un homme dans son existence ?
Comment critiquer ses dialogues primaires, incompréhensibles, et lourdingues ? Car ces adjectifs sont justement justifiés par une douleur sans fin, une espèce d'écriture automatique qui fait ressurgir les pulsions les plus malsaines de l'homme. Les tensions les plus grandes.
Dire que l'on a aimé cette BD est un mensonge, dire qu'on l'a détesté l'est tout autant. Non, on ne peut pas juger cette BD sur une échelle de goût tel qu'on peut le faire avec les autres. Elle est dans son exubérance et son exagération, l'archétype même de la souffrance symbolisée dans sa plus belle expression.
Je ris envoyant certaines personnes tentant de donner du sens à une œuvre pareil. Bien sûr qu'elle a du sens, mais pas ce genre de sens terre à terre que certains lui trouve. Ne posez pas cette BD après lecture en vous disant que vous n'avez rien compris (tel que moi-même j'ai fait à ma première lecture...), relisez-là, essayez d'en comprendre l'essence et de faire correspondre le sentiment qui sort de cette œuvre à un sentiment que vous avez déjà ressentis (sauf si vous vivez dans un monde de bisounours et que rien ne vous a jamais fait souffrir...). Redonnez une chance à cette BD et surtout ne la jugez pas. Ne la jugez pas, car cela reviendrait à juger la souffrance elle-même.
Je considère cette BD comme culte pour toutes les raisons évoquées précédemment.
A vous maintenant d'essayer de comprendre la signification de cette BD, d'échouez, et de vous émouvoir.
Une bédé fantastique, parmi les quelques meilleures en français.
Des images somptueuses, au trait avec des belles couleurs, illustrent des histoires intéressantes et crédibles, mélangeant harmonieusement fantasy (Elfes, sylphes...) et science fiction (vaisseaux spatiaux, confédération galactique...)
Quant au fond philosophique, il est résolument moderne et positif: harmonie, nature, contacts entre civilisations... ce qui place cette série très à part!
Ces 7 albums méritent bien 5, et même 6 si il y en avait un.
J'avais même vu le premier album dans les rayons du supermarché, où ils partaient comme des petits pains... mais ils en ont vite été retirés!
La légende des nuées écarlates est une fantaisie graphique située dans un Japon médiéval. Cet album est en soi d’une beauté visuelle époustouflante. De magnifiques graphismes et une mise en couleur hors normes! Le rouge et le blanc semblent être les couleurs dominantes de cette oeuvre d'ambiance. J'ai littéralement succombé au style torturé et aérien de l'auteur, un parfait inconnu surgit de nulle part et qui nous offre un spectacle d'une rare maîtrise notamment dans les combats au sabre.
Le début pseudo-poétique m’a un peu perturbé car on ne comprend pas grand chose. L’histoire de la rédemption du héros est intéressante même si elle n’évite pas les clichés du genre (la vengeance…). L’ambiance un peu onirique fait penser un peu à celle d’Okko (légende du Japon médiéval avec ses geishas, shogun et autres samouraïs). La fantasy se manifeste par la présence de créatures surnaturelles, de magie, d’une ville prisonnière des glaces. La poésie morbide de cette histoire violente explose à chaque page!
Un jeune rônin amnésique, samouraï sans maître et sans passé, erre à la recherche de ses souvenirs. Sa première étape est une ville parlant au ciel qui constitue un ultime rempart contre la glace qui envahit le pays du soleil levant. Pourquoi le héros a t'il perdu un bras et un oeil? Pourquoi fuit 'il? Bref, autant de questions que l'on se pose et qui trouveront ultérieurement des réponses. Cette série qui débute semble être véritablement passionnante.
La lecture du second tome confirme en tout point les réelles qualités de cette série hors norme. Les dessins semblent relever du prodige. Les interrogations trouvent leur réponse. L'intensité dramatique monte d'un cran. Cette série a tout pour devenir culte. Et elle l'est devenue au fil des tomes où la qualité n'a fait que renforcer mon idée de départ. Le troisième tome à l'instar du trait parfait est l'album qui se rapproche le plus de la perfection pour un bdphile.
Le dernier tome s'est révélé pour moi un peu décevant. Je m'attendais sans doute à un final grandiose. Alors, oui, on ne peut être que sublimé par autant de grâce dans le dessin. On regrettera juste que le scénario ne soit pas réellement à ce niveau d'excellence.
Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.5/5
La première fois que j’ai lu cette série, je l’ai trouvée intéressante, plus réaliste et moins édulcorée que la version de notre bon vieux Walt. Les personnages avaient plus de profondeur, plus de contradictions et surtout des sentiments plus plausibles : égoïsme, prétention, cruauté, indifférence, etc. Par ailleurs, il n’y avait pas les ‘bons’ d’un côté et les ‘mauvais’ de l’autre, c’était plus nuancé : le capitaine Crochet n’avait pas que des défauts tandis que le gentil Peter paraissait très égoïste plus d’une fois…
A la suite d’une seconde lecture récente, des années plus tard, j’ai réalisé que je n’avais rien compris du message de Loisel et que j’étais resté à une lecture assez superficielle de l’œuvre.
En refermant le sixième tome, une question me turlupinait : pourquoi diantre Loisel avait-il intégré Jack l’Éventreur dans l’histoire ?
- Pour mettre une ambiance un peu glauque dans le récit ? Bizarre car il y avait déjà assez d’autres éléments trash dans l’histoire.
- Pour intégrer un fait historique dans ce récit imaginaire ? Peu probable car le Londres des quartiers pauvres du récit de Loisel était déjà suffisamment réaliste sans avoir besoin d’en rajouter.
Non, il devait y avoir une autre raison. Mais laquelle ?
Et puis, j’ai eu un flash, une illumination : mais oui, bon sang, mais c’est bien sûr ! La raison est que [censuré]. Mais alors, tout se tient. Mais quel maître ce Loisel ! Comment peut-on écrire une histoire pareille qui suggère mais ne dévoile pas, qui évoque mais ne dit pas ? Le message est donc bien plus profond que celui d’une simple petite historiette…
Je ne vous donnerai évidemment pas la réponse car c’est à vous de chercher – pour vous aider, je peux vous dire que diverses critiques de ce site l’ont plus qu’évoquée – Loisel lui-même a fait un commentaire plus qu’explicite sur le forum de ce site - mais combien d’autres sont passés complètement à côté (non, l’histoire de Jack n’est pas aussi secondaire qu'il n'y paraît).
Disons, simplement, que le récit est parfaitement cohérent et n’aurait jamais pu s’arrêter au tome 5 comme d’aucuns l’écrivent car le sens du message de Loisel n’aurait pas eu la même clarté. Bien sûr, il n’y a pas de certitude dans le propos de l’auteur mais juste une piste, une hypothèse qui nous emmène bien au-delà du livre.
Sans dévoiler ni l’intrigue ni le rôle exact des personnages principaux, on peut s’interroger sur la réelle beauté du Pays imaginaire et sur la si grande noirceur de Londres. Le monde du rêve, de l’imaginaire, de l’enfance est-il aussi pur et beau qu’on ne le souhaiterait ? Le retour du Pays imaginaire vers le réel est-il aussi facile que l’on croit ou devient-il de plus en plus difficile – voire impossible ?
Au-delà du conte réécrit par Loisel, on se met à réfléchir à des thèmes universels tels que les relations entre parents et enfants, la recherche de paradis (artificiels ?) pour supporter la réalité, la cruauté du monde de l’enfance (si prompt à passer d’un extrême à l’autre – on ne peut s’empêcher de rapprocher le récit de Peter Pan de celui de William Golding – The Lord of the Flies), les désastres de la jalousie, l’absence de mémoire des individus et de l’humanité, …
Bravo, monsieur Loisel, votre réécriture de l’œuvre de James Barrie (que je devrais lire car je ne la connais que par l’entremise de Disney) est vraiment du grand Art, de la vraie Littérature.
Un avis sur Blacksad ; pas très originale vu le nombre, je vais essayer d’être rapide et concis. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, (vous vivez sur quelle planète ?!) Blacksad est une série policière ayant pour cadre l’Amérique des années 50 et dont les personnages sont des animaux avec une morphologie humaine. Une idée déjà exploitée certes mais qui prend tout son sens dans cette série noire où les personnages ont des faciès d’animaux parce qu’ils se comportent comme tels et que la ville s’apparente d’avantage à une jungle.
Si le tome 1 peut paraître classique voir un peu cliché (Blacksad, chat noir, détective privé célibataire et un peu bourru, enquête sur la mort d’une de ses anciennes conquêtes, une actrice de cinéma, et il est bien décidé à retrouver le meurtrier et à envoyer balader quiconque se mettra en travers de son chemin, question d’honneur) ; ça marche quand même grâce à un scénario solide et surtout un dessin tout simplement magnifique. Je conseil l’achat du tome 1 et 2 pour débuter (les histoires peuvent se lire indépendamment) afin de bien voir la différence entre le tome 1 qui s’attache surtout à planter le décor avec une intrigue basique mais bigrement efficace, et les autres albums (même si j’ai appris plus tard que les auteurs avaient réalisé Blacksad comme un one-shot).
Le tome 2 a pour sujet le racisme (toujours aux USA) avec le ku klux klan… le tome 3 évoque la guerre froide sur fond de menace nucléaire, et de chasse aux communistes. Le tome 4 a pour cadre la Nouvelle-Orléans avec comme thème le jazz forcément. Impossible de dire pour moi lequel de ces albums est le meilleur, chacun se distingue par un décor et une ambiance différente.
Le charme opère grâce aux dessins façon aquarelle, le résultat est sans défauts. Guarnido qui a bossé ou bosse encore, chez Disney, apporte un grand soin à cette série, ce qui peut expliquer l’attente entre chaque album (4 en 10 ans).
Bon je m’aperçois que je ne suis pas du tout concis en fait donc pour finir, achat fortement recommandé (se serait honteux de ne pas l’avoir dans sa bibliothèque) des deux premiers tomes pour commencer. Les 3 et 4 suivront rapidement.
Je continue dans la lancée des BD cultes, et je vais mettre un avis sur cette BD cultissime.
A part répéter mes prédécesseurs je ne vois pas trop quoi rajouter ....
On a une BD qui est à la fois un monument d'humour, le jalon de départ de tellement d'autres œuvres, une BD qui est célèbre par des personnages qui ne sont pas héros, des caricatures de personnes réelles (ou irréelles), des situations terriblement cocasses, des gags sérieux qui font réfléchir, on a un auteur tellement mégalo qu'il en remplit deux pages, une coccinelle qui cherche ses brocolis dans chaque page, un Newton et sa pomme qu'il prend dans le crâne, des tartes à la crème et des "Comment-vas tu yau de poêle ?".
Une BD qui vous fait rire aux larmes dans chaque gag, qui se moque de tout et de rien, qui se veut être exactement ce qu'elle s'est donnée comme nom : une rubrique-à-brac. Je crois que le nom d'une BD n'a jamais été aussi bien choisi.
En fait, je crois que cette BD est indispensable, tant par sa portée immense que par son contenu, par son humour et sa verve légendaire. Je dirais que c'est véritablement une œuvre culte, et dans tous les sens possibles du terme.
C'est toujours un plaisir de lire les aventures de Paul. Cette fois-ci, nous sommes dans l'enfance de Paul et, chronologiquement, c'est le tome qui se situe au commencement. J'avais un peu peur que le Paul jeune soit moins intéressant que le Paul adulte et même que l'histoire serait moins mature, mais je me suis heureusement trompé.
J'ai vraiment aimé voir Paul chez les scouts. On a droit à des passages savoureux. Son histoire d'amour avec une fille est un peu moins intéressante car je trouve qu'elle n'est pas très développée, mais cela doit être parce qu'ils sont encore jeunes pour comprendre ce qu'est l'amour. L'histoire se passe en 1970 et fait référence à l'ambiance politique de l'époque et je ne sais pas si cela dérangerait un lecteur qui ne connait pas la politique québécoise.
Le découpage est toujours aussi bien fait et j'ai bien aimé qu'il y ait une planche consacrée à chacun des chefs scouts qui montre un moment de leur vie. Dans chaque cas, leur nom est marqué sur le haut de la page et la planche est numérotée 'b'.
Paradoxalement, le récit contient des thèmes moins matures que dans 'Paul à Québec' ou 'Paul à la pêche' tout en ayant la scène la plus 'choquante' de toute la série jusqu'à présent. Une de ces scènes qui vous retourne les tripes et qui vous donne envie de relire l'album car cela change tout. Qu'une scène me bouleverse à ce point est rare et rien que pour cela je ne peux pas mettre moins que 5 étoiles.
Chapeau monsieur Rabagliati !
Qui ne connait pas Garfield, ce chat cynique qui ne pense qu'à manger des lasagnes, dormir, écraser les araignées à coup de journal , regarder la télé et se moquer de son maître (le roi des râteaux)...
On retrouve souvent les mêmes situations comme l'anniversaire de Garfield ou la fête de Noël, et les gags sont un peu répétitifs (surtout les araignées) mais cette bd me fait rire et sourire. Garfield est un peu le reflet de notre société cynique et égoïste.
Je pense qu'il est indispensable d'avoir au moins un tome de Garfield chez soi. Moi je complète tranquillement ma collection quand ils sortent des tomes en promotion.
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Jimmy Boy
Je trouve cette série réaliste variée et pleine d'émotion. Les ados en mal de rêve peuvent facilement s'identifier au héros sans passer pour des naifs. La simplicité des textes est parfois plus marquante que de grandes phrases sans intérêt. Ces aventures me vont droit au cœur pour ma part, j'aimerais tant qu'un jour on puisse trouver la suite du tome 5. Qu'un mot à dire : chapeau!!!
Kebra
Je suis complètement "i love you " de ce personnage : sa vie, ses galères, son sens pratique, son feeling et surtout sa démerde quand il est en panique me rappelle tout à fait les galères que l'on pouvait vivre dans toutes les villes et banlieues de France dans la période fin 70 début 80 : les écarts de langage qui gênent certains s'apprenaient en lisant San Antonio et se développaient dans la rue (ou l'inverse). Ses potes avec qui il a des relations un peu tordues sont le miroir des difficultés et un peu de l'arnaque que l'on pouvait vivre tous les jours, ces histoires parfois fantastiques reflètent le délire de l'époque et il s'en amuse. Pour la jeunesse c'est un peu du surnaturel, pour les plus vieux c'est comme un miroir, mon seul regret c'est que la source soit tarie. J'ai toute la collec d'abord pour l'ambiance, ensuite pour la qualité et l'humour des dessins. Jano où es-tu, que fais-tu ? Reviens avec de nouvelles histoires, ton public est toujours là.
La Nuit
Il arrive un moment ou des choses comme le bon sens, la droiture d'esprit, la bien séance, n'ont plus cours dans l'art. Ce genre de moment où on ne peut vraiment critiquer une œuvre car son audace est justifiée par la folie de son auteur, la folie de la perte, du malheur... Comment critiquer une œuvre pareil quand on sait qu'elle a servi d'exutoire à la douleur la plus intense que peut ressentir un homme dans son existence ? Comment critiquer ses dialogues primaires, incompréhensibles, et lourdingues ? Car ces adjectifs sont justement justifiés par une douleur sans fin, une espèce d'écriture automatique qui fait ressurgir les pulsions les plus malsaines de l'homme. Les tensions les plus grandes. Dire que l'on a aimé cette BD est un mensonge, dire qu'on l'a détesté l'est tout autant. Non, on ne peut pas juger cette BD sur une échelle de goût tel qu'on peut le faire avec les autres. Elle est dans son exubérance et son exagération, l'archétype même de la souffrance symbolisée dans sa plus belle expression. Je ris envoyant certaines personnes tentant de donner du sens à une œuvre pareil. Bien sûr qu'elle a du sens, mais pas ce genre de sens terre à terre que certains lui trouve. Ne posez pas cette BD après lecture en vous disant que vous n'avez rien compris (tel que moi-même j'ai fait à ma première lecture...), relisez-là, essayez d'en comprendre l'essence et de faire correspondre le sentiment qui sort de cette œuvre à un sentiment que vous avez déjà ressentis (sauf si vous vivez dans un monde de bisounours et que rien ne vous a jamais fait souffrir...). Redonnez une chance à cette BD et surtout ne la jugez pas. Ne la jugez pas, car cela reviendrait à juger la souffrance elle-même. Je considère cette BD comme culte pour toutes les raisons évoquées précédemment. A vous maintenant d'essayer de comprendre la signification de cette BD, d'échouez, et de vous émouvoir.
Altor
Une bédé fantastique, parmi les quelques meilleures en français. Des images somptueuses, au trait avec des belles couleurs, illustrent des histoires intéressantes et crédibles, mélangeant harmonieusement fantasy (Elfes, sylphes...) et science fiction (vaisseaux spatiaux, confédération galactique...) Quant au fond philosophique, il est résolument moderne et positif: harmonie, nature, contacts entre civilisations... ce qui place cette série très à part! Ces 7 albums méritent bien 5, et même 6 si il y en avait un. J'avais même vu le premier album dans les rayons du supermarché, où ils partaient comme des petits pains... mais ils en ont vite été retirés!
La Légende des nuées écarlates
La légende des nuées écarlates est une fantaisie graphique située dans un Japon médiéval. Cet album est en soi d’une beauté visuelle époustouflante. De magnifiques graphismes et une mise en couleur hors normes! Le rouge et le blanc semblent être les couleurs dominantes de cette oeuvre d'ambiance. J'ai littéralement succombé au style torturé et aérien de l'auteur, un parfait inconnu surgit de nulle part et qui nous offre un spectacle d'une rare maîtrise notamment dans les combats au sabre. Le début pseudo-poétique m’a un peu perturbé car on ne comprend pas grand chose. L’histoire de la rédemption du héros est intéressante même si elle n’évite pas les clichés du genre (la vengeance…). L’ambiance un peu onirique fait penser un peu à celle d’Okko (légende du Japon médiéval avec ses geishas, shogun et autres samouraïs). La fantasy se manifeste par la présence de créatures surnaturelles, de magie, d’une ville prisonnière des glaces. La poésie morbide de cette histoire violente explose à chaque page! Un jeune rônin amnésique, samouraï sans maître et sans passé, erre à la recherche de ses souvenirs. Sa première étape est une ville parlant au ciel qui constitue un ultime rempart contre la glace qui envahit le pays du soleil levant. Pourquoi le héros a t'il perdu un bras et un oeil? Pourquoi fuit 'il? Bref, autant de questions que l'on se pose et qui trouveront ultérieurement des réponses. Cette série qui débute semble être véritablement passionnante. La lecture du second tome confirme en tout point les réelles qualités de cette série hors norme. Les dessins semblent relever du prodige. Les interrogations trouvent leur réponse. L'intensité dramatique monte d'un cran. Cette série a tout pour devenir culte. Et elle l'est devenue au fil des tomes où la qualité n'a fait que renforcer mon idée de départ. Le troisième tome à l'instar du trait parfait est l'album qui se rapproche le plus de la perfection pour un bdphile. Le dernier tome s'est révélé pour moi un peu décevant. Je m'attendais sans doute à un final grandiose. Alors, oui, on ne peut être que sublimé par autant de grâce dans le dessin. On regrettera juste que le scénario ne soit pas réellement à ce niveau d'excellence. Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.5/5
Peter Pan
La première fois que j’ai lu cette série, je l’ai trouvée intéressante, plus réaliste et moins édulcorée que la version de notre bon vieux Walt. Les personnages avaient plus de profondeur, plus de contradictions et surtout des sentiments plus plausibles : égoïsme, prétention, cruauté, indifférence, etc. Par ailleurs, il n’y avait pas les ‘bons’ d’un côté et les ‘mauvais’ de l’autre, c’était plus nuancé : le capitaine Crochet n’avait pas que des défauts tandis que le gentil Peter paraissait très égoïste plus d’une fois… A la suite d’une seconde lecture récente, des années plus tard, j’ai réalisé que je n’avais rien compris du message de Loisel et que j’étais resté à une lecture assez superficielle de l’œuvre. En refermant le sixième tome, une question me turlupinait : pourquoi diantre Loisel avait-il intégré Jack l’Éventreur dans l’histoire ? - Pour mettre une ambiance un peu glauque dans le récit ? Bizarre car il y avait déjà assez d’autres éléments trash dans l’histoire. - Pour intégrer un fait historique dans ce récit imaginaire ? Peu probable car le Londres des quartiers pauvres du récit de Loisel était déjà suffisamment réaliste sans avoir besoin d’en rajouter. Non, il devait y avoir une autre raison. Mais laquelle ? Et puis, j’ai eu un flash, une illumination : mais oui, bon sang, mais c’est bien sûr ! La raison est que [censuré]. Mais alors, tout se tient. Mais quel maître ce Loisel ! Comment peut-on écrire une histoire pareille qui suggère mais ne dévoile pas, qui évoque mais ne dit pas ? Le message est donc bien plus profond que celui d’une simple petite historiette… Je ne vous donnerai évidemment pas la réponse car c’est à vous de chercher – pour vous aider, je peux vous dire que diverses critiques de ce site l’ont plus qu’évoquée – Loisel lui-même a fait un commentaire plus qu’explicite sur le forum de ce site - mais combien d’autres sont passés complètement à côté (non, l’histoire de Jack n’est pas aussi secondaire qu'il n'y paraît). Disons, simplement, que le récit est parfaitement cohérent et n’aurait jamais pu s’arrêter au tome 5 comme d’aucuns l’écrivent car le sens du message de Loisel n’aurait pas eu la même clarté. Bien sûr, il n’y a pas de certitude dans le propos de l’auteur mais juste une piste, une hypothèse qui nous emmène bien au-delà du livre. Sans dévoiler ni l’intrigue ni le rôle exact des personnages principaux, on peut s’interroger sur la réelle beauté du Pays imaginaire et sur la si grande noirceur de Londres. Le monde du rêve, de l’imaginaire, de l’enfance est-il aussi pur et beau qu’on ne le souhaiterait ? Le retour du Pays imaginaire vers le réel est-il aussi facile que l’on croit ou devient-il de plus en plus difficile – voire impossible ? Au-delà du conte réécrit par Loisel, on se met à réfléchir à des thèmes universels tels que les relations entre parents et enfants, la recherche de paradis (artificiels ?) pour supporter la réalité, la cruauté du monde de l’enfance (si prompt à passer d’un extrême à l’autre – on ne peut s’empêcher de rapprocher le récit de Peter Pan de celui de William Golding – The Lord of the Flies), les désastres de la jalousie, l’absence de mémoire des individus et de l’humanité, … Bravo, monsieur Loisel, votre réécriture de l’œuvre de James Barrie (que je devrais lire car je ne la connais que par l’entremise de Disney) est vraiment du grand Art, de la vraie Littérature.
Blacksad
Un avis sur Blacksad ; pas très originale vu le nombre, je vais essayer d’être rapide et concis. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, (vous vivez sur quelle planète ?!) Blacksad est une série policière ayant pour cadre l’Amérique des années 50 et dont les personnages sont des animaux avec une morphologie humaine. Une idée déjà exploitée certes mais qui prend tout son sens dans cette série noire où les personnages ont des faciès d’animaux parce qu’ils se comportent comme tels et que la ville s’apparente d’avantage à une jungle. Si le tome 1 peut paraître classique voir un peu cliché (Blacksad, chat noir, détective privé célibataire et un peu bourru, enquête sur la mort d’une de ses anciennes conquêtes, une actrice de cinéma, et il est bien décidé à retrouver le meurtrier et à envoyer balader quiconque se mettra en travers de son chemin, question d’honneur) ; ça marche quand même grâce à un scénario solide et surtout un dessin tout simplement magnifique. Je conseil l’achat du tome 1 et 2 pour débuter (les histoires peuvent se lire indépendamment) afin de bien voir la différence entre le tome 1 qui s’attache surtout à planter le décor avec une intrigue basique mais bigrement efficace, et les autres albums (même si j’ai appris plus tard que les auteurs avaient réalisé Blacksad comme un one-shot). Le tome 2 a pour sujet le racisme (toujours aux USA) avec le ku klux klan… le tome 3 évoque la guerre froide sur fond de menace nucléaire, et de chasse aux communistes. Le tome 4 a pour cadre la Nouvelle-Orléans avec comme thème le jazz forcément. Impossible de dire pour moi lequel de ces albums est le meilleur, chacun se distingue par un décor et une ambiance différente. Le charme opère grâce aux dessins façon aquarelle, le résultat est sans défauts. Guarnido qui a bossé ou bosse encore, chez Disney, apporte un grand soin à cette série, ce qui peut expliquer l’attente entre chaque album (4 en 10 ans). Bon je m’aperçois que je ne suis pas du tout concis en fait donc pour finir, achat fortement recommandé (se serait honteux de ne pas l’avoir dans sa bibliothèque) des deux premiers tomes pour commencer. Les 3 et 4 suivront rapidement.
Rubrique-à-Brac
Je continue dans la lancée des BD cultes, et je vais mettre un avis sur cette BD cultissime. A part répéter mes prédécesseurs je ne vois pas trop quoi rajouter .... On a une BD qui est à la fois un monument d'humour, le jalon de départ de tellement d'autres œuvres, une BD qui est célèbre par des personnages qui ne sont pas héros, des caricatures de personnes réelles (ou irréelles), des situations terriblement cocasses, des gags sérieux qui font réfléchir, on a un auteur tellement mégalo qu'il en remplit deux pages, une coccinelle qui cherche ses brocolis dans chaque page, un Newton et sa pomme qu'il prend dans le crâne, des tartes à la crème et des "Comment-vas tu yau de poêle ?". Une BD qui vous fait rire aux larmes dans chaque gag, qui se moque de tout et de rien, qui se veut être exactement ce qu'elle s'est donnée comme nom : une rubrique-à-brac. Je crois que le nom d'une BD n'a jamais été aussi bien choisi. En fait, je crois que cette BD est indispensable, tant par sa portée immense que par son contenu, par son humour et sa verve légendaire. Je dirais que c'est véritablement une œuvre culte, et dans tous les sens possibles du terme.
Paul au parc
C'est toujours un plaisir de lire les aventures de Paul. Cette fois-ci, nous sommes dans l'enfance de Paul et, chronologiquement, c'est le tome qui se situe au commencement. J'avais un peu peur que le Paul jeune soit moins intéressant que le Paul adulte et même que l'histoire serait moins mature, mais je me suis heureusement trompé. J'ai vraiment aimé voir Paul chez les scouts. On a droit à des passages savoureux. Son histoire d'amour avec une fille est un peu moins intéressante car je trouve qu'elle n'est pas très développée, mais cela doit être parce qu'ils sont encore jeunes pour comprendre ce qu'est l'amour. L'histoire se passe en 1970 et fait référence à l'ambiance politique de l'époque et je ne sais pas si cela dérangerait un lecteur qui ne connait pas la politique québécoise. Le découpage est toujours aussi bien fait et j'ai bien aimé qu'il y ait une planche consacrée à chacun des chefs scouts qui montre un moment de leur vie. Dans chaque cas, leur nom est marqué sur le haut de la page et la planche est numérotée 'b'. Paradoxalement, le récit contient des thèmes moins matures que dans 'Paul à Québec' ou 'Paul à la pêche' tout en ayant la scène la plus 'choquante' de toute la série jusqu'à présent. Une de ces scènes qui vous retourne les tripes et qui vous donne envie de relire l'album car cela change tout. Qu'une scène me bouleverse à ce point est rare et rien que pour cela je ne peux pas mettre moins que 5 étoiles. Chapeau monsieur Rabagliati !
Garfield
Qui ne connait pas Garfield, ce chat cynique qui ne pense qu'à manger des lasagnes, dormir, écraser les araignées à coup de journal , regarder la télé et se moquer de son maître (le roi des râteaux)... On retrouve souvent les mêmes situations comme l'anniversaire de Garfield ou la fête de Noël, et les gags sont un peu répétitifs (surtout les araignées) mais cette bd me fait rire et sourire. Garfield est un peu le reflet de notre société cynique et égoïste. Je pense qu'il est indispensable d'avoir au moins un tome de Garfield chez soi. Moi je complète tranquillement ma collection quand ils sortent des tomes en promotion.