Trop fort!
Je suis en train d'écrire en repensant à certaines scènes et ça me fait encore éclater de rire. Tout est à garder.
Les grands délires qui finissent par des "Michel, tu dérapes", la conscience de Sandrine, "tout est bien qui [...]" ... J'ai jamais rigolé autant tout seul, le nez dans une BD.
Encore meilleur que les 2 autres lectures de Fabcaro (Open Bar, Zaï Zaï Zaï Zaï) parce-que l'histoire est encore plus présente, et que l'auteur est parvenu à me surprendre encore plus par son humour.
A garder toujours près de soi
Lax est un maître conteur en humanité ! Je ne sais pas si sa formidable histoire d'Amédée Fario est pure fiction ou possède un fond de réalité mais peu importe.
Mon premier avis sur le site était dédié à Marathon, c'est dire si l'effort solitaire avec un dépassement de soi gratuit m'attire. Même si mes légendes sont plutôt Zatopek, Mimoun ou Abebe Bikila, j'ai aussi rêvé sur les noms de Gaul, Coppi, Bahamontes Thévenet ou Hinault.
Petit-Breton est un nom que l'on se transmettait de génération en génération comme le trésor d'un patrimoine sportif historique qu'il ne faut pas oublier.
Merci à Lax de nous rendre ce patrimoine en images si belles. Au-delà de la belle histoire d'Amédée, c'est la formidable histoire des premiers Tours que l'auteur fait revivre.
Effort, solidarité, créativité de la technique et de l'hygiène sportive, vision des organisateurs sur l'impact populaire d'un grand événement sportif, il y a tous ces thèmes très bien mis en valeur dans l'ouvrage.
Evidemment, 1910,1911,1912,1913, le récit s'égraine comme une pendule tragique qui avance vers l'indicible. L'ombre portée de la guerre est toujours présent dans l'esprit du lecteur.
Toutes ces vies, ces histoires non écrites à cause de ces vieillards ventripotents et galonnés qui vont envoyer des millions d'Amédée à la mort et produire des monstres encore plus terrifiants. 100 ans après, j'en ai encore de l'amertume dans la bouche et un ouvrage comme celui de Lax nous rappelle ce monstrueux gâchis.
Je suis fan du dessin de Lax depuis ma lecture du Choucas. Lax ne nous vend pas de la Pin-up ou du BG body buildé (encore que Amédée est BG et Adeline à croquer) mais ses visages dans l'effort sont magnifiques.
Son trait presque caricatural se prête bien aux rictus grotesques qu'ont tous les sportifs (moi le premier) au bout de leurs forces.
Lax partage avec Cosey ses grandioses descriptions de montagne. Ici nous sommes gâtés. C'est dur, caillouteux, anguleux et froid mais c'est beau. Les teintes jaunes et bleutées sont piles dans les ambiances voulues.
Lax revient aussi sur le thème du handicap surmonté, probablement un hommage à son frère, cela enrichit aussi un récit qui n'a aucune faiblesse à mes yeux.
Pour finir, voilà une histoire qui crée de l'émotion, de l'empathie pour tous les personnages. Une lecture qui ne m'a pas laissé insensible.
Les tribulations d'une équipe amateur de lancer de marteau bretonne qui va participer aux fameux Highland Games en Ecosse.
Ce récit met en situation un coach, professeur d'arts plastiques, et ses "poulains", qui vont quitter leur Bretagne natale, certains pour la première fois, afin de tenter leur chance aux Highland Games, jeux traditionnels servant par le passé à pacifier les tensions entre clans par des épreuves aussi ludiques qu'improbables comme le lancer de troncs d'arbres, de ballots de paille, de pierres, et j'en passe.
L'essentiel du récit se concentre sur la traversée Bretagne-Ecosse, les jeux en question ne faisant qu'une vingtaine de pages sur presque 160. Mais ce n'est pas un problème, les jeux ne sont qu'un prétexte pour nous dévoiler des tranches de vie.
Chaque personnage est inspiré d'une personne réelle, et c'est un des éléments qui rend l'ensemble sympathique : l'auteur prend le temps de poser ses personnages, et nous les dévoile petit à petit au court du récit qui prend un peu la forme d'un voyage initiatique vers l'âge adulte.
C'est très touchant, car ils sont tous confrontés aux défis du quotidien, certains plus que d'autres, un mélange extrêmement réussi d'humour et de sentiments. On passe souvent d'un grand sourire à une petite larme et vice-versa.
Bref un plaisir total, j'ai rarement autant apprécié une BD, légère mais plein de bonne humeur.
De Cape et de crocs est pour moi une série incontournable de la BD franco-belge post-classique (ie post Goscinny, Charlier et Hergé).
Le scénario ne plaira pas à tout le monde car ça part assez loin mais moi j'ai adoré, un mélange de film de cape et d'épée classique, d'histoire de pirates et enfin de SF vintage à la Munchausen. Cela donne un mélange assez unique, vraiment faut le lire pour le croire.
Le dessin est superbe. C'est relativement irrégulier, mais c'est de l'irrégulier qui va du très beau à certaines planches qui sont à tomber par terre, donc de la qualité irrégulière comme ça, j'en redemande.
Enfin, je dirais que la plus grande qualité de cette série, ce sont avant tout ses personnages, tous extrêmement attachants avec un caractère bien spécifique et bien enlevé.
Et pour ne rien gâcher, l'humour est très présent, un humour dont je suis particulièrement client. En fait je crois que je ne me suis jamais autant marré dans une série, qui est certes humoristique, mais qui est avant tout une série d'aventure et pas une série de gags à la Gaston.
Si je dois trouver un défaut à cette série qui n'est pas totalement parfaite (la honte pour elle), c'est que certains tomes sont assez lents et ne font que peu avancer le scénario. Ce n'est pas un petit défaut, c'était même assez frustrant quand on suivait la série en direct avec parfois (trop) longtemps entre chaque tome, mais cette série a de telles qualités par ailleurs que je lui même tout de même 5/5.
Cette bande dessinée est incroyable car elle montre l'espoir et l'humanité en toute situation , il y a plusieurs passages qui sont assez larmoyants auxquels j'ai fini par me lâcher. A faire découvrir à vos adolescent !
Je l'adore et je vais la présenter à l'oral de brevet donc je suis assez fière de cette femme qui résistait contre l'occupation allemande !!
Elle a eu une vie incroyable !!
À Lire !
Autant sur les premières pages de cette BD et du fait du décor viking et des jeunes héros, j'ai cru être déçu par une redite de la série animée Dragons avec des béliers de combat en guise de dragons, autant j'ai finalement très vite accroché et trouvé cette série très sympa.
Pour commencer, il y a le dessin qui est mignon et bien agréable. Son trait rond, proche de l'animation, est plaisant et j'apprécie beaucoup sa colorisation. Ceux qui ont aimé Brendan et le Secret de Kells devrait trouver ici bon nombre de similitudes dans le graphisme. Les personnages sont dessinés efficacement mais je leur préfère encore les décors qui sont réussis et dépaysants. J'apprécie surtout le soin du détail pour les rendre cohérents avec la carte du pays qu'on trouve en début et fin d'album.
Ce qui m'a plu en priorité dans cette série, c'est la réelle personnalité des protagonistes. Ils sont crédibles et rapidement attachants. J'ai beaucoup aimé les dialogues qui sont clairs et évitent les ficelles trop récurrentes des récits d'aventure pour la jeunesse qui jouent trop sur le manque de communication entre personnages pour créer de faux mystères et autres quiproquos. Ici, les personnages se disent vraiment les choses et cela permet à l'action d'avancer rapidement tout en gardant réalisme et profondeur. C'est un bon cocktail d'aventure et d'émotions simples et sincères qui s'adresse objectivement à tous les publics, petits et grands.
Bref, je me suis très vite attaché à tout ce petit monde que j'ai trouvé drôle et sympathique, et j'ai hâte de suivre leurs véritables aventures puisque ce n'est qu'à la fin du premier tome que l'on rentre pour de bon au cœur de l'action.
Ajout après lecture de l'intégralité de la série :
J'ai terminé aujourd'hui la lecture des 4 tomes de la série et je relève ma note car j'ai pris un réel plaisir à lire cette bande dessinée de bout en bout. J'y ai tout trouvé excellent, aussi bien pour de jeunes lecteurs que pour un adulte tel que moi.
Le dessin est beau, efficace, excellemment colorisé, et il est parfois franchement superbe. Par exemple, sur le dessin pleine page représentant la chaine de montagne le Tombeau des Dieux, l'effet de masse gigantesque, imposante et angoissante est tellement bien réussi que j'étais prêt à applaudir devant la planche.
Quant au scénario, il prouve sa qualité tome après tome, avec une progression prenante et rythmée de l'intrigue. Celle-ci est dense, intelligente, elle ne se laisse pas deviner, elle fourmille d'originalités et de personnages attachants. J'apprécie en outre son véritable sens de l'aventure qui sait astucieusement mêler moments légers, émotion, humour et passages plus tragiques et forts. Seuls certains passages du dernier tome m'ont paru un peu en deçà du reste de la série, dans le sens où ils étaient un peu plus convenus et la fin un tout petit peu facile, mais l'ensemble de la série reste d'un niveau quasi parfait.
Ce n'est que tardivement que j'ai découvert cette saga grâce aux conseils avisés de mon libraire. Après ma lecture du tome 1, je me suis empressé d'aller acheter l'intégralité de la série et je l'ai dévorée en une nuit. Depuis, je me replonge régulièrement dans la lecture de ce manga culte.
Pour ce qui est du pitch, je vous laisse lire les très nombreux avis qui précèdent le mien.
Le premier élément qui ait fait que je me suis passionné pour ce manga est les thèmes abordés. De nombreuses questions philosophiques sont posées et l'auteur y répond sans y répondre. Il nous laisse nous faire notre propre avis, mais si on lit entre les lignes, on aperçoit ses idées. La question qui m'a le plus interpellé est la première qui se pose chronologiquement dans le manga: "Est-ce que toutes les vies ont la même valeur ?" D'emblée, j'aurais tendance à dire oui. Mais plus on avance dans la lecture, plus on doute, plus on se remet en question.
On arrive donc à ce qui rend ce manga culte selon moi : il nous remet en question sur bien des sujets. L'alcoolisme, le suicide, la mort, le meurtre, l'éducation d'un enfant, les animaux, notre vocation, ... Tant de sujet si importants mais aussi si lourds. Et pourtant, systématiquement bien amenés et réfléchis.
Au delà des thèmes abordés, le scénario est incroyablement bien construit. C'est le genre d'histoire où l'on sent que l'auteur savait depuis le début où il désirait nous emmener et cela fait plaisir.
Bref, un manga culte à mes yeux.
5 étoiles
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Je donne 5 étoiles à ce manga culte qui est pourtant loin d'être parfait.
Franchement je n'ai jamais lu un manga avec autant d'idées. A lire les premiers tomes impossibles de savoir où ça va nous mener, on va de surprises en surprises, dans des rebondissements qu’on n’a pas vu venir, et qui sont pourtant préparés. Ce ne sont pas des Deux Machina téléphonés.
Evidemment, quand on a un tel foisonnement, y a forcément quelques erreurs, des incohérences même si globalement ça se tient quand même bien.
Autre petit défaut, mais habituel dans des mangas qui s'étalent sur plusieurs dizaines de tomes, il y a quelques coups de mous, des tomes un peu chiants où ça avance moins, spécialement quand on s'approche de la fin. Mais je dirais que ce défaut est beaucoup moins présent que dans la plupart des séries à rallonge.
Enfin ce manga a la particularité d'avoir 2 fins, l'originale de la prépublication et une avec ajout pour l'édition en recueil. J'ai préféré l'originale qui pour moi était une vraie fin qui n'amenait pas de suite, ce qui était couillu pour une telle série à succès. Celle des recueils est malheureusement l'officielle, elle ouvre sur une possible suite, et c'est malheureusement assez téléphoné et beaucoup moins subtile que la fin originale. Dommage.
Côté dessin, cette série est très critiquée. Moi ça a été. Le mangaka a la particularité d'être capable de dessiner des visages très différents et reconnaissables, ce qui n'est pas le cas dans beaucoup de mangas. Les Titans ont également des visages bien marqués et flippant. Par contre, il a clairement des soucis dans les proportions, mais bon, ça m'a pas dérangé.
Prix Angoulême 2022 pour la Jeunesse 8/12, je me suis lancé dans cette série sans savoir où je mettais les yeux. Je ne connaissais ni Amélie Fléchais ni Jonathan Garnier.
La rencontre a d'ailleurs failli tourner court car le premier tome m'a laissé un goût mitigé, peut-être après une lecture trop rapide.
Car "m'enfin" !, des filles qui veulent singer les garçons dans ce qu'ils ont de pire à mes yeux, la volonté de faire la guerre en étant des guerrières, ne m'engageais pas trop.
Le tome 1 étant là pour planter les personnages avec leurs entrainements aux armes et leurs taquineries d'enfants, j'étais un peu déçu.
Et puis ma Choupette de 8 ans a avalé les tomes comme des barres de chocolat oubliant même de regarder ses mangas avec son frère.
J'ai donc tout repris et comme le souligne Ro, cela démarre vraiment à la fin du tome 1 avec l'apparition de la Malbête. Mais alors plus rien n'existe dans ma bulle jusqu'à la fin du tome 4.
Je trouve les tomes 2, 3 et 4 magnifiques, originaux dans les dessins, les trouvailles scénaristiques, poétiques, ses références, son actualité et les thèmes fondamentaux qui sont traités. D'ailleurs le paisible tome 1 prend une autre saveur au milieu des tourments des autres tomes.
Les auteurs m'avaient bien eu, leurs magnifiques bergères n'avaient aucunement la volonté de se couvrir de gloire sur un champ de bataille.
C'est même tout le contraire, elles se couvriront de gloire à réparer la stupidité des garçons.
Dans le scénario j'y retrouve de l'Iliade, du Camus avec "La Peste", du Tolkien, du Bilal (Coup de Sang) avec une fin qui est presque mystique et au combien belle.
Et pourtant les passages tristes sont légion. Le Mal et la Mort sont très présents d'autant plus que l'on se rapproche d'un dénouement extrêmement émotionnel. Cette série est une véritable montagne russe émotionnelle pour qui est capturé par l'histoire.
Voilà une fable poétique et écologique destinée aux enfants mais pas que.
J'aime aussi le côté universel que donne Amélie Fléchais à travers ses dessins. Nous partons d'un très beau village que je lis comme celte avec ses couleurs dominantes vertes et rousses, ses marais et ses sorciers.
Puis nous avançons à travers un Caucase ou un Himalaya avec ses personnages en blouses de Moujik pour finir dans une capitale typée Samarkand.
Oui la folie des hommes, que ce soit pour la guerre ou le chaos écologique peut prendre naissance dans un coin reculé, cela nous concerne tous.
Le dessin est au niveau et la couleur supérieure encore. Ces petites bouilles rondes avec tant de malice et d'expressivité dans les regards sont à craquer.
Mais ce que j'aime surtout c'est le bestiaire de madame Fléchais. Sa Malbête est une création géniale. Ses Gastons sont à pouffer de rire et ses béliers sont des personnages à part entière, bien attachants.
On a droit à une mise en page moderne avec des doubles pages magnifiques pour les paysages.
Bon j'en oublie probablement et je ne veux pas tout dévoiler.
Pour finir, je vous embête avec une anecdote. Associatif, j'ai accompagné dans sa solitude une vieille personne de 95 ans Marie-Anne aujourd'hui décédée. Née en Bretagne en 1915 son papa était mort dans une campagne de l'Oise. Elle ne l'a jamais connu.
Marie-Anne "Vous aviez le droit, d'avoir un père !".
Mon petit avis est pour vous, Marie-Anne.
Est-ce qu'il y a encore un intérêt à donner son avis sur Blueberry ou tout a déjà été dit ?
En ce qui me concerne, c'est celle que je considère comme le monument de la BD franco-belge dite "sérieuse" (donc sans compter Astérix, Gaston, les Schtroumpfs, etc.).
Comme toutes les grandes séries de JM Charlier (Barbe Rouge, Buck Danny, Tanguy et Laverdure), elle suit à peu près la même dynamique, des débuts assez médiocres avec des scénarios simplistes et répétitifs. Mais petit à petit le niveau s'améliore, s'améliore, jusqu'à atteindre les sommets juste avant la mort de Charlier. Et ceux qui prennent la suite font ensuite moins bien.
Comparé aux autres séries de Charlier, Blueberry a plusieurs avantages qui font que c'est la meilleure : déjà une série démarrée plus tard, donc avec moins de déchets de la période où Charlier faisait de l'abattage, des dessins magnifiques de Giraud qui reste sur toute la série (Uderzo fait un boulot époustouflant sur Tanguy et Laverdure, mais il est remplacé par Jijé que j'apprécie moins).
Mais surtout un héros Blueberry qui est un des plus grands héros de la BD franco-belge. Moins lisse et fade qu'un Buck Danny ou qu'un Michel Tanguy, tout en ayant un esprit chevaleresque poussé à l'extrême.
Enfin la série se finit en beauté par un arc de 10 tomes, de "Chihuahua Pearl" à "Le Bout de la piste" qui est tout simplement époustouflant. Tous les arcs que j'ai pu lire d'autre dans la BD franco-belge s'étalant sur autant de pages, ont soit des coups de mou et du remplissage, soit des incohérences et retournements de situation qui ne tiennent pas. Là non, on a un scénario parfaitement cohérent, qui tient en haleine du début à la fin.
Même si on cite souvent la duologie composée de "La Mine de l'Allemand perdu" et "Le Spectre au balle d'or" comme l'histoire la plus classique de Blueberry, c'est bien pour moi la décalogie finale qui fait de Blueberry la plus grande BD franco-belge.
Oui, je dis "décalogie finale" alors que Blueberry n'est pas fini et que d'autres auteurs ont pris la suite à la mort de Charlier, mais franchement j'ai pas réussi à accrocher. Pour moi, Blueberry se finit par "Le Bout de la piste", album qui porte bien son nom.
Bon je m'arrête là sans parler du travail génial de Jean Giraud/Moebius sur les dessins, mais pour le coup, je pense qu'on a vraiment tout déjà dit, et qu'on oublie trop souvent Charlier quand on parle de Blueberry, injustice que j'essaie à mon petit niveau de réparer.
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Trop fort! Je suis en train d'écrire en repensant à certaines scènes et ça me fait encore éclater de rire. Tout est à garder. Les grands délires qui finissent par des "Michel, tu dérapes", la conscience de Sandrine, "tout est bien qui [...]" ... J'ai jamais rigolé autant tout seul, le nez dans une BD. Encore meilleur que les 2 autres lectures de Fabcaro (Open Bar, Zaï Zaï Zaï Zaï) parce-que l'histoire est encore plus présente, et que l'auteur est parvenu à me surprendre encore plus par son humour. A garder toujours près de soi
L'Aigle sans orteils
Lax est un maître conteur en humanité ! Je ne sais pas si sa formidable histoire d'Amédée Fario est pure fiction ou possède un fond de réalité mais peu importe. Mon premier avis sur le site était dédié à Marathon, c'est dire si l'effort solitaire avec un dépassement de soi gratuit m'attire. Même si mes légendes sont plutôt Zatopek, Mimoun ou Abebe Bikila, j'ai aussi rêvé sur les noms de Gaul, Coppi, Bahamontes Thévenet ou Hinault. Petit-Breton est un nom que l'on se transmettait de génération en génération comme le trésor d'un patrimoine sportif historique qu'il ne faut pas oublier. Merci à Lax de nous rendre ce patrimoine en images si belles. Au-delà de la belle histoire d'Amédée, c'est la formidable histoire des premiers Tours que l'auteur fait revivre. Effort, solidarité, créativité de la technique et de l'hygiène sportive, vision des organisateurs sur l'impact populaire d'un grand événement sportif, il y a tous ces thèmes très bien mis en valeur dans l'ouvrage. Evidemment, 1910,1911,1912,1913, le récit s'égraine comme une pendule tragique qui avance vers l'indicible. L'ombre portée de la guerre est toujours présent dans l'esprit du lecteur. Toutes ces vies, ces histoires non écrites à cause de ces vieillards ventripotents et galonnés qui vont envoyer des millions d'Amédée à la mort et produire des monstres encore plus terrifiants. 100 ans après, j'en ai encore de l'amertume dans la bouche et un ouvrage comme celui de Lax nous rappelle ce monstrueux gâchis. Je suis fan du dessin de Lax depuis ma lecture du Choucas. Lax ne nous vend pas de la Pin-up ou du BG body buildé (encore que Amédée est BG et Adeline à croquer) mais ses visages dans l'effort sont magnifiques. Son trait presque caricatural se prête bien aux rictus grotesques qu'ont tous les sportifs (moi le premier) au bout de leurs forces. Lax partage avec Cosey ses grandioses descriptions de montagne. Ici nous sommes gâtés. C'est dur, caillouteux, anguleux et froid mais c'est beau. Les teintes jaunes et bleutées sont piles dans les ambiances voulues. Lax revient aussi sur le thème du handicap surmonté, probablement un hommage à son frère, cela enrichit aussi un récit qui n'a aucune faiblesse à mes yeux. Pour finir, voilà une histoire qui crée de l'émotion, de l'empathie pour tous les personnages. Une lecture qui ne m'a pas laissé insensible.
Highland Games
Les tribulations d'une équipe amateur de lancer de marteau bretonne qui va participer aux fameux Highland Games en Ecosse. Ce récit met en situation un coach, professeur d'arts plastiques, et ses "poulains", qui vont quitter leur Bretagne natale, certains pour la première fois, afin de tenter leur chance aux Highland Games, jeux traditionnels servant par le passé à pacifier les tensions entre clans par des épreuves aussi ludiques qu'improbables comme le lancer de troncs d'arbres, de ballots de paille, de pierres, et j'en passe. L'essentiel du récit se concentre sur la traversée Bretagne-Ecosse, les jeux en question ne faisant qu'une vingtaine de pages sur presque 160. Mais ce n'est pas un problème, les jeux ne sont qu'un prétexte pour nous dévoiler des tranches de vie. Chaque personnage est inspiré d'une personne réelle, et c'est un des éléments qui rend l'ensemble sympathique : l'auteur prend le temps de poser ses personnages, et nous les dévoile petit à petit au court du récit qui prend un peu la forme d'un voyage initiatique vers l'âge adulte. C'est très touchant, car ils sont tous confrontés aux défis du quotidien, certains plus que d'autres, un mélange extrêmement réussi d'humour et de sentiments. On passe souvent d'un grand sourire à une petite larme et vice-versa. Bref un plaisir total, j'ai rarement autant apprécié une BD, légère mais plein de bonne humeur.
De Cape et de Crocs
De Cape et de crocs est pour moi une série incontournable de la BD franco-belge post-classique (ie post Goscinny, Charlier et Hergé). Le scénario ne plaira pas à tout le monde car ça part assez loin mais moi j'ai adoré, un mélange de film de cape et d'épée classique, d'histoire de pirates et enfin de SF vintage à la Munchausen. Cela donne un mélange assez unique, vraiment faut le lire pour le croire. Le dessin est superbe. C'est relativement irrégulier, mais c'est de l'irrégulier qui va du très beau à certaines planches qui sont à tomber par terre, donc de la qualité irrégulière comme ça, j'en redemande. Enfin, je dirais que la plus grande qualité de cette série, ce sont avant tout ses personnages, tous extrêmement attachants avec un caractère bien spécifique et bien enlevé. Et pour ne rien gâcher, l'humour est très présent, un humour dont je suis particulièrement client. En fait je crois que je ne me suis jamais autant marré dans une série, qui est certes humoristique, mais qui est avant tout une série d'aventure et pas une série de gags à la Gaston. Si je dois trouver un défaut à cette série qui n'est pas totalement parfaite (la honte pour elle), c'est que certains tomes sont assez lents et ne font que peu avancer le scénario. Ce n'est pas un petit défaut, c'était même assez frustrant quand on suivait la série en direct avec parfois (trop) longtemps entre chaque tome, mais cette série a de telles qualités par ailleurs que je lui même tout de même 5/5.
Irena
Cette bande dessinée est incroyable car elle montre l'espoir et l'humanité en toute situation , il y a plusieurs passages qui sont assez larmoyants auxquels j'ai fini par me lâcher. A faire découvrir à vos adolescent ! Je l'adore et je vais la présenter à l'oral de brevet donc je suis assez fière de cette femme qui résistait contre l'occupation allemande !! Elle a eu une vie incroyable !! À Lire !
Bergères Guerrières
Autant sur les premières pages de cette BD et du fait du décor viking et des jeunes héros, j'ai cru être déçu par une redite de la série animée Dragons avec des béliers de combat en guise de dragons, autant j'ai finalement très vite accroché et trouvé cette série très sympa. Pour commencer, il y a le dessin qui est mignon et bien agréable. Son trait rond, proche de l'animation, est plaisant et j'apprécie beaucoup sa colorisation. Ceux qui ont aimé Brendan et le Secret de Kells devrait trouver ici bon nombre de similitudes dans le graphisme. Les personnages sont dessinés efficacement mais je leur préfère encore les décors qui sont réussis et dépaysants. J'apprécie surtout le soin du détail pour les rendre cohérents avec la carte du pays qu'on trouve en début et fin d'album. Ce qui m'a plu en priorité dans cette série, c'est la réelle personnalité des protagonistes. Ils sont crédibles et rapidement attachants. J'ai beaucoup aimé les dialogues qui sont clairs et évitent les ficelles trop récurrentes des récits d'aventure pour la jeunesse qui jouent trop sur le manque de communication entre personnages pour créer de faux mystères et autres quiproquos. Ici, les personnages se disent vraiment les choses et cela permet à l'action d'avancer rapidement tout en gardant réalisme et profondeur. C'est un bon cocktail d'aventure et d'émotions simples et sincères qui s'adresse objectivement à tous les publics, petits et grands. Bref, je me suis très vite attaché à tout ce petit monde que j'ai trouvé drôle et sympathique, et j'ai hâte de suivre leurs véritables aventures puisque ce n'est qu'à la fin du premier tome que l'on rentre pour de bon au cœur de l'action. Ajout après lecture de l'intégralité de la série : J'ai terminé aujourd'hui la lecture des 4 tomes de la série et je relève ma note car j'ai pris un réel plaisir à lire cette bande dessinée de bout en bout. J'y ai tout trouvé excellent, aussi bien pour de jeunes lecteurs que pour un adulte tel que moi. Le dessin est beau, efficace, excellemment colorisé, et il est parfois franchement superbe. Par exemple, sur le dessin pleine page représentant la chaine de montagne le Tombeau des Dieux, l'effet de masse gigantesque, imposante et angoissante est tellement bien réussi que j'étais prêt à applaudir devant la planche. Quant au scénario, il prouve sa qualité tome après tome, avec une progression prenante et rythmée de l'intrigue. Celle-ci est dense, intelligente, elle ne se laisse pas deviner, elle fourmille d'originalités et de personnages attachants. J'apprécie en outre son véritable sens de l'aventure qui sait astucieusement mêler moments légers, émotion, humour et passages plus tragiques et forts. Seuls certains passages du dernier tome m'ont paru un peu en deçà du reste de la série, dans le sens où ils étaient un peu plus convenus et la fin un tout petit peu facile, mais l'ensemble de la série reste d'un niveau quasi parfait.
Monster
Ce n'est que tardivement que j'ai découvert cette saga grâce aux conseils avisés de mon libraire. Après ma lecture du tome 1, je me suis empressé d'aller acheter l'intégralité de la série et je l'ai dévorée en une nuit. Depuis, je me replonge régulièrement dans la lecture de ce manga culte. Pour ce qui est du pitch, je vous laisse lire les très nombreux avis qui précèdent le mien. Le premier élément qui ait fait que je me suis passionné pour ce manga est les thèmes abordés. De nombreuses questions philosophiques sont posées et l'auteur y répond sans y répondre. Il nous laisse nous faire notre propre avis, mais si on lit entre les lignes, on aperçoit ses idées. La question qui m'a le plus interpellé est la première qui se pose chronologiquement dans le manga: "Est-ce que toutes les vies ont la même valeur ?" D'emblée, j'aurais tendance à dire oui. Mais plus on avance dans la lecture, plus on doute, plus on se remet en question. On arrive donc à ce qui rend ce manga culte selon moi : il nous remet en question sur bien des sujets. L'alcoolisme, le suicide, la mort, le meurtre, l'éducation d'un enfant, les animaux, notre vocation, ... Tant de sujet si importants mais aussi si lourds. Et pourtant, systématiquement bien amenés et réfléchis. Au delà des thèmes abordés, le scénario est incroyablement bien construit. C'est le genre d'histoire où l'on sent que l'auteur savait depuis le début où il désirait nous emmener et cela fait plaisir. Bref, un manga culte à mes yeux. 5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
L'Attaque des Titans
Je donne 5 étoiles à ce manga culte qui est pourtant loin d'être parfait. Franchement je n'ai jamais lu un manga avec autant d'idées. A lire les premiers tomes impossibles de savoir où ça va nous mener, on va de surprises en surprises, dans des rebondissements qu’on n’a pas vu venir, et qui sont pourtant préparés. Ce ne sont pas des Deux Machina téléphonés. Evidemment, quand on a un tel foisonnement, y a forcément quelques erreurs, des incohérences même si globalement ça se tient quand même bien. Autre petit défaut, mais habituel dans des mangas qui s'étalent sur plusieurs dizaines de tomes, il y a quelques coups de mous, des tomes un peu chiants où ça avance moins, spécialement quand on s'approche de la fin. Mais je dirais que ce défaut est beaucoup moins présent que dans la plupart des séries à rallonge. Enfin ce manga a la particularité d'avoir 2 fins, l'originale de la prépublication et une avec ajout pour l'édition en recueil. J'ai préféré l'originale qui pour moi était une vraie fin qui n'amenait pas de suite, ce qui était couillu pour une telle série à succès. Celle des recueils est malheureusement l'officielle, elle ouvre sur une possible suite, et c'est malheureusement assez téléphoné et beaucoup moins subtile que la fin originale. Dommage. Côté dessin, cette série est très critiquée. Moi ça a été. Le mangaka a la particularité d'être capable de dessiner des visages très différents et reconnaissables, ce qui n'est pas le cas dans beaucoup de mangas. Les Titans ont également des visages bien marqués et flippant. Par contre, il a clairement des soucis dans les proportions, mais bon, ça m'a pas dérangé.
Bergères Guerrières
Prix Angoulême 2022 pour la Jeunesse 8/12, je me suis lancé dans cette série sans savoir où je mettais les yeux. Je ne connaissais ni Amélie Fléchais ni Jonathan Garnier. La rencontre a d'ailleurs failli tourner court car le premier tome m'a laissé un goût mitigé, peut-être après une lecture trop rapide. Car "m'enfin" !, des filles qui veulent singer les garçons dans ce qu'ils ont de pire à mes yeux, la volonté de faire la guerre en étant des guerrières, ne m'engageais pas trop. Le tome 1 étant là pour planter les personnages avec leurs entrainements aux armes et leurs taquineries d'enfants, j'étais un peu déçu. Et puis ma Choupette de 8 ans a avalé les tomes comme des barres de chocolat oubliant même de regarder ses mangas avec son frère. J'ai donc tout repris et comme le souligne Ro, cela démarre vraiment à la fin du tome 1 avec l'apparition de la Malbête. Mais alors plus rien n'existe dans ma bulle jusqu'à la fin du tome 4. Je trouve les tomes 2, 3 et 4 magnifiques, originaux dans les dessins, les trouvailles scénaristiques, poétiques, ses références, son actualité et les thèmes fondamentaux qui sont traités. D'ailleurs le paisible tome 1 prend une autre saveur au milieu des tourments des autres tomes. Les auteurs m'avaient bien eu, leurs magnifiques bergères n'avaient aucunement la volonté de se couvrir de gloire sur un champ de bataille. C'est même tout le contraire, elles se couvriront de gloire à réparer la stupidité des garçons. Dans le scénario j'y retrouve de l'Iliade, du Camus avec "La Peste", du Tolkien, du Bilal (Coup de Sang) avec une fin qui est presque mystique et au combien belle. Et pourtant les passages tristes sont légion. Le Mal et la Mort sont très présents d'autant plus que l'on se rapproche d'un dénouement extrêmement émotionnel. Cette série est une véritable montagne russe émotionnelle pour qui est capturé par l'histoire. Voilà une fable poétique et écologique destinée aux enfants mais pas que. J'aime aussi le côté universel que donne Amélie Fléchais à travers ses dessins. Nous partons d'un très beau village que je lis comme celte avec ses couleurs dominantes vertes et rousses, ses marais et ses sorciers. Puis nous avançons à travers un Caucase ou un Himalaya avec ses personnages en blouses de Moujik pour finir dans une capitale typée Samarkand. Oui la folie des hommes, que ce soit pour la guerre ou le chaos écologique peut prendre naissance dans un coin reculé, cela nous concerne tous. Le dessin est au niveau et la couleur supérieure encore. Ces petites bouilles rondes avec tant de malice et d'expressivité dans les regards sont à craquer. Mais ce que j'aime surtout c'est le bestiaire de madame Fléchais. Sa Malbête est une création géniale. Ses Gastons sont à pouffer de rire et ses béliers sont des personnages à part entière, bien attachants. On a droit à une mise en page moderne avec des doubles pages magnifiques pour les paysages. Bon j'en oublie probablement et je ne veux pas tout dévoiler. Pour finir, je vous embête avec une anecdote. Associatif, j'ai accompagné dans sa solitude une vieille personne de 95 ans Marie-Anne aujourd'hui décédée. Née en Bretagne en 1915 son papa était mort dans une campagne de l'Oise. Elle ne l'a jamais connu. Marie-Anne "Vous aviez le droit, d'avoir un père !". Mon petit avis est pour vous, Marie-Anne.
Blueberry
Est-ce qu'il y a encore un intérêt à donner son avis sur Blueberry ou tout a déjà été dit ? En ce qui me concerne, c'est celle que je considère comme le monument de la BD franco-belge dite "sérieuse" (donc sans compter Astérix, Gaston, les Schtroumpfs, etc.). Comme toutes les grandes séries de JM Charlier (Barbe Rouge, Buck Danny, Tanguy et Laverdure), elle suit à peu près la même dynamique, des débuts assez médiocres avec des scénarios simplistes et répétitifs. Mais petit à petit le niveau s'améliore, s'améliore, jusqu'à atteindre les sommets juste avant la mort de Charlier. Et ceux qui prennent la suite font ensuite moins bien. Comparé aux autres séries de Charlier, Blueberry a plusieurs avantages qui font que c'est la meilleure : déjà une série démarrée plus tard, donc avec moins de déchets de la période où Charlier faisait de l'abattage, des dessins magnifiques de Giraud qui reste sur toute la série (Uderzo fait un boulot époustouflant sur Tanguy et Laverdure, mais il est remplacé par Jijé que j'apprécie moins). Mais surtout un héros Blueberry qui est un des plus grands héros de la BD franco-belge. Moins lisse et fade qu'un Buck Danny ou qu'un Michel Tanguy, tout en ayant un esprit chevaleresque poussé à l'extrême. Enfin la série se finit en beauté par un arc de 10 tomes, de "Chihuahua Pearl" à "Le Bout de la piste" qui est tout simplement époustouflant. Tous les arcs que j'ai pu lire d'autre dans la BD franco-belge s'étalant sur autant de pages, ont soit des coups de mou et du remplissage, soit des incohérences et retournements de situation qui ne tiennent pas. Là non, on a un scénario parfaitement cohérent, qui tient en haleine du début à la fin. Même si on cite souvent la duologie composée de "La Mine de l'Allemand perdu" et "Le Spectre au balle d'or" comme l'histoire la plus classique de Blueberry, c'est bien pour moi la décalogie finale qui fait de Blueberry la plus grande BD franco-belge. Oui, je dis "décalogie finale" alors que Blueberry n'est pas fini et que d'autres auteurs ont pris la suite à la mort de Charlier, mais franchement j'ai pas réussi à accrocher. Pour moi, Blueberry se finit par "Le Bout de la piste", album qui porte bien son nom. Bon je m'arrête là sans parler du travail génial de Jean Giraud/Moebius sur les dessins, mais pour le coup, je pense qu'on a vraiment tout déjà dit, et qu'on oublie trop souvent Charlier quand on parle de Blueberry, injustice que j'essaie à mon petit niveau de réparer.