J’ai hésité à investir dans la superbe « Deluxe Edition » de cette histoire de Jeff Lemire, malgré l’adoration que je porte à son travail, la faute aux avis existants pas vraiment positifs. Mais la magie a une nouvelle fois opéré, et je ressors ravi de ma lecture.
L’histoire mélange des éléments de science-fiction avec une histoire d’amour improbable entre deux protagonistes d’époques différentes. Elle est nébuleuse, mais reste parfaitement compréhensible. La narration est claire et fluide. Contrairement à d’autres posteurs, la trouvaille narrative qui consiste à avoir certaines planches (ou parties de planche) à l’envers pour représenter les deux univers ne m’a pas du tout dérangé. Je me demande d’ailleurs si les lecteurs en question ont bien compris la marche à suivre : il faut d’abord lire toutes le cases/planches à l’endroit, PUIS tourner l’album. C’est particulièrement flagrant dans le 5ème chapitre, où il faut lire la partie haute de TOUTES les pages du chapitre, PUIS tourner l’album et lire les parties basses à reculons. On ne tourne donc l’album pas si souvent que ça.
La mise en image est superbe, et dans la lignée des autres œuvres de cet auteur.
L’histoire m’a intéressé voire captivé par moment, et la fin ouverte m’a beaucoup plu. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Écrire un avis en ayant lu qu’un tome c’est pas fou, c’est un peu comme critiquer un restau en ayant pris une bouchée de l’apéro.. mais le monde est libre et cela bénéficie à bcp bref ce manga est génial ! pour l’originalité il n’en manque pas.. mais faut dépasser quelques tomes pour se rendre compte que oui c’est pas du tout un manga comme les autres ^^ après c’est pas la révolution du siècle, j’ai adoré le dessin mais je peux comprendre qu’il rebute mais c’est un manga à lire… gros combat, gros rebondissement, intrigue pas mal, fil rouge avec vengeance, traîtrise tout y est mais faut aller jusqu’au bout ou au moins au trois quart xD bisous à tous
J'ai lu cette histoire dans une intégrale reprenant les 4 premières publications de Rabaté (Premières cartouches). Et c'est vraiment la meilleure des 4, je l'ai vraiment beaucoup aimée.
Rabaté arrive en quelque cases à nous faire entrer dans un petit délire jouissif. Nous suivons les habitants d'un village paumé, entre Drôle de guerre et débâcle face à l'armée allemande (on ne verra jamais ces derniers). s'étant monté le bourrichon, ils pensent être plus en sécurité regroupés avec d'autres habitants d'un bourg plus important. les voilà parti pour une équipée des plus loufoques !
Comme à son habitude - en tout cas cela deviendra son habitude, Rabaté regroupe des personnages assez typés, toutes les formes de la conneries étant représentées. Mentions spéciales au curé (qui tente par tous les moyens de faire revenir à lui ou à Dieu des brebis passablement égarées) et à quelques piliers de comptoir. Certains gamins et leurs expérience improbables valent aussi le détour. Le discours de départ du maire est dans le genre de ceux que tenait son homologue de Champignac chez Franquin.
Les bons mots fusent, les crétins sont de sortie, c'est vraiment une histoire que j'ai trouvé drôle, rafraichissante, avec un humour un peu noir, corrosif, Rabaté ne rate que rarement son coup lorsqu'il s'agit de se foutre de la gueule de ceux qui l'ouvrent trop.
Une entrée en matière un peu difficile me concernant. D’abord parce que les premières cases sont obscures – dans tous les sens du terme ! Ensuite parce que certains aspects (en particulier les visages) ressemblent aux canons du manga, ce qui ne m’attire a priori pas.
Mais je me suis fait à tout ça assez rapidement, et j’ai été embarqué avec ces deux jeunes femmes dans leur road trip, qui mêle aspects fantastiques et roman graphique pur.
La narration est fluide, la lecture rapide pour ce petit pavé (plus de 300 pages), car il n’y a pas beaucoup de textes. Si le dessin des personnages – et des quelques décors et véhicules n’est pas forcément mon truc donc, j’ai trouvé de nombreuses planches très belles. Toujours sombres, mais cette explosion de rouges, de roses au milieu du noir qui domine est vraiment chouette à voir.
L’intrigue ne livre pas forcément tous ses secrets, laissant sa chance à l’imagination du lecteur, pour certains passages, que l’on devine allégoriques. De la même manière, les douleurs que les deux femmes partagent (la mort de la mère de l’une, le viol de l’autre), donnent à leur équipée sans but clair une valeur cathartique, une sorte de saignée des mauvaises humeurs.
C’est une chouette lecture en tout cas.
Deux grands noms qui s’associent ne donnent pas toujours une grande œuvre.
Un grand nom tout seul non plus me direz-vous…
Pas de grand nom du tout n'est pas plus gage de qualité…
En clair, je suis en train d’écrire pour ne rien dire, simplement motivé par l’envie de vous faire partager le plaisir ressenti lors de ma lecture d’Aquarica sans trop savoir comment entamer le schmilblick tout en introduisant le nom des deux auteurs ici réunis : Benoit Sokal et François Schuiten.
Benoit Sokal, l’organique, celui qui dessine des canards alcooliques, des aigles implacables.
François Schuiten, l’architecte, le maître des cités obscures et de la ligne droite comme une voie de chemin de fer.
La nature sauvage et la ville froide… autant dire l’eau et le feu. Mais qu’est-ce qui allait bien pouvoir les réunir ? Dans quelles eaux les deux artistes allaient-ils pouvoir nager de concert ?
Mi-organique, mi-mécanique… voilà comment se dessine l’élément le plus séduisant d’Aquarica, porte d’entrée d’un univers qui tient autant de Jules Vernes et de son ile mystérieuse que de Melville et son maudit bic tout en revisitant l’image de la sirène. Mais plutôt que d’encore exploiter la seconde moitié du XIXème siècle (si souvent utilisée par ailleurs), ils placent leur récit dans l’entre-deux guerres et les années ’30. Période charnière elle aussi mais bien moins mise en évidence dans la littérature. Période durant laquelle la technologie a déjà bien évolué mais sans que le rapport à la terre ne se soit distendu comme ce sera le cas dès les années ’50. Période on ne peut mieux choisie donc pour réunir ces deux auteurs.
En conclusion, l’époque, le thème central et les créations graphiques sont autant de liens aptes à réunir ces deux auteurs. Et, à la lecture, on sent qu’ils sont à l’aise et qu’ils prennent du plaisir à nous raconter cette histoire fantastique, naturaliste, humaine dans laquelle les avancées de la science se retrouvent confrontées à la beauté des légendes.
Le résultat est envoutant, beau à voir (le trait de Benoit Sokal fait une fois de plus merveille dans ce mélange de décors réalistes et de personnages aux faciès légèrement caricaturaux), intriguant, peuplé de personnages classiques mais attachants.
Le deuxième tome est un peu en deçà au niveau des émotions dégagées par le récit. Il y a pourtant encore de très beaux passages et les créations artistiques demeurent fascinantes, mais le rythme s'accélère un peu trop à mon goût dans le deuxième tiers du récit alors que le dernier tiers lui, se traine légèrement. Mais le récit reste prenant et se termine la larme à l'œil lorsqu'on relie le destin des personnages et celui des auteurs. Les planches signées par Schuiten après le décès de Sokal, si elles marquent une rupture de style, demeurent dans l'esprit de la série et sont très belles à regarder.
Quant au dossier proposé en fin d'album, il permet de revenir sur la genèse du projet mais aussi et surtout sur l'amitié qui a uni les deux auteurs et sur la difficulté mais aussi la nécessité pour François Schuiten de terminer cet album.
Sans la considérer comme culte, cette œuvre m'a donc marqué. Par ses créations graphiques, par sa revisite des récits de Jules Vernes ou d'Herman Melville, par son approche du mythe de la sirène, mais aussi par l'histoire derrière le récit, celle de cette amitié entre deux immenses auteurs et de ce deuxième tome terminé après le décès de l'un des deux.
D'abord un grand merci à Noirdesir pour la découverte de cet album.
Je découvre Andrei Puica auteur roumain, dont c'est la première bd publiée en France.
Une lecture hypnotique, le dessin est d'une incroyable originalité et d'une puissance évocatrice hors norme. Je suis subjugué par tant d'imagination et la mise en page audacieuse. Il sert à merveille ce conte onirique. Et la superbe mise en couleur magnifie le tout.
Mais que c'est BEAU !
Encore un récit impossible à résumer.
Une ville perchée sur un rocher erre dans l'espace et on va y découvrir ses habitants, ceux qui ont survécu aux massacres et les oppresseurs. La dystopie.
Une narration onirique, philosophique, symbolique et poétique où la métaphore est bien présente.
Un conte à plusieurs niveaux de lecture que je vous laisse découvrir. Chacun en aura sa propre interprétation.
Le bien et le mal ne sont-ils pas inséparables ? Quid du libre arbitre ?
Une lecture qui se mérite.
Andrei Puica, un artiste à suivre.
Un gros coup de cœur graphique.
J'ai eu une bonne surprise à la lecture de cette année de chien. N'étant pas du tout un accro des animaux de compagnie, je pensais m'ennuyer un peu à la lecture de l'expérience de Fred.
Et bien pas du tout, j'ai même beaucoup ri aux infortunes "de riches" de notre sympathique famille bobo branchée. Il faut dire que si l'adoption animale est le sujet central du livre, il n'est qu'un révélateur d'une problématique plus générale de cette année 2020 si particulière.
En effet, le confinement et l'angoisse devant la Covid et notamment l'angoisse des générations intermédiaires tient une place importante dans le récit autobiographique de Frédéric Leclerc.
"Comme beaucoup l'année 2020 de Fred n'avait pas commencé de la meilleure des façons". Comme je n'appartiens pas à ce "beaucoup" j'ai bien aimé cette description de l'intérieur d'une angoisse très destructrice. Pour moi c'est une découverte. Il faut dire que je n'ai jamais été véritablement confiné grâce à mes activités associatives. Ce fut même le contraire, comme beaucoup restaient chez eux j'ai débordé d'activités et de demandes pour aider les familles avec ou sans Covid.
Je ne suis pas très fan du graphisme et des couleurs de Fred mais je reconnais que cela ne gêne pas du tout le plaisir de la lecture de son expérience malheureuse mais instructive.
Tout d'abord je dois féliciter Fred d'avoir suivi le conseil de son psy car se livrer au regard de tous sous un jour peu flatteur est très courageux. Ses talents de créateur lui permettent de prendre une distance dans l'autodérision assez salutaire. J'ai beaucoup aimé son humour pour surmonter cette période.
Enfin, comme le dit la postface de monsieur Fombonne, Président de la SPA, cette lecture pourrait sauver la vie de milliers de pauvres bêtes pas plus respectées qu'une poupée ou un jeu vidéo que l'on jette quand il ennuie.
Tiki et Fred se sont apportés beaucoup même si leur rencontre a été un échec.
C'est une histoire qui touche à l'universel et devrait résonner en chacun de nous surtout si on se trouve dans le camp des indécis.
Une lecture qui sans y paraître apporte beaucoup de bon sens.
A dire vrai, j'étais un peu méfiant en voyant ce premier album, je pensais que ça serait du racolage commercial, revenir sur les débuts de la saga Largo Winch me semblait douteux et peu intéressant ; j'ai donc décidé d'attendre la sortie d'un tome 2 et en bibli, j'ai eu l'opportunité de la lecture, j'ai pas hésité, et sur ma première impression, non seulement j'avais tort mais en plus, je regrette pas, j'en suis ressorti conquis.
De retour au scénario, Jean Van Hamme revient aux origines d'une série qui a fait sa gloire, c'est l'origine de la fortune dont Largo Winch est devenu l'héritier. Tout commence au Montenegro, berceau familial des Winch, en 1848 avec Vanko, jeune médecin monténégrin fuyant les Balkans en ébullition occupés par les Turcs ; l'ancêtre de Largo passe par la Serbie et l'Albanie le long de l'Adriatique pour rejoindre l'Italie ou la France afin d'émigrer aux Etats-Unis, terre de toutes les opportunités. On en apprend un peu sur ces Balkans même s'il faut se replonger dans ce qu'était l'ancienne Yougoslavie avant 1991, année où les 6 républiques qui constituaient ce pays ont éclaté (Serbie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Montenegro, Macédoine du Nord, Slovénie. Le cas du Kosovo restant en suspens car territoire autonome revendiqué par la Serbie, reconnu par 92 Etats de l'ONU mais non reconnu par 95 Etats).
L'expérience scénaristique de Van Hamme fait le poids ici, ça lui permet de brasser plusieurs thématiques, le récit est prenant et très rythmé, ça va de rebondissements en surprises avec des morts, des disparitions soudaines, des love story aboutissant à des mariages, des naissances... tout ceci se succède à une cadence infernale, on suit le destin de chacun des descendants de Vanko en alternance, Milan et Sandor puis les jumeaux de Milan, Tom et Lisa, tout en croisant des célébrités comme Singer le roi de la machine à coudre, Buffalo Bill et Annie Oakley, Louis Blériot, le Baron Rouge etc...
Le handicap du choix de raconter cette histoire si fournie en 3 tomes fait que la narration va à toute vitesse, c'est incroyable d'aller aussi vite, si bien que par rapport à la quantité d'événements racontés par VH, on n'a pas le temps de s'habituer à tel ou tel personnage ni de s'attacher à l'un ou à l'autre, car tout est compressé à l'extrême, les protagonistes ont à peine le temps de s'installer qu'ils sont remplacés par les suivants, et tout cela sans dates pour nous aider à situer les époques, on est obligé de deviner à peu près les dates variant en une fourchette très large qui va de 1848 à 1910, puis de 1910 à 1933. Du coup, les personnages font un peu figure d'automates désincarnés, c'est dommage et un peu préjudiciable pour l'ensemble de la série.
Malgré ce handicap, je reste captivé par cette Bd, on suit les événements historiques de cette période contemporaine en Amérique, on suit la narration sur 2 plans différents : en Europe avec la Première guerre mondiale, et aux Etats-Unis avec la montée du gangsterisme et de la Cosa Nostra ; on commence aussi à percevoir les affaires financières qui feront le sel de la série Largo Winch, tous ces événements historiques et sociaux servent l'imagination de VH qui peut y intercaler ses protagonistes ; le tome 2 se termine bien justement par la naissance de Nerio Winch en 1933, fils de Tom, et l'empire financier de Winch est sur le point d'éclore. La boucle est donc bouclée habilement, je suppose que le tome 3 montrera comment Nerio agrandira et fera fructifier cet empire avant de trouver la mort au début du tome 1 de Largo Winch.
Tout ceci est bien traduit en images par Berthet qui utilise ici un trait plus épuré, plus simplifié par rapport à ses autres Bd comme Le Privé d'Hollywood ou Pin-up, je le trouve assez proche de Nico et Perico, ses décors sont plus sommaires, ses personnages un peu plus anguleux, mais ça ne me déplait pas, son dessin reste élégant et racé, et son découpage est habile et très maîtrisé.
Voila donc un spin-off ou prequel c'est comme on veut, au potentiel inouï, qui part d'une très bonne idée de base, et animé par un duo expérimenté, qui malgré les griefs que j'ai exposés plus haut, se révèle quand même passionnant.
Voilà un diptyque globalement bien fichu, dont la lecture est fluide et qui ne manque pas d’interpeller le lecteur. En effet, difficile de rester insensible à ce qui arrive aux quelques « motherfuckers » que nous suivons (c’est-à-dire des compagnons de lutte des Black Panthers dans les années 1960). On ne peut que ressentir de l’empathie pour eux, et une certaine haine envers leurs persécuteurs racistes.
Ce que montre aussi très bien cette série, c’est que les persécutions subies par ces Noirs militants étaient certes dues à la couleur de leur peau et donc au racisme le plus pur et dur. Mais aussi, et parfois surtout à leurs idées communistes. C’est cela qui en fera des cibles pour les sbires de Hoover, le racisme ne servant parfois qu’à justifier ce combat de classe. Faire en sorte que les Blancs déclassés se jettent contre les Noirs pauvres, et non contre ceux qui les dominent tous deux. Bien évidemment, lorsqu’il s’agit d’aller au Vietnam, ce sont ces Noirs – et quelques Blancs déclassés – qui seront envoyés en priorité, la pleine citoyenneté déniée aux Noirs aux États-Unis leur étant décernée alors pour devenir de la chair à canon.
Bref, des boucs émissaires idéaux, que nous voyons ici subir humiliations sur humiliations, assassinats, etc. (voir la scène où dans une maternelle de jeunes écoliers blancs jouent avec des déguisements du KKK à lyncher leurs camarades noirs…).
Les deux albums sont découpés en courts chapitres – qui forment une histoire complète, chacun ayant en en-tête une des revendications des Black Panthers, celle-ci étant hélas justifiée ensuite par les persécutions subies.
Deux albums édifiants, que l’on aurait aimé n’être que pure fiction.
A lire en tout cas.
Nicolas Junker et François Bouc se penchent sur une des dates qui ont marqué l’histoire de France : le 13 mai 1958. C’est une date que l’on connaît bien sans toujours mesurer les conséquences incroyables qu’aurait pu avoir cet événement. Et là ! On n’est pas déçus ! Le 13 mai, un groupe de généraux français fomentent un coup d’État pour défendre l’Algérie française. L’album prend le temps d’entrer dans les détails de l’événement et nous plonge au cœur d’un imbroglio militaire et politique à la fois stupéfiant et hilarant. C’est savoureux, désopilant – quand on mesure les enjeux politiques – et chacun en prend pour son grade ! Les militaires sont une caricature, à la fois fanatiques, cramponnés à leur place dans la hiérarchie et aussi complètement stupides – le général Massu en tête. Les politiques à Paris évoluent dans la confusion la plus totale, les présidents du conseil se succèdent et gaspillent leur énergie dans la recherche de majorités introuvables plutôt que de d’essayer de sortir la France d’une situation qui s’aggrave de jours en jours. En même temps, ils ne savent pas comment faire… La 4e République va-t-elle survivre ?
C’est drôle, truculent, rocambolesque. Pendant que tout ce petit monde s’agite, en coulisse, un autre général se prépare en silence depuis sa retraite de Colombey en mangeant des biscottes à son petit déjeuner. Album à déguster…
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Trillium
J’ai hésité à investir dans la superbe « Deluxe Edition » de cette histoire de Jeff Lemire, malgré l’adoration que je porte à son travail, la faute aux avis existants pas vraiment positifs. Mais la magie a une nouvelle fois opéré, et je ressors ravi de ma lecture. L’histoire mélange des éléments de science-fiction avec une histoire d’amour improbable entre deux protagonistes d’époques différentes. Elle est nébuleuse, mais reste parfaitement compréhensible. La narration est claire et fluide. Contrairement à d’autres posteurs, la trouvaille narrative qui consiste à avoir certaines planches (ou parties de planche) à l’envers pour représenter les deux univers ne m’a pas du tout dérangé. Je me demande d’ailleurs si les lecteurs en question ont bien compris la marche à suivre : il faut d’abord lire toutes le cases/planches à l’endroit, PUIS tourner l’album. C’est particulièrement flagrant dans le 5ème chapitre, où il faut lire la partie haute de TOUTES les pages du chapitre, PUIS tourner l’album et lire les parties basses à reculons. On ne tourne donc l’album pas si souvent que ça. La mise en image est superbe, et dans la lignée des autres œuvres de cet auteur. L’histoire m’a intéressé voire captivé par moment, et la fin ouverte m’a beaucoup plu. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Ares - The Vagrant Soldier
Écrire un avis en ayant lu qu’un tome c’est pas fou, c’est un peu comme critiquer un restau en ayant pris une bouchée de l’apéro.. mais le monde est libre et cela bénéficie à bcp bref ce manga est génial ! pour l’originalité il n’en manque pas.. mais faut dépasser quelques tomes pour se rendre compte que oui c’est pas du tout un manga comme les autres ^^ après c’est pas la révolution du siècle, j’ai adoré le dessin mais je peux comprendre qu’il rebute mais c’est un manga à lire… gros combat, gros rebondissement, intrigue pas mal, fil rouge avec vengeance, traîtrise tout y est mais faut aller jusqu’au bout ou au moins au trois quart xD bisous à tous
Exode
J'ai lu cette histoire dans une intégrale reprenant les 4 premières publications de Rabaté (Premières cartouches). Et c'est vraiment la meilleure des 4, je l'ai vraiment beaucoup aimée. Rabaté arrive en quelque cases à nous faire entrer dans un petit délire jouissif. Nous suivons les habitants d'un village paumé, entre Drôle de guerre et débâcle face à l'armée allemande (on ne verra jamais ces derniers). s'étant monté le bourrichon, ils pensent être plus en sécurité regroupés avec d'autres habitants d'un bourg plus important. les voilà parti pour une équipée des plus loufoques ! Comme à son habitude - en tout cas cela deviendra son habitude, Rabaté regroupe des personnages assez typés, toutes les formes de la conneries étant représentées. Mentions spéciales au curé (qui tente par tous les moyens de faire revenir à lui ou à Dieu des brebis passablement égarées) et à quelques piliers de comptoir. Certains gamins et leurs expérience improbables valent aussi le détour. Le discours de départ du maire est dans le genre de ceux que tenait son homologue de Champignac chez Franquin. Les bons mots fusent, les crétins sont de sortie, c'est vraiment une histoire que j'ai trouvé drôle, rafraichissante, avec un humour un peu noir, corrosif, Rabaté ne rate que rarement son coup lorsqu'il s'agit de se foutre de la gueule de ceux qui l'ouvrent trop.
Sur la route de West
Une entrée en matière un peu difficile me concernant. D’abord parce que les premières cases sont obscures – dans tous les sens du terme ! Ensuite parce que certains aspects (en particulier les visages) ressemblent aux canons du manga, ce qui ne m’attire a priori pas. Mais je me suis fait à tout ça assez rapidement, et j’ai été embarqué avec ces deux jeunes femmes dans leur road trip, qui mêle aspects fantastiques et roman graphique pur. La narration est fluide, la lecture rapide pour ce petit pavé (plus de 300 pages), car il n’y a pas beaucoup de textes. Si le dessin des personnages – et des quelques décors et véhicules n’est pas forcément mon truc donc, j’ai trouvé de nombreuses planches très belles. Toujours sombres, mais cette explosion de rouges, de roses au milieu du noir qui domine est vraiment chouette à voir. L’intrigue ne livre pas forcément tous ses secrets, laissant sa chance à l’imagination du lecteur, pour certains passages, que l’on devine allégoriques. De la même manière, les douleurs que les deux femmes partagent (la mort de la mère de l’une, le viol de l’autre), donnent à leur équipée sans but clair une valeur cathartique, une sorte de saignée des mauvaises humeurs. C’est une chouette lecture en tout cas.
Aquarica
Deux grands noms qui s’associent ne donnent pas toujours une grande œuvre. Un grand nom tout seul non plus me direz-vous… Pas de grand nom du tout n'est pas plus gage de qualité… En clair, je suis en train d’écrire pour ne rien dire, simplement motivé par l’envie de vous faire partager le plaisir ressenti lors de ma lecture d’Aquarica sans trop savoir comment entamer le schmilblick tout en introduisant le nom des deux auteurs ici réunis : Benoit Sokal et François Schuiten. Benoit Sokal, l’organique, celui qui dessine des canards alcooliques, des aigles implacables. François Schuiten, l’architecte, le maître des cités obscures et de la ligne droite comme une voie de chemin de fer. La nature sauvage et la ville froide… autant dire l’eau et le feu. Mais qu’est-ce qui allait bien pouvoir les réunir ? Dans quelles eaux les deux artistes allaient-ils pouvoir nager de concert ? Mi-organique, mi-mécanique… voilà comment se dessine l’élément le plus séduisant d’Aquarica, porte d’entrée d’un univers qui tient autant de Jules Vernes et de son ile mystérieuse que de Melville et son maudit bic tout en revisitant l’image de la sirène. Mais plutôt que d’encore exploiter la seconde moitié du XIXème siècle (si souvent utilisée par ailleurs), ils placent leur récit dans l’entre-deux guerres et les années ’30. Période charnière elle aussi mais bien moins mise en évidence dans la littérature. Période durant laquelle la technologie a déjà bien évolué mais sans que le rapport à la terre ne se soit distendu comme ce sera le cas dès les années ’50. Période on ne peut mieux choisie donc pour réunir ces deux auteurs. En conclusion, l’époque, le thème central et les créations graphiques sont autant de liens aptes à réunir ces deux auteurs. Et, à la lecture, on sent qu’ils sont à l’aise et qu’ils prennent du plaisir à nous raconter cette histoire fantastique, naturaliste, humaine dans laquelle les avancées de la science se retrouvent confrontées à la beauté des légendes. Le résultat est envoutant, beau à voir (le trait de Benoit Sokal fait une fois de plus merveille dans ce mélange de décors réalistes et de personnages aux faciès légèrement caricaturaux), intriguant, peuplé de personnages classiques mais attachants. Le deuxième tome est un peu en deçà au niveau des émotions dégagées par le récit. Il y a pourtant encore de très beaux passages et les créations artistiques demeurent fascinantes, mais le rythme s'accélère un peu trop à mon goût dans le deuxième tiers du récit alors que le dernier tiers lui, se traine légèrement. Mais le récit reste prenant et se termine la larme à l'œil lorsqu'on relie le destin des personnages et celui des auteurs. Les planches signées par Schuiten après le décès de Sokal, si elles marquent une rupture de style, demeurent dans l'esprit de la série et sont très belles à regarder. Quant au dossier proposé en fin d'album, il permet de revenir sur la genèse du projet mais aussi et surtout sur l'amitié qui a uni les deux auteurs et sur la difficulté mais aussi la nécessité pour François Schuiten de terminer cet album. Sans la considérer comme culte, cette œuvre m'a donc marqué. Par ses créations graphiques, par sa revisite des récits de Jules Vernes ou d'Herman Melville, par son approche du mythe de la sirène, mais aussi par l'histoire derrière le récit, celle de cette amitié entre deux immenses auteurs et de ce deuxième tome terminé après le décès de l'un des deux.
Les Oiseaux lumineux
D'abord un grand merci à Noirdesir pour la découverte de cet album. Je découvre Andrei Puica auteur roumain, dont c'est la première bd publiée en France. Une lecture hypnotique, le dessin est d'une incroyable originalité et d'une puissance évocatrice hors norme. Je suis subjugué par tant d'imagination et la mise en page audacieuse. Il sert à merveille ce conte onirique. Et la superbe mise en couleur magnifie le tout. Mais que c'est BEAU ! Encore un récit impossible à résumer. Une ville perchée sur un rocher erre dans l'espace et on va y découvrir ses habitants, ceux qui ont survécu aux massacres et les oppresseurs. La dystopie. Une narration onirique, philosophique, symbolique et poétique où la métaphore est bien présente. Un conte à plusieurs niveaux de lecture que je vous laisse découvrir. Chacun en aura sa propre interprétation. Le bien et le mal ne sont-ils pas inséparables ? Quid du libre arbitre ? Une lecture qui se mérite. Andrei Puica, un artiste à suivre. Un gros coup de cœur graphique.
Tiki - Une année de chien
J'ai eu une bonne surprise à la lecture de cette année de chien. N'étant pas du tout un accro des animaux de compagnie, je pensais m'ennuyer un peu à la lecture de l'expérience de Fred. Et bien pas du tout, j'ai même beaucoup ri aux infortunes "de riches" de notre sympathique famille bobo branchée. Il faut dire que si l'adoption animale est le sujet central du livre, il n'est qu'un révélateur d'une problématique plus générale de cette année 2020 si particulière. En effet, le confinement et l'angoisse devant la Covid et notamment l'angoisse des générations intermédiaires tient une place importante dans le récit autobiographique de Frédéric Leclerc. "Comme beaucoup l'année 2020 de Fred n'avait pas commencé de la meilleure des façons". Comme je n'appartiens pas à ce "beaucoup" j'ai bien aimé cette description de l'intérieur d'une angoisse très destructrice. Pour moi c'est une découverte. Il faut dire que je n'ai jamais été véritablement confiné grâce à mes activités associatives. Ce fut même le contraire, comme beaucoup restaient chez eux j'ai débordé d'activités et de demandes pour aider les familles avec ou sans Covid. Je ne suis pas très fan du graphisme et des couleurs de Fred mais je reconnais que cela ne gêne pas du tout le plaisir de la lecture de son expérience malheureuse mais instructive. Tout d'abord je dois féliciter Fred d'avoir suivi le conseil de son psy car se livrer au regard de tous sous un jour peu flatteur est très courageux. Ses talents de créateur lui permettent de prendre une distance dans l'autodérision assez salutaire. J'ai beaucoup aimé son humour pour surmonter cette période. Enfin, comme le dit la postface de monsieur Fombonne, Président de la SPA, cette lecture pourrait sauver la vie de milliers de pauvres bêtes pas plus respectées qu'une poupée ou un jeu vidéo que l'on jette quand il ennuie. Tiki et Fred se sont apportés beaucoup même si leur rencontre a été un échec. C'est une histoire qui touche à l'universel et devrait résonner en chacun de nous surtout si on se trouve dans le camp des indécis. Une lecture qui sans y paraître apporte beaucoup de bon sens.
La Fortune des Winczlav
A dire vrai, j'étais un peu méfiant en voyant ce premier album, je pensais que ça serait du racolage commercial, revenir sur les débuts de la saga Largo Winch me semblait douteux et peu intéressant ; j'ai donc décidé d'attendre la sortie d'un tome 2 et en bibli, j'ai eu l'opportunité de la lecture, j'ai pas hésité, et sur ma première impression, non seulement j'avais tort mais en plus, je regrette pas, j'en suis ressorti conquis. De retour au scénario, Jean Van Hamme revient aux origines d'une série qui a fait sa gloire, c'est l'origine de la fortune dont Largo Winch est devenu l'héritier. Tout commence au Montenegro, berceau familial des Winch, en 1848 avec Vanko, jeune médecin monténégrin fuyant les Balkans en ébullition occupés par les Turcs ; l'ancêtre de Largo passe par la Serbie et l'Albanie le long de l'Adriatique pour rejoindre l'Italie ou la France afin d'émigrer aux Etats-Unis, terre de toutes les opportunités. On en apprend un peu sur ces Balkans même s'il faut se replonger dans ce qu'était l'ancienne Yougoslavie avant 1991, année où les 6 républiques qui constituaient ce pays ont éclaté (Serbie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Montenegro, Macédoine du Nord, Slovénie. Le cas du Kosovo restant en suspens car territoire autonome revendiqué par la Serbie, reconnu par 92 Etats de l'ONU mais non reconnu par 95 Etats). L'expérience scénaristique de Van Hamme fait le poids ici, ça lui permet de brasser plusieurs thématiques, le récit est prenant et très rythmé, ça va de rebondissements en surprises avec des morts, des disparitions soudaines, des love story aboutissant à des mariages, des naissances... tout ceci se succède à une cadence infernale, on suit le destin de chacun des descendants de Vanko en alternance, Milan et Sandor puis les jumeaux de Milan, Tom et Lisa, tout en croisant des célébrités comme Singer le roi de la machine à coudre, Buffalo Bill et Annie Oakley, Louis Blériot, le Baron Rouge etc... Le handicap du choix de raconter cette histoire si fournie en 3 tomes fait que la narration va à toute vitesse, c'est incroyable d'aller aussi vite, si bien que par rapport à la quantité d'événements racontés par VH, on n'a pas le temps de s'habituer à tel ou tel personnage ni de s'attacher à l'un ou à l'autre, car tout est compressé à l'extrême, les protagonistes ont à peine le temps de s'installer qu'ils sont remplacés par les suivants, et tout cela sans dates pour nous aider à situer les époques, on est obligé de deviner à peu près les dates variant en une fourchette très large qui va de 1848 à 1910, puis de 1910 à 1933. Du coup, les personnages font un peu figure d'automates désincarnés, c'est dommage et un peu préjudiciable pour l'ensemble de la série. Malgré ce handicap, je reste captivé par cette Bd, on suit les événements historiques de cette période contemporaine en Amérique, on suit la narration sur 2 plans différents : en Europe avec la Première guerre mondiale, et aux Etats-Unis avec la montée du gangsterisme et de la Cosa Nostra ; on commence aussi à percevoir les affaires financières qui feront le sel de la série Largo Winch, tous ces événements historiques et sociaux servent l'imagination de VH qui peut y intercaler ses protagonistes ; le tome 2 se termine bien justement par la naissance de Nerio Winch en 1933, fils de Tom, et l'empire financier de Winch est sur le point d'éclore. La boucle est donc bouclée habilement, je suppose que le tome 3 montrera comment Nerio agrandira et fera fructifier cet empire avant de trouver la mort au début du tome 1 de Largo Winch. Tout ceci est bien traduit en images par Berthet qui utilise ici un trait plus épuré, plus simplifié par rapport à ses autres Bd comme Le Privé d'Hollywood ou Pin-up, je le trouve assez proche de Nico et Perico, ses décors sont plus sommaires, ses personnages un peu plus anguleux, mais ça ne me déplait pas, son dessin reste élégant et racé, et son découpage est habile et très maîtrisé. Voila donc un spin-off ou prequel c'est comme on veut, au potentiel inouï, qui part d'une très bonne idée de base, et animé par un duo expérimenté, qui malgré les griefs que j'ai exposés plus haut, se révèle quand même passionnant.
Motherfucker
Voilà un diptyque globalement bien fichu, dont la lecture est fluide et qui ne manque pas d’interpeller le lecteur. En effet, difficile de rester insensible à ce qui arrive aux quelques « motherfuckers » que nous suivons (c’est-à-dire des compagnons de lutte des Black Panthers dans les années 1960). On ne peut que ressentir de l’empathie pour eux, et une certaine haine envers leurs persécuteurs racistes. Ce que montre aussi très bien cette série, c’est que les persécutions subies par ces Noirs militants étaient certes dues à la couleur de leur peau et donc au racisme le plus pur et dur. Mais aussi, et parfois surtout à leurs idées communistes. C’est cela qui en fera des cibles pour les sbires de Hoover, le racisme ne servant parfois qu’à justifier ce combat de classe. Faire en sorte que les Blancs déclassés se jettent contre les Noirs pauvres, et non contre ceux qui les dominent tous deux. Bien évidemment, lorsqu’il s’agit d’aller au Vietnam, ce sont ces Noirs – et quelques Blancs déclassés – qui seront envoyés en priorité, la pleine citoyenneté déniée aux Noirs aux États-Unis leur étant décernée alors pour devenir de la chair à canon. Bref, des boucs émissaires idéaux, que nous voyons ici subir humiliations sur humiliations, assassinats, etc. (voir la scène où dans une maternelle de jeunes écoliers blancs jouent avec des déguisements du KKK à lyncher leurs camarades noirs…). Les deux albums sont découpés en courts chapitres – qui forment une histoire complète, chacun ayant en en-tête une des revendications des Black Panthers, celle-ci étant hélas justifiée ensuite par les persécutions subies. Deux albums édifiants, que l’on aurait aimé n’être que pure fiction. A lire en tout cas.
Un général, des généraux
Nicolas Junker et François Bouc se penchent sur une des dates qui ont marqué l’histoire de France : le 13 mai 1958. C’est une date que l’on connaît bien sans toujours mesurer les conséquences incroyables qu’aurait pu avoir cet événement. Et là ! On n’est pas déçus ! Le 13 mai, un groupe de généraux français fomentent un coup d’État pour défendre l’Algérie française. L’album prend le temps d’entrer dans les détails de l’événement et nous plonge au cœur d’un imbroglio militaire et politique à la fois stupéfiant et hilarant. C’est savoureux, désopilant – quand on mesure les enjeux politiques – et chacun en prend pour son grade ! Les militaires sont une caricature, à la fois fanatiques, cramponnés à leur place dans la hiérarchie et aussi complètement stupides – le général Massu en tête. Les politiques à Paris évoluent dans la confusion la plus totale, les présidents du conseil se succèdent et gaspillent leur énergie dans la recherche de majorités introuvables plutôt que de d’essayer de sortir la France d’une situation qui s’aggrave de jours en jours. En même temps, ils ne savent pas comment faire… La 4e République va-t-elle survivre ? C’est drôle, truculent, rocambolesque. Pendant que tout ce petit monde s’agite, en coulisse, un autre général se prépare en silence depuis sa retraite de Colombey en mangeant des biscottes à son petit déjeuner. Album à déguster…