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Couverture de la série Esclaves de l'île de Pâques
Esclaves de l'île de Pâques

Cette série relate un triste épisode d'une histoire très méconnue. Si l'île de Pâques est très connue pour ses statues géantes énigmatiques, son histoire humaine ne fait pas partie de la triste et insupportable histoire de l'esclavage dans nos livres. Alors que l'esclavage est officiellement interdit par les puissances colonisatrices, cela n'empêche pas des marchands européens criminels de faire razzia sur tout une population pour du profit. Quand on connait la pénibilité contemporaine des "mineurs" de guano, on frémit au calvaire subit par ces pauvres gens pour fertiliser les champs européens. Mais le récit axe surtout sur les malheurs de ce peuple lors d'une évangélisation plus ou moins brutale qui voudra faire table rase des croyances et des traditions ancestrales. Pour conclure par cet invraisemblable épisode d'un aventurier français qui s'arroge le pouvoir de se nommer roi de l'île. L'oeuvre se conclut par quelques pages d'informations historiques sur les différents évènements et personnages repris dans le récit. Un graphisme semi réaliste accessible aux jeunes lecteurs, qui met l'accent sur les expressions des visages et la dureté des actions commises à l'encontre des autochtones. Les personnages sont bien travaillés dans leur complexité. C'est surtout vrai pour le Père Eyraud, l'aventurier Dutrou-Bornier ou le Pascuan Pana. Une très bonne lecture historique qui éclaire la mort de la vieille civilisation de l'île de Paques au cours "d'un des attentats les plus affreux commis par des Blancs dans les Mers du Sud."

11/07/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bertille & Bertille
Bertille & Bertille

Une lecture rafraîchissante, un délicieux mélange des genres : du polar, de l'historique et du fantastique. Après Dupont & Dupond, voici Bertille & Bertille, ils ne sont pas dans le même registre bien que l'un de nos Bertille, son nom de famille, soit commissaire de police au 36 quai des orfèvres, d'un caractère pas toujours facile à vivre, souvenir de ses deux années passées dans les tranchées. Notre deuxième Bertille, son prénom, est une jolie demoiselle, aristocrate, joviale, insouciante, qui mord la vie à pleine dents. Deux personnages aux personnalités très différentes. Ils vont se rencontrer suite à l'atterrissage d'une boule rouge en pleine campagne et leur relation va doucement évoluer. Un récit bien ancré dans l'après guerre de 14/18 sur fond d'une enquête policière, de magouilles politiciennes et où vient se mêler le fantastique avec cette mystérieuse boule rouge. Une narration captivante, maîtrisée, sans fausses notes. Nos deux Bertille sont attachiants et leur relation "compliquée" met du sel au récit avec souvent un humour pince sans rire. Côté dessin, ce n'est pas vraiment un noir et blanc puisque le rouge intervient régulièrement (procédé à la mode) surtout autour de notre jolie jeune femme et forcément pour cette fameuse sphère. D'autres couleurs feront aussi leur apparition mais beaucoup plus épisodiquement dans les tons pastels. Un dessin au trait fin, détaillé et expressif, il suffit de regarder les visages. Très beau. Un premier tome qui se lit comme un one shot. Mais c'est avec grand plaisir que je suivrai la suite de leurs aventures.

11/07/2022 (modifier)
Par doumé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Méridien
Méridien

Visuellement c'est magnifique, c'est du grand art chaque case mérite qu'on arrête la lecture pour savourer toutes ses qualités. La couleur complète le dessin en créant une ambiance et une atmosphère digne cette aventure complètement folle. Pour résumer, Briac est un dessinateur avec un style particulier et un talent remarquable. Je ne le connaissais pas et c'est une belle découverte, un artiste qui mérite que l'on connaisse son œuvre. L'histoire nous emmène au cœur de la recherche scientifique en 1735, leur objectif est de déterminer la rotondité de la terre. Nous assistons avec l'une des équipes envoyées en Amazonie à une expédition dantesque qui va durer 10 années. Nous sommes plongés dans une période où l’exploitation des peuples indigènes est la règle, l'esclavage est ancré et est vécu comme une évidence avec comme conséquence des rapports humains parfois très violents. L'équipe est composée de personnages pour certains totalement investis dans leurs missions et d'autres qui tirent profit personnellement de cette expédition, c'est une vision sans concession des hommes dans une aventure où l'auteur n'hésite pas à montrer la suffisance des Européens face aux peuples indigènes. Une pointe d'humour réussie avec les commentaires des perroquets sur le comportement de ces hommes qui veulent tout s'approprier. Un vrai régal pour les yeux et l'histoire n'est pas en reste.

10/07/2022 (modifier)
Couverture de la série La Cour des Miracles
La Cour des Miracles

Ah la cour des miracles ! quelle fascinante perspective en voyant la couverture du tome 1 ; et je n'ai pas été frustré ni déçu. Je connais bien le sujet, il me fascine, j'ai lu beaucoup de passages dans 2 bouquins sur l'Histoire de Paris, ces lieux m'ont toujours étrangement attiré depuis que j'ai vu les représentations de cette cour des miracles dans des films, surtout le Notre-Dame de Paris de 1956, adaptation du roman de Victor Hugo (mais dans une vision romantico-médiévale puisqu'elle est située sous le règne de Louis XI), et aussi les films de la série Angélique marquise des Anges, où là on voit la vision la plus commune et la plus connue, sous le règne de Louis XIV. Ensemble de zones de non-droit recouvrant certains quartiers du vieux Paris, la cour des miracles ou devrait-on dire les cours des miracles, regroupaient miséreux, vagabonds, coquillards, prostituées, voleurs, anciens soldats, gens ruinés et malandrins de toute sorte, et ce dès le Moyen Age comme on le voit chez Hugo ; mais elle fut plus considérable sous le règne de Louis XIV. En fait il y en avait une douzaine dans Paris (plus quelques autres dans des grandes villes, comme à Lyon ou Bordeaux), mais la plus importante était celle située au pied de l'enceinte de Charles V, recouvrant l'actuel périmètre du 2ème arrondissement, autour de la rue du Caire, rue du Nil, rue Damiette, rue des Forges et rue Saint-Sauveur (qui marquait son entrée officielle, délimitée par une pente terreuse). Victor Hugo a pris beaucoup de libertés tout en donnant un bel aperçu qui pourrait être plausible, car cette corporation de gueux était hiérarchisée et organisée en différentes catégories correspondant à des spécialités, elle avait ses lois, ses coutumes, sa langue, et son roi, le Grand Coësre, aidé de ses cagous ou lieutenants. On est bien renseigné aussi sur son fonctionnement par les écrits de François Villon (XVème siècle) car il a fréquenté plusieurs coquillards (les gens de la Coquille étaient d'anciens mercenaires de la guerre de Cent Ans, dont beaucoup périront sur le gibet de Montfaucon), il cite même leurs noms dans ses poèmes. La cour des miracles fut détruite en 1667 par les soldats de la compagnie de police de Nicolas de La Reynie, premier lieutenant-général de police, considéré comme l'ancêtre de la police judiciaire (basée à la prison du Châtelet), et sur ordre de Colbert, ministre de Louis XIV. La Reynie occupa cette fonction pendant 30 ans, jusqu'en 1697. Mais la cour des miracles se reconstitua plus ou moins, moins celle de Saint-Sauveur, mais plus dans d'autres lieux disséminés de Paris, on note des quartiers infestés au XVIIIème siècle, et au XIXème lorsque Vidocq fut le chef de la Sûreté de Paris, il recrutait ses indics chez les truands du nord de la capitale. Cependant, ce coup de balai de La Reynie marqua un jalon dans la propreté et la sûreté de la ville. Ces 3 albums composent à mon sens une très bonne Bd, ils montrent ce qu'était cette cour des miracles, assez proche de ce qu'on voit dans Angélique marquise des Anges, même si la vision reste cinématographique. Le scénariste reprend à son compte cette vision de la cour des gueux sous le règne de Louis XIV ; nous ne sommes plus au Moyen Age, mais ces malandrins vivent comme au Moyen Age car pour eux rien n'a changé, la misère est toujours la même, ils vivent dans des masures et un quartier infect qui est loin d'être hygiénique, leur perception du monde extérieur reste identique à celui qu'a connu la cour des miracles médiévale. J'ai largement préféré les 2 premiers albums qui s'emploient à bien décrire cette cour des miracles et ses composants sous un angle historique et sociétal ; la plupart des faits sont réels : le roi de France et Colbert voulaient mettre un terme à ce lieu mal famé qui était une verrue dans Paris, et La Reynie s'avançant à l'entrée de la rue Saint-Sauveur en annonçant que les canons allaient percer des brèches, et que les 12 derniers occupants ramassés iraient aux galères, c'est vrai. La fameuse cour s'est vidée en un rien de temps, et il y eut de faibles escarmouches. C'est un fait qui a été souvent relaté mais il n'est pas attesté officiellement. Les auteurs ajoutent une partie romancée où traitrises, coups tordus, coutumes, règlements de comtes et énergie du désespoir se côtoient, la narration est très plaisante et s'appuie visiblement sur des recherches documentées, notamment le langage. D'ailleurs, je regrette qu'il n'y ait pas un petit lexique en fin d'album pour décrypter certains mots d'argot du XVIIème siècle. Parmi les rares défauts, il y en a un d'historique qui me surprend : pourquoi faire de François Desgrez un traitre ? je n'ai pas compris, car l'homme n'a jamais été destitué par La Reynie, il s'est occupé de l'affaire des poisons qui eut lieu entre 1679 et 1682, donc bien après la destruction de la cour des miracles. Après, le tome 3 m'a moins enthousiasmé car il n'y a plus rien d'historique, c'est un tome lié à la vengeance et à une histoire purement fictive, en plus il y a encore un truc qui semble peu crédible, je vois mal une bande de gueux pénétrer dans le château de Saint-Germain pour y foutre le bordel, c'était une résidence royale donc solidement gardée, même en l'absence du roi, on rentrait pas comme dans un moulin. Le dessin de Julien Maffre, j'ai pas toujours été fan, mais il reproduit les décors parisiens dans son style épuré, je le trouve plus adapté à ce type de récit que sur La Banque et Le Tombeau d'Alexandre où je le trouvais peu esthétique ; ici, ce dessin sied parfaitement aux décors pouilleux et aux images violentes, ainsi qu'à de belles perspectives de rues. Au final, c'est une fresque historique dont je rêvais, c'est extra, c'est à la fois instructif et divertissant en procurant une vraie immersion au coeur de cette cour des miracles si fascinante.

10/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Trois Julia
Les Trois Julia

Cette série traite de la dynastie sévérienne, où plutôt la lignée royale d'Emèse en Syrie dont les femmes furent le véritable pouvoir derrière les jeunes empereurs Héliogabale et Alexandre Sévère au début du 3e siècle. Une période très intéressante et qui méritait qu'on s'y intéresse. Mon seul reproche est que Caracalla, Héliogabale, Julia Maesa et Julia Mamaea soient représentés comme blond(e)s aux yeux bleus (ou rousse pour Julia Maesa), alors qu'ils avaient des cheveux noirs et des yeux bruns. A se demander où les auteurs avaient la tête, alors que le reste des faits historiques sont dans l'ensemble assez bien documentés.

09/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Alix
Alix

Difficile de donner une cote unique pour une série aussi vaste que Alix et dont les tomes sont de qualité fort variable aussi bien pour la qualité des dessins que pour l'histoire. Je préfère très nettement les histoires réalistes. Les ayant tous lus, les meilleurs (5 étoiles) sont à mon avis: - Le Dernier Spartiate - Le Tombeau étrusque - Le Fils de Spartacus - L'Enfant grec - La Tour de Babel - L'Empereur de Chine - Le Cheval de Troie - La chute d'Icare - Le testament de César - L'ombre de Sarapis - La dernière conquête - Britannia - Par-delà le Styx - L'or de Saturne Les moins bons albums sont les numéros 3 (L'Île Maudite), 9 (Le Dieu Sauvage), 11 (Le Prince du Nil) et 13 (Le Spectre de Carthage), qui ne méritent même pas d'être achetés (1 ou 2 étoiles).

09/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Alix Senator
Alix Senator

Alix a grandi depuis la série culte du même nom. Ce n'est plus un jeune homme, mais un homme mûr et un père. Ceux qui ont aimé la série originale vont probablement apprécier cette nouvelle série. Contrairement à Alix, les albums d'Alix Senator se suivent en une longue histoire continue et sont toujours écrits et dessinés par les mêmes personnes. J'ai bien aimé mais il y a parfois un peu trop de surnaturel à mon goût.

09/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Madeleine, résistante
Madeleine, résistante

Je ne me suis pas empressé de lire cet album, encore un récit de témoignage pensais je … Bah oui !! mais qu’est ce que c’est bien fait, lecture d’une traite malgré le nombre conséquent de pages, gage de qualité. L’histoire est très bien racontée et prenante, un bien bel hommage aux résistant(e)s, à travers le parcours de Madeleine Riffaud. Ce 1er tome narre l’enfance, la prise de conscience et les débuts dans la résistance de cette femme de caractère. Une trilogie est annoncée. La réussite de ce témoignage en BD doit énormément au travail de Morvan et Bertail, ils se sont transcendés à mes yeux. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir au scénario du 1er, là c’est hyper fluide, bien séquencé et chapitré, chaque moment décrit renforce la compréhension de notre résistante. Je suis arrivé à la fin de l’album en me disant vivement le prochain. Pour la partie graphique, le trait et les couleurs de Bertail sont en harmonie totale avec le récit, j’ai trouvé ça complètement judicieux. L’auteur franchit un palier. Du gros et bon boulot, un bel album.

09/07/2022 (modifier)
Couverture de la série La Farce du Cuvier
La Farce du Cuvier

Je suis grand amateur de théâtre et j'aime que la bande dessinée propose des textes intégraux car le visuel fait partie de cet art comme le rappelle la citation de Molière en 4eme de couv " ... Le Théâtre n'est fait que pour être vu." Le support visuel permet souvent de mieux faire comprendre le texte. Le découpage est toujours de première importance surtout avec une adaptation en BD qui coupe aussi visuellement. Dans "La Farce du Cuvier" il y a une difficulté supplémentaire à cause de la traduction en français moderne et facilement compréhensible par un lecteur non aidé par un professeur. Je trouve que Eric Adam et Simon Léturgie se débrouillent très bien pour cette pièce/farce très peu connue. Beaucoup d'oeuvres du Moyen-Âge se sont perdues. C'est pourquoi cette farce présente un intérêt certain. Je la trouve même très moderne. Car sous une forme de farce, l'oeuvre nous propose une réflexion de la place de la femme et de l'homme dans le couple. Il y a donc 500 ou 600 ans des esprits faisaient déjà l'inventaire de l'injustice ménagère que devait subir les femmes. Cette longue liste de corvées nécessaires à la bonne marche de la maisonnée semble au dessus des forces de l'époux alors que c'est le quotidien de presque toutes les femmes de l'époque et des siècles qui ont suivi. Quand elles n'étaient pas battues par leur mari en sus. Bien sûr les hommes avaient leurs tâches pénibles aux champs et c'est pourquoi la conclusion ne bouleverse pas l'ordre " naturel" de l'époque. Tout de même cette conclusion demande d'être gentil avec sa femme, de ne pas la battre et de prendre conscience de son travail ménager. Un thème encore d'actualité pour des millions de femmes à travers le monde. Une problématique moderne servie par un texte chantant et alerte. Et un graphisme semi réaliste humoristique qui va bien à l'esprit de la pièce. Une gentille découverte très agréable.

09/07/2022 (modifier)
Par Borh
Note: 4/5
Couverture de la série Tanguy et Laverdure
Tanguy et Laverdure

Ma critique de Tanguy et Laverdure ressemble beaucoup à celle des autres séries de Charlier (Buck Danny, Blueberry, Barbe Rouge). Totalement médiocre dans les premiers tomes, mais ça s'améliore progressivement et à partir de la moitié de la série, c'est excellent, et je dois dire que personnellement je préfère à Buck Danny. Malheureusement, contrairement à Blueberry ou Buck Danny, Charlier est décédé en laissant des intrigues en plan, ce qui est assez frustrant. Côté dessin, c'est l'inverse, ça va plutôt en qualité décroissante. Uderzo dessine les premiers tomes et ses dessins sont franchement magnifiques. Le style est radicalement différent d'Astérix mais c'est aussi là qu'on voit qu'Uderzo était un dessinateur incroyable. Uderzo étant trop pris par Astérix, c'est Jijé qui prend la relève à partir du tiers de la série, et on peut dire que sans être mauvais, il souffre vraiment de la comparaison. Comme toutes les séries de Charlier, d'autres auteurs ont pris la relève à sa mort, et pas vraiment pour le meilleur... Mais le cycle formé par les tomes 31 et 32 fait par la nouvelle équipe Patrice Buendia, Frédéric Zumbiehl (qui est un ancien pilote de chasse de l'aéronavale) et Sébastien Philippe est excellent, tout à fait digne de Charlier, et même du bon Charlier. Y a tout ce qui faut, du combat aérien évidemment, mais aussi de l'espionnage, de la politique, du polar. Vraiment rien à dire sur ces 2 tomes, pour moi c'est du tout bon. A la limite, je pourrais juste reprocher un manque d'originalité car l'ambiance rappelle celle des tomes Mission Dernière Chance/ Un DC-8 a disparu. J'ai enchaîné sur l'histoire suivante, les tomes 33 et 34, et là j'ai été un peu déçu. C'est pas mauvais, ça se lit facilement, mais l'histoire est beaucoup moins réaliste que les deux tomes précédents, on est à la limite de science-fiction, et je suis peut-être trop conservateur mais c'est pas ça que je recherche dans un Tanguy et Laverdure. Ils ont sorti un nouveau tome qui comme les précédents constitue la moitié d'une histoire. J'attendrai le tome suivant pour tout lire

08/07/2022 (modifier)