Les derniers avis (32322 avis)

Couverture de la série Mickey Mouse - Café Zombo
Mickey Mouse - Café Zombo

Après cette excellente et agréable lecture, je vais me méfier de ma surconsommation de café qui m'aide à écrire des avis. Regis Loisel rêvait de produire une oeuvre avec Mickey. Les éditions Glénat lui en ont procuré l'opportunité. Pas si facile tant l'image et le personnage mythique de Mickey en impose à tout artiste aussi talentueux soit-il. Impossible de faire faire n'importe quoi à notre souris. Regis Loisel s'en tire admirablement bien à mon avis. Notre Mickey répond à tous les codes imposés, défenseur du bien et des victimes, courageux, galant avec sa Minnie et bon compagnon avec ses amis. Loisel revient aux sources dans une Amérique des années 30 en pleine récession. Mickey se veut le symbole du non-découragement. Mieux, Loisel met en valeur cette aptitude d'exemplarité à ne pas subir les événements contraires et à ne pas tomber dans la tentation du Mal malgré un environnement hostile. "Résister, résister" dit-il à lui-même et à Horace son fidèle ami. Car dans ces années 30 il y avait bien des cafés zombos sur le marché des idées pour vous décérébrer. Aujourd'hui encore, résister à Ronald et sa malbouffe ou à une déforestation incontrôlée qui ne vise que le profit à court terme. Le scénario de Loisel est excellent, équilibrant les forces. Pat et Chicaneau sont des adversaires féroces qui rendent coup pour coup et seule l'intervention des femmes fera pencher la balance du bon côté. J'ai trouvé le graphisme excellent aussi. Des extérieurs aux mille détails, des personnages rapides, expressifs et à la personnalité bien affirmée. De plus j'aime beaucoup les couleurs. Pour moi un excellent ouvrage.

08/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Fêtes Himalayennes - Les derniers Kalash
Fêtes Himalayennes - Les derniers Kalash

C'est avec admiration que l'on peut saluer le long travail de Viviane Lièvre, Jean-Yves Loude et Hervé Nègre pour faire connaître la communauté Kalash et ses coutumes. Pendant plus de 15 ans, au prix de nombreux allers-retours à proximité d'une zone de guerre atroce, les trois auteurs ont fourni un travail d'intégration et d'observation qui a servi de matrice à cet ouvrage. Le dessin d'Hubert Maury (Le Pays des Purs) est postérieur mais il est fin connaisseur de la région ce qui lui permet de ne pas trahir l'esprit du documentaire. Son graphisme de style reportage est bon et procure un dynamisme au récit que n'aurait pas pu fournir les nombreuses photos qui s'intercalent et illustrent le récit. Ces deux visuels sont très complémentaires et donnent beaucoup de lisibilité à l'ouvrage. Comme le titre l'indique le récit est assez discret sur la vie au quotidien des Kalash et s'attache pour l'essentiel aux fêtes toujours à connotations religieuses et aux rites de passages des habitants. Cela donne une ambiance gaie, pacifique, consensuelle et très sympathique qui développe une image très empathique pour cette communauté. Avec un peu de recul il y a bien des points qui me seraient inacceptables : la séparation purs/impurs ou hommes/femmes, le choix d'une tradition orale qui plonge une grande partie de la communauté dans l'illettrisme toujours problématique. Il y a aussi cette limite d'une médecine traditionnelle qui n'empêche pas une forte mortalité infantile. Mais cette communauté qui vit en quasi-autarcie est surtout victime de son terrible environnement politique et géographique. L'ouvrage est aussi une invitation à respecter la liberté de ce petit peuple, c'est un droit universel et les auteurs ont le grand mérite de nous le rappeler.

08/07/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Murena
Murena

C'est une série qui force le respect, elle mérite d'intégrer les plus grands classiques de la BD. Les 3 derniers tomes m'empêchent de mettre un 5/5 parce-qu'ils cassent l'ensemble. Et celui qui reste à paraître (T12) risque de seulement confirmer ma déception. Note réelle : 4,5/5 Introduire ainsi, c'est laisser penser que je n'ai pas apprécié le dessin de Theo, qui prend part au projet à partir du chapitre neuvième. Or, j'ai autrement adoré parcourir ce récit à travers son coup de crayon. Theo, à l'instar de Delaby, a continué à faire de chaque scène une illustration de ce que l'on retrouve dans des livres d'histoire sans images. On peut parfois rester quelques minutes sur une seule case ne serait-ce que pour en savoir davantage sur l'architecture, les draperies, les outils utilisés à l'époque, les rites, les festivités, etc. Donc même si je suis peiné de ne pas voir la consécration de cette série par le même dessinateur, il faut admettre que Theo a pris le relais avec brio. Delaby lui-même a su grimper jusqu'au sommet de son art et son dernier tome, le huitième, montre tout cet accomplissement. Je suis tombé sous le charme dès le début, et le passage du T4 au T5 a été particulièrement jouissif me concernant, avec un trait plus clair et un remplissage de couleur plus fin. Quant au scénario, c'est un travail de titan qui est restitué ici. L'histoire se mêle à la fiction pour ne faire qu'un. Le dosage est parfait pour nous entrainer dans l'aventure tout en sachant que ce que nous parcourons tient de faits historiques avérés (ou suggérés puisque certains passages ne sont que scénarios probables). J'ai pu trouver le style d'écriture un peu verbeux, mais tant que l'équilibre était en place, cela ne faisait qu'augmenter mon plaisir. Le premier cycle est exceptionnel, avec la montée en tension et la lente folie grandissante de Néron. C'est un exemple à suivre pour tout scénariste en herbe. Dufaux a su placer de courtes scènes et des petits discours qui marquent le lecteur et impactent le récit. Je place le deuxième cycle au même niveau, d'autant que Delaby ne fait que s'améliorer je le rappelle. Mais quel bonheur franchement... Le 3ème cycle démarre au T9 et j'arrive encore bien à accrocher, même si on sent déjà que la fiction prend un peu le pas sur l'histoire. Et par la suite, j'ai perdu l'équilibre qui permettait à cette série de tenir le rang de "Culte". Encore une fois, ça n'est pas le dessin que je vise (il m'a seulement fallu réidentifier les différents personnages). Ma déception, c'est le scénario. Le T10 est décevant dès le début, le Banquet ne tient finalement que sur quelque planche et je trouve ce moment bâclé. Puis jusqu'au T11 inclus, la complexité des relations s'amenuise, on perd de vue les tactiques vicieuses, les rapports sexuels prennent toujours de la place mais ne viennent pas nourrir le scénario comme avant (au point de les trouver plus vulgaires), les histoires d'amour servent de grosses ficelles pour le scénario et la cruauté devient artificielle dans certaines scènes. Bref, j'ai perdu cet équilibre que je vantais tant depuis le début : le rapport Histoire/fiction. Et je remets beaucoup en cause ce problème à travers l'arrivée de Luméria. C'est un personnage complètement fictif qui prend une place monstrueuse et qui m'a emmerdé tout du long. Elle entraîne Lucius Murena dans une obsolescence terrible sur au moins 2 tomes. Les ficelles scénaristiques sont trop grosses et, sans que cela soit accablant, le contraste est trop important entre la belle construction du récit à laquelle je m'étais habitué depuis le début et ce revirement de situation. Néron lui-même ne devient plus que l'ombre de lui-même, je ne retrouve plus sa dualité, son charisme, ni sa férocité tyrannique. Alors cela m'amène à penser que Delaby tenait un rôle bien plus important que celui du dessinateur. Il a du être un conseiller vital, hors-pair, auprès de Dufaux pour construire une si belle intrigue. Ce qui serait logique, après plus de 15 ans de collaboration. Mais perso, je vois trop clairement la cassure à partir du T10, où tout s'enchaîne comme une vulgaire histoire de chasse à l'homme. Donc je ne trouve pas que Dufaux a su garder le niveau sans Delaby. Du coup, ce qui pouvait passer avant passe moins bien sur la fin, comme les dialogues que je trouve plus pompeux, verbeux. C'est difficile de faire cette critique, parce-que je ne peux que remercier Dufaux de vouloir terminer cette histoire et je suis persuadé qu'il le fait pour des motivations personnelles. Mais voilà, pour moi ça coince un peu. Les notes parsemées dans le récit et expliquées à la fin de chaque chapitre sont vraiment la bienvenue. Aussi, les plus curieux pourront allégrement reprendre les innombrables sources exploitées par les auteurs afin d'en apprendre toujours plus. Tout ce négatif pour seulement dire que je retire 1 étoile hein! Je serai le dernier à diaboliser cette série, qui doit survivre au temps aussi longtemps que possible. Bien heureux d'avoir les bouquins à portée de mains. Que c'est bon de replonger dans cette Rome antique, qui nous apparaît si réelle et enivrante, qui attire et qui effraie tout autant.

08/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Chimères de Vénus
Les Chimères de Vénus

Tiens, j’avais complètement zappé que j’avais lu cette série qui venait en complément de la gazette du Château des étoiles d’Alex Alice, car oui, c’est un spin-off rajouté en cours de publication et qui ne coûtait pas plus cher. Alors l’histoire est loin d’être achevée mais à l’heure actuelle c’est assez divertissant et dépaysant. Cela commence juste après la découverte des bienfaits de l’éther et des portes que cela ouvre sur l’univers. Avant la colonisation de la Terre, l’homme se lance dors et déjà à la conquête de l’espace, en l’occurrence Vénus, où anglais et français se partage le gâteau. Une Vénus très pompée visuellement sur l’ère Jurassique de la Terre on ne va pas se le cacher, et c’est plutôt cool et pulp. Le style du dessin est lui aussi à l’opposé complet de ce que fait Alice et je pense que c’est une excellente idée pour se démarquer, que la série puisse voler de ses propres ailes et ne pas juste être cantonnée au rôle de série spin-off. Même si de prime abord ce n’est pas du tout le style de graphismes qui m’attire (mais alors pas du tout du tout), l’histoire est suffisamment prenante pour que je me laisse harponner et désormais je veux savoir si la téméraire Hélène Martin va retrouver son bel Adonis, Aurélien, ou si les horreurs de Vénus auront raison de leur amour. De l’action, des décors « déracinant », de bons sentiments, une pointe d’humour, des méchants vraiment méchants, des valeurs humanistes ; pas de doute, on est bien dans la saga du Château des étoiles !

07/07/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Empire des hauts murs
L'Empire des hauts murs

La malle aux images propose des titres qui s'orientent vers le domaine de l'enfance. Comme les ouvrages ne sont pas toujours produits par des "spécialistes" de la littérature jeunesse cela donne des ouvrages originaux et intéressants. J'ai vraiment eu un coup de coeur pour "L'Empire des Hauts Murs" de Simon Hureau. J'affectionne particulièrement le graphisme de Hureau. Son trait fin, précis et souple fait vivre ses héros de façon très convaincante. Mais surtout Hureau soigne ses décors et ses extérieurs. Il n'est jamais meilleur qu'au milieu de vieilles pierres envahies par les ronces et peuplées d'araignées monstrueuses. (j'aime les araignées !!). C'est le cas dans cette bâtisse aux mille fenêtres où Matteo et son frère Didi vont découvrir l'Aventure à la rencontre de cette bande de joyeux gamins menés par la Princesse pirate. Aventure pleine d'un courage de 12 ans pour se découvrir et découvrir l'autre. Un Autre présent mais aussi un Autre absent mais qui peuple toutes ces salles abandonnées. Que de costumes, de livres, de jeux, de fêtes, de chats à découvrir, inventer et vivre. Simon Hureau nous montre que les concepteurs de jeux vidéo n'ont rien inventé en capturant les enfants dans des jeux labyrinthes. Sauf que dans ces derniers, il manque cette intensité vécue et cette poésie du moment unique d'une nuit étoilée sur un toit, les uns à côté des autres et que l'on voudrait partager avec tous les enfants du monde. Une très belle lecture poétique où Simon Hureau nous invite à prendre soin du monde de l'enfance et du monde de l'histoire. Car les bulldozers des promoteurs ne sont pas si différents de ceux de Daesh quand ils détruisent ce qui fait notre âme.

07/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Sauvage
Sauvage

Je n'aime pas tellement ce titre de série, c'est trompeur, les auteurs auraient pu trouver un autre nom pour leur héros, Félix Sauvage franchement... enfin passons. Le décor est celui du Mexique et l'époque est celle du début des années 1860 où la France appuyée par l'Espagne et l'Angleterre, profitent de la guerre de Sécession qui déchire le puissant voisin américain pour intervenir militairement au Mexique ; Napoléon III souhaitait au départ établir un empire qui contrebalancerait le pouvoir grandissant des Américains. Après des négociations, l'Espagne et l'Angleterre se retirent laissant seule la France qui continue cette implantation mexicaine ; on sait que cette intervention française au Mexique sera mal vue des Etats-Unis, c'est une période qui a été abordée dans d'autres Bd western, notamment dans Blueberry et Mac Coy, et aussi un peu au cinéma, le film le plus célèbre étant Vera Cruz en 1954. C'est pas une période qui me passionne en western, mais ici, l'aspect politique a été laissé de côté au profit de l'aventure et d'une vengeance, ce qui donne un premier tome d'exposition efficace et accrocheur qui dans son objectif de bien introduire le sujet, veut un peu trop en faire (rythme rapide, pose de nombreux personnages, dialogues abondants, explications multiples). Passé ce premier tome introductif, l'aventure est lancée dès le tome suivant, le héros se retrouve mêlé malgré lui à un écheveau d'intrigues sur fond de guerre au Mexique, au sein de péripéties contées sur un ton romanesque dans un environnement militaire violent et pittoresque. Les auteurs brassent plusieurs thématiques où s'entremêlent espionnage, Histoire, action, western et romance dans une intrigue tortueuse, comme si Yann avait envie de compliquer à foison cette histoire ; d'un autre côté, on sent que son récit est documenté, mais comme Charlier dans Blueberry, Yann surcharge ses dialogues qui parfois n'aident pas à la compréhension. La conclusion du premier cycle prépare en même temps la suite à venir, tout en offrant beaucoup d'action, mais le reproche qu'on peut faire à cette Bd, c'est d'être un peu trop touffue, il faut bien s'immerger dedans si on veut avoir une vision globale du contexte. Le fond historique est important, mais Yann fait en sorte qu'il ne déborde pas trop sur le reste en encombrant tel ou tel élément. Le nouveau cycle m'a un peu moins intéressé car il place le héros au centre d'un environnement plus historique alors que le premier cycle était de la pure aventure ; le personnage a également changé et se révèle cruel, j'ai moins apprécié ce revirement, de plus à la fin on sent nettement que ça peut repartir encore sur d'autres bases. J'ai néanmoins apprécié les clins d'oeil à Blueberry qui sont sympathiques. Au final, j'ai bien aimé cette bande, c'est dense et prenant, c'est un western au ton picaresque sur fond historique, épisode peu abordé en BD car peu reluisant pour la France. Mais je crois que je n'aurais pas pris le même plaisir s'il n'y avait eu le dessin de Meynet, auteur dont j'adore le style graphique, bien net, bien clair et au trait fougueux, il réussit une mise en images magnifique avec des contrastes de couleurs et des scènes spectaculaires ; c'est un dessin coloré, lumineux, chaleureux, très réaliste, et avec des femmes toujours très sexy, même si elles ont parfois tendance à se ressembler, et ses personnages ont des caractères bien affirmés. Tout ceci rend cette lecture très plaisante et très agréable.

07/07/2022 (modifier)
Couverture de la série MFK2
MFK2

Une suite que je n’attendais pas. 7 ans après la conclusion de Mutafukaz, on retrouve nos 2 héros en librairie pour une nouvelle trilogie annoncée, le même nombre d’années séparent les 2 histoires. Je dois dire que j’avais une petite appréhension à la lecture de ce nouveau cycle… vite envolée. La surprise n’est plus là mais le plaisir oui. Je n’ai pas lâché durant les 144 pages, le style graphique est toujours aussi efficace et l’aventure divertissante, on ne s’ennuie pas, le tout est toujours entrecoupé d’annonces, pubs, reportages… toujours aussi fun, un bon démarrage pour les amateurs de l’auteur. C’est réalisé avec soin et ça a le soucis du détail, je suivrai l’aventure. On a un clin d’œil à Loba Loca (même temporalité finalement) et un début d’explication pour la tête de Vinz, de chouettes perspectives.

06/07/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Cent Nuits de Héro
Les Cent Nuits de Héro

Les Cent Nuits de Héro modernise le conte tout en en gardant l'essence. Un "Mille et une nuits" nouvelle formule. Je découvre Isabel Greenberg et je ne suis pas déçu. Elle a énormément de talent. Cherry est l'épouse de Jérôme mais celui-ci la délaisse et c'est ainsi qu'elle a pu conserver sa virginité. Héro est bien plus que sa servante, elle est son amante, elles s'aiment d'un amour véritable. Suite à un pari, son mari va laisser son épouse en compagnie de Manfred pendant 100 jours et il va tenter de la séduire pour la déflorer, quitte à la prendre de force. C'est là que le talent de conteuse d'Héro intervient. La narration est la qualité première de ce comics, elle est maîtrisée avec une petite touche d'humour et des dialogues savoureux. J'adore tous ces petits astérisques qui interpellent directement le lecteur. L'amour est le thème central du récit, il sera cuisiné à toutes les sauces, de la aigre-douce à la piquante. Un récit qui mettra à mal la religion et son obscurantisme, ainsi que la misogynie des hommes, enfin de certains hommes. Un récit pour ne pas oublier les progrès réalisés pour les droits des femmes et que rien n'est jamais acquis. Toujours à devoir se battre, et c'est bien là le problème. Le dessin dans un style "caricatural" au trait charbonneux me plaît beaucoup. Il ressemble par certains aspects à ceux du moyen âge. La colorisation austère accentue l'atmosphère pesante qui plane le long du récit. Une merveille ! Un gros coup de cœur.

06/07/2022 (modifier)
Couverture de la série La Véritable Histoire du Soldat inconnu
La Véritable Histoire du Soldat inconnu

J’ai lu l’édition de 1991, la dernière à ne pas comporter en supplément le récit « La bascule à Charlot ». Celle aussi dont la couverture est la plus proche du contenu : elle montre une sorte d’assemblage, de collage surréaliste noir et foutraque, ce qu’est en grande partie cette histoire ! C’est assez délirant, comme un long récit de rêve, dans lequel un homme – aux airs de Brindavoine – retrouve les personnages de romans qu’il a écrits, qui viennent lui demander des comptes, dans des décors à la fois grandioses et absurdes – comme l’est l’enchainement des faits d’ailleurs. Si le lecteur se demande longtemps pourquoi Tardi a nommé cette histoire ainsi, il retombe sur ses pattes en fin de récit, de façon un peu artificielle, mais bon, cela rationnalise presque ce qui a précédé, en lui donnant la patine du rêve. Mais du coup c’est la guerre elle-même qui se voit investie d’absurde et d’horreur, puisque c’est la réalité, et non un rêve. Et là on retrouve une autre thématique chère à Tardi. Quant au dessin, il est chouette, classique pour l’auteur. Bref, un récit surprenant, loufoque, et d’une lecture très rapide. Mais je l’ai apprécié et vous le recommande.

06/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Tranches de vie
Tranches de vie

Relire Lauzier est toujours pour moi un réel plaisir. Ses "Tranches de Vie" n'ont pas dérogé à cette habitude. Je trouve l'impertinence intelligente de Lauzier un délice de la libre expression non conformiste. Beaufs, snobs de droite et de gauche, intellos du microcosme, machos et dirigeants du PC, tous en prennent pour leur grade avec un humour caustique de grande qualité. Particulièrement dans ces Tranches j'ai retrouvé quelques gags très drôles. "Le nouveau dîner en ville" T4, avec un dialogue Atila (Attali)/ Trucsman (Glucsman) des plus savoureux et visionnaire. Dans "Paris sera toujours Paris" on lit " Le Pen...De quelle ethnie il est déjà celui-là ?", c'est toujours d'actualité même si une génération est passée. Bien sûr il y a beaucoup de références politiques ou sociologiques que les jeunes lecteurs-trices ne connaissent pas. Mais perso j'apprécie toujours. J'aime aussi son graphisme rond et caricatural centré sur les expressions et les looks branchés de l'époque. Lauzier nous a offert presque des oeuvres d'ethnologie à caractères scientifiques pour les chercheurs qui voudront étudier cette génération (la mienne) pourrie-gâtée.

06/07/2022 (modifier)