Les Chimères de Vénus

Note: 3.71/5
(3.71/5 pour 7 avis)

Pendant que les chevaliers de l’éther explorent les richesses insoupçonnées de la planète Mars, que se passe-t-il sur Vénus ? Un spin-off de la saga Le Château des étoiles, par l’auteur de De Cape et de Crocs et le dessinateur de Gargouilles.


École européenne supérieure de l'image Spin-off

1874, les vaisseaux des puissances terrestres s’élancent dans l’éther pour conquérir les planètes du système solaire. L’actrice Hélène Martin débarque sur Vénus, monde sauvage couvert de brume, à la recherche de son fiancé, un poète évadé des bagnes de Napoléon III. Poursuivie par l’inquiétant duc de Chouvigny, entraînée dans la rivalité des empires, Hélène s’aventurera à travers des jungles infestées de dinosaures et sur des océans déchaînés jusqu’aux confins de l’astre, où se dressent les vestiges d’une mystérieuse civilisation.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 24 Mars 2021
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus

Couverture de la série Les Chimères de Vénus © Rue de Sèvres 2021
Les notes
Note: 3.71/5
(3.71/5 pour 7 avis)
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25/03/2021 | Josq
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Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Josq

Après lecture du 3e et dernier tome de cette saga, il est enfin possible de se faire un avis complet sur ce spin-off de la saga mère Le Château des étoiles, et ainsi, de refondre entièrement mon avis. Alain Ayroles, mon auteur vivant préféré, qui rejoint une de mes sagas d'aventure/SF préférée, ça ressemblait au Graal... Seule petite déception pour ma part, au moment de la sortie du premier tome : le dessin. Étienne Jung a une patte bien à lui, et non dénuée d'une certaine élégance, mais son trait fait peut-être un peu trop Disney, un peu trop dessin animé pour moi. Si cela conviendrait très bien à une série jeunesse, je trouve que Les Chimères de Vénus aurait mérité un trait plus classique, plus réaliste, qui aurait vraiment fait honneur au ton grandiose et épique du récit. Néanmoins, on s'habitue à ces choix graphiques, et cela ne gâche en rien l'aventure. Et quelle aventure !!! Après nous avoir proposé plus ou moins la même histoire avec Les Indes fourbes et La Terre verte, et même - dans une moindre mesure - avec L'Ombre des Lumières, son récit s'éloigne un peu de ces standards. Certes, il y a toujours les méchants colons capitalistes avant l'heure et les conflits entre peuples, mais ça s'arrête à peu près là. Je crois que c'est de toute façon un fil directeur évident de l'œuvre d'Ayroles. Ici, le fil directeur est avant tout une histoire d'amour, qui devient de plus en plus belle et de plus en plus pure à mesure qu'elle se dévoile, et surtout qui trouve un aboutissement particulièrement satisfaisant dans le tome 3. J'avoue que je ne m'attendais pas à ces retournements, qui donnent tout son sens à l'histoire. Comme dans les meilleurs Ayroles, l'émotion est au rendez-vous, la dimension tragique des personnages se révèle dans toute sa splendeur, sans jamais entraver une tonalité épique qui ne manque pas d'ampleur. En marchant sur les pas de Jules Verne, Ayroles déploie une aventure aux proportions phénoménales qui sait parfaitement articuler l'intime et le grandiose, en voguant d'une histoire d'amour absolu à un conflit géopolitique entre deux grandes puissances colonisatrices. Le terrain vénusien est l'occasion pour l'auteur de voguer entre Voyage au centre de la Terre et Jurassic Park avec le plus grand brio, sans jamais perdre son identité propre. On voyage et on rêve comme on ne l'avait plus fait chez Ayroles depuis De Cape et de Crocs, qui est finalement la saga ayrolienne sans doute la plus proche de ces Chimères de Vénus (même si on ne prétendra pas que cette dernière égale la meilleure saga de BD jamais écrite !). La puissance des personnage qui monte progressivement au cours du récit nous place dans un 3e tome extrêmement réussi face à des dilemmes d'une puissance qu'on aurait presque oubliée chez l'auteur. Ce que j'aime tout particulièrement, c'est le soin qu'il apporte aux personnages secondaires. De la bonne Prudence au forçat sensible bizarrement surnommé Pitaine, en passant par les deux scientifiques patauds mais attachants ou par le général borné et pas aussi insensible qu'il voudrait le faire croire, chaque personnage a droit à son caractère propre, et à un développement narratif soigné qui sert merveilleusement le récit. Aucun n'est inutile, chacun est à sa place. C'est aussi cette finesse d'écriture absolue, s'étendant à des dialogues irrésistibles, qui donne une profondeur insoupçonnée à ces Chimères de Vénus. Ce n'est pas la première fois chez Ayroles, mais il renoue avec sa jolie réflexion sur la poésie comme antidote aux dérives politiques, sur l'opposition entre artistes et institutions. En cela, l'auteur tutoie à nouveau les étoiles, et Les Chimères de Vénus n'a rien à envier aux meilleures œuvres de son auteur sur ce plan. La réflexion reste toujours en sous-texte, mais cela ne lui en donne qu'une plus grande efficacité. Original, puissant, surprenant, poétique, envoûtant... On ne finirait pas cette liste de qualificatifs susceptibles de s'adresser à ce magnifique spin-off d'une grande saga. Mais là où, même avec tout mon amour, j'ai tendance à trouver qu'Alex Alice a parfois tendance à s'enliser dans sa propre saga avec les derniers tomes (surtout le 7), Alain Ayroles - en bon amateur de théâtre - aura eu la sagesse de concevoir son récit comme une simple trilogie qui n'aura fait que monter en puissance jusqu'à une apothéose mémorable. Si on n'avait peur d'être un peu grandiloquent, on aurait envie de crier à notre tour, avec l'auteur et son personnage : "Ad augusta per angusta !"

25/03/2021 (MAJ le 01/02/2026) (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
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Assez déçu par cette série. Je n'ai pas lu Le Château des étoiles, série jeunesse a priori de qualité, mais me suis lancé dans le tome 1 de cette série dérivée, attiré par le nom d'Ayroles. Et j'ai envie de le dédouaner du relatif échec du scénario. Je pense que le problème originel provient du cahier des charges, de l'idée même : on imagine l'envie de mêler du spectaculaire, du coloré, du rythme, etc. à une intrigue steampunk très grand public et accessible aux plus jeunes. Si l'on était malhonnête, l'on devinerait un désir mercantile de refaire un De Cape et de Crocs, rognant un peu sur l'ambition littéraire et poétique, au profit d'un spectaculaire plus assumé, volontiers référencé. Alors, il y a certes du dinosaure, de l'aventure, des couleurs (un peu tape-à-l’œil), des illustrations modernes (légèrement vulgaires), des mises en pages complexes (certes souvent assez gratuites, mais élégantes et plutôt réussies) et des intrigues parallèles dynamisant le récit ! Mais il n'y a guère de magie, de poésie, le clinquant a remplacé le savoureux. Les jeunes s'y retrouveront peut-être davantage, pour ma part c'est un amer regret.

20/09/2023 (modifier)
Par Creamy
Note: 4/5
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Dans cette série dérivée du "Château des Etoiles", le ton est légèrement différent. On lorgne davantage vers le blockbuster Hollywoodien ("Atlantide, l'empire perdu", ''Jurassic Park''...) mais les talents de conteur et l'humour décalé d'Alain Ayrolles (De Cape et de Crocs,...) rendent la lecture digeste, avec ces allusions amusantes au XIXe siècle. Le dessin est soigné aussi. Un bon moment de détente.

01/03/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
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J'aime la série Le Château des étoiles et j'ai accueilli avec plaisir l'opportunité de découvrir une série dérivée de cette dernière, nous emmenant cette fois sur Vénus au lieu de Mars et la Lune. On y retrouve le même univers exactement, avec une action se déroulant en parallèle dans un lieu différent, sans lien direct avec celle de la série originelle. L'une des forces de la série Le Château des étoiles résidait dans l'originalité de son graphisme très lumineux et l'aspect épique et grandiose de ses décors et personnages. Avec les Chimères de Vénus, ce n'est plus Alex Alice au dessin mais Etienne Jung que j'avais découvert et apprécié avec Gargouilles et Brüssli. Son style diffère de celui d'Alex Alice et le contraste m'a un peu déstabilisé au départ. En effet, autant ses décors restent grandioses et travaillés, autant ses couleurs et surtout ses personnages plus proches de l'animation jeunesse détonnent un peu dans l'univers de la série originelle. Je m'y suis toutefois fait assez vite et j'ai apprécié la clarté de son style et de sa narration. L'histoire est assez engageante. Elle nous amène à découvrir une nouvelle planète dans l'univers du Château des Etoiles, une planète Vénus où Anglais et Français cohabitent, dans une ambiance de jungle équatoriale rappelant le bagne de Cayenne avec des dinosaures en plus. Nous y suivons deux trames parallèles, celle feutrée et luxueuse de la chanteuse d'Opérette venue sur cette planète pour y retrouver son fiancé, et celle plus rude et dangereuse de ce dernier qui s'est évadé de cette fameuse prison. Le contexte et les personnages sont intéressants et on se laisse volontiers porter par l'intrigue et par ces décors dépaysants. J'ai un peu moins accroché qu'à la série originale, Le Château des étoiles, mais j'apprécie tout de même cette extension de son univers et d'y vivre de nouvelles aventures.

10/02/2023 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Tiens, j’avais complètement zappé que j’avais lu cette série qui venait en complément de la gazette du Château des étoiles d’Alex Alice, car oui, c’est un spin-off rajouté en cours de publication et qui ne coûtait pas plus cher. Alors l’histoire est loin d’être achevée mais à l’heure actuelle c’est assez divertissant et dépaysant. Cela commence juste après la découverte des bienfaits de l’éther et des portes que cela ouvre sur l’univers. Avant la colonisation de la Terre, l’homme se lance dors et déjà à la conquête de l’espace, en l’occurrence Vénus, où anglais et français se partage le gâteau. Une Vénus très pompée visuellement sur l’ère Jurassique de la Terre on ne va pas se le cacher, et c’est plutôt cool et pulp. Le style du dessin est lui aussi à l’opposé complet de ce que fait Alice et je pense que c’est une excellente idée pour se démarquer, que la série puisse voler de ses propres ailes et ne pas juste être cantonnée au rôle de série spin-off. Même si de prime abord ce n’est pas du tout le style de graphismes qui m’attire (mais alors pas du tout du tout), l’histoire est suffisamment prenante pour que je me laisse harponner et désormais je veux savoir si la téméraire Hélène Martin va retrouver son bel Adonis, Aurélien, ou si les horreurs de Vénus auront raison de leur amour. De l’action, des décors « déracinant », de bons sentiments, une pointe d’humour, des méchants vraiment méchants, des valeurs humanistes ; pas de doute, on est bien dans la saga du Château des étoiles !

07/07/2022 (modifier)
L'avatar du posteur Tomdelapampa

Je dois avouer que je ne me suis pas encore penché sur Le château des étoiles d’Alice (mais ça viendra). C’est le nom de Ayroles qui m’a fait craquer et le graphisme originale. Niveau dessin et couleur, c’est spécial mais maîtrisé, je découvre Étienne Jung, je raffole pas de ce style mais il possède quelque chose. J’ai bien aimé la construction des planches et la narration. C’est finalement le scénario qui m’a un peu déçu, de l’aventure bien faite mais classique, je suivrai la trilogie mais j’attends le petit plus. A noter une belle qualité d’ouvrage, le rendu de la couverture est une belle attention de l’éditeur.

05/07/2022 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

J’ai relu récemment les 5 premiers albums de la série mère d’Alice, avec grand plaisir, et me suis donc lancé dans cette excroissance sur Vénus, cette fois avec Ayroles à la baguette, lui dont les scénarios sont toujours très attendus. Disons-le tout de suite, le lecteur des albums d’Alice sera surpris, car fond et forme divergent quand même grandement. Là où Alice jouait sur une poésie, une sorte de rêve éveillé, Ayroles va mettre le paquet sur l’aspect aventure (exit les enfants, ce sont bien exclusivement des adultes qui s’agitent ici). Si Alice comme Ayroles s’inspirent du cinéma et de la littérature pré-SF, là aussi les différences sont notables. Alice lorgnait vers le premier cinéma (Mélies) et sur Verne, tandis qu’Ayroles le fait sur Wells, et surtout sa version de Vénus doit beaucoup à l’univers des Jurassic Parks créés par Spielberg (même certains détails scénaristiques en sont inspirés, en plus des décors) ou à celui de Jackson dans son King Kong. On est donc là dans l’aventure pure. Même si, finalement, on n’est pas non plus totalement éloigné de Verne, l’univers steampunk des machines y renvoyant fortement. Autre différence : si Alice met en avant les visées expansionnistes prussiennes, c’est ici la rivalité franco-anglaise qui va sans nul doute s’épanouir ensuite sur Vénus… Quant au dessin de Jung, il est lui aussi très éloigné du style d’Alice. Le trait est plus semi caricatural (il m’attire moins, mais c’est affaire de goût). La colorisation de l’ensemble, loin des tons pastel d’Alice, donne ici un rendu proche de certains peintres naïfs – certaines planches semblent inspirées par des tableaux comme La Jungle du Douanier Rousseau. C’est surprenant (et esthétiquement pas désagréable). Moins attirant et fort me concernant que pour Le Château des étoiles, mais bon, ça passe. Au final, j’ai été moins captivé que je ne l’avais été pour les débuts du Château des étoiles, mais c’est quand même un tome introductif qui tient la route, et qui m’a donné envie de connaitre la suite (Ayroles a semble-t-il prévu un triptyque). Note réelle 3,5/5.

26/09/2021 (modifier)