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La Cour des Miracles

Note: 3.8/5
(3.8/5 pour 5 avis)

Alors qu’il cherche à épargner le supplice de la roue à son fils, Anacréon, le roi des gueux, est de plus en plus aculé par le pouvoir royal.


1643 - 1788 : Au temps de Versailles et des Lumières Paris Quadrants

Paris, le 14 février 1667. Dans une rue passante, un mendiant éclopé et affalé contre un mur, alerte un bourgeois : une crapule est en train de lui faucher la bourse attachée à son ceinturon. Le gamin est aussitôt attrapé et neutralisé au sol. Un groupe de témoins s’affaire alors à le mener jusqu’au châtelet, pour qu’il y soit jugé et embastillé. Or, durant le trajet, ils doivent soudainement faire face à un groupe plus important de combattants ayant dégainé leurs épées. Les témoins prennent aussitôt la poudre d’escampette, abandonnant le mendiant et le gamin… qui sont père et fils, complices de cette mascarade ! Pour assister au triomphe de ce chef d’œuvre de traîtrise, il ne manque que « la marquise », la sœur de Jean (le chapardeur) et fille d’Anacréon, alias le Grand Coësre (le mendiant). Ce dernier est le roi des gueux. Il trône sur une vaste cour des miracles, dans les ruelles abandonnées et sordides de la capitale. Régulièrement, lors de grandes processions, chacun lui apporte un tribut de valeur variable, selon son bon vouloir, sur ce qu’il lui reste de son butin de chapardage. Evidemment, certains apportent plus que d’autres, et cela génère des tensions. La règle est pourtant simple : « Foutez-vous en plein la panse et le gosier, et ne conservez rien ! »

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 24 Janvier 2018
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus

Couverture de la série La Cour des Miracles © Soleil 2018
Les notes
Note: 3.8/5
(3.8/5 pour 5 avis)
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21/07/2018 | Erik
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L'avatar du posteur Tomdelapampa

Après la lecture récente (et marquante) des 2 premiers albums de Stern, je découvre petit à petit le travail de Julien Maffre. La cour des miracles est une trilogie bien menée et que j’ai apprécié, mais qui ne m’a pas emporté plus que ça, il me manque le petit truc pour arrondir au supérieur. Le dessin est toujours aussi sympa (comme les couleurs), c’est moins fort que dans Stern, quelques imprécisions à mes yeux mais un trait lisible et fluide. Des personnages bien campés, mention spéciale à Anacréon et la Marquise, et d’autres beaucoup moins, le roi, son ministre de police, les mousquetaires … les héros de notre histoire se situent du côté de la canaille. Et cette plongée dans les bas-fonds parisiens démarre très fort, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce monde des gueux et son fonctionnement. L’idée du scénario est plutôt sympa également, le pouvoir royal décide de nettoyer la ville de la vilénie… Un début accrocheur mais je ne saurais dire vraiment pourquoi (quelques péripéties ??), la série n’a pas tenu toutes ses promesses à mes yeux, pas aussi fort que je l’espérais, alors que c’est plus qu’honnête et agréable à lire. Lecture recommandée mais je suis sorti moins enthousiasmé que les précédents posteurs.

15/08/2022 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Ah la cour des miracles ! quelle fascinante perspective en voyant la couverture du tome 1 ; et je n'ai pas été frustré ni déçu. Je connais bien le sujet, il me fascine, j'ai lu beaucoup de passages dans 2 bouquins sur l'Histoire de Paris, ces lieux m'ont toujours étrangement attiré depuis que j'ai vu les représentations de cette cour des miracles dans des films, surtout le Notre-Dame de Paris de 1956, adaptation du roman de Victor Hugo (mais dans une vision romantico-médiévale puisqu'elle est située sous le règne de Louis XI), et aussi les films de la série Angélique marquise des Anges, où là on voit la vision la plus commune et la plus connue, sous le règne de Louis XIV. Ensemble de zones de non-droit recouvrant certains quartiers du vieux Paris, la cour des miracles ou devrait-on dire les cours des miracles, regroupaient miséreux, vagabonds, coquillards, prostituées, voleurs, anciens soldats, gens ruinés et malandrins de toute sorte, et ce dès le Moyen Age comme on le voit chez Hugo ; mais elle fut plus considérable sous le règne de Louis XIV. En fait il y en avait une douzaine dans Paris (plus quelques autres dans des grandes villes, comme à Lyon ou Bordeaux), mais la plus importante était celle située au pied de l'enceinte de Charles V, recouvrant l'actuel périmètre du 2ème arrondissement, autour de la rue du Caire, rue du Nil, rue Damiette, rue des Forges et rue Saint-Sauveur (qui marquait son entrée officielle, délimitée par une pente terreuse). Victor Hugo a pris beaucoup de libertés tout en donnant un bel aperçu qui pourrait être plausible, car cette corporation de gueux était hiérarchisée et organisée en différentes catégories correspondant à des spécialités, elle avait ses lois, ses coutumes, sa langue, et son roi, le Grand Coësre, aidé de ses cagous ou lieutenants. On est bien renseigné aussi sur son fonctionnement par les écrits de François Villon (XVème siècle) car il a fréquenté plusieurs coquillards (les gens de la Coquille étaient d'anciens mercenaires de la guerre de Cent Ans, dont beaucoup périront sur le gibet de Montfaucon), il cite même leurs noms dans ses poèmes. La cour des miracles fut détruite en 1667 par les soldats de la compagnie de police de Nicolas de La Reynie, premier lieutenant-général de police, considéré comme l'ancêtre de la police judiciaire (basée à la prison du Châtelet), et sur ordre de Colbert, ministre de Louis XIV. La Reynie occupa cette fonction pendant 30 ans, jusqu'en 1697. Mais la cour des miracles se reconstitua plus ou moins, moins celle de Saint-Sauveur, mais plus dans d'autres lieux disséminés de Paris, on note des quartiers infestés au XVIIIème siècle, et au XIXème lorsque Vidocq fut le chef de la Sûreté de Paris, il recrutait ses indics chez les truands du nord de la capitale. Cependant, ce coup de balai de La Reynie marqua un jalon dans la propreté et la sûreté de la ville. Ces 3 albums composent à mon sens une très bonne Bd, ils montrent ce qu'était cette cour des miracles, assez proche de ce qu'on voit dans Angélique marquise des Anges, même si la vision reste cinématographique. Le scénariste reprend à son compte cette vision de la cour des gueux sous le règne de Louis XIV ; nous ne sommes plus au Moyen Age, mais ces malandrins vivent comme au Moyen Age car pour eux rien n'a changé, la misère est toujours la même, ils vivent dans des masures et un quartier infect qui est loin d'être hygiénique, leur perception du monde extérieur reste identique à celui qu'a connu la cour des miracles médiévale. J'ai largement préféré les 2 premiers albums qui s'emploient à bien décrire cette cour des miracles et ses composants sous un angle historique et sociétal ; la plupart des faits sont réels : le roi de France et Colbert voulaient mettre un terme à ce lieu mal famé qui était une verrue dans Paris, et La Reynie s'avançant à l'entrée de la rue Saint-Sauveur en annonçant que les canons allaient percer des brèches, et que les 12 derniers occupants ramassés iraient aux galères, c'est vrai. La fameuse cour s'est vidée en un rien de temps, et il y eut de faibles escarmouches. C'est un fait qui a été souvent relaté mais il n'est pas attesté officiellement. Les auteurs ajoutent une partie romancée où traitrises, coups tordus, coutumes, règlements de comtes et énergie du désespoir se côtoient, la narration est très plaisante et s'appuie visiblement sur des recherches documentées, notamment le langage. D'ailleurs, je regrette qu'il n'y ait pas un petit lexique en fin d'album pour décrypter certains mots d'argot du XVIIème siècle. Parmi les rares défauts, il y en a un d'historique qui me surprend : pourquoi faire de François Desgrez un traitre ? je n'ai pas compris, car l'homme n'a jamais été destitué par La Reynie, il s'est occupé de l'affaire des poisons qui eut lieu entre 1679 et 1682, donc bien après la destruction de la cour des miracles. Après, le tome 3 m'a moins enthousiasmé car il n'y a plus rien d'historique, c'est un tome lié à la vengeance et à une histoire purement fictive, en plus il y a encore un truc qui semble peu crédible, je vois mal une bande de gueux pénétrer dans le château de Saint-Germain pour y foutre le bordel, c'était une résidence royale donc solidement gardée, même en l'absence du roi, on rentrait pas comme dans un moulin. Le dessin de Julien Maffre, j'ai pas toujours été fan, mais il reproduit les décors parisiens dans son style épuré, je le trouve plus adapté à ce type de récit que sur La Banque et Le Tombeau d'Alexandre où je le trouvais peu esthétique ; ici, ce dessin sied parfaitement aux décors pouilleux et aux images violentes, ainsi qu'à de belles perspectives de rues. Au final, c'est une fresque historique dont je rêvais, c'est extra, c'est à la fois instructif et divertissant en procurant une vraie immersion au coeur de cette cour des miracles si fascinante.

10/07/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Ahhhh Paris ! Ville de lumièr... Ah non merde, c'est pas celle là ! Enfin si, de ville, mais pour la lumière on repassera ! Là, c'est les basses fausses, sa crasse et ses gueux qu'on va plutôt mettre en exergue dans ce Panam du XVIIe, avec pour focale le Grand Coëstre, le roi de cette troupe hétéroclite mais débrouillarde. Sentant sa fin arriver, ce dernier va vouloir passer la main, mais forcément, rien ne va se passer comme prévu... Mais au delà de la fange parisienne de l'époque, c'est cette vision de la société toute entière et surtout des hautes sphères tout aussi gangrenées par la corruption et les affres du pouvoir, qu'on nous propose de (re)découvrir, mais par ce prisme intéressant des laissés pour compte. Tout ça fleure bon le vivant et l'énergie qui devait déborder de ce Paris de l'époque. Entre les personnages historiques réels et l'intrigue imaginée par Stéphane Piatzszek, on se laisse rapidement emporter par les rebondissements et la fougue de cette populace gouailleuse et pleine de ressources ! Il faut dire que le dessin de Julien Maffre assure le service après-vente, jouant des découpages et des cadrages pour rendre cette immersion rapide et complète. Notons aussi la belle mise en couleur de Laure Durandelle qui nous propose de belles ambiances dans ce Paris contrasté. Reste maintenant à attendre la suite de ces deux premiers tomes pour parfaire l'aventure... *** Tome 3 *** Voilà un troisième tome qui m'aura un brin déçu au final... Alors oui, la boucle est bouclée, mais ce n'est pas vraiment la fin que j'attendais (mais ça à la rigueur, c'est plutôt bon signe dans le sens où la série n'est pas si prévisible). D'autre part, le Paris gouailleur et grouillant des premiers tomes fait place aux intrigues de cour, chacun défendant la sienne, au détriment du côté épique qui suintait de ces pages. C'est à se demander si la série n'a pas été écourtée pour être bouclée en trois tomes... Dommage car j'ai vraiment beaucoup apprécié le début de cette série. Après, on ne refait pas l'histoire, mais pour le coup c'est le choix fait par les auteurs qui m'aura un tantinet laissé sur ma faim. Que ce soit le scénario ou le dessin, j'ai eu l'impression que l'implication et l'application n'étaient pas aussi intense dans ce troisième et dernier tome. (je passe ma note à 3.5/5 que je laisse arrondie à 4 quand même)

27/02/2021 (MAJ le 11/02/2022) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Au siècle de Louis XIV le roi des gueux, Anacréon aussi appelé le Grand Coëstre règne sur toute une racaille hiérarchisée portant des noms hauts en couleurs: cagous, narquois, capons, sabouleux coquillards, malingreux et j'en passe tous membres du royaume d'Argot. Le Grand Coëstre se fait vieux et il souhaiterais passer la main et donner le pouvoir à son fils mais celui-ci grisé par ses succès tente le coup de trop qui l'envoie au cachot. Dés lors pour Anacréon le dilemme est cornélien ; trahir sa chair ou sa canaille. Le scénariste Stéphane Piatzszek nous fait déambuler dans un Paris interlope fait de bassesses où le sordide côtoie les plus hautes sphères de l'état. Des ruelles parisiennes pleines de merde, aux bordels en passant par le théâtre de Molière l'auteur nous entraine au sein d'un milieu à part à la mécanique bien huilée. Si le scénario très vite immersif avec des personnages qui ont une âme et une gueule fonctionne aussi bien c'est surement grâce au talent de Julien Maffre dont nous avions déjà vu la virtuosité dans Stern. Au niveau esthétique donc il n'y a pas grand chose à redire. Aussi bien les scènes intimistes que de foules sont parfaitement maitrisées et fourmillent de détails. Une œuvre qui devrait se poursuivre sur deux autres tomes pour ce qui semble être un premier cycle, j'attends la suite de cette saga bien sombre mais lumineusement orchestrée et dessinée. A lire assurément.

19/04/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Là encore, c'est une réussite pour un récit post-médiéval qui nous conte l'histoire d'un roi pas comme les autres au temps du Roi Soleil. Il n'est point question de Versailles mais plutôt de la fameuse Cour des Miracles que l'on pouvait apercevoir étant jeune dans un épisode de la série des Angéliques ou encore dans l'oeuvre de Victor Hugo à savoir le Bossu de Notre-Dame. On se demande si le grand Coësre (ou le roi des Gueux) a réellement existé. Ce récit commence très bien et il est plutôt passionnant à souhait. J'avoue avoir eu peur de cette descente dans les enfers de Paris avec un vocabulaire assez vieille France et plutôt du genre fripon et canaille. Mais non, on n'aura pas droit au langage de la cité de cette époque. Il y a également des jeux de pouvoirs pour assurer une succession. Cependant, il ne peut y avoir qu'un seul roi en France. La police est également assez corrompue. Bref, il y aura du grabuge et on ne s'ennuiera pas à cette lecture.

21/07/2018 (modifier)