Couma Aco

Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 6 avis)

Angoulême 1992 : Alph'Art du meilleur album Un album autobiographique plein de tendresse.


Angoulême : récapitulatif des séries primées Autobiographie Enfance(s) La Côte d'Azur Troisième âge

Un petit village sur les hauteurs de Nice, où vit un grand-père issu d’une autre époque : il n’utilise ni sommier, ni toilettes, ni électricité, il ne se lave qu’une fois par an et ne sait pas lire. En revanche il peut prévoir le temps d’après les couchers de soleil, il construit de beaux murs de pierre, il sait lorsqu’un renard va traverser le chemin et fait un excellent chien de chasse... Ce grand-père, c'est celui d'Edmond Baudoin, pour lequel il éprouva de la curiosité, de la fascination mais aussi du désintérêt et parfois même un sentiment de honte... Baudoin évoque également dans cet album sa complicité avec son frère Piero, ses amours adolescentes, sa bande de copains, les veillées au village, ses exploits imaginaires... Des thèmes qu’il développera dans des œuvres postérieures, ‘Piero’ notamment.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Avril 1991
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Couma Aco © L'Association 1991

19/02/2005 | Ludagogo
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Par iannick
Note: 3/5
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Quel bel hommage d’Edmond Baudoin pour son grand-père ! Certes, l’auteur n’est pas toujours tendre avec lui quand il le met en scène dans des situations assez « tordues » mais on sent tout de même qu’il a une grande estime pour lui. Ce grand-père, il est né en Angleterre, il a fait 14-18 et il a quasiment vécu en France et notamment dans la région niçoise où il a adopté la langue locale d’où le titre de cet album « Couma aco » qui signifie « C’est comme ça ». J’ai vraiment aimé cet album qui, avec le recul, s’avère être un bon et sacré témoignage de ceux qui ont survécu à la première guerre mondiale avec des conséquences pathologiques qu’ils en ont tirées. Il est évident que de tels personnages, je pense –je croise les doigts- qu’on n’en verra plus en France : hygiène déplorable, capable de vivre seul dans un confort rudimentaire et sans aide d’un médecin, connaissance incroyable de la nature… Bref, ces grand-pères là, on n’est pas sûr d’en revoir ! Ce n’est pas que j’en ai la nostalgie surtout quand Edmond Baudoin ne nous cache pas ses travers (envers sa femme notamment) mais ce sont des gens qu’on n’est pas prêt d’oublier ! Malgré une voix off qui est assez présente, la lecture de cet album m’est apparu plaisante grâce évidemment à ce personnage atypique mais aussi grâce à une narration impeccable et une mise en page aérée. Pour apprécier pleinement « Couma Aco », il faut aimer le coup de patte d’Edmond Baudoin et ça tombe bien, c’est mon cas ! Ici, pas de mise en couleur mais un trait noir charbonneux et épais… pas de doute, c’est du Edmond Baudoin. C’est l'édition de « Couma Aco » réalisée par Futuropolis et non par l’Association que je possède… Bref, j’ai aimé cet album et c’est le principal !

14/05/2022 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
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C'est franchement un beau récit hommage de Baudoin à son grand-père d'origine anglaise. Un grand-père un peu particulier vivant sans aucun confort dans sa vieille masure et toujours hanté par le souvenir de la grande guerre, un grand-père qu'il admire mais dont il a aussi honte parfois. Couma aco semble être une des expressions favorites du vieil homme, c'est une façon de dire "c'est comme ça, on y peut rien". C'est aussi le récit d'une tranche d'enfance de l'auteur d'abord jeune garçon puis adolescent s'intéressant aux filles de plus en plus toujours en étroite relation avec son frère. On les voit déjà dessiner, pas encore la maîtrise que l'auteur a maintenant de ce point de vue c'est sûr. Un bon petit roman graphique qui sert aussi de mémoire familiale à transmettre.

31/05/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 1/5
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Après Passe le temps qui m'a laissé un souvenir peu mémorable, j'ai persévéré pour connaître un peu plus l'oeuvre de cet auteur. Je suis quand même un peu courageux. Ma lecture a été encore plus pénible ! Pourtant, cela paraissait difficile de faire pire. Le charme n'a pas opéré ! Le graphisme semble encore plus austère. Ce dessin noir semble desservir l'histoire. Cela se passe encore dans un village du côté de Nice. Il est toujours question de vieux... Disons-le tout de suite : je n'ai rien contre les vieux. Cependant, il y a en a un qui meugle toutes les deux pages : "A la soup! La Marne, l'Eyser y passerons pas !" en référence à la première guerre mondiale. Non, c'est vraiment trop insupportable ! Sans compter que l'auteur semble prendre un malin plaisir à montrer des bêtes qu'on fusille ou qu'on égorge. A vous de voir ! Quand je pense que cet album a été couronné meilleur album au Festival d'Angoulême en 1992, il y a de quoi laissé songeur. Le jury avait sans doute son avis que je ne partage pas. De là, je ne tirerai aucune conclusion hâtive car il y a des bds primés qui ont également retenu toute mon attention dans le bon sens du terme. Il est vrai que je n'adhère pas à l'univers de cet auteur pourtant reconnu.

06/08/2009 (MAJ le 28/11/2010) (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Ce one shot est une petite pépite d'authenticité. L'histoire est simple mais hautement respectueuse. On y découvre un personnage comme il n'en existe plus de nos jours : le grand père de l'auteur Il vit comme un ermite, loin des nouvelles technologies mais toujours en phase avec la nature. Cette histoire biographique est relatée depuis les souvenirs de Baudoin enfant. On découvre un homme au dur passé mais également au présent hors norme (présent au moment du récit où il est âgé). Le dessin N&B est parfois gras mais toujours précis. Je lui trouve un charme certain. Un bon moment de lecture, un récit sincère, une simplicité qui fait mouche.

02/04/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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Je ne serai pas aussi enthousiaste que Ludagogo, mais c'est vrai que sous un aspect un peu "cheap", cet album d'Edmond Baudoin est un beau condensé d'émotion ; en réaction à la folie dans laquelle le monde basculait au cours de l'été 1991, il a voulu retrouver ses racines. Et ses racines, c'est son grand-père, un homme fruste mais fier, qui vivait au jour le jour, profitant des plaisirs simples de la vie à la campagne. Le dessin de Baudoin est très évocateur. Ce n'est pas mon style préféré, mais l'émotion transpire de ces planches en noir et blanc...

13/03/2006 (modifier)
Par Ludagogo
Note: 5/5

Pour moi, le meilleur album d'Edmond Baudoin, et tout simplement une de mes BD préférées ! Il s’agit d’un autre récit autobiographique, comme Passe le temps avant lui, Piero et quelques autres après où Baudoin rend un hommage sincère et touchant à son grand-père maternel, où la tendresse, la cruauté, la vieillesse, la mort... tour à tour envahissent le texte et le dessin. Le dessin y est plus beau que jamais, avec quelques splendides -et très expressifs- portraits du grand-père, et de superbes paysages. Baudoin arrive à une beauté d’un grand dépouillement, d’une grande simplicité : en quelques traits et quelques taches, il nous décrit, avec beaucoup de sensibilité, le visage de son grand-père marqué par l’âge, le village de Villars-sur-Var, les montagnes... Tout lecteur ne pourra qu’être ému par cette vie, cette histoire et la sincérité, la volonté avec laquelle Baudoin essaie de la raconter.

19/02/2005 (modifier)