Je ne suis pas un lecteur de la première heure du Scrameustache et pourtant même adulte je trouve cette série bien intéressante. J'ai racheté, il y a peu, la collection d'une vingtaine d'ouvrages d'un ami et je n'ai pas été déçu.
Je trouve que Gos ne se contente pas de faire de l'ersatz de Schtroumpfs mais qu'il propose une grande richesse de scenarii avec son monde de petits galaxiens. A la fois oeuvre jeunesse de SF mais aussi travail sur des civilisations ou approche d'une société utopique sur le modèle idéale de la Cité, les jeunes lecteurs d'aujourd'hui peuvent y trouver de quoi satisfaire leur curiosité.
Gos évite de tomber dans la mièvrerie et sait donner du dynamisme à ses histoires. Les méchants comme Falzar ont une vraie épaisseur ce qui rend les péripéties attractives.
C'est le graphisme des séries de ma jeunesse. Je lis le dynamisme du trait et cette mise en couleur vive comme un retour aux sources pas désagréable. Les dialogues sont d'un excellent niveau avec beaucoup d'humour et de clins d'oeil qui s'adressent aussi bien aux jeunes qu'aux adultes.
Une série pleine de fraicheur qui n'a pas tant vieilli et que j'ai découvert avec plaisir surtout pour les albums du début de la série.
"La truie, le juge et l'avocat" nous propose une sorte de fable acide qui au delà de l'absurdité de la justice moyenâgeuse, se gausse des travers de nos sociétés de façon plus universelle et intemporelle (rien que la 1ere page m'a fait sourire en miroir de notre triste actualité des violences policières).
Il est vrai qu'au Moyen Age, les animaux pouvaient se retrouver confrontés à la justice des hommes. S'il ne s'agit pas d'une histoire véridique, Laurent Galandon s'amuse ici à nous raconter le procès d'une truie accusée d'avoir Assassine le fils d'un noble dans une petite ville de France. Face au juge incarnant l'ordre et la morale et qui n'a que mépris pour ceux qui lui sont inférieur (sa femme comprise...), notre truie va être défendue par un avocat de dernière minute aux talents bien cachés ! C'est là qu'une petite touche de fantastique vient se glisser dans le récit de façon ingénieuse. Cela donne lieu à des dialogues savoureux et des scènes drôlatiques qui font tout le sel de cette satyre sociale et sociétale.
Côté dessin, Damien Vidal, que je découvre avec cet album, nous propose un trait simple, expressif et efficace qui renforce pleinement l'aspect tragi-comique de cette histoire. Sa mise en couleur chaleureuse et contrastée pose des ambiances adéquates et agréables.
C'est pour moi un réel coup de coeur que cet album ; je l'ai attaqué sans trop m'attendre à grand chose, j'en suis sorti ravi et j'ai vraiment passé un très bon moment de lecture !
3.5
Une biographie sur Rod Serling, une personnalité bien intéressante car il n'avait pas peur de dire haut et fort ses opinions contre les travers du show-business.
On va suivre Serling adulte, de son engagement durant la seconde guerre mondiale à sa mort dans les années 70. Si la partie sur la guerre est bien faite, j'ai surtout accroché lorsque Serling devient scénariste pour la télévision. Il commence à une époque particulière lorsque la télévision était un médium nouveau et on pouvait faire des expérimentations qu'on ne pourra plus faire par la suite. On va voir aussi que malgré le succès critique de son émission de télé, tout n'allait pas bien pour le pauvre Serling qui doit toujours se battre contre la censure et aura peu de temps à consacrer à ses obligations familiales. Et le pire est que comme bien d'autres il finira broyé par la machine d’Hollywood, faisant des compromis et acceptant de faire des choses qu'il n'aime pas et on va le jeter lorsque son heure de gloire va passer.
Une biographie prenante que j'ai eu du plaisir à lire. Le dessin est sobre et va bien pour ce type d'ouvrage. Cela m'a donné envie de regarder l'intégrale de la série La Quatrième dimension !
Avec Jean-Claude Tergal et Raymond Calbuth, Tronchet a déjà produit quelques beaux spécimens de pauvres gens aux rêves cramoisis et dérisoires, en décalage avec le clinquant de la réussite sociale mis en avant par nos sociétés.
Avec cette série il creuse l'idée, et va bien plus loin je trouve, en nous présentant une galerie déprimante de personnages cumulant à peu près tous les handicaps sociaux. Volontairement Tronchet les dessine moches, ils accumulent les mouises (échecs sentimentaux, désert affectif, chômage ou boulots de merde, humiliations diverses et variées, etc.).
C'est souvent atroce, on a parfois l'impression que Tronchet en rajoute pour voir jusqu'où c'est supportable. Mais cette surenchère ne m'a jamais donné l'impression que ce cynisme était du premier degré, on finit paradoxalement par être touché par ces losers, au lieu de n'en avoir que pitié.
C'est donc très noir, crasseux, hideux, mais c'est souvent très drôle ! J'ai à plusieurs reprises éclaté de rire devant des scènes pathétiques (comme lorsque l'épicier Grobert se prend pour un romancier incompris des éditeurs, et parcours la ville au volant de sa camionnette, en beuglant au micro des extraits de son roman, aux allures de porno hard et très con - mais je pourrais citer pas mal d'exemples vraiment drôles).
Généralement atroce donc, mais finalement moins méchant que certains passages de BD de Rabaté contre la connerie humaine et les pauvres types déclassés. En tout cas, c'est une série amusante et cruelle dont la lecture est recommandé aux amateurs de l'auteur et, plus généralement, d'humour noir second degré.
Les Mémoires du dragon Dragon, c'est un peu La Grande vadrouille pendant la Révolution, ou peu après puisque ce premier tome se déroule au moment de la bataille de Valmy qui est, rappelons-le, la première victoire de l'armée française pendant ce qu'on a appelé Les Guerres de la Révolution.
J'ai aimé le ton léger. Rien que le titre (Valmy, c'est fini) en dit long sur l'intention des auteurs. Le personnage principal est un érotomane patenté qui ne pense qu'à ça ! Du coup, ce petit penchant bien naturel occasionne des scènes très cocasses.
Ce qui est étonnant de la part de ce duo d'auteurs qui semble pris de passion pour l'époque napoléonienne, est leur incursion dans la gaudriole. Et force est de constater que ça leur réussi plutôt bien, très bien même. Les dialogues, le rythme enlevé et le dessin, plus "tradi" que dans le Tambour de la Moskova sert parfaitement le récit.
On attend la suite avec avidité.
"L'immigration", "la crise des migrants", "le grand remplacement"... S'il est bien un sujet qui transpire quotidiennement de nos politiques en poste, c'est bien celui-ci. Pourtant, est-on au fait de ce qui et de qui se cache derrière ces grands/gros mots et autres concepts relatifs à l'exil souvent forcés de ces personnes ? Certains s'en moquent, d'autres pensent savoir ; cet album est l'occasion de balayer un certains nombre d'idées préconçues et de mettre aussi en exergue certains points méconnus ; il remet aussi en perspective les motivations de ces migrants en expliquant les causes souvent occidentales, mais pas que, de ces exils. Enfin, c'est aussi toute l'économie et l'exploitation qui découle de ces déplacements de population et sur lesquels on ferme les yeux qui nous est expliqué.
Moi qui pensait être correctement informé sur le sujet, j'avoue avoir appris beaucoup de choses grâce à cet album. Le travail de documentation de Taina Tervonen est remarquable, et le format BD se prête bien à l'exercice. Jeff Pourquié qui semble apprécier le sujet pour avoir participé au collectif Immigrants chez Futuro en 2010, nous propose un trait réaliste un peu charbonneux merveilleusement mis en valeur par sa colorisation ; il illustre parfaitement l'enquête approfondie en la rendant vivante, en la ramenant à des parcours de vies. Un brin d'humanité dans ce monde de chiffres et de profit, ça fait plus que du bien !
Voilà donc un album très bien conçu qui lève le voile sur pas mal de points concernant l'exil et l'immigration, tout en nous interrogeant sur la liberté de circulation des personnes.
J'ai bien apprécié cette lecture distrayante et bien construite. Même s’il y a plusieurs références à Agatha Christie, j'y ai plus retrouvé l'esprit de la série TV "Meurtres au Paradis" dont je suis un grand fan.
Un endroit paradisiaque, une commissaire faussement pataude flanquée d'un agent rigolo et une sale histoire qui s'enracine dans un passé glauque sont les ingrédients d'un scénario classique mais bien ficelé de Patrick Weber.
Weber profite des légendes bretonnes pour nous en instruire et créer un écran de fumée dans le déroulement de l'enquête. Le récit est nerveux sans temps mort et la résolution propose un coup de théâtre bien dans l'esprit du genre.
Le graphisme de Nicoby privilégie le dynamisme des personnages et des scènes intimistes à la carte postale de l'île. C'est simple mais je suis rentré assez vite dans la proposition de l'auteur qui met en valeur paradoxalement l'ambiance paisible des lieux.
En outre j'ai beaucoup aimé la mise en couleur de Philippe Ory que je trouve très harmonieuse avec des éclairages qui valorisent la lumière de l'île.
Une lecture de distraction très plaisante qui m'invite à découvrir les autres albums déjà parus. 3.5
3.5
Avant Philippe le Bel, j'ai découvert cette collection Histoire par cet album.
Et c'était une agréable découverte. Le dessin et la colorisation sont bonnes et le scénario est parfaitement rythmé pour tenir le format 48 pages, contrairement à Philippe le Bel. Le dossier de fin est toujours très intéressant et donne des clés supplémentaires.
Ce que je ne comprends pas, c'est que les auteurs assument avoir des scènes inventées (comme le tragique destin de sa femme enceinte) non nécessaires car l'histoire regorge déjà de rebondissements et de tragédies réguliers. Et pourquoi tous les personnages ont la même corpulence idéale et pour beaucoup des gueules de mannequin. En revanche, les faits réels sont tous exposés et évoqués, les termes correctement utilisés, l'arrangement des postes de bataille bien mis en images lors des affrontements.
Tout n'est pas glorieux, comme les conséquences de la terre brûlée ou le dilemme des personnes "non prioritaires", et c'est courageux de le montrer sans détour pour contrebalancer le souffle héroïque du reste de l'histoire.
Je suis en train de lire Charlemagne de la même collection et je dois avouer que celle-ci est une sacrée bonne entrée en matière pour découvrir différentes époques et les thématiques qui leur sont propres.
Ludovic Rio m’avait déjà interpellé agréablement avec Aiôn. Quelques années se sont écoulées depuis mais bien content de le retrouver aux pinceaux, il s’associe cette fois avec Alex Chauvel qui assure le scénario (un inconnu pour moi mais renseignement pris c’est également l’un des fondateurs de la maison d’édition Polystyrène pour la petite histoire).
Ces deux là nous propose un récit sf sur Terre diablement efficace. Je rejoins complètement l’avis de MacArthur sur le concept et sa mise en place, il fallait avoir l’idée mais en plus ici c’est restitué de manière très simple et limpide, une belle prouesse à mes yeux.
C’est bien prenant et fluide, aidé en ça par la narration et le style sobre du dessinateur qui convient parfaitement au genre.
Un beau duo d’auteurs pour un très bon moment de lecture, le seul petit point négatif (qui reste inhérent à beaucoup de 1er tome) est que finalement nous n’avons qu’une entame de série un rien frustrante.
En gros, j’ai hâte de découvrir la suite, j’espère juste une parution rapide et une série pas trop longue.
Une histoire somme toute classique mais accrocheuse par sa réalisation et son concept, une bonne surprise.
3,5
Rabaté n'a pas son pareil pour développer une histoire simple autour de gens simples - et de bien le faire ! Il l'a fait de multiples fois, de façon inégale dans le rendu, et souvent avec une dose plus ou moins forte d'ironie, voire de vitriol. Mais souvent avec suffisamment de poésie, de finesse dans l'observation, pour que ça passe sans paraitre trop facile et "lâche".
Ici je dois dire que, malgré certains côtés un peu trop "feel good", j'ai vraiment bien aimé cette lecture. La couverture nous montre un papy allant pécher, avec en commentaire "sexe, drogue et Rock 'n Roll": une rencontre improbable. Et pourtant.
Le début est ronronnant, deux vieux qui pèchent, se racontent leurs exploits (l'un d'eux plus hâbleur, l'autre plus réservé, qui écoute et envie son camarade d'être encore resté vert), dans un bled rempli de piliers de comptoirs plus ou moins vantards et beaufs.
Puis, après la mort de son pote, à la suite d'un enchaînement de circonstances loufoques et improbables (mais que Rabaté sait nous rendre crédible), notre vieillard réservé va voir sa vie prendre une tournure inattendue. En fait il va encore - ou enfin, c'est selon - vivre, pleinement, bien au-delà de ses rêves ou fantasmes: tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
Quelques touches poétiques, quelques moments amusants, et une narration au plus près de notre héros, sans l'ironie noire qui souvent colore d'une autre teinte les histoires de Rabaté, c'est une lecture très plaisante. J'ai fait abstraction de certaines facilités (au moment où notre héros rencontre des squatteurs baba cool par exemple - son plan cul est assez improbable !), d'un côté un peu trop optimiste. C'est un album franchement très sympathique.
Note réelle 3,5/5.
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Le Scrameustache
Je ne suis pas un lecteur de la première heure du Scrameustache et pourtant même adulte je trouve cette série bien intéressante. J'ai racheté, il y a peu, la collection d'une vingtaine d'ouvrages d'un ami et je n'ai pas été déçu. Je trouve que Gos ne se contente pas de faire de l'ersatz de Schtroumpfs mais qu'il propose une grande richesse de scenarii avec son monde de petits galaxiens. A la fois oeuvre jeunesse de SF mais aussi travail sur des civilisations ou approche d'une société utopique sur le modèle idéale de la Cité, les jeunes lecteurs d'aujourd'hui peuvent y trouver de quoi satisfaire leur curiosité. Gos évite de tomber dans la mièvrerie et sait donner du dynamisme à ses histoires. Les méchants comme Falzar ont une vraie épaisseur ce qui rend les péripéties attractives. C'est le graphisme des séries de ma jeunesse. Je lis le dynamisme du trait et cette mise en couleur vive comme un retour aux sources pas désagréable. Les dialogues sont d'un excellent niveau avec beaucoup d'humour et de clins d'oeil qui s'adressent aussi bien aux jeunes qu'aux adultes. Une série pleine de fraicheur qui n'a pas tant vieilli et que j'ai découvert avec plaisir surtout pour les albums du début de la série.
La Truie, le Juge et l'Avocat
"La truie, le juge et l'avocat" nous propose une sorte de fable acide qui au delà de l'absurdité de la justice moyenâgeuse, se gausse des travers de nos sociétés de façon plus universelle et intemporelle (rien que la 1ere page m'a fait sourire en miroir de notre triste actualité des violences policières). Il est vrai qu'au Moyen Age, les animaux pouvaient se retrouver confrontés à la justice des hommes. S'il ne s'agit pas d'une histoire véridique, Laurent Galandon s'amuse ici à nous raconter le procès d'une truie accusée d'avoir Assassine le fils d'un noble dans une petite ville de France. Face au juge incarnant l'ordre et la morale et qui n'a que mépris pour ceux qui lui sont inférieur (sa femme comprise...), notre truie va être défendue par un avocat de dernière minute aux talents bien cachés ! C'est là qu'une petite touche de fantastique vient se glisser dans le récit de façon ingénieuse. Cela donne lieu à des dialogues savoureux et des scènes drôlatiques qui font tout le sel de cette satyre sociale et sociétale. Côté dessin, Damien Vidal, que je découvre avec cet album, nous propose un trait simple, expressif et efficace qui renforce pleinement l'aspect tragi-comique de cette histoire. Sa mise en couleur chaleureuse et contrastée pose des ambiances adéquates et agréables. C'est pour moi un réel coup de coeur que cet album ; je l'ai attaqué sans trop m'attendre à grand chose, j'en suis sorti ravi et j'ai vraiment passé un très bon moment de lecture !
L'Homme de la Quatrième Dimension
3.5 Une biographie sur Rod Serling, une personnalité bien intéressante car il n'avait pas peur de dire haut et fort ses opinions contre les travers du show-business. On va suivre Serling adulte, de son engagement durant la seconde guerre mondiale à sa mort dans les années 70. Si la partie sur la guerre est bien faite, j'ai surtout accroché lorsque Serling devient scénariste pour la télévision. Il commence à une époque particulière lorsque la télévision était un médium nouveau et on pouvait faire des expérimentations qu'on ne pourra plus faire par la suite. On va voir aussi que malgré le succès critique de son émission de télé, tout n'allait pas bien pour le pauvre Serling qui doit toujours se battre contre la censure et aura peu de temps à consacrer à ses obligations familiales. Et le pire est que comme bien d'autres il finira broyé par la machine d’Hollywood, faisant des compromis et acceptant de faire des choses qu'il n'aime pas et on va le jeter lorsque son heure de gloire va passer. Une biographie prenante que j'ai eu du plaisir à lire. Le dessin est sobre et va bien pour ce type d'ouvrage. Cela m'a donné envie de regarder l'intégrale de la série La Quatrième dimension !
Les Poissart (Les Damnés de la terre associés)
Avec Jean-Claude Tergal et Raymond Calbuth, Tronchet a déjà produit quelques beaux spécimens de pauvres gens aux rêves cramoisis et dérisoires, en décalage avec le clinquant de la réussite sociale mis en avant par nos sociétés. Avec cette série il creuse l'idée, et va bien plus loin je trouve, en nous présentant une galerie déprimante de personnages cumulant à peu près tous les handicaps sociaux. Volontairement Tronchet les dessine moches, ils accumulent les mouises (échecs sentimentaux, désert affectif, chômage ou boulots de merde, humiliations diverses et variées, etc.). C'est souvent atroce, on a parfois l'impression que Tronchet en rajoute pour voir jusqu'où c'est supportable. Mais cette surenchère ne m'a jamais donné l'impression que ce cynisme était du premier degré, on finit paradoxalement par être touché par ces losers, au lieu de n'en avoir que pitié. C'est donc très noir, crasseux, hideux, mais c'est souvent très drôle ! J'ai à plusieurs reprises éclaté de rire devant des scènes pathétiques (comme lorsque l'épicier Grobert se prend pour un romancier incompris des éditeurs, et parcours la ville au volant de sa camionnette, en beuglant au micro des extraits de son roman, aux allures de porno hard et très con - mais je pourrais citer pas mal d'exemples vraiment drôles). Généralement atroce donc, mais finalement moins méchant que certains passages de BD de Rabaté contre la connerie humaine et les pauvres types déclassés. En tout cas, c'est une série amusante et cruelle dont la lecture est recommandé aux amateurs de l'auteur et, plus généralement, d'humour noir second degré.
Les Mémoires du Dragon Dragon
Les Mémoires du dragon Dragon, c'est un peu La Grande vadrouille pendant la Révolution, ou peu après puisque ce premier tome se déroule au moment de la bataille de Valmy qui est, rappelons-le, la première victoire de l'armée française pendant ce qu'on a appelé Les Guerres de la Révolution. J'ai aimé le ton léger. Rien que le titre (Valmy, c'est fini) en dit long sur l'intention des auteurs. Le personnage principal est un érotomane patenté qui ne pense qu'à ça ! Du coup, ce petit penchant bien naturel occasionne des scènes très cocasses. Ce qui est étonnant de la part de ce duo d'auteurs qui semble pris de passion pour l'époque napoléonienne, est leur incursion dans la gaudriole. Et force est de constater que ça leur réussi plutôt bien, très bien même. Les dialogues, le rythme enlevé et le dessin, plus "tradi" que dans le Tambour de la Moskova sert parfaitement le récit. On attend la suite avec avidité.
A qui profite l'exil ? - Le Business des frontières fermées
"L'immigration", "la crise des migrants", "le grand remplacement"... S'il est bien un sujet qui transpire quotidiennement de nos politiques en poste, c'est bien celui-ci. Pourtant, est-on au fait de ce qui et de qui se cache derrière ces grands/gros mots et autres concepts relatifs à l'exil souvent forcés de ces personnes ? Certains s'en moquent, d'autres pensent savoir ; cet album est l'occasion de balayer un certains nombre d'idées préconçues et de mettre aussi en exergue certains points méconnus ; il remet aussi en perspective les motivations de ces migrants en expliquant les causes souvent occidentales, mais pas que, de ces exils. Enfin, c'est aussi toute l'économie et l'exploitation qui découle de ces déplacements de population et sur lesquels on ferme les yeux qui nous est expliqué. Moi qui pensait être correctement informé sur le sujet, j'avoue avoir appris beaucoup de choses grâce à cet album. Le travail de documentation de Taina Tervonen est remarquable, et le format BD se prête bien à l'exercice. Jeff Pourquié qui semble apprécier le sujet pour avoir participé au collectif Immigrants chez Futuro en 2010, nous propose un trait réaliste un peu charbonneux merveilleusement mis en valeur par sa colorisation ; il illustre parfaitement l'enquête approfondie en la rendant vivante, en la ramenant à des parcours de vies. Un brin d'humanité dans ce monde de chiffres et de profit, ça fait plus que du bien ! Voilà donc un album très bien conçu qui lève le voile sur pas mal de points concernant l'exil et l'immigration, tout en nous interrogeant sur la liberté de circulation des personnes.
Cache-cache mortel à Bréhat
J'ai bien apprécié cette lecture distrayante et bien construite. Même s’il y a plusieurs références à Agatha Christie, j'y ai plus retrouvé l'esprit de la série TV "Meurtres au Paradis" dont je suis un grand fan. Un endroit paradisiaque, une commissaire faussement pataude flanquée d'un agent rigolo et une sale histoire qui s'enracine dans un passé glauque sont les ingrédients d'un scénario classique mais bien ficelé de Patrick Weber. Weber profite des légendes bretonnes pour nous en instruire et créer un écran de fumée dans le déroulement de l'enquête. Le récit est nerveux sans temps mort et la résolution propose un coup de théâtre bien dans l'esprit du genre. Le graphisme de Nicoby privilégie le dynamisme des personnages et des scènes intimistes à la carte postale de l'île. C'est simple mais je suis rentré assez vite dans la proposition de l'auteur qui met en valeur paradoxalement l'ambiance paisible des lieux. En outre j'ai beaucoup aimé la mise en couleur de Philippe Ory que je trouve très harmonieuse avec des éclairages qui valorisent la lumière de l'île. Une lecture de distraction très plaisante qui m'invite à découvrir les autres albums déjà parus. 3.5
Vercingétorix
3.5 Avant Philippe le Bel, j'ai découvert cette collection Histoire par cet album. Et c'était une agréable découverte. Le dessin et la colorisation sont bonnes et le scénario est parfaitement rythmé pour tenir le format 48 pages, contrairement à Philippe le Bel. Le dossier de fin est toujours très intéressant et donne des clés supplémentaires. Ce que je ne comprends pas, c'est que les auteurs assument avoir des scènes inventées (comme le tragique destin de sa femme enceinte) non nécessaires car l'histoire regorge déjà de rebondissements et de tragédies réguliers. Et pourquoi tous les personnages ont la même corpulence idéale et pour beaucoup des gueules de mannequin. En revanche, les faits réels sont tous exposés et évoqués, les termes correctement utilisés, l'arrangement des postes de bataille bien mis en images lors des affrontements. Tout n'est pas glorieux, comme les conséquences de la terre brûlée ou le dilemme des personnes "non prioritaires", et c'est courageux de le montrer sans détour pour contrebalancer le souffle héroïque du reste de l'histoire. Je suis en train de lire Charlemagne de la même collection et je dois avouer que celle-ci est une sacrée bonne entrée en matière pour découvrir différentes époques et les thématiques qui leur sont propres.
Les Murailles invisibles
Ludovic Rio m’avait déjà interpellé agréablement avec Aiôn. Quelques années se sont écoulées depuis mais bien content de le retrouver aux pinceaux, il s’associe cette fois avec Alex Chauvel qui assure le scénario (un inconnu pour moi mais renseignement pris c’est également l’un des fondateurs de la maison d’édition Polystyrène pour la petite histoire). Ces deux là nous propose un récit sf sur Terre diablement efficace. Je rejoins complètement l’avis de MacArthur sur le concept et sa mise en place, il fallait avoir l’idée mais en plus ici c’est restitué de manière très simple et limpide, une belle prouesse à mes yeux. C’est bien prenant et fluide, aidé en ça par la narration et le style sobre du dessinateur qui convient parfaitement au genre. Un beau duo d’auteurs pour un très bon moment de lecture, le seul petit point négatif (qui reste inhérent à beaucoup de 1er tome) est que finalement nous n’avons qu’une entame de série un rien frustrante. En gros, j’ai hâte de découvrir la suite, j’espère juste une parution rapide et une série pas trop longue. Une histoire somme toute classique mais accrocheuse par sa réalisation et son concept, une bonne surprise. 3,5
Les Petits Ruisseaux
Rabaté n'a pas son pareil pour développer une histoire simple autour de gens simples - et de bien le faire ! Il l'a fait de multiples fois, de façon inégale dans le rendu, et souvent avec une dose plus ou moins forte d'ironie, voire de vitriol. Mais souvent avec suffisamment de poésie, de finesse dans l'observation, pour que ça passe sans paraitre trop facile et "lâche". Ici je dois dire que, malgré certains côtés un peu trop "feel good", j'ai vraiment bien aimé cette lecture. La couverture nous montre un papy allant pécher, avec en commentaire "sexe, drogue et Rock 'n Roll": une rencontre improbable. Et pourtant. Le début est ronronnant, deux vieux qui pèchent, se racontent leurs exploits (l'un d'eux plus hâbleur, l'autre plus réservé, qui écoute et envie son camarade d'être encore resté vert), dans un bled rempli de piliers de comptoirs plus ou moins vantards et beaufs. Puis, après la mort de son pote, à la suite d'un enchaînement de circonstances loufoques et improbables (mais que Rabaté sait nous rendre crédible), notre vieillard réservé va voir sa vie prendre une tournure inattendue. En fait il va encore - ou enfin, c'est selon - vivre, pleinement, bien au-delà de ses rêves ou fantasmes: tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Quelques touches poétiques, quelques moments amusants, et une narration au plus près de notre héros, sans l'ironie noire qui souvent colore d'une autre teinte les histoires de Rabaté, c'est une lecture très plaisante. J'ai fait abstraction de certaines facilités (au moment où notre héros rencontre des squatteurs baba cool par exemple - son plan cul est assez improbable !), d'un côté un peu trop optimiste. C'est un album franchement très sympathique. Note réelle 3,5/5.