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Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blue note
Blue note

New-York, quelques jours avant la fin de la prohibition… La pègre est fébrile… Deux clans, deux ambiances, un boxeur sur le retour et un petit génie du jazz qui débarque en ville. Les acteurs sont en place, l’histoire peut commencer… Deux tomes au rythme endiablé, au dessin magnifique et à l’ambiance garantie. Le tome 1 est très bon, le tome 2 est meilleur encore avec un dessin capable de vous faire ressentir les impros de jazz comme si vous y étiez. Chacun de nos deux héros se retrouve pris dans un piège mafieux dont il est impossible de se dégager. Les deux héros évoluent séparément, se croisent à peine et pourtant leurs parcours finiront par se rejoindre. A un scénario vraiment prenant, s’ajoute une dimension historique passionnante : les dernières heures de la prohibition et des clubs clandestins. Un album sombre et musical : une vraie réussite !

05/11/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Germain et nous
Germain et nous

Pour avoir été adolescent dans ces années-là, je peux confirmer la justesse de l'analyse... Je n'ai cependant lu "Germain et nous" qu'adulte et, même si j'ai trouvé le départ de la série très maladroit -mais c'est juste au début !-, on arrive rapidement à un équilibre assez idéal entre le sujet et le trait de Jannin, spontané et -comme ses héros ?!- se limitant à l'essentiel. Le témoignage est utile car cette jeunesse particulière est la première a avoir été maintenue dans l'immaturité aussi longtemps (jamais autant de programmes n'avaient été consacrés aux enfants) tout en étant continuellement informée (si on veut...) par les médias du pire de ce qui se passait dans le monde. Je ne sais pas pour vous autres, chers cinquantenaires, mais j'ai mangé tous les jours de ce début de vie devant les images terribles de la famine au Sahel et/ou de la guerre au Liban ; quand ce n'était pas celles non moins choquantes de la faune engluée dans le pétrole de L'Amoco Cadiz... Ce curieux mélange a donné une jeunesse assez molle dans ses aspirations, à la fois tièdes et pourtant utopiques ; un peu à mi-chemin entre la précédente (les ultra-consommateurs éblouis qui n'en avaient rien à fiche du reste) et la suivante, revenue à des préoccupations plus immédiates. À travers ses personnages incroyablement bien cernés (à peu de choses près, je suis Luc-Luc !), Jannin nous offre une capsule temporelle pas mal rigolote, et je rebondis entre ses pages entre une certaine énergie -surtout musicale, ce qu'ont apporté de mieux ces années-là !- et la nostalgie de cette enfance qui n'en finissait pas, tant elle était cautionnée. Bon, je l'ai bien faite durer ; mais je suis sûr de ne pas avoir été le seul. Œuvre utile, donc ; mais pas seulement !

05/11/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Mitterrand et ses ombres
Mitterrand et ses ombres

Je ne connais que très peu Mitterrand, étant né peu de temps avant qu'il ne passe l'arme à gauche. Mais je pense que je sous-estime beaucoup l'influence et la place qu'il aura occupées dans la cinquième République, en tout cas celle d'avant Sarkozy (qui est le président avec lequel je me suis intéressé à la politique). Cette BD fut donc tout autant une façon d'être introduit aux fameuses affaires de Mitterrand qu'au chaos politique que fut la quatrième République. C'est intéressant de noter comme la BD lie les différents évènements, même si ceux-ci sont continuellement racontés par Mitterrand et donc parfaitement sujets à interprétation. Il semble se mettre en valeur ou tout du moins occulter volontairement certains aspects de son parcours, tendant à se mettre en valeur. Par contre, ce que je retiens surtout, en dehors du joyeux climat qui régnait sur la vie politique d'alors (entre guerre d'Indochine, d'Algérie, retour de De Gaulle et coups d’État) et surtout l'incroyable bourbier que représente la classe politique. Ça se tire dans les pattes, ça magouille, ça se crée des pièges pour discréditer aux yeux de l'opinion etc .... J'entends souvent parler des magouilles, mais non de dieu ce que ça semble calme comparé à cette période ! On parle quand même d'attentats au bazooka dans un contexte de tension à cause d'une guerre ou encore de faux attentats. Une ambiance de dingue, dis donc ! Ce qui ressort de tout ça me semble finalement assez classique : la classe politique s'arrange dans son coin avec ses soucis, ses avis et ses convictions, en les rangeant à loisir pour rester au pouvoir ou y accéder. La seule chose qui semble avoir disparu de cette BD, c'est la considération pour le reste des citoyens. On sert les intérêts supérieurs de la nation, qui semblent souvent bien trop loin. Si la BD est dessinée de façon assez sommaire (il est compliqué de reconnaitre des personnes surtout si vous n'avez pas vécu cette période) elle sert surtout à supporter le texte. Une BD politique assez intéressante pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas vraiment les rouages de la quatrième République et ses machinations en coulisse. Je comprends mieux l'aura qui baigna autour de Mitterrand et le personnage m'intrigue de plus en plus. On en aura vu passer des choses, dites donc !

04/11/2023 (modifier)
Couverture de la série La Vie secrète des arbres
La Vie secrète des arbres

Fred Bernard et Benjamin Flao adaptent avec talent le best-seller de Peter Wohlleben. Et je trouve que le format bande dessinée se prête parfaitement au sujet, rendant cette lecture accessible à tous, des plus jeunes aux plus anciens. Pour qui ne connaitrait pas le livre, Peter Wohlleben relate dans celui-ci son expérience, revenant sur les découvertes faites sur le sujet durant ces dernières décennies. L’adaptation se présente sous forme de chapitres saisonniers (printemps, été, automne, hiver et à nouveau le printemps), on y apprend ce qu’est un arbre, son importance pour la planète, ses interactions avec d’autres organismes vivants (champignons, insectes, oiseaux, mammifères), les spécificités selon les essences, les dégâts causés par l’homme (depuis les pluies acides jusqu’aux conséquences dues au réchauffement climatique en passant par l’exploitation forestière non raisonnée). Peter Wohlleben revient également sur les dernières découvertes en date concernant des sujets jugés fantaisistes par certains mais scientifiquement vérifiés (la communication entre les arbres, les principes d’entre-aide, la notion de douleur et de souffrance). J’aime beaucoup cette approche du monde végétal, qui contrairement aux modèles proposés par les religions monothéistes, place cet univers sur un pied d’égalité avec le monde animal (humains compris) ou le monde minéral. Cette impression d’appartenir à un grand tout me plait énormément et devrait permettre d’inciter chaque lecteur à respecter tout ce qui l’entoure. La bande dessinée synthétise bien le livre. Le dessin permet d’illustrer de manière claire les explications plus scientifiques tout en proposant beaucoup de planches naturalistes qui, du simple fait qu’elles illustrent des espèces faciles à observer dans nos contrées, parleront à tout un chacun. Le fait que Peter Wohlleben habite une région très proche de la mienne joue sans doute également de manière positive dans mon appréciation puisque sa forêt ressemble beaucoup à la mienne. Je m’y sens chez moi. Parce que ce récit incite à observer, écouter et respecter la nature, je trouve que sa lecture devrait être une priorité dans le monde enseignant. Du coup, j’ai tendance à pardonner certains défauts (des passages un peu lourds ou redondants, de petites erreurs d’écriture, etc…) tant je les trouve mineurs comparés à tout ce que ce livre peut apporter au lecteur.

04/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Kaboul Requiem
Kaboul Requiem

Excellent cet album !! C’est par son intermédiaire que je découvre le travail de Nicolas Wild, je vais volontiers me pencher sur ses autres productions, tant il m’a conquis ici. De la BD documentaire extrêmement bien troussée, l’auteur semble s’être fait une spécialité de cette région du monde. Dans le cas présent, il s’associe à un journaliste de la BBC pour retranscrire son témoignage chez les talibans. C’est vraiment bien raconté, j’ai particulièrement apprécié le ton et la narration de l’auteur, je n’ai pas lâché l’album. De la rencontre fortuite dans un avion, présentation de notre journaliste, flash-back, expériences afghanes …150 pages d’une belle densité remplies d’anecdotes plus ou moins truculentes (l’accoudoir, CIA, le nanewatay, le coup du pétard, le 1er feu tricolore de Kaboul …). Un récit dur mais que l’auteur arrive à rendre « léger » par son trait tout en rondeur, instructif dans le fond et qui ne cache pas les conséquences. Malgré une issue heureuse, Sean Langan aura du mal à se refondre dans la vie moderne. S’enfuir m’avait endormi, Kaboul requiem m’a captivé.

04/11/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Douze
Douze

Mmmmm ! Quel régal que ce thriller ! Douze, c'est le nombre de convives invités par l'Hydre dans un hôtel de luxe des Alpes en fin de saison. L'Hydre ? Personne ne sait qui elle est, si ce n'est qu'elle est à la tête d'une organisation criminelle de grande ampleur et que son petit plaisir annuel est de réunir dans un lieu un certain nombre de personnes toutes issues des "affaires", qu'elles soient d’État ou criminelles. Anciens flics, agents spéciaux ou tueurs professionnels, tout ce beau petit monde est convié à un repas où le silence est imposé, puis passé les Douze coups de minuit, le "jeu" peut commencer... Une seule règle : survivre, pour espérer intégrer la fameuse organisation de l'Hydre. Voilà un album haletant, tout en tension, qui sait tenir son lecteur jusqu'à son dénouement. Chaque personnage est bien campé et amené, se dévoilant délicatement au fil des pages... avant de disparaître... ou pas. Il n'y aura qu'un "élu". Graphiquement, Hervé Boivin que j'avais découvert il y a fort longtemps avec Le Sabre et l'épée nous propose un travail beaucoup plus abouti, dans un style réaliste. Ses décors son travaillés, ses personnages expressifs. Cadrages et découpages donnent tout le rythme nécessaire à ce petit jeu de massacre en huis-clos pour notre plus grand bonheur. Petite mention spéciale pour la couverture très réussi : ce filigrane d'armes couleur bronze en vernis sélectif en arrière plan du masque de l'Hydre et de l'hôtel où se confine l'action est une vrai réussite ; c'est de toute beauté ! Un vrai petit régal à déguster tranquillement dans son canap' au coin du feu !

04/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Mâchefer
Mâchefer

J'ai passé un excellent moment de détente à lire les trois épisodes de ce réparateur bourlingueur à la sauce Mad Max. Contrairement à la version Mel Gibson la proposition de Duval et Vastra est bourrée d'humour dans le texte et le dessin. L'action très punchy est bien au rendez-vous mais le côté violent est traité avec une distance et un humour qui me conviennent parfaitement. Si Mâchefer est une vedette assez convenue, les autres personnages (Bothrops, Corman, Jean-Mi ou Mintaka) ont des personnalités évolutives qui donnent du piquant au récit. La narration est dynamique, bien soutenue par le graphisme de Sébastien Vastra qui s'affermit tout au long des trois épisodes. Le tome 3 est le plus abouti graphiquement à mon goût avec un changement de mise en couleur réussi. Les deux premiers tomes restent très plaisants avec un dessin très dynamique et expressif où Vastra imprime son cachet. Une lecture détente qui s'avale comme une sucrerie sans se prendre la tête.

04/11/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Les Fleurs aussi ont une saison
Les Fleurs aussi ont une saison

Je ne connaissais aucune des deux autrices de ce petit pavé de quelques 240 pages et j'avoue que c'est une très belle surprise. Le pitch n'était pourtant pas très réjouissant sur le papier puisqu'il s'agit du récit tiré des tragiques moments de vie qu'a traversés la dessinatrice Cécile Porée. Elle va en effet perdre coup sur coup sa grand-mère, sa mère puis sa soeur... Dans le genre "loi des séries" de merde, on a une grande "gagnante" ! Et c'est à la même période qu'elle tombe enceinte... Grand télescopage émotionnel assuré ! Mais malgré ces drames, l'album rayonne et se veut une belle ode à la vie. Car si la confrontation à la mort est frontale et martelée pour la pauvre Cécile, on ne verse pas ici dans le pathos. La peine est immense, certes, mais la vie reprend ses droits malgré tout. Ce qui est remarquable dès les premières pages, c'est la douceur du dessin de Cécile Porée. Son trait réaliste fin et délicat, rehaussé de quelques couleurs par case est d'une grande poésie ; s'il contraste paradoxalement avec la dureté du sujet, il a su trouvé le ton parfaitement juste pour coucher sur le papier toutes ces épreuves, s'ajustant parfaitement avec le texte ciselé et incisif de Camille Anseaume. L'humour se glisse subrepticement au fil des pages, se jouant de cette mort tapageuse, nous rappelant que la vie n'a pas dit son dernier mot. L'explication du titre de l'album tient justement dans cet humour subtil qu'autorise ce genre de drames. Un TRES bon album sur un sujet sensible, traité de manière sensible et intelligente.

04/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Montagnes hallucinées (Tanabe)
Les Montagnes hallucinées (Tanabe)

Ce diptyque est encore une très bonne adaptation de la part de Tanabe de l’œuvre de Lovecraft. Et cette histoire est un condensé des thèmes habituels de cet auteur – et de ses méthodes pour développer une atmosphère inquiétante. Comme à chaque fois, Tanabe nous offre un très beau dessin, dans un style réaliste sobre et fluide, agréable à l’œil. Certains décors grandioses en pleines pages sont vraiment très chouettes. Il réussit aussi à très bien faire passer l’épouvante qui gagne les membres de l’expédition, avec des regards aussi hallucinés que les montagnes. Surtout, dans un bon Noir et Blanc, il réussit aussi à nous faire « voir » aussi bien les étendues neigeuses et glacées que la pénombre des entrailles de la cité abandonnée. Pour ce qui est de l’histoire elle-même, il y a un peu du « Monde perdu » de Conan Doyle, un peu du « The thing » de Carpenter pour certaines ambiances, au départ surtout. Mais ensuite, par petites touches, Lovecraft/Tanabe développe le malaise. Comme souvent chez Lovecraft, le malaise, la peur, le mal imaginé et angoissant viennent du passé et des profondeurs. C’est donc dans les couloirs souterrains de la cité oubliée, mais aussi dans les méandres d’un passé lointain (connecté aux lectures de l’explorateur, autour du Necronomicon), que le fantastique noir prend son ampleur. Et bien sûr il n’y a pas de réponse définitive aux questions que se posent explorateurs et lecteurs, mais c’est tout aussi bien ainsi. Ça permet à Lovecraft d’en remettre une couche dans une autre œuvre, et surtout à l’imagination du lecteur de poursuivre l’œuvre de création, en amplifiant l’ambiance angoissante développée. Tanabe a très bien su retranscrire le travail de Lovecraft, les deux albums se lisent très bien, et très vite – et agréablement !

04/11/2023 (modifier)
Couverture de la série La Couleur des choses
La Couleur des choses

J’ai eu l’occasion récemment (à Quai des Bulles) de voir l’auteur dédicacer un exemplaire, en réalisant un dessin à l’aide d’instruments dirigés par un ordinateur. C’était intrigant, mais je dois dire que c’est un peu froid, et pas forcément le genre de travail qui m’attire a priori. C’est un album qui m’avait attiré dès que j’en avais entendu parler, son caractère original, très clivant, ayant attisé clairement ma curiosité. Un ami me l’ayant prêté, j’ai mis quelque temps à m’y mettre, sentant qu’il faudrait un long moment de calme pour m’y consacrer – les vacances de Toussaint m’ont fourni cette occasion. Je dois dire que je suis sorti satisfait de ma lecture, même si mon sentiment est quelque peu mitigé. Disons pour résumer que j’ai trouvé cet album peut-être moins captivant qu’espéré, mais aussi moins « froid » que je ne le craignais. En fait, c’est l’entrée qui est difficile, le temps de se faire au « dessin », au design des personnages – et parfois des décors. C’est ce qui attire et/ou repousse certains lecteurs. Mais après ce court temps d’adaptation, ça passe très facilement, et la lecture devient plus fluide, et je n’ai pas été frustré par ce « dessin » finalement assez symbolique et presque abstrait. Le ramage est bien plus classique que le plumage – du moins pour sa majorité. Un gamin gagne le gros lot dans un pari hippique, mais peine à obtenir le paiement du bookmaker (il est mineur, son père doit contresigner le billet pour qu’il soit encaissé). C’est le début d’une aventure plus ou moins polar et/ou loufoque. A ce canevas assez basique, Pancaud ajoute au bout d’un moment en parallèle un truc qui au premier abord (et même au suivant !) parait absurde et complètement déconnecté, voire à des années-lumière de l’intrigue, avec l’histoire d’une baleine ! Il finit par retomber sur ses pattes à la fin (je dois dire que j’ai pressenti quelques temps en avance la chute). Cette partie « baleine », traitée de façon sérieuse, voire scientifique, ajoute un côté froid à un ensemble qui n’en manque pas, mais en même temps pimente l’intrigue d’une dose d’absurde et d’humour noir qui relève clairement le plat au final. Voilà donc un album dont la lecture est intéressante. L’intrigue de base est très basique, mais son traitement graphique des plus originaux, et quelques digressions la font sortir des sentiers battus. Les lecteurs curieux trouveront leur bonheur dans cet album. J’étais parti pour ne mettre que trois étoiles, mais l’originalité formelle me fait arrondir au niveau supérieur. Note réelle 3,5/5.

04/11/2023 (modifier)