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Couverture de la série Les Aventures de Buck Danny (classic)
Les Aventures de Buck Danny (classic)

Enfin ! Voici un retour aux sources éminemment salutaire ! La série Buck Danny est née en 1947. Ce bon vieux Buck débute ses aventures au moment de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor. Et depuis 1941, il a pris les manettes d’à peu près tous les avions existants afin de survoler tous les champs de bataille pour le compte de l’Oncle Sam. S’il y a gagné quelques galons, il n’a miraculeusement pas pris une ride, ni perdu un seul cheveu de son invraisemblable casque blond. Un cinquante troisième album vient d’ailleurs de paraître dans lequel l’aviateur le plus célèbre de la BD affronte de méchants iraniens. Mais il faut bien reconnaître que dans le contexte actuel, avec ses guerres qui ont changé de forme, on manque d’occasions permettant d’évoquer de vraies belles histoires de combats aériens. De toutes façons, l’électronique a mis fin aux combats tournoyants de l’époque héroïque ; désormais, nos héros se bornent à essayer d’éviter des missiles intelligents tirés à des dizaines de kilomètres. Les qualités du pilote ne sont plus aussi décisives et ils passent un temps fou à jouer avec des ordinateurs. Bientôt Buck Danny pilotera un drone depuis son fauteuil. Et puis comme Lady X se tient tranquille… Les aventures de Danny, Tumbler et Tuckson ne sont pas devenues mauvaises, mais elles manquent de ce souffle qui les animait durant les grandes années de la Guerre froide. La bonne idée de cette série parallèle est de mettre en scène les tribulations de Buck Danny durant l’époque classique. Elle pourra ainsi combler les vides de sa biographie en racontant des histoires que les auteurs historiques, Jean-Michel Charlier au scénario et Victor Hubinon au dessin, n’ont pas eu le droit de narrer pour cause de censure. En effet, la fameuse loi française du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse a passablement compliqué le travail de Jean-Michel Charlier. Dans un souci de réalisme, il voulait essayer de coller à l’actualité et rêvait d’envoyer ses héros sur les vrais champs de bataille de son époque. Mais lorsqu’il publia Ciel de Corée dans le magazine Spirou en 1954, la redoutable commission de censure lui interdit de diffuser sur le territoire français des planches de BD jugées trop politiques pour être servies à de jeunes gens. À partir de ce moment et pour de nombreuses années, Charlier déploya son talent de raconteur d’histoires pour envoyer Buck et ses compagnons dans des pays imaginaires dont le nom et les caractéristiques évoquent de manière transparente des réalités sans jamais les citer nommément [sur ce sujet, je conseille la lecture passionnante du Grand Atlas des pays imaginaires de la bande dessinée de Jean-François Douvry et Claude Serrière]. Cette démarche participe au charme des scénarios de BD des années 1950 et 1960, mais elle a aussi privé les lecteurs de bonnes histoires. Et c’est justement là que cette nouvelle série prend tout son sens en s’attachant à réparer cette frustration originelle. Les auteurs s’appliquent énormément pour faire du Charlier & Hubinon et ils y parviennent bien. Au scénario, Frédéric Zumbiehl livre une histoire bien ficelée, avec des rebondissements conformes à ce que l’on attend du genre ; il s’offre même le luxe de développer son récit sur plusieurs albums, comme n’hésitait pas à le faire Charlier dans ses meilleurs albums. Les ficelles du scénario sont grosses, certes, mais Charlier lui-même lorsqu’on lui faisait ce reproche, répondait « ce ne sont pas des ficelles, ce sont des cordes ! ». Alors, oui : l’histoire peut paraître simpliste, les personnages fort manichéens, l’humour patapouf, les dialogues très bavards… C’est du Buck Danny, en somme, on ne fait pas dans la demi-teinte. Moi, j’aime bien. Un petit reproche tout de même : quelques redondances dans l’exposition de la situation stratégique par les Américains puis par les Soviétiques, mais ça nous permet de voir Staline à l’œuvre, ce qui aurait été impossible à l’époque à cause de la censure. Au dessin, Jean-Michel Arroyo fait du bon travail. Il en essaie même de copier les tics d’Hubinon : les cases avec des personnages qui ne semblent pas s’occuper de leurs interlocuteurs, parlent en occupant le premier plan et regardent le lecteur, la décomposition de l’action en plusieurs cases muettes… Il s’en tire bien le bougre, et ses scènes aériennes sont convaincantes. Pour résumer, le premier tome de cette série, Sabre sur la Corée est une bonne surprise. Il constitue un retour aux fondamentaux pour des héros qui peinent à trouver un nouveau souffle depuis que leurs créateurs ont disparu. Il est amusant de constater à quel point certains personnages emblématique peuvent perdre leur âme en devenant nos contemporains. J’ai du mal à imaginer Blake et Mortimer avec des smartphones, ou Tintin actualisant son profil facebook. D’autres personnages, comme Lefranc récemment ou Spirou dans la série parallèle Une aventure de Spirou et Fantasio par..., se sont ressourcés lorsque les auteurs les ont renvoyés vers l’époque qui les a vu naître. Pour moi, Buck Danny est ancré dans la Guerre froide et j’espère que ce retour au passé donnera un coup de jeune à sa série ronronnante. Je donne un 4-/5 en attendant la suite qui restera je l'espère dans la même veine.

16/02/2014 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 4/5
Couverture de la série Le Sursis
Le Sursis

Gros classique de la collection Aire Libre réalisé par un auteur majeur de la BD, Jean-Pierre Gibrat dont je ne connaissais pas l'oeuvre, il était grand temps pour moi de découvrir tout cela. C’est chose faite et effectivement, c’est superbe. L’histoire sur fond de guerre est passionnante, avec une bonne touche de sentimentalisme, mélancolie et de poésie qui servent à merveille l’ambiance de ce petit village aveyronnais. Les personnages sont extra, avec une forte personnalité et la narration est plus que parfaite. Les dessins et couleurs sont sublimes et représentatifs de ce que j’aime en BD. Je vais de ce pas, lire « le vol du corbeau » et retrouver la compagnie de la très belle Cécile. Un diptyque à lire bien évidemment.

16/02/2014 (modifier)
Par etoilawst
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Messager
Le Messager

Une série très agréable à lire. Le suspense est omniprésent et on parcourt avec avidité les pages de ces albums. L'action est soutenue. Les personnages ne sont pas caricaturés et ont une véritable profondeur. Moi qui ne suis pas un fan des histoires "ésotériques" je dois avouer que j'ai pris un grand plaisir à la lecture de ces tomes. J'ai un coup de cœur pour la fin du troisième tome.

16/02/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Crépuscule des braves
Le Crépuscule des braves

Cette année ma récolte de BD anciennes et semi-anciennes à Angoulême fut bonne, en voici un exemple avec cet album que j'avais repéré grâce à BDthèque. Comme les autres volumes de cette collection Histoires de l'Histoire, l'album s'ordonne en courts chapitres présentant différents types de batailles (siège d'Orléans, pillages des Ecorcheurs, épisode d'Henri de Wurtemberg, duel de Bayard) et le rôle de l'artillerie qui changea le sort des combats, notamment ici lors de la guerre de Cent Ans. La chevalerie est au coeur du sujet, ou plutôt sa fin, ses nobles vertus ayant conditionné la vie médiévale au coeur des batailles. Mais surtout, les auteurs s'attachent à illustrer non pas de grands faits d'arme, mais plutôt des épisodes moins connus et restés plus discrets dans la grande Histoire, dont certains m'ont rafraîchi la mémoire et que j'avais complètement oublié, tel celui de la dernière charge de chevalerie sur la plaine de Bulgnéville en 1431, où périt Barbazan, et qui rappelle la bataille funeste d'Azincourt. Il est intéressant aussi d'évoquer le personnage de Rodrigue de Villandrado, un des plus fameux chefs de soudards de ce temps. Bref, je suis conquis par cet album où Giroud fait preuve de rigueur et rode déjà son style documenté et précis, ainsi que son goût pour le beau langage médiéval, tandis que le dessin de Tarral accuse un côté un peu statique, mais se révèle honnête. A cela s'ajoutent des pages éducatives qui renseignent sur les armures du XVème siècle, ainsi qu'un tableau chronologique situant les événements. Du bel ouvrage.

16/02/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série King's Game
King's Game

C'est un thriller ado qui commence à la manière de Death Note avec des règles bien précises qui entraînent la mort de ceux qui ne les respectent pas. L'introduction est plutôt moyenne et peu avenante mais plus le récit avance, plus la tension monte et on est finalement en plein dedans. En effet, à la fin de chaque tome, on n'a qu'une envie: connaître la suite avec impatience. C'est vrai que la technique n'est pas nouvelle pour susciter le suspense. Cependant, l'efficacité sera de mise car tout est conçu pour tenir le lecteur en haleine. Bref, le pari est réussi à ce niveau. Par ailleurs, et pour ne rien gâcher, le trait paraît plutôt avenant en étant fin. Le découpage et la mise en scène sont parfaitement équilibrés. Sur la forme, c'est convenable car le dessin ne s'embarrasse pas des détails pour aller à l'essentiel. Il y a un très fort rythme de la narration. Au niveau des incohérences du scénario, on se rend compte que les morts s'accumulent et que la police semble absente. Le monde des adultes est totalement écarté. On a l'impression de plonger dans un délire d'adolescent avec l'introduction d'une dose de fantastique. En conclusion, on passe un agréable moment de lecture assez addictive. A qui le tour ? A noter qu'après 5 tomes, une seconde saison serait en cours en prenant les mêmes bases scénaristiques que la première.

08/01/2014 (MAJ le 16/02/2014) (modifier)
Couverture de la série les Inoxydables
les Inoxydables

J'ai découvert cette bande en N/B dans Charlie Mensuel vers 1982-83 ; c'est une série très rythmée qui va à 100 à l'heure, et pleine d'humour, avec un zeste d'érotisme conforme aux Bd du début des années 80 dans ce journal. Véritable référence aux Incorruptibles par son titre et son décor de Prohibition dans l'Amérique des années 20 (les fameuses "roaring twenties"), la série affiche un ton pas toujours sérieux qui est très plaisant, les scénarios de Mora étant plein de fantaisie. L'époque est à peu près la même que celle de Les Mystères de Chinatown, précédente série de Parras, et la colorisation y est aussi chargée, sauf que là, c'est pas vu du côté d'un privé, mais du côté des gangsters, des bootleggers et des aventuriers dépassés par les événements que sont les 2 héros, qui subissent l'action plus qu'ils ne la créent. Parras dynamise son trait, il est plus nerveux mais aussi épais que dans ses autres créations, et dessine des filles superbes pour un cocktail action/humour très réussi. De l'excellente lecture de détente passée à l'époque (presque) injustement inaperçue. Les 5 albums sont assez faciles à trouver en occase.

16/02/2014 (modifier)
Par Pedrolito
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyage des Pères
Le Voyage des Pères

J'ai passé un bon moment en compagnie de cette BD. Les dessins collent bien au texte, les couleurs ne font pas tache. Le style me rappelle un peu celui d'Alim le Tanneur, du très bon donc. L'histoire est quand à elle des plus connues, mais l'auteur parvient à donner envie de lire la suite. L'humour tombe juste et fait penser à celui que l'on peut trouver dans Kaamelott (en moins bon tout de même). Pour résumer: un agréable moment ! Je recommande.

16/02/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Jade
Jade

Jade nous conte le parcours d'un occidental dans le Tibet lors de l'invasion chinoise en 1959. L'action démarre très fort, un peu comme si on avait loupé le début d'un film. On ne saura rien sur la relation entre Harry et Pema, comment ils se sont rencontrés etc... Il y a un peu un côté Indiana Jones mais sans le côté fantastique. Par contre, Harry n'est pas un sentimental avec les armes car il n'hésite pas à tuer de sang froid. On est finalement très vite happé par cette bd grâce à son découpage plutôt dynamique. J'ai bien aimé cette exploration de la culture tibétaine. Il y aura également une grosse part au fantasme des occidentaux de voir de la magie à ce qui est loin et qu'ils ne connaissent pas. Jade sera tout un symbole. A noter également un dossier de notes de 8 pages de l'auteur en fin de volume qui sera très intéressant pour nous exposer le problème des relations entre la Chine et le Tibet. Dommage que le format d'édition soit si petit car ce n'est pas judicieux ainsi qu'une bonne mise en valeur. C'est un bon one-shot à découvrir. Le dynamisme du jeune auteur (24 ans) nous emporte vers l'aventure. J'ai franchement senti de grandes potentialités et donc un grand talent. Jade est l'une de ses premières bd et c'est déjà impressionnant de maturité. Il a été lauréat jeune talent en 2008 à Angoulême. J'espère qu'il percera.

16/02/2014 (modifier)
Couverture de la série Yossel
Yossel

Joe Kubert conclue sa préface autobiographique par cette phrase : « C’est une œuvre de fiction basée sur un cauchemar qui a réellement eu lieu. » Il a hélas raison sur ce dernier point… Fils de parents juifs polonais ayant réussi à émigrer vers les Etats-Unis à la fin des années 1920, Kubert se demande dans l’introduction ce qui se serait passé si sa famille était restée en Pologne. Un peu comme les survivants des camps– à un degré moindre évidemment -, il se demande pourquoi il a échappé, lui, à cette horreur, au contraire de tant d’autres innocents. L’essentiel de l’album retrace la révolte héroïque et sans issue des derniers survivants du ghetto de Varsovie lorsque les Allemands ont décidé de le liquider. La seule parenthèse durant la montée de la tension n’apporte aucun air salvateur, puisque c’est un Juif échappé d’Auschwitz qui révèle l’horreur des camps de la mort à Yossel, le gamin personnage principal du récit. C’est en effet une fiction, mais sur le cauchemar qu’a été la Shoah, c’est sans doute la bande dessinée qui m’a le plus bouleversé. Bien plus que Maus par exemple. Kubert explique pourquoi il a volontairement pris le parti de n’utiliser que des esquisses, des crayonnés, en se privant de couleur. Son choix est justifié, car le résultat est vraiment plus que réussi et, même si ce n’est pas la priorité ici, cela met en valeur son joli coup de crayon. A lire, à méditer. Un coup de cœur pour un haut le cœur…

15/02/2014 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kraa
Kraa

Gloups ! Étonnant cet album… D’un côté je trouve l’histoire, prise de manière isolée, très (très) classique et surtout déjà vue. D’un autre côté, son traitement, sa narration et l’élément fantastique qu’elle propose lui confèrent un aspect épique, voire grandiose. J’ai terminé le premier album en le lisant d’une traite car le sentiment de déjà vu laisse peu à peu la place à la curiosité et au suspens. Bien traité donc car je me suis senti transporté dans ces vallées sauvages et dans cette relation entre un enfant et un aigle. Cet aspect épique, l’album le doit en grande partie à l’aspect graphique qui est tout simplement extraordinaire. La nature est tellement bien rendue, les paysages sont magnifiques et chaque planche est réalisée avec soin. Au final, je reste prudent car je me demande dans quelle mesure le récit va pouvoir m’étonner, auquel cas je relèverais sans nul doute la note de la série. Ou sinon, bien que l’histoire soit banale, son traitement et la réussite graphique valent le détour. Je conseille donc la série et ne suis pas étonné de voir tant d’avis élogieux la concernant ! Et après lecture de la trilogie, agrémentée pour la sortie du dernier tome d'un coffret, j'augmente ma note à 4/5 car elle le mérite amplement. L'histoire est hyper bien rythmée, et suis, au fil des saisons de la vallée, le jeune indien et son frère l'aigle. J'ai au final beaucoup apprécié l'originalité de la narration. Et je le répète, quelle claque visuelle! Sokal nous livre ici un travail titanesque qui mérite des éloges. Je conseille sans hésiter cette lecture et l'achat de cette aventure grandiose!

08/02/2011 (MAJ le 15/02/2014) (modifier)