Eh bien moi j'ai adoré le premier tome de cette série qui à mon avis risque de connaître un grand succès . Elle vaut vraiment le détour car j'ai pris beaucoup de plaisir à lire les aventures de ces vikings. Comme d'autres posteurs avant moi certains aspects de cette série m'ont fait penser au célèbre gaulois dont il n'est plus utile de rappeler le nom , je pense en particulier aux jeux de mots , aux clins d'œil à des films célèbres mais aussi à un humour proche de celui que l'on peut trouver dans les aventures de ce célèbre personnage. Alors il est clair que je ne pouvais qu'être emballé par ce récit qui me rappelle étrangement Astérix et ses aventures.
L'histoire est sympathique car elle nous transporte sur une petite île dans un village viking menacé d'anéantissement par un volcan sur le point d'entrer en éruption . Un petit groupe d'habitants ( composé d'un vieux sage et de deux guerriers très différents l'un de l'autre car l'un est costaud et courageux , l'autre est petit, nerveux et il prend plus de coups qu'il n'en donne) est envoyé à la recherche d'une terre d'accueil pour toute la population du village.
Ces trois personnages aussi drôles qu'attachants nous entraînent grâce à leur quête sur les terres d'Ecosse où ils vont rencontrer des habitants très attachés à leur pays .
L'humour est au rendez-vous mais aussi l'action car on n'a pas le temps de s'ennuyer durant les aventures de ces trois sympathiques personnages.
Le dessin est très réussi et je suis persuadé que ce style très agréable à regarder s'accorde parfaitement au récit.
Il me tarde déjà de lire les nouvelles aventures de ce joyeux trio de vikings.
Par contre je ne pense pas que cette série sera composée d'une histoire par tome . On peut dire qu'à la fin du premier tome la quête des personnages est loin d'être terminée. Ce n'est pas comme dans les albums d'Astérix où les héros reviennent à la fin de chaque aventure dans leur village pour festoyer et parfois participer à une belle bagarre générale. A mon avis Walhalla sera plutôt une série dont les tomes se suivront plus ou moins.
En tout cas n'hésitez pas à vous lancer dans les aventures de ces vikings hors du commun car vous ne le regretterez pas.
L'histoire de deux célèbres cambrioleurs qui tombent, lors d'un casse, sur un film compromettant un des plus grands magnats de la ville. Attirés par l'appat du gain, ils décident de le faire chanter ; mais bientot ce "client" s'avère être un trop gros poisson pour eux. Trés vite nos deux comparses deviendront le centre de toutes les attentions et vont vivre une véritable descente aux enfers.
L'action se déroule dans un Bordeaux version fin XIXe début XXe siècle mélangé à des éléments futuristes. Le récit développe une histoire des plus sordides, sombre et sans concession qui n'épargnera aucun des personnages et dans laquelle cruauté, violence, corruption, manipulation, magouille règnent en maitre.
Entre flahbacks, action, rebondissements et courses poursuites le scénario incroyable de maitrise et de justesse nous tient en haleine du début à la fin.
Ayant découvert cette série tardivement, je n'ai pas souffert comme certain de la longue attente entre le second et le dernier tome ; du coup pour moi la fin, quoi qu'un peu précipité, reste dans le même ton trés sombre ressenti depuis le début et ne m'a pas choquée plus que ça.
Bref, malgrés un dernier album trop attif voici une bonne série qui mérite vraiment le coup d'oeil.
Blotch est un sale type, vichyste et collabo avant l’heure… et pourtant c’est un régal de suivre ses péripéties dans le Paris du Front Populaire.
Réactionnaire et artiste raté, il est méprisant avec tous les nouveaux courants artistiques de son époque.
Blotch n’est pas sans rappeler l’odieux Ignatius J. Reilly, antihéros de La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole.
J’ai trouvé ces histoires courtes savoureuses, adhérant totalement à l’humour si noir de Blutch. Le trait de ce dernier est remarquable, tout en esquisse, jouant habilement avec le noir et blanc.
Au final, le seul reproche que je pourrais faire à l’auteur, c’est de ne pas avoir davantage développé sa (trop courte) série.
3.5
Une excellente série.
J'avais un peu peur de ne pas accrocher car le dessin ne me plait pas trop (et c'est toujours le cas) et heureusement j'ai vite accroché au scénario. Non seulement le scénariste a beaucoup d'imagination et surtout il maîtrise parfaitement son scénario. J'aime particulièrement lorsqu'il présente des scènes se passant à différentes époques sans que le scénario ne devienne inutilement compliqué.
Toutefois, j'ai un peu perdu de mon enthousiasme au fil des tomes. C'est toujours aussi bon, mais je trouve que dans les tomes 3 et 4, le scénario avance un peu lentement et certains passages ne m'ont pas intéressé. Le tome 5 est, heureusement, excellent et j'ai hâte de lire la suite !
Tout aussi réussi que Le Sursis. Il y a un vrai souffle épique à travers ces deux grands diptyques. Même si on peut les lire séparément, il est bon de commencer par Le Sursis car un personnage clé revient ici dans le "Vol du corbeau" et ce pour notre plus grand plaisir.
Les personnages sont toujours aussi forts, chaleureux et attachants (surtout la très belle Jeanne)
J'en ai lu pas mal des histoires sous l'occupation allemande mais il y a vraiment ici un petit plus niveau ambiance...On sent la patte d'un grand auteur.
Merci à Gibrat pour le clin d'oeil au film "la traversée de Paris" page 36 (case 1) où on peut apercevoir les deux grands sieur Bourvil et Gabin, c'est super.
Achat vivement conseillé et à lire bien évidemment.
Après le très réussi Une nuit à Rome, Jim nous revient avec un nouveau diptyque, poétiquement intitulé "Où sont passés les grands jours?"
Le titre est différent mais le thème reste le même, celui de crise de la quarantaine. J'avoue que, contrairement aux autres albums de Jim, je ne me suis pas précipité sur l'achat de ce premier volume.
Peur d'un scénario répétitif, sans doute ; mais aussi d'un dessin assez proche du manga, je trouve, malgré des couleurs superbes à mon goût. En effet, les personnages principaux masculins -Hugo notamment- sont parfois représentés de manière trop simplistes (ils ne semblent pas avoir dépassés la trentaine alors qu'ils ont normalement 40 ans). C'est le seul point négatif que je peux trouver au dessin. Mais au fil des critiques que je peux trouver ça et là, je me suis laissé tenté par cet album.
Sinon, côté scénario, ce premier volume laisse planer beaucoup de mystères : la signification des cadeaux, mais aussi l'aveu d'Hugo dans les dernières pages, aveu que l'on attend vraiment pas et qui donne envie de lire la suite.
Décidément, Jim possède un certain talent pour ménager le suspens mais surtout le génie de faire ressortir en nous le côté nostalgique des quadras que nous sommes. Entre mensonges, couardises et silences pesants, Jim dépeint une génération pleine de doutes dans laquelle je me reconnais, malheureusement, pleinement.
Il faut noter que, suite à l'engouement pour l'édition "dos toilé" de canalbd pour Une nuit à Rome, suivie par un tome 2, également sous la même forme mais cette fois-çi par Bamboo édition , l'éditeur nous propose deux versions de ce premier opus, une dite "commerciale", et une seconde éditée à 1000 exemplaires, avec un cahier graphique non dénué d'intérêt.
J'ai évidemment préféré cette dernière édition, très belle au demeurant et qui rejoindra les "dos toilé" d'une nuit à Rome".
L'expo Tardi à Angoulême cette année m'a bouleversé et ému au point que j'ai eu envie de me replonger dans cet album que je n'avais pas relu depuis très longtemps ; je l'ai donc emprunté en ayant sans cesse à l'esprit le film Les Sentiers de la Gloire de Stanley Kubrick, qui lui fait écho. Ce brûlot antimilitariste qui n'a été distribué en France que 18 ans après sa sortie tant ça dérangeait, est le réquisitoire le plus féroce sur l'absurdité de la guerre. Cette année 2014 va commémorer le centenaire de cette guerre 14-18, c'est une raison supplémentaire pour lire cet album.
La préface de Tardi avertit le lecteur du contenu, elle est claire et nette, on sait ce qu'on va y trouver. Les mots sont crus, le dialogue de la Bd aussi, accentuant le ton pathétique. Je ne peux m'empêcher de ressentir une profonde amertume en lisant ces pages, on en sort essoré, étrillé, démoralisé et finalement heureux de retrouver sa femme, ses gosses et sa vie quotidienne, quand on sait que tous ces pauvres gars ont eu leur vie bousillée. Tardi transmet tout son dégoût de la guerre dans cette Bd dont on ne ressort pas intact, et qui démontre avec une acuité rare la vanité de ce conflit qui ne fut qu'un gigantesque abattoir humain ; c'est un témoignage poignant mais nécessaire pour son devoir de mémoire.
Le choix de ne pas faire un recueil historique sur les événements connus de Verdun ou des autres champs de bataille est très bon ; Tardi préfère raconter de petites histoires qui sont des instantanés d'un quotidien du poilu bien plus authentique, parce que tous ces épisodes sonnent vrai, Tardi les a sûrement recueilli dans des Mémoires de soldats. Chacun met en exergue l'aspect dérisoire que rencontrent les protagonistes. Pour la même raison, il n'y a pas de héros central, car chaque acteur de ces saynètes tragiques est un héros anonyme, surtout que Tardi ne montre pratiquement aucun gradé imbécile, que des pauvres gars sortis de leurs faubourgs ou de leurs cambrousses, et que la machine de guerre a broyé sans pitié.
Parfois les images sans dialogues sont plus parlantes, elles sont le reflet constant d'un vécu abominable, d'un enfer où ces poilus ont enduré horreur, privations, maladies, froid, rats, odeurs de pisse et de merde, odeurs de cadavres, et surtout une immense souffrance ; on ressent tout ça par des dessins criants de vérité.
Une immense tristesse s'empare aussi de l'esprit quand on parcourt ces pages, je pense particulièrement à ces images atroces où Tardi montre ces gars accrochés dans les barbelés ou agonisant la bouche ouverte dans la boue des trous d'obus...des visions difficiles à oublier.
Le N/B de Tardi prend ici toute sa signification, soulignant l'horreur et le désespoir. C'est une oeuvre magistrale, d'une intense émotion, à lire absolument, même si on ne s'intéresse pas à cette guerre (c'est mon cas), car on doit tous savoir ce qui s'est passé dans ces tranchées.
J'ai encore ramené ça d'Angoulême cette année, c'est le genre de BD sympathique des années 80 que j'avais zappée à l'époque car j'avais probablement d'autres préoccupations littéraires. C'est du petit western agréable, ou plutôt de l'aventure indienne, car ce n'est pas la période classique du western, puisque l'action se situe en 1750, époque où les Français et les Anglais se livraient une compétition implacable pour la possession de leurs colonies nord-américaines.
Au milieu de ces luttes farouches, les tribus indiennes autour des Grands Lacs ont souvent été manipulées par ces 2 grandes puissances qui les prenaient pour des sauvages sans se soucier si les terres leur appartenaient ; c'est ce que cette Bd démontre avec un peu moins d'acuité que d'autres Bd ayant pour décor cette Amérique et ce Canada du XVIIIème siècle. La bande reste surtout agréable pour son côté aventureux et son personnage principal ; elle ne fut hélas pas poussée au-dela de 2 albums.
Elle est dessinée par un Francis Vallès débutant qui possédait déjà un trait plus que correct (en dépit de plusieurs fonds blancs), annonçant sa maîtrise future. Une série très peu connue qui mérite de l'être. Achat facile et pas cher en occase.
Il y a longtemps que je pistais cette petite série, j'ai réussi à trouver quelques albums ; jusqu'ici, ils étaient assez durs à trouver (ou alors trop chers) car bien cotés au BDM, ça vient du fait que Ouest-France n'est pas un éditeur spécialisé dans les BD, et il n'y a qu'à Angoulême qu'on peut avoir un prix de festival chez FZ.
Diffusée à partir de 1984 dans le journal Ouest-France, la bande s'inscrit dans le ton des Bd des journaux Spirou ou Tintin des années 70, dont le héros Rona est un journaliste qui enquête sur des sujets très contemporains. Dégourdi, dynamique et ingénieux, il a pour amie une ravissante fille aux formes épanouies et généreusement suggérées ; un joli contraste avec les autres personnages masculins qui sont en général gros, laids ou grotesques, le graphisme de Malo Louarn ayant tendance à malmener les silhouettes. Seuls Rona et sa copine sont joliment dessinés, les autres sont toujours caricaturés.
Je connaissais le style de ce dessinateur breton découvert dans le journal Tintin en 1972 avec une petite série qui ne fit pas long feu : "Folklo et Goulven" ; son style est un combiné qui s'inspire un peu de Franquin et Fournier, c'est assez plaisant, ses cases sont bien remplies et truffées de détails. Les histoires ne sont pas transcendantes, plutôt classiques mais bien tournées et basées sur des préoccupations modernes et actuelles, avec un ton humoristique dominant. Une attachante série très peu connue.
J’ai découvert l’univers de Charles Burns sur le tard, avec ses publications récentes chez Cornélius (j’aime beaucoup les deux premiers tomes de la trilogie inaugurée par Toxic, y compris la colorisation).
On a ici un Noir et Blanc adapté à une histoire finalement assez intimiste. Je ne connais pas la vie ou la personnalité de Burns, et ne sais donc pas ce qu’il met dans ses albums d’autobiographique, mais ça semble quand même très personnel (là j’extrapole sûrement trop ?). C’est en tout cas une écriture qui se prête à une lecture psychanalytique.
Mais sans aller chercher les racines de ce qui affleure, les non-dits, j’ai apprécié cette lecture. En effet, Burns a su m’intéresser avec ces histoires d’adolescents qui se cherchent (dans tous les sens du terme), qui s’exaltent ou s’ennuient, qui espèrent ou redoutent le passage à l’âge adulte. Du banal donc au départ, mais au travers du prisme de Burns, c’est original et intriguant.
Quant à la maladie contagieuse touchant les adolescents, qui en tue certains et qui laisse sur les autres des stigmates plus ou moins visibles (boutons, bouche en forme de sexe de femme sur le cou, mutations diverses et variées comme la queue faisant de Liza une femme lézard…), peut-on y lire une présentation détournée du SIDA, qui a modifié les relations – sexuelles entre autres – des adolescents (mais pas que), surtout ceux refoulant les interdits en tout genre ?
Burns distille le malaise par petites touches (les mutations, mais surtout tous les passages dans les bois où se réfugient les adolescents atteints par la « peste ado » ou en rupture de ban), et je me demandais aux deux tiers de l’album (je l’ai lu dans l’intégrale Delcourt) où il voulait en venir, et surtout jusqu’où il allait nous mener.
Et là je reste un peu déçu par la fin, qui voit tension et intérêt baisser.
Peut-être pas le chef d’œuvre que beaucoup veulent y voir, mais en tout cas une œuvre intéressante, pleine d’une lumière noire et poétique. A lire, c’est certain.
Note réelle 3,5/5.
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Walhalla
Eh bien moi j'ai adoré le premier tome de cette série qui à mon avis risque de connaître un grand succès . Elle vaut vraiment le détour car j'ai pris beaucoup de plaisir à lire les aventures de ces vikings. Comme d'autres posteurs avant moi certains aspects de cette série m'ont fait penser au célèbre gaulois dont il n'est plus utile de rappeler le nom , je pense en particulier aux jeux de mots , aux clins d'œil à des films célèbres mais aussi à un humour proche de celui que l'on peut trouver dans les aventures de ce célèbre personnage. Alors il est clair que je ne pouvais qu'être emballé par ce récit qui me rappelle étrangement Astérix et ses aventures. L'histoire est sympathique car elle nous transporte sur une petite île dans un village viking menacé d'anéantissement par un volcan sur le point d'entrer en éruption . Un petit groupe d'habitants ( composé d'un vieux sage et de deux guerriers très différents l'un de l'autre car l'un est costaud et courageux , l'autre est petit, nerveux et il prend plus de coups qu'il n'en donne) est envoyé à la recherche d'une terre d'accueil pour toute la population du village. Ces trois personnages aussi drôles qu'attachants nous entraînent grâce à leur quête sur les terres d'Ecosse où ils vont rencontrer des habitants très attachés à leur pays . L'humour est au rendez-vous mais aussi l'action car on n'a pas le temps de s'ennuyer durant les aventures de ces trois sympathiques personnages. Le dessin est très réussi et je suis persuadé que ce style très agréable à regarder s'accorde parfaitement au récit. Il me tarde déjà de lire les nouvelles aventures de ce joyeux trio de vikings. Par contre je ne pense pas que cette série sera composée d'une histoire par tome . On peut dire qu'à la fin du premier tome la quête des personnages est loin d'être terminée. Ce n'est pas comme dans les albums d'Astérix où les héros reviennent à la fin de chaque aventure dans leur village pour festoyer et parfois participer à une belle bagarre générale. A mon avis Walhalla sera plutôt une série dont les tomes se suivront plus ou moins. En tout cas n'hésitez pas à vous lancer dans les aventures de ces vikings hors du commun car vous ne le regretterez pas.
Le Réseau Bombyce
L'histoire de deux célèbres cambrioleurs qui tombent, lors d'un casse, sur un film compromettant un des plus grands magnats de la ville. Attirés par l'appat du gain, ils décident de le faire chanter ; mais bientot ce "client" s'avère être un trop gros poisson pour eux. Trés vite nos deux comparses deviendront le centre de toutes les attentions et vont vivre une véritable descente aux enfers. L'action se déroule dans un Bordeaux version fin XIXe début XXe siècle mélangé à des éléments futuristes. Le récit développe une histoire des plus sordides, sombre et sans concession qui n'épargnera aucun des personnages et dans laquelle cruauté, violence, corruption, manipulation, magouille règnent en maitre. Entre flahbacks, action, rebondissements et courses poursuites le scénario incroyable de maitrise et de justesse nous tient en haleine du début à la fin. Ayant découvert cette série tardivement, je n'ai pas souffert comme certain de la longue attente entre le second et le dernier tome ; du coup pour moi la fin, quoi qu'un peu précipité, reste dans le même ton trés sombre ressenti depuis le début et ne m'a pas choquée plus que ça. Bref, malgrés un dernier album trop attif voici une bonne série qui mérite vraiment le coup d'oeil.
Blotch
Blotch est un sale type, vichyste et collabo avant l’heure… et pourtant c’est un régal de suivre ses péripéties dans le Paris du Front Populaire. Réactionnaire et artiste raté, il est méprisant avec tous les nouveaux courants artistiques de son époque. Blotch n’est pas sans rappeler l’odieux Ignatius J. Reilly, antihéros de La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole. J’ai trouvé ces histoires courtes savoureuses, adhérant totalement à l’humour si noir de Blutch. Le trait de ce dernier est remarquable, tout en esquisse, jouant habilement avec le noir et blanc. Au final, le seul reproche que je pourrais faire à l’auteur, c’est de ne pas avoir davantage développé sa (trop courte) série.
Locke & Key
3.5 Une excellente série. J'avais un peu peur de ne pas accrocher car le dessin ne me plait pas trop (et c'est toujours le cas) et heureusement j'ai vite accroché au scénario. Non seulement le scénariste a beaucoup d'imagination et surtout il maîtrise parfaitement son scénario. J'aime particulièrement lorsqu'il présente des scènes se passant à différentes époques sans que le scénario ne devienne inutilement compliqué. Toutefois, j'ai un peu perdu de mon enthousiasme au fil des tomes. C'est toujours aussi bon, mais je trouve que dans les tomes 3 et 4, le scénario avance un peu lentement et certains passages ne m'ont pas intéressé. Le tome 5 est, heureusement, excellent et j'ai hâte de lire la suite !
Le Vol du Corbeau
Tout aussi réussi que Le Sursis. Il y a un vrai souffle épique à travers ces deux grands diptyques. Même si on peut les lire séparément, il est bon de commencer par Le Sursis car un personnage clé revient ici dans le "Vol du corbeau" et ce pour notre plus grand plaisir. Les personnages sont toujours aussi forts, chaleureux et attachants (surtout la très belle Jeanne) J'en ai lu pas mal des histoires sous l'occupation allemande mais il y a vraiment ici un petit plus niveau ambiance...On sent la patte d'un grand auteur. Merci à Gibrat pour le clin d'oeil au film "la traversée de Paris" page 36 (case 1) où on peut apercevoir les deux grands sieur Bourvil et Gabin, c'est super. Achat vivement conseillé et à lire bien évidemment.
Où sont passés les grands jours ?
Après le très réussi Une nuit à Rome, Jim nous revient avec un nouveau diptyque, poétiquement intitulé "Où sont passés les grands jours?" Le titre est différent mais le thème reste le même, celui de crise de la quarantaine. J'avoue que, contrairement aux autres albums de Jim, je ne me suis pas précipité sur l'achat de ce premier volume. Peur d'un scénario répétitif, sans doute ; mais aussi d'un dessin assez proche du manga, je trouve, malgré des couleurs superbes à mon goût. En effet, les personnages principaux masculins -Hugo notamment- sont parfois représentés de manière trop simplistes (ils ne semblent pas avoir dépassés la trentaine alors qu'ils ont normalement 40 ans). C'est le seul point négatif que je peux trouver au dessin. Mais au fil des critiques que je peux trouver ça et là, je me suis laissé tenté par cet album. Sinon, côté scénario, ce premier volume laisse planer beaucoup de mystères : la signification des cadeaux, mais aussi l'aveu d'Hugo dans les dernières pages, aveu que l'on attend vraiment pas et qui donne envie de lire la suite. Décidément, Jim possède un certain talent pour ménager le suspens mais surtout le génie de faire ressortir en nous le côté nostalgique des quadras que nous sommes. Entre mensonges, couardises et silences pesants, Jim dépeint une génération pleine de doutes dans laquelle je me reconnais, malheureusement, pleinement. Il faut noter que, suite à l'engouement pour l'édition "dos toilé" de canalbd pour Une nuit à Rome, suivie par un tome 2, également sous la même forme mais cette fois-çi par Bamboo édition , l'éditeur nous propose deux versions de ce premier opus, une dite "commerciale", et une seconde éditée à 1000 exemplaires, avec un cahier graphique non dénué d'intérêt. J'ai évidemment préféré cette dernière édition, très belle au demeurant et qui rejoindra les "dos toilé" d'une nuit à Rome".
C'était la guerre des tranchées
L'expo Tardi à Angoulême cette année m'a bouleversé et ému au point que j'ai eu envie de me replonger dans cet album que je n'avais pas relu depuis très longtemps ; je l'ai donc emprunté en ayant sans cesse à l'esprit le film Les Sentiers de la Gloire de Stanley Kubrick, qui lui fait écho. Ce brûlot antimilitariste qui n'a été distribué en France que 18 ans après sa sortie tant ça dérangeait, est le réquisitoire le plus féroce sur l'absurdité de la guerre. Cette année 2014 va commémorer le centenaire de cette guerre 14-18, c'est une raison supplémentaire pour lire cet album. La préface de Tardi avertit le lecteur du contenu, elle est claire et nette, on sait ce qu'on va y trouver. Les mots sont crus, le dialogue de la Bd aussi, accentuant le ton pathétique. Je ne peux m'empêcher de ressentir une profonde amertume en lisant ces pages, on en sort essoré, étrillé, démoralisé et finalement heureux de retrouver sa femme, ses gosses et sa vie quotidienne, quand on sait que tous ces pauvres gars ont eu leur vie bousillée. Tardi transmet tout son dégoût de la guerre dans cette Bd dont on ne ressort pas intact, et qui démontre avec une acuité rare la vanité de ce conflit qui ne fut qu'un gigantesque abattoir humain ; c'est un témoignage poignant mais nécessaire pour son devoir de mémoire. Le choix de ne pas faire un recueil historique sur les événements connus de Verdun ou des autres champs de bataille est très bon ; Tardi préfère raconter de petites histoires qui sont des instantanés d'un quotidien du poilu bien plus authentique, parce que tous ces épisodes sonnent vrai, Tardi les a sûrement recueilli dans des Mémoires de soldats. Chacun met en exergue l'aspect dérisoire que rencontrent les protagonistes. Pour la même raison, il n'y a pas de héros central, car chaque acteur de ces saynètes tragiques est un héros anonyme, surtout que Tardi ne montre pratiquement aucun gradé imbécile, que des pauvres gars sortis de leurs faubourgs ou de leurs cambrousses, et que la machine de guerre a broyé sans pitié. Parfois les images sans dialogues sont plus parlantes, elles sont le reflet constant d'un vécu abominable, d'un enfer où ces poilus ont enduré horreur, privations, maladies, froid, rats, odeurs de pisse et de merde, odeurs de cadavres, et surtout une immense souffrance ; on ressent tout ça par des dessins criants de vérité. Une immense tristesse s'empare aussi de l'esprit quand on parcourt ces pages, je pense particulièrement à ces images atroces où Tardi montre ces gars accrochés dans les barbelés ou agonisant la bouche ouverte dans la boue des trous d'obus...des visions difficiles à oublier. Le N/B de Tardi prend ici toute sa signification, soulignant l'horreur et le désespoir. C'est une oeuvre magistrale, d'une intense émotion, à lire absolument, même si on ne s'intéresse pas à cette guerre (c'est mon cas), car on doit tous savoir ce qui s'est passé dans ces tranchées.
Simon Francoeur
J'ai encore ramené ça d'Angoulême cette année, c'est le genre de BD sympathique des années 80 que j'avais zappée à l'époque car j'avais probablement d'autres préoccupations littéraires. C'est du petit western agréable, ou plutôt de l'aventure indienne, car ce n'est pas la période classique du western, puisque l'action se situe en 1750, époque où les Français et les Anglais se livraient une compétition implacable pour la possession de leurs colonies nord-américaines. Au milieu de ces luttes farouches, les tribus indiennes autour des Grands Lacs ont souvent été manipulées par ces 2 grandes puissances qui les prenaient pour des sauvages sans se soucier si les terres leur appartenaient ; c'est ce que cette Bd démontre avec un peu moins d'acuité que d'autres Bd ayant pour décor cette Amérique et ce Canada du XVIIIème siècle. La bande reste surtout agréable pour son côté aventureux et son personnage principal ; elle ne fut hélas pas poussée au-dela de 2 albums. Elle est dessinée par un Francis Vallès débutant qui possédait déjà un trait plus que correct (en dépit de plusieurs fonds blancs), annonçant sa maîtrise future. Une série très peu connue qui mérite de l'être. Achat facile et pas cher en occase.
Rona
Il y a longtemps que je pistais cette petite série, j'ai réussi à trouver quelques albums ; jusqu'ici, ils étaient assez durs à trouver (ou alors trop chers) car bien cotés au BDM, ça vient du fait que Ouest-France n'est pas un éditeur spécialisé dans les BD, et il n'y a qu'à Angoulême qu'on peut avoir un prix de festival chez FZ. Diffusée à partir de 1984 dans le journal Ouest-France, la bande s'inscrit dans le ton des Bd des journaux Spirou ou Tintin des années 70, dont le héros Rona est un journaliste qui enquête sur des sujets très contemporains. Dégourdi, dynamique et ingénieux, il a pour amie une ravissante fille aux formes épanouies et généreusement suggérées ; un joli contraste avec les autres personnages masculins qui sont en général gros, laids ou grotesques, le graphisme de Malo Louarn ayant tendance à malmener les silhouettes. Seuls Rona et sa copine sont joliment dessinés, les autres sont toujours caricaturés. Je connaissais le style de ce dessinateur breton découvert dans le journal Tintin en 1972 avec une petite série qui ne fit pas long feu : "Folklo et Goulven" ; son style est un combiné qui s'inspire un peu de Franquin et Fournier, c'est assez plaisant, ses cases sont bien remplies et truffées de détails. Les histoires ne sont pas transcendantes, plutôt classiques mais bien tournées et basées sur des préoccupations modernes et actuelles, avec un ton humoristique dominant. Une attachante série très peu connue.
Black Hole
J’ai découvert l’univers de Charles Burns sur le tard, avec ses publications récentes chez Cornélius (j’aime beaucoup les deux premiers tomes de la trilogie inaugurée par Toxic, y compris la colorisation). On a ici un Noir et Blanc adapté à une histoire finalement assez intimiste. Je ne connais pas la vie ou la personnalité de Burns, et ne sais donc pas ce qu’il met dans ses albums d’autobiographique, mais ça semble quand même très personnel (là j’extrapole sûrement trop ?). C’est en tout cas une écriture qui se prête à une lecture psychanalytique. Mais sans aller chercher les racines de ce qui affleure, les non-dits, j’ai apprécié cette lecture. En effet, Burns a su m’intéresser avec ces histoires d’adolescents qui se cherchent (dans tous les sens du terme), qui s’exaltent ou s’ennuient, qui espèrent ou redoutent le passage à l’âge adulte. Du banal donc au départ, mais au travers du prisme de Burns, c’est original et intriguant. Quant à la maladie contagieuse touchant les adolescents, qui en tue certains et qui laisse sur les autres des stigmates plus ou moins visibles (boutons, bouche en forme de sexe de femme sur le cou, mutations diverses et variées comme la queue faisant de Liza une femme lézard…), peut-on y lire une présentation détournée du SIDA, qui a modifié les relations – sexuelles entre autres – des adolescents (mais pas que), surtout ceux refoulant les interdits en tout genre ? Burns distille le malaise par petites touches (les mutations, mais surtout tous les passages dans les bois où se réfugient les adolescents atteints par la « peste ado » ou en rupture de ban), et je me demandais aux deux tiers de l’album (je l’ai lu dans l’intégrale Delcourt) où il voulait en venir, et surtout jusqu’où il allait nous mener. Et là je reste un peu déçu par la fin, qui voit tension et intérêt baisser. Peut-être pas le chef d’œuvre que beaucoup veulent y voir, mais en tout cas une œuvre intéressante, pleine d’une lumière noire et poétique. A lire, c’est certain. Note réelle 3,5/5.