Black Hole

Note: 3.52/5
(3.52/5 pour 33 avis)

Will Eisner Award 2006 : Best Graphic Album: Reprint Angoulême 2007 : album essentiel. "Je fixais un gouffre... un trou noir, un trou noir qui s'élargissait... et je me sentais tomber en avant, glisser dans le néant."


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Dans une petite ville américaine, une étrange maladie fait son apparition. Ce mal, qui n'affecte que les adolescents, est baptisé "la peste ado" ou "la crève". Les symptômes en sont aussi variés qu'imprévisibles : certains malades s'en tirent avec quelques bosses ou une vilaine iruption cutanée, mais d'autres subissent d'hideuses mutations qui en font de véritables monstres.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Mai 1998
Statut histoire Série terminée 6 tomes parus
Couverture de la série Black Hole
Les notes (33)
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01/06/2002 | ArzaK
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Par canarde
Note: 4/5
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Dans le genre comics underground, c'est un must. D'habitude Burns me fatigue, voire me perd, ou me dégoûte, ici je suis convaincue. Le dessin en noir et blanc avec ses arêtes de poisson à l'encre de chine en guise d'ombres, est très net et précis. Pas de couleurs merdiques pour vous donner la nausée. les contours ont une présence presque en relief qui procurent une sorte de plaisir visuel physique. C'est beau. L'histoire, navigant entre psychanalytique et fantastique, réussit à vous tenir en halène. Cela parlera à toute personne qui est passée par l'adolescence, (peut-on y échapper?) une espèce de black Hole dans lequel nos actions erratiques sont jetées contre des obstacles furtifs sans justifications apparentes... Des fantasmes sexuels nous hantent mais nous finissons par retrouver la réalité à la sortie de ce tunnel angoissant. Bizarre, construit, laid et beau en même temps, repoussant et excitant : une reconstitution de l'adolescence par un survivant !

12/01/2017 (modifier)
Par Jaydee
Note: 5/5

Classique noir de la Bd indépendante américaine, Black Hole fait aujourd'hui partie de mes Bds favorites. L'histoire suit des groupes de jeunes marginalisés des 70s dont le quotidien est fait de relations sans lendemain et prise de drogues en tous genres. Ce mode de vie se voit chamboulé par l'apparition du virus du SIDA, qui les affectera bientôt quasi tous. Je suis très rapidement rentré dans ce portait de la jeunesse américaine délaissée. J'ai trouvé ce travail authentique, et ai pu ainsi très rapidement m'attacher aux protagonistes. La description de cette société s'inscrit dans la continuité du travail de réalisateurs comme Arakki, Solondz ou encore Larry Clark. Les graphismes sont pour moi extraordinaires. Ils sont le fruit d'une recherche esthétique dans la lignée de la ligne claire. Mais ils servent surtout à renforcer l'atmosphère vomitive de cet ovni du neuvième art. J'ai particulièrement apprécié l'illustration de l'aliénation par le SIDA, faite en attribuant des particularités physiques aux infectés, par exemple des petites queues. Un classique à lire et relire, qui mérite une place de choix dans les bibliothèques des amateurs de Bd indépendante.

05/02/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
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J’appréhende toujours les lectures de grandes œuvres qualifiées comme telles par la majorité alors que je n’avais pas apprécié le style de cet auteur sur sa série Toxic. On retrouve dans Black Hole le même délire psychotique et hallucinogène avec ce cocktail : ado, sexe et drogue. Bref, tout ce que je déteste en précisant que mon adolescence a été propre et loin de cette vision néfaste et underground. Oui, le glauque et la fumette ne m’attirent point et ce n’est un secret pour personne. Pourtant, je dois bien reconnaître que l’auteur sait installer un climat de noirceur incandescente, une atmosphère un peu étrange voir malsaine. Nous évoluons au gré d’une bande de vieux adolescents qui se cherchent. Le dessin est par moments d’une grande beauté picturale en jouant sur des contrastes en noir et blanc. Pour autant, j’avoue ne pas avoir suffisamment bien distingué deux visages mâles se ressemblant parmi les prétendants de Chris si bien que cela a porté à confusion pour la compréhension de ce récit. Par ailleurs, l’auteur se contente de multiplier les visions et transformations étranges sans pouvoir apporter la moindre explication rationnelle. En effet, il mise sur autre chose. Du coup, je ne me sens pas être son public visé d’autant que je n’ai éprouvé aucune empathie pour les personnages. Bref, c’est une autre vision de l’Amérique et de ses teenagers. Gare à la maladie si on succombe à cette libération sexuelle et aux excès. Malaise et angoisse vont de pair. Dans le récent film de 2014 La planète des singes : l’affrontement, il y a une scène qui met en valeur cette œuvre. Il est curieux que ce soit la bd qui est retenue pour une atmosphère de fin du monde sur fond d’invasion macaque. Oui, Black Hole reste une bd d’atmosphère plutôt que de construction d’un scénario digne de ce nom. Je ne hurlerai point au chef-d’œuvre du comics au milieu d’une meute de loup. Bien entendu, je peux comprendre que cela puisse plaire comme une ode à l’anticonformisme car je suis suffisamment tolérant. Cependant, j’avoue allègrement que ce n’est pas ce qui me fait vibrer dans ma passion pour la bd. Je ne mettrai pas un 3 étoiles de complaisance : non car j’assume !

23/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 2/5
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Surement un problème générationnel. Non pas que dans ma jeunesse je n'ai pu faire des expériences, mais là c'est d'un glauque qui ne m'attire absolument pas. Pour ma part, à l'époque les choses que nous tentions, (du même ordre), étaient drôlement plus détendues et nettement moins prise de tête. Bien que je compatisse au mal être de ces ados se réfugiant dans la fumette, l'alcool, et ne pouvant assouvir leur pulsions sexuelles à cause du sida, j'ai tout de même bien du mal à être en empathie avec eux. Pour moi ce type de bande écrite en 1998 fait plus datée, elle n'apporte aucun espoir. Le dessin n'aide pas à sortir de ce climat. Donc sans moi.

04/03/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

J'ai arrêté ma lecture au milieu de l'intégrale et je pense que moi et Charles Burns, ça fait deux. Pourtant, j'ai bien aimé son dessin noir et blanc et je trouve l'idée de départ pas mal. Sauf qu'au lieu d'avoir des explications sur l'étrange maladie de ces adolescents, j'ai eu l'impression que l'auteur préférait mettre le plus de scènes dérangeantes possible et à la longue mon intérêt à diminué au point que je n'ai même plus envie de connaitre la solution à ce mystère. De plus, je trouve les personnages franchement énervants. Ils ressemblent aux ados antipathiques que je connaissais à l'école.

16/02/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

J’ai découvert l’univers de Charles Burns sur le tard, avec ses publications récentes chez Cornélius (j’aime beaucoup les deux premiers tomes de la trilogie inaugurée par Toxic, y compris la colorisation). On a ici un Noir et Blanc adapté à une histoire finalement assez intimiste. Je ne connais pas la vie ou la personnalité de Burns, et ne sais donc pas ce qu’il met dans ses albums d’autobiographique, mais ça semble quand même très personnel (là j’extrapole sûrement trop ?). C’est en tout cas une écriture qui se prête à une lecture psychanalytique. Mais sans aller chercher les racines de ce qui affleure, les non-dits, j’ai apprécié cette lecture. En effet, Burns a su m’intéresser avec ces histoires d’adolescents qui se cherchent (dans tous les sens du terme), qui s’exaltent ou s’ennuient, qui espèrent ou redoutent le passage à l’âge adulte. Du banal donc au départ, mais au travers du prisme de Burns, c’est original et intriguant. Quant à la maladie contagieuse touchant les adolescents, qui en tue certains et qui laisse sur les autres des stigmates plus ou moins visibles (boutons, bouche en forme de sexe de femme sur le cou, mutations diverses et variées comme la queue faisant de Liza une femme lézard…), peut-on y lire une présentation détournée du SIDA, qui a modifié les relations – sexuelles entre autres – des adolescents (mais pas que), surtout ceux refoulant les interdits en tout genre ? Burns distille le malaise par petites touches (les mutations, mais surtout tous les passages dans les bois où se réfugient les adolescents atteints par la « peste ado » ou en rupture de ban), et je me demandais aux deux tiers de l’album (je l’ai lu dans l’intégrale Delcourt) où il voulait en venir, et surtout jusqu’où il allait nous mener. Et là je reste un peu déçu par la fin, qui voit tension et intérêt baisser. Peut-être pas le chef d’œuvre que beaucoup veulent y voir, mais en tout cas une œuvre intéressante, pleine d’une lumière noire et poétique. A lire, c’est certain. Note réelle 3,5/5.

17/02/2014 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5

Après avoir lu cette série (et j'ai eu tout le loisir de l'analyser dans ma tête après) je dois bien admettre que "Black Hole" est un excellent récit, une perle dans le style comics underground. Le style graphique de Charles Burns est au début assez hermétique, avec ses planches extrêmement ombragées et contrastées, mais finalement, au fil des chapitres, on apprécie vraiment l'esthétisme et le sens de la mise en page de l'auteur. Le fait que le dessin soit assez réaliste renforce le côté oppressant du scénario et ça n'est pas pour me déplaire, même si la lecture n'en devient pas plus simple. En effet, nombreux sont les qualificatifs qui me viennent à l'esprit pour décrire l'histoire : glauque, poisseuse, psychédélique, oppressante, malsaine, dérangeante, triste, psychotique, mais qu'il est bon de se faire violence et de se forcer à plonger dans cet univers rempli de drogues, des premiers émois amoureux/sexuels, de jeunes défigurés et dépressifs. Un excellente histoire, dont le paroxysme de "violence" se trouve au milieu. Ce qui m'a rendu la fin un peu plate face à mes attentes, mais ça reste une œuvre forte que je vous conseille, en particulier dans cette intégrale Delcourt de qualité.

21/09/2012 (modifier)

Ce livre est déroutant. Le plus désagréable est de ne pas toujours saisir où veut en venir l'auteur. Franchement, j'ai eu l'impression de ne rien comprendre par moment. Le scénario est tordu, il faut l'avouer. Mais je ne lâcherai pas prise et une relecture s'impose. C'est le côté graphique qui m'a fait acheter ce pavé. Le travail de Charles Burns est impressionnant et surtout très particuliers. Son style est original et rien que pour ça, il devient incontournable. J'aurais aimé que ce livre soit en couleur quand on connaît ce qu'a fait Burns avec Toxic. Rien de bien attirant côté scénario mais prenez le temps de vous imprégner de l'univers de Charles Burns avec cette intégrale.

11/09/2012 (modifier)

Mon enthousiasme a progressivement décliné à la lecture de cet album, et ce dernier a fini par m'ennuyer. De plus, je trouve que c'est un peu gratuitement gore et moche, comme si l'auteur avait cherché à concourir pour l'ambiance la plus malsaine avec ses personnages monstrueux. Même si je me doute que le but de cet album est de décrire avec force l'univers sans pitié de l'adolescence, fait souvent d'exclusion de "l'autre", celui qui ne rentre pas dans la norme, je me suis souvent demandé où il voulait en venir précisément. Ensuite, certains faits m'ont paru un peu louches...Des ados qui disparaissent, personne qui part à leur recherche ??? Enfin, j'ai été souvent perdu dans les innombrables flash-back, les changements de narrateur-personnage, et les physionomies assez proches des protagonistes. En conclusion, je n'ai vraiment pas tiré plaisir de cette lecture. A oublier pour moi. ( 158 )

27/08/2012 (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5
L'avatar du posteur Blue boy

Cette BD à la noirceur incandescente est davantage une chronique qu’une histoire au scénario bien découpé, dans un style oscillant entre le fantastique poétique et le roman graphique, avec pour cadre une zone résidentielle typiquement américaine puant l’ennui, terreau idéal des légendes urbaines. Il s’agit d’une évocation du mal-être d’une jeunesse américaine marginale et déboussolée, portant les germes d’une révolte face à un monde lisse en surface, celui de la réussite et des classes moyennes « biens sous tous rapports ». Cela pourrait dans une certaine mesure se passer en Europe, même si on voit bien que l’auteur vise surtout le système US hyper-conformiste refoulant l’échec social, véritable fabrique à parias. C’est d’une étrangeté absolue, cela pourra apparaître déroutant voire rebutant pour certains, mais le monde tel qu’il est n’est-il pas lui-même étrange ? Le dessin en noir et blanc, ou pour être plus exact « en noir avec un peu de blanc », traduit bien la tension et le spleen qui parcourt le récit. Son style au graphisme extrêmement soigné est d’une beauté vénéneuse. J’aurais un seul reproche concernant les quelques longueurs dans la narration, et j’ai eu parfois tendance à confondre certains personnages, mais cela n’empêche en rien la fascination ressentie face à des images et une ambiance hors du commun. Ainsi, Burns sait parfaitement distiller le malaise, certaines cases ont un très fort pouvoir de persistance rétinienne, c’est très âpre, très psyché-punk, et il faut avoir le cœur bien accroché, mais le voyage en vaut la peine, ne serait-ce que pour la fin qui est magnifique. Une lecture ne suffit certainement pas, tant le récit semble contenir des références plus ou moins cachées.

20/03/2012 (modifier)