Génial ! J’ai tout simplement adoré cette histoire racontant les années de lycée d’un des pires tueurs en série américains (lisez donc la page Wikipédia du charmant jeune homme).
L’auteur était ami avec Dahmer au lycée, et j’avais peur que cet album sente le « claim to fame » comme on dit en anglais (vous savez, quand on se la pète parce qu’on a côtoyé quelqu’un de vaguement connu). Mais non, pas du tout, le ton est juste, et l’auteur présente les faits de manières très habile. Il s’intéresse surtout aux années précédant les meurtres, et on observe la lente détérioration sociale de Dahmer, et surtout le fait que personne ne s’en soucie, ado ou adulte. Il nous raconte le côté humain de ce qui restera l’un des pires monstres de l’Histoire (ses pulsions incontrôlables qu’il tentait de supprimer en se saoulant, sa vie de famille épouvantable, ses problèmes d’intégration).
L’ouvrage se base bien entendu sur les souvenirs de l’auteur, mais ce dernier s’est quand même beaucoup documenté, a lu les rapports du FBI et des interviews du meurtrier, interviewé des tas de gens, bref, c’est du solide (voir notes en fin d’ouvrage). La lecture est vraiment aisée, la narration est maitrisée, et l’album s’engloutit rapidement malgré ses 222 pages.
Le dessin est parfaitement adapté et typique des comics indépendants.
Un album indispensable, et la plus grosse vente de cet éditeur en 2013 avec 7290 exemplaires vendus (source). C’est bien peu pour une telle pépite, et assez représentatif de la situation précaire dans laquelle se trouvent de nombreux petits éditeurs de BD.
Album plaisant à lire. Le récit est très bien construit et s’appuie sur différents personnages qui, tous, apportent quelque chose à l’histoire.
Qui est Ellis Cutting ? Nous n’en saurons finalement pas grand-chose mais les quelques jours que nous partageons avec lui seront suffisants pour que nous puissions nous en faire une idée. Quel est ce trou perdu ? Là aussi, nous resterons dans le vague absolu tout en sachant ce que l’on doit savoir : c’est un trou perdu, il y fait froid, le brouillard y est fréquent, on y arrive grâce à un passeur et les plus chanceux y récoltent de l’or…
Le passeur apporte une part de fantastique au récit que j’ai vraiment bien aimée. Sorte d’humble devin, son flegmatisme vient joliment en contrepoint de la violence des lieux.
Malgré les propos que je tiens ci-dessus, ne vous attendez pas à un récit philosophique. Bien au contraire, l’action est très présente ! On est bien devant un western, avec ses juges pourris, ses cow-boys implacables, ses chercheurs d’or miséreux, ses saloons misérables. En fait, au plus j’y pense, au plus je me dis que la justesse de ton et l’équilibre trouvé par l’auteur sont excellents.
Un bel album, une belle brochette de personnages, une ambiance joliment mise en place. Que demander de plus ?
Un vrai coup de coeur pour moi que cette bd… dans laquelle il ne se passe absolument rien. C’est de la vie quotidienne en plein avec ce jeune en recherche d’emploi, passionné de modélisme, mais les auteurs ont une telle tendresse pour leurs personnages que ceux-ci deviennent très attachants à mes yeux.
Les passages amusants sont nombreux et le trait de Bibeur-Lu apporte à l’ensemble un supplément de candeur des plus adéquats. C’est frais, un brin naïf, sympathique, spontané et naturel.
Une lecture très plaisante que je recommande aux amateurs du genre… mais il faut clairement apprécier ce type de récit du quotidien dans lequel il ne se passe rien.
J’aime beaucoup ce genre de structure dans laquelle les auteurs entremêlent différentes histoires. Les personnages se croisent, se rencontrent ou s’ignorent mais chacun vit sa vie. La narration à la première personne qui nous fait rebondir de personnages en personnages est parfaitement maîtrisée et la plongée dans cette nuit particulière (pour chacun d’entre eux et pour des raisons différentes) est très addictive.
Le dessin est particulier mais les personnages sont bien typés (ce qui est essentiel dans ce genre de récit). Les décors, même s’ils ne sont pas extraordinaires, contribuent à la création d’une ambiance que je qualifierai de rock’n’roll à la française.
En clair, j’ai vraiment bien aimé cette petite série. Ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle mais, dans sa catégorie, elle vaut le coup d’œil.
Voilà de la lecture jeunesse qui fait dans l’intelligent et la finesse (non pas que ce ne soit pas le cas en général, mais c’est particulièrement le cas ici). Pour un public au delà de 6 ans, les auteurs, Sara Varon et Cecil Castellucci, nous montrent ici que la perception de la différence de l’autre est très subjective.
Elles nous racontent l’histoire de Gwendoline, cane très casanière dont le petit monde est parfaitement ordonné et régi par ses habitudes (parfois bizarres…). Elle va faire la connaissance de son nouveau voisin, Elvis, qui est son exact opposé. Hurluberlu, artiste, fantasque,…
Ces deux personnages vont apprendre à se connaître malgré le fossé qui les sépare et surtout les préjugés. Ces préjugés, ils y seront aussi confrontés par le regard extérieur des autres canards, et la réaction de Elvis et Gwendoline sera riche d’enseignement pour nos deux amis.
Vous l’avez compris, voilà une bd jeunesse habile. Si le jugement des autres est important pour les enfants, cette bd traite intelligemment et avec humour du sujet de la différence et du regard des autres. Et de l’importance que l’on peut y donner.
J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette série. Son rythme est soutenu et, dans le genre zombies, elle tient indéniablement bien la route.
Bien sûr, il est difficile de ne pas se référencer à Walking Dead lorsqu’une série du genre apparait aujourd’hui, et on remarquera que les auteurs sont ici plus cléments avec leurs personnages. Je l’ai un peu regretté tant je trouve que cette faculté à dézinguer n’importe quel personnage fait la force de séries actuelles comme Walking Dead, bien sûr, mais aussi A Game of Thrones. Opter pour une certaine mansuétude (toute relative si l’on se réfère au tome 0, le plus impitoyable de ceux que j’ai lus) laisse au lecteur que je suis un goût de trop peu (oui, j’aime le sang, les tripes et les zombies qui bouffent des gosses).
Les relations entre les personnages sont crédibles et bien développées. Le tome 0 permet de mieux présenter l’un d’eux. Il n’est pas indispensable à la compréhension de la série mais c’est peut-être bien mon tome préféré. Ceci dit, l’intro du tome 1 est elle aussi excellente !
Le dessin est très bon pour ce type de série. Les personnages sont bien typés en ne risquent pas d’être confondus. La mise en scène est dynamique. Les décors sont soignés. Les grandes cases surviennent au bon moment.
Si les auteurs ne commettent pas l’erreur de sortir trop de tomes (6 tomes en plus du tome 0 me paraîtraient être pleinement suffisants), cette série vaut vraiment le coup. Actuellement, je la trouve un poil moins bonne que les premiers tomes de Walking Dead mais supérieure aux derniers tomes parus.
Dans le genre zombies, cette série en impose.
J’ai eu un peu de mal au début de ma lecture. Et puis le charme a opéré. La structure du récit est très particulière mais derrière l’apparence fantastique de l’approche se cache, je pense (du moins c’est ainsi que je l’ai perçu) une volonté de mettre en exergue des passages essentiels, des tournants (ici symbolisés par autant de morts) de la vie du personnage. Qui plus est, toutes les séquences ne nous sont pas présentées dans l’ordre. Il y a des retours en arrière qui enrichissent encore le portrait ainsi dressé. Et je dois bien avouer que cette manière très originale de nous présenter un parcours de vie m’a séduit.
Séduction également au niveau du dessin, très lisible, expressif et riche. Et comme le papier est agréable au toucher (oui, c’est important à mes yeux : un papier avec un grain, dans le cas présent, c’est un plus en comparaison d’un papier glacé), j'ai éprouvé un réel plaisir à tourner les pages.
Ma note se situe entre le « pas mal » et le « franchement bien » car je pense que les auteurs auraient pu aller encore plus loin dans la démarche (avec plus de retours en arrière, notamment) mais l’album vaut indéniablement le coup d’œil.
C’est de la tuerie cette série ! Je vais essayer de faire court parce que sinon je risque de trop rentrer dans les détails et de révéler des éléments importants du scénario.
Hercule est un space-péplum qui retranscrit la mythologie d’Héraclès et ses 12 travaux qu’il doit accomplir pour le compte d’Héra afin de se racheter du meurtre de sa famille, le tout dans un décor de science-fiction futuriste. Et c’est ici que l’histoire débute, rien de compliqué à comprendre donc. C’est accessible pour n’importe qui, on a tous eu droit au collège à des cours de mythologie grecque il me semble. Et s’il n’en reste plus grand-chose, avec Hercule on a une très bonne raison de s’y replonger.
Alors c’est vrai que c’est assez bourrin de prime abord mais c’est justement ce côté ultra violent qui rend le récit jouissif. Mais là où Jean-David Morvan est très fort c’est qu’il parvient à allier action à la testostérone avec un récit très intelligent pas prise de tête. Et oui, il faut connaître son sujet sur le bout des doigts pour parvenir à un tel tour de force. Valérie Mangin s’est déjà essayé à se genre. Cependant, que ce soit dans Le Fléau des Dieux ou Le dernier Troyen où on avait un scénario pompeux, lent, et vachement prétentieux ; Hercule parvient à mélanger pure divertissement couillu avec un scénario fluide, cohérent. Je crève d’envie de rentrer dans le méga spoiler mais je préfère laisser les amateurs découvrir par eux-mêmes cette alliance surprenante et pourtant casse-gueule entre science-fiction et mythologie grecque.
Je suis tombé sous le charme du dessin de Looki, un nom à retenir. Ainsi que le coloriage d’Olivier Thill qu’il faudrait créditer sur la fiche tant son travail me semble remarquable. Les couleurs sont clairs, hyper variées, modernes. Et pour en revenir au dessin, l’encrage est net et propre, c’est tout ce que j’aime. Quant à la recherche graphique, mes aïeux, mais quel travail ! Ça fourmille de détails apportés aux costumes (avec les blasons à tête de mort, ornements…), les seconds plans ne sont pas en reste, Eurysthée et ses jambes cybernétiques de bouc qui lui donne littéralement une apparence de satyre, dans le T2 ont découvre le casque qu’Hercule se fabrique à partir de la carcasse du Lion de Némée (qui est un mécha, une machine) et graphiquement ça tue son chien ! Looki est un artiste génial avec une sacrée imagination et qui aime visiblement en mettre plein la vue aux lecteurs. Je reprocherai juste le côté douchebag d’Hercule avec ses tattoos ridicules, j’aurai préféré garder l’aspect Dwayne Johnson mais sans les tatouages.
J’espère néanmoins que la série ne va pas se diriger vers une publication 1 mission = 1 album, sinon, on est parti pour une série à rallonge de 12 ou 13 albums. J’attends qu’après quelques tomes fidèles au mythe, la série se démarque de celui-ci pour aller droit à l’essentiel vers une confrontation avec les axiomatikos (les dieux) parce qu’un album sur les écuries d’Augias ne me brancherai pas des masses.
Au départ, j'ai eu du mal à reconnaître le dessin de Franz, il offre un graphisme beaucoup plus travaillé que sur Lester Cockney et Poupée d'Ivoire, surtout sur les visages réalisés d'un trait très sûr, et adopte un découpage en petites cases, technique qui n'est plus guère utilisée depuis au moins une vingtaine d'années.
Alternant la vision de l'Indien pur en harmonie avec la nature et celle de l'Ouest crasseux des Blancs, Franz livre un western pathétique, contemplatif, poétique et très empreint d'une immense tristesse. Même s'il est imprégné de références cinématographiques, il est très éloigné des autres westerns traditionnels qu'on connaît en BD, tels Blueberry, Comanche, Mac Coy et encore moins Durango ; l'errance des personnages et la lenteur de l'action tendraient à le rapprocher plutôt de Cartland.
Les Blancs et les soldats ont tout à fait la même mentalité pourrie et détestable que ceux du film Danse avec les loups : c'est la pire image du Blanc haineux et raciste envers l'homme rouge, qui refuse de le comprendre, et l'on ne peut qu'être surpris de l'étrange attachement de cette fillette pour le Sioux Salmon Leap qui la protège, de même que l'amitié entre ce dernier et Juball fait de cette Bd un western humaniste très attachant.
Une très belle histoire qui fait naître une certaine émotion.
Haaaa en voilà une bd rafraichissante ! Il faut quelques cases pour rentrer dans les dessins mais une fois qu'on y est on n'en ressort plus !
Cette bd m'a fait du bien. Ca fait plaisir quand on tombe sur une bd ou il y a un vrai travail qui a été fait (et qui fonctionne) mais qu'on ne le ressente que par le plaisir de la lecture.
L'émotion est encore plus forte quand on aime se ballader en montagne, ce qui est mon cas, car dans cette bd on sent bien la force d'attraction que la montagne peut exercer.
Je recommande vivement cette bd qui offre un peu de rêve du ciel, et c'est pas si courant.
PS : en plus le titre est très bien trouvé.
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Mon ami Dahmer
Génial ! J’ai tout simplement adoré cette histoire racontant les années de lycée d’un des pires tueurs en série américains (lisez donc la page Wikipédia du charmant jeune homme). L’auteur était ami avec Dahmer au lycée, et j’avais peur que cet album sente le « claim to fame » comme on dit en anglais (vous savez, quand on se la pète parce qu’on a côtoyé quelqu’un de vaguement connu). Mais non, pas du tout, le ton est juste, et l’auteur présente les faits de manières très habile. Il s’intéresse surtout aux années précédant les meurtres, et on observe la lente détérioration sociale de Dahmer, et surtout le fait que personne ne s’en soucie, ado ou adulte. Il nous raconte le côté humain de ce qui restera l’un des pires monstres de l’Histoire (ses pulsions incontrôlables qu’il tentait de supprimer en se saoulant, sa vie de famille épouvantable, ses problèmes d’intégration). L’ouvrage se base bien entendu sur les souvenirs de l’auteur, mais ce dernier s’est quand même beaucoup documenté, a lu les rapports du FBI et des interviews du meurtrier, interviewé des tas de gens, bref, c’est du solide (voir notes en fin d’ouvrage). La lecture est vraiment aisée, la narration est maitrisée, et l’album s’engloutit rapidement malgré ses 222 pages. Le dessin est parfaitement adapté et typique des comics indépendants. Un album indispensable, et la plus grosse vente de cet éditeur en 2013 avec 7290 exemplaires vendus (source). C’est bien peu pour une telle pépite, et assez représentatif de la situation précaire dans laquelle se trouvent de nombreux petits éditeurs de BD.
Les Derniers jours d'Ellis Cutting
Album plaisant à lire. Le récit est très bien construit et s’appuie sur différents personnages qui, tous, apportent quelque chose à l’histoire. Qui est Ellis Cutting ? Nous n’en saurons finalement pas grand-chose mais les quelques jours que nous partageons avec lui seront suffisants pour que nous puissions nous en faire une idée. Quel est ce trou perdu ? Là aussi, nous resterons dans le vague absolu tout en sachant ce que l’on doit savoir : c’est un trou perdu, il y fait froid, le brouillard y est fréquent, on y arrive grâce à un passeur et les plus chanceux y récoltent de l’or… Le passeur apporte une part de fantastique au récit que j’ai vraiment bien aimée. Sorte d’humble devin, son flegmatisme vient joliment en contrepoint de la violence des lieux. Malgré les propos que je tiens ci-dessus, ne vous attendez pas à un récit philosophique. Bien au contraire, l’action est très présente ! On est bien devant un western, avec ses juges pourris, ses cow-boys implacables, ses chercheurs d’or miséreux, ses saloons misérables. En fait, au plus j’y pense, au plus je me dis que la justesse de ton et l’équilibre trouvé par l’auteur sont excellents. Un bel album, une belle brochette de personnages, une ambiance joliment mise en place. Que demander de plus ?
Tartines de courant d'air
Un vrai coup de coeur pour moi que cette bd… dans laquelle il ne se passe absolument rien. C’est de la vie quotidienne en plein avec ce jeune en recherche d’emploi, passionné de modélisme, mais les auteurs ont une telle tendresse pour leurs personnages que ceux-ci deviennent très attachants à mes yeux. Les passages amusants sont nombreux et le trait de Bibeur-Lu apporte à l’ensemble un supplément de candeur des plus adéquats. C’est frais, un brin naïf, sympathique, spontané et naturel. Une lecture très plaisante que je recommande aux amateurs du genre… mais il faut clairement apprécier ce type de récit du quotidien dans lequel il ne se passe rien.
We are the Night
J’aime beaucoup ce genre de structure dans laquelle les auteurs entremêlent différentes histoires. Les personnages se croisent, se rencontrent ou s’ignorent mais chacun vit sa vie. La narration à la première personne qui nous fait rebondir de personnages en personnages est parfaitement maîtrisée et la plongée dans cette nuit particulière (pour chacun d’entre eux et pour des raisons différentes) est très addictive. Le dessin est particulier mais les personnages sont bien typés (ce qui est essentiel dans ce genre de récit). Les décors, même s’ils ne sont pas extraordinaires, contribuent à la création d’une ambiance que je qualifierai de rock’n’roll à la française. En clair, j’ai vraiment bien aimé cette petite série. Ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle mais, dans sa catégorie, elle vaut le coup d’œil.
Des canards trop bizarres
Voilà de la lecture jeunesse qui fait dans l’intelligent et la finesse (non pas que ce ne soit pas le cas en général, mais c’est particulièrement le cas ici). Pour un public au delà de 6 ans, les auteurs, Sara Varon et Cecil Castellucci, nous montrent ici que la perception de la différence de l’autre est très subjective. Elles nous racontent l’histoire de Gwendoline, cane très casanière dont le petit monde est parfaitement ordonné et régi par ses habitudes (parfois bizarres…). Elle va faire la connaissance de son nouveau voisin, Elvis, qui est son exact opposé. Hurluberlu, artiste, fantasque,… Ces deux personnages vont apprendre à se connaître malgré le fossé qui les sépare et surtout les préjugés. Ces préjugés, ils y seront aussi confrontés par le regard extérieur des autres canards, et la réaction de Elvis et Gwendoline sera riche d’enseignement pour nos deux amis. Vous l’avez compris, voilà une bd jeunesse habile. Si le jugement des autres est important pour les enfants, cette bd traite intelligemment et avec humour du sujet de la différence et du regard des autres. Et de l’importance que l’on peut y donner.
Zombies (Soleil)
J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette série. Son rythme est soutenu et, dans le genre zombies, elle tient indéniablement bien la route. Bien sûr, il est difficile de ne pas se référencer à Walking Dead lorsqu’une série du genre apparait aujourd’hui, et on remarquera que les auteurs sont ici plus cléments avec leurs personnages. Je l’ai un peu regretté tant je trouve que cette faculté à dézinguer n’importe quel personnage fait la force de séries actuelles comme Walking Dead, bien sûr, mais aussi A Game of Thrones. Opter pour une certaine mansuétude (toute relative si l’on se réfère au tome 0, le plus impitoyable de ceux que j’ai lus) laisse au lecteur que je suis un goût de trop peu (oui, j’aime le sang, les tripes et les zombies qui bouffent des gosses). Les relations entre les personnages sont crédibles et bien développées. Le tome 0 permet de mieux présenter l’un d’eux. Il n’est pas indispensable à la compréhension de la série mais c’est peut-être bien mon tome préféré. Ceci dit, l’intro du tome 1 est elle aussi excellente ! Le dessin est très bon pour ce type de série. Les personnages sont bien typés en ne risquent pas d’être confondus. La mise en scène est dynamique. Les décors sont soignés. Les grandes cases surviennent au bon moment. Si les auteurs ne commettent pas l’erreur de sortir trop de tomes (6 tomes en plus du tome 0 me paraîtraient être pleinement suffisants), cette série vaut vraiment le coup. Actuellement, je la trouve un poil moins bonne que les premiers tomes de Walking Dead mais supérieure aux derniers tomes parus. Dans le genre zombies, cette série en impose.
Daytripper (au jour le jour)
J’ai eu un peu de mal au début de ma lecture. Et puis le charme a opéré. La structure du récit est très particulière mais derrière l’apparence fantastique de l’approche se cache, je pense (du moins c’est ainsi que je l’ai perçu) une volonté de mettre en exergue des passages essentiels, des tournants (ici symbolisés par autant de morts) de la vie du personnage. Qui plus est, toutes les séquences ne nous sont pas présentées dans l’ordre. Il y a des retours en arrière qui enrichissent encore le portrait ainsi dressé. Et je dois bien avouer que cette manière très originale de nous présenter un parcours de vie m’a séduit. Séduction également au niveau du dessin, très lisible, expressif et riche. Et comme le papier est agréable au toucher (oui, c’est important à mes yeux : un papier avec un grain, dans le cas présent, c’est un plus en comparaison d’un papier glacé), j'ai éprouvé un réel plaisir à tourner les pages. Ma note se situe entre le « pas mal » et le « franchement bien » car je pense que les auteurs auraient pu aller encore plus loin dans la démarche (avec plus de retours en arrière, notamment) mais l’album vaut indéniablement le coup d’œil.
Hercule (Soleil)
C’est de la tuerie cette série ! Je vais essayer de faire court parce que sinon je risque de trop rentrer dans les détails et de révéler des éléments importants du scénario. Hercule est un space-péplum qui retranscrit la mythologie d’Héraclès et ses 12 travaux qu’il doit accomplir pour le compte d’Héra afin de se racheter du meurtre de sa famille, le tout dans un décor de science-fiction futuriste. Et c’est ici que l’histoire débute, rien de compliqué à comprendre donc. C’est accessible pour n’importe qui, on a tous eu droit au collège à des cours de mythologie grecque il me semble. Et s’il n’en reste plus grand-chose, avec Hercule on a une très bonne raison de s’y replonger. Alors c’est vrai que c’est assez bourrin de prime abord mais c’est justement ce côté ultra violent qui rend le récit jouissif. Mais là où Jean-David Morvan est très fort c’est qu’il parvient à allier action à la testostérone avec un récit très intelligent pas prise de tête. Et oui, il faut connaître son sujet sur le bout des doigts pour parvenir à un tel tour de force. Valérie Mangin s’est déjà essayé à se genre. Cependant, que ce soit dans Le Fléau des Dieux ou Le dernier Troyen où on avait un scénario pompeux, lent, et vachement prétentieux ; Hercule parvient à mélanger pure divertissement couillu avec un scénario fluide, cohérent. Je crève d’envie de rentrer dans le méga spoiler mais je préfère laisser les amateurs découvrir par eux-mêmes cette alliance surprenante et pourtant casse-gueule entre science-fiction et mythologie grecque. Je suis tombé sous le charme du dessin de Looki, un nom à retenir. Ainsi que le coloriage d’Olivier Thill qu’il faudrait créditer sur la fiche tant son travail me semble remarquable. Les couleurs sont clairs, hyper variées, modernes. Et pour en revenir au dessin, l’encrage est net et propre, c’est tout ce que j’aime. Quant à la recherche graphique, mes aïeux, mais quel travail ! Ça fourmille de détails apportés aux costumes (avec les blasons à tête de mort, ornements…), les seconds plans ne sont pas en reste, Eurysthée et ses jambes cybernétiques de bouc qui lui donne littéralement une apparence de satyre, dans le T2 ont découvre le casque qu’Hercule se fabrique à partir de la carcasse du Lion de Némée (qui est un mécha, une machine) et graphiquement ça tue son chien ! Looki est un artiste génial avec une sacrée imagination et qui aime visiblement en mettre plein la vue aux lecteurs. Je reprocherai juste le côté douchebag d’Hercule avec ses tattoos ridicules, j’aurai préféré garder l’aspect Dwayne Johnson mais sans les tatouages. J’espère néanmoins que la série ne va pas se diriger vers une publication 1 mission = 1 album, sinon, on est parti pour une série à rallonge de 12 ou 13 albums. J’attends qu’après quelques tomes fidèles au mythe, la série se démarque de celui-ci pour aller droit à l’essentiel vers une confrontation avec les axiomatikos (les dieux) parce qu’un album sur les écuries d’Augias ne me brancherai pas des masses.
Wyoming doll
Au départ, j'ai eu du mal à reconnaître le dessin de Franz, il offre un graphisme beaucoup plus travaillé que sur Lester Cockney et Poupée d'Ivoire, surtout sur les visages réalisés d'un trait très sûr, et adopte un découpage en petites cases, technique qui n'est plus guère utilisée depuis au moins une vingtaine d'années. Alternant la vision de l'Indien pur en harmonie avec la nature et celle de l'Ouest crasseux des Blancs, Franz livre un western pathétique, contemplatif, poétique et très empreint d'une immense tristesse. Même s'il est imprégné de références cinématographiques, il est très éloigné des autres westerns traditionnels qu'on connaît en BD, tels Blueberry, Comanche, Mac Coy et encore moins Durango ; l'errance des personnages et la lenteur de l'action tendraient à le rapprocher plutôt de Cartland. Les Blancs et les soldats ont tout à fait la même mentalité pourrie et détestable que ceux du film Danse avec les loups : c'est la pire image du Blanc haineux et raciste envers l'homme rouge, qui refuse de le comprendre, et l'on ne peut qu'être surpris de l'étrange attachement de cette fillette pour le Sioux Salmon Leap qui la protège, de même que l'amitié entre ce dernier et Juball fait de cette Bd un western humaniste très attachant. Une très belle histoire qui fait naître une certaine émotion.
L'Invention du Vide
Haaaa en voilà une bd rafraichissante ! Il faut quelques cases pour rentrer dans les dessins mais une fois qu'on y est on n'en ressort plus ! Cette bd m'a fait du bien. Ca fait plaisir quand on tombe sur une bd ou il y a un vrai travail qui a été fait (et qui fonctionne) mais qu'on ne le ressente que par le plaisir de la lecture. L'émotion est encore plus forte quand on aime se ballader en montagne, ce qui est mon cas, car dans cette bd on sent bien la force d'attraction que la montagne peut exercer. Je recommande vivement cette bd qui offre un peu de rêve du ciel, et c'est pas si courant. PS : en plus le titre est très bien trouvé.