Mon premier avis sur la Bdthèque que je consulte tte les semaines avt mon passage à la bibliothèque.
Ce qui m'a décidé c'est de voir qu'il n'y avait qu'un seul commentaire sur ce oneshot que j'ai trouvé extrêmement réussi tant au niveau du dessin que de l'histoire.
Je conseille franchement la lecture de ce roman graphique.
Bien à vous!
Ce n’est pas la première fois que je lis en bd une biographie consacrée à un homme qui a tué un personnage public important. Il y a eu l’assassin de Jaurès qui n’a pas vraiment marqué car c’était un crétin qui a d’ailleurs bénéficié d’un acquittement de circonstance. Cependant, en l’occurrence, il s’agit d’un assassin qui par son acte allait entrainer le monde dans l’abime de la Première Guerre Mondiale faisant au total près de 18 millions de morts.
Je n’avais jamais retenu son nom jusqu’ici. Je savais que c’était un gars d’origine serbe qui a attenté à la vie de l’archiduc d’Autriche François-Ferdinand et de son épouse qui était en visite à Sarajevo durant ce mois d’Aout 1914. En fait, l’Empire autrichien s’est servi de cet assassinat comme d’un prétexte pour déclencher les hostilités car la Serbie n’avait pas d’intérêt à le commettre. Par le jeu des alliances, de nombreuses nations sont entrés en conflit dont la France face à l’Allemagne. Bref, il était intéressant de voir par là où tout a commencé.
J’ai bien aimé ce récit car il explique les mécanismes qui ont conduit à l’acte. J’avais bien entendu parlé de la poudrière des Balkans mais sans véritablement savoir quels étaient les enjeux pour toutes ces nations slaves divisés entre plusieurs pays. L’Empire ottoman avait occupé la région pendant 500 ans et c’était le début de leur déclin et de leur retrait. Dans ce contexte, tout devenait possible pour la création de la Yougoslavie c’est à dire une unification des jeunes états slaves.
On pourra également apprécier le portrait qui nous est dressé des différents protagonistes. On s’aperçoit que l’archiduc n’était pas un homme aussi mauvais que cela. Idem pour son épouse. Par contre, l’Empereur était détestable. Ce n’est pas pour rien que son fils s’était suicidé à Mayerling en compagnie de son amour impossible. En ce qui concerne Gavrilo Princip, c’était un jeune âgé de moins de 20 ans qui avait l’amour de son pays et était prêt à se sacrifier pour la bonne cause. Bon, cet acte terroriste a entraîné la disparition du quart de son peuple dans cette grande guerre…
En conclusion, les amateurs d’Histoire vont apprécier cette œuvre car elle est instructive et non partiale.
J'avais raté Sanctuaire à l'époque, je ne passerai pas à côté de "Carthago" !
En gros amateur de fantastique et de thriller, j'ai été très émoustillé par les avis positifs relatifs à cette nouvelle série initiée par Christophe Bec.
Une nouvelle série qui s'annonce comme diablement excitante, tant elle est pétrie de qualités. Commençons par le plus facile, le dessin. Le trait d'Eric Henninot est impeccable, il n'y a aucune erreur de perspectives, de proportions ou de designs. Tout juste chipoterai-je en disant que certains visages manquent d'un peu de détails, de caractère. Les couleurs de Delphine Rieu nous permettent d'apprécier des ambiances, surtout aquatiques, de toute beauté. On se pâme d'admiration face aux abysses aveugles dans lesquels sont plongés nos héros et leurs proies. Dans le deuxième tome Henninot épure son trait, sans doute en prévision de son travail sur un XIII mystery, et même si je ne suis pas forcément preneur de tous ses choix graphiques, je dois avouer que cela reste remarquable. la double page avec un troupeau de mégalodons est tout bonnement exceptionnelle.
Au tome 3 c'est Milan Jovanovic qui reprend le pinceau, après des années de recherches par Christophe Bec. Je suis un peu moins enthousiaste, son trait étant un peu plus rond, moins rugueux que celui d'Henninot, mais il semble se libérer au fil des pages. Quoi qu'il en soit cela reste de la belle ouvrage, même si je reste encore réservé sur cetains des visages de ses personnages, que je trouve peu travaillés.
Côté narratif, c'est du tout bon là encore. Le récit s'étale sur plusieurs époques, mais c'est pour mieux les lier dès la fin du premier tome. Par contre continuer ce genre de ficelle scénaristique me semble peu redondant. Alors bien sûr, les influences du scénario sont évidentes, des Dents de la Mer aux "Aventures de Gilles Roux et Marie Meuse" en passant par Sanctuaire, avec une grosse part de thriller techno-financier. Cela donne un cocktail explosif, tour à tour surprenant, excitant, passionnant et intrigant. Car Bec a bien ficelé son intrigue, et elle vous prend très vite, malgré des passages un brin bavards. A la fin du tome 3, qui boucle un premier cycle, rien, ou presque, n'est réglé. Je suis bien sûr curieux de voir ce que nous réserve la suite.
Le tome 4 utilise les acquis du premier cycle, on retrouve peu ou prou les mêmes protagonistes, et le récit ne décolle pas trop ; heureusement ce second cycle sera bouclé en deux tomes, en espérant que ça va bouger un peu plus...
Un futur classique.
Plutôt déçu de ma première rencontre avec l’univers de Renaud Dillies avec Betty Blues, je ne pensais pas un jour revenir sur une de ses œuvres.
Sa spécialité de la bd animalière mélancolique rencontre un certain succès que je reconnais comme mérité (son trait simple est particulièrement approprié pour les thèmes évoqués) mais qui m’avait laissé de marbre.
Cependant, me voici à nouveau en train de chroniquer un album de cet auteur. La différence est qu’il s’est passé quelques années, que Betty Blues était sa toute première œuvre et qu’il est ici appuyé par un scénariste connu et reconnu en la personne de Régis Hautière.
Les différents retours sur Abélard ont commencé à porter leurs fruits et finalement emporté sur ma curiosité tout comme le joli recueil en guise d’intégrale assorti d’un format sympa et d’une belle mise en page.
Premier bon point, une fois l’histoire entamée, on n’a de cesse de vouloir en connaître la fin d’où une lecture continue intéressante jusqu’aux tous derniers moments du récit.
Second bon point, le dessin de Dillies s’est nettement amélioré avec un style faussement « gentillet » et rehaussé de hachures du plus bel effet. Les couleurs sont toujours aussi jolies.
Quant à l’histoire, elle ne détonera pas particulièrement. Cela a déjà été dit ici ou là mais cette transposition du Candide de Voltaire dans un monde inadapté pour un sempiternel rêveur optimiste est un thème déjà abordé.
Abélard est donc un petit moineau romantique qui vit avec ses amis essentiellement masculins de pêche et de parties de carte dans une oisiveté que j’envie mais qui perturbera notre oiseau dès lors qu’il sera confronté au mal absolu : l’attirance d’une personne de sexe opposé « venant » de la ville.
Convaincu qu’il lui faut décrocher la lune pour la séduire et que seuls les Américains peuvent l’aider avec leurs machines volantes, Abélard s’enfuit de son marais dans l’espoir de rapporter la lune à sa belle.
Cette quête initiatique sera ponctuée bien sûr de rencontres en tous genre, on oscille entre Pinocchio, l’innocence en plus (Abélard ne ment pas et ne voit le mal nulle part) et voyage doux amer.
Ce voyage sera surtout pour lui l’occasion de mettre en lumière les absurdités de notre quotidien par le racisme, la tolérance mais aussi de belles choses comme l’amitié ou le rêve.
C’est par ce curieux équilibre entre images douces et propos parfois cruels sans jamais tomber dans la facilité que les deux auteurs nous entrainent dans une histoire d’une banalité confondante mais aussi riche qu’une plongée dans des univers comme « Easy Rider » ou « Into the Wild » pour raccrocher les wagons à une substance cinématographique.
Le récit manque peut être parfois d’audaces mais multiplie intelligemment les personnages croisées. Il y a certains qu’on pensait revoir sur la fin et d’autres qui ne font que passer tout en imprégnant le récit de leur substance ou de leur présence. C’est en cela que le récit est finalement intelligent et mélancolique. Une part de poésie et de mystère est également de la partie avec ces proverbes tombés du chapeau d’Abélard ce qui peut contraster avec certains propos bien violents.
Abélard a beau être con et complètement à côté de la plaque, il reste touchant. On ne sait rien de l’issue de son « odyssée » mais certains indices glanés en cours de route ne devraient pas non plus trop surprendre les lecteurs attentifs ou rompus aux précédents ouvrages de Dillies.
On pourra être touché ou pas en fonction de l’humeur mais le voyage et la compagnie d’Abélard et de son compagnon grognon de route n’est pas désagréable grâce à une lecture rapide et un dessin vraiment sympa.
C’est également en écrivant cet avis que je vais passer ma note initiale de 3 à 4. Preuve également que l’univers d’Abélard ne m’a pas laissé si indifférent que cela.
Istin met en place une nouvelle série-concept, c'est devenu très à la mode. Ce premier de 5 one-shots se place déjà à un niveau de qualité élevé, en pleine Grèce antique, avec un décor et un environnement toujours aussi attirants, mais est-ce que ça sera suffisant pour inciter à la lecture des tomes suivants ? je n'en étais pas sûr puisque ce sont des récits indépendants les uns des autres, avec des dessinateurs différents, mais après lecture de 2 autres tomes, j'en suis maintenant persuadé. Comme dans Les 7 Merveilles, le ton imprimé par ce premier album avec son mix de Mythologie et de fantastique, et sa psychologie très seigneuriale d'Athéna et de Zeus, est intéressant.
Le scénario est prenant, il implique directement les dieux de l'Olympe qu'il place en interaction avec les mortels et dont la vengeance est au coeur du récit ; encore une fois, les mortels deviennent les jouets des dieux ingrats et parfois injustes, et dégustent sévèrement , à l'image de la Pythie.
Par contre, Péru fait d'Apollon un dieu cruel, jouisseur, égoïste et ignoble ; quant aux Spartiates, ils sont conformes à leur image de guerriers bourrins un peu bas du bulbe qui ne recherchent que la gloire. Le tout est assez sanglant mais enrobé par un beau dialogue. Ces personnages bien travaillés s'accordent de façon merveilleuse avec le magnifique dessin de Martino qui réussit quelques belles pages telle la double page grandiose sur le massacre d'Athènes. C'est vraiment un beau visuel, et tout ça est emballé dans un beau paquet cadeau à joli design et jolie couverture, et dont la chute en dernière page avec le gamin est excellente ; je ne peux pas la révéler pour ne pas gâcher le plaisir de découverte.
Après ce premier album de qualité dont je pressentais le succès, le temps me donne raison, et le second est aussi une réussite : c'est encore une histoire de vengeance, c'est de la vraie tragédie grecque de prestige dans toute sa splendeur, constituée de folie, de passions amoureuses, de sexe, de sang, de violence et de fureur. Cet épisode est sans doute plus violent, le scénario est habile et démontre bien l'interaction entre les dieux et les mortels qu'ils aiment mettre à l'épreuve. Le dessin à la fois puissant et léché, s'accorde parfaitement au sujet.
Dans le tome 3, il n'est pas question de vengeance ou de lutte de pouvoir, mais le héros se heurte aussi à Zeus dans un scénario parfaitement maîtrisé qui restitue encore admirablement l'esprit de la Grèce antique, servi par le dessin superbe de Gwendal Lemercier, assez chargé comme dans Durandal ou Le Crépuscule des Dieux, j'aime ce genre de dessin.
Pour l'instant, les dessinateurs qui ont été choisis ont des graphismes assez proches, d'où une bonne unité graphique pour cette série qui à ce jour affiche carton plein ; ces 3 albums sont vraiment captivants, ma note reste donc inchangée
La collection Sexy bulles se veut de qualité, et avec ce volume en intégrale, le contrat est respecté. Filippini en bon spécialiste de la BD érotique, connait parfaitement ses classiques, il transpose les 3 Mousquetaires en version érotique qui flirte très souvent avec la pornographie, en respectant à peu près les grandes étapes du roman de Dumas, de la même façon que l'a fait Mitton dans Messalina, la part historique n'est pas oubliée. Mais si c'est aussi réussi, c'est aussi et surtout grâce au dessin de Mancini, probablement mon auteur préféré en BD érotique.
C'est sous ce pseudo qu'il réalise ses Bd les plus appliquées graphiquement ; sous les pseudos de W.G. Colber et Trébor, il se lâche un peu plus et son dessin est parfois un peu plus raide. Sa grande facilité d'adaptation à différents styles, son trait fin, son souci de soigner le moindre décor ou détail, font de lui un des auteurs les plus importants dans le genre. Ici, il se surpasse en fignolant les décors, et ses cases sont très remplies, graphiquement, c'est superbe. Le petit plus, c'est le langage XVIIème identique à celui qu'on entend chez Molière, ça crée un décalage amusant mais pas gênant. Pour le reste, les scènes de sexe sont variées, comme c'est souvent le cas chez Mancini, et c'est toujours marrant de voir des personnages que l'on connait dans leur imagerie classique, se livrer à de telles débauches. Bref, le tout est très excitant par endroits, c'est une Bd érotique soignée et agréable à lire.
A partir de documents et de témoignages, Laurent Galandon a su tirer de ce mouvement social emblématique des années 70 une fiction bien construite, par le biais d’une jeune femme ouvrière, Solange. Car ce sont en fait deux histoires, l’une publique et l’autre plus intime, qui s’entremêlent dans cet album, en suivant la même trajectoire. D’un côté, celle des salariés qui vont prendre conscience de leur pouvoir au fur et à mesure de leur combat, parvenant à s’émanciper d’une tutelle patronale devenue superflue. De l’autre, celle de la timide Solange, qui va progressivement s’affranchir de son mari rétrograde en faisant l’apprentissage de la lutte et de la solidarité aux côtés de ses collègues militants. Dans les deux cas, ces « héros ordinaires » susciteront l’incompréhension et la désapprobation de la partie « adverse », qu’il s’agisse du pouvoir politique et patronal ou du mari habitué à une épouse docile.
Quant au dessin de Damien Vidal, très plaisant, tout en sobriété et sans ostentation, il révèle chez son auteur une certaine sensibilité doublée d’un sens du détail (fringues, enseignes, affiches, pochettes de disques…) pour évoquer l’ambiance seventies. L’humilité du noir et blanc convient parfaitement à cette histoire profondément humaine et confère une touche « roman graphique » bienvenue.
En conclusion, un ouvrage hautement recommandable qui, s’il titille notre fibre nostalgique (avec un double effet chez moi, l’expat’ Bisontin), reste d’une actualité vivace en regard des plans massifs de licenciement qui viennent périodiquement nous rappeler que le capitalisme financier, visant à remplir les poches des actionnaires tout en vidant celles des salariés, demeure un système inique, brutal et mortifère. Lip reste le mouvement le plus symbolique en matière d’autogestion, même si l’expérience s’est soldée par une liquidation deux ans après et le rachat de la marque en 1984. Néanmoins, cet ouvrage montre bien comment l’initiative a été perçue comme étant extrêmement subversive par le patronat et l’Etat (y compris la gauche mitterrandienne qui eût tôt fait d’enterrer toute réflexion sur le sujet et la possibilité de développer un tel modèle). Préfacée par Jean-Luc Mélenchon, qui vivait à Besançon en 1973, cette BD se termine par une postface étonnante de Claude Neuschwander, le PDG issu de la frange progressiste du patronat et qui tenta de sauver Lip, postface dans laquelle il encourage chacun, en s’inspirant de cette lecture, à devenir militant, rien de moins, pour changer la société qui, sinon, risquerait bien de « nous exploser à la figure et à la figure de nos enfants. » On ne pourra qu’abonder dans son sens, mais je compléterai seulement en disant qu’elle a déjà commencé à le faire…
L’histoire en elle-même n’est pas forcément très originale. En effet, on nous décrit la vie d’un village de l’Aveyron durant les deux dernières années de l’occupation allemande. C’est plutôt bien fait – genre « un village français » ou d’autres téléfilms du service public.
Si je vais au-delà des trois étoiles, c’est que Gibrat a réussi à éviter l’écueil de la banalité, mais surtout celui de la mièvrerie, qui guettait parfois.
Ce n’est pas un récit de guerre, ni un album traitant de la résistance ou de la collaboration en tant que telles. Même si bien sûr tout cela fait plus que décor à la trame de l’histoire.
Les deux albums sont centrés sur Julien, son enfermement – à la fois relatif (il n’est pas vraiment dans SA tombe et sort régulièrement de sa cachette – ce sont ces nombreuses sorties toujours sans réelles anicroches qui me semblent être le seul côté « trop facile » de l’ensemble) et réel (il n’a plus d’existence légale, et ne doit pas chercher à en avoir une). C’est aussi son histoire d’amour avec Cécile qui innerve l’histoire, ainsi que l’entrée – j’allais dire à reculons, en tout cas sur la pointe des pieds de Julien dans la mouvance de la résistance. Gibrat n’a pas cherché à faire de son personnage un héros ou un couard, il n’est ni pétainiste ni gaulliste (même s’il est clairement contre les Nazis et les collaborateurs), il cherche juste à vivre, et en cela il est plutôt représentatif de la majorité des Français de l’époque, et donc crédible.
Si l’extraction du monde de Julien – alors qu’il en est au cœur, près de la place centrale du village ! semble atténuer le bruit des canons, Gibrat apporte quelques coups de rappel, qui font monter la tension (passage plus que brutal d’une colonne allemande, guerre ouverte entre Miliciens et résistants vers la fin du diptyque).
Mais ce qui fait la réussite de ces deux albums, c’est sans conteste le dessin de Gibrat, vraiment excellent ! Que ce soit pour les décors ou les personnages, rien à redire. En particulier pour croquer Cécile, que l’on est tenté de regarder avec les mêmes yeux et la même lunette que Julien, car elle est vraiment belle !
Certes c'est moins bon que Les Eaux de Mortelune mais excellent tout de même.
Adamov et Dufaux ont fait du bon boulot. C'est passionnant de bout en bout et les 4 tomes se lisent d'une traite.
J'adore ce type de série "historique" (le côté science-fictionnel est une façade) fait de coups bas, d'alliances et de trahisons. Un petit côté sadique ou sexuel de temps en temps, typique de ces 2 auteurs...
J'adore.
A mon avis l'un des meilleurs opus se situant dans l'univers de Block 109. Après un "Etoile rouge" assez décevant, et un "New York 1947" qui lorgne du côté d'Hollywood, ici le fait que l'action se déroule en Afrique ajoute un plus évident à cette histoire. C'est vrai qu'encore une fois quelques références peuvent faire penser à Apocalypse Now, voir Prédator, dans quelques cadrages. Il n'en demeure pas moins que nous avons là un scénario un poil plus étoffé qui suit un commando dont la mission en milieu hostile réserve de bons moments.
L'ambiance est parfaitement rendue et les tenants de cette mission sont bien exposés. Mon seul bémol vient du fait que la révolte des populations indigènes est amenée de manière rapide même si l'on pouvait pressentir ce qui allait survenir.
Le dessin est du tout bon, au fil des tomes il s'améliore. Je préciserais qu'à mon avis ce tome peut se lire indépendamment de la série mère. Du tout bon et saluons encore une fois l'originalité de la démarche.
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Une si jolie petite guerre - Saïgon 1961-63
Mon premier avis sur la Bdthèque que je consulte tte les semaines avt mon passage à la bibliothèque. Ce qui m'a décidé c'est de voir qu'il n'y avait qu'un seul commentaire sur ce oneshot que j'ai trouvé extrêmement réussi tant au niveau du dessin que de l'histoire. Je conseille franchement la lecture de ce roman graphique. Bien à vous!
Gavrilo Princip
Ce n’est pas la première fois que je lis en bd une biographie consacrée à un homme qui a tué un personnage public important. Il y a eu l’assassin de Jaurès qui n’a pas vraiment marqué car c’était un crétin qui a d’ailleurs bénéficié d’un acquittement de circonstance. Cependant, en l’occurrence, il s’agit d’un assassin qui par son acte allait entrainer le monde dans l’abime de la Première Guerre Mondiale faisant au total près de 18 millions de morts. Je n’avais jamais retenu son nom jusqu’ici. Je savais que c’était un gars d’origine serbe qui a attenté à la vie de l’archiduc d’Autriche François-Ferdinand et de son épouse qui était en visite à Sarajevo durant ce mois d’Aout 1914. En fait, l’Empire autrichien s’est servi de cet assassinat comme d’un prétexte pour déclencher les hostilités car la Serbie n’avait pas d’intérêt à le commettre. Par le jeu des alliances, de nombreuses nations sont entrés en conflit dont la France face à l’Allemagne. Bref, il était intéressant de voir par là où tout a commencé. J’ai bien aimé ce récit car il explique les mécanismes qui ont conduit à l’acte. J’avais bien entendu parlé de la poudrière des Balkans mais sans véritablement savoir quels étaient les enjeux pour toutes ces nations slaves divisés entre plusieurs pays. L’Empire ottoman avait occupé la région pendant 500 ans et c’était le début de leur déclin et de leur retrait. Dans ce contexte, tout devenait possible pour la création de la Yougoslavie c’est à dire une unification des jeunes états slaves. On pourra également apprécier le portrait qui nous est dressé des différents protagonistes. On s’aperçoit que l’archiduc n’était pas un homme aussi mauvais que cela. Idem pour son épouse. Par contre, l’Empereur était détestable. Ce n’est pas pour rien que son fils s’était suicidé à Mayerling en compagnie de son amour impossible. En ce qui concerne Gavrilo Princip, c’était un jeune âgé de moins de 20 ans qui avait l’amour de son pays et était prêt à se sacrifier pour la bonne cause. Bon, cet acte terroriste a entraîné la disparition du quart de son peuple dans cette grande guerre… En conclusion, les amateurs d’Histoire vont apprécier cette œuvre car elle est instructive et non partiale.
Carthago
J'avais raté Sanctuaire à l'époque, je ne passerai pas à côté de "Carthago" ! En gros amateur de fantastique et de thriller, j'ai été très émoustillé par les avis positifs relatifs à cette nouvelle série initiée par Christophe Bec. Une nouvelle série qui s'annonce comme diablement excitante, tant elle est pétrie de qualités. Commençons par le plus facile, le dessin. Le trait d'Eric Henninot est impeccable, il n'y a aucune erreur de perspectives, de proportions ou de designs. Tout juste chipoterai-je en disant que certains visages manquent d'un peu de détails, de caractère. Les couleurs de Delphine Rieu nous permettent d'apprécier des ambiances, surtout aquatiques, de toute beauté. On se pâme d'admiration face aux abysses aveugles dans lesquels sont plongés nos héros et leurs proies. Dans le deuxième tome Henninot épure son trait, sans doute en prévision de son travail sur un XIII mystery, et même si je ne suis pas forcément preneur de tous ses choix graphiques, je dois avouer que cela reste remarquable. la double page avec un troupeau de mégalodons est tout bonnement exceptionnelle. Au tome 3 c'est Milan Jovanovic qui reprend le pinceau, après des années de recherches par Christophe Bec. Je suis un peu moins enthousiaste, son trait étant un peu plus rond, moins rugueux que celui d'Henninot, mais il semble se libérer au fil des pages. Quoi qu'il en soit cela reste de la belle ouvrage, même si je reste encore réservé sur cetains des visages de ses personnages, que je trouve peu travaillés. Côté narratif, c'est du tout bon là encore. Le récit s'étale sur plusieurs époques, mais c'est pour mieux les lier dès la fin du premier tome. Par contre continuer ce genre de ficelle scénaristique me semble peu redondant. Alors bien sûr, les influences du scénario sont évidentes, des Dents de la Mer aux "Aventures de Gilles Roux et Marie Meuse" en passant par Sanctuaire, avec une grosse part de thriller techno-financier. Cela donne un cocktail explosif, tour à tour surprenant, excitant, passionnant et intrigant. Car Bec a bien ficelé son intrigue, et elle vous prend très vite, malgré des passages un brin bavards. A la fin du tome 3, qui boucle un premier cycle, rien, ou presque, n'est réglé. Je suis bien sûr curieux de voir ce que nous réserve la suite. Le tome 4 utilise les acquis du premier cycle, on retrouve peu ou prou les mêmes protagonistes, et le récit ne décolle pas trop ; heureusement ce second cycle sera bouclé en deux tomes, en espérant que ça va bouger un peu plus... Un futur classique.
Abélard
Plutôt déçu de ma première rencontre avec l’univers de Renaud Dillies avec Betty Blues, je ne pensais pas un jour revenir sur une de ses œuvres. Sa spécialité de la bd animalière mélancolique rencontre un certain succès que je reconnais comme mérité (son trait simple est particulièrement approprié pour les thèmes évoqués) mais qui m’avait laissé de marbre. Cependant, me voici à nouveau en train de chroniquer un album de cet auteur. La différence est qu’il s’est passé quelques années, que Betty Blues était sa toute première œuvre et qu’il est ici appuyé par un scénariste connu et reconnu en la personne de Régis Hautière. Les différents retours sur Abélard ont commencé à porter leurs fruits et finalement emporté sur ma curiosité tout comme le joli recueil en guise d’intégrale assorti d’un format sympa et d’une belle mise en page. Premier bon point, une fois l’histoire entamée, on n’a de cesse de vouloir en connaître la fin d’où une lecture continue intéressante jusqu’aux tous derniers moments du récit. Second bon point, le dessin de Dillies s’est nettement amélioré avec un style faussement « gentillet » et rehaussé de hachures du plus bel effet. Les couleurs sont toujours aussi jolies. Quant à l’histoire, elle ne détonera pas particulièrement. Cela a déjà été dit ici ou là mais cette transposition du Candide de Voltaire dans un monde inadapté pour un sempiternel rêveur optimiste est un thème déjà abordé. Abélard est donc un petit moineau romantique qui vit avec ses amis essentiellement masculins de pêche et de parties de carte dans une oisiveté que j’envie mais qui perturbera notre oiseau dès lors qu’il sera confronté au mal absolu : l’attirance d’une personne de sexe opposé « venant » de la ville. Convaincu qu’il lui faut décrocher la lune pour la séduire et que seuls les Américains peuvent l’aider avec leurs machines volantes, Abélard s’enfuit de son marais dans l’espoir de rapporter la lune à sa belle. Cette quête initiatique sera ponctuée bien sûr de rencontres en tous genre, on oscille entre Pinocchio, l’innocence en plus (Abélard ne ment pas et ne voit le mal nulle part) et voyage doux amer. Ce voyage sera surtout pour lui l’occasion de mettre en lumière les absurdités de notre quotidien par le racisme, la tolérance mais aussi de belles choses comme l’amitié ou le rêve. C’est par ce curieux équilibre entre images douces et propos parfois cruels sans jamais tomber dans la facilité que les deux auteurs nous entrainent dans une histoire d’une banalité confondante mais aussi riche qu’une plongée dans des univers comme « Easy Rider » ou « Into the Wild » pour raccrocher les wagons à une substance cinématographique. Le récit manque peut être parfois d’audaces mais multiplie intelligemment les personnages croisées. Il y a certains qu’on pensait revoir sur la fin et d’autres qui ne font que passer tout en imprégnant le récit de leur substance ou de leur présence. C’est en cela que le récit est finalement intelligent et mélancolique. Une part de poésie et de mystère est également de la partie avec ces proverbes tombés du chapeau d’Abélard ce qui peut contraster avec certains propos bien violents. Abélard a beau être con et complètement à côté de la plaque, il reste touchant. On ne sait rien de l’issue de son « odyssée » mais certains indices glanés en cours de route ne devraient pas non plus trop surprendre les lecteurs attentifs ou rompus aux précédents ouvrages de Dillies. On pourra être touché ou pas en fonction de l’humeur mais le voyage et la compagnie d’Abélard et de son compagnon grognon de route n’est pas désagréable grâce à une lecture rapide et un dessin vraiment sympa. C’est également en écrivant cet avis que je vais passer ma note initiale de 3 à 4. Preuve également que l’univers d’Abélard ne m’a pas laissé si indifférent que cela.
Oracle
Istin met en place une nouvelle série-concept, c'est devenu très à la mode. Ce premier de 5 one-shots se place déjà à un niveau de qualité élevé, en pleine Grèce antique, avec un décor et un environnement toujours aussi attirants, mais est-ce que ça sera suffisant pour inciter à la lecture des tomes suivants ? je n'en étais pas sûr puisque ce sont des récits indépendants les uns des autres, avec des dessinateurs différents, mais après lecture de 2 autres tomes, j'en suis maintenant persuadé. Comme dans Les 7 Merveilles, le ton imprimé par ce premier album avec son mix de Mythologie et de fantastique, et sa psychologie très seigneuriale d'Athéna et de Zeus, est intéressant. Le scénario est prenant, il implique directement les dieux de l'Olympe qu'il place en interaction avec les mortels et dont la vengeance est au coeur du récit ; encore une fois, les mortels deviennent les jouets des dieux ingrats et parfois injustes, et dégustent sévèrement , à l'image de la Pythie. Par contre, Péru fait d'Apollon un dieu cruel, jouisseur, égoïste et ignoble ; quant aux Spartiates, ils sont conformes à leur image de guerriers bourrins un peu bas du bulbe qui ne recherchent que la gloire. Le tout est assez sanglant mais enrobé par un beau dialogue. Ces personnages bien travaillés s'accordent de façon merveilleuse avec le magnifique dessin de Martino qui réussit quelques belles pages telle la double page grandiose sur le massacre d'Athènes. C'est vraiment un beau visuel, et tout ça est emballé dans un beau paquet cadeau à joli design et jolie couverture, et dont la chute en dernière page avec le gamin est excellente ; je ne peux pas la révéler pour ne pas gâcher le plaisir de découverte. Après ce premier album de qualité dont je pressentais le succès, le temps me donne raison, et le second est aussi une réussite : c'est encore une histoire de vengeance, c'est de la vraie tragédie grecque de prestige dans toute sa splendeur, constituée de folie, de passions amoureuses, de sexe, de sang, de violence et de fureur. Cet épisode est sans doute plus violent, le scénario est habile et démontre bien l'interaction entre les dieux et les mortels qu'ils aiment mettre à l'épreuve. Le dessin à la fois puissant et léché, s'accorde parfaitement au sujet. Dans le tome 3, il n'est pas question de vengeance ou de lutte de pouvoir, mais le héros se heurte aussi à Zeus dans un scénario parfaitement maîtrisé qui restitue encore admirablement l'esprit de la Grèce antique, servi par le dessin superbe de Gwendal Lemercier, assez chargé comme dans Durandal ou Le Crépuscule des Dieux, j'aime ce genre de dessin. Pour l'instant, les dessinateurs qui ont été choisis ont des graphismes assez proches, d'où une bonne unité graphique pour cette série qui à ce jour affiche carton plein ; ces 3 albums sont vraiment captivants, ma note reste donc inchangée
Les Trois mousquetaires
La collection Sexy bulles se veut de qualité, et avec ce volume en intégrale, le contrat est respecté. Filippini en bon spécialiste de la BD érotique, connait parfaitement ses classiques, il transpose les 3 Mousquetaires en version érotique qui flirte très souvent avec la pornographie, en respectant à peu près les grandes étapes du roman de Dumas, de la même façon que l'a fait Mitton dans Messalina, la part historique n'est pas oubliée. Mais si c'est aussi réussi, c'est aussi et surtout grâce au dessin de Mancini, probablement mon auteur préféré en BD érotique. C'est sous ce pseudo qu'il réalise ses Bd les plus appliquées graphiquement ; sous les pseudos de W.G. Colber et Trébor, il se lâche un peu plus et son dessin est parfois un peu plus raide. Sa grande facilité d'adaptation à différents styles, son trait fin, son souci de soigner le moindre décor ou détail, font de lui un des auteurs les plus importants dans le genre. Ici, il se surpasse en fignolant les décors, et ses cases sont très remplies, graphiquement, c'est superbe. Le petit plus, c'est le langage XVIIème identique à celui qu'on entend chez Molière, ça crée un décalage amusant mais pas gênant. Pour le reste, les scènes de sexe sont variées, comme c'est souvent le cas chez Mancini, et c'est toujours marrant de voir des personnages que l'on connait dans leur imagerie classique, se livrer à de telles débauches. Bref, le tout est très excitant par endroits, c'est une Bd érotique soignée et agréable à lire.
LIP (des héros ordinaires)
A partir de documents et de témoignages, Laurent Galandon a su tirer de ce mouvement social emblématique des années 70 une fiction bien construite, par le biais d’une jeune femme ouvrière, Solange. Car ce sont en fait deux histoires, l’une publique et l’autre plus intime, qui s’entremêlent dans cet album, en suivant la même trajectoire. D’un côté, celle des salariés qui vont prendre conscience de leur pouvoir au fur et à mesure de leur combat, parvenant à s’émanciper d’une tutelle patronale devenue superflue. De l’autre, celle de la timide Solange, qui va progressivement s’affranchir de son mari rétrograde en faisant l’apprentissage de la lutte et de la solidarité aux côtés de ses collègues militants. Dans les deux cas, ces « héros ordinaires » susciteront l’incompréhension et la désapprobation de la partie « adverse », qu’il s’agisse du pouvoir politique et patronal ou du mari habitué à une épouse docile. Quant au dessin de Damien Vidal, très plaisant, tout en sobriété et sans ostentation, il révèle chez son auteur une certaine sensibilité doublée d’un sens du détail (fringues, enseignes, affiches, pochettes de disques…) pour évoquer l’ambiance seventies. L’humilité du noir et blanc convient parfaitement à cette histoire profondément humaine et confère une touche « roman graphique » bienvenue. En conclusion, un ouvrage hautement recommandable qui, s’il titille notre fibre nostalgique (avec un double effet chez moi, l’expat’ Bisontin), reste d’une actualité vivace en regard des plans massifs de licenciement qui viennent périodiquement nous rappeler que le capitalisme financier, visant à remplir les poches des actionnaires tout en vidant celles des salariés, demeure un système inique, brutal et mortifère. Lip reste le mouvement le plus symbolique en matière d’autogestion, même si l’expérience s’est soldée par une liquidation deux ans après et le rachat de la marque en 1984. Néanmoins, cet ouvrage montre bien comment l’initiative a été perçue comme étant extrêmement subversive par le patronat et l’Etat (y compris la gauche mitterrandienne qui eût tôt fait d’enterrer toute réflexion sur le sujet et la possibilité de développer un tel modèle). Préfacée par Jean-Luc Mélenchon, qui vivait à Besançon en 1973, cette BD se termine par une postface étonnante de Claude Neuschwander, le PDG issu de la frange progressiste du patronat et qui tenta de sauver Lip, postface dans laquelle il encourage chacun, en s’inspirant de cette lecture, à devenir militant, rien de moins, pour changer la société qui, sinon, risquerait bien de « nous exploser à la figure et à la figure de nos enfants. » On ne pourra qu’abonder dans son sens, mais je compléterai seulement en disant qu’elle a déjà commencé à le faire…
Le Sursis
L’histoire en elle-même n’est pas forcément très originale. En effet, on nous décrit la vie d’un village de l’Aveyron durant les deux dernières années de l’occupation allemande. C’est plutôt bien fait – genre « un village français » ou d’autres téléfilms du service public. Si je vais au-delà des trois étoiles, c’est que Gibrat a réussi à éviter l’écueil de la banalité, mais surtout celui de la mièvrerie, qui guettait parfois. Ce n’est pas un récit de guerre, ni un album traitant de la résistance ou de la collaboration en tant que telles. Même si bien sûr tout cela fait plus que décor à la trame de l’histoire. Les deux albums sont centrés sur Julien, son enfermement – à la fois relatif (il n’est pas vraiment dans SA tombe et sort régulièrement de sa cachette – ce sont ces nombreuses sorties toujours sans réelles anicroches qui me semblent être le seul côté « trop facile » de l’ensemble) et réel (il n’a plus d’existence légale, et ne doit pas chercher à en avoir une). C’est aussi son histoire d’amour avec Cécile qui innerve l’histoire, ainsi que l’entrée – j’allais dire à reculons, en tout cas sur la pointe des pieds de Julien dans la mouvance de la résistance. Gibrat n’a pas cherché à faire de son personnage un héros ou un couard, il n’est ni pétainiste ni gaulliste (même s’il est clairement contre les Nazis et les collaborateurs), il cherche juste à vivre, et en cela il est plutôt représentatif de la majorité des Français de l’époque, et donc crédible. Si l’extraction du monde de Julien – alors qu’il en est au cœur, près de la place centrale du village ! semble atténuer le bruit des canons, Gibrat apporte quelques coups de rappel, qui font monter la tension (passage plus que brutal d’une colonne allemande, guerre ouverte entre Miliciens et résistants vers la fin du diptyque). Mais ce qui fait la réussite de ces deux albums, c’est sans conteste le dessin de Gibrat, vraiment excellent ! Que ce soit pour les décors ou les personnages, rien à redire. En particulier pour croquer Cécile, que l’on est tenté de regarder avec les mêmes yeux et la même lunette que Julien, car elle est vraiment belle !
L'Impératrice rouge
Certes c'est moins bon que Les Eaux de Mortelune mais excellent tout de même. Adamov et Dufaux ont fait du bon boulot. C'est passionnant de bout en bout et les 4 tomes se lisent d'une traite. J'adore ce type de série "historique" (le côté science-fictionnel est une façade) fait de coups bas, d'alliances et de trahisons. Un petit côté sadique ou sexuel de temps en temps, typique de ces 2 auteurs... J'adore.
Block 109 - Opération soleil de plomb
A mon avis l'un des meilleurs opus se situant dans l'univers de Block 109. Après un "Etoile rouge" assez décevant, et un "New York 1947" qui lorgne du côté d'Hollywood, ici le fait que l'action se déroule en Afrique ajoute un plus évident à cette histoire. C'est vrai qu'encore une fois quelques références peuvent faire penser à Apocalypse Now, voir Prédator, dans quelques cadrages. Il n'en demeure pas moins que nous avons là un scénario un poil plus étoffé qui suit un commando dont la mission en milieu hostile réserve de bons moments. L'ambiance est parfaitement rendue et les tenants de cette mission sont bien exposés. Mon seul bémol vient du fait que la révolte des populations indigènes est amenée de manière rapide même si l'on pouvait pressentir ce qui allait survenir. Le dessin est du tout bon, au fil des tomes il s'améliore. Je préciserais qu'à mon avis ce tome peut se lire indépendamment de la série mère. Du tout bon et saluons encore une fois l'originalité de la démarche.