D'emblée le dessin éblouit, l'aspect très pictural donne des pleines pages sublimes et des double-pages comme celle dans la brume, Avalon, Excalibur dans la pierre ou l'attaque du castel Pendragon... Je ne sais pas si ces dessins sont réalisés à la palette graphique, mais le rendu est une vraie splendeur et se devait de toute façon d'être de haute tenue pour illustrer une des plus fascinantes légendes de tous les temps. Surtout qu'ici, les auteurs vont aux sources de cette légende ; la figure de Merlin est conforme aux gravures et à l'imaginaire celtique que l'on a de cette merveilleuse histoire.
On y trouve donc la plupart des éléments classiques (Camelot, Avalon, Morgane, Viviane, Uther, Ygerne...) même si Istin dénature quelques détails, mais après tout, cette fabuleuse légende a été interprétée par différents auteurs ayant leur propre vision, je pense notamment à la version ciné de John Boorman dans son film Excalibur en 1981, qui contenait aussi des éléments surprenants, tout en prenant soin de conserver les parties les plus emblématiques. On perçoit également la transition entre les anciennes croyances, celle des druides, et la religion chrétienne qui perce peu à peu.
Jusqu'ici, rien à dire, avec le tome 3, c'est toujours autant magnifique, je ne cesse d'être en admiration devant les pages d'Alain Brion, au style très illustratif. La progression de l'histoire multiplie les actions et continue à reprendre les grandes lignes de la saga arthurienne, en faisant quelques digressions et entorses, mais avec une implication plus forte du fantastique et une mythologie d'une grande richesse.
Par contre, le classement en fantasy dans la fiche n'est pas vraiment justifié, cette histoire relève plus du médiéval fantastique. Une très belle série, du grand spectacle celtique à tendance épique qui va devenir une future Bd incontournable à n'en pas douter ; l'apothéose finale risque d'être énorme.
Que c'est bon la BD quand c'est bien fichu comme ce diptyque. D'accord il y a Rosinski, donc forcément me direz vous c'est facile d'apprécier. Mais quel trait, quelles couleurs et directes s'il vous plaît. Vous l'aurez compris je suis assez fan de ce dessin surtout quand il est mis au service d'une telle histoire.
Dans ma jeunesse j'ai dévoré A. Dumas, pas tout parce que le bougre écrivait ou faisait écrire beaucoup, mais quand même un bon paquet. Alors voir une histoire qui par une mise en abîme assez bien trouvée nous conte la genèse de "Le Comte de Monte Cristo", ça me fait bien plaisir. Le scénario est suffisamment malin pour se construire à la manière des feuilletons du XIX ème siècle, avec des rebondissements et réussir a mêler scènes de prétoire, abordage de pirates et ateliers de peintres à Montmartre.
A tous les points de vue nous avons donc là du grand art et je recommande très chaudement la lecture.
Alisik est une série de type gothic girly due au talent de deux auteurs allemands et…
Mais…
Où ils sont partis ?
Non, sérieusement ! Revenez !!! Je sais que dit comme ça, ça peut faire peur. Pourtant, après avoir lu les trois premiers tomes, et en tenant compte de l’excellent Gung Ho, lui aussi dû aux talents conjugués de deux auteurs allemands, j’en suis arrivé à me demander si l’avenir de la bande dessinée ne se trouvait pas outre-Rhin. Ces deux séries se distinguent en effet par une approche graphique que je trouve révolutionnaire tant la palette graphique y est parfaitement maîtrisée au service de l'histoire et non pour "en mettre plein la vue" (tout en en mettant quand même plein la vue). Pourtant, de prime abord, Alisik n’avait rien pour me plaire. Comme je le dit, c’est gothique, girly et plutôt destiné aux adolescentes. Mais cette série est truffée de qualités qui en font un de mes coups de cœur actuels.
Tout d’abord vient le dessin. Les couvertures vous donnent le ton. On est proche de l’art-book et je pense que plus d’un lecteur passera devant elles sans se douter qu’il s’agit d’une bande dessinée. Pourtant, quand on l’ouvre, on tombe sur une présentation traditionnelle… ou presque, parce qu’il y a quand même cette peluche de lapin qui surgit par ci par là on ne sait d’où sinon de l’envie du dessinateur d’en rajouter une couche. Et il a bien raison, car lorsque ce lapin n’apparait plus, il me manque (à l’image de la coccinelle chère à Gotlib).
Mais, bon, ce détail mis à part, la mise en page est traditionnelle… sauf qu’il y a ce découpage en chapitres qui s’ouvrent sur des articles de loi s’adressant aux post-mortems. Et puis des phrases venues d’ailleurs aussi, des poèmes, des sonnets, quelques lignes du journal intime de l’héroïne…
Ceci mis à part, DONC, on est dans une bande dessinée classique, sauf que le dessin, très informatisé, use d’effets de flou très bien maîtrisés et judicieusement employés, d’effets de relief tout aussi bien maîtrisé mais parfois moins heureux. L’artiste n’hésite pas à nous balancer de grandes illustrations (enfin, grandes comme le format du livre… qui est petit) très girly qui rythment vraiment la lecture.
Toutes ces qualités donnent aux albums un aspect assez unique, structuré et bordélique, sympathique et gothique, avec une grande richesse dans les détails tout en étant immédiat.
Vient ensuite le scénario. Là, de prime abord, on se dit qu’on va avoir du classique. Une adolescente qui vient de mourir est accueillie par une poignée de sympathiques fantômes dont le cimetière, on l’apprend rapidement, risque d’être rasé pour donner naissance à un centre commercial. Sauf que, grâce au découpage réalisé, l’intrigue ne cesse de s’enrichir.
On en apprend donc plus :
- Sur le pourquoi de ces post-mortem et de leur présence dans ce cimetière ;
- Sur le passé des différents personnages et les causes de leur mort ;
- Sur Alisik, bien sûr, sur son état et ses nouvelles capacités.
Ce serait déjà pas mal mais, par ailleurs, vient se greffer là-dessus :
- Une histoire d’amour entre Alisik et un jeune aveugle capable d’entendre les morts ;
- Une intrigue sur la cause de l’infirmité du jeune homme (due à un accident de voiture) ;
- Une intrigue autour de l’entrepreneur désireux de construire son centre commercial.
Et au milieu coule une rivière… celle de la mémoire d’Alisik, effacée par sa mort et qui lui revient petit à petit (il faudra attendre le troisième tome pour qu'elle la retrouve).
C’est riche, ça part dans beaucoup de directions et il est finalement difficile de déterminer quel est l’élément central du récit car même Alisik devient à l’occasion le simple témoin de chapitres mettant en scène l’un ou l’autre personnage, par ailleurs secondaire. C’est original, c’est différent. Pourtant, cela demeure facile à lire et ne donne pas du tout l'impression d'être expérimental tant tous les aspect sont maîtrisés.
C’est Alisik et c’est vachement bien !!! (Et je n'en reviens pas d'être toujours le seul à avoir posté mon avis sur cette excellente série).
C'est beau mais c'est triste...
En fait de one-shot, cet album est la suite directe de Trois éclats blancs. Et si avoir lu Trois éclats blancs n'est pas indispensable, c'est quand même un plus pour apprécier ce récit !
Coup de bol pour moi, c'est mon cas.
J'ai donc retrouvé avec plaisir trois des personnages principaux dans une histoire qui, cette fois, n'a rien de maritime, voire même de côtier (la couverture est trompeuse de ce point de vue). Ce récit est un récit de guerre, qui nous montre toutes les conséquences humaines que peuvent engendrer ces périodes sombres. Trois personnages, trois victimes... trois destinées liées et poignantes.
Le découpage est une fois de plus bien pensé et la progression du scénario est magistrale. D'abord léger, voire même innocent dans son introduction, le récit sombre (c'est le mot) dans l'horreur au fil des planches, par un cheminement aussi inéluctable que logique.
Que dire du dessin ? Bruno Le Floc'h n'était pas l'auteur qui brillait le plus par ses arrière-plans (régulièrement absents de ses cases) mais son trait nerveux et vif a une telle expressivité et sa lisibilité est telle que j'ai vraiment été immergé dans l'album. Bon ! C'est un fait, c'aurait certainement été moins le cas avec un scénario plus faible...
Mais ici, c'est beau... mais c'est triste...
On a tous entendu parler des CRA (Centre de Rétention Administrative) si l'on suit un tant soit peu les informations et l'actualité, même sans être directement concernés. Mais tout ça est bien flou pour une grande majorité d'entre nous.
Jean-Benoît Meybeck nous ouvre donc un peu les yeux sur l'opacité et les conditions assez inhumaines dans lesquelles la France traite les migrants qu'elle détient en rétention. Cet album nous propose donc une suite de témoignages alternant deux points de vue ; celui de migrants confrontés à ce mur de l'administration française, et celui des associations qui militent en leur faveur. C'est d'ailleurs à la suite d'une manifestation dans le cadre de la campagne « Open access now, ouvrez les portes », qui depuis 2012 se bat pour pouvoir visiter ces prisons pour migrants, que naitra l'idée de cette BD.
Inhumanité, violences, absurdité administratives, politique du chiffre, racisme, condamnation par l'Europe et opacité de son fonctionnement : la liste des griefs contre ces centres est longue... mais pourtant, leur fonctionnement se perpétue...
Jean-Benoît Meybeck nous rend compte de tout cela de façon brute et percutante, avec un noir & blanc simple et parfois rocailleux. Le graphisme s'adapte à chaque récit, feutre ou crayon, traits fins ou noirs épais, mais restituant toujours ce sentiment d'incompréhension, de mal être ou d'impuissance.
Un travail militant fort et efficace, qui ne laisse pas indifférent au sortir de sa lecture.
Wow ! Une bonne claque graphique que nous colle là Ming Lu !
Attiré tout d'abord par les premières planches qui nous font monter sur scène avec les membres d'un groupe de rock, j'ai très rapidement plongé dans ce récit que nous livre l'auteur.
D'une part parce que le graphisme est assez époustouflant, mais également parce que, loin de se cantonner à la banale histoire d'un groupe de rock, Ming Lu nous propose un regard incisif sur la société chinoise de la décennie passée.
Revenons sur le graphisme d'abord. Ming Lu impose un noir & blanc à l'hyper réalisme impressionnant. Et moi qui suis d'habitude assez peu réceptif à ce style graphique, j'avoue être cette fois-ci tombé en admiration devant son talent. Car si souvent cette façon de dessiner me laisse de marbre, Ming Lu sait ici insuffler vie et inspiration à ses planches, que ce soit pour ses personnages, ses décors urbains ou sauvages. Chaque planche est un petit bijou en soi... presque un piège dans lequel on tomberait facilement en contemplation si l'on n'était pas tenu en haleine par une histoire accrocheuse.
Car sans donner dans l'intensité et le suspense, l'auteur capte notre attention presque à notre insu, de bout en bout de l'album, jusqu'à son dénouement tragique. J'ai découvert une facette de la Chine que je ne connaissais pas, ou tout du moins que je devinais juste. A travers les trois membres de ce groupe de rock partis pour conquérir le monde et qui 10 ans plus tard baignent dans leurs désillusions, Ming Lu trace les contours d'une société chinoise où le libéralisme s'est taillé la part du lion. Le communisme de façade en prend pour son grade et nos protagonistes convergent inexorablement vers un destin qui ne semble pouvoir être évité. Celui d'un pays entier ?
Un album puissant qui monte tranquillement mais résolument en intensité, servi par un dessin implacable.
Une chouette série manga, qui montre avec un minimum de moyens toutes les perplexités qui naissent quand on se retrouve avec la charge d'un enfant.
Pour le minimum de moyen : un dessin au trait, sans contraste particulier, très passe-partout, mais qui réussit quand même à nous sortir une petite fille blonde vraiment mignonne.
Pour le reste : le jeune homme qui doit s'occuper d'une enfant à la suite d'un décès dans sa famille, est tout à fait crédible. Il n'a pas vraiment d'atomes crochus avec les enfants en général, ni avec les filles d'ailleurs, mais il s'est proposé un peu sur un coup de tête, voyant que personne dans sa famille ne prenait les dispositions qui s'imposaient. Et puis cette petite est différente, c'est une personnalité. Il se découvre à son contact.
Bref toutes les péripéties du quotidien sont abordées mais aussi les questionnements fondamentaux qui nous traversent, ce qu'on doit transmettre, ce qu'on doit lâcher pour assumer son rôle.
C'est émouvant et drôle, à mettre entre toutes les mains (si nous n'avons pas tous été parent, nous avons au moins tous été enfant, et à même d'être touchés par ces incertitudes à la fois banales et existentielles) ... à 10,50€ le numéro, c'est peut-être plus facile de le lire en bibliothèque, mais c'est un truc à avoir.
3.5
Maintenant que j'ai relu une nouvelle fois la série et lu la fin (oui, je lis des scans sur internet lorsque je n'ai pas envie d'attendre des mois pour lire la version française), je pense pouvoir écrire mon avis définitif sur cette série.
La première fois que je l'ai lu le manga je n'avais pas trop aimé, mais à force de le relire j'ai commencé à lui trouver des qualités et aujourd'hui je l'aime bien quoique je ne dirais pas que c'est le meilleur truc de tous les temps. Je préfère le manga à l'anime d'ailleurs sauf pour les scènes de combats où l'anime est supérieur.
Les points forts de ce manga sont le dessin que je trouve génial et les personnages sont terriblement attachant malgré leurs défauts. Je trouve même que certains sont plus sympathiques dans le manga que dans l'anime (je pense notamment à Asuka).
J'aime toujours plus les premiers tomes que les derniers plus sérieux, mais le ton plus dramatique ne me dérange plus désormais. La seule chose que je n'aime pas dans le scénario c'est que je trouve que l'histoire sur les anges est inutilement compliquée et qu'on aurait pu plus facilement expliquer cette partie de la mythologie d'Evangelion.
Cette seconde saison de Kenya reste dans le même esprit, c'est bien documenté, ça soulève des questions, et on est reparti dans un univers passionnant de mystères où l'on retrouve la craquante Kathy Austin. Avec cette nouvelle série, l'univers crée autour de Kenya et de la personnalité dynamique et espiègle de Kathy, se développe encore davantage. On y retrouve les terres arides et désertiques d'Afrique, des bestioles bizarres, des personnages bien campés (comme le major Bowley), et surtout cette même ambiance singulière et mystérieuse qui caractérise les séries de Léo et qui a fonctionné à merveille sur la première saison.
Le premier album constitue une accroche suffisante pour qu'on ait envie de continuer, surtout avec un final aussi surprenant, et d'ailleurs chaque fin d'album propose le cliffhanger de rigueur ; ça marche parce qu'à chaque fois, c'est tellement prenant qu'on veut savoir ce qui va arriver et comment les auteurs vont expliquer les événements insolites de cette aventure.
C'est avec le tome 4 que le récit bascule vraiment dans la science-fiction, du coup, c'est un peu moins intéressant, dans cet album, il ne se passe pas grand chose d'important ; il y a quelque chose de curieux qui se produit, un peu comme un chewing gum qui perd son goût, car on devine que tous les mystères entrevus avant vont trouver une explication qui ne peut être qu' en rapport avec une race extraterrestre. La tournure que prend le récit à ce stade me rappelle la série TV les Envahisseurs (labos isolés dans le désert, technologie très avancée, discrétion, expérimentation..). Cependant, l'ensemble conserve quand même son attrait, avec un dessin imité de Léo, aussi efficace et peut-être un peu moins statique ; Marchal relève donc brillamment le défi, même si je trouve que le trait est hyper appliqué sur les 2 premiers albums, et qu'il baisse en qualité ensuite, mais ceci est infime.
L'important, c'est d'avoir une série très plaisante à lire, qui donne de bonnes sensations, en espérant que sa conclusion ne soit pas décevante.
Mon intérêt pour les civilisations précolombiennes m'a immédiatement attiré vers cette série, mais le résultat final est un peu en demi-teinte.
Le début du premier album avec sa longue séquence sans dialogue est saisissant de cruauté, c'est une véritable abomination qui fut hélas perpétrée sur ces peuples en plusieurs endroits de la méso-Amérique. Ce qu'imaginent ensuite les auteurs est inspiré des maladies infectieuses apportées par les conquistadores, comme la variole ; l'organisme des indigènes étant vierge de toute infection, ces maladies se sont propagées à grande échelle et très vite. Ainsi, non contents d'avoir détruit les riches civilisations amérindiennes du Mexique, il a été prouvé par des historiens sérieux que les Espagnols avaient probablement tué plus d'indigènes par la contagion de ces maladies que par les armes. Sur 10 millions d'Indiens qui peuplaient le Mexique (Mayas, Aztèques, Toltèques...) avant l'arrivée des conquistadores, il n'en restait plus qu'un quart vers 1521.
Partant de ce postulat, les auteurs diabolisent les Espagnols, non seulement par leurs actes barbares et brutaux, mais aussi par leur aspect physique peu engageant, aux têtes de dégénérés, et dont le capitaine Abatirso est l'exemple le plus frappant avec sa silhouette de grand brûlé. De leur côté, les Amérindiens sont aussi cruels, mais eux, ils n'ont rien demandé, ils sont chez eux.
Ce sujet mettant en avant une maladie fulgurante et des corps en putréfaction, n'est pas très attractif au premier abord, mais il permet aussi de brosser un portrait réaliste de ces peuples d'ascendance Maya ou Aztèque saisis dans leurs pratiques sacrificielles et leurs rivalités tribales. Seul le dialogue plutôt moderne de certains personnages cadre mal avec le contexte historique, qui lui est parfaitement crédible au niveau des décors et des costumes, et que le dessinateur s'applique à restituer de merveilleuse façon.
J'avais découvert Ignacio Noé en 1996 sur une série érotique très sulfureuse "le Couvent infernal", où son dessin hyperréaliste faisait déjà sensation ; avec cette série, il trouve un terrain propice à son talent graphique : les visages ravagés des Espagnols et ceux très typés des Amérindiens sont très réussis. C'est vraiment superbe visuellement, même s'il utilise des couleurs informatiques.
Le dénouement de cette trilogie est quand même un peu décevant, tant par son côté inattendu que par son aspect peu crédible : à cette époque, les Espagnols n'avaient aucun respect pour ces peuples autochtones, or les voir s'engager vers une voie diplomatique telle qu'elle est montrée ici, semble peu convainquant. Reste la réflexion sur les boucheries de ce temps, de même que le fait d'avoir montré ce genre de répugnante infection est une entreprise courageuse, le tout servi je le redis par un dessin exceptionnel.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Excalibur - Chroniques
D'emblée le dessin éblouit, l'aspect très pictural donne des pleines pages sublimes et des double-pages comme celle dans la brume, Avalon, Excalibur dans la pierre ou l'attaque du castel Pendragon... Je ne sais pas si ces dessins sont réalisés à la palette graphique, mais le rendu est une vraie splendeur et se devait de toute façon d'être de haute tenue pour illustrer une des plus fascinantes légendes de tous les temps. Surtout qu'ici, les auteurs vont aux sources de cette légende ; la figure de Merlin est conforme aux gravures et à l'imaginaire celtique que l'on a de cette merveilleuse histoire. On y trouve donc la plupart des éléments classiques (Camelot, Avalon, Morgane, Viviane, Uther, Ygerne...) même si Istin dénature quelques détails, mais après tout, cette fabuleuse légende a été interprétée par différents auteurs ayant leur propre vision, je pense notamment à la version ciné de John Boorman dans son film Excalibur en 1981, qui contenait aussi des éléments surprenants, tout en prenant soin de conserver les parties les plus emblématiques. On perçoit également la transition entre les anciennes croyances, celle des druides, et la religion chrétienne qui perce peu à peu. Jusqu'ici, rien à dire, avec le tome 3, c'est toujours autant magnifique, je ne cesse d'être en admiration devant les pages d'Alain Brion, au style très illustratif. La progression de l'histoire multiplie les actions et continue à reprendre les grandes lignes de la saga arthurienne, en faisant quelques digressions et entorses, mais avec une implication plus forte du fantastique et une mythologie d'une grande richesse. Par contre, le classement en fantasy dans la fiche n'est pas vraiment justifié, cette histoire relève plus du médiéval fantastique. Une très belle série, du grand spectacle celtique à tendance épique qui va devenir une future Bd incontournable à n'en pas douter ; l'apothéose finale risque d'être énorme.
La Vengeance du Comte Skarbek
Que c'est bon la BD quand c'est bien fichu comme ce diptyque. D'accord il y a Rosinski, donc forcément me direz vous c'est facile d'apprécier. Mais quel trait, quelles couleurs et directes s'il vous plaît. Vous l'aurez compris je suis assez fan de ce dessin surtout quand il est mis au service d'une telle histoire. Dans ma jeunesse j'ai dévoré A. Dumas, pas tout parce que le bougre écrivait ou faisait écrire beaucoup, mais quand même un bon paquet. Alors voir une histoire qui par une mise en abîme assez bien trouvée nous conte la genèse de "Le Comte de Monte Cristo", ça me fait bien plaisir. Le scénario est suffisamment malin pour se construire à la manière des feuilletons du XIX ème siècle, avec des rebondissements et réussir a mêler scènes de prétoire, abordage de pirates et ateliers de peintres à Montmartre. A tous les points de vue nous avons donc là du grand art et je recommande très chaudement la lecture.
Alisik
Alisik est une série de type gothic girly due au talent de deux auteurs allemands et… Mais… Où ils sont partis ? Non, sérieusement ! Revenez !!! Je sais que dit comme ça, ça peut faire peur. Pourtant, après avoir lu les trois premiers tomes, et en tenant compte de l’excellent Gung Ho, lui aussi dû aux talents conjugués de deux auteurs allemands, j’en suis arrivé à me demander si l’avenir de la bande dessinée ne se trouvait pas outre-Rhin. Ces deux séries se distinguent en effet par une approche graphique que je trouve révolutionnaire tant la palette graphique y est parfaitement maîtrisée au service de l'histoire et non pour "en mettre plein la vue" (tout en en mettant quand même plein la vue). Pourtant, de prime abord, Alisik n’avait rien pour me plaire. Comme je le dit, c’est gothique, girly et plutôt destiné aux adolescentes. Mais cette série est truffée de qualités qui en font un de mes coups de cœur actuels. Tout d’abord vient le dessin. Les couvertures vous donnent le ton. On est proche de l’art-book et je pense que plus d’un lecteur passera devant elles sans se douter qu’il s’agit d’une bande dessinée. Pourtant, quand on l’ouvre, on tombe sur une présentation traditionnelle… ou presque, parce qu’il y a quand même cette peluche de lapin qui surgit par ci par là on ne sait d’où sinon de l’envie du dessinateur d’en rajouter une couche. Et il a bien raison, car lorsque ce lapin n’apparait plus, il me manque (à l’image de la coccinelle chère à Gotlib). Mais, bon, ce détail mis à part, la mise en page est traditionnelle… sauf qu’il y a ce découpage en chapitres qui s’ouvrent sur des articles de loi s’adressant aux post-mortems. Et puis des phrases venues d’ailleurs aussi, des poèmes, des sonnets, quelques lignes du journal intime de l’héroïne… Ceci mis à part, DONC, on est dans une bande dessinée classique, sauf que le dessin, très informatisé, use d’effets de flou très bien maîtrisés et judicieusement employés, d’effets de relief tout aussi bien maîtrisé mais parfois moins heureux. L’artiste n’hésite pas à nous balancer de grandes illustrations (enfin, grandes comme le format du livre… qui est petit) très girly qui rythment vraiment la lecture. Toutes ces qualités donnent aux albums un aspect assez unique, structuré et bordélique, sympathique et gothique, avec une grande richesse dans les détails tout en étant immédiat. Vient ensuite le scénario. Là, de prime abord, on se dit qu’on va avoir du classique. Une adolescente qui vient de mourir est accueillie par une poignée de sympathiques fantômes dont le cimetière, on l’apprend rapidement, risque d’être rasé pour donner naissance à un centre commercial. Sauf que, grâce au découpage réalisé, l’intrigue ne cesse de s’enrichir. On en apprend donc plus : - Sur le pourquoi de ces post-mortem et de leur présence dans ce cimetière ; - Sur le passé des différents personnages et les causes de leur mort ; - Sur Alisik, bien sûr, sur son état et ses nouvelles capacités. Ce serait déjà pas mal mais, par ailleurs, vient se greffer là-dessus : - Une histoire d’amour entre Alisik et un jeune aveugle capable d’entendre les morts ; - Une intrigue sur la cause de l’infirmité du jeune homme (due à un accident de voiture) ; - Une intrigue autour de l’entrepreneur désireux de construire son centre commercial. Et au milieu coule une rivière… celle de la mémoire d’Alisik, effacée par sa mort et qui lui revient petit à petit (il faudra attendre le troisième tome pour qu'elle la retrouve). C’est riche, ça part dans beaucoup de directions et il est finalement difficile de déterminer quel est l’élément central du récit car même Alisik devient à l’occasion le simple témoin de chapitres mettant en scène l’un ou l’autre personnage, par ailleurs secondaire. C’est original, c’est différent. Pourtant, cela demeure facile à lire et ne donne pas du tout l'impression d'être expérimental tant tous les aspect sont maîtrisés. C’est Alisik et c’est vachement bien !!! (Et je n'en reviens pas d'être toujours le seul à avoir posté mon avis sur cette excellente série).
Une après-midi d'été
C'est beau mais c'est triste... En fait de one-shot, cet album est la suite directe de Trois éclats blancs. Et si avoir lu Trois éclats blancs n'est pas indispensable, c'est quand même un plus pour apprécier ce récit ! Coup de bol pour moi, c'est mon cas. J'ai donc retrouvé avec plaisir trois des personnages principaux dans une histoire qui, cette fois, n'a rien de maritime, voire même de côtier (la couverture est trompeuse de ce point de vue). Ce récit est un récit de guerre, qui nous montre toutes les conséquences humaines que peuvent engendrer ces périodes sombres. Trois personnages, trois victimes... trois destinées liées et poignantes. Le découpage est une fois de plus bien pensé et la progression du scénario est magistrale. D'abord léger, voire même innocent dans son introduction, le récit sombre (c'est le mot) dans l'horreur au fil des planches, par un cheminement aussi inéluctable que logique. Que dire du dessin ? Bruno Le Floc'h n'était pas l'auteur qui brillait le plus par ses arrière-plans (régulièrement absents de ses cases) mais son trait nerveux et vif a une telle expressivité et sa lisibilité est telle que j'ai vraiment été immergé dans l'album. Bon ! C'est un fait, c'aurait certainement été moins le cas avec un scénario plus faible... Mais ici, c'est beau... mais c'est triste...
CRA - Centre de Rétention Administrative
On a tous entendu parler des CRA (Centre de Rétention Administrative) si l'on suit un tant soit peu les informations et l'actualité, même sans être directement concernés. Mais tout ça est bien flou pour une grande majorité d'entre nous. Jean-Benoît Meybeck nous ouvre donc un peu les yeux sur l'opacité et les conditions assez inhumaines dans lesquelles la France traite les migrants qu'elle détient en rétention. Cet album nous propose donc une suite de témoignages alternant deux points de vue ; celui de migrants confrontés à ce mur de l'administration française, et celui des associations qui militent en leur faveur. C'est d'ailleurs à la suite d'une manifestation dans le cadre de la campagne « Open access now, ouvrez les portes », qui depuis 2012 se bat pour pouvoir visiter ces prisons pour migrants, que naitra l'idée de cette BD. Inhumanité, violences, absurdité administratives, politique du chiffre, racisme, condamnation par l'Europe et opacité de son fonctionnement : la liste des griefs contre ces centres est longue... mais pourtant, leur fonctionnement se perpétue... Jean-Benoît Meybeck nous rend compte de tout cela de façon brute et percutante, avec un noir & blanc simple et parfois rocailleux. Le graphisme s'adapte à chaque récit, feutre ou crayon, traits fins ou noirs épais, mais restituant toujours ce sentiment d'incompréhension, de mal être ou d'impuissance. Un travail militant fort et efficace, qui ne laisse pas indifférent au sortir de sa lecture.
Hard Melody
Wow ! Une bonne claque graphique que nous colle là Ming Lu ! Attiré tout d'abord par les premières planches qui nous font monter sur scène avec les membres d'un groupe de rock, j'ai très rapidement plongé dans ce récit que nous livre l'auteur. D'une part parce que le graphisme est assez époustouflant, mais également parce que, loin de se cantonner à la banale histoire d'un groupe de rock, Ming Lu nous propose un regard incisif sur la société chinoise de la décennie passée. Revenons sur le graphisme d'abord. Ming Lu impose un noir & blanc à l'hyper réalisme impressionnant. Et moi qui suis d'habitude assez peu réceptif à ce style graphique, j'avoue être cette fois-ci tombé en admiration devant son talent. Car si souvent cette façon de dessiner me laisse de marbre, Ming Lu sait ici insuffler vie et inspiration à ses planches, que ce soit pour ses personnages, ses décors urbains ou sauvages. Chaque planche est un petit bijou en soi... presque un piège dans lequel on tomberait facilement en contemplation si l'on n'était pas tenu en haleine par une histoire accrocheuse. Car sans donner dans l'intensité et le suspense, l'auteur capte notre attention presque à notre insu, de bout en bout de l'album, jusqu'à son dénouement tragique. J'ai découvert une facette de la Chine que je ne connaissais pas, ou tout du moins que je devinais juste. A travers les trois membres de ce groupe de rock partis pour conquérir le monde et qui 10 ans plus tard baignent dans leurs désillusions, Ming Lu trace les contours d'une société chinoise où le libéralisme s'est taillé la part du lion. Le communisme de façade en prend pour son grade et nos protagonistes convergent inexorablement vers un destin qui ne semble pouvoir être évité. Celui d'un pays entier ? Un album puissant qui monte tranquillement mais résolument en intensité, servi par un dessin implacable.
Un drôle de père
Une chouette série manga, qui montre avec un minimum de moyens toutes les perplexités qui naissent quand on se retrouve avec la charge d'un enfant. Pour le minimum de moyen : un dessin au trait, sans contraste particulier, très passe-partout, mais qui réussit quand même à nous sortir une petite fille blonde vraiment mignonne. Pour le reste : le jeune homme qui doit s'occuper d'une enfant à la suite d'un décès dans sa famille, est tout à fait crédible. Il n'a pas vraiment d'atomes crochus avec les enfants en général, ni avec les filles d'ailleurs, mais il s'est proposé un peu sur un coup de tête, voyant que personne dans sa famille ne prenait les dispositions qui s'imposaient. Et puis cette petite est différente, c'est une personnalité. Il se découvre à son contact. Bref toutes les péripéties du quotidien sont abordées mais aussi les questionnements fondamentaux qui nous traversent, ce qu'on doit transmettre, ce qu'on doit lâcher pour assumer son rôle. C'est émouvant et drôle, à mettre entre toutes les mains (si nous n'avons pas tous été parent, nous avons au moins tous été enfant, et à même d'être touchés par ces incertitudes à la fois banales et existentielles) ... à 10,50€ le numéro, c'est peut-être plus facile de le lire en bibliothèque, mais c'est un truc à avoir.
Neon Genesis Evangelion
3.5 Maintenant que j'ai relu une nouvelle fois la série et lu la fin (oui, je lis des scans sur internet lorsque je n'ai pas envie d'attendre des mois pour lire la version française), je pense pouvoir écrire mon avis définitif sur cette série. La première fois que je l'ai lu le manga je n'avais pas trop aimé, mais à force de le relire j'ai commencé à lui trouver des qualités et aujourd'hui je l'aime bien quoique je ne dirais pas que c'est le meilleur truc de tous les temps. Je préfère le manga à l'anime d'ailleurs sauf pour les scènes de combats où l'anime est supérieur. Les points forts de ce manga sont le dessin que je trouve génial et les personnages sont terriblement attachant malgré leurs défauts. Je trouve même que certains sont plus sympathiques dans le manga que dans l'anime (je pense notamment à Asuka). J'aime toujours plus les premiers tomes que les derniers plus sérieux, mais le ton plus dramatique ne me dérange plus désormais. La seule chose que je n'aime pas dans le scénario c'est que je trouve que l'histoire sur les anges est inutilement compliquée et qu'on aurait pu plus facilement expliquer cette partie de la mythologie d'Evangelion.
Namibia
Cette seconde saison de Kenya reste dans le même esprit, c'est bien documenté, ça soulève des questions, et on est reparti dans un univers passionnant de mystères où l'on retrouve la craquante Kathy Austin. Avec cette nouvelle série, l'univers crée autour de Kenya et de la personnalité dynamique et espiègle de Kathy, se développe encore davantage. On y retrouve les terres arides et désertiques d'Afrique, des bestioles bizarres, des personnages bien campés (comme le major Bowley), et surtout cette même ambiance singulière et mystérieuse qui caractérise les séries de Léo et qui a fonctionné à merveille sur la première saison. Le premier album constitue une accroche suffisante pour qu'on ait envie de continuer, surtout avec un final aussi surprenant, et d'ailleurs chaque fin d'album propose le cliffhanger de rigueur ; ça marche parce qu'à chaque fois, c'est tellement prenant qu'on veut savoir ce qui va arriver et comment les auteurs vont expliquer les événements insolites de cette aventure. C'est avec le tome 4 que le récit bascule vraiment dans la science-fiction, du coup, c'est un peu moins intéressant, dans cet album, il ne se passe pas grand chose d'important ; il y a quelque chose de curieux qui se produit, un peu comme un chewing gum qui perd son goût, car on devine que tous les mystères entrevus avant vont trouver une explication qui ne peut être qu' en rapport avec une race extraterrestre. La tournure que prend le récit à ce stade me rappelle la série TV les Envahisseurs (labos isolés dans le désert, technologie très avancée, discrétion, expérimentation..). Cependant, l'ensemble conserve quand même son attrait, avec un dessin imité de Léo, aussi efficace et peut-être un peu moins statique ; Marchal relève donc brillamment le défi, même si je trouve que le trait est hyper appliqué sur les 2 premiers albums, et qu'il baisse en qualité ensuite, mais ceci est infime. L'important, c'est d'avoir une série très plaisante à lire, qui donne de bonnes sensations, en espérant que sa conclusion ne soit pas décevante.
Helldorado
Mon intérêt pour les civilisations précolombiennes m'a immédiatement attiré vers cette série, mais le résultat final est un peu en demi-teinte. Le début du premier album avec sa longue séquence sans dialogue est saisissant de cruauté, c'est une véritable abomination qui fut hélas perpétrée sur ces peuples en plusieurs endroits de la méso-Amérique. Ce qu'imaginent ensuite les auteurs est inspiré des maladies infectieuses apportées par les conquistadores, comme la variole ; l'organisme des indigènes étant vierge de toute infection, ces maladies se sont propagées à grande échelle et très vite. Ainsi, non contents d'avoir détruit les riches civilisations amérindiennes du Mexique, il a été prouvé par des historiens sérieux que les Espagnols avaient probablement tué plus d'indigènes par la contagion de ces maladies que par les armes. Sur 10 millions d'Indiens qui peuplaient le Mexique (Mayas, Aztèques, Toltèques...) avant l'arrivée des conquistadores, il n'en restait plus qu'un quart vers 1521. Partant de ce postulat, les auteurs diabolisent les Espagnols, non seulement par leurs actes barbares et brutaux, mais aussi par leur aspect physique peu engageant, aux têtes de dégénérés, et dont le capitaine Abatirso est l'exemple le plus frappant avec sa silhouette de grand brûlé. De leur côté, les Amérindiens sont aussi cruels, mais eux, ils n'ont rien demandé, ils sont chez eux. Ce sujet mettant en avant une maladie fulgurante et des corps en putréfaction, n'est pas très attractif au premier abord, mais il permet aussi de brosser un portrait réaliste de ces peuples d'ascendance Maya ou Aztèque saisis dans leurs pratiques sacrificielles et leurs rivalités tribales. Seul le dialogue plutôt moderne de certains personnages cadre mal avec le contexte historique, qui lui est parfaitement crédible au niveau des décors et des costumes, et que le dessinateur s'applique à restituer de merveilleuse façon. J'avais découvert Ignacio Noé en 1996 sur une série érotique très sulfureuse "le Couvent infernal", où son dessin hyperréaliste faisait déjà sensation ; avec cette série, il trouve un terrain propice à son talent graphique : les visages ravagés des Espagnols et ceux très typés des Amérindiens sont très réussis. C'est vraiment superbe visuellement, même s'il utilise des couleurs informatiques. Le dénouement de cette trilogie est quand même un peu décevant, tant par son côté inattendu que par son aspect peu crédible : à cette époque, les Espagnols n'avaient aucun respect pour ces peuples autochtones, or les voir s'engager vers une voie diplomatique telle qu'elle est montrée ici, semble peu convainquant. Reste la réflexion sur les boucheries de ce temps, de même que le fait d'avoir montré ce genre de répugnante infection est une entreprise courageuse, le tout servi je le redis par un dessin exceptionnel.