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Couverture de la série L'Affaire Dominici
L'Affaire Dominici

Voici un vrai décorticage de cette affaire qui restera toujours une énigme, malgré les nouvelles preuves ou nouveaux détails revus après tant d'années... où sont exposés les faits sans ambages et de façon remarquable ; Bresson effectue un vrai travail d'enquêteur en livrant toutes les pistes et les éléments de l'affaire, en prenant un peu le parti de rendre coupable le vieux Gaston Dominici. J'ai vu le film de 1973 avec Gabin, je connais cette affaire sordide depuis longtemps, mais presque exclusivement vue à travers le regard de ce film (qui brossait toute l'affaire froidement et talentueusement), parce qu'à la base, je ne suis pas passionné plus que ça par les affaires criminelles, surtout quand elles relèvent du sensationnel et qu'elles sont très médiatisées. Mais la façon dont c'est présenté dans cette Bd, c'est plutôt prenant, et j'avoue que ça m'a attiré ; le tout est transposé dans un très efficace style graphique au lavis et en noir et blanc de toute beauté. On dirait un peu les dessins qui illustraient les journaux à sensation du genre Détective, l'effet est saisissant, ça convient parfaitement et bravo à Follet pour ce coup de crayon magistral. Un bon album, mais une vraie conclusion après la libération de Gaston aurait été bienvenue.

16/10/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Monsieur Noir
Monsieur Noir

Je suis assez embêté à l'heure de porter un jugement sur cette série. J'ai un souci! Comme le précise Dufaux dans l'introduction de l'intégrale, ce conte est librement inspiré de ce que je considère comme un monument de la fantasy anglo saxonne, à savoir: "Titus d'enfer", "Gormenghast", "Titus errant" et "Titus dans les ténèbres". L'auteur, Mervin Peake, romancier, illustrateur ne fut vraiment découvert qu'après sa mort en 1968. C'est grandiose, lisez le d'urgence. Imaginez, après lecture de la BD, les mêmes personnages principaux mais mille fois plus effrayants, baroques, gothiques, (si, les deux peuvent aller ensemble!). Et puis une ambiance, un décor!, inoubliables! Alors en lisant la BD on ne peut être que frustré, pourquoi diable s'être juste inspiré? Toute la matière était présente dans les romans. Faisons donc fi de tout cela et recentrons nous sur la série proposée, en effet ces romans sont peu connus, (hélas!), et le public à qui elle s'adresse n'est pas sensé avoir ces références. Il est plutôt sympa de trouver une histoire qui bascule lentement mais sûrement dans la noirceur. Au sein de ce château c'est à une lutte de pouvoir effrénée que se livre tout ce petit monde. Les coups bas, les meurtres, le chantage tout y est. La charmante héroïne du départ se mue peu à peu en une froide calculatrice qui ne reculera devant rien pour arriver à ses fins. C'est pourquoi si certains y ont vu un côté Disney c'est sans doute uniquement dans le dessin que cela transparait. Alors oui une excellente série, mais si ce n'est déjà fait lisez Mervin Peake.

16/10/2014 (modifier)
Couverture de la série Gladys & Monique
Gladys & Monique

Voici un recueil d'histoires courtes sans paroles des plus sexy, et aussi humoristique, où de très jolies femmes très sexuées se livrent à des exercices charnels de domination-soumission vraiment très tentants, on a presque envie de se joindre à elles. 4 étoiles, ça peut paraître excessif pour une Bd érotique, mais ça le vaut bien (même si c'est pas du Garnier). On retrouve Gladys la rousse et Monique la blonde déjà vues dans le précédent recueil de Juan José Ryp Jeux de filles qui était aussi émoustillant ; cet album leur est entièrement consacré. Mais il va plus loin car il évite la banalisation répétitive qu'on rencontre dans la BD érotique, grâce à un mode de narration imagé où les symboles remplacent les mots ; un peu comme une sorte de petit rébus. Chaque histoire comporte une chute cocasse, réussissant ainsi à marier de belle façon un érotisme torride au gag. Ryp s'attache aux détails, son dessin est clair, précis, vraiment somptueux, et renforce évidemment l'attractivité de l'album qui contrairement au précédent, est en couleurs. Avec "Gladys & Monique", Ryp est entrain de se placer parmi les maîtres du genre, bref c'est de la BD érotique de grande qualité.

16/10/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série Hansel & Gretel
Hansel & Gretel

Il s’agit de la première œuvre avec phylactères que je lis véritablement de Junko Mizuno. Après être tombé sous le charme du récent « Ravina the Witch ? », conte détourné illustré de grande qualité mais n’entrant pas dans les critères requis par bdtheque pour en publier un avis, j’étais forcément intrigué par ses propres interprétations complètement barrées de nos grands classiques d’Andersen ou des frères Grimm ! Forcément l’exercice n’est pas nouveau ni même follement original. Pourtant la demoiselle développe un univers qui lui est plus personnel qu’universel. Hansel est un petit garçon enveloppé né avec la voix qui porte d’où le port nécessaire d’un cache pour atténuer le timbre de sa voix (voir couverture). Gretel sa sœur est une fière amazone qui préfère avoir une épée en bois en cadeau d’anniversaire qu’un vélo. Elle est téméraire et se pose peu de questions. Leurs parents tiennent une petite épicerie où ils revendent des tranches de cochon et des légumes poussant dans les cheveux de bestioles vertes. On se croirait pour peu dans le pays des Bisounours quand une pénurie de vivres va pousser les habitants de ce joyeux bordel vers un piège tendue par la mystérieuse princesse Marylin… Mais nos héros sont aux aguets ! Vous ne comprenez rien à tout ce charabia qui ressemble autant à un conte de Grimm qu’Eric Zemmour à Alain Decaux ? C’est normal ! Bienvenue dans l’univers complètement foutraque de Junko Mizuno qui sous des dessins naifs et acidulés cache une œuvre unique et très divertissante. Selon les notes de l’éditeur, cet auteur japonais a même redessiné et réécrit certains dialogues pour la publication française (qui se lit d’ailleurs dans le sens occidental). C’est très rapide à lire, complètement « what the fuck » et tout simplement délicieusement fun ! Le graphisme pop art un brin vintage n’est pas des plus impressionnants mais il possède un côté rafraichissant rehaussé par des couleurs warholiennes et un découpage plutôt sympa. Si on est déconcerté pendant les 10 premières pages, le temps de se remettre de nos émotions permet d’adhérer (ou pas) complètement à cet univers. Pour ma part, lisant très peu de mangas, j’ai beaucoup apprécié. En dépit de quelques cases gentiment trash ou dénudées, ce n’est quand même pas la version que je proposerais à des ados et encore moins des enfants mais ça reste un chouette petit délire coupable que je relirais bien facilement et avec plaisir !

16/10/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Michel Risque
Michel Risque

C'est avant tout curieux que je me suis lancé à l'assaut de ce monument de la BD québecoise. Curieux tout d'abord, parce que malgré mes connaissances dans le monde de la BD franco belge, du manga et du comics, c'est en recevant la présentation de cet album par les éditions la Pastèque que j'ai pris conscience que je ne connaissais rien de la BD québecoise. Monument ensuite, parce que Michel Risque se révèle être LE héros québécois, celui qui a marqué ce média et quelques générations de lecteurs outre Atlantique, car ses aventures ont vu le jour dans le milieu des années 70'. Monument (bis repetita) enfin, car l'album que nous proposent les éditions la Pastèque est tout simplement magnifique. Bel objet au format racé de près de 200 pages, cette intégrale nous sort le grand jeu. Car si cette maison d'édition avait déjà eu la bonne idée de republier ces aventures en plusieurs tomes depuis 2005, la réalisation d'une intégrale en 2 volumes aurait pu paraître étrange, voire un brin mercantile, mais la qualité du travail et du résultat proposés clouent rapidement le bec à ce genre de considérations. Entre la préface de Sylvain Lemay et les archives présentées qui suivent, on est gâtés ! Franchement, moi qui ne suis pas spécialement un adepte de ce genre d'exercice, parce qu'on n'y apprend souvent pas grand chose ou que c'est également souvent du cirage de pompe en règle, on a là un véritable travail de présentation basé sur un contenu riche et des illustrations pertinentes. Viennent ensuite (pour moi) la découverte du personnage en question et de ses fameuses aventures... J'appréhendais un peu après une si belle introduction de m'ennuyer dans cette lecture ou de rester hermétique à l'humour proposé. Car, oui je peux être un peu difficile pour ce qui est de l'humour, surtout en bande dessinée. Mais au final je ressors plutôt conquis par le personnage, malgré un point ou deux que j'ai trouvés moins bien gérés, comme par exemple l'avalanche de références à des personnages rencontrés dans d'autres épisodes ou le résumé de l'épisode précédent qui introduit chaque épisode. Car Michel Risque est construit comme une véritable série, qui ne prend jamais fin. Les épisodes se succèdent racontant une histoire en soi, et la suivante peut passer à tout autre chose. Si cela peut sembler déroutant au début, on s'y habitue rapidement, surtout que la récurrence de certains personnages secondaires étoffe cet univers particulier dans lequel évolue Michel Risque. On a finalement vite fait de se laisser happer par le rythme soutenu de ses aventures que valorise parfaitement cette édition en intégrale. Pour ce qui est du dessin, Real Godbout nous propose une ligne claire très efficace et stylée dont on perçoit l'évolution au fil des aventures (encore merci l'édition intégrale). Son trait s'affirme et gagne autant en précision qu'en fluidité. Son sens du détail enrichit également ses planches pour lui donner plus de crédit et ajouter quelques petites touches d'humour discrètes pour qui saura prendre le temps d'observer chaque case. Alors, vous l'aurez compris, c'est une TRÈS agréable surprise que cet album et la découverte de ce personnage atypique. Merci la Pastèque pour ce formidable travail, mais merci bien sûr aux auteurs Real Godbout et Pierre Fournier pour cette pépite !

15/10/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Witness 4
Witness 4

Putain, merde ! Ok les modos splittez moi, mais vraiment ça m'agace. Non cette série n'était pas à mettre à la poubelle ! Il y avait même de très bonnes idées. Le dessin est bon, d'accord c'est pas révolutionnaire mais tout de même efficace, les couleurs ne vous piquent pas les yeux et puis il y a des cases plutôt sympas. En fait j'ai beaucoup apprécié jusqu'au moment où je me suis aperçu que ça ne se terminerait pas ! Malgré mon léger agacement, il ne faut pas hésiter à faire l'emprunt en bibliothèque, on passe un bon moment. A nous de faire jouer nos petites cellules grises pour imaginer la suite.

15/10/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série L'Île D-7
L'Île D-7

Un one shot, mais qui se réfère grandement au Quatrième pouvoir du même auteur. C'est dans ce domaine que Gimenez excelle, à savoir celui de dessin de vaisseaux, de batailles spatiales et d'explosions. Tout cela est dessiné de magnifique manière. Pour une fois, je tire mon chapeau, en effet ici le dessinateur est son propre scénariste, et cela ne donne que du bon. Le trait de Gimenez est beaucoup moins épais que sur d'autres productions, moins chargé, moins lourd et épais et c'est là que je ne comprends pas. Dans La Caste des Méta-barons c'était le cas, sur Segments, idem et tutti quanti. Ici le trait s'affine et ce n'est que bénéfice pour nous autres lecteurs. Et donc, le scénario. Il est vrai que quelques clés peuvent aider à bien comprendre le truc en ayant lu le "Quatrième Pouvoir", mais vraiment ce n'est pas indispensable. Je comprendrais ceux qui sont rebutés par le style, mais véritablement nous avons ici un très bon moment de SF, pas du space, mais pas loin . Alors oui c'est pas le dessin propret de Bajram sur UWI ou II mais avouons que c'est pas dégueulasse. Faites lire et nous verrons bien !

15/10/2014 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ce n'est pas toi que j'attendais
Ce n'est pas toi que j'attendais

Cet album aborde un sujet pas simple, celui du handicap chez l’enfant, et le traite de fort belle manière. Plus qu’une histoire sur la maladie ou sur la différence c’est surtout le récit touchant d’un père pas préparé à avoir un enfant trisomique. Fabien Toulmé se livre à cœur ouvert et nous fait partager 3 ans de sa vie. On saura tout de ses sentiments : doutes, tristesses, colères et bien plus encore. Ça commence par ses craintes avant la naissance, son angoisse d’aller assister à une échographie et qu’on découvre un problème chez son enfant. Dès ces premiers chapitres, il se passe quelque chose. Le graphisme est simple mais très agréable, le ton percutant et on rentre dans son histoire. Arrive ensuite la naissance et la découverte de la trisomie. Dur. On voit un père qui s’effondre, qui rejette cet enfant qu’il n’accepte pas. Pas facile de parler de ça, de dévoiler ce genre de sentiment. Quel père peut avouer qu’il n’avait pas envie de prendre son nouveau-né dans les bras, qu’il lui a fallu des semaines pour le faire. Mais c’est raconté avec sincérité et pudeur, sans en faire trop. Il y a la justesse nécessaire pour en faire un récit vraiment touchant. Viennent ensuite les premiers mois de cohabitation avec cet enfant, ceux qui marquent le début de l’acceptation et enfin des premières joies avec ce bébé. L’apprentissage de la vie avec un petit trisomique et les contraintes qui vont avec ne se révèlent pas simples. Et bien sûr, il faut aussi vivre avec le regard des autres qui, on le sait bien, n’est pas toujours agréable. Dans tous ces chapitres l’émotion est encore présente mais l’optimisme et le positivisme prennent enfin le dessus. Au final on a un petit pavé de plus de 250 pages qui se lit d’une traite. C’est un album fort qui nous fait passer par plein d’émotions. On arrive à sourire, à s’attendrir, à se révolter… On referme ce livre avec l’impression de connaître cet enfant, de l’avoir vu grandir et de l’aimer un peu comme on aimerait l’enfant d’un pote... Bravo !

15/10/2014 (modifier)
Par slymus
Note: 4/5
Couverture de la série Le Tribut
Le Tribut

Sachant que le graphisme correspond parfaitement au scénario je trouve que cette bd (trop peu connue par le public) est superbe, laissant notre imaginaire s'immerger dans cet univers rappelant les guerres éternelles avec de la réflexion philosophique en abondance. Cette bande dessinée devrait être culte, seulement... En effet, à la fin de l'album on peut rester sur sa faim même si les auteurs nous laissent à notre imaginaire. Et il y a une raison à cela, c'est tout bêtement que le second tome de 77 planches appelé "l'aigle de lafcadio" fut bel et bien réalisé à l'époque, et même publié dans la revue "à suivre". Alors, pour quelles raisons obscures les éditions Casterman ne l'ont jamais sortie en album?

14/10/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Les Tours de Bois-Maury
Les Tours de Bois-Maury

Par les dieux que c'est bien. Imaginez une série que vous débutez tranquillement et qui ne vous lâche plus. A l'origine notre chevalier n'est pas très présent mais insidieusement il apporte sa touche, son caractère, sa quête, ses rencontres, ses défaillances, sa hargne, sa pugnacité. Voilà un homme qu'on ne saurait détourner de son but mais qui prend le temps,en chevalier qu'il est, de se préoccuper de son prochain. Nous sommes dans la geste d'un homme, pour récupérer son bien, son honneur, tout ce qui fait sens pour être. Des pages magnifiques, des découpes grandioses, des couleurs pas encore directes, mais c'est tout comme, fabuleuses. Vous l'aurez compris, j'aime beaucoup, voilà un moyen âge tel qu'il devait être, rugueux, âpre, sans concession. Un dernier détail, voilà une histoire qui ne lorgne pas vers l'optimisme et dont le dénouement est en parfaite adéquation avec ce que l'on pouvait en attendre. A lire d'urgence pour ceux qui ne connaissent pas, à faire connaitre pour les autres.

14/10/2014 (modifier)