A travers ses souvenirs d'enfance et de nombreux témoignages et recherches (suffit voir de voir la bibliographie et les légendes en fin d'album), l'auteur Derf Backderf a décidé de nous éclairer sur la personnalité tortueuse de son camarade de classe qui n'était autre que Jeffrey Dahmer, célèbre tueur en série et cannibale qui aurait assassiné dix-sept jeunes hommes entre 1978 et 1991.
Ces anecdotes de jeunesse nous sont contées intelligemment, avec authenticité et le tout est intéressant...On s'en souvient pour quelques temps car certains passages interpellent, c'est malsain...
Du bon travail tant au niveau montage du scénario que des dessins originaux. Pour curieux !
Je conseille l'achat mais je pense que cette BD ne se trouvera plus que d'occasion. Parue en 1985, c'est une ode au polar noir américain et dont l'histoire n'aurait pas dépareillé chez Chandler ou Hammett.
D'emblée en suivant la route de ce photographe français exilé aux Etats-Unis et proche de son retour à Paris, nous sommes plongés au cœur du New York des années 40/50. Nous avons une description des quartiers pauvres de Bowery, mais sans misérabilisme, avec un grand souci de véracité. L'histoire est très classique : photos d'adultère, chantage, le monde des puissants, les quartiers plus sordides, flics pas forcément nets, etc...
L'ensemble est véritablement bien rendu, il se dégage de tout cela une atmosphère, une ambiance très propice à ce type de récit. Le dessin très bon m'a fait penser par endroit à du Will Eisner.
Si donc vous êtes amateur de polar, vous trouverez dans cette BD de quoi vous régaler.
Très bon cru que ce " 7 Yakuzas" !
Niveau histoire, on est proche du cinéma de John Woo époque Chow Yun-fat : actions, flingues, fusillades, hémoglobines,...
Les sept protagonistes sont bien campés (spécialement le vieil oyabun), avec des séquences flashback qui permettent de découvrir la personnalité et motivation de chacun.
L'immersion est réussie, on ressent bien l'ambiance du Japon et le final est grandiose. Un régal!
Le dessin est parfois approximatif mais j'ai apprécié son côté sale, brouillon qui colle parfaitement à l'atmosphère tendue de l'intrigue.
A lire.
Deuxième BD de Rabaté que je lis après le très bon Les Petits Ruisseaux et je suis une nouvelle fois conquis.
Le personnage de Patrick, gérant d'un magasin de farces et attrapes, est touchant et certaines séquences m'ont parlé. Il y a un petit côté poétique qui se marie bien à cette histoire de rencontre, c'est léger et la psychologie des personnages est assez fouillée.
La fin nous laisse avec un gros point d'interrogation (reconquête ou indifférence à l'autre?), c'est pas mal, ça fait réfléchir....
Le dessin n'est pas très attirant au premier abord, mais dévoile toute sa magie lors de la lecture (expressions, grimaces des visages, attitudes corporelles....)
Un bon album à découvrir dans le genre "chronique sociale"
Une très bonne série historique qui nous conte le destin d'Héléna, une jeune femme forte de caractère, prête à défendre ses terres de Lorac et à lutter pour la cause du peuple Cathare contre l'Eglise de Rome (les catholiques)
Une BD bien documentée sur une guerre de religion sans pitié et cruelle, des intrigues rondement menées avec de l'émotion (spécialement le T9 qui met en scène une belle histoire d'amour entre deux adolescents) et le tout est à lire d'une traite.
Le final laisse un goût bizarre, on aimerait encore suivre notre ravissante héroïne et sa famille car ils sont attachants mais Jarbinet en a décidé autrement...
C'est en même temps pas plus mal, ça nous évite une série à rallonge sans saveur.
En une centaine de pages, les auteurs ont réalisé un panorama du fameux « Printemps arabe », qui avait mis en ébullition tout l’arc sud-méditerranéen en 2011, déclenchant alors les espoirs les plus fous de peuples assoiffés de liberté et lassés de leurs dictateurs. De son coup de crayon assuré, tout en déchiquetures, Cyril Pomès a su représenter ces événements comme une puissante sarabande à la fois joyeuse et violente, qui, tel un tsunami, a balayé en un rien de temps des régimes que l’on croyait installés pour de longues années.
Jean-Pierre Filiu quant à lui s’est nourri des informations de l’époque et de faits historiques pour les synthétiser sur seize chapitres, s’attachant à un pays, un événement ou un personnage symbolisant cette révolution à grande échelle, évitant ainsi une énumération scolaire. C’est dans l’ensemble très bien fait, instructif et plaisant à lire. Cette page importante de l’Histoire, d’une portée aussi grande que la chute du Mur de Berlin et dont on sent encore les répercussions, plus ou moins chaotiques selon les pays (le pire étant en Syrie où la guerre a fait 60.000 morts, sous la conduite du dictateur El-Assad toujours en place), méritait bien un tel ouvrage. Avec en conclusion cette phrase sonnant comme un avertissement : « La liberté se mérite chaque jour et la démocratie est trop humaine pour ne pas être fragile. »
C'est complètement par hasard que je me suis retrouvé avec cet album en main, au détour d'un passage chez un ami. Il me dit, "Tiens, je sais que tu aimes bien la BD et je Japon, tu as lu ça ?" et me voilà reparti avec "NonNonBâ"...
J'aime la qualité de la production de Cornelius, même si j'ai parfois beaucoup de mal avec le côté "expérimental" des travaux qu'ils proposent. Mais j'avais le souvenir que l'album avait reçu un accueil plutôt favorable (sans pour autant savoir qu'il avait reçu le Prix du meilleur album à Angoulême en 2007, je l'ai découvert en écrivant cette critique). C'est donc curieux, mais sans à priori que j'ai attaqué ma lecture.
La première chose qui m'a frappé, c'est le contraste dans le dessin de Shigeru Mizuki entre ses personnages et les décors. Autant, ses décors et surtout les paysages, peuvent sembler très soignés, autant ses personnages sont à la limite de la caricature. Cet air bonhomme, tout en rondeur n'est pas sans rappeler le trait fluide de Tezuka, tout comme son traitement des yokaï, ces êtres fantastiques et divins. Mais une fois cette surprise passée, je me suis rapidement habitué à son style, très expressif, qui permet d'accaparer toute notre attention et de rendre ce récit très fluide et prenant.
Car cette histoire s'étire sur plus de 400 pages, et même si au final il ne s'y passe pas grand chose, on découvre un Japon d'avant guerre tout en contrastes. Shigeru Mizuki y distille de façon expressionniste, non pas en couleurs mais en sensations et en réflexions, les différentes facettes d'une société dans laquelle il a grandit, où modernité et tradition, campagne et urbanité, fantastique et dure réalité s'entrechoquent allègrement. Tout cela nous est merveilleusement retranscrit à travers le regard mur de l'auteur alors enfant et de cette pauvre vieille femme : NonNonBâ.
Si au début, je n'étais pas plus emballé que ça par cet album, je me suis vite rendu compte que j'étais content de reprendre ma lecture qui s'est étalée sur une bonne semaine. C'était comme de retrouver les personnages d'une série dont on partage le quotidien et qui mine de rien vous sont devenus familiers.
Un très bon album, qui derrière une apparente simplicité révèle une grande force grâce à des personnages marquants. A lire !
Bunker.... Bunker.
Commencons d'emblée: j'ai aimé:
Le scénario est intéressant
Le graphisme est agréable
Le développement est bien mené
Les personnages sont assez fouillés, et on sent tout à fait le caractère de chacun
Par contre, ce que je regrette:
La complexité du scénario, on se perd parfois dans les méandres des forces en présence (au sens large). Une relecture s'impose !
La fin, que je trouve non pas baclée, mais disons qu'un tome 6 aurait été bienvenue. Ca donne une impression sans doute voulue d'enchainement, mais c'est un peu dur à avaler, surtout si on lie ca au point précédent.
Mais dans l'ensemble, ca vaut bien son petit 4/5 :)
J'ai découvert cet album après Peaux rouges alors qu'il est paru avant, mais peu importe, c'est de toute façon dans la même veine. J'avais déjà pu admirer la force et la maîtrise parfaite de Serpieri sur ses récits parus dans la collection Histoire du Far West, et je savais que ces albums réédités avec soin par Mosquito ne pouvaient pas me décevoir ; celui-ci est peut-être mon préféré.
Visuellement, c'est donc toujours aussi magnifique ; Serpieri porte ici un regard anthropologique toujours dans un style très descriptif et utilisant des scénarios qui sont en fait des prétextes à sublimer les peuples d'Amérique du Nord, car ces 4 récits courts tentent une approche plus mystique, voire ésotérique de la culture indienne. Tous sont de qualité égale, et celui qui donne son titre à l'album est sans doute le plus représentatif de cette tendance. Le premier récit "Bâton de feu" illustre bien le rôle de l'Indien en harmonie avec la nature, c'est probablement le plus authentique.
Mis à part 1 récit en couleurs qui est quand même réussi dans sa colorisation (enfin, moi je m'en contente), les 3 autres prouvent encore la virtuosité de Serpieri dans sa représentation minutieuse et juste de ces peuples mythiques, avec leurs costumes, leurs parures et leur rôle social tribal, ainsi que sa passion pour eux. Même dans mes bouquins sérieux sur les Indiens des plaines où abondent les illustrations de peintres américains, je n'ai pas trouvé mieux. Sans compter que la composition des images est très efficace. Un album à posséder.
Je m'attendais à une série plutôt banale, mais comme le contexte de cette Angleterre de fin de siècle est toujours source d'intérêt, j'ai lu ce triptyque d'une traite et sans aucune lassitude tellement c'est captivant. La façon dont c'est présenté, la narration et la progression de l'enquête sont remarquables, c'est de l'enquête à énigme, mais différente d'Hercule Poirot, ou même de Holmes, car le couple de héros frère et soeur est vraiment attachant et intéressant, ce sont les Experts de l'époque victorienne qui au-delà de la simple découverte d'un cadavre étrange au départ, vont mettre à jour grâce à leurs méthodes scientifiques, un gigantesque complot impliquant des banquiers ayant pignon sur rue. Ceci ne va pas redorer l'image des banquiers, et d'ailleurs ils ne font rien pour ça de nos jours.
D'emblée, c'est passionnant, et l'idée de situer cette enquête en Angleterre en 1889 est bonne, ça augmente le côté étrange ; cette vieille Albion avec ses mystères et ses meurtres sanglants est toujours le dépositaire d'un folklore qui lui est typiquement attaché. J'aime cette ambiance parfaitement recréée, et de plus les auteurs n'hésitent pas à faire intervenir des personnages réels comme l'inattendu Jules Verne ou l'inspecteur Abberline déjà plus logique, qui s'est occupé du cas Jack l'Eventreur (voir l'excellente Bd chez Soleil en collection 1800).
Tout est parfaitement réfléchi, ordonné, minutieusement expliqué, il n'y a rien de farfelu, pas de fantastique qui aurait pu tenter les auteurs, rien n'est tiré par les cheveux, bref même le dessin est sympathique, même si j'aurais préféré plus de réalisme.
Le tome 4 n'est peut-être pas aussi bien calibré que le triptyque de départ, mais ça reste d'un bon niveau. Voici une série qui a bien démarré, espérons que le reste à venir sera de même.
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Mon ami Dahmer
A travers ses souvenirs d'enfance et de nombreux témoignages et recherches (suffit voir de voir la bibliographie et les légendes en fin d'album), l'auteur Derf Backderf a décidé de nous éclairer sur la personnalité tortueuse de son camarade de classe qui n'était autre que Jeffrey Dahmer, célèbre tueur en série et cannibale qui aurait assassiné dix-sept jeunes hommes entre 1978 et 1991. Ces anecdotes de jeunesse nous sont contées intelligemment, avec authenticité et le tout est intéressant...On s'en souvient pour quelques temps car certains passages interpellent, c'est malsain... Du bon travail tant au niveau montage du scénario que des dessins originaux. Pour curieux !
Les Soleils de faïence
Je conseille l'achat mais je pense que cette BD ne se trouvera plus que d'occasion. Parue en 1985, c'est une ode au polar noir américain et dont l'histoire n'aurait pas dépareillé chez Chandler ou Hammett. D'emblée en suivant la route de ce photographe français exilé aux Etats-Unis et proche de son retour à Paris, nous sommes plongés au cœur du New York des années 40/50. Nous avons une description des quartiers pauvres de Bowery, mais sans misérabilisme, avec un grand souci de véracité. L'histoire est très classique : photos d'adultère, chantage, le monde des puissants, les quartiers plus sordides, flics pas forcément nets, etc... L'ensemble est véritablement bien rendu, il se dégage de tout cela une atmosphère, une ambiance très propice à ce type de récit. Le dessin très bon m'a fait penser par endroit à du Will Eisner. Si donc vous êtes amateur de polar, vous trouverez dans cette BD de quoi vous régaler.
Sept yakuzas
Très bon cru que ce " 7 Yakuzas" ! Niveau histoire, on est proche du cinéma de John Woo époque Chow Yun-fat : actions, flingues, fusillades, hémoglobines,... Les sept protagonistes sont bien campés (spécialement le vieil oyabun), avec des séquences flashback qui permettent de découvrir la personnalité et motivation de chacun. L'immersion est réussie, on ressent bien l'ambiance du Japon et le final est grandiose. Un régal! Le dessin est parfois approximatif mais j'ai apprécié son côté sale, brouillon qui colle parfaitement à l'atmosphère tendue de l'intrigue. A lire.
Le Petit Rien tout neuf avec un ventre jaune
Deuxième BD de Rabaté que je lis après le très bon Les Petits Ruisseaux et je suis une nouvelle fois conquis. Le personnage de Patrick, gérant d'un magasin de farces et attrapes, est touchant et certaines séquences m'ont parlé. Il y a un petit côté poétique qui se marie bien à cette histoire de rencontre, c'est léger et la psychologie des personnages est assez fouillée. La fin nous laisse avec un gros point d'interrogation (reconquête ou indifférence à l'autre?), c'est pas mal, ça fait réfléchir.... Le dessin n'est pas très attirant au premier abord, mais dévoile toute sa magie lors de la lecture (expressions, grimaces des visages, attitudes corporelles....) Un bon album à découvrir dans le genre "chronique sociale"
Mémoire de cendres
Une très bonne série historique qui nous conte le destin d'Héléna, une jeune femme forte de caractère, prête à défendre ses terres de Lorac et à lutter pour la cause du peuple Cathare contre l'Eglise de Rome (les catholiques) Une BD bien documentée sur une guerre de religion sans pitié et cruelle, des intrigues rondement menées avec de l'émotion (spécialement le T9 qui met en scène une belle histoire d'amour entre deux adolescents) et le tout est à lire d'une traite. Le final laisse un goût bizarre, on aimerait encore suivre notre ravissante héroïne et sa famille car ils sont attachants mais Jarbinet en a décidé autrement... C'est en même temps pas plus mal, ça nous évite une série à rallonge sans saveur.
Le Printemps des Arabes
En une centaine de pages, les auteurs ont réalisé un panorama du fameux « Printemps arabe », qui avait mis en ébullition tout l’arc sud-méditerranéen en 2011, déclenchant alors les espoirs les plus fous de peuples assoiffés de liberté et lassés de leurs dictateurs. De son coup de crayon assuré, tout en déchiquetures, Cyril Pomès a su représenter ces événements comme une puissante sarabande à la fois joyeuse et violente, qui, tel un tsunami, a balayé en un rien de temps des régimes que l’on croyait installés pour de longues années. Jean-Pierre Filiu quant à lui s’est nourri des informations de l’époque et de faits historiques pour les synthétiser sur seize chapitres, s’attachant à un pays, un événement ou un personnage symbolisant cette révolution à grande échelle, évitant ainsi une énumération scolaire. C’est dans l’ensemble très bien fait, instructif et plaisant à lire. Cette page importante de l’Histoire, d’une portée aussi grande que la chute du Mur de Berlin et dont on sent encore les répercussions, plus ou moins chaotiques selon les pays (le pire étant en Syrie où la guerre a fait 60.000 morts, sous la conduite du dictateur El-Assad toujours en place), méritait bien un tel ouvrage. Avec en conclusion cette phrase sonnant comme un avertissement : « La liberté se mérite chaque jour et la démocratie est trop humaine pour ne pas être fragile. »
NonNonBâ
C'est complètement par hasard que je me suis retrouvé avec cet album en main, au détour d'un passage chez un ami. Il me dit, "Tiens, je sais que tu aimes bien la BD et je Japon, tu as lu ça ?" et me voilà reparti avec "NonNonBâ"... J'aime la qualité de la production de Cornelius, même si j'ai parfois beaucoup de mal avec le côté "expérimental" des travaux qu'ils proposent. Mais j'avais le souvenir que l'album avait reçu un accueil plutôt favorable (sans pour autant savoir qu'il avait reçu le Prix du meilleur album à Angoulême en 2007, je l'ai découvert en écrivant cette critique). C'est donc curieux, mais sans à priori que j'ai attaqué ma lecture. La première chose qui m'a frappé, c'est le contraste dans le dessin de Shigeru Mizuki entre ses personnages et les décors. Autant, ses décors et surtout les paysages, peuvent sembler très soignés, autant ses personnages sont à la limite de la caricature. Cet air bonhomme, tout en rondeur n'est pas sans rappeler le trait fluide de Tezuka, tout comme son traitement des yokaï, ces êtres fantastiques et divins. Mais une fois cette surprise passée, je me suis rapidement habitué à son style, très expressif, qui permet d'accaparer toute notre attention et de rendre ce récit très fluide et prenant. Car cette histoire s'étire sur plus de 400 pages, et même si au final il ne s'y passe pas grand chose, on découvre un Japon d'avant guerre tout en contrastes. Shigeru Mizuki y distille de façon expressionniste, non pas en couleurs mais en sensations et en réflexions, les différentes facettes d'une société dans laquelle il a grandit, où modernité et tradition, campagne et urbanité, fantastique et dure réalité s'entrechoquent allègrement. Tout cela nous est merveilleusement retranscrit à travers le regard mur de l'auteur alors enfant et de cette pauvre vieille femme : NonNonBâ. Si au début, je n'étais pas plus emballé que ça par cet album, je me suis vite rendu compte que j'étais content de reprendre ma lecture qui s'est étalée sur une bonne semaine. C'était comme de retrouver les personnages d'une série dont on partage le quotidien et qui mine de rien vous sont devenus familiers. Un très bon album, qui derrière une apparente simplicité révèle une grande force grâce à des personnages marquants. A lire !
Bunker
Bunker.... Bunker. Commencons d'emblée: j'ai aimé: Le scénario est intéressant Le graphisme est agréable Le développement est bien mené Les personnages sont assez fouillés, et on sent tout à fait le caractère de chacun Par contre, ce que je regrette: La complexité du scénario, on se perd parfois dans les méandres des forces en présence (au sens large). Une relecture s'impose ! La fin, que je trouve non pas baclée, mais disons qu'un tome 6 aurait été bienvenue. Ca donne une impression sans doute voulue d'enchainement, mais c'est un peu dur à avaler, surtout si on lie ca au point précédent. Mais dans l'ensemble, ca vaut bien son petit 4/5 :)
Chaman
J'ai découvert cet album après Peaux rouges alors qu'il est paru avant, mais peu importe, c'est de toute façon dans la même veine. J'avais déjà pu admirer la force et la maîtrise parfaite de Serpieri sur ses récits parus dans la collection Histoire du Far West, et je savais que ces albums réédités avec soin par Mosquito ne pouvaient pas me décevoir ; celui-ci est peut-être mon préféré. Visuellement, c'est donc toujours aussi magnifique ; Serpieri porte ici un regard anthropologique toujours dans un style très descriptif et utilisant des scénarios qui sont en fait des prétextes à sublimer les peuples d'Amérique du Nord, car ces 4 récits courts tentent une approche plus mystique, voire ésotérique de la culture indienne. Tous sont de qualité égale, et celui qui donne son titre à l'album est sans doute le plus représentatif de cette tendance. Le premier récit "Bâton de feu" illustre bien le rôle de l'Indien en harmonie avec la nature, c'est probablement le plus authentique. Mis à part 1 récit en couleurs qui est quand même réussi dans sa colorisation (enfin, moi je m'en contente), les 3 autres prouvent encore la virtuosité de Serpieri dans sa représentation minutieuse et juste de ces peuples mythiques, avec leurs costumes, leurs parures et leur rôle social tribal, ainsi que sa passion pour eux. Même dans mes bouquins sérieux sur les Indiens des plaines où abondent les illustrations de peintres américains, je n'ai pas trouvé mieux. Sans compter que la composition des images est très efficace. Un album à posséder.
Special Branch
Je m'attendais à une série plutôt banale, mais comme le contexte de cette Angleterre de fin de siècle est toujours source d'intérêt, j'ai lu ce triptyque d'une traite et sans aucune lassitude tellement c'est captivant. La façon dont c'est présenté, la narration et la progression de l'enquête sont remarquables, c'est de l'enquête à énigme, mais différente d'Hercule Poirot, ou même de Holmes, car le couple de héros frère et soeur est vraiment attachant et intéressant, ce sont les Experts de l'époque victorienne qui au-delà de la simple découverte d'un cadavre étrange au départ, vont mettre à jour grâce à leurs méthodes scientifiques, un gigantesque complot impliquant des banquiers ayant pignon sur rue. Ceci ne va pas redorer l'image des banquiers, et d'ailleurs ils ne font rien pour ça de nos jours. D'emblée, c'est passionnant, et l'idée de situer cette enquête en Angleterre en 1889 est bonne, ça augmente le côté étrange ; cette vieille Albion avec ses mystères et ses meurtres sanglants est toujours le dépositaire d'un folklore qui lui est typiquement attaché. J'aime cette ambiance parfaitement recréée, et de plus les auteurs n'hésitent pas à faire intervenir des personnages réels comme l'inattendu Jules Verne ou l'inspecteur Abberline déjà plus logique, qui s'est occupé du cas Jack l'Eventreur (voir l'excellente Bd chez Soleil en collection 1800). Tout est parfaitement réfléchi, ordonné, minutieusement expliqué, il n'y a rien de farfelu, pas de fantastique qui aurait pu tenter les auteurs, rien n'est tiré par les cheveux, bref même le dessin est sympathique, même si j'aurais préféré plus de réalisme. Le tome 4 n'est peut-être pas aussi bien calibré que le triptyque de départ, mais ça reste d'un bon niveau. Voici une série qui a bien démarré, espérons que le reste à venir sera de même.