Les Eaux de Mortelune

Note: 3.27/5
(3.27/5 pour 33 avis)

Dans un Paris devasté par la folie des hommes commence le regne du Prince de Mortelune. Violhaine et Nicolas pourront ils y survivre? Un classique de l'imaginaire !


Après l'apocalypse... BoDoï Circus Paris

Dans un Paris devasté par la folie des hommes commence le regne du Prince de Mortelune. Violhaine et Nicolas pourront ils y survivre? Un classique de l'imaginaire ! Paris dévasté où l'eau se fait rare et le pétrole si cher, des hommes se prennent à rêver de jours meilleurs, luttant quotidiennement pour survivre. Doux rêveur ou docile monnaie d'échange, Nicolas et Vhiolaine, prenne place sur l'échiquier des intérêts des Grands de ce monde.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Mai 1986
Statut histoire Série terminée 10 tomes parus

Couverture de la série Les Eaux de Mortelune © Glénat 1986
Les notes
Note: 3.27/5
(3.27/5 pour 33 avis)
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17/10/2001 | Téo
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L'avatar du posteur Noirdésir

Dessin et colorisation font vraiment leur âge ! Mais je trouve que l’ensemble passe encore très bien. Adamov nous propose quelque chose d’assez travaillé, et la vision qu’il donne d’un Paris post-apocalypse est souvent saisissante. Un univers noir, glauque, dans lequel Cothias développe une intrigue un peu foutraque. Comme une fin du monde, une agonie flamboyante. Au milieu des ruines, des loques humaines en quête d’eau et de nourriture (il y a quelque chose du film « Delicatessen » - la couleur sombre et l’humour noir en moins – dans certaines scènes où le boucher Pancrasse prépare sa barbaque…), et des notabilités déconnectées de la réalité de la plèbe, multipliant orgies et caprices mortels. Il y a dans certaines scènes, et dans le dessin des choses qui m’ont aussi fait penser à Neige (une série qu’il faudra bien que j’avise, au passage !). Si dessin et colorisation font leur âge donc, j’ai trouvé dans une lecture récente (je ne sais pas pourquoi j’étais passé à côté de cette série depuis si longtemps !?) que l’intrigue et certains personnages étaient presque intemporels. En tout cas qu’hélas on pouvait trouver quelques points communs avec notre époque contemporaine. Une société et des valeurs en déliquescence, des dirigeants méprisants envers le « peuple » (« Sans dent », immigrés, pauvres, etc.) : si pas mal de personnages font étalage de cynisme, de mépris de classe et de folie, c’est le duc Malik qui incarne le « méchant », gros salaud méprisant, ambitieux, égoïste, sadique, massacrant à tour de bras pour s’amuser avec son train blindé. Son personnage est fascinant – et repoussant – et s’intègre parfaitement dans cet univers où tout semble partir en vrille, où tout s’écroule dans la fange (dans tous les sens du terme). Malik est aussi garant de surprises, puisqu’on ne sait trop à l’avance qui il va tuer (parfois des personnages qui semblaient importants pour l’intrigue). A l’inverse, Jérôme, Prince de Mortelune, gagne en consistance, et surtout en « positivité » au fur et à mesure qu’avance le récit – et qu’il devient une proie traquée, entourée de quelques personnages longtemps énigmatiques, alors qu’au départ il avait lui aussi un comportement méprisable. Pour revenir sur le côté graphique, Adamov nous balade pas mal dans ce Paris déglingué, pourrissant, démantibulé. On a même droit à de longues virées dans les sous-sols (égouts, métro – avec un improbable contrôleur des Lilas), il se fait plaisir, et les connaisseurs de la capitale peuvent s’amuser à reconnaitre monuments et quartiers dévastés (j’ai plutôt bien aimé cet aspect) – je ne connais pas Lyon, et j’ai donc été moins captivé lorsque l’intrigue s’y est projetée dans le quatrième tome, ou comme lorsque par la suite nous voit traverser la France, avec ces insectes mutants. Le tome 5 conclut un cycle. J’allais dire la série – et sans doute aurait-il dû en être ainsi, et les auteurs auraient produit une bien belle œuvre, certes pessimiste, mais originale et plaisante à lire. Et du coup, difficile d’envisager une suite après ce cinquième tome. Pourtant les auteurs ont remis le couvert. La rupture est brutale, il faut s’y remettre. Mais le ton et les décors sont très – trop différents. Ça part vers quelque chose de plus rationnel au départ (on cherche à expliquer le pourquoi de l’apocalypse dans les premières pages – inutile et cela tue l’imagination du lecteur) et plus classique et moins noir, de la SF moins originale clairement. Et qui m’a en tout cas moins attiré. Et puis, les touches d’humour – avec ce robot en forme de pingouin par exemple – et les dérives un peu foutraques du scénario m’ont peu à peu mis de côté. Faire revenir les personnages du premier cycle m’est apparu artificiel et vain, et l’histoire – en plus d’être moins facile à suivre – m’a moins intéressé. Sans être inintéressant, ce second cycle forme presque une série à part. en tout cas je pense que les cinq premiers albums, qui se suffisent à eux-mêmes, auraient pu et dû clore la série. Ce second cycle s’embarque dans les rêveries, mais les personnages de Nicolas et de Violhaine ne sont pas assez forts (ils sont même fades dans le premier cycle). Dans ce second cycle, le dessin d’Adamov est toujours très bon – mais j’aime moins ses décors, j’avais préféré les ruines urbaines. Et la colorisation de Chagnaud (qui remplace ici Adamov) donne un rendu plus net, pas désagréable, mais cela accentue encore la rupture entre les deux cycles). Vous l’avez compris, j’ai surtout été marqué par les cinq premiers albums (j’aurais sans doute mis une étoile supplémentaire sur ce seul cycle). Les suivants sont peut-être plus dispensables.

23/02/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5
L'avatar du posteur grogro

C'est en voyant passer l'avis de Lodi que je me suis replongé avec plaisir dans mon souvenir de lecture du premier cycle des Eaux de Mortelune. A l'époque, je découvrais un peu l'univers de la BD. Disons que je sortais des Astérix, Scrameustache, Gaston et consors pour entrer dans la BD adulte. Voilà donc que le frangin m'offre le premier tome.... Bref ! Quelle claque ! Je me souviens de cet univers poisseux et décadent qui avait une texture complètement inédite. Tout était inventif à mes yeux d'ado tout neuf. J'aimais aussi le décalage entre la perversion des puissants et la poésie dont faisait preuve Nicolas. Il y avait dans ce personnage l'étincelle de vie qui parlait à ma conscience d'ado poète (pouet). Je me souviens il y a quelques mois avoir songé à cette BD en me disant qu'elle était totalement dans le ton de notre époque. Le gouvernement Attal se cassait la gueule, Bruno Le Maire en profitait alors pour se barrer en Suisse en laissant une ardoise conséquente, non sans avoir chié un roman dans lequel il faisait état de ses fantasmes beaufs et sodomites. Alors lui, me suis-je dis alors, c'est vraiment le Duc Malik ! Je chie à la gueule des pauvres et je fais mes petites affaires de quéquette à deux balles sur le dos des tondus. Sans vergogne le mec. Et quelques temps plus tard, rebelotte avec ce porc de Larcher qui, avec tant d'autres, vient gerber sur la Justice... On pourrait égrainer la liste, désormais longue comme un jour sans soleil, de ces gestes et paroles de fin d'empire, mais franchement, on dirait la galerie décadente des Eaux de Mortelune, non ? Du coup, la critique de Lodi m'a donné envie de m'attaquer au second cycle, que je n'ai encore jamais lu. J'ajoute donc ces tomes sur ma déjà très longue PAL ! Bref ! Cette BD fait pour moi figure de classique parmi les classiques, à ranger aux côtés des Passagers du vent, Thorgal (jusqu'au tome 13), Astérix (jusqu'à Astérix chez les Belges, inclus), Tintin, Philémon... Ce qui s'appelle un immanquable quoi !

17/10/2025 (modifier)
Par Lodi
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Tous les tomes, toutes les cases, tout est absolument parfait. Histoire, psychologie, dessin, couleur, dialogue, rythme. Je m'en vais défendre la seconde partie, tant incomprise ! Elle est le reflet inversé de la première, tout simplement, où l'implacable réalité cauchemardesque dévorait le reste, à commencer par le rêve. Passeur entre les deux monde, qui peut déconcerter, mais est-il de meilleur passeur ? Lovecraft, dont les créatures de rêves-cauchemar sont adaptés à l'impuissance à rêver, et surtout à rêver de façon non destructive, des personnages. Eh oui, même de Nicolas, qui ressuscite le duc Malik, soit un des méchants les plus intéressants de la fiction. Et les bons, dans tout ça ? Aux abonnés absents, mais plus intéressant, il y a un cheminement vers la bonté de certains protagonistes. Et vers le… présent. Voyage spatial et temporel sont discrètement là, et on comprend certaines images du début à la fin. L'origine de tout, par Thomas, est bien venue, l'émancipation des personnages aussi. Cruauté sans complaisance, morale sans fadaise, cauchemar sans ressassement, rêves entravés, tout pour moi célèbre les noces de la forme et du fond : perfection.

17/10/2025 (modifier)
Par CVI
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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C'est l'une de mes séries favorites. Je la relis tous les 3/4 ans. Comme beaucoup, je m'arrête aux 4 ou 5 premiers tomes, ensuite c'est incompréhensible. Ma note s'entend pour la première série. Je mettrais 1 pour les suivantes.

06/02/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

Décidément, il semblerait que j'ai de la difficulté à aimer les bandes dessinées qui se passent dans un univers post-apocalyptique. J'ai lu le premier cycle qui est apparemment meilleur que la suite (donc je ne vais pas lire cette suite vu que je trouve déjà les 5 premiers tomes très moyens). Pourtant, j'aime bien les histoires avec des personnages bizarres (ou du moins pas très normaux) qui essaient de prendre le pouvoir, mais ici j'étais indifférent durant ma lecture. Je ne me suis pas du tout attaché ou intéressé aux personnages et j'en avais rien à cirer de leur sort. Et puis il y a plusieurs scènes que j'ai trouvées ridicules. Il reste quelques bons dialogues, mais cela n'a pas suffit pour rendre cette histoire captivante. Le dessin est correct.

04/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Pas mal si l'on s'en tient au premier cycle de 5 tomes, je ne noterais que cette partie sans quoi ma note aurait été plus basse. Amis du glauque, du dépravé, bonjour! Nous voilà au fond du fond, je ne sais pas ce que nous réserve le futur mais si ça y ressemble autant se tirer une balle tout de suite. Dans des décors hallucinants survivent des hommes, des femmes, des dégénérés de tout poil qui s'agitent, complotent et s'enivrent dans des orgies que le Divin Marquis n'aurait pas renié. A force d'à force l'ensemble devient nauséeux et ce n'est pas notre brave Nicolas malgré sa présence qui rehausse le niveau. Reste une histoire originale qui est malgré tout transcendée par un graphisme et une couleur très années 80. Adamov a un trait et une patte très personnels qui nous offrent une vision de la décadence très réussie. Une série qui en tout cas ne peut laisser indifférent. Pour amateur de post apocalyptique glauque.

06/09/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Ce genre de Bd, ça vous remue quelque part, et moi qui d'habitude aime les bandes post-atomiques, ici, je n'ai absolument pas été attiré par cette vision d'un Paris dévasté où vivent des êtres excentriques, dépravés, pervers et ignobles dirigés par une sorte de monarque jouisseur et lubrique qui règne sur une cour des miracles bigarrée, composée de satires, d'obsédés sexuels et de dégénérés qui se vautrent dans la fange sexuelle la plus trouble. Adamov retrouve son scénariste de Le Vent des Dieux, Cothias qui signe une fable futuriste fellinienne et baroque, à l'univers décadent, remplie de violence et d'érotisme sauvage qui laissent une impression nauséeuse. Malgré de bonnes trouvailles et le dessin d'une certaine finesse, Adamov multiplie les scènes orgiaques, les personnages aux physiques grotesques ou monstrueux, les déviances les plus sordides et les décors parisiens hallucinants où l'on devine les grands monuments défigurés par des verrues métalliques, ou les avenues éventrées par de larges tranchées. L'imaginaire est très riche, les costumes des personnages (quand ils en ont) sont aussi originaux, mais cette Bd d'une grande audace dérange et laisse un certain malaise que j'ai le plus grand mal à digérer. J'ai lu Mortelune dans le mensuel Circus à l'époque, et aujourd'hui encore, quand je vois en biblio un album et que j'en feuillette quelques pages, mon impression reste la même.

30/06/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Je ne sais si je peux chroniquer cette série car je n'ai lu que les 5 premiers tomes (8 tomes, 9 tomes ?) mais ces albums je les ai lus et relus et cet univers s'est vraiment imprimé dans mon cortex cérébral. C'est une œuvre très noire (malgré ses couleurs pâles et acidulées typiques des années 80) voire malsaine. La cour du prince de Mortelune ne valant pas mieux que le peuple. D'un côté nous avons les aristocrates cyniques et cruels (le mot est faible) passant le plus clair de leur temps à partouzer (avec des monstres, des enfants...) et à organiser des sortes de chasses à l'homme dans la ville dévastée. Et de l'autre le peuple et autres gueux qui se mangent littéralement entre eux (bon les aristos sont également cannibales... ). En dehors de Nicolas l'autiste rêveur et du nain de la taverne tout le monde est mauvais et cynique. L’héroïne qui pourtant est prostituée par son père le boucher n'hésite pas à passer du côté du prince et entretient une liaison avec lui. Elle tombe même amoureuse de cette ordure délicate et cruelle. Car c'est très subtil dans l'écriture, les personnages révélant une réelle profondeur derrière leurs pires aspects. Tout le monde ou presque est abject mais au fur et à mesure des albums on développe une réelle empathie pour eux car on apprend à les connaître. Et l'histoire est vraiment passionnante (du moins dans ces 5 premiers albums après je ne sais pas). Ce que j'aime également dans cette série c'est la magie présente derrière l'horreur et le dégoût des situations et des personnages qui du coup ressort beaucoup plus intensément (les réserves d'eaux sous le palais de Mortelune, la personnalité de l’héroïne et sa relation avec le prince, le personnage de Nicolas son petit frère). Un peu comme la série Face de Lune de Boucq et Jodorowsky. De plus le dessin d'Adamov est de très grande qualité. Sa représentation d'un Paris dévasté est à couper le souffle (Notre Dame, Le Sacré Coeur, le métro... mais ensevelis sous des gravas ou de la végétation). C'est pratiquement une reconstitution historique. C'est très très fort. Bref je recherche activement les tomes suivants (qui parait-il sont de moins en moins bons scénaristiquement parlant ), plus oniriques et fantastiques.

01/05/2013 (modifier)

Voilà une série qui m'a marqué dans ma jeunesse et que j'ai redécouverte avec bonheur l'an dernier avec l'achat des deux intégrales (une pour chaque cycle). Le monde futuriste (post apocalyptique) décrit est décadent et relativement immonde, on y trouve d'excellentes idées scénaristiques, et le dessin réaliste à l'ancienne est très réussi. Le premier cycle de 5 tomes (formant une histoire complète) est à mes yeux une pure réussite et vaut son 5/5. Le deuxième cycle est quant à lui autrement plus barré que le premier, et ma note le concernant serait plutôt de 3/5 (pas mal, sans plus). Principalement pour son premier cycle, je ne peux toutefois que conseiller cette série.

05/09/2010 (modifier)
Par Miranda
Note: 2/5
L'avatar du posteur Miranda

Pour moi cette série est vraiment trop déjantée et pourtant j’aime bien ce style de récits normalement. J’ai accroché à chaque fois aux deux premiers tomes de chaque cycle et j’ai décroché au troisième et c‘est le principal reproche que je fais à cette série, elle foisonne de scènes inutiles et répétitives, c’est un peu du remplissage, six tomes en tout auraient suffit. De plus je n’ai pas apprécié les gens à poil, trop racoleur, ni certains personnages dans le genre vieux dégueulasses, ni Nicolas le débile, ni le fait que le scénario tombe dans le domaine du rêve où tout est permis, surtout tout et n‘importe quoi. C’est dommage graphiquement j’adore le style même avec les couleurs vieillottes, je trouve que ça lui ajoute un certain charme. Il y a aussi d’excellentes et intelligentes réflexions sur l’humanité, mais voilà le meilleur côtoie le pire ce qui n’est pas forcément un bon mélange. Deux étoiles parce que ça se laisse quand même lire… ou presque… tout n’est pas à jeter.

05/09/2010 (modifier)