J'ai lu cet épais album sans savoir qu'il s'agissait d'une intégrale reprenant des œuvres existantes, Quelques pelures et Le Moral des troupes, et y ajoutant quelques pages aussi tirées de Résine de synthèse et enfin l'équivalent d'un petit album supplémentaire plus récent "le Roi des cafards". L'ensemble forme un tout relativement homogène donc je n'ai pas tellement vu la différence hormis une évolution de la maîtrise graphique au fil du temps. Il s'agit de récits autobiographiques où l'auteur, Jimmy Beaulieu, se raconte depuis la fin des années 90 jusqu'à 2013. Cela commence quand il est un jeune célibataire et travaille encore dans une librairie de la ville de Québec et qu'il va décider de déménager à Montréal pour reprendre sa vie en main. Et cela se termine quand il est devenu un auteur assez confirmé et marié, mais toujours plein de questionnements sur la vie en général.
Cela prend la forme d'un recueil de récits courts, comme des bribes de journal intime ou de carnets de dessin où l'auteur couche sur le papier les évènements qu'il a vécus, les réflexions qu'il a eues , comme des miettes de tranches de vie. Parfois cela prend la forme d'une histoire en une dizaine de pages, avec un début et une fin, et d'autres fois cela ressemble à des petits flashs plus décousus se succédant sans réel suivi. L'auteur s'y livre sur sa vie sentimentale et familiale, son quotidien, un peu son expérience d'auteur de BD et d'éditeur plus ou moins amateur, et il nous fait partager les nombreuses questions et doutes qui le taraudent, ainsi que ses impressions du moment.
Malgré l'aspect décousu de l'ensemble, j'étais plutôt intéressé au départ par ce récit intimiste, surtout parce qu'il me permettait de découvrir l'état d'esprit de ce Québécois et la manière dont il me permettait de découvrir la vie des jeunes québécois et son côté exotique et attachant pour un lecteur français. L'auteur insiste en partie sur cet aspect, son amour pour son pays et surtout pour la ville de sa jeunesse, Québec.
Les quelques informations sur l'évolution de sa carrière artistique étaient également relativement intéressantes même si survolées d'assez loin.
Mais en définitive, cette lecture en est venue assez rapidement à m'ennuyer. S'il continuait à y avoir par-ci par-là des épisodes qui me captivaient davantage, beaucoup trop des passages de cet album sont trop intimistes, trop bavards et sans intérêt à mes yeux. Sans parler non plus de cette structure décousue qui donne l'impression de fouiller dans un amas déstructuré de moments un peu voyeurs où l'auteur s'épanche comme ça lui vient. Sur la fin de l'album, et notamment dans celles qui forment "le Roi des cafards", les planches deviennent même parfois tellement bavardes que j'ai eu l'impression de lire des pages des plus récents Carnets de Joann Sfar qui m'ennuient au plus haut point.
A petites doses, en ne gardant qu'une partie sélectionnée de ces histoires, j'aurais pu trouver ça pas mal, mais là, il y a trop de pages et trop d'ennui pour moi.
Le moyen format des albums de cette collection chez Delcourt est compensé par leur épaisseur, et apparemment cet album aurait pu me plaire, car il est toujours intéressant de traiter un sujet universellement connu à travers un personnage secondaire ou anecdotique, ça permet d'aborder le récit sous un angle inhabituel et de l'éclairer parfois de façon plus pertinente. C'est le cas avec cette relecture moderne qui aurait pu aussi bien être classée en conte, et qui opte pour un angle d'attaque du point de vue d'une "méchante" dans la saga arthurienne, en explorant la part d'ombre de Morgane, soeur utérine du roi Arthur, cette femme à demi sorcière qui a aimé autant qu'elle a souffert dans cette Bretagne des légendes. Cet aspect me plaisait grandement, ayant toujours été attiré par cette geste arthurienne, d'autant plus que le dialogue est riche et parfois empreint d'ironie, mais ce qui me bloque totalement, c'est le dessin.
Le traitement graphique d'un sujet aussi fort ne passe pas pour moi qui suis très attaché aux graphismes académiques et au beau dessin bien policé ; ici, je suis complètement déstabilisé par ce dessin figuratif trop minimaliste, ultra stylisé, qui hésite entre l'aspect peinture d'une période Picasso (je ne saurais dire laquelle n'y connaissant pas grand chose en styles picturaux) et un aspect qui frôle par endroits le dessin d'enfant. Et même les scènes érotiques en deviennent ridicules, c'est dommage. En gros, c'est vraiment trop déroutant pour moi graphiquement, et ça me gâche le sujet qui pourtant m'aurait intéressé, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne note pas plus bas : la force du sujet revisité de façon audacieuse et sombre, et qui était un complément alternatif à la saga Arthur de Lereculey et Chauvel.
A titre personnel, j’aurais plutôt classé la série dans les contes en lieu et place des romans graphiques tant cette histoire m’est parue idéalisée et merveilleuse. Aucun des personnages ne m’a semblé crédible, depuis l’héroïne qui ne se projette pas dans l’avenir, qui ne craint ou n’aime personne mais qui travaille bien à l’école (pourquoi une ado qui se fout de tout et qui n’a ni passion ni objectif se casserait le cul pour avoir de bons résultats à l’école ???) à la cheffe de file de ce club des mal barrées, hackeuse miraculeuse, bien foutue, bien fringuée, fédératrice hors pairs mais qui ne serait pas intégrée en classe (laissez moi rire, une nana pareille, tous les mecs du bahut doivent lui tourner autour !) en passant par la famille d’accueil, une femme âgée et isolée, d’une patience d’ange, capable de laisser une enfant foutre le feu à sa maison juste pour paraître cool (c’est pas comme si l’enfant avait déjà été cataloguée comme pyromane suite à un incident survenu dans une précédente famille d’accueil ! Non, intuitivement elle sait bien que c’est juste de la provoc’). Bien entendu, aucune des membres de ce club des mal barrées ne sera grosse ou moche (c’est bien connu, l’apparence physique n’est pas du tout un critère de popularité ou de rejet à l’école).
Quant aux péripéties, rebelote ! Je vous ai déjà parlé de la hackeuse hors pair, fantasme de roman ado s’il en est, la facilité avec laquelle elle obtient les informations qu’elle recherche classe définitivement cette série dans le genre fantaisiste pour ado à mes yeux. Et puis ça dégouline de bons sentiments, de patience et de compréhension. L'héroïne est absolument infecte mais les membres du club vont tout faire pour devenir ses amies sans autre raison que le simple fait qu'elles se sont dites que ce serait une belle mission que de devenir amie avec une fille qui les envoit se faire mettre.
Ceci dit, l’album se lit facilement et rapidement. Le dessin est très lisible et le découpage est bon, donc on arrive à la fin du tome sans trop s’ennuyer (juste dans mon cas en poussant quelques soupirs bien sonores devant certains événements).
Comme chaque tome semble devoir offrir une histoire indépendante centrée sur chacune des membres du club, je profite de cette première pause pour m’arrêter là. Pas du tout ma came, tout simplement.
Je ressors déçu de cette lecture, qui a été assez laborieuse de surcroit. A la fin de la BD, j'ai eu du mal à comprendre où tout cela menait. L'histoire se déroule sans que je n'en comprenne les tenants et aboutissants, et sans avoir non plus l'impression de comprendre où l'auteur voulait en venir.
Ce qui est frustrant, c'est non seulement l'absence de conclusion franche, mais aussi les pistes ouvertes dans le récit et non conclue (le nombre de cas se multipliant, par exemple). Où voulaient-ils en venir ?
J'ai certes quelques pistes sur l'explication des disparitions, et une vague idée de ce que Zidrou voulait dire : une idée autour du deuil et de la disparition des êtres chers. Mais c'est confus, nébuleux et retombe à plat dans les dernières pages. D'autre part, l'héroïne semble assez peu marquée par les évènements et pas du tout affecté par la disparition de sa sœur. Ni dans le dessin ni dans le propos je n'ai ressenti une quelconque empathie pour elle. D'ailleurs son histoire semble bien plus se résumer à sauver son beau-frère qu'a comprendre la disparition de sa sœur.
C'est le genre de Bd où j'ai l'impression que les auteurs ont ratés quelque chose : le message, la clarté de propos, l'histoire ... Il manque quelque chose, réellement, et le fait que d'autres le soulignent également ne fais que renforcer mon sentiment. C'est une BD que je ne conseille pas à la lecture, surtout que Zidrou à déjà produit bien mieux dans le genre. Passez votre chemin !
On assiste à la transformation du jeune niais délaissé du village en un séducteur acharné de ces dames abandonnées de leur maris partis en guerre, loin là-bas, dans le grand est.
Évidemment, ce sujet maintes fois traité en littérature et au cinéma, n'est pas neuf. Il faut de solides intentions pour reprendre ce thème. Ici les auteurs se sont attachés à suivre notre héros de facteur. Le ressort de l'intrigue étant la transformation d'un gentil garçon de ferme puceau en un méchant Casanova facteur. Et pour ne rien gâcher, les auteurs rajoutent une intrigue supplémentaire avec une pincée de scandale et de crime.
Cette intention fictionnelle louable est malheureusement desservie par la réalisation. A savoir la colorisation atroce, incapable de transmettre la moindre émotion (on dirait une colorisation par ordinateur des années 80) qui gâche la lecture de bout en bout.
Les textes explicatifs lourdingues qui ne s'arrêtent jamais. Soit on sait écrire et l'on peut en balancer sans crainte d'ennuyer le lecteur, soit on ne sait pas écrire et là on fait confiance au dessin pour prendre la main... Malheureusement, on a eu droit au mauvais texte ici.
Enfin, au regard de l'évolution du caractère de ce facteur et de ses relations qu'il noue avec plusieurs iliennes, je pense que ce récit aurait bénéficié d'un traitement en deux temps (tomes) qui approfondirait l'analyse psychologique des personnages. On aurait gagné en lisibilité et compréhension. Là l'ensemble paraît bâclé, mal écrit.
Difficile d'accès. Très beau graphiquement avec une jolie quadrichromie mais un récit muet et comme bien souvent je ne rentre pas dedans. J'ai lu le résumé de l'éditeur après ma lecture, et au final j'étais loin d'avoir compris tout ça notamment sur la Lune devenue un refuge de l'élite. On se trouve à une époque indéterminée avec comme fil rouge un pipeline tel que représenté sur la couverture qui m'avait intrigué. Ce tube d'acier permet l'accès à l'eau qu'on devine une denrée rare et précieuse. Il traverse des cultures de salade et des gens (terroristes ?) vont intercepter le flux.
Contrairement à ce que peut laisser présager le titre, l'ouvrage n'a rien à voir avec une histoire sur l'antiquité et la Mésopotamie. Un format assez petit, 4 cases par page. Cela se lit vite. Qu'est-ce qu'on en retient ? Pas grand-chose pour ma part.
Le récit se lit facilement et le dessin est agréable… mais cette histoire ne m’a en rien touché ou surpris.
On a droit à une énième histoire de juifs victimes de pogrom en Russie, obligés de fuir et finalement à nouveau victimes des nazis durant la deuxième guerre mondiale. Je comprends que ce genre de destin parle aux personnes directement concernées par cette thématique mais, à titre personnel, j’ai le sentiment d’avoir lu tellement de récits de ce type que j’en suis devenu blasé.
Par ailleurs, Idiss n’est pas un personnage que j’ai trouvé admirable. Elle est raciste (elle rejette sa belle-fille car cette dernière n’a pas voulu se convertir au judaïsme) et son destin ne sort pas du lot par rapport au destin d’une grande majorité des juifs nés dans la deuxième moitié du 19ème siècle en Russie et qui sont restés en Europe lors de la seconde guerre mondiale.
Donc, voilà, un récit biographique de plus, pas mal fait dans son genre, mais qui ne m’a en rien ému.
Adapté d'un light novel auquel a succédé une adaptation animée, ce manga n'est pas ma tasse de thé.
J'ai pourtant bien aimé le début de l'anime (la première saison) mais le manga n'est pas à la hauteur...les dessins sont assez moyens et je trouve que l'univers est assez mal retranscrit.
Les personnages sont attachants et l'aventure est pourtant plutôt bonne mais l'univers peut sembler générique de prime abord et la faiblesse de cette adaptation manga fait qu'on n'est pas vraiment emballé. Si je n'avais pas vu l'anime, je ne l'aurais pas lu.
Une série abandonnée après le premier tome, qui n'a sans doute pas trouvé son public à cause des défauts cités.
Mouais bof.
Je rejoins le Grand A dans son avis, il s'agit ici d'une série peu passionante à propos de personnages qui n'ont globalement pas beaucoup de charisme.
On a du mal à s'intéresser à leurs aventures. A la limite, j'ai préféré les 2 premiers tomes au reste mais globalement, ça ne casse pas trois pattes à un canard.
Graphiquement c'est correct mais c'est les scenarii qui pèchent et peinent à convaincre.
A trop tirer sur la corde, ça en devient vite lassant.
De plus, je trouve étrange d'en avoir fait une "série" alors que les histoires des différents jedi peuvent être lues séparément (sans doute une trouvaille de Delcourt pour augmenter les ventes des tomes à propos des jedi dont on se fiche totalement).
Bref, pas très intéressant et plutôt une perte de temps qu'autre chose, il y a bien mieux dans l'univers étendu de Star Wars, notamment Star Wars Legacy qui est pour moi le meilleur comics Star Wars, et Star Wars Clone Wars qui est bien mieux fichue et a des scenarii dignes de la saga.
Jean Teulé semble être un auteur très populaire pour les adaptations en bande dessinée ! Cette fois-ci c'est son roman du même nom qui raconte la vie romancée d'Hélène Jégado.
Je connais cette femme surtout de nom alors je ne sais pas trop ce qui est vrai ou faux ici. Tout ce que je sais c'est que cette bande dessinée ne m'a pas séduit. Encore une fois, Teulé se moque de la religion et des superstitions, sauf qu'ici cela n'a pas fonctionné pour moi. Je n'ai jamais lu un roman de Teulé donc je ne sais pas si c'est la faute de Teulé ou du scénariste qui a adapté son récit (ou des deux), mais je trouve que ça va trop loin dans le grotesque. Les personnages en font trop, ce qui m'amusait dans les adaptations de Teulé par Guérineau m'a agacé. Il y avait des scènes où je trouvais que ce qui arrivait était n'importe quoi. C'est quoi cette scène où des méchants bretons attaquent un bateau ? C'est vraiment arrivé dans la vraie vie ?
Le pire est Jégado, que j'ai souvent trouvée effacée alors que c'est censé être le personnage principal du récit ! Au final, je n'ai pas trop compris si elle a commis des crimes parce que c'était une sociopathe ou une victime de la société (sa mère est très chiante, du moins dans la version des faits par Teulé) ou les deux. J'ai l'impression que Jégado était un prétexte pour se moquer de la société bretonne de cette époque. Il y a aussi des moments où je trouve qu'elle tue bien facilement. Je sais que la police scientifique était moins développé qu'aujourd'hui et que les gens n'avaient pas la même mentalité, mais là, Jégado est capable d'attacher une ancre autour d'un type qui est trop con pour comprendre ce qui va se passer. Dites c'est une vraie tueuse en série ou le Joker dans Batman ?
Dommage parce que le sujet était intéressant et que j'aime bien le dessin.
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Les Aventures - Planches à la première personne (Non-aventures)
J'ai lu cet épais album sans savoir qu'il s'agissait d'une intégrale reprenant des œuvres existantes, Quelques pelures et Le Moral des troupes, et y ajoutant quelques pages aussi tirées de Résine de synthèse et enfin l'équivalent d'un petit album supplémentaire plus récent "le Roi des cafards". L'ensemble forme un tout relativement homogène donc je n'ai pas tellement vu la différence hormis une évolution de la maîtrise graphique au fil du temps. Il s'agit de récits autobiographiques où l'auteur, Jimmy Beaulieu, se raconte depuis la fin des années 90 jusqu'à 2013. Cela commence quand il est un jeune célibataire et travaille encore dans une librairie de la ville de Québec et qu'il va décider de déménager à Montréal pour reprendre sa vie en main. Et cela se termine quand il est devenu un auteur assez confirmé et marié, mais toujours plein de questionnements sur la vie en général. Cela prend la forme d'un recueil de récits courts, comme des bribes de journal intime ou de carnets de dessin où l'auteur couche sur le papier les évènements qu'il a vécus, les réflexions qu'il a eues , comme des miettes de tranches de vie. Parfois cela prend la forme d'une histoire en une dizaine de pages, avec un début et une fin, et d'autres fois cela ressemble à des petits flashs plus décousus se succédant sans réel suivi. L'auteur s'y livre sur sa vie sentimentale et familiale, son quotidien, un peu son expérience d'auteur de BD et d'éditeur plus ou moins amateur, et il nous fait partager les nombreuses questions et doutes qui le taraudent, ainsi que ses impressions du moment. Malgré l'aspect décousu de l'ensemble, j'étais plutôt intéressé au départ par ce récit intimiste, surtout parce qu'il me permettait de découvrir l'état d'esprit de ce Québécois et la manière dont il me permettait de découvrir la vie des jeunes québécois et son côté exotique et attachant pour un lecteur français. L'auteur insiste en partie sur cet aspect, son amour pour son pays et surtout pour la ville de sa jeunesse, Québec. Les quelques informations sur l'évolution de sa carrière artistique étaient également relativement intéressantes même si survolées d'assez loin. Mais en définitive, cette lecture en est venue assez rapidement à m'ennuyer. S'il continuait à y avoir par-ci par-là des épisodes qui me captivaient davantage, beaucoup trop des passages de cet album sont trop intimistes, trop bavards et sans intérêt à mes yeux. Sans parler non plus de cette structure décousue qui donne l'impression de fouiller dans un amas déstructuré de moments un peu voyeurs où l'auteur s'épanche comme ça lui vient. Sur la fin de l'album, et notamment dans celles qui forment "le Roi des cafards", les planches deviennent même parfois tellement bavardes que j'ai eu l'impression de lire des pages des plus récents Carnets de Joann Sfar qui m'ennuient au plus haut point. A petites doses, en ne gardant qu'une partie sélectionnée de ces histoires, j'aurais pu trouver ça pas mal, mais là, il y a trop de pages et trop d'ennui pour moi.
Morgane
Le moyen format des albums de cette collection chez Delcourt est compensé par leur épaisseur, et apparemment cet album aurait pu me plaire, car il est toujours intéressant de traiter un sujet universellement connu à travers un personnage secondaire ou anecdotique, ça permet d'aborder le récit sous un angle inhabituel et de l'éclairer parfois de façon plus pertinente. C'est le cas avec cette relecture moderne qui aurait pu aussi bien être classée en conte, et qui opte pour un angle d'attaque du point de vue d'une "méchante" dans la saga arthurienne, en explorant la part d'ombre de Morgane, soeur utérine du roi Arthur, cette femme à demi sorcière qui a aimé autant qu'elle a souffert dans cette Bretagne des légendes. Cet aspect me plaisait grandement, ayant toujours été attiré par cette geste arthurienne, d'autant plus que le dialogue est riche et parfois empreint d'ironie, mais ce qui me bloque totalement, c'est le dessin. Le traitement graphique d'un sujet aussi fort ne passe pas pour moi qui suis très attaché aux graphismes académiques et au beau dessin bien policé ; ici, je suis complètement déstabilisé par ce dessin figuratif trop minimaliste, ultra stylisé, qui hésite entre l'aspect peinture d'une période Picasso (je ne saurais dire laquelle n'y connaissant pas grand chose en styles picturaux) et un aspect qui frôle par endroits le dessin d'enfant. Et même les scènes érotiques en deviennent ridicules, c'est dommage. En gros, c'est vraiment trop déroutant pour moi graphiquement, et ça me gâche le sujet qui pourtant m'aurait intéressé, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne note pas plus bas : la force du sujet revisité de façon audacieuse et sombre, et qui était un complément alternatif à la saga Arthur de Lereculey et Chauvel.
Filles uniques
A titre personnel, j’aurais plutôt classé la série dans les contes en lieu et place des romans graphiques tant cette histoire m’est parue idéalisée et merveilleuse. Aucun des personnages ne m’a semblé crédible, depuis l’héroïne qui ne se projette pas dans l’avenir, qui ne craint ou n’aime personne mais qui travaille bien à l’école (pourquoi une ado qui se fout de tout et qui n’a ni passion ni objectif se casserait le cul pour avoir de bons résultats à l’école ???) à la cheffe de file de ce club des mal barrées, hackeuse miraculeuse, bien foutue, bien fringuée, fédératrice hors pairs mais qui ne serait pas intégrée en classe (laissez moi rire, une nana pareille, tous les mecs du bahut doivent lui tourner autour !) en passant par la famille d’accueil, une femme âgée et isolée, d’une patience d’ange, capable de laisser une enfant foutre le feu à sa maison juste pour paraître cool (c’est pas comme si l’enfant avait déjà été cataloguée comme pyromane suite à un incident survenu dans une précédente famille d’accueil ! Non, intuitivement elle sait bien que c’est juste de la provoc’). Bien entendu, aucune des membres de ce club des mal barrées ne sera grosse ou moche (c’est bien connu, l’apparence physique n’est pas du tout un critère de popularité ou de rejet à l’école). Quant aux péripéties, rebelote ! Je vous ai déjà parlé de la hackeuse hors pair, fantasme de roman ado s’il en est, la facilité avec laquelle elle obtient les informations qu’elle recherche classe définitivement cette série dans le genre fantaisiste pour ado à mes yeux. Et puis ça dégouline de bons sentiments, de patience et de compréhension. L'héroïne est absolument infecte mais les membres du club vont tout faire pour devenir ses amies sans autre raison que le simple fait qu'elles se sont dites que ce serait une belle mission que de devenir amie avec une fille qui les envoit se faire mettre. Ceci dit, l’album se lit facilement et rapidement. Le dessin est très lisible et le découpage est bon, donc on arrive à la fin du tome sans trop s’ennuyer (juste dans mon cas en poussant quelques soupirs bien sonores devant certains événements). Comme chaque tome semble devoir offrir une histoire indépendante centrée sur chacune des membres du club, je profite de cette première pause pour m’arrêter là. Pas du tout ma came, tout simplement.
L'Instant d'après
Je ressors déçu de cette lecture, qui a été assez laborieuse de surcroit. A la fin de la BD, j'ai eu du mal à comprendre où tout cela menait. L'histoire se déroule sans que je n'en comprenne les tenants et aboutissants, et sans avoir non plus l'impression de comprendre où l'auteur voulait en venir. Ce qui est frustrant, c'est non seulement l'absence de conclusion franche, mais aussi les pistes ouvertes dans le récit et non conclue (le nombre de cas se multipliant, par exemple). Où voulaient-ils en venir ? J'ai certes quelques pistes sur l'explication des disparitions, et une vague idée de ce que Zidrou voulait dire : une idée autour du deuil et de la disparition des êtres chers. Mais c'est confus, nébuleux et retombe à plat dans les dernières pages. D'autre part, l'héroïne semble assez peu marquée par les évènements et pas du tout affecté par la disparition de sa sœur. Ni dans le dessin ni dans le propos je n'ai ressenti une quelconque empathie pour elle. D'ailleurs son histoire semble bien plus se résumer à sauver son beau-frère qu'a comprendre la disparition de sa sœur. C'est le genre de Bd où j'ai l'impression que les auteurs ont ratés quelque chose : le message, la clarté de propos, l'histoire ... Il manque quelque chose, réellement, et le fait que d'autres le soulignent également ne fais que renforcer mon sentiment. C'est une BD que je ne conseille pas à la lecture, surtout que Zidrou à déjà produit bien mieux dans le genre. Passez votre chemin !
Facteur pour femmes
On assiste à la transformation du jeune niais délaissé du village en un séducteur acharné de ces dames abandonnées de leur maris partis en guerre, loin là-bas, dans le grand est. Évidemment, ce sujet maintes fois traité en littérature et au cinéma, n'est pas neuf. Il faut de solides intentions pour reprendre ce thème. Ici les auteurs se sont attachés à suivre notre héros de facteur. Le ressort de l'intrigue étant la transformation d'un gentil garçon de ferme puceau en un méchant Casanova facteur. Et pour ne rien gâcher, les auteurs rajoutent une intrigue supplémentaire avec une pincée de scandale et de crime. Cette intention fictionnelle louable est malheureusement desservie par la réalisation. A savoir la colorisation atroce, incapable de transmettre la moindre émotion (on dirait une colorisation par ordinateur des années 80) qui gâche la lecture de bout en bout. Les textes explicatifs lourdingues qui ne s'arrêtent jamais. Soit on sait écrire et l'on peut en balancer sans crainte d'ennuyer le lecteur, soit on ne sait pas écrire et là on fait confiance au dessin pour prendre la main... Malheureusement, on a eu droit au mauvais texte ici. Enfin, au regard de l'évolution du caractère de ce facteur et de ses relations qu'il noue avec plusieurs iliennes, je pense que ce récit aurait bénéficié d'un traitement en deux temps (tomes) qui approfondirait l'analyse psychologique des personnages. On aurait gagné en lisibilité et compréhension. Là l'ensemble paraît bâclé, mal écrit.
Les Jardins de Babylone
Difficile d'accès. Très beau graphiquement avec une jolie quadrichromie mais un récit muet et comme bien souvent je ne rentre pas dedans. J'ai lu le résumé de l'éditeur après ma lecture, et au final j'étais loin d'avoir compris tout ça notamment sur la Lune devenue un refuge de l'élite. On se trouve à une époque indéterminée avec comme fil rouge un pipeline tel que représenté sur la couverture qui m'avait intrigué. Ce tube d'acier permet l'accès à l'eau qu'on devine une denrée rare et précieuse. Il traverse des cultures de salade et des gens (terroristes ?) vont intercepter le flux. Contrairement à ce que peut laisser présager le titre, l'ouvrage n'a rien à voir avec une histoire sur l'antiquité et la Mésopotamie. Un format assez petit, 4 cases par page. Cela se lit vite. Qu'est-ce qu'on en retient ? Pas grand-chose pour ma part.
Idiss
Le récit se lit facilement et le dessin est agréable… mais cette histoire ne m’a en rien touché ou surpris. On a droit à une énième histoire de juifs victimes de pogrom en Russie, obligés de fuir et finalement à nouveau victimes des nazis durant la deuxième guerre mondiale. Je comprends que ce genre de destin parle aux personnes directement concernées par cette thématique mais, à titre personnel, j’ai le sentiment d’avoir lu tellement de récits de ce type que j’en suis devenu blasé. Par ailleurs, Idiss n’est pas un personnage que j’ai trouvé admirable. Elle est raciste (elle rejette sa belle-fille car cette dernière n’a pas voulu se convertir au judaïsme) et son destin ne sort pas du lot par rapport au destin d’une grande majorité des juifs nés dans la deuxième moitié du 19ème siècle en Russie et qui sont restés en Europe lors de la seconde guerre mondiale. Donc, voilà, un récit biographique de plus, pas mal fait dans son genre, mais qui ne m’a en rien ému.
Log Horizon
Adapté d'un light novel auquel a succédé une adaptation animée, ce manga n'est pas ma tasse de thé. J'ai pourtant bien aimé le début de l'anime (la première saison) mais le manga n'est pas à la hauteur...les dessins sont assez moyens et je trouve que l'univers est assez mal retranscrit. Les personnages sont attachants et l'aventure est pourtant plutôt bonne mais l'univers peut sembler générique de prime abord et la faiblesse de cette adaptation manga fait qu'on n'est pas vraiment emballé. Si je n'avais pas vu l'anime, je ne l'aurais pas lu. Une série abandonnée après le premier tome, qui n'a sans doute pas trouvé son public à cause des défauts cités.
Star Wars - Jedi
Mouais bof. Je rejoins le Grand A dans son avis, il s'agit ici d'une série peu passionante à propos de personnages qui n'ont globalement pas beaucoup de charisme. On a du mal à s'intéresser à leurs aventures. A la limite, j'ai préféré les 2 premiers tomes au reste mais globalement, ça ne casse pas trois pattes à un canard. Graphiquement c'est correct mais c'est les scenarii qui pèchent et peinent à convaincre. A trop tirer sur la corde, ça en devient vite lassant. De plus, je trouve étrange d'en avoir fait une "série" alors que les histoires des différents jedi peuvent être lues séparément (sans doute une trouvaille de Delcourt pour augmenter les ventes des tomes à propos des jedi dont on se fiche totalement). Bref, pas très intéressant et plutôt une perte de temps qu'autre chose, il y a bien mieux dans l'univers étendu de Star Wars, notamment Star Wars Legacy qui est pour moi le meilleur comics Star Wars, et Star Wars Clone Wars qui est bien mieux fichue et a des scenarii dignes de la saga.
Fleur de Tonnerre
Jean Teulé semble être un auteur très populaire pour les adaptations en bande dessinée ! Cette fois-ci c'est son roman du même nom qui raconte la vie romancée d'Hélène Jégado. Je connais cette femme surtout de nom alors je ne sais pas trop ce qui est vrai ou faux ici. Tout ce que je sais c'est que cette bande dessinée ne m'a pas séduit. Encore une fois, Teulé se moque de la religion et des superstitions, sauf qu'ici cela n'a pas fonctionné pour moi. Je n'ai jamais lu un roman de Teulé donc je ne sais pas si c'est la faute de Teulé ou du scénariste qui a adapté son récit (ou des deux), mais je trouve que ça va trop loin dans le grotesque. Les personnages en font trop, ce qui m'amusait dans les adaptations de Teulé par Guérineau m'a agacé. Il y avait des scènes où je trouvais que ce qui arrivait était n'importe quoi. C'est quoi cette scène où des méchants bretons attaquent un bateau ? C'est vraiment arrivé dans la vraie vie ? Le pire est Jégado, que j'ai souvent trouvée effacée alors que c'est censé être le personnage principal du récit ! Au final, je n'ai pas trop compris si elle a commis des crimes parce que c'était une sociopathe ou une victime de la société (sa mère est très chiante, du moins dans la version des faits par Teulé) ou les deux. J'ai l'impression que Jégado était un prétexte pour se moquer de la société bretonne de cette époque. Il y a aussi des moments où je trouve qu'elle tue bien facilement. Je sais que la police scientifique était moins développé qu'aujourd'hui et que les gens n'avaient pas la même mentalité, mais là, Jégado est capable d'attacher une ancre autour d'un type qui est trop con pour comprendre ce qui va se passer. Dites c'est une vraie tueuse en série ou le Joker dans Batman ? Dommage parce que le sujet était intéressant et que j'aime bien le dessin.