Simon Roussin que j'avais fortement apprécié dans le très réussi Barthélémy, l'enfant sans âge aime proposer des histoires assez atypiques loin d'un circuit grand public en oscillant entre poésie et fantastique.
Cette oeuvre publiée en 2013 déjà ne déroge pas à cette règle. En reprenant cette fausse ligne claire désuète et simpliste, on entre de plain pied dans un univers absurde dont l'intrigue n'est qu'un prétexte à un road movie pas comme les autres entre un privé un rien paumé chargé de retrouver Jenny Moore, un fantasme masculin évaporé dans la nature et un bagnard évadé en quête à la fois de rédemption et de vengeance. Ce drole de duo va se retrouver coincé dans une contrée flippante en pleine éclipse prolongée rendant au sens propre comme au figuré tout le monde un peu cinglé.
Cette sorte de conte post apocalyptique n'est qu'un prétexte à de belles errances au travers des planches de Simon Roussin. Le noir et blanc épouse parfaitement les ténèbres d'une nuit sans fin. Seul souci : l'histoire semble écrit en pilotage automatique entre voix off sur le passé du principal protagoniste Eliot et ses rencontres avec la faune locale prise d'effroi par la situation.
Simon Roussin parvient à conclure son récit en reliant tous les arcs narratifs développés mais use de grosses ficelles pour relier les différents points entre eux. Si l'on considère le tout comme un songe les yeux ouverts, cela peut coller. Si on est un poil plus exigeant ou cartésien, la sauce ne prendra pas. On alterne entre quelques passages visuels réussis mais le tout est bien trop épuré pour flatter la rétine. C'est un style dirions-nous qui manque un peu de consistance, vous dirais-je.
Heartbreak Valley reste une lecture prenante et assez rapide qui manque toutefois de consistance. Ni réellement polar ni récit post-apo, il subsiste un léger charme dans les premières pages qui peine à se renouveler. Tout n'est hélas qu'accessoire et le rendu est assez artificiel comme une façade de cinéma. Comme lu plus bas, c'est loin d'être loupé mais il n'est pas certain qu'une seconde lecture s'impose.
Cet album petit format de la collection Pataquès donne vraiment envie avec sa couverture cartoon. Franchement quand on voit cette bigoudène, flingue à la main, entre des champignons et une vache... ça donne le sourire et l'envie de se plonger dans cette aventure qu'on espère légère et drôle.
Et malheureusement c'est pas tout à fait ça. L'enquête policière est légère, comme attendu, mais elle l'est trop. Des caricatures grossières d'interrogatoires, des pistes qu'on n'explore pas, le témoin qu'on enferme comme étant le coupable et la bonne fortune qui mettra nos 2 enquêteurs sur la route du bon coupable. C'est dans la veine de l'inspecteur Gadget et sa nièce niveau enquête de police. Certes, on sait dès la couverture que ça va pas être l'enquête du siècle et que le suspense ne sera pas là, mais c'est trop élémentaire. Clairement l'intention des auteurs n'est pas là, et la légèreté de l'enquête colle bien avec le ton humour gentillet de l'album.
Mais malheureusement l'humour consiste soit à enfoncer des portes ouvertes soit à revisiter des clichés sur la Bretagne. C'est vite assez lourd et ça ne se renouvelle pas. Il y a bien quelques scènes, quelques situations, voire quelques jeux de mots qui se distinguent légèrement et donnent un petit sourire. Mais ça reste trop distillé par ci par là pour booster le niveau général. C'est d'autant plus dommage que le dessin, dans un style simple, est très efficace et donnerait volontiers l'envie de se marrer un peu plus.
Au final un album trop gentillet, pas au niveau de l'espoir suscité par la couverture malheureusement.
Mouais bon, c'est à peu près aussi subtil que Frère Pardon avec un dessin qui trouverait parfaitement sa place dans Fluide Glacial.
Du coup, pas terrible, terrible...et le personnage principal est totalement antipathique (cf l'avis de Ro).
Je n'ai pas souri une seule fois lorsque j'ai lu ces gags dans Lucha Libre et ce n'est pas le fait de les avoir rassemblés en un album complet qui va arranger les choses (certaines bd s'en sortent mieux en "comic relief", celle-ci non).
Bref, vraiment pas aimé, à la limite du 1 pour moi.
Cette série de Jerry Frissen est d'abord sortie en France dans Lucha Libre, qui contenait également d'autres séries comme Luchadores Five, Les Luchadoritos ou encore Profesor Furia...
On reste ici dans la même veine que Luchadores Five mais avec un scénario hyper faible à base de "gros bourrin qui veut juste être tranquille". Et les personnages secondaires ne m'ont pas vraiment intéressé, contrairement à d'autres séries du même scénariste.
Du coup, même si le dessin est pas mal du tout (et peut-être même meilleur que celui de Luchadores Five), on s'ennuie vite et la sauce ne prend pas vraiment.
Dommage...
Mouais, bof. Je n'ai pas été emballé par cette bd, même si certains gags sont drôles.
Le problème principal c'est que le sujet est si restreint qu'on tourne assez vite en rond dans les situations et les gags et je trouve qu'on finit par se lasser.
Ca passait mieux en gags parsemés dans les Lucha Libre qu'en tant que BD complète et j'aurais préféré des histoires plus longues pour un album complet.
Le dessin est sympa sans plus mais fait le travail.
Du même scénariste, j'ai largement préféré Luchadores Five et Les Tikitis sur le thème de la Lucha Libre également... (et également lu dans le mag Lucha Libre).
Ca reste original et amusant de prime abord et certains accrocheront sans doute plus que moi.
Bref, un petit 2,5 / 5 pour moi.
J'ai bien accroché au début de l'album et après une quinzaine de pages, je l'ai trouvé confus et haché. J'aime moyennement le dessin, (affaire de goûts) car les silhouettes et les visages de femmes sont réussis de même que les scènes de villes en ruines. L'ambiance est là. Pas grand chose à ajouter, si ce n'est que le scénario m'a paru d'un intérêt moyen et que j'ai eu du mal à aller au bout.
Je vais commencer par le principal point positif, à savoir le dessin, plutôt joli, avec une colorisation marquée : c’est agréable à regarder.
Pour le reste, si l’histoire se laisse lire (narration aérée, peu de personnages à suivre, finalement), elle me laisse clairement sur ma faim.
D’abord parce que l’intrigue manque singulièrement d’originalité. J’ai l’impression d’avoir déjà lu plusieurs fois le même genre de trucs. Ici, un couple royal veut imposer la fin des anciennes croyances, en faisant disparaitre les anciens cultes et en particulier un arbre gigantesque, hautement sacré. S’ensuit une lutte avec les esprits des dieux, vivant dans un monde parallèle, dans lequel se retrouve le prince Noor, rejeté et sacrifié par ses parents, le prince voulant sauver l’arbre. Un mage joue un rôle plus ou moins trouble entre ces protagonistes. Mais dans les faits, rien de transcendant dans cette histoire.
Surtout, aucune nouvelle n’ayant été donnée depuis 2015, il y a fort à parier que la série ait été abandonnée, laissant l’intrigue – et les lecteurs – en plan, ce qui m’empêche de bien noter cette série, décevante et avortée.
La philosophie, c'est un peu plus qu'une matière barbante au lycée. C'est ce que s'applique à faire Etienne Garcin, spécialiste de de la question, sur sa chaîne youtube Les Arènes du savoir. Il a décidé de décliner son travail de vulgarisation dans la bande dessinée, avec ce recueil d'une dizaine de récits courts.
Le résultat est une suite de petites historiettes mettant en scène différents philosophes célèbres (Socrate, Thalès, Augustin, Blaise Pascal, Sartre, Deleuze...), dans des situations qui leur ont permis de questionner le monde qui les entoure, et de trouver (ou pas) des réponses. C'est plutôt bien mis en scène, vivant, et assez pédagogique. Mention spéciale pour la caverne de Platon, tout de même, qui m'a rappelé des souvenirs...
Garcin est bien épaulé dans son entreprise de vulgarisation par A. Dan, qui change un peu de registre après des séries historiques ou les adaptations de Pagnol. Son trait réaliste et ses couleurs vives donnent un cachet sympathique à l'ensemble. Mais pour le coup, tout ça ne m'a donné plus que ça l'envie de creuser les questionnements exposés dans l'ouvrage. Il doit y avoir des amatrices et des amateurs pour ça.
La couverture du premier tome (le seul que j'ai lu) me laissait espérer quelque chose d'intéressant, dans la lignée (même si c'était postérieur dans le temps) à Wayne Redlake - 500 Fusils, auquel Cailleteau avait participé.
Las, c'est une réelle déception. seul la violence, le rythme promis par les explosions de la couverture sont au rendez-vous. Pour le reste, l'intrigue est des plus creuses, trop basique pour passionner. Et aussi pas assez crédible pour accrocher.
En effet, Julie Doohan passe en quelques instants de l'étudiante assez rangée qu'elle semble être en début d'album, à pétroleuse acharnée, tirant, trucidant relativement facilement et sans état d'âme les sbires des mafieux qui ont buté son père et qui veulent détruire sa distillerie. La façon avec laquelle toute la ville - y compris le sherrif - s'en donne à coeur joie dans ce massacre manque singulièrement de nuance... Comme le scénario en fait.
Quant au dessin, je l'ai trouvé globalement moyen.
Bref, je m'arrête là sans trop de regrets.
J'ai lu les planches de cet album dans l'album intégrale qui les reprend : Les Aventures - Planches à la première personne.
Il s'agit de récits autobiographiques où l'auteur, Jimmy Beaulieu, se raconte de la fin des années 90 au début des années 2000. Cela commence quand il travaille encore dans une librairie de la ville de Québec et qu'il va décider de déménager à Montréal pour reprendre sa vie en main. Le sujet tourne essentiellement autour de sa vie sentimentale, le fait qu'il soit célibataire depuis trop longtemps, qu'il ait beaucoup d'amis filles mais qu'il reste justement seulement un ami avec elle sans que cela puisse aller plus loin. Mais heureusement, cela se termine quand il finit par trouver celle qui deviendra sa concubine.
Cela prend la forme d'un recueil de récits courts, comme des bribes de journal intime ou de carnets de dessin où l'auteur couche sur le papier les évènements qu'il a vécus, les réflexions qu'il a eues , comme des miettes de tranches de vie. Parfois cela prend la forme d'une histoire en une dizaine de pages, avec un début et une fin, et d'autres fois cela ressemble à des petits flashs plus décousus se succédant sans réel suivi. L'auteur s'y livre sur sa vie sentimentale et familiale, son quotidien, un peu son expérience d'auteur de BD et d'éditeur plus ou moins amateur, et il nous fait partager les nombreuses questions et doutes qui le taraudent, ainsi que ses impressions du moment.
Malgré l'aspect décousu de l'ensemble, j'ai été relativement intéressé par ce récit intimiste, surtout parce qu'il me permettait de découvrir l'état d'esprit de ce Québécois et la manière dont il me permettait de découvrir la vie des jeunes québécois et son côté exotique et attachant pour un lecteur français. L'auteur insiste en partie sur cet aspect, son amour pour son pays et surtout pour la ville de sa jeunesse, Québec, et sur le contraste avec Montréal qu'il présente comme une grosse mégalopole laide mais qu'on en vient malgré tout à aimer aussi.
Les quelques informations sur les débuts de sa carrière artistique étaient également relativement intéressantes même si survolées d'assez loin.
Ce n'est pas passionnant et la structure décousue de l'ensemble empêche de rentrer pour de bon dedans, mais ce n'est pas inintéressant. Ce n'est donc pas vraiment un album que je conseillerais forcément, mais il est plus intéressant en tout cas à mes yeux que celui qui forme plus ou moins sa suite, "Le Moral des troupes", où l'auteur continue son travail autobiographique sur les années suivantes.
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Heartbreak Valley
Simon Roussin que j'avais fortement apprécié dans le très réussi Barthélémy, l'enfant sans âge aime proposer des histoires assez atypiques loin d'un circuit grand public en oscillant entre poésie et fantastique. Cette oeuvre publiée en 2013 déjà ne déroge pas à cette règle. En reprenant cette fausse ligne claire désuète et simpliste, on entre de plain pied dans un univers absurde dont l'intrigue n'est qu'un prétexte à un road movie pas comme les autres entre un privé un rien paumé chargé de retrouver Jenny Moore, un fantasme masculin évaporé dans la nature et un bagnard évadé en quête à la fois de rédemption et de vengeance. Ce drole de duo va se retrouver coincé dans une contrée flippante en pleine éclipse prolongée rendant au sens propre comme au figuré tout le monde un peu cinglé. Cette sorte de conte post apocalyptique n'est qu'un prétexte à de belles errances au travers des planches de Simon Roussin. Le noir et blanc épouse parfaitement les ténèbres d'une nuit sans fin. Seul souci : l'histoire semble écrit en pilotage automatique entre voix off sur le passé du principal protagoniste Eliot et ses rencontres avec la faune locale prise d'effroi par la situation. Simon Roussin parvient à conclure son récit en reliant tous les arcs narratifs développés mais use de grosses ficelles pour relier les différents points entre eux. Si l'on considère le tout comme un songe les yeux ouverts, cela peut coller. Si on est un poil plus exigeant ou cartésien, la sauce ne prendra pas. On alterne entre quelques passages visuels réussis mais le tout est bien trop épuré pour flatter la rétine. C'est un style dirions-nous qui manque un peu de consistance, vous dirais-je. Heartbreak Valley reste une lecture prenante et assez rapide qui manque toutefois de consistance. Ni réellement polar ni récit post-apo, il subsiste un léger charme dans les premières pages qui peine à se renouveler. Tout n'est hélas qu'accessoire et le rendu est assez artificiel comme une façade de cinéma. Comme lu plus bas, c'est loin d'être loupé mais il n'est pas certain qu'une seconde lecture s'impose.
La Mort est dans le pré
Cet album petit format de la collection Pataquès donne vraiment envie avec sa couverture cartoon. Franchement quand on voit cette bigoudène, flingue à la main, entre des champignons et une vache... ça donne le sourire et l'envie de se plonger dans cette aventure qu'on espère légère et drôle. Et malheureusement c'est pas tout à fait ça. L'enquête policière est légère, comme attendu, mais elle l'est trop. Des caricatures grossières d'interrogatoires, des pistes qu'on n'explore pas, le témoin qu'on enferme comme étant le coupable et la bonne fortune qui mettra nos 2 enquêteurs sur la route du bon coupable. C'est dans la veine de l'inspecteur Gadget et sa nièce niveau enquête de police. Certes, on sait dès la couverture que ça va pas être l'enquête du siècle et que le suspense ne sera pas là, mais c'est trop élémentaire. Clairement l'intention des auteurs n'est pas là, et la légèreté de l'enquête colle bien avec le ton humour gentillet de l'album. Mais malheureusement l'humour consiste soit à enfoncer des portes ouvertes soit à revisiter des clichés sur la Bretagne. C'est vite assez lourd et ça ne se renouvelle pas. Il y a bien quelques scènes, quelques situations, voire quelques jeux de mots qui se distinguent légèrement et donnent un petit sourire. Mais ça reste trop distillé par ci par là pour booster le niveau général. C'est d'autant plus dommage que le dessin, dans un style simple, est très efficace et donnerait volontiers l'envie de se marrer un peu plus. Au final un album trop gentillet, pas au niveau de l'espoir suscité par la couverture malheureusement.
Profesor Furia
Mouais bon, c'est à peu près aussi subtil que Frère Pardon avec un dessin qui trouverait parfaitement sa place dans Fluide Glacial. Du coup, pas terrible, terrible...et le personnage principal est totalement antipathique (cf l'avis de Ro). Je n'ai pas souri une seule fois lorsque j'ai lu ces gags dans Lucha Libre et ce n'est pas le fait de les avoir rassemblés en un album complet qui va arranger les choses (certaines bd s'en sortent mieux en "comic relief", celle-ci non). Bref, vraiment pas aimé, à la limite du 1 pour moi.
Tequila
Cette série de Jerry Frissen est d'abord sortie en France dans Lucha Libre, qui contenait également d'autres séries comme Luchadores Five, Les Luchadoritos ou encore Profesor Furia... On reste ici dans la même veine que Luchadores Five mais avec un scénario hyper faible à base de "gros bourrin qui veut juste être tranquille". Et les personnages secondaires ne m'ont pas vraiment intéressé, contrairement à d'autres séries du même scénariste. Du coup, même si le dessin est pas mal du tout (et peut-être même meilleur que celui de Luchadores Five), on s'ennuie vite et la sauce ne prend pas vraiment. Dommage...
Les Luchadoritos
Mouais, bof. Je n'ai pas été emballé par cette bd, même si certains gags sont drôles. Le problème principal c'est que le sujet est si restreint qu'on tourne assez vite en rond dans les situations et les gags et je trouve qu'on finit par se lasser. Ca passait mieux en gags parsemés dans les Lucha Libre qu'en tant que BD complète et j'aurais préféré des histoires plus longues pour un album complet. Le dessin est sympa sans plus mais fait le travail. Du même scénariste, j'ai largement préféré Luchadores Five et Les Tikitis sur le thème de la Lucha Libre également... (et également lu dans le mag Lucha Libre). Ca reste original et amusant de prime abord et certains accrocheront sans doute plus que moi. Bref, un petit 2,5 / 5 pour moi.
L'Innocente
J'ai bien accroché au début de l'album et après une quinzaine de pages, je l'ai trouvé confus et haché. J'aime moyennement le dessin, (affaire de goûts) car les silhouettes et les visages de femmes sont réussis de même que les scènes de villes en ruines. L'ambiance est là. Pas grand chose à ajouter, si ce n'est que le scénario m'a paru d'un intérêt moyen et que j'ai eu du mal à aller au bout.
La Légende de Noor
Je vais commencer par le principal point positif, à savoir le dessin, plutôt joli, avec une colorisation marquée : c’est agréable à regarder. Pour le reste, si l’histoire se laisse lire (narration aérée, peu de personnages à suivre, finalement), elle me laisse clairement sur ma faim. D’abord parce que l’intrigue manque singulièrement d’originalité. J’ai l’impression d’avoir déjà lu plusieurs fois le même genre de trucs. Ici, un couple royal veut imposer la fin des anciennes croyances, en faisant disparaitre les anciens cultes et en particulier un arbre gigantesque, hautement sacré. S’ensuit une lutte avec les esprits des dieux, vivant dans un monde parallèle, dans lequel se retrouve le prince Noor, rejeté et sacrifié par ses parents, le prince voulant sauver l’arbre. Un mage joue un rôle plus ou moins trouble entre ces protagonistes. Mais dans les faits, rien de transcendant dans cette histoire. Surtout, aucune nouvelle n’ayant été donnée depuis 2015, il y a fort à parier que la série ait été abandonnée, laissant l’intrigue – et les lecteurs – en plan, ce qui m’empêche de bien noter cette série, décevante et avortée.
Philosophix
La philosophie, c'est un peu plus qu'une matière barbante au lycée. C'est ce que s'applique à faire Etienne Garcin, spécialiste de de la question, sur sa chaîne youtube Les Arènes du savoir. Il a décidé de décliner son travail de vulgarisation dans la bande dessinée, avec ce recueil d'une dizaine de récits courts. Le résultat est une suite de petites historiettes mettant en scène différents philosophes célèbres (Socrate, Thalès, Augustin, Blaise Pascal, Sartre, Deleuze...), dans des situations qui leur ont permis de questionner le monde qui les entoure, et de trouver (ou pas) des réponses. C'est plutôt bien mis en scène, vivant, et assez pédagogique. Mention spéciale pour la caverne de Platon, tout de même, qui m'a rappelé des souvenirs... Garcin est bien épaulé dans son entreprise de vulgarisation par A. Dan, qui change un peu de registre après des séries historiques ou les adaptations de Pagnol. Son trait réaliste et ses couleurs vives donnent un cachet sympathique à l'ensemble. Mais pour le coup, tout ça ne m'a donné plus que ça l'envie de creuser les questionnements exposés dans l'ouvrage. Il doit y avoir des amatrices et des amateurs pour ça.
Julie Doohan
La couverture du premier tome (le seul que j'ai lu) me laissait espérer quelque chose d'intéressant, dans la lignée (même si c'était postérieur dans le temps) à Wayne Redlake - 500 Fusils, auquel Cailleteau avait participé. Las, c'est une réelle déception. seul la violence, le rythme promis par les explosions de la couverture sont au rendez-vous. Pour le reste, l'intrigue est des plus creuses, trop basique pour passionner. Et aussi pas assez crédible pour accrocher. En effet, Julie Doohan passe en quelques instants de l'étudiante assez rangée qu'elle semble être en début d'album, à pétroleuse acharnée, tirant, trucidant relativement facilement et sans état d'âme les sbires des mafieux qui ont buté son père et qui veulent détruire sa distillerie. La façon avec laquelle toute la ville - y compris le sherrif - s'en donne à coeur joie dans ce massacre manque singulièrement de nuance... Comme le scénario en fait. Quant au dessin, je l'ai trouvé globalement moyen. Bref, je m'arrête là sans trop de regrets.
Le Moral des troupes
J'ai lu les planches de cet album dans l'album intégrale qui les reprend : Les Aventures - Planches à la première personne. Il s'agit de récits autobiographiques où l'auteur, Jimmy Beaulieu, se raconte de la fin des années 90 au début des années 2000. Cela commence quand il travaille encore dans une librairie de la ville de Québec et qu'il va décider de déménager à Montréal pour reprendre sa vie en main. Le sujet tourne essentiellement autour de sa vie sentimentale, le fait qu'il soit célibataire depuis trop longtemps, qu'il ait beaucoup d'amis filles mais qu'il reste justement seulement un ami avec elle sans que cela puisse aller plus loin. Mais heureusement, cela se termine quand il finit par trouver celle qui deviendra sa concubine. Cela prend la forme d'un recueil de récits courts, comme des bribes de journal intime ou de carnets de dessin où l'auteur couche sur le papier les évènements qu'il a vécus, les réflexions qu'il a eues , comme des miettes de tranches de vie. Parfois cela prend la forme d'une histoire en une dizaine de pages, avec un début et une fin, et d'autres fois cela ressemble à des petits flashs plus décousus se succédant sans réel suivi. L'auteur s'y livre sur sa vie sentimentale et familiale, son quotidien, un peu son expérience d'auteur de BD et d'éditeur plus ou moins amateur, et il nous fait partager les nombreuses questions et doutes qui le taraudent, ainsi que ses impressions du moment. Malgré l'aspect décousu de l'ensemble, j'ai été relativement intéressé par ce récit intimiste, surtout parce qu'il me permettait de découvrir l'état d'esprit de ce Québécois et la manière dont il me permettait de découvrir la vie des jeunes québécois et son côté exotique et attachant pour un lecteur français. L'auteur insiste en partie sur cet aspect, son amour pour son pays et surtout pour la ville de sa jeunesse, Québec, et sur le contraste avec Montréal qu'il présente comme une grosse mégalopole laide mais qu'on en vient malgré tout à aimer aussi. Les quelques informations sur les débuts de sa carrière artistique étaient également relativement intéressantes même si survolées d'assez loin. Ce n'est pas passionnant et la structure décousue de l'ensemble empêche de rentrer pour de bon dedans, mais ce n'est pas inintéressant. Ce n'est donc pas vraiment un album que je conseillerais forcément, mais il est plus intéressant en tout cas à mes yeux que celui qui forme plus ou moins sa suite, "Le Moral des troupes", où l'auteur continue son travail autobiographique sur les années suivantes.