Je me retrouve dans l’avis de Spooky, et les raisons de sa déception.
En effet, l’arrière-plan politique (les refuzniks, juifs venus de l’ex-URSS pour s’installer en Israël) est cité mais sans être jamais exploité. Idem pour la mafia (ici dirigée par un Géorgien) : deux choses que je m’attendais à voir davantage exploitées. Cela aurait au moins permis de densifier l’intrigue, assez simpliste et manquant singulièrement de coffre – et, disons-le, d’intérêt.
Intrigue peu captivante dans ses grandes lignes, mais aussi dans ses détails je trouve, tant les dialogues, les relations entre les protagonistes ne sont pas emballantes, manquent souvent de consistance, de crédibilité – voir la rapidité avec laquelle des flics, un détectives, décident d’aider une parfaite inconnue d’eux dans le cambriolage du domicile de celui qui semble être une sorte d’ennemi numéro 1 !
Quant à la conclusion, elle est abrupte et elle aussi décevante.
Le dessin enfin. J’aime assez le style, un Noir et Blanc très gras et très tranché. Mais j’accroche moins à la façon dont il est mis en œuvre, le dessin de Toshy m’apparaissant brouillon, et pas vraiment réussi.
Bref, un petit polar très vite lu (manque de consistance oblige), mais oubliable.
Je partais avec un bon a priori, j’aime bien le travail de Gaet’s, il adapte ici un roman de Michel Bussi. J’espérais une chouette surprise à la «Nymphéas noirs » … ça ne sera malheureusement pas le cas.
Le style de Salvo est efficace et lisible mais interchangeable, je l’ai trouvé assez peu folichon, les couleurs passent encore mais le trait n’est pas toujours constant, surtout sur le 2eme tome où j’ai trouvé certaines pages plutôt grossières. Bref c’est pas l’hallu.
Malgré une bonne entrée en matière, j’ai vite décroché de l’intrigue, j’ai fini l’histoire en mode pilotage automatique. Hormis la construction en chapitres et une certaine pagination, je n’ai pas adhéré au reste. Des personnages insipides et stéréotypés, une absence de rythme ou tension et surtout de surprises, quelques facilités une fin pfff… bref du polar oubliable.
Ça se lit mais vous ne loupez rien, la moins bonne des adaptations (et intrigues) que j’ai lues de Bussi.
Quelques gags m’ont fait sourire, mais l’ensemble m’est apparu un peu faible, pas assez drôle et/ou surprenant. Beaucoup de gags sont convenus, manquent de punch.
La principale surprise vient du fait que tous les protagonistes sont des dinosaures, qui échangent des analyses, des digressions plus ou moins philosophiques, sur la vie, leurs relations, etc.
Mais, une fois cette surprise initiale passée, on reste sur sa faim. En effet, l’essentiel de ses gags auraient très bien pu avoir comme protagoniste des humains, même contemporains, sans que cela change grand-chose. Car les auteurs ne jouent finalement pas trop sur le fait que ce sont des dinosaures, cela émousse pas mal un ressort de comique potentiel ici.
Depuis ma lecture de La Nostalgie de Dieu, que j’avais beaucoup aimé, je suis presque toujours sorti déçu de mes lectures des albums de Dubuisson, qui peine à retrouver sa verve comique. C’est dommage.
Un petit album vite lu, mais hélas probablement vite oublié.
Ah c'est marrant cet album, ça me replonge dans des lectures d'ado du temps où je lisais un paquet de petits formats. Il s'agit d'un remontage adapté pour l'édition en album (assez rare à l'époque pour des bandes de petits formats) puisque cette série est parue d'abord en Italie en 1978 puis dès 1978 et 1979 en France dans le pocket Antarès, une publication Mon Journal (ou Aventures et Voyages), qui publiait une trentaine de pockets chaque mois dans tous les genres : aventure surtout, mais aussi SF, sport, western, humour, jungle, policier, historique... et dont les plus célèbres seront Akim, Cap'tain Swing, Marco Polo, Ivanhoé, Lancelot, "Brik", Safari, Pirates, "En Garde", "Carabina Slim", Mister No, "Sunny Sun", "Janus Stark", "Atémi" etc... il y avait même un pocket pour les filles du nom de Shirley. Tous ces titres ne diront rien aux moins de 30 ans, mais c'est de ma génération, je dévorais tous ces pockets, à l'époque dans les années 70, c'était la grande mode. Dire que c'était considéré comme de la BD de merde et qu'aujourd'hui, ces pockets sont hyper recherchés par des collectionneurs avides et font l'objet d'un marché démentiel, on marche sur la tête...
On y trouvait pas mal de matériel italien, parfois espagnol mais ça faisait vivre aussi des auteurs français qui se formeront et apprendront le métier.
Pour Ongaro, j'ai de suite reconnu son dessin, c'est bien ce que je lisais dans le pocket Antarès, il y eut 12 épisodes entre 1978 et 79. La mise en page ne trompe pas, c'est du dessin à 3 strips ou cases par page, le trait est plutôt soigné, Ongaro s'était fait la main sur des séries western chez Aventures et Voyages qu'on verra dans le pocket La Route de l'Ouest. Plus tard, il bossera pour Larousse sur ses séries éducatives.
Par contre, cette histoire d'immortel, c'est complètement excentrique et psychédélique, je ne suis pas parvenu à me passionner pour cette histoire. Il est question d'un extraterrestre sans doute venu d’un monde lointain. En fait, il ignore tout de son passé, tout ce qu’il sait, c’est qu’il est immortel, qu’il s’appelle Vir et qu’il a une mission à accomplir. Il est sur la planète Terre, bouleversée par d'effroyables événements, dont une partie de la population, considérée comme contaminée, a été reléguée dans des zones elles-mêmes contaminées et interdites à toute personne saine. Avec sa compagne, la belle terrienne Sibyl, ils tentent de survivre dans ce monde dévasté. Ce concept sera repiqué avec des variantes dans la superbe Bd Storm.
Au final, cette bande est un sympathique souvenir qui me rappelle des années euphoriques, mais le sujet est brouillon ou mal exploité, et ça n'est guère intéressant. J'aime seulement le dessin qui est typique des auteurs italiens de petits formats dans les années 70.
Hen Kai Pan est un manga déconcertant. Encore une fois c'est une bonne trouvaille des éditions du Lézard noir mais je n'ai pas été emballé par ce one shot écrit pendant le confinement. On ne sait pas trop ce que le mangaka veut démontrer dans cette histoire où plusieurs dieux se côtoient et on a des relents un peu primaires qu'il faudrait une décroissance voire une éradication de l'humanité. L'un des dieux Asura, ou déesse en formation plus précisément par un autre esprit résidant dans un château poitevin (!), est un avatar de Kali la déesse de la destruction dans l'hindouisme. L'auteur me semble un brin naïf de dire que c'est la pandémie qui lui a fait prendre conscience que l'homme ruinait la nature et qu'elle vivrait bien mieux sans lui.
Visuellement c'est bien, mais sur le plan de l'histoire c'est plus décousu et aurait mérité plus de pages pour développer plus précisément où voulait en venir l'auteur.
De mémoire, je crois n'avoir jamais lu une Bd de Crepax qui ne soit pas un récit érotique, aussi ce sujet historique semblait être tentant, mais il me fallut déchanter. C'est dommage parce que voir Crepax dans un registre autre que l'érotisme m'intriguait, et que le sujet a été peu abordé, mais ce récit est trop brouillon, il n'est pas rendu passionnant par une narration plus appliquée. On dirait que Crepax se contente de poser les personnages dans un décor mal défini, sans donner de profondeur à tout ce contexte historique.
Le récit est paru en Italie en 1977, puis a été prépublié en France dans A Suivre en 1979 sous le titre de "l'Homme de Pskov" ; je me souviens l'avoir laissé de côté car je ne connaissais pas encore bien Crepax à cette époque, je l'ai découvert quelques temps après avec Valentina.
Au niveau graphique, c'est pareil, son dessin n'est pas beau, on dirait un trait bâclé avec des visages laids et des fonds de cases vides, je ne reconnais pas la finesse du dessin vue sur les bandes érotiques de Crepax, seuls les cadrages sont typiques de son auteur. Une Bd très décevante.
Je ne sais pas comment considérer cet album... Il est à la fois absurde comme une BD d'humour décalé, cru comme la pire des BD porno, et en même temps largement au-delà des limites du politiquement correct. Bastien Vivès s'est souvent fait fort de mettre en bande dessinée de purs fantasmes masculins, comme dans Une Soeur par exemple qui était l'incarnation du fantasme du jeune ado qui rêve de la belle fille plus agée que lui. Mais ici, il pousse cela tellement dans les retranchements que cela en devient bizarre, presque malsain, alors qu'en même temps la caricature est clairement volontaire.
C'est l'histoire d'un type qui découvre la famille dont n'importe quel mâle rêverait : composée d'une mère riche aux seins énormes et de trois jolies filles, celles-ci sont 100% dédiées au bien-être et au plaisir de l'homme, que ce soit dans l'obligation qu'elles s'imposent de s'occuper de toutes les tâches ménagères mais aussi dans une volonté manifeste de remplir tous ses désirs sexuels.
La pornographie y côtoie un humour très présent, notamment l'avant-dernière page qui m'a bien fait rire. En même temps, cette fameuse pornographie est parfois peu émoustillante tant l'acte y parait banalisé et les organes exagérément gros. Mais il y a le fantasme de cette demeure où tout est possible avec les femmes qui y résident, cet interdit soudainement levé sans aucune pudeur....
Là où ça coince, c'est quand le fantasme touche ici à l'inceste et la pédophilie puisque les filles en question ont 18, 15 et... 11 ans. Alors certes ça se voit que c'est de l'humour, ça se voit que c'est grossièrement exagéré au point d'en devenir volontairement ridicule, mais le fantasme est bien là et il est effectivement mis en scène... en action pourrait-on dire même plutôt. Et je doute que nombre de lecteurs ne se laissent pas à y aller d'une lecture très au premier degré. Instinctivement, j'ai trouvé ça régulièrement dérangeant, pas complètement malsain car la caricature est assumée mais dérangeant et du coup partiellement repoussant.
Du coup, je ne sais pas comment considérer cet album, avec l'étrange sentiment de passer pour un prude réfractaire à l'humour transgressif pornographique, et celui en même temps de n'avoir en réalité pas vraiment apprécié ma lecture.
Mouais. J’ai à peu près le même ressenti que Gaston, et suis resté largement sur ma faim après la lecture de ce petit album.
Le dessin minimaliste (personnage et décors), avec des personnages aux yeux énormes et placés sur le côté du visage comme ceux du caméléon ne me gêne pas, ça passe souvent sur des strips d’humour.
Mais c’est quand même là que le bât blesse. En effet, je n’ai jamais trouvé ça drôle, et n’ai souri que trop rarement. L’ensemble est très convenu, sans réelle surprise. C’est aussi trop « guimauve » à mon goût. On sent que l’auteur, qui transpose ici sa vie de couple, vit une vraie et pleine histoire d’amour, en symbiose avec son copain. Tant mieux pour elle, mais le résultat pour le lecteur extérieur que je suis manque singulièrement d’autodérision, d’à-côtés divertissants, bref, d’intérêt.
Le titre est raccord avec le contenu, c'est juste que je ne pense pas être le coeur de cible.
Bref, cet album au petit format va être oublié sans trop de regrets je pense.
Petite déception que ce diptyque pour ma part. Certes, il est explosif et nous emmène dans un cadre pas (encore) trop exploité par la bande dessinée mais je l’ai trouvé approximatif tant au niveau du dessin que du scénario.
Le dessin d’abord, propose des visages pas toujours bien finis. Les personnages semblent alors avoir la tronche quelque peu en biais. Les décors sont également parfois trop peu soignés à mon goût. Le résultat d’ensemble me donne envie de dire « pas mal mais peut mieux faire ». Ce style très classique est tellement courant que j’attends l’excellence dès qu’un auteur se lance dans cette voie.
Au niveau du scénario, je trouve les flash-back mal amenés. Le long flash-back à la fin du deuxième tome, notamment, n’apporte pas grand-chose que nous n’aurions pas compris par ailleurs et ne se greffe peut-être pas au récit au moment le plus opportun. La psychologie des personnages aurait elle aussi pu être plus travaillée, même pour ce style de récit dans lequel chaque personnage est une caricature du genre. Enfin, au niveau du déroulement de l’intrigue, je trouve qu’il y a trop d’heureux hasards et que certains comportements sont fort incohérents.
Attention, hein ! Ca se laisse lire, la narration est fluide, le dessin est lisible, le scénario est sans cesse relancé. Mais ça fait quand même trop série Z à mon goût. Plutôt séduit par la solidité des scénarios proposés par Nathalie Sergeef jusqu’à présent, je dois bien avouer que le sentiment qui domine aujourd’hui est la déception.
Bof pour ma part.
Je sors déçu de la lecture de l'oeuvre de Mathieu Sapin. Je trouve son documentaire sur le fonctionnement et la vie de l'Elysée assez terne et ennuyeux. En fait je trouve qu'observer l'ossature du temple de la politique française sans y mettre ce qui fait son âme nous prive de l'essentiel.
Pour moi cet essentiel, c'est la tension politique qui doit habiter ces lieux. Or les événements politiques de l'année sont tout juste cités. En lisant ce documentaire j'ai eu l'impression de faire une visite de courtoisie aux différents directeurs de cabinets ou chefs de service sans même approfondir leurs rôles dans le fonctionnement du système.
C'est un peu frustrant. Nous n'avons même pas eu droit au plat préféré de François Hollande ! Beaucoup de protocoles, de célébrations plus ou moins intéressantes et assez People (La reine d'Angleterre qui veut des tables en U !!) pas vraiment à mon goût. On se rend compte que les événements "importants" de 2013/2014 cités, la jeune Léonarda, bonnets rouges, Gayet n'ont eu qu'une importance très minime sur la continuité de l'Etat.
A croire que les services de presse qui travaillaient au sein du "Château" étaient plus intéressés par la photo du Président que par les grandes orientations politiques et sociales prises pendant ces mois. Je trouve cela désolant avec le recul.
Le graphisme correspond à ce type de documentaire avec de nombreuses petites cases aux dessins simples sans beaucoup de détails. Je trouve qu'il y a un manque d'humour et une trop grande distance de Matthieu Sapin par rapport à l'action. Cela donne une observation assez froide. C'était peut-être le parti pris d'être assez neutre mais cela donne un récit que je trouve assez ennuyeux.
Seul l'ajout en fin d'ouvrage des quelques planches sur les événements de janvier 2015 donnent un peu de tension à l'ouvrage. C'est trop peu à mon goût.
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Groupe Tel-Aviv
Je me retrouve dans l’avis de Spooky, et les raisons de sa déception. En effet, l’arrière-plan politique (les refuzniks, juifs venus de l’ex-URSS pour s’installer en Israël) est cité mais sans être jamais exploité. Idem pour la mafia (ici dirigée par un Géorgien) : deux choses que je m’attendais à voir davantage exploitées. Cela aurait au moins permis de densifier l’intrigue, assez simpliste et manquant singulièrement de coffre – et, disons-le, d’intérêt. Intrigue peu captivante dans ses grandes lignes, mais aussi dans ses détails je trouve, tant les dialogues, les relations entre les protagonistes ne sont pas emballantes, manquent souvent de consistance, de crédibilité – voir la rapidité avec laquelle des flics, un détectives, décident d’aider une parfaite inconnue d’eux dans le cambriolage du domicile de celui qui semble être une sorte d’ennemi numéro 1 ! Quant à la conclusion, elle est abrupte et elle aussi décevante. Le dessin enfin. J’aime assez le style, un Noir et Blanc très gras et très tranché. Mais j’accroche moins à la façon dont il est mis en œuvre, le dessin de Toshy m’apparaissant brouillon, et pas vraiment réussi. Bref, un petit polar très vite lu (manque de consistance oblige), mais oubliable.
Mourir sur Seine
Je partais avec un bon a priori, j’aime bien le travail de Gaet’s, il adapte ici un roman de Michel Bussi. J’espérais une chouette surprise à la «Nymphéas noirs » … ça ne sera malheureusement pas le cas. Le style de Salvo est efficace et lisible mais interchangeable, je l’ai trouvé assez peu folichon, les couleurs passent encore mais le trait n’est pas toujours constant, surtout sur le 2eme tome où j’ai trouvé certaines pages plutôt grossières. Bref c’est pas l’hallu. Malgré une bonne entrée en matière, j’ai vite décroché de l’intrigue, j’ai fini l’histoire en mode pilotage automatique. Hormis la construction en chapitres et une certaine pagination, je n’ai pas adhéré au reste. Des personnages insipides et stéréotypés, une absence de rythme ou tension et surtout de surprises, quelques facilités une fin pfff… bref du polar oubliable. Ça se lit mais vous ne loupez rien, la moins bonne des adaptations (et intrigues) que j’ai lues de Bussi.
Les Philosaures
Quelques gags m’ont fait sourire, mais l’ensemble m’est apparu un peu faible, pas assez drôle et/ou surprenant. Beaucoup de gags sont convenus, manquent de punch. La principale surprise vient du fait que tous les protagonistes sont des dinosaures, qui échangent des analyses, des digressions plus ou moins philosophiques, sur la vie, leurs relations, etc. Mais, une fois cette surprise initiale passée, on reste sur sa faim. En effet, l’essentiel de ses gags auraient très bien pu avoir comme protagoniste des humains, même contemporains, sans que cela change grand-chose. Car les auteurs ne jouent finalement pas trop sur le fait que ce sont des dinosaures, cela émousse pas mal un ressort de comique potentiel ici. Depuis ma lecture de La Nostalgie de Dieu, que j’avais beaucoup aimé, je suis presque toujours sorti déçu de mes lectures des albums de Dubuisson, qui peine à retrouver sa verve comique. C’est dommage. Un petit album vite lu, mais hélas probablement vite oublié.
L'Immortel (Ongaro)
Ah c'est marrant cet album, ça me replonge dans des lectures d'ado du temps où je lisais un paquet de petits formats. Il s'agit d'un remontage adapté pour l'édition en album (assez rare à l'époque pour des bandes de petits formats) puisque cette série est parue d'abord en Italie en 1978 puis dès 1978 et 1979 en France dans le pocket Antarès, une publication Mon Journal (ou Aventures et Voyages), qui publiait une trentaine de pockets chaque mois dans tous les genres : aventure surtout, mais aussi SF, sport, western, humour, jungle, policier, historique... et dont les plus célèbres seront Akim, Cap'tain Swing, Marco Polo, Ivanhoé, Lancelot, "Brik", Safari, Pirates, "En Garde", "Carabina Slim", Mister No, "Sunny Sun", "Janus Stark", "Atémi" etc... il y avait même un pocket pour les filles du nom de Shirley. Tous ces titres ne diront rien aux moins de 30 ans, mais c'est de ma génération, je dévorais tous ces pockets, à l'époque dans les années 70, c'était la grande mode. Dire que c'était considéré comme de la BD de merde et qu'aujourd'hui, ces pockets sont hyper recherchés par des collectionneurs avides et font l'objet d'un marché démentiel, on marche sur la tête... On y trouvait pas mal de matériel italien, parfois espagnol mais ça faisait vivre aussi des auteurs français qui se formeront et apprendront le métier. Pour Ongaro, j'ai de suite reconnu son dessin, c'est bien ce que je lisais dans le pocket Antarès, il y eut 12 épisodes entre 1978 et 79. La mise en page ne trompe pas, c'est du dessin à 3 strips ou cases par page, le trait est plutôt soigné, Ongaro s'était fait la main sur des séries western chez Aventures et Voyages qu'on verra dans le pocket La Route de l'Ouest. Plus tard, il bossera pour Larousse sur ses séries éducatives. Par contre, cette histoire d'immortel, c'est complètement excentrique et psychédélique, je ne suis pas parvenu à me passionner pour cette histoire. Il est question d'un extraterrestre sans doute venu d’un monde lointain. En fait, il ignore tout de son passé, tout ce qu’il sait, c’est qu’il est immortel, qu’il s’appelle Vir et qu’il a une mission à accomplir. Il est sur la planète Terre, bouleversée par d'effroyables événements, dont une partie de la population, considérée comme contaminée, a été reléguée dans des zones elles-mêmes contaminées et interdites à toute personne saine. Avec sa compagne, la belle terrienne Sibyl, ils tentent de survivre dans ce monde dévasté. Ce concept sera repiqué avec des variantes dans la superbe Bd Storm. Au final, cette bande est un sympathique souvenir qui me rappelle des années euphoriques, mais le sujet est brouillon ou mal exploité, et ça n'est guère intéressant. J'aime seulement le dessin qui est typique des auteurs italiens de petits formats dans les années 70.
Hen Kai Pan
Hen Kai Pan est un manga déconcertant. Encore une fois c'est une bonne trouvaille des éditions du Lézard noir mais je n'ai pas été emballé par ce one shot écrit pendant le confinement. On ne sait pas trop ce que le mangaka veut démontrer dans cette histoire où plusieurs dieux se côtoient et on a des relents un peu primaires qu'il faudrait une décroissance voire une éradication de l'humanité. L'un des dieux Asura, ou déesse en formation plus précisément par un autre esprit résidant dans un château poitevin (!), est un avatar de Kali la déesse de la destruction dans l'hindouisme. L'auteur me semble un brin naïf de dire que c'est la pandémie qui lui a fait prendre conscience que l'homme ruinait la nature et qu'elle vivrait bien mieux sans lui. Visuellement c'est bien, mais sur le plan de l'histoire c'est plus décousu et aurait mérité plus de pages pour développer plus précisément où voulait en venir l'auteur.
Le Point de non retour
De mémoire, je crois n'avoir jamais lu une Bd de Crepax qui ne soit pas un récit érotique, aussi ce sujet historique semblait être tentant, mais il me fallut déchanter. C'est dommage parce que voir Crepax dans un registre autre que l'érotisme m'intriguait, et que le sujet a été peu abordé, mais ce récit est trop brouillon, il n'est pas rendu passionnant par une narration plus appliquée. On dirait que Crepax se contente de poser les personnages dans un décor mal défini, sans donner de profondeur à tout ce contexte historique. Le récit est paru en Italie en 1977, puis a été prépublié en France dans A Suivre en 1979 sous le titre de "l'Homme de Pskov" ; je me souviens l'avoir laissé de côté car je ne connaissais pas encore bien Crepax à cette époque, je l'ai découvert quelques temps après avec Valentina. Au niveau graphique, c'est pareil, son dessin n'est pas beau, on dirait un trait bâclé avec des visages laids et des fonds de cases vides, je ne reconnais pas la finesse du dessin vue sur les bandes érotiques de Crepax, seuls les cadrages sont typiques de son auteur. Une Bd très décevante.
La Décharge mentale
Je ne sais pas comment considérer cet album... Il est à la fois absurde comme une BD d'humour décalé, cru comme la pire des BD porno, et en même temps largement au-delà des limites du politiquement correct. Bastien Vivès s'est souvent fait fort de mettre en bande dessinée de purs fantasmes masculins, comme dans Une Soeur par exemple qui était l'incarnation du fantasme du jeune ado qui rêve de la belle fille plus agée que lui. Mais ici, il pousse cela tellement dans les retranchements que cela en devient bizarre, presque malsain, alors qu'en même temps la caricature est clairement volontaire. C'est l'histoire d'un type qui découvre la famille dont n'importe quel mâle rêverait : composée d'une mère riche aux seins énormes et de trois jolies filles, celles-ci sont 100% dédiées au bien-être et au plaisir de l'homme, que ce soit dans l'obligation qu'elles s'imposent de s'occuper de toutes les tâches ménagères mais aussi dans une volonté manifeste de remplir tous ses désirs sexuels. La pornographie y côtoie un humour très présent, notamment l'avant-dernière page qui m'a bien fait rire. En même temps, cette fameuse pornographie est parfois peu émoustillante tant l'acte y parait banalisé et les organes exagérément gros. Mais il y a le fantasme de cette demeure où tout est possible avec les femmes qui y résident, cet interdit soudainement levé sans aucune pudeur.... Là où ça coince, c'est quand le fantasme touche ici à l'inceste et la pédophilie puisque les filles en question ont 18, 15 et... 11 ans. Alors certes ça se voit que c'est de l'humour, ça se voit que c'est grossièrement exagéré au point d'en devenir volontairement ridicule, mais le fantasme est bien là et il est effectivement mis en scène... en action pourrait-on dire même plutôt. Et je doute que nombre de lecteurs ne se laissent pas à y aller d'une lecture très au premier degré. Instinctivement, j'ai trouvé ça régulièrement dérangeant, pas complètement malsain car la caricature est assumée mais dérangeant et du coup partiellement repoussant. Du coup, je ne sais pas comment considérer cet album, avec l'étrange sentiment de passer pour un prude réfractaire à l'humour transgressif pornographique, et celui en même temps de n'avoir en réalité pas vraiment apprécié ma lecture.
Câlins
Mouais. J’ai à peu près le même ressenti que Gaston, et suis resté largement sur ma faim après la lecture de ce petit album. Le dessin minimaliste (personnage et décors), avec des personnages aux yeux énormes et placés sur le côté du visage comme ceux du caméléon ne me gêne pas, ça passe souvent sur des strips d’humour. Mais c’est quand même là que le bât blesse. En effet, je n’ai jamais trouvé ça drôle, et n’ai souri que trop rarement. L’ensemble est très convenu, sans réelle surprise. C’est aussi trop « guimauve » à mon goût. On sent que l’auteur, qui transpose ici sa vie de couple, vit une vraie et pleine histoire d’amour, en symbiose avec son copain. Tant mieux pour elle, mais le résultat pour le lecteur extérieur que je suis manque singulièrement d’autodérision, d’à-côtés divertissants, bref, d’intérêt. Le titre est raccord avec le contenu, c'est juste que je ne pense pas être le coeur de cible. Bref, cet album au petit format va être oublié sans trop de regrets je pense.
A prix d'or
Petite déception que ce diptyque pour ma part. Certes, il est explosif et nous emmène dans un cadre pas (encore) trop exploité par la bande dessinée mais je l’ai trouvé approximatif tant au niveau du dessin que du scénario. Le dessin d’abord, propose des visages pas toujours bien finis. Les personnages semblent alors avoir la tronche quelque peu en biais. Les décors sont également parfois trop peu soignés à mon goût. Le résultat d’ensemble me donne envie de dire « pas mal mais peut mieux faire ». Ce style très classique est tellement courant que j’attends l’excellence dès qu’un auteur se lance dans cette voie. Au niveau du scénario, je trouve les flash-back mal amenés. Le long flash-back à la fin du deuxième tome, notamment, n’apporte pas grand-chose que nous n’aurions pas compris par ailleurs et ne se greffe peut-être pas au récit au moment le plus opportun. La psychologie des personnages aurait elle aussi pu être plus travaillée, même pour ce style de récit dans lequel chaque personnage est une caricature du genre. Enfin, au niveau du déroulement de l’intrigue, je trouve qu’il y a trop d’heureux hasards et que certains comportements sont fort incohérents. Attention, hein ! Ca se laisse lire, la narration est fluide, le dessin est lisible, le scénario est sans cesse relancé. Mais ça fait quand même trop série Z à mon goût. Plutôt séduit par la solidité des scénarios proposés par Nathalie Sergeef jusqu’à présent, je dois bien avouer que le sentiment qui domine aujourd’hui est la déception. Bof pour ma part.
Le Château - Une année dans les coulisses de l'Elysée
Je sors déçu de la lecture de l'oeuvre de Mathieu Sapin. Je trouve son documentaire sur le fonctionnement et la vie de l'Elysée assez terne et ennuyeux. En fait je trouve qu'observer l'ossature du temple de la politique française sans y mettre ce qui fait son âme nous prive de l'essentiel. Pour moi cet essentiel, c'est la tension politique qui doit habiter ces lieux. Or les événements politiques de l'année sont tout juste cités. En lisant ce documentaire j'ai eu l'impression de faire une visite de courtoisie aux différents directeurs de cabinets ou chefs de service sans même approfondir leurs rôles dans le fonctionnement du système. C'est un peu frustrant. Nous n'avons même pas eu droit au plat préféré de François Hollande ! Beaucoup de protocoles, de célébrations plus ou moins intéressantes et assez People (La reine d'Angleterre qui veut des tables en U !!) pas vraiment à mon goût. On se rend compte que les événements "importants" de 2013/2014 cités, la jeune Léonarda, bonnets rouges, Gayet n'ont eu qu'une importance très minime sur la continuité de l'Etat. A croire que les services de presse qui travaillaient au sein du "Château" étaient plus intéressés par la photo du Président que par les grandes orientations politiques et sociales prises pendant ces mois. Je trouve cela désolant avec le recul. Le graphisme correspond à ce type de documentaire avec de nombreuses petites cases aux dessins simples sans beaucoup de détails. Je trouve qu'il y a un manque d'humour et une trop grande distance de Matthieu Sapin par rapport à l'action. Cela donne une observation assez froide. C'était peut-être le parti pris d'être assez neutre mais cela donne un récit que je trouve assez ennuyeux. Seul l'ajout en fin d'ouvrage des quelques planches sur les événements de janvier 2015 donnent un peu de tension à l'ouvrage. C'est trop peu à mon goût.