Ils sont bien loin les gentils héros des bandes dessinées de mon enfance. J’adorais m’évader en dévorant les oeuvres de Goscinny, Peyo, Hergé, Jacobs, Roba ou Franquin, assise sur le sol glacé du rayon livres des supermarchés ou bien au chaud dans ma chambre.
Cette chaleur réconfortante de mon enfance, ce sentiment d’évasion, de plongeon dans une histoire, je ne l’ai pas vraiment retrouvée dans cet ouvrage de Comès. J’ai lu l’édition en noir et blanc ce qui a rendu le graphisme très chargé à mon goût. Chaque vignette est remplie de détails qui semblent importants à la compréhension de l’intrigue.
J’ai été submergée par les balancements entre réalité et monde parallèle, les références au passé, mais surtout par le nombre d’images à déchiffrer:
Le jeune garçon pour la mort cruelle jouant pourtant une belle mélodie à la flûte. La petite fille naïve et insouciante pour la mort des animaux. La jeune femme affectueuse et amoureuse pour la mort douce. La vieille femme autoritaire pour la mort de vieillesse. Main de fer ou l’ancêtre et son discours sur la beauté de la guerre comme référence au passé. Les corbeaux jouant la mort lors d’une partie d’échecs en rigolant,……
Je suis sortie de ma lecture en restant un peu sur ma faim. Quel a été le but de ce séjour auprès de la Mort? Faut-il que Goetz en tire une leçon? Si oui, laquelle? Parce qu’il semble sortir de ce monde parallèle comme il y est rentré, c’est-à-dire sans grandes réactions, comme si tout cela était normal.
En conclusion, je peux avouer que je n’ai pas adhéré à la fantaisie et à la poésie de Comès. Je veux trop chercher le pourquoi du comment. Je n’ai pas réussi le plongeon dans l’intrigue mais pourquoi pas, dans le futur, retenter ma chance avec une autre bande dessinée de Comès?
Une série qui m’aura de plus en plus déçu au fil de ses parutions.
Le 1er tome m’avait fait grand effet à l’époque, c’était alors ma rencontre avec Marini, une petite claque graphique. L’histoire était également pleine de promesse, ça surfait sur une ambiance entre Matrix et Seven je trouve, bref un bon tome introductif.
Malheureusement mon intérêt n’a eu de cesse de décliner, l’univers est devenu de plus en plus tape à l’œil tant dans le graphisme (il n’y a qu’à voir les couvertures initiales des tomes 2 à 4) que dans l’histoire. Dufaux a sorti les gros sabots et n’a pas su éviter tous les pièges, le contraire même … il s’y est engouffré et les enchaine. Faute de goût et grosse ficelle, absence de surprises … bref, ça se lit mais c’est vraiment pas convaincant.
J’en attendais autre chose, pour moi vous pouvez allègrement passer votre chemin. Il y a mieux pour découvrir le travail du dessinateur ou tout simplement en récit de vampires.
Si il y a un 2eme cycle, ça sera sans moi.
C’est le dessin de la couverture qui m’a attirée. Je n’ai pas été déçue par l’intérieur, les planches sont pleines de poésie, graphiquement j’entends.
En revanche, la narration m’a laissée dubitative et je crois que je n’ai pas compris l’histoire, si histoire il y a. L’ensemble est certainement trop onirique pour moi. J’ai cru entrapercevoir, au milieu du volume, une espèce de fil conducteur sur un personnage blessé, grand brûlé, qui serait tellement diminué et contraint physiquement que son esprit vagabonderait au-delà de toutes limites… et puis finalement les dernières pages me laissent perplexe.
Donc finalement je ne sais pas et je ne suis pas entrée dans cette rêverie.
Reste ce beau dessin.
Oulah, je retrouve ce vieil album dont le récit fut prépublié dans Circus en 1982. C'est ce que j'appelle de la BD spatiale, du space opera, en principe ça ne m'intéresse donc que très moyennement, voire même pas du tout, et en le relisant, je m'aperçois que je n'y ai d'ailleurs pas compris grand chose, c'est un scénario plutôt délirant, carrément inintéressant, c'est d'un ennui mortel. On dirait qu'il s'agit vaguement d'un truc intemporel et futuriste où l'angoisse est à chaque tournant et l'absurde dans chaque recoin.
Le seul point positif que je retiens, c'est le dessin de Mako qui semble déja d'excellente qualité ; par rapport à Octobre noir et La Chute d'un ange , on ne le reconnait pas mais on devine une certaine maîtrise dans le noir & blanc à l'encrage épais et aux à-plats de noir, avec une mise en page adaptée. C'est dommage qu'il n'ait pas un meilleur scénario pour s'exprimer, mais il faut bien débuter quelque part... Bon ben je vais mettre cet album sur ma pile de Bd à échanger.
J’ai lu l’histoire dans la réédition chez Casterman, pour laquelle Torres a ajouté des couleurs, et quelques pages de présentation (du contexte, des principaux personnages, des décors, et de la Turbocar). Une Turbocar qui n’aurait vraisemblablement pas déplu à Franquin et Jidéhem pour leur rubrique Starter !
Pour le reste, Torres est ici un représentant du style atome, une ligne claire très stylisée, avec des corps dessinés comme des esquisses de mode. Un style rétro dont il se fera le spécialiste.
Concernant l’histoire, c’est un peu moins emballant je trouve. Il y a du rythme, mais ça tourne à vide, l’intrigue elle-même, autour d’un espionnage industriel, de sabotage, le héros cherchant à concevoir une voiture de sport révolutionnaire (la Turbocar donc), sentant quand même le déjà-vu. Les liens que Torres semble vouloir établir avec le conflit colonial vietnamien ne m’ont ni convaincu ni intéressé. C’est l’histoire dans sa totalité d’ailleurs que j’ai trouvée décevante.
C’est je pense ma plus grande déception après la lecture d’un album de cette collection. Pourtant le personnage m’intéressait a priori. Mais j’en suis sorti franchement déçu.
L’aspect graphique tout d’abord. Dès les premières pages j’ai su que ça n’allait pas me convenir. Affaire de goût peut-être, le dessin possède des qualités. Mais ce n’est pas ce qui m’attire, je l’ai trouvé flou, pas toujours réussi (et la colorisation ne m’a pas non plus convaincu).
Ensuite, traiter de ce règne primordial pour l’histoire de l’Europe – et pas seulement – en un album de 48 pages est forcément difficile, il faut faire des choix, renoncer. Les auteurs ont choisi de ne traiter que la dernière partie du règne, sa fin, alors que Soliman doit préparer sa succession, en stabilisant ses frontières et en éliminant ses fils pour qu’il n’en reste qu’un. Pourquoi pas ?
Mais du coup impasse totale est faite sur des évènements majeurs du début de règne, le siège de Vienne, la rivalité avec Charles Quint, les rapprochements avec François 1er, les rapports avec Venise, etc. La grandeur de Soliman n’est ainsi montrée qu’à son acmé, lorsqu’elle se fragilise en même temps que sa santé. Il aurait fallu montrer davantage en quoi il a été un grand conquérant, comment il a consolidé son empire, le fonctionnement des Janissaires (souvent évoqués, mais jamais vraiment éclairés).
Le lecteur qui ne connait pas bien cette période ou ce règne dans sa longue durée ne retirera de sa lecture qu’une vision partielle du côté « magnifique » de ce sultan, à la fois commandeur des croyants, donc sorte de successeur de Mahomet, et successeur des empereurs byzantins, dont il détenait la capitale et une bonne partie des territoires.
La collection Pilote avait des albums qui présentaient un certain intérêt, dans tous les genres et tous les styles, et d'autres qui ne m'attiraient absolument pas. J'ai découvert cet album en bouquinerie, je n'en avais jamais entendu parler et je ne connaissais pas le dessinateur, il n'était pas très cher mais je n'avais pas envie de l'acheter, je l'ai lu dans la boutique sans en retirer une grande satisfaction.
Il faut reconnaître que Druillet au scénario fait preuve d'imagination, c'est un peu normal quand on connait son oeuvre, mais ici, il n'a pas fait un effort surhumain et a élaboré un conte fantastique étrange, assez imaginatif mais aux rouages déja utilisés ; faut dire qu'en 1976, ça devait être plus surprenant et plus original, mais lu aujourd'hui, après tout ce qu'on a pu voir en BD fantastique ou de fantasy, c'est assez obsolète. Ce récit fut en effet prépublié dans Pilote entre 1976 et 1979 sous forme de chapitres de 10 à 12 pages, ça ressemble un peu à Vuzz en moins trash et moins chaotique, et le héros Firaz n'est pas du tout charismatique, il est possible d'ailleurs que ce n'était pas le but recherché par Druillet. En tout cas, c'est une sorte de trip hallucinatoire qui possède un côté très années 70, c'est pourquoi je disais qu'en 1976, ça devait être novateur, avec des thématiques liées à cette décennie.
Au niveau graphique, j'aime pas des masses ; le dessin est inspiré un peu de Druillet en moins appliqué, les compositions graphiques aussi, c'est pas vraiment esthétique, les couleurs sont par endroits très pétantes, et ça ne me dérange pas, c'est typique de l'époque, mais surtout le découpage et la mise en page sont très modernes pour 1976. C'est une Bd que je suis content de connaître, ça enrichit ma culture BD, mais elle ne me laissera pas un souvenir impérissable.
J'ai jamais vraiment trop aimé les blagues salaces voire très cochonnes de Wolinski, ses albums ont un contenu toujours très inégal parce qu'il y a des gags qui fonctionnent et font sourire, et d'autres qui tombent à plat ou qui me laissent totalement froid. C'est un peu le cas ici.
Ces saynètes et ces gags sont pratiquement tous parus dans l'Echo des Savanes, j'en ai reconnu pas mal, Wolinski alterne le très coquin avec le très cochon, voire le trash parfois dégoutant, d'autres sont plus subtils ou carrément rigolos par leurs situations plus que par leurs chutes, l'humour est comme toujours chez Wolinski, ravageur et provoc, le dessin est dépouillé et va droit à l'essentiel, je le préfère cependant à celui de Reiser qui était ultra dépouillé et laid. Certains dialogues sont très marqués par la société de notre époque, Wolinski aborde à peu près tous les sujets sociétaux, sexuels, graveleux, bref tout ce qui pouvait choquer le bourgeois... On aime ou on n'aime pas, mais ça ne laisse personne indifférent. Moi je suis un peu entre les deux.
Un album un peu particulier parce que c'est l'adaptation d'un roman du 18ème siècle, mais actualité et se passant à l'époque moderne. N'ayant jamais lu l'œuvre original, je ne peux pas comparer surtout qu'en plus j'avais mal compris et j'avais cru que c'était l'autobiographie d'un type qui voulait raconter son expérience.
Donc le héros se retrouve sans ordinateur ou portable pendant quelques jours et il redécouvre la vie d'avant la révolution technologie qui a fait que tout le monde est sur son écran en permanence. C'est censé être poétique et philosophie sauf que j'ai vite trouvé que la vie de ce type était ennuyeuse. C'est typiquement la vie de grande ville que j'ai pas envie d'avoir. En plus, je trouvais que l'album ne faisait qu'accumuler des pensés banales, le genre d'observation que n'importe qui pourrait faire lors d'une panne d'électricité.
Dommage parce que le dessin est pas mal.
Bon, ben visiblement j’ai nettement moins apprécié ma lecture que les deux aviseurs précédents.
Concernant le dessin, je dois dire que j’ai lu la version d’origine, parue chez Christian Chalmin, qui était colorisée. Et je n’ai pas vraiment aimé cette colorisation. C’est d’autant plus dommage que, comme le note Alix, Micheluzzi est un bon dessinateur, et je pense sincèrement que j’aurais davantage apprécié l’album dans la version en Noir et Blanc, au lieu de ces couleurs criardes, maladroites, qui gâchent clairement le trait de l’auteur italien.
Pour ce qui est de l’histoire, elle possède de réelles qualités. Le cadre, géographique (l’Inde, puis l’Afghanistan) et historique (au milieu du XIXème siècle, les rivalités coloniales entre Anglais et Russes, avec en plus des révoltes nationalistes et la ségrégation raciale et sociale). Le fait de choisir comme personnage principal un métis est aussi une bonne idée.
Mais voilà, je n’ai pas accroché à la narration de Micheluzzi, sa façon de commenter lui-même ce qu’il écrit, ce que les protagonistes font et pensent, la façon de présenter et de développer les actions. Affaire de goût peut-être, mais je suis toujours resté en retrait de cette histoire, alors que j’espérais secrètement y trouver une bonne histoire d’aventure du genre du film de Huston « L’homme qui voulut être roi ».
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L'Ombre du Corbeau
Ils sont bien loin les gentils héros des bandes dessinées de mon enfance. J’adorais m’évader en dévorant les oeuvres de Goscinny, Peyo, Hergé, Jacobs, Roba ou Franquin, assise sur le sol glacé du rayon livres des supermarchés ou bien au chaud dans ma chambre. Cette chaleur réconfortante de mon enfance, ce sentiment d’évasion, de plongeon dans une histoire, je ne l’ai pas vraiment retrouvée dans cet ouvrage de Comès. J’ai lu l’édition en noir et blanc ce qui a rendu le graphisme très chargé à mon goût. Chaque vignette est remplie de détails qui semblent importants à la compréhension de l’intrigue. J’ai été submergée par les balancements entre réalité et monde parallèle, les références au passé, mais surtout par le nombre d’images à déchiffrer: Le jeune garçon pour la mort cruelle jouant pourtant une belle mélodie à la flûte. La petite fille naïve et insouciante pour la mort des animaux. La jeune femme affectueuse et amoureuse pour la mort douce. La vieille femme autoritaire pour la mort de vieillesse. Main de fer ou l’ancêtre et son discours sur la beauté de la guerre comme référence au passé. Les corbeaux jouant la mort lors d’une partie d’échecs en rigolant,…… Je suis sortie de ma lecture en restant un peu sur ma faim. Quel a été le but de ce séjour auprès de la Mort? Faut-il que Goetz en tire une leçon? Si oui, laquelle? Parce qu’il semble sortir de ce monde parallèle comme il y est rentré, c’est-à-dire sans grandes réactions, comme si tout cela était normal. En conclusion, je peux avouer que je n’ai pas adhéré à la fantaisie et à la poésie de Comès. Je veux trop chercher le pourquoi du comment. Je n’ai pas réussi le plongeon dans l’intrigue mais pourquoi pas, dans le futur, retenter ma chance avec une autre bande dessinée de Comès?
Rapaces
Une série qui m’aura de plus en plus déçu au fil de ses parutions. Le 1er tome m’avait fait grand effet à l’époque, c’était alors ma rencontre avec Marini, une petite claque graphique. L’histoire était également pleine de promesse, ça surfait sur une ambiance entre Matrix et Seven je trouve, bref un bon tome introductif. Malheureusement mon intérêt n’a eu de cesse de décliner, l’univers est devenu de plus en plus tape à l’œil tant dans le graphisme (il n’y a qu’à voir les couvertures initiales des tomes 2 à 4) que dans l’histoire. Dufaux a sorti les gros sabots et n’a pas su éviter tous les pièges, le contraire même … il s’y est engouffré et les enchaine. Faute de goût et grosse ficelle, absence de surprises … bref, ça se lit mais c’est vraiment pas convaincant. J’en attendais autre chose, pour moi vous pouvez allègrement passer votre chemin. Il y a mieux pour découvrir le travail du dessinateur ou tout simplement en récit de vampires. Si il y a un 2eme cycle, ça sera sans moi.
Murmure
C’est le dessin de la couverture qui m’a attirée. Je n’ai pas été déçue par l’intérieur, les planches sont pleines de poésie, graphiquement j’entends. En revanche, la narration m’a laissée dubitative et je crois que je n’ai pas compris l’histoire, si histoire il y a. L’ensemble est certainement trop onirique pour moi. J’ai cru entrapercevoir, au milieu du volume, une espèce de fil conducteur sur un personnage blessé, grand brûlé, qui serait tellement diminué et contraint physiquement que son esprit vagabonderait au-delà de toutes limites… et puis finalement les dernières pages me laissent perplexe. Donc finalement je ne sais pas et je ne suis pas entrée dans cette rêverie. Reste ce beau dessin.
Poussière d'étoiles
Oulah, je retrouve ce vieil album dont le récit fut prépublié dans Circus en 1982. C'est ce que j'appelle de la BD spatiale, du space opera, en principe ça ne m'intéresse donc que très moyennement, voire même pas du tout, et en le relisant, je m'aperçois que je n'y ai d'ailleurs pas compris grand chose, c'est un scénario plutôt délirant, carrément inintéressant, c'est d'un ennui mortel. On dirait qu'il s'agit vaguement d'un truc intemporel et futuriste où l'angoisse est à chaque tournant et l'absurde dans chaque recoin. Le seul point positif que je retiens, c'est le dessin de Mako qui semble déja d'excellente qualité ; par rapport à Octobre noir et La Chute d'un ange , on ne le reconnait pas mais on devine une certaine maîtrise dans le noir & blanc à l'encrage épais et aux à-plats de noir, avec une mise en page adaptée. C'est dommage qu'il n'ait pas un meilleur scénario pour s'exprimer, mais il faut bien débuter quelque part... Bon ben je vais mettre cet album sur ma pile de Bd à échanger.
Sabotage
J’ai lu l’histoire dans la réédition chez Casterman, pour laquelle Torres a ajouté des couleurs, et quelques pages de présentation (du contexte, des principaux personnages, des décors, et de la Turbocar). Une Turbocar qui n’aurait vraisemblablement pas déplu à Franquin et Jidéhem pour leur rubrique Starter ! Pour le reste, Torres est ici un représentant du style atome, une ligne claire très stylisée, avec des corps dessinés comme des esquisses de mode. Un style rétro dont il se fera le spécialiste. Concernant l’histoire, c’est un peu moins emballant je trouve. Il y a du rythme, mais ça tourne à vide, l’intrigue elle-même, autour d’un espionnage industriel, de sabotage, le héros cherchant à concevoir une voiture de sport révolutionnaire (la Turbocar donc), sentant quand même le déjà-vu. Les liens que Torres semble vouloir établir avec le conflit colonial vietnamien ne m’ont ni convaincu ni intéressé. C’est l’histoire dans sa totalité d’ailleurs que j’ai trouvée décevante.
Soliman le Magnifique
C’est je pense ma plus grande déception après la lecture d’un album de cette collection. Pourtant le personnage m’intéressait a priori. Mais j’en suis sorti franchement déçu. L’aspect graphique tout d’abord. Dès les premières pages j’ai su que ça n’allait pas me convenir. Affaire de goût peut-être, le dessin possède des qualités. Mais ce n’est pas ce qui m’attire, je l’ai trouvé flou, pas toujours réussi (et la colorisation ne m’a pas non plus convaincu). Ensuite, traiter de ce règne primordial pour l’histoire de l’Europe – et pas seulement – en un album de 48 pages est forcément difficile, il faut faire des choix, renoncer. Les auteurs ont choisi de ne traiter que la dernière partie du règne, sa fin, alors que Soliman doit préparer sa succession, en stabilisant ses frontières et en éliminant ses fils pour qu’il n’en reste qu’un. Pourquoi pas ? Mais du coup impasse totale est faite sur des évènements majeurs du début de règne, le siège de Vienne, la rivalité avec Charles Quint, les rapprochements avec François 1er, les rapports avec Venise, etc. La grandeur de Soliman n’est ainsi montrée qu’à son acmé, lorsqu’elle se fragilise en même temps que sa santé. Il aurait fallu montrer davantage en quoi il a été un grand conquérant, comment il a consolidé son empire, le fonctionnement des Janissaires (souvent évoqués, mais jamais vraiment éclairés). Le lecteur qui ne connait pas bien cette période ou ce règne dans sa longue durée ne retirera de sa lecture qu’une vision partielle du côté « magnifique » de ce sultan, à la fois commandeur des croyants, donc sorte de successeur de Mahomet, et successeur des empereurs byzantins, dont il détenait la capitale et une bonne partie des territoires.
Firaz et la ville fleur
La collection Pilote avait des albums qui présentaient un certain intérêt, dans tous les genres et tous les styles, et d'autres qui ne m'attiraient absolument pas. J'ai découvert cet album en bouquinerie, je n'en avais jamais entendu parler et je ne connaissais pas le dessinateur, il n'était pas très cher mais je n'avais pas envie de l'acheter, je l'ai lu dans la boutique sans en retirer une grande satisfaction. Il faut reconnaître que Druillet au scénario fait preuve d'imagination, c'est un peu normal quand on connait son oeuvre, mais ici, il n'a pas fait un effort surhumain et a élaboré un conte fantastique étrange, assez imaginatif mais aux rouages déja utilisés ; faut dire qu'en 1976, ça devait être plus surprenant et plus original, mais lu aujourd'hui, après tout ce qu'on a pu voir en BD fantastique ou de fantasy, c'est assez obsolète. Ce récit fut en effet prépublié dans Pilote entre 1976 et 1979 sous forme de chapitres de 10 à 12 pages, ça ressemble un peu à Vuzz en moins trash et moins chaotique, et le héros Firaz n'est pas du tout charismatique, il est possible d'ailleurs que ce n'était pas le but recherché par Druillet. En tout cas, c'est une sorte de trip hallucinatoire qui possède un côté très années 70, c'est pourquoi je disais qu'en 1976, ça devait être novateur, avec des thématiques liées à cette décennie. Au niveau graphique, j'aime pas des masses ; le dessin est inspiré un peu de Druillet en moins appliqué, les compositions graphiques aussi, c'est pas vraiment esthétique, les couleurs sont par endroits très pétantes, et ça ne me dérange pas, c'est typique de l'époque, mais surtout le découpage et la mise en page sont très modernes pour 1976. C'est une Bd que je suis content de connaître, ça enrichit ma culture BD, mais elle ne me laissera pas un souvenir impérissable.
Fais-moi plaisir
J'ai jamais vraiment trop aimé les blagues salaces voire très cochonnes de Wolinski, ses albums ont un contenu toujours très inégal parce qu'il y a des gags qui fonctionnent et font sourire, et d'autres qui tombent à plat ou qui me laissent totalement froid. C'est un peu le cas ici. Ces saynètes et ces gags sont pratiquement tous parus dans l'Echo des Savanes, j'en ai reconnu pas mal, Wolinski alterne le très coquin avec le très cochon, voire le trash parfois dégoutant, d'autres sont plus subtils ou carrément rigolos par leurs situations plus que par leurs chutes, l'humour est comme toujours chez Wolinski, ravageur et provoc, le dessin est dépouillé et va droit à l'essentiel, je le préfère cependant à celui de Reiser qui était ultra dépouillé et laid. Certains dialogues sont très marqués par la société de notre époque, Wolinski aborde à peu près tous les sujets sociétaux, sexuels, graveleux, bref tout ce qui pouvait choquer le bourgeois... On aime ou on n'aime pas, mais ça ne laisse personne indifférent. Moi je suis un peu entre les deux.
Voyage autour de ma chambre
Un album un peu particulier parce que c'est l'adaptation d'un roman du 18ème siècle, mais actualité et se passant à l'époque moderne. N'ayant jamais lu l'œuvre original, je ne peux pas comparer surtout qu'en plus j'avais mal compris et j'avais cru que c'était l'autobiographie d'un type qui voulait raconter son expérience. Donc le héros se retrouve sans ordinateur ou portable pendant quelques jours et il redécouvre la vie d'avant la révolution technologie qui a fait que tout le monde est sur son écran en permanence. C'est censé être poétique et philosophie sauf que j'ai vite trouvé que la vie de ce type était ennuyeuse. C'est typiquement la vie de grande ville que j'ai pas envie d'avoir. En plus, je trouvais que l'album ne faisait qu'accumuler des pensés banales, le genre d'observation que n'importe qui pourrait faire lors d'une panne d'électricité. Dommage parce que le dessin est pas mal.
Khyber (L'Homme du Khyber)
Bon, ben visiblement j’ai nettement moins apprécié ma lecture que les deux aviseurs précédents. Concernant le dessin, je dois dire que j’ai lu la version d’origine, parue chez Christian Chalmin, qui était colorisée. Et je n’ai pas vraiment aimé cette colorisation. C’est d’autant plus dommage que, comme le note Alix, Micheluzzi est un bon dessinateur, et je pense sincèrement que j’aurais davantage apprécié l’album dans la version en Noir et Blanc, au lieu de ces couleurs criardes, maladroites, qui gâchent clairement le trait de l’auteur italien. Pour ce qui est de l’histoire, elle possède de réelles qualités. Le cadre, géographique (l’Inde, puis l’Afghanistan) et historique (au milieu du XIXème siècle, les rivalités coloniales entre Anglais et Russes, avec en plus des révoltes nationalistes et la ségrégation raciale et sociale). Le fait de choisir comme personnage principal un métis est aussi une bonne idée. Mais voilà, je n’ai pas accroché à la narration de Micheluzzi, sa façon de commenter lui-même ce qu’il écrit, ce que les protagonistes font et pensent, la façon de présenter et de développer les actions. Affaire de goût peut-être, mais je suis toujours resté en retrait de cette histoire, alors que j’espérais secrètement y trouver une bonne histoire d’aventure du genre du film de Huston « L’homme qui voulut être roi ». Note réelle 2,5/5.