En quatre tomes seulement - Bravo ! - Wilfrid Lupano nous propose une histoire complète, riche en événements et en sublimes dessins.
A mon sens, cette bande dessinée a deux qualités majeures : d’abord, l’univers graphique imaginé et réalisé par Virginie Augustin. C’est somptueux, quel talent ! On sent que le dessin d’animation n’est pas loin. C’est créatif, riche sans être surchargé, les couleurs sont douces ce qui donne à l’ensemble un bel équilibre et une grande élégance. Il y a foule de petits détails que l’on découvre dès que l’on prend le temps de s’attarder un peu sur une planche. Le tout est harmonieux et laisse apparaître une grande imagination.
Ensuite, les personnages. Bien sûr, il y a les bons et les méchants, les violents et les pacifiques. Chacun a un physique parfaitement reconnaissable, une culture, un parcours cohérent dans l’histoire. Bref, ils ont de la profondeur et il est intéressant de comprendre à quelles règles, à quelle idéologie chacun appartient. D’autant plus, qu’à travers eux, on n’a aucun mal à reconnaître les peuples des continents de notre monde à nous ! Le moins bien concerne le scénario. Il ne faut rien exagérer quand même ! C’est clair, classique, un peu prévisible et sans beaucoup d’espoir. Là encore, on retrouve en transparence des systèmes politiques bien connus de notre monde et c’est intéressant de le replacer dans un contexte différent. Excellente série, bien maîtrisée, bien équilibrée et super agréable à lire.
3.5
Un album qui rappel effectivement le travail de Trillo.
À travers des histoires courtes, les auteurs bâtissent un univers crédible et noir. Il y a peut-être deux chapitres qui m'ont paru plus faibles que les autres, mais cela ne m'a pas trop dérangé car le reste est très prenant. Je ne suis pas fan du dessin, mais au moins le dessinateur sait comment installer une ambiance et c'est très lisible.
J'ai bien aimé lire ses histoires sombre qui sont bien écrites et à la narration fluide. Le seul défaut est que la fin ne m'a pas trop emballé. En faite, ce qui s'est produit est que l'avant-dernière histoire est la meilleur à mes yeux, c'est excellent du début jusqu'à la fin. Donc dans ma tête je me suis dis que si ce récit état le meilleur de ceux que j'ai lu jusqu'à présent, ce qui allait suivre serait encore mieux et j'ai un peu trop gonflé mes attentes.
Enfin, cela reste un bon album du moment que, comme moi, on aime les thrillers argentins.
"Speak", c'est un roman américain écrit il y a plus de vingt ans maintenant mais dont la résonance est toujours d'actualité, la preuve en est avec ce roman graphique adapté de l’œuvre et qui a modernisé son propos pour continuer de parler de la même chose et diffuser le même message. Rien que pour cela, je trouve l'adaptation brillante, et cette BD m'a plu. Mais commençons par le début.
"Speak", donc, c'est à l'origine un roman (que je n'ai pas vu) mais qui fut adapté en téléfilm en 2004. Ce téléfilm, je l'ai vu et j'en avais été très étonné, avec une Kristen Steward parfaitement dans son rôle et un film petit budget mais néanmoins percutant. Lorsque j'ai vu l'adaptation de ce roman en BD, le visionnage du film était encore bien présent dans ma tête et j'avais envie de le lire, non pas pour l'histoire, mais pour comparer les deux médias et la façon dont les auteurs s'en sont sortis.
Si je digresse autant, c'est parce que je considère les deux œuvres comme tout à fait réussi, et le seul bémol que j'ai eu en lisant ma lecture, c'est que chaque adaptation semblant très fidèle au livre, elles sont redondantes entre elles. Une seule des deux suffit, mais si la BD ne vous attire pas, je recommande le film.
Bref, après cette petite introduction, je dois dire que la BD est une réussite. Je l'ai lu d'une traite sans jamais souffrir d'ennui même si je connaissais l’œuvre et avait le déroulement précis en tête. La grande crainte que j'avais, c'était une adaptation textuelle et factuelle, sans accorder plus de travail que ça à la transition d'un média à l'autre. Mais heureusement, la dessinatrice a pris le parti de soigner le dessin. Ce sont des pages souvent sans cases, au dessin en noir et blanc qui évolue, change, varie selon les humeurs, les planches, les moments. A travers le dessin, on ressent les émotions du personnage principal, et c'est exactement ce que j'attendais de la BD. On sent que l'auteur s'est employé à faire ressentir au maximum à travers les spécificités de la BD.
L'histoire, évidemment, n'est pas en reste. C'est une histoire dure, qui parle de harcèlement scolaire, de la difficulté de se construire à l'adolescence, mais aussi de sujet encore plus grave. Je me permet de ne rien en dire, car l'explication intervient très tard dans le récit, mais c'est quelque chose qui est encore bien trop souvent d'actualité, et qui mériterait bien souvent une plus large connaissance du grand public. Dans ce récit, cependant, la douleur intime est présente en permanence mais n'est pas le seul point du récit. On a toute la vie du lycée, bien loin des représentations des mangas ou des séries pour adolescents (et bien plus proche de mes souvenirs de lycée) : une jungle où la position sociale est cruciale, les adultes dépassés par leurs préoccupations, l'écoute absente. Plus qu'un malaise adolescent, l'auteure a capté ce qui fait toute la complexité de cette période, où l'on nous demande de choisir nos vies alors même que l'on ne sait pas ce qu'on est. Et d'autres thèmes gravitent encore autour : les familles qui se détruisent lentement, les parents absents, le manque de communication.
C'est d'ailleurs le gros point fort du livre : son titre, qui est le message de tout le livre. L'absence de communication et le silence. C'est un beau message, je trouve, car avant de dire aux adolescent(e)s qu'ils ont raisons, qu'ils doivent vivre libre et être heureux, messages que j'ai souvent l'impression d'entendre dans les histoires destinées aux adolescents, je pense que le message est important : parlez, communiquez. Garder tout ce que vous avez sur le cœur pour vous ne vous aidera pas.
J'espère de tout cœur que cette BD aidera des personnes qui la liront, en espérant qu'ils n'ont pas eu les mêmes expériences que son héroïne, mais qu'au moins le message passe. C'est un des points que j'avais retenu du film, et je trouve que la BD le retransmet bien également. Si ce message est plus entendu, alors elle aura réussi totalement.
Si je me permet de pinailler un poil, c'est dommage que la BD n'ait pas, à l'instar du film, proposé cette scène de fin (peut-être crée pour le film alors) où l'on voyait Mélinda parler avec sa mère dans la voiture, permettant de montrer que parler et la clé, mais sans nous mettre le son. Parce que ce n'est pas ce qu'elle dit qui est important, mais qu'elle puisse enfin le dire.
Je me suis bien égaré dans mon avis, mais bon sang, ça fait plaisir de voir une BD comme celle-là. Je pense que si ça avait été la première fois que je découvrais son histoire, j'aurais probablement décerné un coup de cœur. Pour son message, son dessin et son histoire, sa mise en page et l'impact qu'elle peut avoir, je suis réellement certain que cette BD devrait être lue (et disponible) dans tout les CDI de France. Je ne suis plus lycéen depuis dix ans, je ne suis pas une fille, mais j'ai trouvé que cette histoire me touche encore. Preuve, s'il le fallait, que son histoire est bonne, voir même excellente. Et de voir que vingt ans après, avec quelques petites touches simples de modernisation, une telle histoire est encore d'actualité, c'est une preuve de la nécessité de son message. A mettre entre toutes les mains, et surtout celles de vos enfants en collègue/lycée. C'est important.
J'aime bien les histoires qui impliquent des nazis, fondées sur une énigme, un mystère à résoudre ou sur la recherche d'un artefact, on a vu ça chez Indiana Jones avec la quête de l'arche perdue, car ces mecs et Hitler en particulier étaient tellement obnubilés par le mystique féerique, la dimension spirituelle ou un pouvoir surnaturel pouvant leur servir à gagner la guerre qu'ils étaient prêts à faire n'importe quoi, ils en paieront parfois le prix fort.
Cette Bd rejoint des séries ésotériques comme Le Triangle Secret, Le Troisième Testament ou Le Gardien de la Lance en alignant quelques grosses ficelles et des rebondissements éprouvés de ce genre de bandes ; l'intrigue semble banale à première vue, et n'est sans doute pas assez captivante pour un lecteur habitué à ce type de contexte. Elle intéressera surtout les lecteurs qui n'ont pas beaucoup lu de Bd analogues ; pour les plus aguerris, c'est efficace mais un peu trop conventionnel, avec des personnages sans trop d'épaisseur. Cependant, ça reste quand même une lecture agréable et sans ennui, qui ne renouvelle pas les codes du genre, mais qui suit une progression classique en contenant ce qu'il faut pour émailler l'intrigue de suspense et de tension.
D'ailleurs, malgré le fait que j'ai lu pas mal de Bd analogues ou vu des films dans le même ton, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire. D'autant plus que le dessin est très bon, le dessinateur offre de très belles pages sur Bruxelles, c'est presque une visite de différents endroits de la ville, il se révèle adroit surtout sur les décors en donnant envie d'aller voir de plus près des recoins de la capitale belge. Adroit aussi sur les épisodes historiques constituant des flashbacks servant l'intrigue (méthode employée dans Le Triangle Secret) ; je constate que le dessin de Milan Jovanovic s'est bien amélioré depuis Secrets - Le Serpent sous la glace.
Si les deux premiers tomes installaient une sorte de narration routinière et conventionnelle, la conclusion au tome 3 est très réussie, du coup ça suffit pour remonter le niveau de cette Bd et en faire un excellent triptyque ; il faut dire que la nature du mystère révélé vaut le détour.
Je suis en train de relire toutes les séries des mondes d’Aldébaran et je suis curieux de voir si comme pour certains posteurs, je finis par me lasser de la recette Léo, à savoir un groupe de terriens livrés à eux-mêmes dans un monde extra-terrestre à la faune et flore hostiles (souvent dans la jungle), le tout mâtiné de science-fiction.
Et bien, après avoir relu Aldébaran, Antarès, Retour sur Aldébaran et maintenant "Survivants", pour moi c’est toujours aussi bon, je me suis encore laissé captiver par son histoire.
Je pourrais recopier mes avis des séries précitées sur celui-ci.
Il y a de surcroît deux nouveautés sympathiques avec "Survivants", d’une part il ne s’agit pas cette fois d’une tentative de colonisation d’un monde extra-terrestre par les terriens, je n’en dis pas plus sur le pitch mais je le trouve plutôt bien vu, et d’autre part on découvre de nouveaux personnages, Kim et ses compagnons ne sont pas les protagonistes de cette série.
J’aime bien le fait qu’il y ait toujours toute une galerie d’acteurs et pas seulement 2,3 : le début d’histoire de "Survivants" commence avec une douzaine de personnages.
J’apprécie aussi que le leader du groupe d’aventuriers soit une femme, c’est souvent le cas avec Léo, ça change, cela doit être son côté féministe.
D’un point de vue scénaristique, je trouve que Léo réussit bien les passerelles entre ses différentes séries, l’ensemble des mondes d’Aldébaran reste à mon sens passionnant et cohérent.
Et bien en voilà de la bonne SF comme je les aime !
Jean-Luc Istin lâche un peu l'univers fantasy qu'il développe en ce moment avec ses séries comme Nains ou Les Maîtres Inquisiteurs (pour ne citer qu'eux) et s'attaque à une nouvelle série concept (ça, il aime :) ) avec un duo d'auteurs par tome. Et on peut dire que ça démarre sur les chapeaux de roue !
"Androïdes" nous plonge dans un univers très marqué par les lois de la robotique développées par Asimov et s'inspire des ambiances de Philip K. Dick pour nous lancer sur une enquête qui mènera nos protagonistes bien au delà du simple meurtre qui sert d'ouverture au récit.
C'est prenant, grisant, beau et adroitement mené grâce à une narration percutante et un dessin des plus réussi (chapeau à la colorisation au passage ! ). Le duo Istin/Hervás Millán s'ajuste parfaitement pour nous servir un album franchement très réussi qui met la barre assez haut et nous promet une série à suivre avec attention si la suite relève le défi de maintenir le niveau.
Un très bon moment de lecture alliant un scénario bien ficelé et un dessin magnifique dont je ne peux que fortement conseiller la lecture pour tous les amateurs de SF !
*** Tome 2 ***
Après le démarrage sur les chapeaux de roue proposé par cette série, j'étais curieux de voir ce que le second opus allait donner, surtout que celui-ci, tout en référence à Ulysse, ne pouvait que titiller ma curiosité... Verdict ? Un bon album, mais un ton en dessous du premier.
En effet, le dessin de Geyser est bon, surtout dans ses décors et ses mises en scènes, que ce soit dans l'espace ou sur Terre. J'ai adoré toute la première partie qui se déroule à bord du vaisseau. Par contre j'ai un peu plus de mal avec ses personnages que je trouve un peu trop "dessin animé" dans le style à mon goût.
C'est du côté du scénario que l'album pêche légèrement. Tout se tient, les idées de base qui constituent la trame sont bons et fonctionnent, c'est juste que j'ai trouvé l'ensemble un peu trop linéaire. Trop peu de surprises pour l'amateur d'ovni en papier que je suis.
L'ensemble donne tout de même un album agréable à lire, mais qui à mon sens reste un brin en dessous du premier qui avait mis la barre très haut.
*** Tome 3 ***
Après un second tome qui avait mitigé mon engouement pour cette série partie sur les chapeaux de roue, ce troisième opus m'a plutôt séduit.
D'une part parce que j'ai largement apprécié le dessin d'Emmanuel Nhieu qui donne au scénario de Sylvain Cordurié un visuel tout à fait raccord avec ce récit, que ce soit dans les décors post apocalyptiques, ou les extraterrestres contre lesquels vont lutter nos protagonistes. D'autre part, parce que le récit qui nous est proposé et la révélation finale tiennent plutôt très bien la route. Si le personnage principal et son côté vanneur vu le contexte pourront en énerver certains, moi j'ai bien aimé ce caractère un peu revêche et "casse-couille" qui compose un caractère particulier à notre "héros malgré lui".
Ce nouvel épisode sonne en tout cas très juste dans cette série dédiée aux androïdes. Un bon moment de lecture qui me fait remonter ma note globale à 4.
*** Tome 4 ***
Avec ce quatrième tome d’Androïdes, l’accent est fortement porté sur la question de l’humanité. Vaste question me direz-vous… et pas novatrice de surcroit. Mais si elle n’est pas nouvelle, elle a le mérite d’être assez finement traitée au travers d’un scénario tirant sur le polar.
Kielko est un androïde domestique au sein de la famille Morgan en charge d’à peu près tout, y compris de leur fils Kylian. Tout semble aller pour le mieux dans cette famille aisée jusqu’à ce que le père se retrouve compromis dans une affaire de chantage. Kielko témoin oublié de beaucoup de choses va petit à petit mettre son grain de sable dans cette affaire en outrepassant ses droits élémentaires d’androïde.
Car c’est là tout le fond de cette histoire où l’intelligence artificielle de notre androïde, témoin d’actes délictueux, va d’une part lui aussi passer certains interdits fondamentaux pour, d’autre part, essayer de comprendre ce qui fait notre spécificité, ce qui fait de nous des humains.
C’est cette réflexion et la façon dont elle est traitée que j’ai trouvé réussie et que j’ai apprécié. Surtout que le dessin réaliste de Viska concoure parfaitement à nous embarquer dans cette histoire. Je suis par contre un peu moins fan de la colorisation qui tire un peu trop à mon goût vers le comics américain, mais bon, l’ensemble est quand même très efficace.
Voilà donc un quatrième épisode réussit qui ne fait que confirmer la très bonne tenue d’ensemble de la série.
*** Saison 2 ***
On pensait cette série terminée ? Que nenni ! Voici venir la saison 2 !
*** Tome 5 ***
Malgré une couverture que je trouve personnellement très moche, cet album m'a beaucoup plu dans sa façon d'aborder le sujet des intelligences artificielles et des androïdes.
C'est surtout l'angle par lequel l'auteur Louis aborde le sujet des lois liés à la robotique héritées de la littérature d'Isaac Asimov que je trouve intelligent. La troisième loi stipulant qu'un robot doit protéger son existence et ne pas entrer en contradiction avec les deux premières qui l'empêchent de porter atteinte à un être humain, la mort reste une des rares chose à laquelle un androïde ne peut prétendre et comprendre. D'autant plus quand les avancées technologiques les ont conduit à une forme d'immortalité quand l'espèce humaine s'est elle éteinte.
Synn, notre protagoniste androïde en fait une obsession. Après un crash avec son vaisseau sur une planète habitée par une population humanoïde primitive, elle va tenter de percer ce mystère, de l'approcher, en contournant de façon astucieuse ces trois lois basiques...
C'est plutôt bien conduit narrativement et assez finement scénarisé pour nous faire accepter ce cheminement qui va plutôt à l'inverse de ce qu'on lit souvent sur le sujet. Et c'est là tout ce que j'aime dans la SF, nous faire réfléchir en faisant un pas de côté sur des thématiques philosophiques liées à notre évolution.
Surtout que le dessin de Louis (qui assure dessin et scénario) est agréable même si je trouve sa ligne un peu épaisse. C'est fluide, dynamique et d'une grande expressivité.
Voilà donc une nouvelle saison qui commence plutôt bien avec ce 5e tome.
*** Tome 6 ***
Bon, et bien cette 2e saison qui commençait plutôt bien perd de sa superbe avec ce nouvel opus scénarisé par Christophe Bec et couché sur le papier par Erion Campanella Avdisha.
Si le trait et le découpage de ce dernier réhaussés des couleurs plutôt bien gérées de J. Nanjan est plutôt agréable et efficace, l'histoire concoctée par Christophe Bec m'a plutôt laissé de marbre. La Terre est en guerre contre une espèce extra terrestre capable de prendre le contrôle mental des humains. Le salut de l'espèce humaine tient alors en une armée de supers androïdes insensibles à ce pouvoir psychique. Mais alors que la guerre semble enfin tourner en faveur des humains, deux androïdes se rebellent et désertent suite à une amélioration de leur I.A. pour mener à bien une mission des plus sensible...
Alors oui, y'a de l'action, de magnifiques planches, mais j'ai trouvé la réflexion sur les androïdes et les I.A. qui sert de fil conducteur à cette série bien en deçà de ce qu'elle propose avant. D'autant que certaines scènes clés sont parfois un peu confuse, et non pas des moindres avec la fin qui m'a laissé beaucoup de questions en tête.
Bref, sans doute un des albums de la série les moins intéressant.
*** Tome 10 ***
J'étais très curieux de lire ce 10e tome de cette série car j'apprécie énormément le travail graphique d'Alain Brion. Petite surprise supplémentaire, c'est également lui qui scénarise ! Restait à voir ce que tout cela allait donné.
Nous sommes en 2073. Sur la Lune, une équipe de scientifiques en mission réalise qu'un astéroïde va les frôler, mais qu'il risque de se disloquer en trois et de percuter la Terre. Ce sont donc impuissants qu'ils vont assister à ce cataclysme... Toute communication avec la Terre est perdue et comble de malchance les avaries se multiplient sur leur base réduisant drastiquement leurs chances de survie. La seule carte qu'il leur reste dans la leur manche c'est d'envoyer l'androïde Darwin (ça ne s'invente pas) sur Terre pour essayer de récupérer une fusée pour secourir tout le monde.
On oscille donc entre la SF apocalyptique pure et dure et le thriller survivaliste. Alain Brion a intelligemment construit son récit, jouant sur ces deux registres avec un androïde comme pivot. Darwin descend donc sur Terre pour y découvrir une planète ravagée où ont quand même réussi à survivre des androïdes et quelques rares humains. Pendant ce temps, les morts suspectes s'enchainent sur la base lunaire et chacun devient le suspect de l'autre...
Voilà donc un album rondement mené de A à Z par Alain Brion qui fait mouche, tant par son récit que son dessin toujours aussi maîtrisé. Son style réaliste et sa palette si particulière reconnaissables au premier coup d'oeil donnent tout l'élan nécessaire à cette intrigue pour notre plus grand plaisir.
Amateur de montagnes, lorsque j'ai découvert cette bande dessinée, je me suis empressé de la lire.
On y suit un berger solitaire, son chien et ses moutons qui vivent paisiblement d'amour et d'eau fraîche dans les alpages. En parallèle, on suit également un loup. Mais pas n'importe quel loup. Le loup dont le berger a tué sa maman alors qu'il n'était encore que louveteau.
S'ensuit une histoire de vengeance, un duel au sommet entre le berger et le loup.
Même si ce pitch peut faire penser au film avec Liam Neeson "le Territoire des loups". On en est loin. Ici, le duel entre l'homme et l'animal n'est qu'un prétexte pour aborder des thèmes plus grands que je vous laisse découvrir afin de ne pas gâcher votre plaisir. En effet, j'ai fortement apprécié découvrir cette histoire, sans aucun a priori. Je n'avais lu aucun avis et cela a amplifié mon plaisir de lecture.
Enfin, qu'il est bon de lire une histoire de montagnes, d'alpages, remplie de poésie, surtout en ces temps de pandémie mondiale. Cet album m'a réellement fait rêver et fait voyager, et j'ai maintenant plus que jamais hâte de partir en vacances en altitude.
3.5 étoiles
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
J'ai beaucoup aimé cette BD, qui fait une sorte de suite/complément à Catharsis, du même auteur. Après la BD sur la tragédie et la perte, le voici revenue sur la vie et le passé. A travers l'évocation de ses souvenirs, nous revivrons son arrivé à Charlie Hebdo, sa découverte des autres collaborateurs du journal (Charb, Cabu, Gébé ...) et son apprentissage du journalisme satirique.
La Bd est réellement prenante, a travers le regard de Luz, c'est tout un pan du journalisme français qui se dévoile. La caricature comme arme d'humour et de réflexion politique, la volonté de n'épargner personne, pas même ceux qui aiment le journal. On passe sur l'adolescence de l'auteur, sa jeunesse et la rencontre avec Cabu, son grand ami. C'est amusant de constater que Cabu était à la fois une idole de jeunesse, un mentor, un ami et un collègue. C'est probablement le collègue qui est le plus représenté à travers les pages, et l'on sent l'amour qu'avait Luz pour le papa du Grand Duduche. Les autres collègues ne sont pas en reste, et on sent la camaraderie et l'amitié qui régnait dans les locaux et la rédaction.
Mais c'est aussi en dehors, avec les manifs, les reportages, les découvertes des actions militantes. La gauche "sale gosse" qu'incarnait Charlie Hebdo, aussi, progressivement enfermé dans un cercle de moquerie puérile peut-être moins efficace et moins dérangeant. On passe du subversif au transgressif.
Bref, cette BD est à la fois une belle histoire, où l'on sent l'hommage aux potes et à ceux qui étaient là, mais aussi une BD sympathique sur les coulisses de Charlie Hebdo. Le dessin retranscrit l'atmosphère de camaraderie, de travail mais aussi les moments plus sombres, lorsque le malheur s'invite parfois. C'est dynamique, rythmé, drôle et prenant. Une petite réussite !
J’ai lu la série dans la petite intégrale, qui permet à petit prix certaines découvertes.
Bien qu’assez classique, et avec deux derniers tomes sans doute un chouia moins prenants, moins complexes, j’ai trouvé l’ensemble intéressant, c’est une bonne histoire de gangster, au temps de la prohibition, essentiellement à New-York, même si nous faisons quelques incursions à Chicago.
Avec une belle reconstitution des décors urbains de l’époque de Karl T. (dont le dessin est efficace – même si je trouve la colorisation un peu grasse), Damien Marie a mixé à peu près tous les ingrédients à sa disposition pour nous présenter un plat relevé : différentes familles mafieuses italiennes, des gangs irlandais, chinois, quelques policiers et politiciens corrompus. Du classique donc, mais le résultat est agréable à lire.
Celui qui déclenche la spirale de violence entre ces différents groupes est un très jeune homme (Anthony) qui, cherchant à protéger sa petite amie, et ses frères après le meurtre de leurs parents, va peu à peu pousser les protagonistes à s’entretuer (ces différents groupes ne comprenant pas assez tôt le rôle joué par Anthony, ou ne voulant pas le croire). De l’autre côté, un flic taciturne compte les coups, et cherche à rétablir le calme : c’est le seul à garder son calme d’ailleurs, et à voir relativement clair au milieu des flambées de violence. Vers la fin Elliott Ness prend le relais, au moment où on se concentre sur Al Capone et son procès (cette partie ressemble à la version filmée avec Kevin Costner).
Les amateurs de ce genre de récits y trouveront leur compte, c’est quand même bien fichu (avec quelques allusions à l'histoire du Petit Poucet qui parsèment le récit). Si vous lisez les albums séparément, les deux premiers (meilleurs, et là où notre gamin joue un rôle déterminant) sont à privilégier, et peut-être suffisants.
Note réelle 3,5/5.
Que voile une BD bien faite sur des questions aussi pointues que l'économie ! Sous couvert d'humour, et enrobé dans des explications chevaleresque, euh, chevaline (littéralement, puisqu'on parlera de chevaux tout du long), les auteurs s'attachent à faire de la BD une introduction fouillée et précise sur la question de l'économie.
Je n'ai toujours pas lu la BD Economix, qui semble s'attarder plus longuement sur la question et ses méandres, mais je trouve que cette BD-ci à le mérite de nous fournir une bonne base de connaissances. Sans aller jusqu'à des développements complexes tels ceux des méandres de la pensée économique de Marx, Heggel, Friedriech ou Kaynes, nous avons une simple démonstration de la façon dont l'économie gère le monde aujourd'hui. Guidé par un capitaliste caricaturé en Monsieur Monopoly, et sous métaphore de chevaux, courses et autres paris hippiques, les auteurs expliquent les bases du capitalisme, de la société marchande, de la bourse et des gouvernements maintenant le système économique de domination des riches.
C'est peut-être évident, pour certain plus initiés, mais malgré des cours d'histoire de l'économie que j'ai eu à la fac, je dois dire que j'ai eu grand plaisir à lire cette BD. Peut-être, justement, parce que cette simplicité permet une compréhension rapide et assez nette des mécanismes globaux de ce système. Rien que la compréhension vu par en haut, détachée de toute humanité, permet d'appréhender le rapport inhumain de ce système avec ceux qui en font partie. Le capitalisme, c'est une classe à part et détachée des contingent du réel, qui joue avec ce qu'ils ne considèrent pas comme des vies.
J'ai eu un coup de cœur pour la BD, parce qu'elle a ce qu'il faut pour que l'on comprenne et intègre les principes et les bases de notre économie. Bien orientée, sans aucun doute, elle nous permet aussi de comprendre pourquoi ce système est horrible, aussi bien actuellement qu'a long terme. Les questions et enjeux se développent de plus en plus autour de la question de l'économie (contrôle des marchés, écologie, crise financière/sanitaire, crise politique, réchauffement climatique, pauvreté et ultra-riches ...). Un ouvrage didactique dans ce genre est salutaire pour l’accessibilité de son discours et les questions qu'il fait naitre. Un approfondissement serait nécessaire, bien entendu, mais il ne sera pas à la portée de tous. Pour une première base, cet ouvrage est à mettre entre toutes les mains. Parce que la lutte n'est pas finie, camarade !
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Alim le tanneur
En quatre tomes seulement - Bravo ! - Wilfrid Lupano nous propose une histoire complète, riche en événements et en sublimes dessins. A mon sens, cette bande dessinée a deux qualités majeures : d’abord, l’univers graphique imaginé et réalisé par Virginie Augustin. C’est somptueux, quel talent ! On sent que le dessin d’animation n’est pas loin. C’est créatif, riche sans être surchargé, les couleurs sont douces ce qui donne à l’ensemble un bel équilibre et une grande élégance. Il y a foule de petits détails que l’on découvre dès que l’on prend le temps de s’attarder un peu sur une planche. Le tout est harmonieux et laisse apparaître une grande imagination. Ensuite, les personnages. Bien sûr, il y a les bons et les méchants, les violents et les pacifiques. Chacun a un physique parfaitement reconnaissable, une culture, un parcours cohérent dans l’histoire. Bref, ils ont de la profondeur et il est intéressant de comprendre à quelles règles, à quelle idéologie chacun appartient. D’autant plus, qu’à travers eux, on n’a aucun mal à reconnaître les peuples des continents de notre monde à nous ! Le moins bien concerne le scénario. Il ne faut rien exagérer quand même ! C’est clair, classique, un peu prévisible et sans beaucoup d’espoir. Là encore, on retrouve en transparence des systèmes politiques bien connus de notre monde et c’est intéressant de le replacer dans un contexte différent. Excellente série, bien maîtrisée, bien équilibrée et super agréable à lire.
Far South
3.5 Un album qui rappel effectivement le travail de Trillo. À travers des histoires courtes, les auteurs bâtissent un univers crédible et noir. Il y a peut-être deux chapitres qui m'ont paru plus faibles que les autres, mais cela ne m'a pas trop dérangé car le reste est très prenant. Je ne suis pas fan du dessin, mais au moins le dessinateur sait comment installer une ambiance et c'est très lisible. J'ai bien aimé lire ses histoires sombre qui sont bien écrites et à la narration fluide. Le seul défaut est que la fin ne m'a pas trop emballé. En faite, ce qui s'est produit est que l'avant-dernière histoire est la meilleur à mes yeux, c'est excellent du début jusqu'à la fin. Donc dans ma tête je me suis dis que si ce récit état le meilleur de ceux que j'ai lu jusqu'à présent, ce qui allait suivre serait encore mieux et j'ai un peu trop gonflé mes attentes. Enfin, cela reste un bon album du moment que, comme moi, on aime les thrillers argentins.
Speak
"Speak", c'est un roman américain écrit il y a plus de vingt ans maintenant mais dont la résonance est toujours d'actualité, la preuve en est avec ce roman graphique adapté de l’œuvre et qui a modernisé son propos pour continuer de parler de la même chose et diffuser le même message. Rien que pour cela, je trouve l'adaptation brillante, et cette BD m'a plu. Mais commençons par le début. "Speak", donc, c'est à l'origine un roman (que je n'ai pas vu) mais qui fut adapté en téléfilm en 2004. Ce téléfilm, je l'ai vu et j'en avais été très étonné, avec une Kristen Steward parfaitement dans son rôle et un film petit budget mais néanmoins percutant. Lorsque j'ai vu l'adaptation de ce roman en BD, le visionnage du film était encore bien présent dans ma tête et j'avais envie de le lire, non pas pour l'histoire, mais pour comparer les deux médias et la façon dont les auteurs s'en sont sortis. Si je digresse autant, c'est parce que je considère les deux œuvres comme tout à fait réussi, et le seul bémol que j'ai eu en lisant ma lecture, c'est que chaque adaptation semblant très fidèle au livre, elles sont redondantes entre elles. Une seule des deux suffit, mais si la BD ne vous attire pas, je recommande le film. Bref, après cette petite introduction, je dois dire que la BD est une réussite. Je l'ai lu d'une traite sans jamais souffrir d'ennui même si je connaissais l’œuvre et avait le déroulement précis en tête. La grande crainte que j'avais, c'était une adaptation textuelle et factuelle, sans accorder plus de travail que ça à la transition d'un média à l'autre. Mais heureusement, la dessinatrice a pris le parti de soigner le dessin. Ce sont des pages souvent sans cases, au dessin en noir et blanc qui évolue, change, varie selon les humeurs, les planches, les moments. A travers le dessin, on ressent les émotions du personnage principal, et c'est exactement ce que j'attendais de la BD. On sent que l'auteur s'est employé à faire ressentir au maximum à travers les spécificités de la BD. L'histoire, évidemment, n'est pas en reste. C'est une histoire dure, qui parle de harcèlement scolaire, de la difficulté de se construire à l'adolescence, mais aussi de sujet encore plus grave. Je me permet de ne rien en dire, car l'explication intervient très tard dans le récit, mais c'est quelque chose qui est encore bien trop souvent d'actualité, et qui mériterait bien souvent une plus large connaissance du grand public. Dans ce récit, cependant, la douleur intime est présente en permanence mais n'est pas le seul point du récit. On a toute la vie du lycée, bien loin des représentations des mangas ou des séries pour adolescents (et bien plus proche de mes souvenirs de lycée) : une jungle où la position sociale est cruciale, les adultes dépassés par leurs préoccupations, l'écoute absente. Plus qu'un malaise adolescent, l'auteure a capté ce qui fait toute la complexité de cette période, où l'on nous demande de choisir nos vies alors même que l'on ne sait pas ce qu'on est. Et d'autres thèmes gravitent encore autour : les familles qui se détruisent lentement, les parents absents, le manque de communication. C'est d'ailleurs le gros point fort du livre : son titre, qui est le message de tout le livre. L'absence de communication et le silence. C'est un beau message, je trouve, car avant de dire aux adolescent(e)s qu'ils ont raisons, qu'ils doivent vivre libre et être heureux, messages que j'ai souvent l'impression d'entendre dans les histoires destinées aux adolescents, je pense que le message est important : parlez, communiquez. Garder tout ce que vous avez sur le cœur pour vous ne vous aidera pas. J'espère de tout cœur que cette BD aidera des personnes qui la liront, en espérant qu'ils n'ont pas eu les mêmes expériences que son héroïne, mais qu'au moins le message passe. C'est un des points que j'avais retenu du film, et je trouve que la BD le retransmet bien également. Si ce message est plus entendu, alors elle aura réussi totalement. Si je me permet de pinailler un poil, c'est dommage que la BD n'ait pas, à l'instar du film, proposé cette scène de fin (peut-être crée pour le film alors) où l'on voyait Mélinda parler avec sa mère dans la voiture, permettant de montrer que parler et la clé, mais sans nous mettre le son. Parce que ce n'est pas ce qu'elle dit qui est important, mais qu'elle puisse enfin le dire. Je me suis bien égaré dans mon avis, mais bon sang, ça fait plaisir de voir une BD comme celle-là. Je pense que si ça avait été la première fois que je découvrais son histoire, j'aurais probablement décerné un coup de cœur. Pour son message, son dessin et son histoire, sa mise en page et l'impact qu'elle peut avoir, je suis réellement certain que cette BD devrait être lue (et disponible) dans tout les CDI de France. Je ne suis plus lycéen depuis dix ans, je ne suis pas une fille, mais j'ai trouvé que cette histoire me touche encore. Preuve, s'il le fallait, que son histoire est bonne, voir même excellente. Et de voir que vingt ans après, avec quelques petites touches simples de modernisation, une telle histoire est encore d'actualité, c'est une preuve de la nécessité de son message. A mettre entre toutes les mains, et surtout celles de vos enfants en collègue/lycée. C'est important.
Ars Magna
J'aime bien les histoires qui impliquent des nazis, fondées sur une énigme, un mystère à résoudre ou sur la recherche d'un artefact, on a vu ça chez Indiana Jones avec la quête de l'arche perdue, car ces mecs et Hitler en particulier étaient tellement obnubilés par le mystique féerique, la dimension spirituelle ou un pouvoir surnaturel pouvant leur servir à gagner la guerre qu'ils étaient prêts à faire n'importe quoi, ils en paieront parfois le prix fort. Cette Bd rejoint des séries ésotériques comme Le Triangle Secret, Le Troisième Testament ou Le Gardien de la Lance en alignant quelques grosses ficelles et des rebondissements éprouvés de ce genre de bandes ; l'intrigue semble banale à première vue, et n'est sans doute pas assez captivante pour un lecteur habitué à ce type de contexte. Elle intéressera surtout les lecteurs qui n'ont pas beaucoup lu de Bd analogues ; pour les plus aguerris, c'est efficace mais un peu trop conventionnel, avec des personnages sans trop d'épaisseur. Cependant, ça reste quand même une lecture agréable et sans ennui, qui ne renouvelle pas les codes du genre, mais qui suit une progression classique en contenant ce qu'il faut pour émailler l'intrigue de suspense et de tension. D'ailleurs, malgré le fait que j'ai lu pas mal de Bd analogues ou vu des films dans le même ton, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire. D'autant plus que le dessin est très bon, le dessinateur offre de très belles pages sur Bruxelles, c'est presque une visite de différents endroits de la ville, il se révèle adroit surtout sur les décors en donnant envie d'aller voir de plus près des recoins de la capitale belge. Adroit aussi sur les épisodes historiques constituant des flashbacks servant l'intrigue (méthode employée dans Le Triangle Secret) ; je constate que le dessin de Milan Jovanovic s'est bien amélioré depuis Secrets - Le Serpent sous la glace. Si les deux premiers tomes installaient une sorte de narration routinière et conventionnelle, la conclusion au tome 3 est très réussie, du coup ça suffit pour remonter le niveau de cette Bd et en faire un excellent triptyque ; il faut dire que la nature du mystère révélé vaut le détour.
Survivants - Anomalies quantiques
Je suis en train de relire toutes les séries des mondes d’Aldébaran et je suis curieux de voir si comme pour certains posteurs, je finis par me lasser de la recette Léo, à savoir un groupe de terriens livrés à eux-mêmes dans un monde extra-terrestre à la faune et flore hostiles (souvent dans la jungle), le tout mâtiné de science-fiction. Et bien, après avoir relu Aldébaran, Antarès, Retour sur Aldébaran et maintenant "Survivants", pour moi c’est toujours aussi bon, je me suis encore laissé captiver par son histoire. Je pourrais recopier mes avis des séries précitées sur celui-ci. Il y a de surcroît deux nouveautés sympathiques avec "Survivants", d’une part il ne s’agit pas cette fois d’une tentative de colonisation d’un monde extra-terrestre par les terriens, je n’en dis pas plus sur le pitch mais je le trouve plutôt bien vu, et d’autre part on découvre de nouveaux personnages, Kim et ses compagnons ne sont pas les protagonistes de cette série. J’aime bien le fait qu’il y ait toujours toute une galerie d’acteurs et pas seulement 2,3 : le début d’histoire de "Survivants" commence avec une douzaine de personnages. J’apprécie aussi que le leader du groupe d’aventuriers soit une femme, c’est souvent le cas avec Léo, ça change, cela doit être son côté féministe. D’un point de vue scénaristique, je trouve que Léo réussit bien les passerelles entre ses différentes séries, l’ensemble des mondes d’Aldébaran reste à mon sens passionnant et cohérent.
Androïdes
Et bien en voilà de la bonne SF comme je les aime ! Jean-Luc Istin lâche un peu l'univers fantasy qu'il développe en ce moment avec ses séries comme Nains ou Les Maîtres Inquisiteurs (pour ne citer qu'eux) et s'attaque à une nouvelle série concept (ça, il aime :) ) avec un duo d'auteurs par tome. Et on peut dire que ça démarre sur les chapeaux de roue ! "Androïdes" nous plonge dans un univers très marqué par les lois de la robotique développées par Asimov et s'inspire des ambiances de Philip K. Dick pour nous lancer sur une enquête qui mènera nos protagonistes bien au delà du simple meurtre qui sert d'ouverture au récit. C'est prenant, grisant, beau et adroitement mené grâce à une narration percutante et un dessin des plus réussi (chapeau à la colorisation au passage ! ). Le duo Istin/Hervás Millán s'ajuste parfaitement pour nous servir un album franchement très réussi qui met la barre assez haut et nous promet une série à suivre avec attention si la suite relève le défi de maintenir le niveau. Un très bon moment de lecture alliant un scénario bien ficelé et un dessin magnifique dont je ne peux que fortement conseiller la lecture pour tous les amateurs de SF ! *** Tome 2 *** Après le démarrage sur les chapeaux de roue proposé par cette série, j'étais curieux de voir ce que le second opus allait donner, surtout que celui-ci, tout en référence à Ulysse, ne pouvait que titiller ma curiosité... Verdict ? Un bon album, mais un ton en dessous du premier. En effet, le dessin de Geyser est bon, surtout dans ses décors et ses mises en scènes, que ce soit dans l'espace ou sur Terre. J'ai adoré toute la première partie qui se déroule à bord du vaisseau. Par contre j'ai un peu plus de mal avec ses personnages que je trouve un peu trop "dessin animé" dans le style à mon goût. C'est du côté du scénario que l'album pêche légèrement. Tout se tient, les idées de base qui constituent la trame sont bons et fonctionnent, c'est juste que j'ai trouvé l'ensemble un peu trop linéaire. Trop peu de surprises pour l'amateur d'ovni en papier que je suis. L'ensemble donne tout de même un album agréable à lire, mais qui à mon sens reste un brin en dessous du premier qui avait mis la barre très haut. *** Tome 3 *** Après un second tome qui avait mitigé mon engouement pour cette série partie sur les chapeaux de roue, ce troisième opus m'a plutôt séduit. D'une part parce que j'ai largement apprécié le dessin d'Emmanuel Nhieu qui donne au scénario de Sylvain Cordurié un visuel tout à fait raccord avec ce récit, que ce soit dans les décors post apocalyptiques, ou les extraterrestres contre lesquels vont lutter nos protagonistes. D'autre part, parce que le récit qui nous est proposé et la révélation finale tiennent plutôt très bien la route. Si le personnage principal et son côté vanneur vu le contexte pourront en énerver certains, moi j'ai bien aimé ce caractère un peu revêche et "casse-couille" qui compose un caractère particulier à notre "héros malgré lui". Ce nouvel épisode sonne en tout cas très juste dans cette série dédiée aux androïdes. Un bon moment de lecture qui me fait remonter ma note globale à 4. *** Tome 4 *** Avec ce quatrième tome d’Androïdes, l’accent est fortement porté sur la question de l’humanité. Vaste question me direz-vous… et pas novatrice de surcroit. Mais si elle n’est pas nouvelle, elle a le mérite d’être assez finement traitée au travers d’un scénario tirant sur le polar. Kielko est un androïde domestique au sein de la famille Morgan en charge d’à peu près tout, y compris de leur fils Kylian. Tout semble aller pour le mieux dans cette famille aisée jusqu’à ce que le père se retrouve compromis dans une affaire de chantage. Kielko témoin oublié de beaucoup de choses va petit à petit mettre son grain de sable dans cette affaire en outrepassant ses droits élémentaires d’androïde. Car c’est là tout le fond de cette histoire où l’intelligence artificielle de notre androïde, témoin d’actes délictueux, va d’une part lui aussi passer certains interdits fondamentaux pour, d’autre part, essayer de comprendre ce qui fait notre spécificité, ce qui fait de nous des humains. C’est cette réflexion et la façon dont elle est traitée que j’ai trouvé réussie et que j’ai apprécié. Surtout que le dessin réaliste de Viska concoure parfaitement à nous embarquer dans cette histoire. Je suis par contre un peu moins fan de la colorisation qui tire un peu trop à mon goût vers le comics américain, mais bon, l’ensemble est quand même très efficace. Voilà donc un quatrième épisode réussit qui ne fait que confirmer la très bonne tenue d’ensemble de la série. *** Saison 2 *** On pensait cette série terminée ? Que nenni ! Voici venir la saison 2 ! *** Tome 5 *** Malgré une couverture que je trouve personnellement très moche, cet album m'a beaucoup plu dans sa façon d'aborder le sujet des intelligences artificielles et des androïdes. C'est surtout l'angle par lequel l'auteur Louis aborde le sujet des lois liés à la robotique héritées de la littérature d'Isaac Asimov que je trouve intelligent. La troisième loi stipulant qu'un robot doit protéger son existence et ne pas entrer en contradiction avec les deux premières qui l'empêchent de porter atteinte à un être humain, la mort reste une des rares chose à laquelle un androïde ne peut prétendre et comprendre. D'autant plus quand les avancées technologiques les ont conduit à une forme d'immortalité quand l'espèce humaine s'est elle éteinte. Synn, notre protagoniste androïde en fait une obsession. Après un crash avec son vaisseau sur une planète habitée par une population humanoïde primitive, elle va tenter de percer ce mystère, de l'approcher, en contournant de façon astucieuse ces trois lois basiques... C'est plutôt bien conduit narrativement et assez finement scénarisé pour nous faire accepter ce cheminement qui va plutôt à l'inverse de ce qu'on lit souvent sur le sujet. Et c'est là tout ce que j'aime dans la SF, nous faire réfléchir en faisant un pas de côté sur des thématiques philosophiques liées à notre évolution. Surtout que le dessin de Louis (qui assure dessin et scénario) est agréable même si je trouve sa ligne un peu épaisse. C'est fluide, dynamique et d'une grande expressivité. Voilà donc une nouvelle saison qui commence plutôt bien avec ce 5e tome. *** Tome 6 *** Bon, et bien cette 2e saison qui commençait plutôt bien perd de sa superbe avec ce nouvel opus scénarisé par Christophe Bec et couché sur le papier par Erion Campanella Avdisha. Si le trait et le découpage de ce dernier réhaussés des couleurs plutôt bien gérées de J. Nanjan est plutôt agréable et efficace, l'histoire concoctée par Christophe Bec m'a plutôt laissé de marbre. La Terre est en guerre contre une espèce extra terrestre capable de prendre le contrôle mental des humains. Le salut de l'espèce humaine tient alors en une armée de supers androïdes insensibles à ce pouvoir psychique. Mais alors que la guerre semble enfin tourner en faveur des humains, deux androïdes se rebellent et désertent suite à une amélioration de leur I.A. pour mener à bien une mission des plus sensible... Alors oui, y'a de l'action, de magnifiques planches, mais j'ai trouvé la réflexion sur les androïdes et les I.A. qui sert de fil conducteur à cette série bien en deçà de ce qu'elle propose avant. D'autant que certaines scènes clés sont parfois un peu confuse, et non pas des moindres avec la fin qui m'a laissé beaucoup de questions en tête. Bref, sans doute un des albums de la série les moins intéressant. *** Tome 10 *** J'étais très curieux de lire ce 10e tome de cette série car j'apprécie énormément le travail graphique d'Alain Brion. Petite surprise supplémentaire, c'est également lui qui scénarise ! Restait à voir ce que tout cela allait donné. Nous sommes en 2073. Sur la Lune, une équipe de scientifiques en mission réalise qu'un astéroïde va les frôler, mais qu'il risque de se disloquer en trois et de percuter la Terre. Ce sont donc impuissants qu'ils vont assister à ce cataclysme... Toute communication avec la Terre est perdue et comble de malchance les avaries se multiplient sur leur base réduisant drastiquement leurs chances de survie. La seule carte qu'il leur reste dans la leur manche c'est d'envoyer l'androïde Darwin (ça ne s'invente pas) sur Terre pour essayer de récupérer une fusée pour secourir tout le monde. On oscille donc entre la SF apocalyptique pure et dure et le thriller survivaliste. Alain Brion a intelligemment construit son récit, jouant sur ces deux registres avec un androïde comme pivot. Darwin descend donc sur Terre pour y découvrir une planète ravagée où ont quand même réussi à survivre des androïdes et quelques rares humains. Pendant ce temps, les morts suspectes s'enchainent sur la base lunaire et chacun devient le suspect de l'autre... Voilà donc un album rondement mené de A à Z par Alain Brion qui fait mouche, tant par son récit que son dessin toujours aussi maîtrisé. Son style réaliste et sa palette si particulière reconnaissables au premier coup d'oeil donnent tout l'élan nécessaire à cette intrigue pour notre plus grand plaisir.
Le Loup
Amateur de montagnes, lorsque j'ai découvert cette bande dessinée, je me suis empressé de la lire. On y suit un berger solitaire, son chien et ses moutons qui vivent paisiblement d'amour et d'eau fraîche dans les alpages. En parallèle, on suit également un loup. Mais pas n'importe quel loup. Le loup dont le berger a tué sa maman alors qu'il n'était encore que louveteau. S'ensuit une histoire de vengeance, un duel au sommet entre le berger et le loup. Même si ce pitch peut faire penser au film avec Liam Neeson "le Territoire des loups". On en est loin. Ici, le duel entre l'homme et l'animal n'est qu'un prétexte pour aborder des thèmes plus grands que je vous laisse découvrir afin de ne pas gâcher votre plaisir. En effet, j'ai fortement apprécié découvrir cette histoire, sans aucun a priori. Je n'avais lu aucun avis et cela a amplifié mon plaisir de lecture. Enfin, qu'il est bon de lire une histoire de montagnes, d'alpages, remplie de poésie, surtout en ces temps de pandémie mondiale. Cet album m'a réellement fait rêver et fait voyager, et j'ai maintenant plus que jamais hâte de partir en vacances en altitude. 3.5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Indélébiles
J'ai beaucoup aimé cette BD, qui fait une sorte de suite/complément à Catharsis, du même auteur. Après la BD sur la tragédie et la perte, le voici revenue sur la vie et le passé. A travers l'évocation de ses souvenirs, nous revivrons son arrivé à Charlie Hebdo, sa découverte des autres collaborateurs du journal (Charb, Cabu, Gébé ...) et son apprentissage du journalisme satirique. La Bd est réellement prenante, a travers le regard de Luz, c'est tout un pan du journalisme français qui se dévoile. La caricature comme arme d'humour et de réflexion politique, la volonté de n'épargner personne, pas même ceux qui aiment le journal. On passe sur l'adolescence de l'auteur, sa jeunesse et la rencontre avec Cabu, son grand ami. C'est amusant de constater que Cabu était à la fois une idole de jeunesse, un mentor, un ami et un collègue. C'est probablement le collègue qui est le plus représenté à travers les pages, et l'on sent l'amour qu'avait Luz pour le papa du Grand Duduche. Les autres collègues ne sont pas en reste, et on sent la camaraderie et l'amitié qui régnait dans les locaux et la rédaction. Mais c'est aussi en dehors, avec les manifs, les reportages, les découvertes des actions militantes. La gauche "sale gosse" qu'incarnait Charlie Hebdo, aussi, progressivement enfermé dans un cercle de moquerie puérile peut-être moins efficace et moins dérangeant. On passe du subversif au transgressif. Bref, cette BD est à la fois une belle histoire, où l'on sent l'hommage aux potes et à ceux qui étaient là, mais aussi une BD sympathique sur les coulisses de Charlie Hebdo. Le dessin retranscrit l'atmosphère de camaraderie, de travail mais aussi les moments plus sombres, lorsque le malheur s'invite parfois. C'est dynamique, rythmé, drôle et prenant. Une petite réussite !
La Cuisine du Diable
J’ai lu la série dans la petite intégrale, qui permet à petit prix certaines découvertes. Bien qu’assez classique, et avec deux derniers tomes sans doute un chouia moins prenants, moins complexes, j’ai trouvé l’ensemble intéressant, c’est une bonne histoire de gangster, au temps de la prohibition, essentiellement à New-York, même si nous faisons quelques incursions à Chicago. Avec une belle reconstitution des décors urbains de l’époque de Karl T. (dont le dessin est efficace – même si je trouve la colorisation un peu grasse), Damien Marie a mixé à peu près tous les ingrédients à sa disposition pour nous présenter un plat relevé : différentes familles mafieuses italiennes, des gangs irlandais, chinois, quelques policiers et politiciens corrompus. Du classique donc, mais le résultat est agréable à lire. Celui qui déclenche la spirale de violence entre ces différents groupes est un très jeune homme (Anthony) qui, cherchant à protéger sa petite amie, et ses frères après le meurtre de leurs parents, va peu à peu pousser les protagonistes à s’entretuer (ces différents groupes ne comprenant pas assez tôt le rôle joué par Anthony, ou ne voulant pas le croire). De l’autre côté, un flic taciturne compte les coups, et cherche à rétablir le calme : c’est le seul à garder son calme d’ailleurs, et à voir relativement clair au milieu des flambées de violence. Vers la fin Elliott Ness prend le relais, au moment où on se concentre sur Al Capone et son procès (cette partie ressemble à la version filmée avec Kevin Costner). Les amateurs de ce genre de récits y trouveront leur compte, c’est quand même bien fichu (avec quelques allusions à l'histoire du Petit Poucet qui parsèment le récit). Si vous lisez les albums séparément, les deux premiers (meilleurs, et là où notre gamin joue un rôle déterminant) sont à privilégier, et peut-être suffisants. Note réelle 3,5/5.
La Survie de l'Espèce
Que voile une BD bien faite sur des questions aussi pointues que l'économie ! Sous couvert d'humour, et enrobé dans des explications chevaleresque, euh, chevaline (littéralement, puisqu'on parlera de chevaux tout du long), les auteurs s'attachent à faire de la BD une introduction fouillée et précise sur la question de l'économie. Je n'ai toujours pas lu la BD Economix, qui semble s'attarder plus longuement sur la question et ses méandres, mais je trouve que cette BD-ci à le mérite de nous fournir une bonne base de connaissances. Sans aller jusqu'à des développements complexes tels ceux des méandres de la pensée économique de Marx, Heggel, Friedriech ou Kaynes, nous avons une simple démonstration de la façon dont l'économie gère le monde aujourd'hui. Guidé par un capitaliste caricaturé en Monsieur Monopoly, et sous métaphore de chevaux, courses et autres paris hippiques, les auteurs expliquent les bases du capitalisme, de la société marchande, de la bourse et des gouvernements maintenant le système économique de domination des riches. C'est peut-être évident, pour certain plus initiés, mais malgré des cours d'histoire de l'économie que j'ai eu à la fac, je dois dire que j'ai eu grand plaisir à lire cette BD. Peut-être, justement, parce que cette simplicité permet une compréhension rapide et assez nette des mécanismes globaux de ce système. Rien que la compréhension vu par en haut, détachée de toute humanité, permet d'appréhender le rapport inhumain de ce système avec ceux qui en font partie. Le capitalisme, c'est une classe à part et détachée des contingent du réel, qui joue avec ce qu'ils ne considèrent pas comme des vies. J'ai eu un coup de cœur pour la BD, parce qu'elle a ce qu'il faut pour que l'on comprenne et intègre les principes et les bases de notre économie. Bien orientée, sans aucun doute, elle nous permet aussi de comprendre pourquoi ce système est horrible, aussi bien actuellement qu'a long terme. Les questions et enjeux se développent de plus en plus autour de la question de l'économie (contrôle des marchés, écologie, crise financière/sanitaire, crise politique, réchauffement climatique, pauvreté et ultra-riches ...). Un ouvrage didactique dans ce genre est salutaire pour l’accessibilité de son discours et les questions qu'il fait naitre. Un approfondissement serait nécessaire, bien entendu, mais il ne sera pas à la portée de tous. Pour une première base, cet ouvrage est à mettre entre toutes les mains. Parce que la lutte n'est pas finie, camarade !