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Couverture de la série Les Nouvelles aventures du Chat Botté
Les Nouvelles aventures du Chat Botté

Je soupçonne Nancy Peña d'entretenir un petit autel secret à la gloire de Bastet . Cela expliquerait la place des chats dans son oeuvre et les qualités quasi divines dont elle fait preuve pour nous faire voyager dans son monde merveilleux. Nancy Peña est marquée par l'élégance de son tilde. Elle allie un esprit de finesse à une finesse de trait. Celle-ci est digne de Will Eisner,son ogre du T3 ( "je chausse du 178") vaut bien le monstre de Spirit en pleine page. Celui-là est digne de la meilleure aristocratie littéraire de langue française. Qu'elle use de l'alexandrin ou du patois du terroir , l'auteure ne se prend jamais les pieds dans Racine. Ici l'auteure choisit le registre du conte merveilleux avec un détournement du vocabulaire figuré qu'elle rend propre. C'est créatif, c'est frais, c'est drôle , à mon avis c'est très largement au dessus d un Garulfo pour rester dans le même registre. Dans son oeuvre, l'auteure joue des paraboles, des espaces et du temps tout en se mettant en scène d'une façon d'autodérision. " Et notre chère auteure, que lui réserveriez-vous?- Surtout si c'est sanglant"!!! Oui oui dites nous!! Mais n'est-ce pas Nancy sous les traits de Blanche-Poudre qui s'éveille pour se recoucher aussitôt devant l'absurdité comique de la situation? Une lecture pour "Public averti" LOL!!! même si Patience n'a pas les atouts de la Blanche-Neige de Taboo. Bon, même si vous "n'entendez rien à cette histoire" à cause de ce " fléau de donzelle", l'auteure bien sûr, je vous recommande cette oeuvre hors norme sans me cacher dans un "espace ispassiconique".

17/03/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Orcs & gobelins
Orcs & gobelins

*** Tome 1 Turuk *** Après les séries « Nains » et « Elfes » le monde des Terres d’Arran s’étoffe et prend des couleurs virant sur le vert : voici venir « Orcs & Gobelins » dont le premier tome va nous trainer sur les pas de Turuk. Jean-Luc Istin continue d’assurer le scénario de cette nouvelle série avec cette fois-ci pour comparse Diogo Saito que je ne connais pas. Moi qui appréhendais un peu ce nouvel arc ajouté à cet univers, je sors plutôt conquis par ma lecture : job done ! Turuk, orc de son état se réveille complètement sonné dans les ruelles d’une ville, sans trop se rappeler ce qui lui est arrivé la veille. Cette cité semble abandonnée, et comble de tout celui-ci va rapidement devenir la cible d’un archer « invisible ». La mémoire va lui revenir petit à petit, mais ce n’est pas ce qui va le rassurer et lui permettre de s’échapper du bourbier dans lequel il s’est fourré... La première bonne surprise tient d’abord au coup de crayon de Diogo Saito. Que ce soit, les personnages, les créatures fantastiques ou les décors, ça claque plutôt bien ! Et en fantasy ça compte pour moi si je veux me laisser surprendre et pleinement immerger dans l’univers dans lequel on m’entraîne. La seconde, c’est le rythme haletant de ce tome. Pas le temps de reprendre son souffle !!! De déconvenues en péripéties, de bastons en rencontres inattendues, Istin sait captiver son lecteur ! Alors, oui, la grande partie des ingrédients ne sont pas nouveaux, mais savamment dosés et agencés. Et moi, pour ce genre de lecture, je n’en demande pas plus. Car quand ces deux éléments fonctionnent aussi bien de concert, je passe un très bon moment de lecture. Alors, avis aux amateurs du genre, ce nouveau cycle s’annonce pour le moment des plus prometteur ! *** Tome 2 Myth *** Avec ce 2e opus réalisé par Sylvain Cordurié et Giovanni Larusso, nous voici largués dans les pattes griffues d'un gobelin dénommé Myth. Et le moins qu'on puisse dire c'est que l’énergumène rassemble à lui seul les caractéristiques innés de cette engeance : une belle saloperie prête à tout tant qu'on peut s'en mettre plein les fouilles et coller quelques coups de rapière au passage ! Embauché par une riche épouse de la cité, Myth doit de nouveau fuir une équipe de mercenaires lâchée à ses trousses. Mais cette cavale n'est en fait qu'un "vulgaire" entretien d'embauche pour une mission beaucoup plus redoutable : dérober un cristal dans la cité des Elfes Noirs, autant dire mission impossible. C'est donc le récit de ce "casse du siècle" que nous proposent nos deux auteurs, le tout mené tambours de guerre battants, avec l'humour et le sanguinolent qui va avec. Comme dans le premier tome de cette série le scénario est aussi fluide qu'une lame d'elfe noir et percutant qu'une baffe d'orc bien sentie. C'est du grand divertissement à coup de torgnoles, trahisons et autres surprises du chef fatales dans un univers fantasy bien campé relevé à coup de dialogues cinglants. Bref, du bon boulot ! Voilà donc un second tome qui assoie un premier opus déjà très réussi. *** Tome 3 Gri'im *** Avec ce troisième tome indépendant de la série, nous voici repartis tâter de la fantasy ! C'est le personnage de Gri'im que nous allons cette fois-ci découvrir. Après avoir croupi trente ans en prison et subi les pires tortures, cet ancien seigneur de guerre Orc a enfin réussi à s'échapper. Pour survivre il va devoir se mêler à une caravane d'humains en route pour le fort d'Aspen. Mais pas simple d'imposer un climat de confiance quand on est un Orc redoutable et qu'on doit faire copain/copain avec des humains. Les événements vont pourtant les obliger à faire des concessions et trouver des arrangements pour pouvoir survivre, car Aspen n'est pas le fort déserté qu'ils escomptaient et la mort semble y avoir installé ses quartiers... C'est Stéphane Créty dont j'apprécie déjà beaucoup le coup de crayon qui se colle au dessin pour mettre en page le scénario de Nicolas Jarry. On retrouve son coup de patte et son talent pour les cadrages et les découpages dynamiques qui insufflent toute l'énergie nécessaire à la narration. Les personnages sont bien vus et loin des belles gueules qu'on a trop souvent l'habitude de voir dans ce genre et notre Gri'im en impose comme personnage ! Bref, un troisième tome de cette saga Orcs et Gobelins qui confirme tout le bien que je pense de cette série et qui prouve que la fantasy a encore de beaux jours devant elle ! *** Tome 4 Sa'ar *** Sa'ar est un gobelin des marais. Sa vie se déroule tranquillement jusqu'au jour où un des gobelins chassés de leur clan revient accompagné d'une horde d'orcs esclavagistes qui va décimer son clan et réduire les survivants en esclavage. Dans le nouveau monde que Sa'ar découvre, seuls les forts survivent... A partir de là, sa vie sera vouée à se sortir de ce bourbier et prendre la place du maître de la cité. Ce petit côté "Iznogoud des marais" version sanguinolente et sans pitié m'a vraiment bien plu. La trame scénaristique s'installe tranquillement pour monter progressivement en puissance et se terminer par un twist assez bien vu qui conclut l'album de façon originale ; Nicolas Jarry a de la ressource et son scénario est plutôt bien construit. Les personnages sont bons, la progression et la montée en tension aussi, avec cette petite facétie finale qui m'a beaucoup plu en prime. Ajoutez à cela le dessin de Bojan Vukic et Paolo Deplano qui sait se fondre dans le genre et assurer le taff juste ce qu'il faut pour passer un bon moment de lecture. Voilà un quatrième tome réussi qui a toute sa place dans cette collection qui jusqu'ici tient plutôt ses promesses. *** Tome 5 La Poisse *** Avec La Poisse, Olivier Peru et Stefano Martino nous entraînent dans un opus assez noir par le biais d'un personnage singulier, mi orc mi gobelin, dont la particularité de génération en génération est d'avoir une malchance défiant toute concurrence, et c'est peu dire ! Embauché avec sa troupe de mercenaires pour assurer la garde d'une baronne se rendant dans une forteresse reculée à l'invitation du seigneur Draek, le contrat va tourner court. La troupe est empoisonnée et achevée lors du repas de Bienvenue et la baronne séquestrée pour permettre au seigneur Draek de mener à bien ses expériences... Car une seule chose l'intéresse : obtenir l'immortalité. Le scénario d'Olivier Peru est plutôt bien vu et bien conduit, et c'en est même drôle de voir comment autant de morts peuvent tenir debout dans cet album quand la finalité de la quête est la vie éternelle... ou plutôt l'immortalité, nuance. J'ai apprécié le personnage principal de La Poisse, même si son côté super héros increvable fait parfois un peu sourire ; et le fantôme de son grand-père qui l'accompagne façon Gimini Cricket est plutôt bien trouvé. Côté dessin, Stefano Martino s'est fait plaisir à imaginer des fantômes bien dégueux : on est pas loin du bon vieux film d'horreur bien gore ! Et c'est plutôt réussi. L'ambiance pesante est là, les protagonistes bien trouvés, les dialogues à l'humour mordant aussi et l'intrigue tient la route. Encore un très bon divertissement dans cet univers de fantasy ! *** Tome 6 Ayraak *** Comme le fait judicieusement remarquer le Grand A dans son avis, ce 6e tome de cette série aux histoires indépendantes rappelle furieusement la Compagnie Noire de Glenn Cook, série de romans de Dark Fantasy qui reste un must dans son domaine et qui figure même en tête de mon panthéon personnel. En effet, nous voilà conviés à suivre une troupe d'apparents branquignols, orcs de leur état, à qui l'on confie une mission dont on devine rapidement qu'elle relève de l'impossible voire du suicide... Mais nos têtes de roc ont le cuir tanné et suffisamment de talents distincts mais complémentaires pour arriver à destination. Après, succès ou échec, je ne vais pas non plus vous spoiler la fin, je vous laisserai en juger :) En tout cas, une fois de plus, cette série se révèle agréable et pleine de bonnes surprises au fils des tomes, surtout que le dessin de Jesús Hervàs Millàn (que je ne connaissais pas) sied parfaitement à ce récit épique, tout en saillies, concocté par Nicolas Jarry ! Un de mes tomes préféré de cette série ! *** Tome 9 Silence *** Cette série ne cesse de m'impressionner par sa très bonne tenue. A chaque tome j'ai toujours un peu peur d'être déçu, mais une fois de plus, c'est une très bonne surprise avec ce Silence où nous retrouvons Stéphane Créty au dessin et Olivier Peru au scénario. Silence était autrefois une légende, un des plus grand guerriers orc de sa génération qui comme le dit la 4e de couverture était un de ceux "que la mort refusait d'emporter à la fin des combats". Aujourd'hui il n'est plus que l'ombre de lui même, à moitié fou selon certain, après avoir passé des années sans bouger sur une falaise suite à un drame personnel... Mais l'heure de la vengeance a sonné et une dernière bataille remets notre ancienne légende sur le pied de guerre quitte à y laisser sa vieille carcasse. Le scénario est plutôt bien mené, laissant le lecteur découvrir cette troupe orc sans trop savoir pourquoi au début, puis petit à petit, à coup de flash back bien amenés, l'histoire passée se livre jusqu'à ce que le pourquoi du comment de ce dernier combat nous soit révélée. C'est le personnage en lui même et sa psychologie qui font toute la force de cet album ; c'est bien amené, distillé tout comme il faut comme une bonne vieille gnôle âpre et brûlante à la première gorgée, mais à laquelle on s'habitue rapidement jusqu'à ce qu'elle vous retourne la tête. Le dessin de Stéphane Créty colle parfaitement à l'histoire même si la colorisation relativement classique de Olivier Héban dans ce genre aurait pu être plus tranchée (c'est des orcs quoi !). En attendant, voilà un nouvel opus qui rentre dans le top 3 des albums lus dans cette série ! *** Tome 11 Kronan *** Houuu la belle surprise ! Retrouver Sébastien Grenier lâchant le temps de cet album sa série en cours La Cathédrale des Abymes pour se prêter au jeu de cet série fantasy déjà bien fournie ! Car le sieur Istin, maître incontesté des Terres d'Arran, aura su l'amadouer en adaptant la nouvelle de Robert E. Howard "A witch shall be born" (Et oui, le titre de l'album "Kronan" n'est pas anodin). Et mes aïeux, ça claque ! Les contrées d'Antarya traversent une crise majeure après que la reine Nawell ayant perdu la raison a fait exécuter ses soldats. Kronan, capitaine de sa garde personnelle en réchappe de justesse et entend bien élucider ce revirement des plus énigmatique. Et c'est donc à cette reconquête du trône que nous allons assister. Et on en prend plein les yeux !!! Sébastien Grenier est pour moi à l'heure actuel un des meilleurs dessinateur de fantasy, et on sent qu'il s'est une nouvelle fois fait plaisir avec cette adaptation que lui a proposé Jean-Luc Istin. Petit changement tout de même par rapport à ses albums traditionnellement réalisés en couleur directe, il est ici passé par un dessin classique et encré et la colorisation est réalisée par J. Nanjan. Certains pourront déplorer ce changement de technique, mais j'avoue que dans le cadre de cette série c'est très réussi et la patte de l'artiste reste intacte. Que ce soit le design des personnages, les architectures monumentales ou les scènes de batailles épiques (Le gouffre de Helm n'est pas loin par moments), on en prend plein les mirettes ! Du côté de l'histoire, étant donné qu'il s'agit d'une adaptation de Robert E. Howard, on reste sur du grand classique, mais rondement mené et adapté, qui ravira tous les amateurs de Conan et de dark fantasy traditionnelle. Les Terres d'Arran continuent donc de s'étoffer, et malgré le nombre conséquent de tomes qui s'enchaînent, les bonnes surprises continuent d'être légion et au rendez-vous pour les amateurs du genre dont je fais parti, alors pourquoi s'en priver ! Je conseille chaudement ! *** Tome 15 Lardeur *** C'est dans la terre des Ogres au sud profond d'Arran que Lardeur et sa bande de mercenaires sont descendus. Pas spécialement connue pour son aspect accueillant, la terre des Ogres c'est plutôt désert, tempêtes de sables, ses ruines ambiantes et les créatures dangereuses qui vont avec. Après une partie de dés qui a mal tourné dans une taverne, la troupe de Lardeur est acculée dans ce coin perdu et cherche une échappatoire ; ils s'enfoncent alors au plus profond du désert où ils manquent d'y rester, ne devant leur salut qu'à ce qui ressemble à une forteresse naine. Les trois hôtes qui les accueillent à bras ouvert dans cet oasis inattendu n'en sont que plus suspect... Et à juste titre...Ils ont joueurs les bougres... TRES joueurs ! Et Lardeur et ses mercenaires vont rapidement l'apprendre à leurs dépends. Voilà un tome qui change des précédents que j'ai pu lire. Ici, fi des grands espaces et des grandes cavalcades, on est plutôt en mode huis clos croisé avec Koh-Lanta avec élimination définitive. C'est bien amené, je ne m'attendais pas à ça, même si la forteresse ne m'inspirais pas confiance, et le dessin de Ma Yi fin et dynamique apporte toute son efficacité au récit en s'appuyant sur une colorisation maîtrisée qui assoie en profondeur les ambiances. Voilà donc une très belle complémentarité entre Olivier Peru et Ma Yi dont il résulte cet album efficace et esthétique qui rempli largement le cahier des charges de cette série.

17/11/2017 (MAJ le 17/03/2022) (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Tananarive
Tananarive

J’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie d’Amédée. L’album se lit d’une traite, la narration est légère, l’intrigue est prenante et de manière générale l’histoire est très humaine. J’ai trouvé certaines situations un peu invraisemblables, voire tirées par les cheveux (le pharmacien a bonne mémoire !), mais cela ne m’a pas dérangé plus que ça. J’ai plus vu cet album comme un récit un peu rocambolesque, et pas forcément ultraréaliste. Et puis j’ai trouvé la fin très belle. La mise en image de Sylvain Vallée (Il était une fois en France) est majestueuse. Je trouve qu’il a un talent fou pour dessiner ses personnages, j’adore les visages arrondis et remplis de caractère. Un album prenant, et une belle histoire.

17/03/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Snapdragon
Snapdragon

Snapdragon, c'est le nom d'une jeune fille vivant dans une petite ville américaine. C'est un nom de fleur, car dans sa famille, toutes les femmes ont un prénom de fleur. Ça ne l'empêche pas d'avoir un très fort caractère et de ne pas hésiter une seconde à braver la maison d'une sorcière pour chercher son chien disparu. Sauf qu'en guise de sorcière, elle y rencontre une vieille femme solitaire au mode de vie bien particulier. Et toutes deux vont apprendre à se connaitre... et se surprendre l'une l'autre de bien étrange manière. Sur la première moitié de l'album, ce comics ressemble à un roman graphique sympathique mais pas très original, si ce n'est la personnalité marquée des protagonistes. Et soudain, au milieu de l'histoire, le fantastique fait sa brusque apparition et modifie grandement le ton du récit sans pour autant l'éloigner de ses thématiques principales : les relations humaines et la différence. J'ai apprécié le non-conformisme des personnages et l'intelligence de leurs relations. Il n'y a pas de quiproquos et autres mésententes idiotes, les protagonistes tiennent les uns aux autres et le montrent dans leurs actes et paroles. Chaque caractère est bien marqué. On peut toutefois trouver un peu trop présent le sujet très américain du genre, ces fameuses Gender Studies qui ont fait parler d'elles aux USA ces dernières années. Non pas que ça me dérange mais je trouve la concentration de personnes concernées un peu hors statistiques ici : sur 5 protagonistes principaux, on a une héroïne garçon manqué qui se cherche, une lesbienne, une bi puisque lesbienne à la base mais finalement mariée avec des enfants, et un garçon ou plutôt une fille transgenre. La seule vraiment hétérosexuelle est une femme pompier plus costaude que la plupart des mecs. Cela est mis en place et présenté de manière très naturelle et cela ne trouble pas le récit mais c'est plus l'improbabilité d'avoir autant de genres atypiques sur un panel de personnages si restreints que je trouve artificiel. Cela m'a fait légèrement tiquer mais ça ne m'a pas empêché d'apprécier le récit. Comme je l'ai dit, il implique à partir d'un certain stade une véritable dose de fantastique, de magie en fait, mais c'est une magie naturelle, bienveillante et agréable. J'ai aimé la manière dont elle était introduite et maniée par les personnages. Elle sert en outre bien le récit et ses thématiques très humaines. A côté de cela, le dessin est lui aussi bien plaisant, avec là encore une petite personnalité bien à lui. J'ai juste mis un certain temps à comprendre si l'héroïne, dont la mère est noire, était elle-même noire, métisse, blanche ou albinos. De même, physiquement, il est bien difficile de donner du madame à la fameuse vieille sorcière tant elle ressemble complètement à un homme. Mais je suppose que ça n'a aucune importance pour le récit. Je ne suis pas complètement tombé sous le charme de ce roman graphique teinté de fantastique, mais j'ai apprécié son originalité, ses personnages et l'agréable subtilité de son sujet et de sa narration.

17/03/2022 (modifier)
Couverture de la série La Galerie des illustres
La Galerie des illustres

Un gros pavé sorti à l’occasion des 75 ans de Spirou. Vous aurez compris le principe en lisant le résumé, 200 auteurs « majeurs » du 9ème art rendent hommage (ou pas) à l’univers de Spirou (le journal). On retrouve le même schéma tout le long de l’album, les auteurs sont classés par ordre alphabétique, chacun ayant sa double page. Page de gauche une rapide présentation de ce dernier avec photo, bibliographie (non exhaustive) et une interview rondement menée par Jean-Pierre Fuéri. Page de droite sa planche hommage. Soit 400 pages au compteur, ça représente quelques heures de lecture !!! Ce recueil compile ces pages initialement parues dans le journal Spirou, l’idée tout à fait louable était de faire découvrir divers talents à la jeune génération (de Toppi, Andreas, Killoffer, Tardi, F’murrr, Menu, Bézian en passant par Binet, Dany, Cosey, Edika ... j’adhère à fond). Ça m’a vraiment intéressé de A à Z, mais le principe étant assez rébarbatif, je déconseille fortement la lecture d’une traite. Perso je l’ai lu par tranche de quelques pages jour, le tout sur un mois. Histoire de bien apprécier. Et j’ai vraiment bien aimé, je conseille à tout bédéphile confirmé, j’ai trouvé le tout très intéressant. A travers ce panel d’auteurs venant de tout horizon, on se rend compte à quel point le journal de Spirou a marqué bien des générations depuis sa création en 1938, et via ses nombreuses séries (Gaston, les tuniques bleues, le marsupilami, Docteur poche etc) qui ont nourries de nombreux imaginaires. La partie graphique est assez hétérogène forcément, mais l’ensemble des participants soigne leurs prestations. On reconnaît immédiatement leurs styles et leurs histoires varient en fonction de leurs sensibilités (souvenir, mise en abime, hommage à leurs héros favoris ...). C’est très plaisant et bienveillant. Mais ce qui m’a vraiment surpris ceux sont les interviews, je ne pensais pas aimer autant cette partie. En une petite dizaine de questions, on connaît l’auteur, son rapport et son ressenti avec le sujet. Très sympa et instructif. J’ai beau avoir des préférences parmi les auteurs, le rendu est très homogène et les 2 pages sont indissociables. On est à la limite de l’inclassable mais je préfère positionner l’ouvrage en documentaire, surtout pour le côté témoignage d’un phénomène qui a traversé les époques. Un bel et chouette album hommage mais je ne recommande sa lecture que si vous vous intéressez au sujet.

16/03/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Machine Man
Machine Man

De la pure science fiction des années quatre-vingt. Et trente cinq ans après, j'ai pris autant de plaisir à relire ce comics. Machine Man ne fait pas partie du gratin de la Marvel. Personnage créé par Stan Lee et Jack Kirby en 1977 dans Space Odyssey #8, il est connu au début sous son numéro de série de fabrication : X-51. C'est un robot qui possède une conscience suite à quelques expériences. A partir de 1978, il a son propre comics qui s’arrêtera au numéro 19 et dont les aventures seront publiées en France dans Titans sous le crayon de Kirby puis de Steve Ditko. En 1984 Tom De Falco décide de ressortir des cartons notre robot humanoïde, il va s'associer à Herb Trimpe et Barry Windsor-Smith pour la partie graphique. Après 30 ans de sommeil en pièces détachées dans une caisse, Machine Man va renaître grâce à des pilleurs qui vont le remonter. L'histoire se déroule dans le futur en 2020, il ne faut pas oublier l'année de publication, les robots de la firme Baintronics ont remplacé les humains dans les usines ce qui amènera à la révolution anti-robots de 1996. C'est Sunset Bain alias Madame Menace (ennemie de notre héros) qui est à la tête de cet empire et les retrouvailles seront explosives. Un monde futuriste cohérent et qui pose la question sur la place des robots et de l'intelligence artificielle pour l'avenir. Un récit linéaire captivant et non manichéen. Machine Man va retrouver son amour Jocaste et un Iron Man bien différent de celui qu'on connaît. Un one shot qui peut se lire indépendamment de la série mère. Les trois premiers chapitres sont dessinés par Herb Trimpe que je n'apprécie que modérément mais sous l'encrage de Barry Windsor-Smith cela devient du Barry Windsor-Smith, le pouvoir de l'encrage. Par contre c'est BWS qui est à la baguette pour le dernier chapitre. Un trait expressif, dynamique et puissant. Des couleurs très années quatre-vingt, moi j'aime. Je me suis régalé. Barry Windsor-Smith est une mine d'or et ce comics, une jolie pépite. Le meilleur comics sur Machine Man, je recommande.

16/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Longue Vie
Longue Vie

Il y a un côté impressionnant dans le dessin de Stanislas Moussé, qui dépasse largement ses qualités intrinsèques. En effet, il réussit le pari d’allier la simplicité extrême du trait (qui a parfois l’allure de dessin d’enfant, avec des personnages mêlant traits humains et animaux, des traits du visage parfois effacés, jamais développés, et un personnage principal n’ayant qu’un oeil) et complexité tout aussi extrême de certaines planches, foisonnantes, pleines de détails, à la façon d’un « Mais où est Charlie » moins ludique. Dessin réalisé au Rotring, minutieux, précis, et cet assemblage de minimalismes aboutit pourtant à quelque chose d’exubérant. On peut survoler certaines planches et suivre de façon linéaire l’intrigue – en elle-même assez basique. Mais il faut prendre le temps de s’attarder sur les détails, qui donnent à l’ensemble des airs de carte secrète, de codex magnifique. L’histoire est plutôt linéaire et simple ai-je dit. Nous suivons un personnage cherchant à survivre dans un univers indéfini dans le temps et l’espace, même si certains indices, navires, habits, armement, le rattachent à un long moyen-âge, fantasmé et faisant fi d’un trop grand réalisme. Chevaliers, vikings, attaques de château, omniprésence d’une nature en partie seulement maîtrisée et canalisée – la forêt est partout, le médiéval fantastique de Moussé use là aussi d’un imaginaire d’enfant. Mais ce n’est pas une œuvre pour le jeune public. La violence est, elle aussi, omniprésente, ça massacre, le sang gicle, les têtes tombent, et l’on peut aussi voir cette histoire comme une succession de combats, un struggle for life « naturel » - ce parallèle entre homme et nature trouvant en fin d’album sa justification.

16/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Fils du roi
Le Fils du roi

Deuxième album publié par Le Tripode dans le même univers, après Longue Vie, même si de mon point de vue les deux albums sont indépendants. On y retrouve le même dessin accrocheur, au Rotring, fourmillant de détails, jouant sur un trait fin, méticuleux pour les décors (alors même que les personnages, leurs visages, sont plutôt moins fouillés). Le format a changé (beaucoup plus grand), et ce ne sont plus des dessins pleine page, mais il y a une sorte de gaufrier (irrégulier). Changement aussi au niveau de l’histoire. Si l’on est toujours dans un univers médiéval fantastique, je trouve que cet album joue beaucoup plus sur la poésie, l’onirisme. Moussé enrichit son univers, qui est toujours aussi violent par ailleurs. Voilà une œuvre très atypique, étrange, développant un merveilleux qui doit tout autant à ce qui est représenté qu’à la façon dont Moussé le représente : pour amateur de curiosités. Le Tripode (que je connais essentiellement pour les romans qu'il a publiés) s’affirme éditeur de « Littérature – Arts – Ovnis ». Nul doute qu’il faille ranger les albums de Stanislas Moussé dans la troisième catégorie.

16/03/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Bar du vieux Français
Le Bar du vieux Français

Ce récit intimiste est d’une délicatesse rare. Deux destins qui convergent l’un vers l’autre pour se retrouver au Bar du Vieux français en plein désert, le bar d’un vieil homme qui sait si bien raconter les histoires. Le scénario est original, sensible et au-delà des deux personnages principaux, il nous dévoile l’Afrique qui rêve d’Europe et l’Europe qui rêve d’Afrique. Traversant l’Afrique, Célestin va connaître la peur, la fuite, le désert, les Touaregs, les missionnaires… Rien de touristique dans ce parcours. Traversant la France et l’Espagne, Leila qui a fui sa famille et les traditions auxquelles elle ne peut échapper, découvre le Maroc, berceau de sa famille, la liberté et sa vie de femme. Une sorte de road trip dans lequel chacun joue sa vie. J’ai beaucoup aimé le dessin avec son encrage épais et ses couleurs vives. Il colle parfaitement avec le caractère bien trempé des deux héros de l’histoire. Belle ambiance dans cette histoire si bien racontée.

16/03/2022 (modifier)
Couverture de la série No Ryang
No Ryang

C'est mon premier ouvrage de la collection "Les Grandes Batailles Navales" avec JY Delitte à la baguette. Je ne suis pas déçu par cet opus. Les dessins sont de Q-HA jeune dessinateur coréen qui apporte sa touche dans cette bataille Nippo-Coréenne de la fin du XVIème siècle. Idem pour les couleurs produites par des artistes Coréens. Une belle découverte. Je ne suis pas amateur d'architecture navale ni de vocabulaire de navigation dans les séries. Ici la bataille proprement dite occupe une petite dizaine de pages très joliment dessinées. L'intérêt est ailleurs. C'est la psychologie des personnages et les intrigues de la vie politique japonaise qui priment. Comme la plupart des batailles navales qui ont fait date, c'est quand le supposé faible écrase le fort que la légende nait. C'est le cas pour l'amiral coréen Yi Sun-Sin qui a un contre quatre va écraser la flotte japonaise et mettre ainsi un terme à un conflit de six ans. Les amateurs d'armures de Samourai, de navires différents de l'architecture européenne seront gâtés. Un complément de quelques pages en fin d'ouvrage, illustré avec de belles estampes, aide à resituer l'action dans son époque et sa géographie. Une bonne lecture.

16/03/2022 (modifier)