Bételgeuse, second cycle d' Aldébaran, marche parfaitement sur ses traces. Les points forts et faibles sont les mêmes plus ou moins.
Le scénario est toujours aussi accrocheur et bourré de mystère et de rebondissements. A mon avis c'est du solide.
Le dessin est bon et les couleurs idem. Les animaux sont toujours aussi originaux. Un régal !! Mais bon, les expressions des personnages me déplaisent toujours à cause de cette impression qu'elles sont figées et surjouées. C'est peut être pas les bon mots mais je vois pas comment l'exprimer autrement.
Enfin vu le reste de la BD, ça reste anecdotique. Achetez les yeux fermés c'est du bon !
A noter que le cycle 3 va commencer ce mois-ci avec une troisième série : Antarès (étoile principale de la constellation du scorpion et ultime coup du chevalier Milo pour ceux qui connaissent les Chevaliers du Zodiaque ;) )
He bien, quelle avalanche de choses dénuées de sens j'ai pu voir, ça en est assez impressionnant.
Tout d'abord, pour ceux qui n'ont pas aimé, non, ce n'est pas un tome de plus qui va miraculeusement vous faire aimer cette série, le tome trois étant à mon sens assez riche pour avoir un aperçu de ce qui peut nous attendre. Encore faut-il être dans un état d'esprit assez ouvert pour comprendre cette richesse. En dehors de ça, c'est tout de même au tome 4 que l'ambiance change assez radicalement, et pour un long moment, mais bref.
Donner un avis prématurément sur une série est un droit (après tout, si elle n'accroche pas au départ, c'est un défaut en soi), dire que l'on "n'aime pas" aussi. Mais donner arbitrairement une avalanche de défauts à une histoire qui n'en a pas de tels et qui relèvent plus d'une incompréhension qu'autre chose, je trouve cela pour ma part totalement déplacé. De même, commencer une histoire en étant avant ça persuadé que l'on ne va pas aimer, fausse quelque peu le jugement, comme si l'avis était donné avant même la lecture.
Berserk est sûrement la seule histoire de dark fantasy que j'ai jamais apprécié. Certes, la violence et le sexe y sont omniprésents, mais rarement inutiles (là il faut avoir été assez loin pour comprendre, même si certains rares événements ne trouvent en effet pas d'explication dans leur mise en scène) et surtout participent à l'ambiance dérangeante et sans limite morale.
Le "concept" berserk, celui qui plante le décor et qui justifie la forme, voilà la chose pour laquelle il faut avoir été loin dans l'intrigue pour comprendre.
Quand bien même la violence omniprésente pourrait déranger, cette série a tellement de qualités indéniables qu'on ne peut décemment pas penser qu'elle ne vaut "rien" : Une histoire complexe, un background et un univers travaillés à l'extrême, une scénarisation bien pensée et présentant plusieurs ambiances, une grande originalité pour son époque (certains auraient-ils oublié quand l'histoire a commencé à être publiée ?), et enfin des réflexions intelligentes et profondes sur une multitudes de thèmes encore d'actualité.
Son statut de manga culte n'est en aucun cas volé, une oeuvre avec des défauts mais aussi de gigantesques qualités.
Je dois dire que j'ai été soufflé par cette BD.
Bien que grand amateur de BD, je n'avais jamais eu l'occasion de "lire" une BD muette et je dois bien avouer que dorénavant je m'attarderai un peu plus sur ce style de BD.
Pour "Là où vont nos pères", je trouve les dessins tout simplement exceptionnels et impressionnants de réalisme.
Réalisme qui ne semble toutefois pas si évident au niveau de l'histoire. Je m'explique. Autant, il est vrai que certains des personnages dont l'histoire est contée semblent avoir été confrontés à une intégration difficile, autant le héros arrive dans un monde très bienveillant et où les immigrants sont reçus à bras ouverts.
Je pense que c'est le seul bémol que je peux signifier pour ce livre, encore que ça n'en soit pas vraiment un, tant on pourrait rêver d'un monde où l'immigration serait vécue de manière aussi idéalisée.
Quoiqu'il en soit, ce mélange de réalisme et d'idéalisme a de quoi plaire et faire réfléchir.
Ayant beaucoup aimé le travail de ces deux auteurs dans Pest, je me suis procuré cette BD, fruit de leur première collaboration, et je n’ai pas été déçu.
L’ambiance générale est particulière et sombre, et cet univers marginal imaginé est très intrigant, de sorte qu’une fois plongé dans le récit il est difficile d’en sortir.
Le dessin est singulier et a le mérite d’être original. En tout cas, j’aime beaucoup ce trait qui en plus colle parfaitement à cette histoire même si je le trouve un peu moins soigné que dans Pest.
Un petit 4/5 pour ce récit fataliste à ne pas mettre dans des mains trop dépressives.
Dommage que la série soit terminée... Y aura-t-il un jour une suite?
Un très bon premier album pour ces jeunes auteurs qui auraient certainement fait mieux par la suite...
Saura-t-on un jour ce qui est arrivé à Virgin?
En tout cas, c'est un bon polar, avec plein de clichés et de clins d'œil tirés du genre. Une sorte de Blade runner mélangé à un vieux polar avec Humphrey Bogart...
On retrouve certains ingrédients de série B de Delcourt. Un monde cyber, de jolies filles, des flingues et de l'action.
Le dessin est plutôt classique et reste bon malgré quelques petites erreurs de-ci de-là mais pour un premier album ça passe largement.
Le scénario semble classique au demeurant mais N. Pona arrive tout de même à gérer un suspense et des rebondissements qui font qu'on a pas le temps de s'ennuyer.
Si vous en trouvez encore, n'hésitez pas, c'est un bon investissement.
J'espère peut-être retrouver ces auteurs sur d'autres séries...
Que sont-ils devenus?
Au travers des errances gores des derniers survivants d’un quelconque cataclysme, Marc Lizano et Vincent Rioult nous offrent une corrosive petite étude sociologique.
Et comment sonder au mieux les dernières limites de la moralité de l’être humain et de sa société dite moderne, si ce n’est de faire tenir les rôles par de trognons petits animaux (qui finiront par s’entre-déchirer la tête). Par ce premier stratagème et par l’utilisation d’une technique graphique particulière (personnages peu expressifs, ensemble figé) et d’ailleurs très plaisante, la forme est ici déshumanisée pour mieux se concentrer sur le fond. On entre d’autant plus facilement dans le récit, que l’on ne se sent pas montré du doigt. Pourtant, après seulement quelques pages, l’anthropomorphisme n’est que plus évident et les rapports humains nous apparaissent alors dans toute leur « basse splendeur » : cruauté, cynisme, férocité, égocentrisme…
Voilà une fable bien trash, à l’humour décapant que n’aurait sûrement pas renié Jean de La Fontaine s’il avait été fan des Sex Pistols.
Le sentiment qui domine à la lecture de cette série, c'est le baroque.
D'abord d'un point de vue du dessin, avec un trait relativement chargé, une tendance au clair obscur, des couleurs dominantes, qui peuvent changer d'une planche à l'autre. Le découpage aussi, qui ne semble pas répondre à une quelconque logique, mais plutôt aux caprices des auteurs, contribue à cet effet. Très beau, très maîtrisé.
Coté scénario, c'est la même idée : on ne dit pas tout, on est pas mal dans la suggestion, dans la métaphore. Il y a d'ailleurs pas mal de pages sans texte. Le personnage principal lui même est très baroque, atteint de nanisme, mais à la personnalité, au "karma" très forts, l'esprit vif et scientifique, mais étrangement réceptif au surnaturel, parfois presque cynique et d'autre fois hypersensible.
Le premier cycle est un peu confus, à mon sens, mais le second est bien meilleur, et lance réellement la série. On entrevoit alors pas mal de possibilités...
A suivre de près.
Dans ce récit drôle et déroutant, Nicolas de Crécy nous expose ses interrogations et états d’âme quant au processus créatif et à la sincérité de l’art et son rapport à la réalité du monde moderne.
Que penser de ce « Journal » ?
La réalisation graphique est somptueuse. Un trait faussement brouillon, vif et expressif (stylo bille?) en noir & blanc dans la première partie et qui s’enrichit de « brou de noix » dans le second volet. Du bonheur.
Intellectuellement, je suis, à peine, plus réservé. Totalement conquis par l’épisode « carnet de voyage » brésilien ainsi que la confrontation pleine d’humour de l’auteur avec son œuvre, j’ai trouvé l’épisode japonais moins convaincant. Si j’ai aimé le concept original du « patatoïde » en quête d’inspiration graphique ainsi que le contraste plus terre à terre du manager en décalage complet avec le zen du pays du soleil levant, j’ai, en revanche, quelque peu décroché sur certains aspects oniriques de l’histoire. Enfin, certains questionnements de l’auteur me sont apparus plutôt obscurs mais parleront sûrement mieux aux âmes d’artiste.
Un album à plusieurs niveaux de lecture, très beau, passionnant, et débordant d’idées.
Bon, mon avis ne sera pas long tant il m'est difficile de transmettre ici tout ce qui m'a ému à la lecture de ces bouquins.
Il s'agit donc d'un journal, sujet déjà difficile et délicat, car profondément encré dans la réalité du narrateur. Le sujet réel du livre ne cesse de se réfléchir et reréfléchir...à la fin on touche à l'abîme. Je retiens tout de même une bonne dose de franchise de la part de l'auteur, qui ne joue d'ailleurs pas souvent le rôle le plus simple dans cette partie de sa vie qu'il décrit. Y'a des moments de déprime terribles, profondément sombres, où on aimerait tant avoir pu être là et tendre sa main (à moins que cela ne nous fasse regretter de ne pas avoir été là pour d'autres, bien plus proches de nous).
J'aime bien aussi la sincérité parfaitement iconoclaste avec laquelle Frice Neaud démolit dans l'allégresse une foule de poncifs et clichés bien débiles de notre social-démocratie bien pensante... Bien sûr, Fabrice se montre parfois très choquant... Ce côté bassement provoc' se pardonne, voire se comprend, voire se justifie, voire s'impose, si l'on tient compte de la situation dans laquelle l'auteur semblait se trouver au moment de l'écriture de son œuvre
Le journal de Fabrice Neaud est un solide travail, un entreprise un peu folle mais en tout cas, très humaine, très constructive (il s'agit pour moi d'un splendide récit de construction).
Malgré les inévitables désaccords ou désapprobations que l'on peut sans doute s'entendre formuler à la lecture de ces quatre tomes, et qui, en fait, ne viennent qu'accroître le caractère authentique de la démarche de l'auteur (pas à proprement parler "consensuelle"). Il reste juste un solide témoignage d'une vie et d'un chemin pour y trouver un sens.
C'est très beau.
Chaque soir, mon épouse me rapportait un journal distribué gratuitement dans le métro et les gares de Bruxelles : "Metro". Et chaque jour y paraît UNE page d'une nouvelle BD. C'est ainsi que j'ai découvert "Le Janitor", jour après jour ; un peu comme j'attendais -il y a longtemps- la suite des histoires qui paraissaient dans "Spirou". Mais là c'était de semaine en semaine.
Cinq jours/semaine j'ai donc lu cette nouvelle série. Et j'ai vraiment apprécié !
"Le Janitor" c'est d'abord l'excellente rencontre entre Sente et Boucq ; deux auteurs dont j'ai ressenti une grande complicité. Ce duo a ainsi concocté un postulat redoutablement bien construit. Qui plus est, tout "part" du Vatican ; un des endroits les plus mystérieux -de par ses silences- qu'il puisse exister.
Grosse recherche dans la documentation, grande culture dans ce qui a trait au monde chrétien, Sente a ici construit une fiction -oui- mais qui a dans son jeu tous les atouts de la vérité.
Ce premier tome m'a ainsi offert une histoire sans chichis inutiles, qui va m'emmener à Malte et se révéler diablement (hé hé !) efficace.
Le dessin ?... Imparable. C'est net, précis, sans bavure(s) et donne un véritable coup de réalisme à l'histoire.
In fine : une nouvelle série qui sort VRAIMENT de l'ordinaire, de grande qualité, et dont j'attends la suite avec réelle impatience.
Le Vatican n'a pas livré tous ses secrets et ne vous les livrera pas. Mais peut-être en percerez-vous quelques uns !...
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Bételgeuse
Bételgeuse, second cycle d' Aldébaran, marche parfaitement sur ses traces. Les points forts et faibles sont les mêmes plus ou moins. Le scénario est toujours aussi accrocheur et bourré de mystère et de rebondissements. A mon avis c'est du solide. Le dessin est bon et les couleurs idem. Les animaux sont toujours aussi originaux. Un régal !! Mais bon, les expressions des personnages me déplaisent toujours à cause de cette impression qu'elles sont figées et surjouées. C'est peut être pas les bon mots mais je vois pas comment l'exprimer autrement. Enfin vu le reste de la BD, ça reste anecdotique. Achetez les yeux fermés c'est du bon ! A noter que le cycle 3 va commencer ce mois-ci avec une troisième série : Antarès (étoile principale de la constellation du scorpion et ultime coup du chevalier Milo pour ceux qui connaissent les Chevaliers du Zodiaque ;) )
Berserk
He bien, quelle avalanche de choses dénuées de sens j'ai pu voir, ça en est assez impressionnant. Tout d'abord, pour ceux qui n'ont pas aimé, non, ce n'est pas un tome de plus qui va miraculeusement vous faire aimer cette série, le tome trois étant à mon sens assez riche pour avoir un aperçu de ce qui peut nous attendre. Encore faut-il être dans un état d'esprit assez ouvert pour comprendre cette richesse. En dehors de ça, c'est tout de même au tome 4 que l'ambiance change assez radicalement, et pour un long moment, mais bref. Donner un avis prématurément sur une série est un droit (après tout, si elle n'accroche pas au départ, c'est un défaut en soi), dire que l'on "n'aime pas" aussi. Mais donner arbitrairement une avalanche de défauts à une histoire qui n'en a pas de tels et qui relèvent plus d'une incompréhension qu'autre chose, je trouve cela pour ma part totalement déplacé. De même, commencer une histoire en étant avant ça persuadé que l'on ne va pas aimer, fausse quelque peu le jugement, comme si l'avis était donné avant même la lecture. Berserk est sûrement la seule histoire de dark fantasy que j'ai jamais apprécié. Certes, la violence et le sexe y sont omniprésents, mais rarement inutiles (là il faut avoir été assez loin pour comprendre, même si certains rares événements ne trouvent en effet pas d'explication dans leur mise en scène) et surtout participent à l'ambiance dérangeante et sans limite morale. Le "concept" berserk, celui qui plante le décor et qui justifie la forme, voilà la chose pour laquelle il faut avoir été loin dans l'intrigue pour comprendre. Quand bien même la violence omniprésente pourrait déranger, cette série a tellement de qualités indéniables qu'on ne peut décemment pas penser qu'elle ne vaut "rien" : Une histoire complexe, un background et un univers travaillés à l'extrême, une scénarisation bien pensée et présentant plusieurs ambiances, une grande originalité pour son époque (certains auraient-ils oublié quand l'histoire a commencé à être publiée ?), et enfin des réflexions intelligentes et profondes sur une multitudes de thèmes encore d'actualité. Son statut de manga culte n'est en aucun cas volé, une oeuvre avec des défauts mais aussi de gigantesques qualités.
Là où vont nos pères
Je dois dire que j'ai été soufflé par cette BD. Bien que grand amateur de BD, je n'avais jamais eu l'occasion de "lire" une BD muette et je dois bien avouer que dorénavant je m'attarderai un peu plus sur ce style de BD. Pour "Là où vont nos pères", je trouve les dessins tout simplement exceptionnels et impressionnants de réalisme. Réalisme qui ne semble toutefois pas si évident au niveau de l'histoire. Je m'explique. Autant, il est vrai que certains des personnages dont l'histoire est contée semblent avoir été confrontés à une intégration difficile, autant le héros arrive dans un monde très bienveillant et où les immigrants sont reçus à bras ouverts. Je pense que c'est le seul bémol que je peux signifier pour ce livre, encore que ça n'en soit pas vraiment un, tant on pourrait rêver d'un monde où l'immigration serait vécue de manière aussi idéalisée. Quoiqu'il en soit, ce mélange de réalisme et d'idéalisme a de quoi plaire et faire réfléchir.
Le phalanstère du bout du monde
Ayant beaucoup aimé le travail de ces deux auteurs dans Pest, je me suis procuré cette BD, fruit de leur première collaboration, et je n’ai pas été déçu. L’ambiance générale est particulière et sombre, et cet univers marginal imaginé est très intrigant, de sorte qu’une fois plongé dans le récit il est difficile d’en sortir. Le dessin est singulier et a le mérite d’être original. En tout cas, j’aime beaucoup ce trait qui en plus colle parfaitement à cette histoire même si je le trouve un peu moins soigné que dans Pest. Un petit 4/5 pour ce récit fataliste à ne pas mettre dans des mains trop dépressives.
Ectis
Dommage que la série soit terminée... Y aura-t-il un jour une suite? Un très bon premier album pour ces jeunes auteurs qui auraient certainement fait mieux par la suite... Saura-t-on un jour ce qui est arrivé à Virgin? En tout cas, c'est un bon polar, avec plein de clichés et de clins d'œil tirés du genre. Une sorte de Blade runner mélangé à un vieux polar avec Humphrey Bogart... On retrouve certains ingrédients de série B de Delcourt. Un monde cyber, de jolies filles, des flingues et de l'action. Le dessin est plutôt classique et reste bon malgré quelques petites erreurs de-ci de-là mais pour un premier album ça passe largement. Le scénario semble classique au demeurant mais N. Pona arrive tout de même à gérer un suspense et des rebondissements qui font qu'on a pas le temps de s'ennuyer. Si vous en trouvez encore, n'hésitez pas, c'est un bon investissement. J'espère peut-être retrouver ces auteurs sur d'autres séries... Que sont-ils devenus?
Passer l'hiver
Au travers des errances gores des derniers survivants d’un quelconque cataclysme, Marc Lizano et Vincent Rioult nous offrent une corrosive petite étude sociologique. Et comment sonder au mieux les dernières limites de la moralité de l’être humain et de sa société dite moderne, si ce n’est de faire tenir les rôles par de trognons petits animaux (qui finiront par s’entre-déchirer la tête). Par ce premier stratagème et par l’utilisation d’une technique graphique particulière (personnages peu expressifs, ensemble figé) et d’ailleurs très plaisante, la forme est ici déshumanisée pour mieux se concentrer sur le fond. On entre d’autant plus facilement dans le récit, que l’on ne se sent pas montré du doigt. Pourtant, après seulement quelques pages, l’anthropomorphisme n’est que plus évident et les rapports humains nous apparaissent alors dans toute leur « basse splendeur » : cruauté, cynisme, férocité, égocentrisme… Voilà une fable bien trash, à l’humour décapant que n’aurait sûrement pas renié Jean de La Fontaine s’il avait été fan des Sex Pistols.
Algernon Woodcock
Le sentiment qui domine à la lecture de cette série, c'est le baroque. D'abord d'un point de vue du dessin, avec un trait relativement chargé, une tendance au clair obscur, des couleurs dominantes, qui peuvent changer d'une planche à l'autre. Le découpage aussi, qui ne semble pas répondre à une quelconque logique, mais plutôt aux caprices des auteurs, contribue à cet effet. Très beau, très maîtrisé. Coté scénario, c'est la même idée : on ne dit pas tout, on est pas mal dans la suggestion, dans la métaphore. Il y a d'ailleurs pas mal de pages sans texte. Le personnage principal lui même est très baroque, atteint de nanisme, mais à la personnalité, au "karma" très forts, l'esprit vif et scientifique, mais étrangement réceptif au surnaturel, parfois presque cynique et d'autre fois hypersensible. Le premier cycle est un peu confus, à mon sens, mais le second est bien meilleur, et lance réellement la série. On entrevoit alors pas mal de possibilités... A suivre de près.
Journal d'un fantôme
Dans ce récit drôle et déroutant, Nicolas de Crécy nous expose ses interrogations et états d’âme quant au processus créatif et à la sincérité de l’art et son rapport à la réalité du monde moderne. Que penser de ce « Journal » ? La réalisation graphique est somptueuse. Un trait faussement brouillon, vif et expressif (stylo bille?) en noir & blanc dans la première partie et qui s’enrichit de « brou de noix » dans le second volet. Du bonheur. Intellectuellement, je suis, à peine, plus réservé. Totalement conquis par l’épisode « carnet de voyage » brésilien ainsi que la confrontation pleine d’humour de l’auteur avec son œuvre, j’ai trouvé l’épisode japonais moins convaincant. Si j’ai aimé le concept original du « patatoïde » en quête d’inspiration graphique ainsi que le contraste plus terre à terre du manager en décalage complet avec le zen du pays du soleil levant, j’ai, en revanche, quelque peu décroché sur certains aspects oniriques de l’histoire. Enfin, certains questionnements de l’auteur me sont apparus plutôt obscurs mais parleront sûrement mieux aux âmes d’artiste. Un album à plusieurs niveaux de lecture, très beau, passionnant, et débordant d’idées.
Journal
Bon, mon avis ne sera pas long tant il m'est difficile de transmettre ici tout ce qui m'a ému à la lecture de ces bouquins. Il s'agit donc d'un journal, sujet déjà difficile et délicat, car profondément encré dans la réalité du narrateur. Le sujet réel du livre ne cesse de se réfléchir et reréfléchir...à la fin on touche à l'abîme. Je retiens tout de même une bonne dose de franchise de la part de l'auteur, qui ne joue d'ailleurs pas souvent le rôle le plus simple dans cette partie de sa vie qu'il décrit. Y'a des moments de déprime terribles, profondément sombres, où on aimerait tant avoir pu être là et tendre sa main (à moins que cela ne nous fasse regretter de ne pas avoir été là pour d'autres, bien plus proches de nous). J'aime bien aussi la sincérité parfaitement iconoclaste avec laquelle Frice Neaud démolit dans l'allégresse une foule de poncifs et clichés bien débiles de notre social-démocratie bien pensante... Bien sûr, Fabrice se montre parfois très choquant... Ce côté bassement provoc' se pardonne, voire se comprend, voire se justifie, voire s'impose, si l'on tient compte de la situation dans laquelle l'auteur semblait se trouver au moment de l'écriture de son œuvre Le journal de Fabrice Neaud est un solide travail, un entreprise un peu folle mais en tout cas, très humaine, très constructive (il s'agit pour moi d'un splendide récit de construction). Malgré les inévitables désaccords ou désapprobations que l'on peut sans doute s'entendre formuler à la lecture de ces quatre tomes, et qui, en fait, ne viennent qu'accroître le caractère authentique de la démarche de l'auteur (pas à proprement parler "consensuelle"). Il reste juste un solide témoignage d'une vie et d'un chemin pour y trouver un sens. C'est très beau.
Le Janitor
Chaque soir, mon épouse me rapportait un journal distribué gratuitement dans le métro et les gares de Bruxelles : "Metro". Et chaque jour y paraît UNE page d'une nouvelle BD. C'est ainsi que j'ai découvert "Le Janitor", jour après jour ; un peu comme j'attendais -il y a longtemps- la suite des histoires qui paraissaient dans "Spirou". Mais là c'était de semaine en semaine. Cinq jours/semaine j'ai donc lu cette nouvelle série. Et j'ai vraiment apprécié ! "Le Janitor" c'est d'abord l'excellente rencontre entre Sente et Boucq ; deux auteurs dont j'ai ressenti une grande complicité. Ce duo a ainsi concocté un postulat redoutablement bien construit. Qui plus est, tout "part" du Vatican ; un des endroits les plus mystérieux -de par ses silences- qu'il puisse exister. Grosse recherche dans la documentation, grande culture dans ce qui a trait au monde chrétien, Sente a ici construit une fiction -oui- mais qui a dans son jeu tous les atouts de la vérité. Ce premier tome m'a ainsi offert une histoire sans chichis inutiles, qui va m'emmener à Malte et se révéler diablement (hé hé !) efficace. Le dessin ?... Imparable. C'est net, précis, sans bavure(s) et donne un véritable coup de réalisme à l'histoire. In fine : une nouvelle série qui sort VRAIMENT de l'ordinaire, de grande qualité, et dont j'attends la suite avec réelle impatience. Le Vatican n'a pas livré tous ses secrets et ne vous les livrera pas. Mais peut-être en percerez-vous quelques uns !...